lundi 7 septembre 2026

Seissan

 



Dimanche 6 septembre 2026                      Seissan (Gers)
canicule                                                 théâtre de verdure du Soleil d'Or
deux tiers d'entrée
 
Six novillos de Jean Louis Darré "Camino de Santiago" (8 piques, 1chute), très bien présentés, de comportement varié, pour Jesus Romero (silence, salut), Mario Vilau (une oreille, une oreille) et Hugo Tarbelli qui remplaçait Clovis (une oreille, blessure).
 
On rendit un vibrant hommage en début de course à François Rivière, maire de Seissan récemment décédé. Son aficion a permis à la petite cité gasconne d'organiser des novilladas piquées (après une déjà longue histoire taurine) grâce à la construction du théâtre de verdure du Soleil d'Or dont l'une des fonctions est d'accueillir les spectacles taurins. L'un des burladeros provient d'ailleurs des anciennes arènes du Soleil d'Or de la proche Toulouse et justifie le nom de la plaza.
L'Astarac, cette partie du département du Gers proche des Hautes Pyrénées est également riche sur le plan taurin de la ganaderia de Jean Louis Darré ainsi que de la présence de la cuadra de chevaux de picadors d'Alain Bonijol. C'est sans surprise qu'on les retrouvait donc sur le sable de la plaza. Très bien présentés furent les novillos de Camino de Santiago avec en point d'orgue le magnifique sixième. Leur comportement fut varié et conféra à la tarde sérieux et émotion.
Jesus Romero, peu aidé par une cuadrilla à la dérive, affronta deux novillos vite réfugiés aux tablas. On l'appela à saluer à la mort du quatrième en reconnaissance à la finesse de son style et pour avoir réussi quelques enchaînements méritoires au plus près des planches.
Mario Vilau, novillero barcelonais à la pâleur d'un lord anglais, a été impressionnant de maîtrise et d'efficacité face à ses deux novillos. Sa capacité à tirer le meilleur de ses adversaires, d'allonger leur charge et de les dominer par son temple et son mando m'a fait penser à un certain Enrique Ponce. Il tua avec engagement qui lui valut une voltereta au 2) et coupa l'oreille de chacun de ses novillos. La Catalogne tient-elle un torero ?
Face à deux novillos très exigeants, Hugo Tarbelli, paya du prix du sang son engagement et son inexpérience. Il se montra parfois imprécis aux banderilles mais sa dernière paire de poder a poder était magnifique. Le troisième camino de santiago, un très bon novillo, brave et noble, mena souvent le bal mais l'entrega du Français emporta l'adhésion des étagères (oreille). Face au violent sixième le drame plane. Après de vaillantes séries de derechazos, la cogida viendra sur les naturelles. La corne soulève le torero qui est repris au sol puis emporté dans l'émotion à l'infirmerie. 

dimanche 30 août 2026

Bilbao : Roca Rey ! (Thierry Wagniart)

 

Bilbao. Jeudi 27 août 2026, plaza de toros de Vista Alegre.

Aujourd’hui c’est Le cartel de la Semana Grande. Taureaux de Victoriano del Rio pour Diego Urdiales, Talavante et Roca Rey. Température agréable, beaucoup de vent par moment, piste en excellent état et la plaza remplie jusqu’au toit. Quel plaisir de revoir le “lleno total” à Vista Alegre !

Petit clin d’œil bilbaíno du jour : il y a dix ans, Diego Urdiales coupait les deux oreilles d’ “Atrevido” taureau spectaculaire de chez Alcurrucén et sortait par la grande porte.

La corrida de Victoriano del Río n’avait pas le trapío d’une course pour Bilbao. Certes, le poids moyen de la course était de 560 kg. Mais le poids ne fait pas le trapio d’un taureau de combat. Pas de tamaño, des armures bonitas, pas de fond, faibles, pas de race, et donc pas de caste, comportement totalement anodin de l’ensemble du cheptel au cheval, baromètre essentiel de la bravoure, et pourtant…

Toute l’après-midi, Diego Urdiales réalisa quelques prouesses éphémères, certes, mais la qualité de son toreo, sa profondeur, ne laissa pas indifférent. Avec le capote un quite avec des chicuelinas de toute beauté, puis il nous aura offert quelques muletazos muy buenos, du toreo “al natural” de bon goût, mais malheureusement ses taureaux ne lui ont pas permis d’aller au bout des choses. Comme la semaine dernière à Malaga, il porta des épées engagés et en bonne place. Il reçut deux grandes ovations.

