Les nouveaux responsables de la feria montoise ont parlé. L'annonce qui suscite le plus de commentaires et de polémiques est celle qui revient sur le principe, établi l'an dernier, des deux piques obligatoires. Personnellement, je trouve cette reculade consternante. Consternante par ce qu'elle révèle de manque d'ambition pour les arènes montoises. La première décision prise est ainsi une abdication devant le conformisme du milieu taurin, je trouve cela inquiétant pour l'avenir.
On parle beaucoup, à ce propos, de corridas toristas, de corridas toreristas. Il faudra revenir sur ces concepts, mais je pense qu'il est dangereux pour la corrida de les opposer systématiquement. En cela, je suis pleinement d'accord avec ce qu'écrit A. M. Dubos dans l'éditorial du premier numéro de la nouvelle revue Toro mag (La corrida républicaine). Les exigences que l'on doit avoir pour la corrida sont imposées par l'éthique taurine et celle-ci n'admet pas de compromissions. Elle est la même pour toutes les corridas.
Tous les aficionados savent que le meilleur moyen de détruire un toro c'est de lui faire subir une interminable première pique. C'est précisément ce que veut empêcher le principe des deux piques. Le raisonnement est simple : sachant qu'il y aura une deuxième pique, picador et maestro sont obligés de mesurer la première rencontre. En outre, si le toro semble brave, la deuxième pique (voire la troisième) pourra donner lieu à une mise en suerte à distance plus grande. Cela permettra de réellement juger de la bravoure du toro et de le mettre en valeur. N'oublions pas que la charge du toro contre le picador après une mise en suerte précise et un cite dans les règles de la part du piquero est un spectacle magnifique. Je vous vois déjà sourire et vous dire : "Mon pauvre ami, cela est si rare, dans quel rêve t'es-tu égaré?". Mais, justement, le principe des deux piques laisse au moins au rêve la possibilité de devenir réalité. Ce qui, pour un aficionado, convenez-en, est essentiel.
Il reste à examiner le cas des toros invalides. C'est, en général, la première pique qui confirme cette invalidité. Dans ce cas, conformément au règlement de l'UVTF, le toro relève du mouchoir vert sans autre forme de procès.
mardi 15 avril 2008
samedi 12 avril 2008
Compañerismo
Je ne suis pas amateur de vidéos taurines sur internet mais dernièrement deux d'entre elles m'ont ému. Celle montrant les cogidas impressionnantes de Pepin Liria à Séville, avec en particulier l'intervention a cuerpo limpio de Carlos Casanova. Puis, en visitant le blog Don Pepe y Don José, je suis tombé sur une extraordinaire séquence de corrida portugaise (jueves 13 de marzo de 2008, Un nudo en la garganta) qui nous montre l'exemplaire solidarité des forcados faisant écran de leur corps afin de mieux protéger leur chef de file violemment renversé par la charge du taureau. Dans les deux cas est réuni tout ce qui fait la grandeur et la force incomparable de la tauromachie. La bravoure authentique de deux véritables toros de combat (impressionnante la fiereza du taureau portugais qui ne cesse de revenir sur sa proie). Le don de soi de l'homme qui, ici, n'hésite pas à porter secours au péril de sa propre vie.
"C'est juste ce qu'il faut d'or pour attacher le jour à la nuit, cette ombre (ou ici cette lumière) qu'il faut que les choses portent l'une sur l'autre pour tenir toutes ensemble sans déchirure." (Philippe Jaccottet)
"C'est juste ce qu'il faut d'or pour attacher le jour à la nuit, cette ombre (ou ici cette lumière) qu'il faut que les choses portent l'une sur l'autre pour tenir toutes ensemble sans déchirure." (Philippe Jaccottet)
dimanche 6 avril 2008
Tarde de Toros
Film de Ladislao Vajda avec Domingo Ortega, Antonio Bienvenida et Enrique Vera 1956Trois toreros s'affrontent dans les arènes de Madrid. La vieille gloire (Domingo Ortega), le torero de moda (Antonio Bienvenida) et le jeune espoir (Enrique Vera). L'enjeu de la corrida est non seulement la suprématie dans l'arène mais aussi la capacité à exercer son pouvoir sur les femmes. Le récit se déroule quasiment dans le temps réel de la corrida. L'habileté du réalisateur consiste à alterner avec brio les scènes taurines (une vraie corrida à Las Ventas), les scènes de public, les enjeux sentimentaux et les scènes d'infirmerie. A l'exception des gitaneries, le film constitue un répertoire assez complet des lieux communs attachés à la corrida, depuis les superstitions et bondieuseries diverses jusqu'à l'espontaneo au destin tragique en passant par la mauvaise foi du public. Les deux touristes françaises qui voient leur première corrida sont particulièrement savoureuses. Elles sont croquées avec une cruauté non exempte de réalisme. Domingo Ortega est tout à fait convaincant dans le rôle du vieux maestro plein de dignité. Très belle la scène dans laquelle il ne ramasse pas, lors de son tour de piste triomphal, le bouquet que lui a lancé son odieuse femme.
Pour l'aficionado d'aujourd'hui, l'intérêt principal du film réside, bien sûr, dans son aspect documentaire, car on y voit une bonne partie de la lidia de trois toros d'Antonio Perez de San Fernando par les trois matadors précités. En effet, contrairement à beaucoup de films sur la corrida, les scènes taurines ne sont pas des reconstitutions tournées artificiellement. Il s'agit ici d'une corrida donnée à Las Ventas le 15 juillet 1955. Ce sera la dernière parution de Domingo Ortega en costume de lumières. Le film est donc un précieux document sur la tauromachie d'il y a un demi-siècle.
Le bétail d'Antonio Perez a un physique des plus réduits. Visiblement il s'agit de novillos, de plus les armures sont peu développées. Certains font preuve de faiblesse de pattes mais ils attaquent les picadors - qui piquent dans le dos - avec codicia, au point de provoquer des chutes. Il faut dire que les chevaux de l'époque ne ressemblent pas aux forteresses actuelles. Les novillotes sont loin d'être des foudres de guerre mais, à la muleta, leur tête mobile ou leur vivacité pose des problèmes aux toreros. A cette époque les toros, à leur entrée en piste, sont arrêtés par les péons que l'on voit parfois toréer à une main.
Domingo Ortega, vêtu d'un magnifique costume ivoire et or, m'a paru d'une grande élégance. Il exécute un magnifique quite par orteguinas, suerte de son invention. Antonio Bienvenida joue la carte d'une tauromachie fleurie et un peu superficielle. Enrique Vera est le seul qui s'essaie avec une certaine réussite au toreo fondamental. Il donne une belle série de naturelle à son second adversaire.
Le film nous permet également de pénétrer dans des lieux habituellement inaccessibles comme la chapelle des toreros ou l'infirmerie. Mais peut-être que tout cela n'est, en fin de compte, que du cinéma.
On peut trouver le film en Espagne dans la série 100 años de oro del ciné español.
vendredi 28 mars 2008
Feria d'Arles 2008 (2)
Je n' ai pas vu la corrida de Samuel Flores ni la novillada de Gallon. Comme l'ensemble de la feria, ces deux courses furent contrariées par la faiblesse de patte du bétail. Qui disait que celle-ci avait disparu?
Outre la corrida de Miura, l'autre réussite de la feria fut la novillada d'ANTONIO PALLA. Bien que très inférieure à celle d'il y a deux ans et d'une présentation très hétérogène, elle a été intéressante avec en particulier deux bons novillos. Jacheador (vuelta al ruedo) avait un physique des plus discrets (à la limite de la non-piquée) mais un moral d'acier. Il se montra inépuisable et encasté dans la muleta de MARCO LEAL. Le jeune arlésien qui reprenait l'épée après avoir dû couper la saison dernière au mois d'août à la suite d'une blessure au genou toucha un autre bon novillo avec le cinquième. Il ne passa pas à côté de sa chance puisqu'il récolta trois pavillons. Il eut notamment de très bons moments dans sa faena face au cinquième.
