samedi 17 avril 2021

Ah ! les beaux jours

 

 
 
 
 
 
 
 
 
    Covid 19, malgré les progrès de la campagne de vaccination, continue à faire des siennes. Il va, il vient, personne ne sait comment ni pourquoi. Sa létalité est des plus limitée (nulle pour les jeunes) mais sous la pression de médias sensationnalistes, de politiciens opportunistes et de médecins désorientés, il continue sinon à nous tuer, du moins à nous empêcher de vivre.
   Nous sommes donc loin, très loin même, d'un retour à la normalité, néanmoins il y a dans l'air comme un frémissement printanier qui annonce peut-être un bel été et un bel automne.
   J'ai bien aimé le donquichottisme de l'empresa de Séville dans son entreprise de monter une feria taurine de catégorie contre tous les vents mauvais qui soufflent en ce moment ... L'échec était prévisible mais rendez-vous est pris pour septembre.
   A Madrid devant l'encéphalogramme plat de l'actuelle empresa de Las Ventas c'est à Vista Alegre qu'un organisateur concurrent tente de relancer la machine avec là aussi des cartels prestigieux. L'enjeu est ici différent, il s'agit pour Matilla de se placer en position de force dans l'espoir de supplanter à la première occasion les actuels "non organisateurs" de la catedra del toreo.
   La Gira de Reconstruccion mise en œuvre l'an dernier par la Fundacion del Toro de Lidia a laissé suffisamment de bénéfice (grâce à la télé) pour pouvoir envisager un cycle d'une vingtaine de novilladas durant la présente temporada.
   En France des corridas sont annoncées pour mai et juin à Nîmes, Arles (cartelazos !), Istres et Gamarde. Autre bonne nouvelle, il y aura des ferias taurines cet été même en l'absence de feria populaire.
   Enfin Vic Fezensac et Céret, les deux plus importantes ferias toristes de l'hexagone, qui sont considérées par beaucoup d'aficionados comme le sommet de la temporada, ont toutes deux dates et cartels. Nous en reparlerons.
   Allez, entre donquichottisme et méthode Coué d'un côté et catastrophisme délétère de l'autre, les beaux jours finiront bien par revenir !




   
 

mardi 30 mars 2021

1961 : la dernière temporada des arènes de Bordeaux-Bouscat (fin)

 

 
Dimanche 9 juillet 1961      dernière course aux arènes de Bordeaux-Bouscat
Six novillos de Prieto de la Cal pour Jesus Sanchez Jimenez, Tomas Sanchez Jimenez et Alfredo Sanchez 

   Personne ne le sait encore mais cette novillada sera le dernier spectacle qui se donnera dans ces arènes.
   L'empresa continue dans la note sérieuse qui a été la sienne depuis le début de la temporada avec la présentation à Bordeaux des veraguas de Prieto de la Cal. Présentation réussie puisque les novillos seront applaudis à l'arrastre après avoir fait preuve d'une bravoure pleine d'aspérités.
   Les frères Sanchez Jimenez brillent aux banderilles mais ils sont débordés par l'allant et la combativité des novillos. Le triomphateur sera Alfredo Sanchez qui coupe une oreille de chacun de ses novillos et se signale lui-aussi dans la pose des fuseaux en particulier en deux belles paires al quiebro.

   La tragédie survient une fois le spectacle terminé lorsque les spectateurs quittent leur place pour se diriger vers la sortie. Un escalier des gradins supérieurs s'effondre. On relèvera six blessés parmi lesquels Maria Escarret, habitant à Caudéran, succombera trois jours plus tard à l'hôpital Saint-André.
   Dans les mois qui suivent plusieurs commissions d'enquête concluront toutes à l'extrême dangerosité de l'édifice dont la structure en béton armé se trouve fortement dégradée. La tenue de spectacles est interdite. Il faudrait pour remédier aux problèmes engager des frais (rénovation  totale ou démolition suivie d'une reconstruction) qui dépassent largement les possibilités de l'unique propriétaire monsieur Emile Lataste.
   Pour la première fois depuis 1895, après soixante-sept ans d'activité tauromachique (excepté en temps de guerre) il n'y aura pas de temporada taurine à Bordeaux. Et il faudra attendre vingt-six ans avant que, le 25 octobre 1987, les arènes de Floirac renouent avec la tradition taurine bordelaise.