Talavante… je ne sais quoi vous raconter sur ce torero. Je ne l’ai pas senti très concerné. Le strict minimum, et encore. Le seul taureau de l’après-midi qui avait peut-être un peu de race, il demanda à son picador de service de s’occuper de son cas dans une interminable pique…la suite ? Et bien, il fera semblant, il tournera autour, jouera la montre et bye-bye ! Voici mon RIB, merci et à l’année prochaine.

Venons-en maintenant au phénomène Roca Rey. Première victoire, il réunit 14725 personnes à Vista Alegre, chose qui n’est pas arrivé depuis…quinze ans. Il a et a toujours eu gros cartel à Bilbao. Sa deuxième victoire, c’est d’avoir inventé deux taureaux qui n’existaient pas. Authentique exploit. Engagement total dans ses faenas qui devinrent très vite du toreo de proximité, cette tauromachie encimiste qui porte sur le public. Poder et sitio. C’est la base du succès d’hier. Il fut vraiment impressionnant avec son dernier, un cinqueño bien passé, astifino qu’il reçut genoux plantés dans le sable gris, pour chauffer la foule. Mélange de naturelles, deux cambios dans le dos parfaitement maîtrisés…du délire. Tout son travail sera fait dans la zone du tendido 5, à l’abri du vent. Il passe le cinqueño à la moulinette, il le tord, lui fait perdre la tête. Le grand public est en ébullition. Son desplante final est celui d’une grande figura, épée et muleta au sol, sa posture fait chavirer Bilbao. Il se profile pour porter l’épée. Stupeur, il jette sa muleta au sol, la main gauche qui tue est orpheline, il bascule, l’épée rentre, un peu derrière, le public à l’unisson explose comme si l’Athletic marquait le but de la victoire face au Real de notre Kiki national ! Une oreille à chacun de ses taureaux. Voilà pourquoi Roca Rey est una maxima figura del toreo. Ce garçon n’est pas dans le besoin depuis sa naissance, il est immensément riche, mais il joue sa vie dans l’arène… pas toutes certes, mais ça c’est un autre sujet à étudier, et à mon avis il doit venir de certaines réactions environnementales dans certaines arènes.

Roca Rey ! Le sauveur de Bilbao sur l’échiquier taurin ? 

 

wT 

 


vendredi 28 août 2026

Bilbao 50 ans déjà

 

   Il y a tout juste 50 ans, le 23 août 1976 précisément, j'assistais à ma première corrida bilbaina. Face à un magnifique lot de Miura, Manolo Cortes, Roberto Dominguez et El Puno donnèrent le meilleur d'eux-mêmes. La ville, encore port industriel, était noire à l'image du sable de la plaza, crasseuse, inhospitalière en apparence, et traversée par un égout à ciel ouvert, le Nervion. Aujourd'hui, dans une ville radicalement transformée, la corrida est toujours bien présente. On note même un regain d'aficion, en particulier de la part d'un public assez jeune. Un problème de taille reste cependant sans solution à ce jour : si les entrées sont excellentes les jours où toréent les grandes figures, le grand public se désintéresse totalement des autres tardes. Les deux premières corridas de la feria qui n'ont vu les arènes se remplir qu'au quart de leur capacité en témoignent.
 