RUBEN PINAR donna l'envie de le revoir. Il est déjà très puesto et me paraît être un candidat sérieux pour jouer les premiers rôles.
A mon humble avis, si ROMAN PEREZ veut faire carrière dans ce métier, il devra s'engager davantage qu'il ne le fit ce jour.
La corrida d' ADELAIDA RODRIGUEZ valut surtout pour son trapío remarquable. A leur juste poids (de 490 à 530 kg), avec des armures développées et astifinas, tous les toros donnaient une impression d'harmonie et de sérieux.
Je n'avais pas vu MEHDI SAVALLI depuis sa débacle vicoise, il m'a rassuré par une certaine sérénité retrouvée (une oreille).
Il y a une belle part de masochisme dans le public arlésien exigeant le changement du dernier toro qui se lésionna une patte après le tercio de banderilles, uniquement pour le plaisir de se geler les burnes une demi-heure de plus par une température qui ne devait pas être loin de zéro degré et sous un vent cinglant qui balayait les gradins.
Est-il nécessaire de parler de la corrida de DOMINGO HERNANDEZ tant elle fut médiocre? Comme toujours devant ce type de corrida, EL JULI fut très bon.
Outre la corrida de Miura, l'autre réussite de la feria fut la novillada d'ANTONIO PALLA. Bien que très inférieure à celle d'il y a deux ans et d'une présentation très hétérogène, elle a été intéressante avec en particulier deux bons novillos. Jacheador (vuelta al ruedo) avait un physique des plus discrets (à la limite de la non-piquée) mais un moral d'acier. Il se montra inépuisable et encasté dans la muleta de MARCO LEAL. Le jeune arlésien qui reprenait l'épée après avoir dû couper la saison dernière au mois d'août à la suite d'une blessure au genou toucha un autre bon novillo avec le cinquième. Il ne passa pas à côté de sa chance puisqu'il récolta trois pavillons. Il eut notamment de très bons moments dans sa faena face au cinquième.
RUBEN PINAR donna l'envie de le revoir. Il est déjà très puesto et me paraît être un candidat sérieux pour jouer les premiers rôles.
A mon humble avis, si ROMAN PEREZ veut faire carrière dans ce métier, il devra s'engager davantage qu'il ne le fit ce jour.
La corrida d' ADELAIDA RODRIGUEZ valut surtout pour son trapío remarquable. A leur juste poids (de 490 à 530 kg), avec des armures développées et astifinas, tous les toros donnaient une impression d'harmonie et de sérieux.
Je n'avais pas vu MEHDI SAVALLI depuis sa débacle vicoise, il m'a rassuré par une certaine sérénité retrouvée (une oreille).
Il y a une belle part de masochisme dans le public arlésien exigeant le changement du dernier toro qui se lésionna une patte après le tercio de banderilles, uniquement pour le plaisir de se geler les burnes une demi-heure de plus par une température qui ne devait pas être loin de zéro degré et sous un vent cinglant qui balayait les gradins.
Est-il nécessaire de parler de la corrida de DOMINGO HERNANDEZ tant elle fut médiocre? Comme toujours devant ce type de corrida, EL JULI fut très bon.
jeudi 27 mars 2008
Feria d'Arles 2008 (1)
aguanté cette année les rafales de vent sibérien s'engouffrant dans les arènes d'Arles, sont parés pour affronter toutes les ferias du monde. Ils pourront, lorsque la tauromachie sera mondialisée, accourir sans crainte dans les arènes de Reykjavik ou de Vladivostok.
La miurada
Le retour des Miuras à Arles, après trois années d'absence pour cause de langue bleue, constituait l'évènement de cette feria.
Ce fut la corrida la plus intéressante du cycle. Corrida âgée (la plupart des toros avaient 5 ans bien sonnés) et très bien présentée, avec, c'est important de le souligner car trop rare ces dernières années, des armures irréprochables. Corrida brave qui alla a mas au cheval, certains poussant davantage sous la deuxième ou troisième pique qu'à la première, tel le troisième qui obtint la chute du brave à son troisième assaut. Il faut rendre hommage aux toreros qui jouèrent parfaitement le jeu. Les mises en suertes furent remarquables tout au long de la course et les picadors piquèrent bien dans l'ensemble. Ils sortirent d'ailleurs très souvent sous les applaudissements.
Excellent aussi le banderillero José Mora de la cuadrilla de Rafaelillo qui salua après avoir aguanté la charge brusque et incertaine du second toro.
Jusque là tout va bien mais il y eut un grain de sable. C'est la faiblesse de pattes dont firent preuve quatre exemplaires sur six. Faiblesse qui tourna à la soseria pour le lot de Sanchez Vara, faiblesse surmontée pour les premier et quatrième grâce à la toreria d'El Fundi. Celui-ci, au sommet de son art, réalisa à son second adversaire une faena de haut niveau technique et artistique. Il mit en évidence la grande noblesse du toro - qui en d'autres mains serait restée inaperçue - et ne dut qu'à une épée sur le côté de ne pas couper les deux oreilles. D'aucuns ont peut-être trouvé ce toro trop noble mais les Miuras aussi ont le droit d'être nobles...surtout si continuent à sortir des toros aussi venimeux que le deuxième et le cinquième. Le second alla, à l'estocade, droit au corps de Rafaelillo qui fut pris de manière dramatique mais heureusement sans conséquence.
Il y a dans les réactions du public arlésien beaucoup de choses qui échappent à mon entendement. En particulier, lors de cette corrida, le fait d'avoir demandé une oreille pour Sanchez Vara au dernier toro. En mettant ainsi les deux toreros à égalité, au moins au niveau des apparences, cette oreille est un affront à la maestria de l'aigle de Fuenlabrada.
mardi 18 mars 2008
"Les cornes des taureaux ne sont pas trafiquées"
Le toro dont on voit l' ''armure'' ci-dessus a fréquenté, l'an dernier, les corrales d'une ''importante'' arène du Sud-Ouest au milieu de six de ses frères destinés à un cartel de lujo. Il fallait oser!(on peut cliquer pour agrandir l'image) Que l'on se rassure, il n'est pas sorti en piste. Sans doute parce qu'il était, en outre, boiteux!
L'Union des Villes Taurines de France n'a pas l'air décidé à rendre public le rapport sur l'expertise des cornes effectuée pour la temporada 2007. Aurait-elle des choses à cacher?
vendredi 14 mars 2008
Deux photos de Julien Lescarret
Avant
Après

Ce que l'on peut souhaiter à Julien Lescarret pour cette temporada c'est beaucoup d'avant (il est déjà annoncé à Aignan, Saintmartindecrau, Vic Fezensac et Istres) et quelques après (il devrait y en avoir à condition que l'épée soit en progrès).

Après

Ce que l'on peut souhaiter à Julien Lescarret pour cette temporada c'est beaucoup d'avant (il est déjà annoncé à Aignan, Saintmartindecrau, Vic Fezensac et Istres) et quelques après (il devrait y en avoir à condition que l'épée soit en progrès).
dimanche 9 mars 2008
Vic Fezensac les cartels
Perez de la Concha
A. J. Ferreira - A. Lamelas - El Santo
corrida
Robert Margé
El Fundi - Rafaelillo - Julien Lescarret
Dimanche 11 mai corrida-concours
Miura - La Quinta - Prieto de la Cal
V. Martin - F. San Roman - Charro de Llen
J. Valverde - Serranito - Luis Bolivar
corrida
Adelaida Rodriguez
Antonio Ferrera - Sanchez Vara - Javier Castaño
Lundi 12 mai corrida
Escolar Gil
El Fundi - Sergio Aguilar - Fernando Cruz
Même si une corrida-concours, quand elle est bien menée, est toujours intéressante, depuis deux ans celle de Vic faisait pâle figure. Avec la fin des restrictions liées à la maladie de la langue bleue, voilà qu'elle reprend des couleurs. Le cartel homme, en revanche, semble un peu tendre. A ver...
Une très agréable surprise avec la sortie en novillada de l'élevage de Perez de la Concha. Une ganaderia ''historique'' puisque son ancienneté remonte à 1850. L'origine Santa Coloma est un gage d'intérêt.