  Terminons sur une anecdote  tirée du livre de Briscadieu. Il restait dans les corrals de la plaza un sobrero (non identifié). Après qu'il fut clair qu'il n'y aurait plus de spectacle dans les arènes, celui-ci fut lidié secrètement en 1962 devant un petit comité d'aficionados. C'est l'un des frères Sanchez Jimenez qui avait participé à la dernière novillada de juillet 1961 qui officia. Ce toro anonyme est donc le dernier à avoir combattu sur le sable des arènes du Bouscat. Ainsi se bouclait un cycle débuté le 8 juin 1921 avec la lidia de Jabonero, un toro manso de Graciliano Perez Tabernero banderillé à feu qu'expédia ad patres le Mexicain Luis Freg.

   Aujourd'hui, après le riche intermède de Floirac (1987-2006), Bordeaux possède plusieurs clubs taurins en activité et le département de la Gironde, zone la plus septentrionale de la planète des toros, maintient la tradition taurine avec deux arènes secondaires mais bien vivantes : La Brède située dans l'aire urbaine bordelaise, et Captieux aux portes de la forêt landaise.


Sources :
Antoine Briscadieu, Bordeaux capitale tauromachique, UBTF, 2021
Auguste Lafront "Paco Tolosa", Histoire de la tauromachie à Bordeaux, UBTF, 1982
Revue Toros, année 1961
 

Plein total aux arènes de Bordeaux-Bouscat le 15 mai 1949 pour la présentation de Conchita Cintron (archives Sud Ouest)

lundi 29 mars 2021

1961 : La dernière temporada des arènes de Bordeaux-Bouscat

  

 
   Le récent livre d'Antoine Briscadieu, Bordeaux capitale tauromachique, publié par l' UBTF, constitue une bonne occasion de se pencher sur la dernière temporada des arènes du Bouscat.
   En 1961, la plaza de toros de Bordeaux-Bouscat est en activité depuis très exactement quarante ans. Elle a en effet été inaugurée le 8 mai 1921 avec la lidia de toros de Graciliano Perez Tabernero par les espadas Luis Freg et Saleri II. On en célèbrera donc le centenaire dans quelques semaines. Avec ses 10 500 places, l'arène bordelaise est, avec celle de Bayonne, la plus importante du Sud-Ouest. Emile Lataste, empresa des anciennes arènes de la Benatte démolies en 1918, en est le concepteur et le propriétaire. Une trop lourde charge pour un homme seul ...
   Agé, il n'organise plus lui-même les corridas depuis un certain temps déjà. En 1961 c'est Rafael Garcia associé avec l'empresa de Madrid qui dirige les arènes.



Jeudi 11 mai 1961     corrida de la Presse
Six toros de Carlos Nuñez pour Antonio Ordoñez, Manolo Vázquez et Jaime Ostos
 
   Beau succès populaire pour cette première corrida de la saison vu ainsi par Don Claro dans la revue Toros : "La nouvelle empresa avait mis plusieurs et solides atouts dans son jeu pour l'ouverture de la Temporada Bordelaise aux arènes du Bouscat. - Présentation d'un excellent cartel composé d'hommes classés et d'une ganaderia réputée pour sa noblesse donc très prisée par les toreros. - Choix d'un jour férié en semaine, ce qui à Bordeaux, exclut les départs massifs du public local vers les plages proches lors des Weekends. - Enfin le patronage et le concours efficace de la Presse et de la Radio.
   Ainsi, cette corrida de la PRESSE a connu un inhabituel et réconfortant succès d'affluence pour l'Aficion Bordelaise.
   Si l'on ajoute à cela un temps très ensoleillé on comprendra pourquoi les gradins furent à peu près totalement garnis d'une foule bruyante et colorée qui malheureusement ne manifesta pas toujours à bon escient au cours du spectacle."
  Conformément à la tradition de sérieux de l'arène bordelaise, les Carlos Nuñez sont bien présentés, avec des armures bien développées. Ils se révèlent durs et âpres avec une tendance à se réserver après le tercio de piques. Le quatrième est un manso intégral qui, après neuf rencontres avec ruades et une pique plus appuyée, devient dangereux.
   Antonio Ordoñez torée avec classe et parvient à donner au manso "quatre magistrales naturelles aussi valeureuses qu'inattendues" (Don Claro). Mais selon son habitude, il tue bas. (Division d'opinion, salut).
   Manolo Vázquez est peu vu en France où sa nonchalance est peu prisée. Ce jour, il donne la mesure de son art à son premier mais tue sans s'engager et fait couper par sa cuadrilla une oreille non attribuée par la présidence.
   Jaime Ostos connait une journée noire  et entend sifflets et bronca.
   La tarde n'a pas été un franc succès mais elle a permis de montrer qu'un bon cartel pouvait remplir les vastes arènes de Bordeaux. L'avenir semble radieux ...
 