   Déception mardi avec un lot de Dolores Aguirre mal présenté et manso. Le petit second est laid et sin cara, le cinquième, attendu avec intérêt en raison de ses 652 kg annoncé, est un colorado adipeux et totalement invalide  qui sortira d'une vuelta de campana avec les cornes en pinceau. Malgré leur fond de mansedumbre les trois premiers donnèrent le change grâce à leur mobilité. Le 4 fila aux planches dès qu'il se sentit dominé et le 6 se révéla un assassin intoréable à la muleta.
   D'Antonio Ferrera, qui se heurta à l'hostilité d'une partie du public, on ne retiendra que les quites donnés à l'ancienne à la sortie des piques.
   Damian Castaño était venu pour se battre, le public lui en sut gré, mais après un bon début de faena le quatrième refuse le combat et le sixième dont le comportement aux deux premiers tiers avait laissé espérer une suite plus heureuse se révèle une véritable alimaña au tiers final.  
   Pour rester positif on retiendra les beaux tercios de piques aux 4 et 6 par Javier Martin et Juan Melgar.
 

 
 
   Mercredi les toros de La Quinta revenaient à Bilbao après l'indulto obtenu l'an passé par Tapaboca. Les médiocres sorties réalisées par l'élevage depuis le début de la temporada laissaient espérer aux optimistes que les bons toros de la ganaderia allaient sortir ce jour. Ce ne fut pas le cas même si l'on peut considérer qu'aujourd'hui les toros n'ont pas toujours été aidés par les toreros. 
   Tout avait pourtant bien commencé par une monumentale chute obtenue par le magnifique premier. Ce n'était qu'illusion car l'astado va se révéler ensuite un véritable bœuf qui trottine incessamment, la tête dans les nuages. Les cinq autres resteront dans une honnête moyenne sans la grande bravoure ni la noblesse toute de douceur ou parfois de piquant dont ils peuvent faire preuve dans leurs meilleures sorties. A vrai dire plusieurs d'entre eux n'ont sans doute pas été toréés comme il aurait convenu.
   Roman qui se montra dominateur et bon tueur (oreille du 2) est hors de cause. J'attendais avec quelque illusion Emilio de Justo espérant le voir revenu à son meilleur niveau après ses derniers triomphes malagueños mais je dus déchanter. Face au quatrième il se montra incontestablement vaillant mais sans retrouver totalement la sérénité et la profondeur de son meilleur toreo. Quant à Tomas Rufo il m'a paru rester en dessous des possibilités de ses deux toros et souffrir en outre d'un manque très net de personnalité.
  

mercredi 19 août 2026

Retour sur la journée taurine de Roquefort

 photos : Laurent Bernède 
 texte : Velonero
 
La novillada piquée
 
 

    Avec leur pelage cárdeno et leur finesse, les novillos d'Emmanuel Turquay (ici le 3, mosqueado) formaient un bel ensemble très typé santa coloma. Les 2 et 6 plus vareados avaient même le hocico de rata typique des saltillos.
   Tous avec un fond de caste indéniable : de belles sorties, une première pique prise en poussant avec codicia (hélas il n'y en eut qu'une !), la gueule fermée jusqu'à la mort. Leur défaut : une certaine faiblesse de patte (ou un manque de fond) qui les a conduit à se réserver, en particulier les 3, 5 et 6. 
 
 
 
 

 
   Le Bordelais Clément Hargous torée peu et pourtant il s'est remarquablement comporté tout au long de l'après-midi. Avec pundonor et un minimum de technique qui lui ont permis de faire face en particulier devant son premier adversaire, une véritable vipère. Les deux photos sont éloquentes. En début de faena on voit bien le novillo mener le bal mais le Girondin parvint à donner en fin de faena une belle série de naturelles aidées. Il fut récompensé de son travail en coupant l'oreille du 4 suite à une estocade efficace.
 
 
   Selon l'expression consacrée, Jorge Hurtado a été le plus torero des trois. Ça ne veut pas dire que les autres ne l'ont pas été mais on sent chez l'Extremeño un petit quelque chose en plus. Une manière d'être mais aussi un placement face au toro qui font que peuvent surgir à tout moment art et embrujo. La suerte de matar ne semble pas, hélas, être son point fort. Il va toréer dans toutes les ferias de novilladas espagnoles du mois de septembre et son parcours est incontestablement à suivre.
   Face à deux novillos vite arrêtés le Mexicain Lopez Ortega est passé inaperçu.
 
