jeudi 23 avril 2026

Séville : corrida d'El Parralejo (Thierry W.)

 

Séville, mercredi 22 Avril.
Douzième de l’abono. Lleno de “ No hay Billetes “.
Corrida d’El Parralejo (origine Jandilla) pour Diego Urdiales, Emilio de Justo et David de Miranda.


“Chismoso” (potins) 549 kg. Joli taureau.
Bien à la verónica Diego Urdiales. Le taureau paraît court de charge. Très vilaine carioca à la première pique. La seconde est trasera et longue. Tentative de quite par chicuelina d’Emilio de Justo. Légèrement bousculé, il laisse tomber. Taureau sérieux que Diego attaque et double par le bas. Le Parralejo est brusque et encasté. Le torero le contient tant bien que mal sur les deux séries à droite. Le Parralejo est plus posé et calme sur la gauche. Il n’a pas beaucoup de classe mais Urdiales nous pose quelques bonnes naturelles. Reprise à droite avec qualité. Faena autoritaire. Épée contraire et petite catastrophe au descabello.
“Tonelero” (tonnelier) 517 kg. Taureau manquant de trapio (il sera le seul). Très réservé dans la cape d’Emilio de Justo. Tercio de pique une nouvelle fois bafoué. Quatre chicuelinas et la rebolera pour un bon quite. Un quite serré par gaoneras de David de Miranda, lorsque ce garçon torée, ses taureaux passent très près de lui. Antonio Chacon supérieur avec les palos.
Deux séries droitières autoritaires très courtes avec un taureau qui n’humilie nullement. À gauche le taureau est très réservé. Reprise sur la droite et le taureau proteste. À ma surprise il termine avec une bonne série de naturelles exécuté de face. Le meilleur de cette faena, alors que le taureau avait lâché prise. Surprenant. Une épée trasera pour en finir.
“Secretario” (secretaire) 562 kg. Palmas de buleria des fans de Miranda venus de Huelva. Le taureau est beau et volumineux. Muy malo le piquero avec Secretario qui pousse fort sous le fer lors des deux rencontres. Enfin un taureau qui révèle sa bravoure au caballo ! Cuadrilla à la limite de la rupture aux banderilles car Secretario est très encasté. Grand début de faena par le bas pour casser le taureau avec de beaux doblones. Extra le taureau. Lorsqu’il charge, sa foulée est rythmée, régulière, et son centre de gravité est très bas. Que dire de cette fixité à la fin des séries de passes ! Tauromachie verticale, templée, et engagée sur les deux côtés. C’est de bon goût, c’est beau à voir, Séville bascule dans l’euphorie. Ce torero possède une grosse personnalité, sa tauromachie a un gros impact sur le public car l’engagement est total de la part du maestro de Huelva. Grandiose épée tout en haut et mort très émouvante de Secretario au centre de la Maestranza, la bouche fermée, les grands taureaux braves meurent ainsi…deux oreilles, et vuelta archi méritée à Secretario. Un grand taureau pour un grand torero.
“Azabache” 546 kg. Un beau melocoton . Urdiales supérieur avec le capote. Le taureau répète sa charge avec un zeste de genio. Bravito sous la 1ère pique. Muy bien Espartaco pour la seconde pique. Quand c’est bien il faut le dire et l’écrire. Brindis a todos. Il initie sa faena par le bas. Le taureau est exigeant. Deux séries de derechazos avec temple et des terminaisons de bon goût comme ces vraies passes de poitrines et ces trincherazos qui figent Azabache. Quelle toreria chez Urdiales, quelle classe ! Les naturelles sont extraordinaires. Devant l’écran je me dis que l’arène a du mal à rentrer dans la faena du torero de la Rioja. Fin de faena où Diego Urdiales alterne des ayudados et trincheras. C’est délicieux. Tout est précieux chez ce torero. Certes l’épée entière est contraire, mais Incompréhensiblement le public ne demande pas le trophée archi mérité…et pourtant, la Señora présidente attendait la pétition…Diego Urdiales est très déçu et moi avec. Ces Sévillans sont vraiment incorrigibles parfois.
“Anhelomio” ( désir) 554 kg. Autre taureau bien présenté . Froid dans le capote de l’Extremeño. Brave sous la première pique de Juan Bernal très en arrière, peu spectaculaire sous la seconde. Le taureau est loin d’avoir les qualités des deux précédents. Il n’embiste qu’avec retenue, s’arrête au milieu de la passe, bref…une entière tombée. Emilio de Justo n’a pas eu le sorteo pour lui.
“Corralero” 555 kg. Negro burraco. Veronicas verticales , puis en mettant la jambe devant. Corralero faiblit sous la pique…mais on perçoit des qualités chez le burraco. Quatre statuaires pour un bon début de faena. Début tonitruant sur la droite tout en le laissant récupérer entre les séries. À gauche le taureau est plus réticent. Nouvelle grande série avec de longs redondos. Naturelles de face parfaites. Faena cumbre ! Pour finir, David de Miranda nous pose des manoletinas serrées et très émouvantes pour convaincre la Maestranza que le patron des lieux ce soir c’est lui. L’épée est entière. Davila Miura l’annonce « desprendida », détachée, pas forcément au bon endroit. L’oreille tombe du palco. La porte du Prince va s’ouvrir, et c’est totalement mérité pour ce torero qui a pris le rythme d’une figura del toreo.
Excellente corrida du Parralejo, encastée, brave, noble, cinq taureaux sur six. Mais quel grand taureau que ce “Secretario” parti maintenant au pays des braves !