 

Dimanche 4 juin 1961
Six novillos de Francisco Ramirez pour Tomas Sanchez Jimenez, Alfredo Sanchez et Orteguita.
 
  "Expérience  concluante", titre Don Claro dans Toros, "Malgré un temps gris et menaçant toute la matinée, quelques brèves mais fortes ondées en début d'après-midi qui ont certainement retenu chez eux pas mal de spectateurs, cette course s'est déroulée devant des rangées confortablement garnies.
   Assistance populaire et moins sévère qu'à l'habitude mais toute heureuse sembla-t-il de renouer avec la novillada et les avantages pécuniers qu'elle offre".
   De fait la novillada résulta entretenida. En premier lieu grâce aux novillos de Francisco Ramirez (origine Atanasio), fougueux, vifs, encastés. Quant aux novilleros, avec leurs limites, ils donnèrent le meilleur d'eux-mêmes. Tomas Sanchez Jimenez est encore très vert mais c'est un banderillero spectaculaire (oreille, vuelta). 
   Alfredo Sanchez excelle lui-aussi dans la pose des banderilles. A la muleta il n'hésite pas à toréer de la main gauche et donne des naturelles de bonne qualité. Une entière foudroyante à son premier (oreille), une demi-estocade habile à son second (deux oreilles). "Sans être un artiste, Alfredo Sanchez possède un bagage et un entrain qui lui permettront de remporter d'autres succès".
   Orteguita, relevant de blessure et moins bien servi, fait preuve de chic et d'intelligence mais il s'engage moins que ses camarades (vuelta, silence).



Dimanche 18 juin      corrida de l'Oreille d'or
Six toros d'Alvaro Domecq pour Antonio Ordoñez, Diego Puerta et Paco Camino.
 
   La buena racha continue. L'excellent cartel proposé par les organisateurs a rempli les tendidos d'un public qui s'améliore. "Depuis quelque temps, le clinquant cède le pas devant le TOREO sincère et classique et de plus en plus le public réagit judicieusement et spontanément devant le travail de valeur", note Don Claro dans Toros. Il faut dire qu'un cartel de ce niveau ne peut que tirer le public vers le haut.
   "Le déroulement de la course fut toujours intéressant, passionnant parfois et émotionnant en raison de l'âpreté de certains combats.
   Et puis les trois diestros étaient décidés ce qui donna à la course une empreinte sérieuse.
   La plupart des toros de Don Alvaro Domecq se sont vraiment battus et il n'était pas question de fignoler ou de composer la figure. Il fallait s'arrimer".
   Le grand triomphateur de la corrida fut Antonio Ordoñez. Face à Rabioso, quatrième toro de l'après-midi, brave et noble, honoré d'un tour de piste, il se montre sous son meilleur jour, ses naturelles sont admirables. "Trasteo d'une grande pureté, d'un classicisme parfait qui incita la foule à réclamer les deux oreilles et la queue". Antonio Ordoñez sera donc le dernier vainqueur de l'Oreille d'or.
   Diego Puerta, payant toujours comptant, coupe l'oreille du second mais il éprouvera des difficultés à dominer ses adversaires.
   Paco Camino se trouve dans un moment délicat de sa carrière. Physiquement et moralement il a du mal à porter sur ses épaules de tout jeune homme le poids de son statut de figure. Depuis le début de la temporada il alterne les triomphes d'anthologie avec les journées de fracaso et de renoncement. Ce jour il rassure les aficionados à son premier adversaire auquel il coupe une oreille après une bonne faena mais échoue avec le dernier.
   A l'issue de cette corrida pleinement satisfaisante et qui s'inscrivait dans une temporada sérieuse, portée par un public nombreux et un solide noyau d'aficionados, on pouvait penser que les toros à Bordeaux étaient sur le point de connaitre une nouvelle jeunesse.
   Hélas ! le fatal 9 juillet va tout remettre en question.