Malgré des lots irréprochables ces trois dernières années, les Charro de Llen disparaissent (un toro toutefois à la concours). C'est peut-être dommage.
Côté homme, on note beaucoup de changements (la moitié des postes à pourvoir). Il faut dire que l'an dernier les échecs avaient été nombreux. Cela nous vaut le retour d'Antonio Ferrera. Quand il parvient à contrôler son survoltage et sa démagogie, il est capable d'être un lidiador de premier ordre. Il l'a déjà prouvé à Vic et dans les plus grandes arènes espagnoles. Parmi les nouveaux venus, c'est avec plaisir que je reverrai Sergio Aguilar, héros miraculé d'une dure novillada roquefortoise de Ramon Flores il y a quelques années déjà.
Enfin chez les novilleros, El Santo, triomphateur l'an dernier ici-même, jouera une carte déterminante pour son avenir dans la profession.
dimanche 24 février 2008
L'ours et le torero
Je ne sais ce qui a inspiré le dessinateur étasunien Mickael Halbert pour ce surprenant lance de cape à un ours exécuté par un torero moustachu. Peut-être l'emblème de Madrid, l'ours et l'arbousier, dont on peut voir une représentation sculptée sur la Puerta del Sol. Toujours est-il que l'animal est de respect et semble d'une férocité de bon aloi. D'ailleurs le torero ne perd pas sa tête de vue. Y a-t-il un avenir pour les ours dans la corrida?dessin de Mickael Halbert, droits achetés par François des Ligneris pour la promotion de ses activités de vigneron aubergiste (Magazinvin.com)
jeudi 21 février 2008
Toreros para la historia 19 : Curro Romero, Rafael de Paula
Ce qui m'impressionne et m'émeut toujours dans la célèbre série de Fernando Achúcarro c'est le générique, parfaitement mis en musique et dramatisé. Véritable hymne au toro brave ce débarquement tonitruant, la salida al ruedo de Bilbao, puis un formidable batacazo. Au passage, on remarque la légèreté du cheval (on est pourtant à Bilbao...mais dans les années 60 sans doute). Bien sûr l'importance attribuée au toro s'arrête avec le générique puisqu'il ne sera plus confiné par la suite qu'au rôle de faire valoir. En particulier dans ce document-là qui concerne le deux plus célèbres artistes de la deuxième moitié du XXème siècle. Inutile donc de préciser que les toros ne seront pas des foudres de guerre et que leur présence physique sera des plus discrètes même dans les arènes de Madrid. Peut-être peut-on rêver à une nouvelle série qui s'intitulerait "Toros para la historia"...
S'agissant de deux toreros à l'art aussi exceptionnel (dans tous les sens du terme) il est certain que la vidéo, outre ses défauts habituels, est absolument impuissante à rendre l'effet de divine surprise, proche de la sidération ou de l'hypnose que constituait une bonne actuacion de leur part. "Le toreo n'est peut-être pas autre chose que l'art de ce qui a été rêvé, de ce qui n'a pas été vécu, la bande enregistrée de la faena qui n'a jamais existé sinon dans le désir de qui voulait la contempler, tel l'amant désespéré qui invente l'amour et l'amante". (Antonio Burgos)
Toutefois, la perfection technique et expressive de la tauromachie de Curro Romero résiste ici très bien. Splendeur et sincérité de sa petite cape dans les véroniques. A la muleta sa sincérité éclate à tout moment : jambe avancée, buste offert, suerte chargée. On sent que Curro recherche le toreo idéal et le miracle est qu'il l'atteint parfois. Et puis il y a le génie et la variété des remates : changements de main par devant, molinetes, trincheras, pechos. Nous sommes à mille lieues de l'uniformité des toreros pegapases. Et cette silhouette erguida que permet une tauromachie a media altura. Enfin ce desplante inimitable, dos tourné au toro, avec comme un imperceptible haussement d'épaule, fausse modestie d'un torero qui se sait, à ce moment-là, à la fois dominateur de la bête, supérieur à tous ses compagnons et surtout maître de ses propres peurs.
Les images mettent aussi en évidence son habileté diabolique à la mort avec une technique très au point pour tuer rapidement sans jamais passer la corne.
De Rafael, qui a, dans ce film, la portion congrue, on retient surtout la surprenante variété du jeu de cape et le temple de la muleta.
dimanche 17 février 2008
Philosophie de la corrida de Francis Wolff (5) -citations
"Le torero cherche à obtenir le plus d'effets possible sur son adversaire en utilisant le minimum de moyens : minimum de leurre, de temps, d'espace, de mouvements, etc. Ce pricipe d'économie -''le plus par le moins''- est le premier secret de la beauté plastique du toreo, que ce soit au niveau du geste, de la passe, de la série, ou de la faena toute entière." (p 279)
"Le toreo consiste dans le fait d'imposer une forme humaine à une matière brute et de contrarier la finalité naturelle de la charge du taureau; la rendre vaine, lui imposer la courbe contre la droite, l'ordre contre le désordre, le ralentissement contre l'accélération, etc. L'art consiste à dénaturer la charge naturelle du taureau. Mais il s'agit de le faire en beauté, si l'on peut dire, et donc de la dénaturer le plus naturellement possible... Voilà pourquoi, une fois encore, la beauté produite par le toreo a beau être parfaitement classique, ''naturelle'', elle est pourtant paradoxale, parce qu'elle est toujours menacée et à chaque instant conquise sur son contraire, qui est ici la nature même." (p 293)
"Cherchez donc en vous-même quand surgit spontanément le olé de vos entrailles : n'est-ce pas justement quand, sur fond de ce risque extrême, de cette tension absolue, surgit l'évidence du geste apparemment dénué de toute pression vitale et qui semble venu du monde apaisé de la représentation pure? N'est-ce pas ce qu'on appelle justement le geste torero - geste éthique autant qu'estéthique? Et vous, ne savez-vous pas, alors, qu'il n'y a que la corrida pour vous procurer ce plaisir unique, aussi charnel que chaste, aussi profondément physique que spirituel, aussi vital dans son fond que désintéressé dans sa forme?" (p 312 fin)
"Le toreo consiste dans le fait d'imposer une forme humaine à une matière brute et de contrarier la finalité naturelle de la charge du taureau; la rendre vaine, lui imposer la courbe contre la droite, l'ordre contre le désordre, le ralentissement contre l'accélération, etc. L'art consiste à dénaturer la charge naturelle du taureau. Mais il s'agit de le faire en beauté, si l'on peut dire, et donc de la dénaturer le plus naturellement possible... Voilà pourquoi, une fois encore, la beauté produite par le toreo a beau être parfaitement classique, ''naturelle'', elle est pourtant paradoxale, parce qu'elle est toujours menacée et à chaque instant conquise sur son contraire, qui est ici la nature même." (p 293)
"Cherchez donc en vous-même quand surgit spontanément le olé de vos entrailles : n'est-ce pas justement quand, sur fond de ce risque extrême, de cette tension absolue, surgit l'évidence du geste apparemment dénué de toute pression vitale et qui semble venu du monde apaisé de la représentation pure? N'est-ce pas ce qu'on appelle justement le geste torero - geste éthique autant qu'estéthique? Et vous, ne savez-vous pas, alors, qu'il n'y a que la corrida pour vous procurer ce plaisir unique, aussi charnel que chaste, aussi profondément physique que spirituel, aussi vital dans son fond que désintéressé dans sa forme?" (p 312 fin)
dimanche 10 février 2008
Turbulences
C'est dans l'excellente revue Toros qu'on peut trouver les analyses les plus pertinentes à propos des réponses de Nicolas Sarkozy aux anti-taurins ainsi que sur le projet de création d'un Observatoire des Cultures taurines. (numéro 820 du 1 février 2008, en vente dans toutes les bonnes maisons de la presse des villes taurines)
Finalement Nicolas Sarkozy, dans sa gestion de la demande par les animalistes d'interdire la corrida aux enfants, a voulu contenter tout le monde. Chaque camp a trouvé dans les réponses faites par l'Elysée de quoi se satisfaire. C'est peut-être ça l'art de la politique, à moins qu'on l'appelle par son vrai nom : la démagogie. Et la démagogie, ça finit par se payer : personne de réellement satisfait, climat délétère qui peut déboucher sur le pire.