wT

mercredi 22 avril 2026

Quatre tardes de toros en Sevilla (2)

 

 
Vendredi 17 avril   corrida de Domingo Hernandez
 
   Après les sommets de l'art taurin atteints hier par Morante, la corrida d'aujourd'hui ne pouvait être que de resaca (ressac, gueule de bois) comme l'on dit dans la langue de Cervantès. Ressac amplifié par le comportement des toros de Domingo Hernandez. Les trois premiers sont des mansos superlatifs cherchant désespérément une issue dans le vaste ruedo sévillan. Heureusement les deux derniers permettront que la corrida se termine sur une note plus positive.
   Alejandro Talavante, vingt ans d'alternative, sans illusion, fait partie des accaparateurs de contrats au détriment de la jeune génération. Il passa sans peine ni gloire (silence, silence).
   Roca Rey eut la bonne fortune d'avoir entre les mains Veronés, le quinto. Un toro terciado mais de bonne charge, idéal pour la tauromachie dominatrice et puissante du Péruvien qui enchaîne les séries avec assurance. Il coupera une oreille après une entière tendida.
   Pablo Aguado est un torero d'une classe supérieure que l'on voit trop rarement en France. Face à des adversaires plus préoccupés de fuir que de charger il ne put donner ce jour que des détails, mais quels détails ! Véroniques avec toile réduite, une chicuelina somptueuse et quelques enchaînements à la muleta après une voltereta au sixième (vuelta).
 
 
Samedi 18 avril   corrida de Victorino Martin 
 
   Une mauvaise corrida de Victorino Martin, c'est rare mais ça arrive. Pour celle-ci on a l'impression que tout le monde y a mis du sien. L'empresa en achetant une corrida indigne d'une plaza de primera, le ganadero en osant présenter à Séville un novillote scandaleux (el quinto), les vétérinaires en gardant étrangement les yeux fermés. Et l'on peut se poser des questions sur le fonctionnement de la bascule des corrals sévillans lorsque l'on sait que le choto en question était annoncé à 539 kg. Finalement c'est le public sévillan qui est sorti grandi de l'affaire puisque, à rebours de sa réputation de passivité, il se fâcha sérieusement contre l'animalcule dont toute la lidia se déroula sous la bronca, les sifflets et les lazzis. Un vrai scandale à Séville ! Par ailleurs le comportement des toros fut le plus souvent décevant même si certains montrèrent de la bravoure au cheval, ce qui permit quelques tercios de pique de qualité (ovation pour Vicente Gonzalez, Tito Sandoval et Manuel Jesus Ruiz ''Espartaco"). La plupart firent preuve au troisième tiers d'une noblesse un peu fade accompagnée d'une faiblesse de patte latente. Ce qui aurait été considéré comme une correcte corrida commerciale fut une mauvaise victorinade. On notera que les quatre premiers étaient les fils du fameux Cobradiezmo gracié ici même il y a tout juste dix ans, on en tirera la leçon que l'on voudra ...
   De Manuel Escribano on ne retiendra que ses deux puertas gayolas, celle du 5 avec une interminable attente, et deux séries de naturelles au 1. Lui aussi fait partie de ces toreros qui sont sur la brêche depuis plus de vingt ans, dans son cas le corps cousu de cicatrices infligées par les toros des élevages les plus redoutables. On lui souhaite de savoir se retirer dans les meilleures conditions.
   Le toreo de Borja Jimenez pose question. Il cherche la passe longue et templée et il réussit souvent à la donner ce qui lui vaut olés et ovations, et deux vueltas al ruedo ce jour. Le paradoxe est que la souplesse de son corps lui permet de la donner trop souvent sans se croiser, toreando muy despegado. De plus il est très faible épée en main. Des qualités donc  mais beaucoup de scories également pour le Sévillan. 
   Quelle mouche a piqué Victorino Martin hijo de venir à Séville avec une corrida si peu digne de la plaza où il y a dix ans un lot supérieur avait marqué les esprits !
 
 
   
 
   Depuis sa journée cumbre de jeudi, Morante a été très grièvement blessé lundi par un toro de Garcia Jimenez. L'homme paraissait en si belle forme morale et physique que c'est une peine de penser que cet élan risque d'être brisé pour une longue période. Une peine de se dire que les aficionados des villes où il devait toréer dans les mois qui viennent n'auront sans doute pas la chance et le privilège de vivre le faisceau d'émotions que suscite son toreo.
 