               suite et fin prochainement ...


samedi 20 mars 2021

Jean-Marie Magnan

   L'écrivain Jean-Marie Magnan est décédé en juillet dernier. Il fut l'ami de grands artistes : Picasso, Jean Cocteau, Curro Romero (entre autres) qui furent pour lui source d'inspiration. Il laisse une œuvre littéraire foisonnante dont la partie taurine n'est pas la moins importante. Il a beaucoup écrit en complémentarité avec des photographes et particulièrement avec son compatriote arlésien Lucien Clergue.
   Je me souviens avoir parfois eu du mal à lire ses excessivement longues reseñas dans la revue Toros où, vilain petit canard, il incarnait une ligne toujours favorable aux toreros artistes. Il fut d'ailleurs évincé de la revue dans les années 90 pour déviationnisme torériste. 
  Pourtant, dans Corrida-spectacle, corrida-passion, s'il consacre l'essentiel du texte à une analyse pertinente des principaux matadors de l'après-guerre, il déplore avec une grande lucidité l'évolution des ganadérias vers un défaut de caste dommageable à l'expression de l'art taurin. Il regrette aussi la mort programmée de la corrida-combat.

   Voici, sur ces thèmes, quelques extraits de cet ouvrage paru en 1978 :

   "Le taureau de Salamanque a eu, dès 1920, la fâcheuse réputation d'être fait sur mesure, élevé et créé pour plaire aux toreros et faciliter leur tâche.
   A cette époque, la technique moderne de la corrida innovée par Belmonte commence déjà à se pratiquer avec une telle absence de défense et de mouvement de la part de l'homme, qu'elle exige non plus de l'opposer à un combattant redoutable mais de lui fournir une sorte de partenaire. Salamanque, la première, acceptera de réduire l'un peu trop de toutes les bonnes qualités que possédaient les taureaux andalous transplantés sur son sol et de les dénaturer pour les rendre populaires auprès des toreros. Le type étudié et patiemment élaboré par les ''maquignons" de Salamanque s'emploiera à diminuer taille et longueur de corne et à ôter au fauve de sa puissance et de son acharnement dans l'attaque. On commercialise le taureau et on le vend jeune grâce aux aliments composés qui hâtent son développement et lui donnent du poids, mais sans la maturité et la vigueur requises et l'adresse à se servir de ses armes."    (p. 131)

   "C'est de ce fauteur de trouble [le taureau] qu'on s'occupera d'abord si l'on veut préparer d'avance, et avec un quasi-automatisme, les conditions du succès. On le soumettra autant que possible aux exigences du jeu moderne. ''En tendant vers l'amélioration ou la commodité du taureau de combat, peut-être en altérons-nous un peu notre époque", reconnaîtra avec bonne grâce Alvaro Domecq, propriétaire d'un des meilleurs élevages andalous. Il s'agissait de régulariser à tout prix la réussite du spectacle et, puisque l'homme en vedette retenait seul l'attention populaire, de l'aider à atteindre avec une certitude croissante ce niveau de perfection théorique où la réclame l'avait hissé. De là, les multiples précautions dont les organisateurs en sont venus à entourer le fauve avec l'accord implicite de la majorité des publics. Dès l'instant qu'on ne s'attache pas à ses vertus mais plutôt à son absence de défauts. Ne suffit-il pas qu'il ne contrarie pas par quelque faiblesse trop marquante la bonne marche du spectacle ? Qui vient voir la vedette, demande surtout au taureau de tenir debout et de bien suivre l'étoffe. Seuls ses agenouillements ou ses chutes le consternent."      (p. 161)

