Mardi 12 mai 2026
Madrid Las Ventas. Froid et venteux.
4ème de l’abono, avec aujourd’hui une novillada de Montealto pour Tomas Bastos ( Portugal ) l’Andalou Martín Morilla et le novillero de Navas del Rey ( Madrid ) Alvaro Serrano.
Quel lot de Montealto ! Un régal ! La caste était au rendez-vous, certains très braves au cheval ( oui, ça existe encore de nos jours), sortant sans faiblir de leurs dures rencontres avec les piqueros, galopant allègrement aux banderilles vers des banderilleros qui prirent parfois de gros risques, nobles en général avec une mention spéciale au dernier, “Molinero”, colorado ojo de perdiz,529 kg, novillo complet, brave sous les deux piques et allant à mas tout au long de son combat. Pour moi un novillo de Vuelta.
Je vais être très rapide avec Tomas Bastos. Il a été très en dessous de ses novillos. Superficiel, profilé, il m’a semblé perdu, la pression ?…une prochaine alternative est prévue cet été à Santander…sortie inquiétante pour lui aujourd’hui.
Le jeune Andalou Martin Morilla a été vert comme son costume. Je pense surtout qu’il a été impressionné par Madrid, le taureau de Madrid surtout ! son premier était supérieurement présenté. Ah ce n’est pas les petites novilladas andalouses ici ! De plus il tua vilainement.
Le 15 août dernier dans la monumental des Pins de Roquefort, on a tous découvert un novillero natif de la région de Madrid, un vrai novillero possédant une entrega faisant plaisir à voir mais aussi un sens de la lidia et une toreria qui avait touché les aficionados. Il avait coupé deux oreilles à un excellent novillo d’Escolar Gil. Tout cela est passé un peu au travers ce jour là car la presse spécialisée est à Dax…mais nous on avait vu et on savait qu’Alvaro Serrano est un tout bon.
Aujourd’hui, dans la plus grande Plaza du Monde, la plus importante, il a été “fenomenal” !!!
A son premier, un novillo encasté, il a été parfait dans la lidia. C’est un torero qui ne laisse pas indifférent et qui connecte très vite avec le public. Sous la pluie et les rafales de vent il a monté une faena d’une grande intensité. Rendez-vous compte, tirer des derechazos face à un taureau encasté, la muleta qui vole avec le vent, en maintenant un positionnement risqué, en se croisant, une série de naturelle inespérée, des trincherazos de “categoría” comme mon ami Sergio les aime ! Une épée en haut et la première oreille qui tombe. Franchement, avec son dernier il a été torero du début jusqu’à la fin. C’est peut être excessif, mais il a mené un combat, monté une faena avec la sérénité d’une grande figura. Il est né pour être torero. Son début de faena ? Comme les grands maestros. Des aidés par le haut, par le bas, avec justesse, on entend Las Ventas rugir… les séries des deux cotés sont de plus en plus belles, le taureau est à l’unisson, il est bon, très bon même. Ce qu’il y a de bien chez Alvaro Serrano c’est qu’il termine ses series avec des trincheras, des adornos…c’est un plus, Madrid raffole de cette toreria, de cette profondeur…moi aussi. Le Novillero pousse une grande épée. À Saubis on lève les bras comme si on venait de marquer l’essai de la victoire face, au hasard…aux Anglais ! Le suspense jusqu’à la fin, l’épée est un peu contraire, ce grand taureau ne veut pas mourir, deux fois il se relève, le deuxième avis sonne, c’est insoutenable…la Puerta Grande ne peut pas s’envoler ! Finalement un descabello rageur et “Molinero “ tombe et l’oreille avec. Final del partido ! Alvaro Serrano sur les épaules, passage sous la porte donnant vers la Calle Alcala !
Alvaro Serrano, de Navas del Rey, retenez bien son nom.
wT