   Par ailleurs aura lieu en fin de semaine la Feria del Aficionado qu'organise à San Agustin del Guadalix le club taurin Tres Puyazos, feria qui m'avait enchanté l'an passé comme m'a enchanté cette année mon passage par Séville. Aura lieu également en mai la Feria du Toro de Vic-Fezensac puis Céret de Toros en juillet. Je sais bien que certains aficionados ne mélangent pas les genres. C'est leur droit. Pourtant la tauromachie est partout. Aussi bien sur l'albero de la Maestranza de Séville avec des toreros en recherche d'art que sur le sable de San Agustin ou de Vic avec ses toros puissants et ses valeureux toreros. 
    

mardi 21 avril 2026

Quatre tardes de toros en Sevilla (1)


   
   Avec celle de Madrid, l'aficion sévillane est sans aucun doute la meilleure au monde. Assister à une tarde de toros dans la Maestranza a une résonance particulière. Ici aucun détail n'échappe aux yeux avertis du public. La bonne brega d'un peon, une pique bien donnée, une passe qui surgit du néant : à l'instant même l'ovation monte de chaque travée. Et lorsque l'art advient dans le ruedo, la communion avec le public, portée à son paroxisme, lui donne un caractère sublime. 
   Ce public on le sent en quête d'un toreo essentiellement doux, templé, artistique. Comment pourrait-il en être autrement dans une ville comme Séville ! Il préfère donc les toros qui le facilitent et il existe  en son sein une fraction triomphaliste non négligeable peu regardante sur les placements manquant de sincérité, pendant que d'autres gardent leur critique (''no se ha cruzado'') pour eux-mêmes  ou leur voisin de tendido car le public sévillan a horreur de protester, c'est comme ça, et lorsqu'il le fait c'est que l'affaire est d'importance (la présentation du quatrième victorino samedi, par exemple).
  
 
Mercrdi 15 avril   corrida de Santiago Domecq
   
   Le lot de Santiago Domecq peut être qualifié d'assez bon, idéal même pour une plaza comme Séville (5 toros sur 6 seront ovationnés à l'arrastre) mais sans aucun toro supérieur comme l'élevage a été assez fréquemment capable d'en sortir lors des temporadas passées. Ils furent très peu piqués, malgré cela certains allèrent a menos, manquant de fond. Les meilleurs : le premier, d'une exquise noblesse et le sixième, vif jusqu'à ce qu'il file aux planches. 
   Le travail complet (cape, muleta, estocade) de Miguel Angel Perera lui valut l'oreille de son premier partenaire. Il y eut même venant de la partie triomphaliste du public une pétition incongrue de la seconde oreille. Perera fut en réalité bien en dessous de ce que permettait Tallista. Il fait partie de cette trop longue liste de toreros qui toréent avec succès depuis plus de vingt ans mais n'ont aujourd'hui plus rien à prouver ni à eux-mêmes, ni au public. Qu'ils laissent donc la place aux jeunes!
   David Galvan donna de bonnes et sincères naturelles au 2, bonne estocade, oreille.
   Le tout jeune Aragonais Aaron Palacio devait son inclusion à la feria à son excellente actuation ici même l'an passé en tant que novillero. Une bonne initiative de la part de l'empresa car voilà un garçon qui, avec quelques autres récemment promus matadors, représente l'avenir de la fiesta ... à condition qu'on leur donne l'occasion de s'exprimer. Si à son premier Aaron eut une prestation de novillero nerveux, il se libéra face au sixième pour donner à un toro de charge soutenue une belle faena con arte y transmisión qui fit rugir le public. Le toro attiré par les planches au final l'empêcha de redondear la faena. Grosse oreille après une entière.
 
 
Jeudi 16 avril   tarde historique de Morante de la Puebla 
 
   Un aficionado, morantiste qui plus est, doit mesurer la chance qu'il a d'avoir vécu cette tarde historique durant laquelle Morante de la Puebla a donné, au quatrième toro, un véritable cours illustré par l'action d'histoire de la tauromachie. Face à un toro sans bravoure ni fixité qui faisait à sa sortie tout à l'inverse de ce qu'un toro doit faire, le cigarrero  a donné un récital, mélange vivant de suertes à l'ancienne et de toreo contemporain dans ce qu'il a de meilleur. Largas accoudé aux tablas, véroniques et demi sublimes, tijerillas au quite, pose des banderilles parfaite en trois modes différents : de poder a poder, al sesgo por dentro, al quiebro cité depuis une chaise. Le toro dominé charge désormais avec noblesse, la faena de muleta débute par des ayudados por alto donnés assis sur la chaise, suivis de derechazos et de naturelles d'un aguante et d'un temple extraordinaires. La plaza est une clameur permanente. Les olés s'étranglent de sanglots devant tant de beauté et de profondeur. Et, seul point noir, une mise à mort en plusieurs étapes empêche l'octroi de tout trophée que deux vueltas al ruedo apothéosiques remplaceront aisément. Merci Morante.
   Juan Ortega débuta par une puerta gayola qui semblait signer son envie d'en découdre. On s'étonna que, par la suite, sa recherche du joli, du templé se fasse trop souvent au détriment d'un placement plus sincère qui aurait permis plus de profondeur et de dominio.
   Le jeune Victor Hernandez eut une bonne tarde. Il donna une leçon de sincérité, de placement adéquat à son prédécesseur. Un sens du temple certain et des estocades recta lui permirent de toucher le public sévillan (une oreille). On regrettera seulement que la fadeur de ses opposants ait empêché son travail d'accéder à une dimension supérieure.
   La ganaderia d'Alvaro Nuñez est une scission récente de Nuñez del Cuvillo. Les toros de ce jour furent inégaux en comportement et en trapío avec une tendance forte au decastamiento. 
 