Un qui, du coup, retrouve du souffle, c'est André Viard. Après, à la première pique, une ruade suivie d'une fuite éperdue (épisode de la lettre au président de la République), puis une bonne et nécessaire carioca donnée par la revue Toros, l'animal semble avoir repris du poil de la bête. L'Observatoire des Cultures taurines est sans doute une bonne idée, adaptée à la situation actuelle. Je ne sais comment il fonctionnera (avec quel budget? l'argent étant plus que jamais le nerf de la guerre). En tout cas, un Vicois comme président c'est très habile.
Si j'ai bien compris, l'Observatoire va se charger de combattre l'ennemi extérieur. Si l'on en croit les dernières infos (projet des rencontres Animal et Société organisées par le Ministère de l'Agriculture), il y a urgence.
Mais il ne faut pas oublier l'ennemi intérieur : quand on voit la légèreté dont fait preuve Simon Casas vis à vis de l'afeitado dans les arènes qu'il dirige on se dit que cet ennemi-là n'est pas à négliger.
Que l'Observatoire se charge de l'ennemi extérieur, mais aussi que les aficionados dénoncent les turpitudes du mundillo et les manquements à l'éthique taurine dont font trop souvent preuve certaines figures et leur entourage, la corrida, au-delà de toutes les turbulences présentes et à venir, pourrait en ressortir plus forte encore.
Finalement Nicolas Sarkozy, dans sa gestion de la demande par les animalistes d'interdire la corrida aux enfants, a voulu contenter tout le monde. Chaque camp a trouvé dans les réponses faites par l'Elysée de quoi se satisfaire. C'est peut-être ça l'art de la politique, à moins qu'on l'appelle par son vrai nom : la démagogie. Et la démagogie, ça finit par se payer : personne de réellement satisfait, climat délétère qui peut déboucher sur le pire.
Un qui, du coup, retrouve du souffle, c'est André Viard. Après, à la première pique, une ruade suivie d'une fuite éperdue (épisode de la lettre au président de la République), puis une bonne et nécessaire carioca donnée par la revue Toros, l'animal semble avoir repris du poil de la bête. L'Observatoire des Cultures taurines est sans doute une bonne idée, adaptée à la situation actuelle. Je ne sais comment il fonctionnera (avec quel budget? l'argent étant plus que jamais le nerf de la guerre). En tout cas, un Vicois comme président c'est très habile.
Si j'ai bien compris, l'Observatoire va se charger de combattre l'ennemi extérieur. Si l'on en croit les dernières infos (projet des rencontres Animal et Société organisées par le Ministère de l'Agriculture), il y a urgence.
Mais il ne faut pas oublier l'ennemi intérieur : quand on voit la légèreté dont fait preuve Simon Casas vis à vis de l'afeitado dans les arènes qu'il dirige on se dit que cet ennemi-là n'est pas à négliger.
Que l'Observatoire se charge de l'ennemi extérieur, mais aussi que les aficionados dénoncent les turpitudes du mundillo et les manquements à l'éthique taurine dont font trop souvent preuve certaines figures et leur entourage, la corrida, au-delà de toutes les turbulences présentes et à venir, pourrait en ressortir plus forte encore.
jeudi 24 janvier 2008
Philosophie de la corrida de Francis Wolff (4) -citations
"Les experts en sociologie élémentaire vaticinaient alors d'un air grave : ''Quand tout le monde mangera à sa faim, il n'y aura plus de toreros, donc plus de corridas''. CQFD. Les experts avaient tort. L'Espagne a beau être devenue un des pays les plus développés d'Europe, il y a toujours autant, si ce n'est plus, de vocations de toreros, les ''écoles taurines'' se sont ouvertes un peu partout réunissant des jeunes gens de toutes conditions, et la France elle-même est devenue un pays de grands toreros, toujours moins faméliques, toujours plus audacieux et déterminés. Ce qui échappe aux ''experts'', c'est qu'on peut rêver d'autre chose que de consommer." (p 135)
"être un torero est commun, être torero est rarissime." (p 138)
"Toute l'équivoque (et la force) de la corrida est là : c'est que, en même temps qu'il affronte le taureau, le torero modèle sa charge et en fait son œuvre. L'un, l'animal, est son adversaire, l'autre, sa charge, est la matière de sa création - et donc son partenaire. Le torero est sur deux fronts : il résiste à l'assaut du taureau, il s'exprime lui-même par sa charge. Telle est l'ambiguïté du rapport du torero au taureau." (p 207)
"Supposez une bête en tout point semblable au taureau, mais sans cornes et donc sans danger véritable, du moins sans risque de vraies blessures, les pires, celles qui pénètrent et parfois mutilent, celles qui tuent : le toreo ainsi décrit comme un art aurait-il le moindre intérêt? Ces courbes, ces séries, ces figures, cette cadence, cette immobilité, cette harmonie, toute cette débauche de formes aurait-elle une signification? Ce serait joli peut-être, ou peut-être estimable. Ou peut-être ridicule. Rien là-dedans ne ressemblerait, au juste, à l'intensité d'un combat. Mais surtout, il n'y aurait rien de la profondeur et de la gravité d'un art, justement. Le paradoxe est là : à voir le toreo seulement comme un art, on ne peut pas l'élever à la hauteur et à l'exigence des arts. Il faut, pour qu'il prenne cette place, lui conserver sa dimension de combat : il faut rendre sa charge au taureau, remettre les cornes à leur place, quelque part entre la tête baissée de l'animal et le corps de l'homme, à la limite entre la défense de la vie de l'un et le le risque de la mort de l'autre. Car la profondeur et la gravité du toreo vient du fait qu'il est en même temps un combat à mort." (p 257)
"être un torero est commun, être torero est rarissime." (p 138)
"Toute l'équivoque (et la force) de la corrida est là : c'est que, en même temps qu'il affronte le taureau, le torero modèle sa charge et en fait son œuvre. L'un, l'animal, est son adversaire, l'autre, sa charge, est la matière de sa création - et donc son partenaire. Le torero est sur deux fronts : il résiste à l'assaut du taureau, il s'exprime lui-même par sa charge. Telle est l'ambiguïté du rapport du torero au taureau." (p 207)
"Supposez une bête en tout point semblable au taureau, mais sans cornes et donc sans danger véritable, du moins sans risque de vraies blessures, les pires, celles qui pénètrent et parfois mutilent, celles qui tuent : le toreo ainsi décrit comme un art aurait-il le moindre intérêt? Ces courbes, ces séries, ces figures, cette cadence, cette immobilité, cette harmonie, toute cette débauche de formes aurait-elle une signification? Ce serait joli peut-être, ou peut-être estimable. Ou peut-être ridicule. Rien là-dedans ne ressemblerait, au juste, à l'intensité d'un combat. Mais surtout, il n'y aurait rien de la profondeur et de la gravité d'un art, justement. Le paradoxe est là : à voir le toreo seulement comme un art, on ne peut pas l'élever à la hauteur et à l'exigence des arts. Il faut, pour qu'il prenne cette place, lui conserver sa dimension de combat : il faut rendre sa charge au taureau, remettre les cornes à leur place, quelque part entre la tête baissée de l'animal et le corps de l'homme, à la limite entre la défense de la vie de l'un et le le risque de la mort de l'autre. Car la profondeur et la gravité du toreo vient du fait qu'il est en même temps un combat à mort." (p 257)
jeudi 17 janvier 2008
Liste des blogs taurins français
- Basta Ya! par Bronco 2005
- Campos y Ruedos collectif 2005
- Florencio 17 par Florent 2005
- Pueblo de Toro par Candice Mautaint 2006
- Photaurines par Laurent Larroque 2006
- Arènes par Laurent Larroque 2007
- L'œil contraire par Velonero 2007
- Le blog de Jeanmi par Jeanmi 2007
- Naturelles de face par Jean Michel Mariou 2007
Je n'ai pris en compte dans ma liste que les blogs dont la corrida constitue le sujet principal. Mais il en existe quelques uns dont elle est un élément occasionnel non négligeable. Par exemple celui d'Alain Truong ou le tout nouveau Chauché- écrit.