 
   "L'imprévu du combat, autrement dit l'ambiguïté d'un fauve, se trouve presque toujours renforcé par les manifestations pesantes du public, bien propres dans nombre de cas à provoquer la dépression. Comment reprocher désormais aux toreros de mettre d'abord l'accent sur le côté aimable et spectaculaire de leur travail et de choisir des adversaires propices, quand le sérieux du combat suscite tant de quiproquos, de méprises et de colères aussi violentes qu'injustifiées ! 
   Cette bagarre dure, sévère, ingrate contre un fauve moins jeune et malléable, qui n'autorise rien d'autre que de limiter les dégâts et ne peut s'achever dans l'agrément du toreo ravissant, combien de gens, enfin, dans cette arène de Madrid, sont capables de s'y intéresser et d'en suivre les phases méritoires ? ''Quinze cents'', m'a répondu Claude Popelin sans excès de conviction. Et la Monumental peut contenir quelque vingt-trois mille personnes et le but de tout organisateur est de faire le plein. L'évolution du goût du public vers le divertissement apparaît irréversible."    (p.194) 





  

jeudi 25 février 2021

Parentis : changements et inquiétudes

    La cité landaise de Parentis en Born a depuis l'an dernier une nouvelle maire. Si la prise de pouvoir donne de l'appétit, elle oblige aussi. A utiliser par exemple les compétences de ceux qui se sont frottés aux dures réalités de l'organisation taurine. Depuis quinze ans c'est le cas des aficionados de l'ADA (Association Des Aficionados de Parentis) qui sont parvenus à maintenir le prestige (et même sans doute à l'accroître) des arènes Roland Portalier et à faire vivre économiquement la partie taurine de la feria de Sen Bertomiu.
   Or, par un récent communiqué, la mairie a fait savoir qu'elle avait décidé, après un vote du Conseil Municipal, de procéder désormais à l'organisation des manifestations taurines en régie directe en s'appuyant sur un Comité Consultatif Taurin et, pour toutes les questions administratives, sur le prestataire de service (inchangé) Alain Lartigue. L'ADA se trouve donc de facto remerciée  et la convention qui la liait à la municipalité annulée. Voilà qui est bien mal payer quinze années de services rendus, et voilà qui constitue aussi une prise de pouvoir risquée à l'heure où bien des arènes de la région connaissent des difficultés pour assurer la rentabilité de leurs novilladas. Grâce à sa politique de qualité, notamment en ce qui concerne le choix des novillos et la volonté de favoriser des lidias complètes, l'ADA était parvenue à fidéliser un public qui venait parfois de loin. Il semblerait que ce soit précisément  cette politique, jugée trop rigoureuse, qui ait conduit à cette surprenante éviction. Un fait qui ne peut qu'inquiéter les aficionados...
   Deux novilladas sont annoncées pour début août dans des arènes rénovées et couvertes. Souhaitons que le respect du public, donc de l'éthique taurine (ça va de pair bien entendu) qui a toujours été le souci de l'ADA soit maintenu par la nouvelle équipe. C'est ce respect qui fait le succès et la réputation d'une plaza de toros.
 
 
 


 
En quinze ans le public de Parentis a pu vibrer au combat des novillos de :
   Robert Margé
   Raso de Portillo
   Moreno de Silva (Saltillo)
   Murteira Grave
   Paco Madrazo
   Valdellan
   Salvador Guardiola Fantoni
   Yonnet
   Los Maños
   Monteviejo
   Aguadulce
 
 et apprécier le courage et le talent des novilleros :
   Joselito Adame
   Alberto Lamelas
   Juan Ortiz
   Luis Gerpe
   César Valencia
   Guillermo Valencia
   Manolo Vanegas 
   Juan Carlos Carballo

 

Le projet des nouvelles arènes 














Les anciennes arènes se transforment en lieu multiactivités. Elle seront couvertes (couverture centrale amovible en été) et pourront accueillir 2600 spectateurs en configuration tauromachie et 1500 en configuration concert.


samedi 13 février 2021

Les taureaux font leur cinéma

 