 

 
 



 

dimanche 19 avril 2026

Saint-Martin de Crau : desafio Saltillo - Cuadri (Christian)

 Ma première à Saint-Martin de Crau, une place où l'on ne plaisante pas avec la présentation et la présence des toros : c'est bien pour cela que je suis là

27° et un petit vent qui pourrait s'avérer taquin: il n'en fut rien.

Grand confort avec un ascenseur pour les PMR, classe.

Un ovale sévillan et une jolie perspective où que l'on soit. J'ai oublié de demander la jauge maxi je dirais 3/4000 , wiki me précise : 3000.

Un satisfaisant 85% de taux de remplissage constitué de 80% de cheveux gris dont beaucoup sont en attente de prothèses de hanches et autres avanies inhérentes à cette tranche d'âge. Quelques espagnols ont fait le déplacement.

Les toros.

3 Saltillo et 3 Cuadri, 5  bons. Saltillo emporte le morceau lors de ce desafio puisque le sixième (un cuadri donc) s'est éteint avant même de taper dans le cheval. Il avait, de plus, un problème de coordination/faiblesse antérieure gauche. Consanguinité?

Sorti de là, comportement honnête, très honnête avec chacun des caractéristiques diverses mais  jamais rébarbatives. Bonne pioche.

Les hommes?

Picadors et péones souvent en dessous de tout. Alberto Lamelas m'a bien plu même si les années à attendre la gloire commencent à peser. Il  s'est risqué face à son premier à un répertoire proto artistique assez incongru, j'ai retrouvé le belluaire à son cuadri mais un belluaire patient amenant le bicho dans son monde de superbe manière. Les aciers ont, souvent avec Alberto, tout fait foirer. Dommage.

Pepe Moral me parait plus solide, moins englué dans la mélasse de ces dernières années, même s'il semble rester superficiel, ne pas aller au fond des choses, je le dis avec l'expertise du gars qui tape un texte sur sa tablette allongé sur son lit! Il loupe sa deuxième oreille car peu inspiré par son cuadri, il le massacre aux aciers et se mange une bronca pas piquée des vers!

Adrian "Adriano" Salenc veut tellement marquer les esprits qu'il se disperse trop et, malgré quelques braises rougeoyantes, il a encore du chemin à faire. Ceci dit, son coté infirmier patient qui s'adapte est vraiment intéressant .

Saint-Martin de Crau. A l'an prochain si dios quiere !

Christian

mercredi 15 avril 2026

Séville corrida de Fuente Ymbro (Thierry W.)

 

Cartel très intéressant avec Alvaro Lorenzo, le Sévillan Rafael Serna, l’Albaceteño Molina devant des taureaux de Fuente Ymbro.
Cazador, 598 kg, le plus lourd du lot, montre des signes de faiblesse dans le capote de Lorenzo. Tercio de pique anecdotique. En toute quiétude, Rafael Serna réalise un bon quite avec des “tafalleras”.
Andrés Revuelta supérieur dans la pose de deux paires de banderilles. Le début de faena est prometteur mais très vite le taureau proteste dans la muleta. Il a plus de qualités sur le piton gauche. Faena méritoire face à un Fuente Ymbro qui chasse les mouches avec ses deux cornes. Très désagréable à toréer. Lorenzo a le mérite de le contenir dans ses charges. Le taureau tombe après un pinchazo et une entière un poil tombée.
Laminado est un beau taureau de 505 kg. Ses charges sont douteuses sur les deux côtés. Deux rencontres avec le piquero sans pousser. Début de faena, Rafael Serna double joliment par le bas. Première série de droitières pour jauger, la seconde est plus centrée. À gauche, il est court de charge, mettant le torero en difficulté, ce dernier se retrouve les cornes dans les chevilles à la sortie de la passe. Serna reprend la main sur des droitières autoritaires . Trois pinchazos et un vilain bajonazo pour finir avec ce Laminado très désagréable dans la muleta du torero.
Jarrero, melocotón de pelage, pèse 520 kg. Molina part à puerta gayola pour l’accueillir…ça passe justot ! Jarrero est distrait et n’est pas vraiment intéressé par le capote de Molina. Tercio de pique pathétique. Très bon début de faena de Molina par le bas, avec autorité et suavité. Très surprenant de voir le Fuente Ymbro accepter trois séries autoritaires sur le piton droit. Mais à l’amorce de la quatrième série, le Fuente Ymbro prend la direction des planches . Muy malo pour tous et surtout pour le ganadero. Épée contraire et basse de Molina.
Pardillo, Castaño , 491kg sur la bascule. Très armé, plus fin que ses frères. Très froid dans le capote de Lorenzo. Visiblement le taureau se blesse sur un remate contre le burladero. Cojo. Changement après le tercio de banderilles.
Le réserve, un Murteira Grave. Petit, très limite en présentation pour une plaza de primera. Ennui total avec ce petit taureau soso, sans caste, taureau qui n’avait rien à faire en ces lieux. À oublier très vite.
Escogeperro, Castaño de pelage, 549kg. Rafa Serna va l’accueillir à Puerta Gayola avec courage. Il joue gros sur cette course le Sévillan. Les trois veronicas et la media sont magnifiques. Deux piques correctes, sans plus.
Bon quite de Molina avec des tafalleras. Indéniablement, le Fuente Ymbro a de la qualité dans sa charge. Il est brave, noble mais il est exigeant. Faena complète et méritoire du torero sévillan face au premier taureau encasté de l’après-midi. D’abord avec de belles naturelles, centrées, dans le sitio. Une série fort méritoire sur la droite, très rythmée, la main basse, on est à la limite de la rupture, mais le torero tient la cadence et le rythme du castaño. Faena émouvante qui se termine avec de beaux doblones par le bas pour bien préparer la suerte de matar. Rafa Serna rentre avec conviction, l’épée est contraire mais très efficace. Une grosse oreille tombe du palco.
Le 6ème taureau, Pijotero, est joliment présenté. Il paraît court de charge dans la cape de Molina. Visiblement il manque de force. Il ne poussera pas sous les deux piqures réglementaires. Lors du tercio de banderilles on se rend compte que le taureau possède un bon galop et lorsqu’il est cité de loin il part avec l’envie d’en découdre. À la muleta, le taureau est très exigeant et Molina alternera le bon et le moins bon, il n’arrivera jamais à trouver réellement le bon sitio pour monter la faena espérée. Il est vrai que plus on avançait dans le combat plus le taureau perdait en qualité. Fin laborieuse avec l’épée.
Même si la corrida de Fuente Ymbro était très bien présentée, elle a livré dans l’ensemble une course assez décevante. Rien de spectaculaire au cheval. Il a fallu attendre le “famoso no hay quinto malo” pour voir enfin un taureau racé, complet dans son combat, Rafa Serna y a joué sa peau, s’imposant avec une tauromachie pure, très sévillane. En espérant pour lui que le téléphone de son apoderado sonne toute la semaine ! Il le mérite largement.