mercredi 9 janvier 2008
Paseo
Espero impaciente
pájaros de oro han brotado ya
de las trompetas
y gallos
gallos de después del poteo
caza de blancos repetidos
Sublimos hasta el cielo
sardinas apretadas en la lata de
hormigón
En la escalera de atropello
de roces de bellezas
la gente tiembla
de bestial deseo
Un ruido de hambriente
Un olor a meada y Hermes
a tintorro
a cigarro puro
Un ruido de bocazas
Las nalgas tienen mujeres
café con leche
El verano se congestiano y suda
en las nieblas de anis
y el violín de las golondrinas
Los graderíos están abrasados
La luz asesina
los ojos
Y el redondel del ruedo es un sol
al revés
Mi vecina una gorda se abaniquea
Tiene el acento de aquí
Trabaja
en Correos
lo sé
Sus noches estan pobladas de toros
posados
y de cartas
certificadas
Espero impaciente
Unas ganas de mear
Una espera de bestia
Un silencio de acecho
Un respeto de monaguillo
La música manoletina
Entonces irrumpen
Soldados de plomo de cantos dorados
Caras de aspirina o de chocolate
Bailadores yertos de paso doble
Saludan aburrido al propietario
de los pañuelos
Ya el miedo les retuerce
los cojones
Unas muecas lloran bajo sus ojos de
niños
Barren la arena roja con sus capas
rosas
Derviches de opereta
y de muerte
Y los caballos destructores
colchones de goma espuma
llaves que chocan
amenazas de lanzas
barrigas de curas
Los alguaciles chovas tienen caracoleos
repentinos
Con yeguas de amplias grupas
damasquinadas
González
Serán los cuervos
de la ceremonia
y los amos de la ceremonia
y los amos de los maestros
Si no zurran las entrañas
de sus sombreros ganchudos
cortan orejas
como barberos
borrachos
Entonces los clarines sueltan
las oropéndolas
en el cielo
del sacrificio
Patrick ESPAGNET
traduction Marcel Antoine Bilbao
pájaros de oro han brotado ya
de las trompetas
y gallos
gallos de después del poteo
caza de blancos repetidos
Sublimos hasta el cielo
sardinas apretadas en la lata de
hormigón
En la escalera de atropello
de roces de bellezas
la gente tiembla
de bestial deseo
Un ruido de hambriente
Un olor a meada y Hermes
a tintorro
a cigarro puro
Un ruido de bocazas
Las nalgas tienen mujeres
café con leche
El verano se congestiano y suda
en las nieblas de anis
y el violín de las golondrinas
Los graderíos están abrasados
La luz asesina
los ojos
Y el redondel del ruedo es un sol
al revés
Mi vecina una gorda se abaniquea
Tiene el acento de aquí
Trabaja
en Correos
lo sé
Sus noches estan pobladas de toros
posados
y de cartas
certificadas
Espero impaciente
Unas ganas de mear
Una espera de bestia
Un silencio de acecho
Un respeto de monaguillo
La música manoletina
Entonces irrumpen
Soldados de plomo de cantos dorados
Caras de aspirina o de chocolate
Bailadores yertos de paso doble
Saludan aburrido al propietario
de los pañuelos
Ya el miedo les retuerce
los cojones
Unas muecas lloran bajo sus ojos de
niños
Barren la arena roja con sus capas
rosas
Derviches de opereta
y de muerte
Y los caballos destructores
colchones de goma espuma
llaves que chocan
amenazas de lanzas
barrigas de curas
Los alguaciles chovas tienen caracoleos
repentinos
Con yeguas de amplias grupas
damasquinadas
González
Serán los cuervos
de la ceremonia
y los amos de la ceremonia
y los amos de los maestros
Si no zurran las entrañas
de sus sombreros ganchudos
cortan orejas
como barberos
borrachos
Entonces los clarines sueltan
las oropéndolas
en el cielo
del sacrificio
Patrick ESPAGNET
traduction Marcel Antoine Bilbao
lundi 7 janvier 2008
Un an d'œil contraire
Je ne sais si les deux ou trois lecteurs réguliers espérés dans mon premier texte sont au rendez-vous. Il paraît que l'on peut comptabiliser le nombre de ses lecteurs, j'ai vu cela dans certains blogs : des compteurs infernaux qui transforment, sans autre forme de procès, chaque nouveau lecteur en nombre. Brrr!
Pour ma part, j'ai toujours préféré les mots aux chiffres, c'est pourquoi mon seul souhait serait d'avoir davantage de messages de mes éventuels lecteurs...
Cet anniversaire je le fête donc en poésie, avec les mots de Patrick Espagnet, pour mieux attendre le prochain paseo.
PASEO
Il me tarde
Déjà des oiseaux d'or ont jailli
des trompettes
Et des canards
Des couacs d'après-buvette
Gibier de blanc limé
On monte vers le ciel
Sardines serrées dans la boîte béton
Dans l'escalier de bousculade
de frôlements de belles
La foule tremble de désir fauve
Un bruit d'affamé
Une odeur de pisse et d'Hermès
De pinard
de cigare
Un bruit de grande gueule
Les fesses ont des femmes
café au lait
L'été se congestionne et sue
dans les brouillards d'anis
et le violon des hirondelles
Les gradins sont braisés
La lumière assassine
les yeux
Et le rond du ruedo est un soleil
à l'envers
Ma voisine une grosse s'éventaille
Elle a l'accent d'ici
Elle travaille
aux PTT
Je le sais
Ses nuits sont peuplées de toros lourds
et de lettres
recommandées
Il me tarde
Une envie de pisser
Une attente de bête
Un silence d'affût
Un respect d'enfant de chœur
La musique manoletine
Alors ils déboulent
Soldats de plomb dorés sur tranche
Visages d'aspirine ou de chocolat
Danseurs figés de paso
doble
Ils saluent avec ennui le propriétaire
des mouchoirs
Déjà la peur leur tord
les couilles
Des grimaces pleurent sous leurs yeux
d'enfants
Ils balayent le sable rouge de leurs capes
roses
Derviches d'opérette
et de mort
Et les destriers destroyers
matelas mousse
cliquetis de clés
menace de lances
bides de curés
Les alguazils choucas ont des virevoltes
saccadées
Avec des cavales aux larges croupes
damassées
Gonzalez
Ils seront les corbeaux
de la cérémonie
Et les maîtres de la cérémonie
Les maîtres des maestros
S'ils ne fouaillent pas les entrailles
de leurs chapeaux crochus
Ils coupent des oreilles
comme des coiffeurs
bourrés
Alors les clarines lâchent les loriots dans
le ciel
du sacrifice
Patrick ESPAGNET
Les Noirs
Editions Loubatières 2002
Pour ma part, j'ai toujours préféré les mots aux chiffres, c'est pourquoi mon seul souhait serait d'avoir davantage de messages de mes éventuels lecteurs...
Cet anniversaire je le fête donc en poésie, avec les mots de Patrick Espagnet, pour mieux attendre le prochain paseo.