 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
    Ce sinistre hiver aura au moins apporté deux satisfactions aux aficionados bordelais. La publications de deux livres de grand intérêt : Bordeaux capitale tauromachique d'Antoine Briscadieu publié par l'UBTF, sur lequel nous reviendrons ultérieurement ; et Les taureaux font leur cinéma de Guy Suire dont nous parlons aujourd'hui.
   Guy Suire est un infatigable animateur de la vie culturelle bordelaise et aquitaine. Il a longtemps dirigé le café-théâtre L'Onyx pour lequel il a écrit et mis en scène de nombreuses pièces. Il a aussi beaucoup écrit sur le parler local et tenu pendant des années une chronique Les mots d'ici dans le journal Sud-Ouest. C'est également un grand cinéphile et un aficionado de catégorie. Deux passions qu'il a pu marier avec bonheur en se mettant en quête, des années durant, de tout ce que le cinéma a produit sur le thème de la corrida depuis ses origines jusqu'à nos jours. Ce sont plus de 350 films qui sont ici répertoriés par année de sortie et analysés. La grande richesse du livre vient du fait que chaque film fait l'objet de commentaires avisés qui replacent l'œuvre dans son contexte à la fois cinématographique et tauromachique. Et comme Guy Suire est un homme d'humeur et d'humour (plutôt marrounayre que carignous) ses notices ne manquent pas de piquant.
   Mais il faut voir les films. Entre la désespérance du temps qu'il fait et celle du navire couronné qui persiste à rester bien amarré au port, l'aficionado pourrait bien avoir dans les semaines qui viennent du temps à consacrer au visionnage de quelques films, même si ceux-ci sont parfois loin d'être des chefs-d'œuvre du septième art. On en trouve quelques uns dans les magasins spécialisés ou bien sur internet (plutôt en Espagne pour les films produits dans ce pays) mais la plupart n'ont pas été réédité ; dans ce cas les hasards des recherches sur internet peuvent nous valoir de belles surprises. Voici cinq films que l'on peut voir actuellement sur la "toile" et qui, bien sûr, s'apprécient encore plus le livre de Guy Suire à la main à la lumière des informations que celui-ci nous apporte.

   ♦ Yo he visto la muerte    de José María Forqué   avec Luis Miguel Dominguin    1967
   Injustement méconnu, Yo he visto la muerte est un très bon film de docufiction sur le thème de la mort. "C'est un des films qui mérite place au soleil pour son originalité, ses quatre épisodes de face à face avec la mort sous des angles divers, la fluidité réussie fiction-réalité, une impressionnante affiche avec Andrés Vázquez, Antonio Bienvenida, Alvaro Domecq père et fils, Luis Miguel Dominguin", précise Guy Suire.

   ♦ Fray torero      de Saez de Heredia    avec Paco Camino    1966
   Une curiosité ! Un scénario à la limite du grotesque, mais des thèmes intéressants comme les rapports de l'Eglise et de la société espagnole ou la corruption, que Saez de Heredia, par ailleurs chantre de Franco et de son régime, est mal placé pour exploiter. "Ce Paco, fray torero, incontestable dans l'art de toréer des années 60 et 70, se révèle laborieux comédien. On doubla même sa voix pour les projections en salle de cette unique participation cinématographique, qu'il confesse comme un hasard."

   ♦ Aprendiendo a morir    de Pedro Lazaga    avec Manuel Benitez "El Cordobés"   1962
   El Cordobés n'est encore qu'un novillero mais en passe de devenir la vedette que l'on sait. Ce film a pour mission d'y contribuer. "Avec le temps, ce film prend valeur de document référent sur la période et du phénomène sociologique que représente Manuel Benitez, torero icône de l'Espagne des années 60-70. Une vie en forme de bestseller".
    
   ♦ El Litri y su sombra    de Rafael Gil    avec Miguel Baez "Litri"    1959
   Une bonne occasion de mieux connaitre la saga des Litri et, grâce aux nombreux extraits de courses, de découvrir le toreo du plus célèbre d'entre eux ... et les toros qu'il combattait. "Séquences spéciales du film dans les arènes de Huelva, de Malaga, bétail de Joaquin Buendía et Felipe Bartolomé et extraits importants filmés lors de courses du Litri avec ses appels éloignés du taureau, ces litrazos où, l'épée dans la main droite et la muleta repliée dans le dos, Miguel Baez déployait, lorsque la bête arrivait à juridiction, son étoffe pour réaliser sa passe. Sans oublier de regarder les gradins. Sa griffe à lui".

   ♦ Arènes sanglantes  (Blood and sand)   de Fred Niblo   avec Rudolf Valentino   1922
   Une sobre adaptation du roman de Blasco Ibañez. "Ce film borne, marque une date. La tauromachie quitte sa province, étend sa superficie. Le monde découvre la planète taureaux avec les studios californiens pour levier et Valentino en officiant ... Rudolf, star brillantinée, œil de velours, profil de timbre ou de pièce de monnaie, paupières lourdes, dans son costume de lumière, explose le box-office, part à la conquête de l'univers".
   