T.W. (vu à la télé)

mercredi 8 avril 2026

Le temple (4)

 
Technique du temple
 
   Si le temple est affaire d'esprit voire de sortilège, il requiert aussi pour advenir l'utilisation par le torero de stratégies, de technique.
   Cossío note que la plus grande longueur des passes données par Juan Belmonte a contribué à répandre dans le public cette impression de lenteur : 
 
''El leve espejismo del público que tal pensaba consistía en que hasta Belmonte nunca se había dado el pase tan largo como él logró darlo, y el ver el toro embebida en el engaño mas tiempo se confundía con la velocidad con que se verificaba el lance, pues, efectivamente, duraba más tiempo que en el sistema habitual hasta entonces, pero por no ser más lento, sino por ser más largo.''
 
''La légère illusion répandue dans le public reposait sur le fait que jusqu'à Belmonte personne n'avait donné de passe aussi longue que lui, et voir le toro absorbé dans le leurre aussi longtemps était confondu avec la vitesse à laquelle se déroulait la passe, car, effectivement, elle durait plus longtemps que dans la manière de toréer habituelle jusqu'alors, mais non pour être plus lente sinon pour être plus longue.''
 
 
   Mais le stratagème le plus répandu consiste à faire baisser la tête du toro lorsqu'il charge. Ainsi nous l'explique Claude Popelin dans Le taureau et son combat :
 
''Le torero, doué de temple, donne l'impression littérale de ralentir, à sa volonté, l'impétuosité du taureau. A cette fin, il use parfois d'un stratagème : baisser la main qui tient l'étoffe au moment où l'animal engage la tête dans celle-ci. Le taureau, par le seul fait de la position qu'il prend pour suivre le leurre, le mufle au ras du sol, freine naturellement sa charge. C'est un résultat difficile à atteindre avec les bêtes qui tiennent la tête haute et refusent de la baisser. Aussi sont-elles toujours pour l'homme des adversaires difficiles.''
 
 
   Stratagème que détaille François Coupry, conjuguant le fait de maintenir la tête baissée du toro le plus longtemps possible tout en déviant sa charge en toréant sur une ligne incurvée, ce qui permet d'unir les notions complémentaires de temple et de mando, expression maximale de la domination du torero sur le toro. 
 
"Templer, c'est étirer au maximum le moment de la charge où le taureau garde la tête baissée. [...] à chaque millimètre le taureau demande : je peux frapper ? à chaque millimètre le torero répond : plus tard ; à chaque millimètre le taureau répond : je vais frapper, maintenant ; à chaque millimètre le torero demande : attends encore un millimètre. Mandar signifie aussi conduire. Et le torero a conduit le taureau, d'abord dans l'espace en le déviant de sa route ordinaire ; ensuite dans le temps, en retardant le coup de corne tueur, en le reconduisant à chaque dixième de seconde ; enfin, de nouveau dans l'espace, il le retournera." 
 
 

 
 
   Ce que Gregorio Corrochano résume en une phrase : 
 
''En conservar las distancias está, precisamente, el secreto del temple." 
 
   Et Domingo Ortega de manière plus imagée:
 
"Cuando se templa, el toro parece ir cosido a la muleta." 
 
C'est exactement l'impression que j'eus lors de la fabuleuse faena  madrilène de Luis de Pauloba en 1995. Et à ce moment-là nous étions 24 000 âmes à le vivre comme un moment d'éternité.
 
 

 à suivre
 

lundi 30 mars 2026

Croquis de la fête taurine (poèmes 20)

 
Juan Bautista
 
Aux jours inspirés devant des toros gris
la percale 
et la soie
comme l'enchantement d'un bonheur infini. 
 