PASEO
Il me tarde
Déjà des oiseaux d'or ont jailli
des trompettes
Et des canards
Des couacs d'après-buvette
Gibier de blanc limé
On monte vers le ciel
Sardines serrées dans la boîte béton
Dans l'escalier de bousculade
de frôlements de belles
La foule tremble de désir fauve
Un bruit d'affamé
Une odeur de pisse et d'Hermès
De pinard
de cigare
Un bruit de grande gueule
Les fesses ont des femmes
café au lait
L'été se congestionne et sue
dans les brouillards d'anis
et le violon des hirondelles
Les gradins sont braisés
La lumière assassine
les yeux
Et le rond du ruedo est un soleil
à l'envers
Ma voisine une grosse s'éventaille
Elle a l'accent d'ici
Elle travaille
aux PTT
Je le sais
Ses nuits sont peuplées de toros lourds
et de lettres
recommandées
Il me tarde
Une envie de pisser
Une attente de bête
Un silence d'affût
Un respect d'enfant de chœur
La musique manoletine
Alors ils déboulent
Soldats de plomb dorés sur tranche
Visages d'aspirine ou de chocolat
Danseurs figés de paso
doble
Ils saluent avec ennui le propriétaire
des mouchoirs
Déjà la peur leur tord
les couilles
Des grimaces pleurent sous leurs yeux
d'enfants
Ils balayent le sable rouge de leurs capes
roses
Derviches d'opérette
et de mort
Et les destriers destroyers
matelas mousse
cliquetis de clés
menace de lances
bides de curés
Les alguazils choucas ont des virevoltes
saccadées
Avec des cavales aux larges croupes
damassées
Gonzalez
Ils seront les corbeaux
de la cérémonie
Et les maîtres de la cérémonie
Les maîtres des maestros
S'ils ne fouaillent pas les entrailles
de leurs chapeaux crochus
Ils coupent des oreilles
comme des coiffeurs
bourrés
Alors les clarines lâchent les loriots dans
le ciel
du sacrifice
Patrick ESPAGNET
Les Noirs
Editions Loubatières 2002
mardi 1 janvier 2008
vendredi 21 décembre 2007
Quelques photos de la temporada 2007
Aviso : le flou de certaines photos n'est ni artistique ni volontaire.
Torería
Fernando Cruz à La BrèdeTercio de piques à Vic-Fezensac

Lignes
parallèles : volapié de Rubén Pinar à un novillo de Coquilla de Sanchez Arjona, Mont de Marsan
perpendiculaires : El Santo, novillo de Coquilla de Sanchez Arjona à Mont de Marsanmardi 11 décembre 2007
Philosophie de la corrida de Francis Wolff (3) - citations
De nos devoirs vis-à-vis des animaux en général et des taureaux de combat en particulier
"Les devoirs que nous avons vis-à-vis des autres espèces, mêmes les plus proches de nous, sont subordonnés à ceux que nous avons vis-à-vis des autres hommes, mêmes les plus lointains. Il faut toujours et inconditionnellement sauver l'enfant inconnu contre l'animal familier." (p 46)
"Le combat de l'arène a beau être fondamentalement inégal, il est foncièrement loyal. Le taureau n'est pas traité comme une bête malfaisante qu'on peut exterminer ni comme le bouc émissaire qu'on doit sacrifier, mais comme une espèce combattante qu'on doit affronter. Il faut donc que ce soit dans le respect de ses armes naturelles. Physiquement, les forces du taureau ne doivent pas avoir été diminuées artificiellement ni ses cornes rognées. Moralement, l'homme doit feinter le taureau, mais de face, jamais de dos, en se laissant toujours ''voir'' le plus possible, en se plaçant délibérément sur la ligne de sa charge naturelle -c'est ce qu'on appelle ''charger la suerte''." (p 48)
"Toute tauromachie repose sur la bravura, la furor latine, qui se manifeste par l'attaque spontanée, immédiate, violente, répétée, du taureau sur sa proie, en particulier dès qu'il se trouve dans un espace clos dont le prototype est le rond de l'arène. Et toute l'éthique tauromachique consiste à permettre à cette charge violente du taureau, à cette force active, à cette ''nature'' de se manifester. La corrida ne consiste pas à abattre une bête. C'est tout le contraire. La corrida, comme son nom l'indique (corrida=course), consiste à laisser le taureau courir, attaquer, combattre. La corrida n'aurait ni intérêt, ni sens, ni valeur, si le taureau n'était pas supposé naturellement combatif. Affronter un animal désarmé, inoffensif ou passif, ce serait de l'abattage. L'éthique animalière de la corrida consiste à permettre à la nature du taureau de s'exprimer. Doublement, dans sa vie et dans sa mort." (p 73)
"L'aficionado va certes aux arènes pour voir des toreros s'exprimer face aux taureaux, mais aussi, et souvent d'abord, pour voir des taureaux s'exprimer dans leur combat." (p 74)
"Un des spectacles les plus sublimes est celui d'un taureau arrêté loin du picador immobile, fixant la masse indistincte du cavalier monté sur son cheval protégé, et s'élançant à l'assaut de cette forteresse pour la renverser." (p 75)
"Le taureau réalise son plus grand bien en vivant librement et en mourant au combat : il réalise ainsi toute sa nature." (p 91)
"Qui aime la corrida aime forcément les taureaux. Il se rêve sûrement lui-même en taureau -il n'y a guère d'exception à cette règle. Il se plaît à cette pensée : devenir taureau -à défaut de pouvoir être torero. Il se dit simplement ceci : de toutes les espèces animales que l'homme s'est appropriées pour servir ses fins, de toutes les espèces qui peuplent l'imagination des hommes, un des sorts les plus enviables n'est-il pas celui de cet animal qui vit librement pour mourir en combattant? Comparez!" (p 93)
PS Puisqu'il est question actuellement de la feria de Lima, je signale un très intéressant article de Francis Wolff sur la tauromachie dans la capitale péruvienne publié dans le numéro 1169 de la revue Toros (janvier 1982). J'ignore si un quart de siècle plus tard la place de la corrida est toujours la même mais les spectacles donnés en plaza de Acho sont apparemment toujours aussi décevants.
"Les devoirs que nous avons vis-à-vis des autres espèces, mêmes les plus proches de nous, sont subordonnés à ceux que nous avons vis-à-vis des autres hommes, mêmes les plus lointains. Il faut toujours et inconditionnellement sauver l'enfant inconnu contre l'animal familier." (p 46)
"Le combat de l'arène a beau être fondamentalement inégal, il est foncièrement loyal. Le taureau n'est pas traité comme une bête malfaisante qu'on peut exterminer ni comme le bouc émissaire qu'on doit sacrifier, mais comme une espèce combattante qu'on doit affronter. Il faut donc que ce soit dans le respect de ses armes naturelles. Physiquement, les forces du taureau ne doivent pas avoir été diminuées artificiellement ni ses cornes rognées. Moralement, l'homme doit feinter le taureau, mais de face, jamais de dos, en se laissant toujours ''voir'' le plus possible, en se plaçant délibérément sur la ligne de sa charge naturelle -c'est ce qu'on appelle ''charger la suerte''." (p 48)
"Toute tauromachie repose sur la bravura, la furor latine, qui se manifeste par l'attaque spontanée, immédiate, violente, répétée, du taureau sur sa proie, en particulier dès qu'il se trouve dans un espace clos dont le prototype est le rond de l'arène. Et toute l'éthique tauromachique consiste à permettre à cette charge violente du taureau, à cette force active, à cette ''nature'' de se manifester. La corrida ne consiste pas à abattre une bête. C'est tout le contraire. La corrida, comme son nom l'indique (corrida=course), consiste à laisser le taureau courir, attaquer, combattre. La corrida n'aurait ni intérêt, ni sens, ni valeur, si le taureau n'était pas supposé naturellement combatif. Affronter un animal désarmé, inoffensif ou passif, ce serait de l'abattage. L'éthique animalière de la corrida consiste à permettre à la nature du taureau de s'exprimer. Doublement, dans sa vie et dans sa mort." (p 73)
"L'aficionado va certes aux arènes pour voir des toreros s'exprimer face aux taureaux, mais aussi, et souvent d'abord, pour voir des taureaux s'exprimer dans leur combat." (p 74)
"Un des spectacles les plus sublimes est celui d'un taureau arrêté loin du picador immobile, fixant la masse indistincte du cavalier monté sur son cheval protégé, et s'élançant à l'assaut de cette forteresse pour la renverser." (p 75)
"Le taureau réalise son plus grand bien en vivant librement et en mourant au combat : il réalise ainsi toute sa nature." (p 91)
"Qui aime la corrida aime forcément les taureaux. Il se rêve sûrement lui-même en taureau -il n'y a guère d'exception à cette règle. Il se plaît à cette pensée : devenir taureau -à défaut de pouvoir être torero. Il se dit simplement ceci : de toutes les espèces animales que l'homme s'est appropriées pour servir ses fins, de toutes les espèces qui peuplent l'imagination des hommes, un des sorts les plus enviables n'est-il pas celui de cet animal qui vit librement pour mourir en combattant? Comparez!" (p 93)
PS Puisqu'il est question actuellement de la feria de Lima, je signale un très intéressant article de Francis Wolff sur la tauromachie dans la capitale péruvienne publié dans le numéro 1169 de la revue Toros (janvier 1982). J'ignore si un quart de siècle plus tard la place de la corrida est toujours la même mais les spectacles donnés en plaza de Acho sont apparemment toujours aussi décevants.