 
La novillada sans picadors
 
 
   Une bonne nouvelle : la grande caste du premier novillo de L'Astarac, d'une charge soutenue et inlassable. Bonne nouvelle parce qu'il s'agit d'un novillo d'origine Garcia Pedrajas que Jean Louis Darré élève en parallèle à ses domecq de Camino de Santiago. Affaire à suivre.
   Israel Guirao, de retour à Roquefort après son triomphe de l'an passé, le reçoit somptueusement de cape. La suite sera plus banale et un peu décevante de la part d'un novillero prêt à passer à l'échelon supérieur. 
 
 
 
   Jules Dujols alias Julio Martin a connu une matinée riche d'expérience car il a été confronté à deux adversaires particulièrement difficiles. S'il n'a pu briller il a tout de même surmonté l'épreuve avec sang froid et détermination. Son premier (L'Astarac) donne de la corne et tout le travail de Julio consistera a essayer d'éviter de se faire chahuter la muleta. Il y réussira parfois.
   Par son trapío, son second (Alma Serena) n'aurait pas déparé à l'échelon supérieur. Au moral il concentre les défauts : distrait, coureur en tous sens, manso, querencioso. Le jeune homme ne perd pas les papiers et tue avec efficacité. Ouf ! Une épreuve sérieuse bien surmontée.


Ce fut une belle journée taurine, sans triomphe, sans excès de brillant mais sans ennui, d'un intérêt toujours soutenu. Mais il y a un mais. Le manque de public (moins de 1000 entrées payantes l'après-midi) fait que, à Roquefort comme dans d'autres petites plazas de la région, ce spectacle vit peut-être ses dernières heures.

 
 

 

lundi 10 août 2026

Soustons

 


Samedi 8 août 2026                    Soustons
temps orageux                            arènes Henri Canelas
demi-entrée 
 
Six novillos de Fernay (10 piques, vuelta au sixième) intéressants, pour Victor (une oreille, une oreille), Miriam Cabas (silence, silence) et Hugo Tarbelli, remplaçant Clovis (une oreille, deux oreilles).
 
Autour des arènes une immense fête foraine et son tintamarre bien peu taurin. A cela il faut ajouter la présence d'un horrible orchestre de tambours qui tonitrua à l'extérieur des arènes durant une bonne partie de la novillada, recouvrant même les notes de l'orphéon municipal ! Des anti-taurins déguisés ? Mais l'esprit de la corrida est difficile à tuer. Il revint lors du combat du dernier novillo. Un ciel d'ébène, les premiers grondements du tonnerre, les éclairs qui zèbrent l'horizon, un novillo plein de caste et un novillero qui se donne entièrement, c'est le classique triomphe sous l'orage tel que l'auront connu les arènes de Soustons sur le coup de 20h 30 en ce samedi d'été torride. Merci aux novillos de Fernay qui par leur comportement combattif, leur solidité ont permis une tarde sans ennui. Un grand bravo à Hugo Tarbelli, l'appelé de la dernière heure, qui transmet au public la joie qu'il a de toréer et dont le bagage technique, malgré le peu de novilladas toréées, est déjà conséquent.
L'après-midi fut plus difficile pour Miriam Cabas, totalement absente à la cape, limitée muleta en main et mauvaise à la mort. Il est vrai que ses novillos, bien que durement châtiés à la pique, se montrèrent solides et encastés.
Avec sa tauromachie élégante mais froide, sentant encore l'école, Victor, face à deux novillos de charge légère, resta en demi-teinte malgré quelques passages réussis sur la main droite et une bonne estocade à son premier. 
 
 
 


mercredi 5 août 2026

Les santacolomas de Turquay à l'affiche de la novillada de Roquefort

 


   Manu Turquay jouera une partie importante lors de la novillada du 15 août à Roquefort. Il présentera pour la première fois dans le Sud-Ouest un lot complet de ses santacolomas issus de Pablo Mayoral ainsi que du fer historique de Joaquin Buendia. Un mélange identique à celui de Los Maños dont on connaît les excellents résultats. On souhaite le même succès à l'élevage de la Crau. A l'heure où de nombreuses ganaderias françaises d'origine domecq confirment leur bonne santé il serait intéressant pour la variété d'encaste dans notre pays que des fers d'origine santacoloma puissent également émerger.
 