 
 
Alberto Lamelas
 
Homme simple au courage de basse besogne
maître de la peur
et maître du sauvage
alchimiste des ennuis de la vie ordinaire.
 
 
 
Alejandro Talavante
 
Droit comme un i fragile comme une ombre
tu as
cherché
les clés de la géométrie taurine. 
 
 
 

 


 

dimanche 15 mars 2026

Le temple (3)

 Ralentir
 
   Si le mot templar signifie en espagnol accorder, harmoniser (templar una guitarra), il signifie avant tout modérer, adoucir, tempérer. Il faut donc bien convenir qu'il y a dans cette idée de temple en tauromachie une idée qui va plus loin que celle de s'accorder et qui est de transformer la charge du toro de façon à la rendre moins brusque, moins rapide. 
   Ainsi le dit Auguste Laffront "Paco Tolosa" dans La corrida, tragédie et art plastique :
 
'' "Templar", c'était, à l'origine, déplacer l'étoffe dans une cadence adaptée à la vitesse du taureau et maintenir le leurre, cape ou muleta, à une distance toujours égale du début à la fin de la manœuvre. Depuis Belmonte, "templar" marque une idée de lenteur et signifie modérer, freiner, ralentir la course de la bête, l'obliger à régler son allure sur les mouvements du leurre, de façon que celui-ci puisse être mû avec le maximum de lenteur et de suavité possibles."
 
   De même qu'André Viard dans Comprendre la corrida, un matador explique :
 
'' Cette faculté à épouser le rythme du toro puis, à l'intérieur de l'équilibre obtenu, à régler la vitesse de sa charge en la ralentissant a pour nom le temple (du latin temperare,tempérer).
"S'il parvient à templar sa charge, le torero va transformer l'élan brusque, rectiligne et impulsif du toro en une embestida mesurée, courbe et prolongée."
 
 Pour François Coupry (Torero d'or) c'est la relation quasiment magique qui s'établit entre torero et toro qui ouvre la voie du temple comme ralentissement de la charge. Une forme d'hypnose voire de tendresse.
 
"Cette magie est commune à tout temple de tout torero - à partir d'un certain moment si le temple se déroule précis, si la muleta demeure toujours à la même exacte distance des cornes du taureau, elle imposera son rythme, sans subir celui du taureau. [...]
"Là, dans ce sens suprême du temple, il s'agit, avec un taureau complètement hypnotisé, avec un taureau en parfait accord avec le torero, de freiner, adoucir, murmurer sa charge. Là, vraiment pour le spectateur se vivra la plus totale affection, entre un taureau et un torero. La douceur. Cette tendresse. Plus question alors - par cet extraordinaire retournement - pour le taureau de vouloir tuer ; mais, au contraire, de ne plus vouloir attraper la muleta, de ralentir, lui, quand elle ralentit, elle ! Alors, oui, vient l'impossible. La tendresse entre un homme et un taureau." 
 

 
  Discours de même teneur chez Pepe Luis Vazquez (F. Zumbiehl, Des taureaux dans la tête), le grand artiste sévillan de l'après-guerre civile, pour lequel la relation qui se noue entre l'homme et l'animal permet au temple d'advenir :
 
" Au début, c'est le taureau qui indique à l'homme la vitesse adéquate. Mais peu à peu ce dernier, s'il est bon, parvient à ralentir cette vitesse et à l'accorder avec lui-même. Là est toute l'intelligence, la science, et l'histoire de la tauromachie. 
" Le temple est une question d'intuition. Cela vient moins de la tête que du cœur, du sentiment. On est d'abord sur ses gardes, un peu crispé, et on essaie de mettre le taureau à la bonne cadence. Quand on y est arrivé, on se relâche, et la bête est tellement en harmonie avec l'homme, qu'il semble que celui-ci lui inculque son propre relâchement. Elle prend un autre rythme et épouse le temple. C'est une chose voluptueuse. C'est comme si on était avec une personne anxieuse et agressive, et qu'on lui montrait ou lui disait quelque chose qui l'apaise."  
 
 

 
S'il y a dans le temple de la magie, de la volupté, de l'envoûtement, on peut se demander si le ralentissement du toro est bien réel ou s'il ne s'agit que d'une impression - ce fameux temps suspendu -, l'envoûtement opérant aussi sur le public. Ce qui est certain c'est que ces moments sont rares et fragiles voire miraculeux, comme nous le dit si bien Pedro Cordoba (La corrida) : 
 
''Le temple consiste à synchroniser le déplacement de la muleta et la charge du taureau, de telle sorte que la violence de l'animal soit comme absorbée par le leurre, envoûtée par sa lenteur. Il faut pour cela trouver la ''bonne distance'', être mû par les mêmes rythmes. On a alors l'impression d'un temps suspendu, d'une euphorie qui se poursuit jusqu'à l'insoutenable, d'un prolongement miraculeux de l'éphémère, d'un luxe pensif. De tels moment de grâce sont, comme tout miracle, extrêmement rares : on peut assister à des dizaines de corridas et en rester au pressentiment de ce qui aurait pu être et n'a pas été.'' 
 