samedi 8 décembre 2007
Coup de canif dans le dos
Il n'y a quasiment plus de chômage; tous les hère-aimistes ont trouvé un emploi de smicard; grâce au camarade Nicolas S. tous les smicards font des heures supplémentaires pour pouvoir s'acheter, un jour, ce qu'ils voient à la télé; dans les appartements douillets des cités calmes et tranquilles les jeunes étudient pour devenir médecins, enseignants, ouvriers qualifiés, artistes.
Alors messieurs Jean Pierre Brard, Jean Jacques Candelier et Daniel Paul, députés communistes de Seine Saintdenis, Nord et Seine Maritime s'ennuient dans la satisfaction de la tâche accomplie. Mais non...il existe encore des peuplades primitives, plus au sud, qu'il faut amener aux bienfaits de la civilisation. Des paillards, des fêtards, des amateurs de corrida sans foi ni loi. C'est un scandale! Enfin une raison d'agir. Il faut changer cela, se disent-ils.
Voilà, c'est un peu triste, probablement sans réelle importance.
Avec même un petit côté suicidaire pour cet ancien grand parti qui compte aujourd'hui son pourcentage d'électeurs sur les doigts d'une seule main et dont l'un des derniers maires d'une commune d'importance est celui... d'Arles, la ville la plus taurine de France.
Alors messieurs Jean Pierre Brard, Jean Jacques Candelier et Daniel Paul, députés communistes de Seine Saintdenis, Nord et Seine Maritime s'ennuient dans la satisfaction de la tâche accomplie. Mais non...il existe encore des peuplades primitives, plus au sud, qu'il faut amener aux bienfaits de la civilisation. Des paillards, des fêtards, des amateurs de corrida sans foi ni loi. C'est un scandale! Enfin une raison d'agir. Il faut changer cela, se disent-ils.
Voilà, c'est un peu triste, probablement sans réelle importance.
Avec même un petit côté suicidaire pour cet ancien grand parti qui compte aujourd'hui son pourcentage d'électeurs sur les doigts d'une seule main et dont l'un des derniers maires d'une commune d'importance est celui... d'Arles, la ville la plus taurine de France.
lundi 3 décembre 2007
Bilan temporada 2007
Fin de temporada oblige, voici mon bilan. Sous forme de corrida de mes rêves. Mon cartel-cumbre de la temporada, celui que je n'ai pas vu mais que j'ai rêvé de voir, tant il est vrai que le propre de l'aficionado est de poursuivre des chimères.
Ma corrida rêvée
6 toros de Victorino Martin 6
Morante de la Puebla
José Tomas
Fernando Cruz
Ce sera donc aussi mon cartel de rêve pour le début de la saison 2008. Cartel ô combien improbable mais possible puisque le retour de Morante est annoncé pour début 2008 à Mexico.
A propos des Victorino Martin, même dans une temporada très moyenne pour cause de dilution à caractère commercial (103 toros lidiés), les pupilles du sorcier de Galapagar restent de loin les toros les plus intéressants de la cabaña brava.
Ma corrida rêvée
6 toros de Victorino Martin 6
Morante de la Puebla
José Tomas
Fernando Cruz
Ce sera donc aussi mon cartel de rêve pour le début de la saison 2008. Cartel ô combien improbable mais possible puisque le retour de Morante est annoncé pour début 2008 à Mexico.
A propos des Victorino Martin, même dans une temporada très moyenne pour cause de dilution à caractère commercial (103 toros lidiés), les pupilles du sorcier de Galapagar restent de loin les toros les plus intéressants de la cabaña brava.
mardi 27 novembre 2007
Toreo de salon et autres nouvelles du prix Hemingway 2005

Avec les éditions Au Diable Vauvert comme maître d'œuvre et éditeur, Simon Casas Production comme principal partenaire financier et Laure Adler comme présidente du jury, le prix Hemingway c'est pas de la gnognote.
Olivier Deck en fut le premier lauréat grâce à une courte et savoureuse nouvelle capillo-taurine qui montre qu'on peut "être torero" sans avoir jamais été torero.
Bien sûr, la faiblesse de ce genre de recueil c'est qu'on est dans l'inégal et l'hétéroclite. Mais c'est aussi son charme, on ne sait pas à l'avance sur quoi on va tomber : du léger ou du pesant, de l'humour tendre ou de l'ironie grinçante, un regard d'initié ou de néophyte.
J'ai bien aimé aussi l'originalité iconoclaste de L'homme qui tua Ferdinand le Taureau d'Antoine Martin.
Dans la veine "un regard tendre sur les humbles de la profession", L'ultime toro de Ramon Garcia d'Annie Barrière et La demi-estocade de l'Equatorien Ivan Oñate m'ont fait penser à ce chef-d'œuvre de la littérature taurine qu'est La grande saison de Fernando Quiñones, recueil de nouvelles de l'écrivain andalou paru aux éditions Verdier en 2003.
Quant au texte qui clôt Toreo de salon, une nouvelle d'anticipation d'Olivier Boura censée se dérouler en 2017, sa lecture fait froid dans le dos.

mercredi 21 novembre 2007
Un coup de poignard dans le dos des aficionados
Les faits
Le 3 octobre André Viard a envoyé au président de la République une lettre lui demandant "de ne pas interdire l'entrée des arènes à nos enfants dès lors qu'ils sont accompagnés de leurs parents". Cette lettre était signée par les différentes associations ayant paraphé l' ''Appel de Samadet'' alors que toutes n'étaient pas au courant du contenu de ladite lettre.
Les conséquences
- Pour l'instant aucune du point de vue législatif; mais imaginons que le président de la République prenne l'auteur de cette lettre au mot et interdise l'entrée de tout spectacle taurin aux enfants non accompagnés de leurs parents!
- La reconnaissance implicite de la dangerosité morale des spectacles taurins pour les enfants alors que les études statistiques sur la violence et les avis des spécialistes indiquent le contraire ( cf site FSTF).
- La division du monde taurin puisque, devant une telle bévue, il a fallu que la revue TOROS essaie de rattraper les choses et lance des initiatives pour le statu quo de la législation actuelle. Au passage quelques amabilités ont été échangées et le consensus qui s'était dégagé lors de l'appel de Samadet a volé en éclat. Pour les amabilités voir le site Terres Taurines des 29 et 30 octobre ainsi que le blog de Campos y Ruedo du 2 novembre "La vieille dame" répond à André Viard.
- Un homme complètement déconsidéré, André Viard, dont la naïveté butée (ou bien l'esprit de soumission) font peine à voir.
PS En me relisant, je m'aperçois que j'ai attribué à l'actuel président de la République des pouvoirs qu'il n'a pas. Jusqu'à nouvel ordre, en effet, et bien que cela ne saute pas aux yeux actuellement, nous vivons dans un régime de séparation des pouvoirs (séparation des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires). Le président de la République ne décide donc pas des lois, il y a des députés élus pour cela. Or il me semble que ces gens-là ont d'autres chats à fouetter. (Décidément, il va aussi falloir que les amis des bêtes se préoccupent de nettoyer la langue française de ses expressions inconvenantes!)
samedi 17 novembre 2007
Ecologie et corrida
Depuis des années, je suis frappé par le fait que, très souvent, les mouvements écologistes (ou certains de leurs leaders) et en particulier le parti des Verts qui est censé les représenter sont partie prenante (voire à la pointe) dans les luttes contre les corridas. Cela me paraît être une aberration totale et il me semble, qu'au contraire, les écologistes devraient être de fervents défenseurs de la cause taurine.