 


   Du côté des hommes on pourra voir le novillero bordelais Clément Hargous, qui a déjà eu l'occasion de faire preuve de ses qualités dans le Sud-Est. Il sera accompagné de deux jeunes promesses que l'on découvrira dans notre région : l'Extemeño Jorge Hurtado et le Mexicain Lopez Ortega.
 
 
Turquay sur Terre de Toros 

samedi 1 août 2026

Mont-de-Marsan : quelques photos de la corrida d'Escolar Gil

 Grâce aux photos de Laurent Bernède, retour sur l'excellente corrida d'Escolar Gil qui fut - et de loin - la meilleure course de la feria montoise. La bravoure et le sérieux des Escolar ont permis à Dorian Canton d'affirmer ses grandes qualités. Avec un sorteo particulièrement favorable Pepe Moral a perdu l'occasion de reverdir des lauriers quelque peu fanés. Quant à Antonio Ferrera il a connu une journée noire avec broncas à la clé.
 
 

 
 
 


 
 



 
 

 

mercredi 29 juillet 2026

Mont-de-Marsan : Madeleine 2026 (2)

      Daniel Luque : une encerrona en demi-teinte
 
 
 
   Les arènes sont pleines, le maestro porte un original costume blanc et bleu Madeleine. On attend beaucoup du seul contre six de Daniel Luque tant on connait, pour avoir eu l'occasion de les apprécier à de nombreuses reprises depuis plusieurs temporadas, les qualités du Sévillan. Il est un torero à la fois artiste et dominateur, capable de tirer parti de nombreux toros et utilisant, surtout à la muleta, un répertoire varié. C'est aussi un tueur efficace. Toutes ces qualités, il ne s'est pas fait faute de les démontrer face au second toro, un bichito innocent de El Parralejo (une seule oreille en raison de l'inconsistance de l'opposition, bien le président), puis face à un brave et très sérieux toro de Juan Pedro Domecq (deux oreilles). Ce qui lui a permis d'assurer la sortie a hombros.
   Mais cela n'empêche pas les admirateurs du torero, dont je fais partie, de trouver un goût d'inachevé à sa prestation. Un jeu de cape assez réduit, des estocades souvent un peu décalées (traseras, desprendidas), une muleta parfois accrochée ternissant la limpidité des séries, enfin des solutions non trouvées face aux trois toros très médiocres qu'il dut combattre (le 1 de Fuente Ymbro, manso, le 4 de Victoriano del Rio, décasté, le 5 de La Quinta, insipide).
   Certes une encerrona triomphale mais on l'a vu tellement meilleur ...
 

 
 
     La grosse déception des Victorino Martin
 
   Rien à dire cette fois sur la présentation (voir ici), même si elle était un peu inégale. En revanche une corrida cinqueña comprenant trois toros invalides ça sent clairement le fond de tiroir. La corrida se termina fort justement par une bronca à l'éleveur et aux organisateurs. Voilà Victorino reparti pour une pénitence de quelques temporadas au Moun. 
   Et ce n'est pas le cartel du jour qui pouvait sauver les meubles. Passe encore pour Roman qui ne put faire grand chose face aux deux ectoplasmes qui lui échurent mais que l'on sentait prêt pour des combats de plus d'importance. A son crédit son bel aguante face au 2 et deux belles estocades. Morenito de Aranda fait figure aujourd'hui de torero acabado et c'est, on le sait, un tueur calamiteux. Il tenta de compenser en accomplissant avec sérieux son rôle de chef de lidia. Quant à Juan de Castilla, de récentes blessures à répétition lui ont fait perdre le sitio. Il est encore jeune et l'on ne peut que souhaiter de le voir sortir un jour du bache profond dans lequel il se trouve.
 