 
    À suivre
 
 
    

mardi 10 mars 2026

Les trois ferias 2026

 
 

 
Samedi 25 avril
12h   novillada
Salvador Guardiola - Isaias y Tulio Vazquez
Joao d'Alva - Jesus de la Calzada
 
18h30   corrida
Prieto de la Cal - Reta de Casta Navarra
Sanchez Vara - Joselillo - Francisco Montero
 
 
Dimanche 26 avril
12h   corrida
Dolores Aguirre - José Escolar
Damian Castaño - Juan de Castilla - Maxime Solera 
 
 
 
 
Samedi 23 mai
11h   novillada
Aguadulce 
Gonzalo Capdevilla - Pedro Andrés - Pedro Luis
 
18h   corrida
Prieto de la Cal
Alberto Lamelas - Luis Gerpe - Maxime Solera
 
 
Dimanche 24 mai
11h   corrida concours
Saltillo - La Quinta - Partido de Resina
Benitez Cubero - Dolores Aguirre - Pagès Mailhan
Sanchez Vara - Roman - Isaac Fonseca 
 
18h   corrida
Baltasar Iban
Morenito de Aranda - José Garrido - Juan de Castilla
 
 
Lundi 25 mai
11h   novillada sans picadors
Le Lartet
Realito - Rémy Asencio -  X
 
17h   corrida
Miura
Pepe Moral - Damian Castaño - Gomez del Pilar 
 
 
 
Samedi 11 juillet
11h   novillada
Partido de Resina - Barcial
   Mario Vilau 
 
18h   corrida
Dolores Aguirre
Sanchez Vara - Damian Castaño - Luis Gerpe 
 
Dimanche 12 juillet
11h   novillada
Isaias y Tulio Vazquez 
Valentin Hoyos - Jesus de la Calzada
 
18h   corrida
 José Escolar 
Antonio Ferrera - Juan de Castilla - Maxime Solera 
 
 
   Les trois classiques ferias toristes font la part belle aux fers les plus sérieux. C'est, avec une présentation irréprochable, ce que l'on attend d'elles. On surveillera avec attention le retour des novillos de Salvador Guardiola et d'Isaias y Tulio Vazquez; ces deux élevages, qui ont fait les beaux jours de l'aficion jusqu'au début de ce siècle, peuvent-ils renaître de leurs cendres ? On ne peut que le souhaiter.
   Les organisateurs vicois, en programmant les Miura, ont fait un pari osé. D'autres avant eux s'y sont cassés les dents (Céret 2017). Pourvu que leurs cornes tiennent bon ! On regrettera, toujours à Vic, l'absence d'un lot complet de Dolores Aguirre. En revanche la liste des élevages de la corrida-concours a fière allure.
   Du côté des matadors, quatre d'entre eux sont annoncés dans les trois ferias : Sanchez Vara, Damian Castaño, Juan de Castilla et Maxime Solera. C'est tout à leur honneur mais témoigne d'un vivier de matadors assez étriqué pour ce genre de course.
   La feria del Aficionado à San Agustin del Guadalix a pris l'habitude d'annoncer le nom des picadors sur ses affiches : une excellente initiative ! 
   
   Mentionnons enfin le magnifique cartel de Saint Martin de Crau qui marquera le départ des festivités le samedi 18 avril : Saltillo - Cuadri, Alberto Lamelas - Pepe Moral - Adriano.
 

                     Pour plus d'information cliquer sur le nom des villes en bleu

mardi 24 février 2026

Le temple (2)

 

 
   Le concept de temple soulève plusieurs questions. Templer, est-ce s'adapter parfaitement au rythme du toro, que celui-ci soit rapide ou lent ? Ou  bien est-ce réussir à ralentir la vitesse de charge du toro ? Ou peut-être pouvoir  simplement donner l'impression que l'on ralentit cette charge ? Sans oublier le cas particulier et inverse où le torero va quasiment accélérer la charge du toro en obligeant un animal rétif ou statique à charger le leurre et à y prendre goût. 
 
Templer c'est toréer au même rythme que le toro 
 
   Pour Cossío comme pour Corrochano, templer c'est s'adapter parfaitement à la vitesse du toro. 
 
   "El temple había sido condición de todos los buenos toreros, y se ha considerado como introductor de ella a Belmonte. El aficionado suele confundir el temple con la lentitud y es preciso aclarar este término. Templar no es sino adecuar la marcha y velocidad de la muleta a la embestida del toro. Creo que desde que se inventara el toreo no se ha podido torear bien de otra manera, y me parece temerario sostener que hasta Belmonte nadie había toreado bien.  [...]  Con mucha gracia e ingenio, el propio diestro, a alguien que le habló del temple como lentitud en el correr la mano, hubo de decirle : ''Es possible que fuera así; pero yo creo que se empezó a hablar del temple el año de la glosopeda.'' La humorada encerraba una grave lección." 
 
   ''Le temple avait été la qualité de tous les bons toreros, et on a considéré Belmonte comme en étant l'introducteur. L'aficionado a l'habitude de confondre le temple avec la lenteur, il est donc nécessaire d'éclaircir ce terme. Templer n'est rien d'autre qu'adapter la marche et la vitesse de la muleta à la charge du toro. Je crois que depuis que l'on a inventé le toreo il n'a pas été possible de bien toréer d'une autre manière et il me paraît téméraire de soutenir que jusqu'à Belmonte personne n'avait bien toréé.  [...]  Avec beaucoup d'humour et d'esprit, le propre diestro, à quelqu'un qui lui parlait de temple en tant que lenteur dans la manière de courir la main, dut lui dire : "Il est possible que cela ait été ainsi, mais moi je crois que l'on a commencé à parler de temple l'année de la fièvre aphteuse." 
 