Première raison : L'existence du taureau de combat
Sans corrida, il y a belle lurette que les taureaux sauvages auraient disparu de notre planète. Leur maintien, lié au maintien de la corrida, est un gage de biodiversité.
Deuxième raison : Les élevages de taureaux de combat
Ce sont des élevages extensifs qui utilisent de vastes domaines impropres à d'autres activités agricoles rentables. Grâce à la présence des taureaux, des milliers d'hectares sont entretenus et soustraits aux risques d'incendie qui seraient très importants si ces mêmes terres, laissées à l'abandon, devenaient des friches. En outre, la présence des taureaux éloigne toute activité humaine indésirable et permet à la faune sauvage de se développer en toute liberté.
Troisième raison : La préservation d'un rapport particulier aux animaux
Il s'agit de traiter chaque espèce animale en fonction de sa nature et de ce qu'elle représente pour nous. A ce titre, la manière dont est traité le taureau de combat est exemplaire. Il est élevé durant quatre années dans une liberté et une tranquillité auxquelles bien peu d'animaux élevés sur notre planète ont droit. Il est tué avec tout le respect dû à sa nature d'animal puissant et agressif : en public et en combattant.
NB
1- Ce texte doit beaucoup aux dits et écrits de Francis Wolff.
2- Pour ceux qui avaient cru à un danger du côté du Grenelle de l'Environnement, une petite visite sur le site internet permet de se rendre compte que la corrida n'avait rien à voir dans cette affaire autrement plus sérieuse et importante, et quand bien même il en aurait été question, elle n'avait rien à y perdre et sans doute à y gagner la reconnaissance de son utilité écologique.
Première raison : L'existence du taureau de combat
Sans corrida, il y a belle lurette que les taureaux sauvages auraient disparu de notre planète. Leur maintien, lié au maintien de la corrida, est un gage de biodiversité.
Deuxième raison : Les élevages de taureaux de combat
Ce sont des élevages extensifs qui utilisent de vastes domaines impropres à d'autres activités agricoles rentables. Grâce à la présence des taureaux, des milliers d'hectares sont entretenus et soustraits aux risques d'incendie qui seraient très importants si ces mêmes terres, laissées à l'abandon, devenaient des friches. En outre, la présence des taureaux éloigne toute activité humaine indésirable et permet à la faune sauvage de se développer en toute liberté.
Troisième raison : La préservation d'un rapport particulier aux animaux
Il s'agit de traiter chaque espèce animale en fonction de sa nature et de ce qu'elle représente pour nous. A ce titre, la manière dont est traité le taureau de combat est exemplaire. Il est élevé durant quatre années dans une liberté et une tranquillité auxquelles bien peu d'animaux élevés sur notre planète ont droit. Il est tué avec tout le respect dû à sa nature d'animal puissant et agressif : en public et en combattant.
NB
1- Ce texte doit beaucoup aux dits et écrits de Francis Wolff.
2- Pour ceux qui avaient cru à un danger du côté du Grenelle de l'Environnement, une petite visite sur le site internet permet de se rendre compte que la corrida n'avait rien à voir dans cette affaire autrement plus sérieuse et importante, et quand bien même il en aurait été question, elle n'avait rien à y perdre et sans doute à y gagner la reconnaissance de son utilité écologique.
lundi 12 novembre 2007
Philosophie de la corrida de Francis Wolff (2) - citations
Voici les premières lignes du livre de Francis Wolff:
"Il s'agit d'abord d'une tentative de traduction: à défaut de pouvoir se guérir de ses passions, un philosophe doit s'efforcer de les dire dans l'idiome de la raison. Il s'agit donc aussi, pour l'auteur de ses lignes, de s'acquitter d'une dette: rendre à la corrida un peu de l'expérience singulière qu'elle offre et des mille bonheurs qu'elle lui donne en les transposant dans une langue étrangère universellement accessible, celle des concepts et des arguments. Il s'agit en somme de faire d'un objet d'amour un objet de pensée." (Avant-propos, p9)
C'est ce que le philosophe a tenté - et réussi selon moi - dans son livre ainsi que dans les conférences qu'il donne actuellement. Dernièrement à Saintsever. J'ai eu personnellement l'occasion de l'entendre à Bordeaux où il fut grandement aidé dans sa tâche par un quarteron de brigittebardots locales qui lui donnèrent la possibilité de réfuter, avec maestria et sens de la tolérance, leur moralisme bêtifiant et désinformé.
"La corrida donne à ceux qui l'aiment et la comprennent des émotions, des joies, aussi profondes et raffinées que les arts les plus esthétiquement corrects." (p 10)
"En fait, ce qui est un ''art'', ce n'est sans doute pas la corrida elle-même, c'est ce que l'on appelle le toreo, c'est à dire l'action du torero qui leurre les taureaux lorsque, équipé d'une simple cape ou d'une muleta, il en provoque et esquive les charges successives. Le toreo obéit en effet aux règles les plus classiques des beaux-arts (peinture, musique, littérature) et répond à l'exigence fondamentale de tout art humain : mettre en forme une matière. Le toreo est l'art de donner forme humaine - familière - à un matériau brut - ou du moins étranger : la charge du taureau." (p 13)
Qu'est-ce que la corrida? se demande Francis Wolff dans un prologue savoureux écrit sous la forme d'un dialogue socratique.
"Serait-ce une sorte de drame inclassable, l'ornithorynque des pratiques humaines, un défi à l'ordre établi entre jeu et sérieux, entre profane et sacré, entre représentation et réalité, entre tragédie vraie et performance plastique?" (p 15)
"Il s'agit d'abord d'une tentative de traduction: à défaut de pouvoir se guérir de ses passions, un philosophe doit s'efforcer de les dire dans l'idiome de la raison. Il s'agit donc aussi, pour l'auteur de ses lignes, de s'acquitter d'une dette: rendre à la corrida un peu de l'expérience singulière qu'elle offre et des mille bonheurs qu'elle lui donne en les transposant dans une langue étrangère universellement accessible, celle des concepts et des arguments. Il s'agit en somme de faire d'un objet d'amour un objet de pensée." (Avant-propos, p9)
C'est ce que le philosophe a tenté - et réussi selon moi - dans son livre ainsi que dans les conférences qu'il donne actuellement. Dernièrement à Saintsever. J'ai eu personnellement l'occasion de l'entendre à Bordeaux où il fut grandement aidé dans sa tâche par un quarteron de brigittebardots locales qui lui donnèrent la possibilité de réfuter, avec maestria et sens de la tolérance, leur moralisme bêtifiant et désinformé.
"La corrida donne à ceux qui l'aiment et la comprennent des émotions, des joies, aussi profondes et raffinées que les arts les plus esthétiquement corrects." (p 10)
"En fait, ce qui est un ''art'', ce n'est sans doute pas la corrida elle-même, c'est ce que l'on appelle le toreo, c'est à dire l'action du torero qui leurre les taureaux lorsque, équipé d'une simple cape ou d'une muleta, il en provoque et esquive les charges successives. Le toreo obéit en effet aux règles les plus classiques des beaux-arts (peinture, musique, littérature) et répond à l'exigence fondamentale de tout art humain : mettre en forme une matière. Le toreo est l'art de donner forme humaine - familière - à un matériau brut - ou du moins étranger : la charge du taureau." (p 13)
Qu'est-ce que la corrida? se demande Francis Wolff dans un prologue savoureux écrit sous la forme d'un dialogue socratique.
"Serait-ce une sorte de drame inclassable, l'ornithorynque des pratiques humaines, un défi à l'ordre établi entre jeu et sérieux, entre profane et sacré, entre représentation et réalité, entre tragédie vraie et performance plastique?" (p 15)
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