   Rideau sur une Madeleine dans la tonalité des années précédentes, qui nécessite donc un sang nouveau pour l'avenir.
   Et marquée par la canicule des premiers jours et par les incendies tout proches. On rendit hommage aux victimes et à tous ceux qui luttent par une minute d'applaudissement en début de course. Ce fut, hélas, le meilleur de l'après-midi. 

mardi 28 juillet 2026

Mont-de-Marsan : Madeleine 2026 (1)

    Participer à ces fêtes de la Madeleine c'était avoir l'impression d'être hors du monde dans une bulle protégée, tout en sachant que tout brûle autour de soi. Une bonne définition de la fête ...
 
 
      Magnifiques Escolar Gil et révélation de Dorian Canton
 
   Je n'ai pas assisté à la corrida de mercredi qui, les avis sont unanimes, a été décevante : arènes pleines mais Jandilla vides, deux faenas correctes de Roca Rey et Marco Perez très mal conclues à l'épée. 
   La grande corrida de la feria fut celle de jeudi avec un lot magnifique d'Escolar Gil. Magnifiques au physique, d'une homogénéité rare, et magnifiques aussi au moral par leur bravoure.
Antonio Ferrera, en proie à ses démons, et Pepe Moral, vieux segundon sans illusion, gâchèrent un peu la fête. Surtout le Sévillan qui se défit sans peine ni gloire de deux toros qui, par leur corne gauche de ensueño, auraient dû permettre toreo grande et triomphe mémorable. Heureusement Dorian Canton était là. Il parvint à imposer au bon et exigeant troisième un toreo d'une grande pureté et sincérité. Une oreille après entière desprendida. Face au très difficile sixième (le seul à avoir montré des signes de mansedumbre) de charge courte et orientée, il fit front avec assurance et précision. Vuelta après un estoconazo au second essai. Pour le Béarnais un succès d'importance et une révélation pour ceux qui le découvraient ce jour. Avec l'espoir que cette journée lui permette d'ouvrir la porte de nouvelles arènes.
Au final, malgré la faillite de deux toreros, une corrida totalement satisfaisante pour l'aficionado. Quand le toro est là ... 
 
      
     Corrida de Zacarias Moreno
 
   Dois-je avouer que j'ai bien aimé la corrida de Zacarias Moreno ? Bien sûr si j'étais le ganadero je me poserais beaucoup de question, et je m'empresserais de chercher les coordonnées de l'abattoir le plus proche de l'élevage ...
   Je craignais un lot de toros faibles, sosos, noblotes, donc sans intérêt aucun et l'on eut un lot au comportement atypique, comme on en voit désormais rarement, des toros que l'on qualifiait autrefois de media-casta. Ceux-là étaient pourtant tous d'origine contrôlée domecq. Mais on ne savait jamais s'ils allaient charger ou fuir, derroter ou humilier, aller de l'avant ou mettre le frein à main. Leur lidia résulta donc intéressante d'autant que les trois toreros se montrèrent décidés.
   Miguel Angel Perera fit de son mieux mais sans réelle réussite.
   Victor Hernandez qui remplaçait David de Miranda parvint à lier au cinquième des séries dominatrices sur les deux cornes. L'animal passa un temps infini à gratter le sable du Plumaçon mais lorsqu'il s'élançait il fallait être capable de canaliser sa charge, ce que sut parfaitement faire le Madrilène. Estocade entière et oreille.
De même Tristan Barroso  parvint à tirer du tardo mais violent sixième de belles séries dominatrices. L'estocade tombée au second essai ne l'empêcha pas de couper une oreille. Le jeune Montois a montré pour l'occasion de belles qualités, il doit absolument progresser épée en main s'il ne veut pas voir s'évanouir les succès chèrement acquis avec cape et muleta.
    

mercredi 15 juillet 2026

Céret 2026 (2)

 Céret de toros vu par Laurent Bernède  -  Dimanche

Un dimanche sous le signe du TORO, seule la météo a eu un poil plus de dulce pour les aficionados nombreux sur les tendidos !