   On notera l'hommage rendu par Cossío aux grands toreros de l'ère pré-belmontine en soulignant que le sens du temple, que l'on n'a conceptualisé qu'à partir de Juan Belmonte, était nécessairement une qualité que possédaient les meilleurs toreros à toutes les époques de la tauromachie. On notera aussi l'ironie du Trianero; une manière de dire : non je ne pense pas avoir ralenti la vitesse de charge de mes adversaires, mais si ça vous fait plaisir de le croire ...
 
 
   En parfaite adéquation avec ses positions toristes, Jean Pierre Darracq "El Tio Pepe" ne pense pas non plus que l'on puisse ralentir la charge du toro. Dominer le toro oui, mais le dresser comme on le ferait d'un animal domestique, non !
 
   ''Public d'ailleurs circonvenu par une fausse conception du temple, associé à l'idée de lenteur alors que sa signification correcte est celle de l'ajustement de la cadence du leurre à la vitesse d'attaque de l'animal. Mais c'est le toro qui décide, si j'ose dire, non l'homme. Quand l'embestida est elle-même templada, la passe le sera également, pourvu que l'exécutant soit un garçon doué. Au contraire, chaque fois qu'un torero prétend imposer un rythme à la charge du toro il se fait désarmer : capes déchirées, arrachées ; muletas envolées ; piètre résultat !" (Genèse de la corrida moderne) 
 
 
Un qui lui non plus ne croit pas le moins du monde à la possibilité de ralentir la charge du toro c'est Paco Camino. Dans ses propos recueillis par François Zumbiehl (Le discours de la corrida) il ne mâche pas ses mots.
 
   ''À mon avis, toutes les belles théories sur le temple sont une fumisterie.  [...]   Je voudrais bien savoir comment on peut templer un taureau ou une vache qui surgissent à toute allure ; ils arracheraient la cape. Il ne s'agit pas d'autre chose que de savoir s'adapter à la charge de la bête ; il est impossible de créer ou d'imposer le ralenti. Évidemment, si on a affaire à une mule qui fait deux mètres en une demi-minute, la passe va durer le même temps.''
 
   Et pourtant, je garde précieusement en mémoire les chicuelinas qu'il donna à Las Ventas en 1977 à un toro de Baltasar Iban. Par la vertu de la grâce et du temple, il transmuta ce jour-là cette passe qui peut être si vulgaire en or pur. Parfaite adaptation au rythme du toro ? ralentissement de sa charge ? ou simple impression de la ralentir ?
 
 
À suivre 
 
     
    

mercredi 11 février 2026

Mont-de-Marsan : les cartels de la Madeleine 2026

 Mardi 21 juillet
21h30   concours landais
 
Mercredi 22 juillet
18h   corrida
Jandilla
Borja Jimenez - Roca Rey - Marco Pérez
 
Jeudi 23 juillet
11h   novillada sans picadors
Lartet - Camino de Santiago
 
18h   corrida
Escolar Gil
Antonio Ferrera - Pepe Moral - Dorian Canton 
 
Vendredi 24 juillet
18h   corrida
Zacarias Moreno
Miguel Angel Perera - David de Miranda - Tristan Barroso
 
Samedi 25 juillet
11h   novillada
José Cruz
Emiliano Osornio - Julio Norte - Clovis
 
18h   corrida
J. P. Domecq - La Quinta - D. Ruiz - V. del Rio - Adolfo Martin - Fuente Ymbro 
                                    Daniel Luque 
 
Dimanche 26 juillet
18h  corrida 
Victorino Martin
Morenito de Aranda - Roman - Juan de Castilla 
 
 
   Pour cause d'élections municipales, les cartels ont été annoncés très précocement cette année. Ils comportent deux affiches d'un intérêt supérieur; le jeudi avec la corrida d'Escolar Gil et le dimanche, pour la clôture, avec celle de Victorino Martin. Et un évènement extraordinaire, l'encerrona de Daniel Luque. Par ses qualités de dominateur et d'artiste, sa capacité à tirer profit de tous les toros, le Sévillan est actuellement le matador le plus à même de réussir l'exercice périlleux du seul contre six. L'an dernier à Vic, Morenito de Aranda, très contracté tout au long de la tarde, n'avait pas eu le rayonnement que l'on pouvait espérer. En 2021, sur le sable du Plumaçon, Antonio Ferrera, avec son professionnalisme et son entregent, avait assuré le spectacle face à six Adolfo Martin.
   Pour ce solo, l'elenco ganadero paraît équilibré avec quatre toros d'élevages estampillés domecq et deux possédant du sang saltillo. En revanche, le choix des toros de Zacarias Moreno le vendredi et des novillos de José Cruz le samedi matin laisse dubitatif au vu de leurs médiocres sorties récentes.
   En ce qui concerne les deux corridas toréristes, on notera l'absence de Morante de la Puebla, Pablo Aguado, Clemente, Juan Ortega. Les organisateurs ont visiblement privilégié les donneurs de passes au détriment des artistes.