A 11h, 4 novillos de "Isaias y Tulio Vazquez" pour Valentin Hoyos y Jésus de la Calzada (qui étaient tous 2 sobresaliente lors de la matinée de la veille)
 
 
Une devise que l'on ne voyait plus et qui pour les "anciens" a rappelé quelques vieux bons souvenirs ! Tous negros, bouche close du début à la fin, attentifs à tout ce qui se passait en piste ! Ils étaient là pour en découdre... et nous ont bien fait plaisir ! Ce fut plus rugueux pour les novilleros devant les affronter.
Mention aux 2 premiers qui ont mis en appétit les amateurs que nous sommes du 1er tiers, répondant à grande distance  à l'appel des piqueros avec des galops superbes de détermination ! Les impacts furent violents occasionnant quelques batacazos spectaculaires !  Certes ils développèrent sous le châtiment plus violence que de réelle bravoure, mais ne boudons pas notre plaisir ! Les 2 derniers furent plus discrets.
 

 
 Jesus de la Calzada fut mis à de nombreuses reprises en difficulté, désarmé, bousculé  plusieurs fois, certes ses opposants n'étaient pas des enfants de coeur, surtout son 1er (sorti en 2nd) faisant preuve de sentido... mais son expérience en piquée n'a pas semblé peser, et devant le plus fade du lot il n'a pas su ou pu amener l'entrega qui manquait au toro.
Valentin Hoyos a été sérieux toute la matinée, dans les mises en suerte, ses débuts de faena par le bas (notamment à son 2nd), allant chercher la corne contraire, mais son toreo appliqué transmet hélas peu, il sera récompensé de sa bonne volonté par l'oreille du 2nd
Une matinée entretenue, par la satisfaction de retrouver un vieux nom d'élevage remis à la lumière, une ganaderia en reconstruction, qui travaille et que l'on reverra avec grand plaisir et espoir !
Titi Agudo a reçu le prix pour la meilleure pique et le mayoral a été appelé à saluer !
(Sobresaliente: Marcos Adame)
 
 



A 18h est sorti un lot de José Escolar Gil de toute beauté, irréprochable de présentation, avec tous des comportements intéressants à divers degrés ! des pitons à faire quelques cauchemars, dignes d'une arène de 1ere catégorie.
Le 2, 5 et 6 un ton au dessus, de la race, du poder et du moteur. 
Tous sont allés allègrement sous le châtiment avec une bravoure variable, s'employant plus ou moins sous 20 piques. Le 2 et le 6 ayant paru les plus intéressants à ce titre, sans être véritablement complets pour justifier une vuelta, qui plébiscitée par certains fut refusée par le président "Benoit  Pince"
L'attribuer n'aurait pas été non plus un triomphalisme excessif loin de là, mais rester modéré  est aussi une preuve de sérieux, de référence.
Le débat restera ouvert durant toute la soirée, signe qu'il s'était vraiment passé quelque chose d'important dans le ruedo cérétan.
Le 1er et 4ème lidiés par Antonio Ferrera (chef de lidia), sont difficiles à juger tant le maestro y mit de la mauvaise volonté, le 4ème quasi inédit à la muleta, aura été massacré aux piques par un Gabin aux ordres qui livra une prestation pitoyable.
Sifflets et bronca pour Antonio qui va donner bien des inquiétudes aux Montois qui le retrouveront prochainement devant la même devise !
A noter une excellente paire de Angel Otero au 1er Escolar.
 
 

Sanchez Vara, a assumé la lidia comme il sait si bien le faire,  a livré comme la veille quelques paires de banderilles dans les cornes fort méritoires, soulevant l'ovation unanime. Une présence de tous les instants qui contribue à être moins exigeant envers son toreo à la muleta, qui même s'il a été honnête est resté en dessous de la qualité de ses deux opposants ! 
 

 
Maxime Solera fut plus à son aise et dans le sitio face à l'excellent 6ème, très encasté, avec une très belle charge ! Le challenge était grand pour lui, une pression qu'il a su gérer. Il donna notamment  quelques naturelles de valeur... l'épée entrée au 2nd essai le privera d'une oreille qui aurait été méritée.
 


Le mayoral ainsi que le ganadero ont été appelés à saluer à juste titre à l'issue de la course.
Les aficionados présents ont vécu une belle tarde de Toros, une journée complète même ! 
Cuando hay Toros la vie de l'aficionado est belle...Merci l'ADAC.
 

 Laurent Bernède