 

NB  Cliquer sur les titres pour voir les films
 
D'autres films à voir ici

et sur L'œil contraire : ici ou là ( Orson Welles , dessins animés )
 

 

lundi 11 janvier 2021

Los toros desde la izquierda


   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   A une époque où les principales attaques contre la corrida viennent des milieux politiques et en particulier, en Espagne, de l'extrême gauche, il était nécessaire que, issue de la gauche elle-même, s'élèvent des voix en défense de la tauromachie. C'est chose faite avec le livre de Eneko Andueza, député du Partido Socialista de Euzkadi au Parlement basque, Los Toros, desde la izquierda. Dans la préface, Carmen Calvo, grande aficionada et rien moins qu'actuelle première viceprésidente du Gouvernement espagnol, écrit : "Il est important que depuis la gauche nous sautions dans l'arène et nous manifestions sans complexes".
   Il était temps en effet que, face à l'attitude ambigüe du PSOE et à l'hostilité déclarée de Unidas Podemos, ceux qui, au sein de la gauche, appuient la tauromachie, fassent entendre leur voix. Les milliers d'Espagnols, électeurs de gauche, qui aiment la tauromachie et se rendent aux arènes avec assiduité ont avalé bien des couleuvres ces derniers temps avec un Président du Gouvernement (Pedro Sanchez) et un ministre de la Culture (José Manuel Rodriguez Uribes) clairement antitaurins.
   Ce livre arrive donc à un moment crucial à plus d'un titre. D'une part il s'agit de redonner aux aficionados de gauche la fierté d'afficher et de défendre à la fois leur condition d'aficionado et de gens de gauche. D'autre part il s'agit de ne pas laisser le monopole de la défense de la corrida aux partis de droite contribuant ainsi à faire accroire qu'être aficionado c'est être de droite, idée non seulement inexacte mais qui pourrait se révéler mortifère pour le monde taurin.
   On se bornera ici à rappeler que le Parti Communiste Espagnol a bénéficié pour se reconstituer dans la clandestinité des largesses financières de la famille Dominguin grâce aux cachets gagnés devant les toros par Luis Miguel et qu'Antonio Chenel "Antoñete", antifranquiste convaincu, a été un fidèle soutien d'Izquierda Unida.
   Une des forces de la tauromachie a toujours été d'agréger autour d'elle toutes les classes sociales. Contre les totalitarismes politiques et moraux, il revient aux aficionados, quelque soit leur bord politique, de maintenir cette diversité. Dans cette optique, il est indispensable qu'il y ait dans chaque camp des défenseurs décomplexés de la cause taurine. En cela ce livre est précieux car il rétablit un équilibre nécessaire à la défense du monde des toros  qui, ces derniers temps, avait été rompu.

PS : Eneko Anduezo n'est pas un inconnu pour les aficionados. Il avait publié il y a quelques années un livre sur Dolores Aguirre, Celle qui élevait des toros.

vendredi 1 janvier 2021

Bonne année 2021 Feliz año nuevo

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

   On imagine mal que 2021 puisse être pire que 2020.
   Grâce à la mise au point d'un vaccin contre le covid 19 nous allons progressivement sortir de l'état de prostration et de blocage dans lequel nous nous trouvons encore aujourd'hui. On peut espérer que peu à peu (paulatinamente comme disent joliment les espagnols) l'activité taurine va retrouver les conditions normales de son déroulement. La corrida nécessite public, fête, convivialité.
   Un des effets pervers de la crise est le fait que, en raison du nombre réduit de corridas données, beaucoup de toros de combat sont morts ou vont mourir sinistrement dans l'anonymat sordide d'un abattoir. Mes vœux se portent donc également vers les toros. Que la reprise voit le retour du toro dans toute sa splendeur et sa bravoure sur le sable des arènes car l'animal que nous vénérons est destiné à mourir en combattant devant le public d'une plaza de toros et non pas dans l'obscurité d'une usine d'abattage industriel. En permettant cela nous aussi aficionados sommes animalistes.

mardi 29 décembre 2020

Adieu à une année désastreuse



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nul ne regrettera 2020, année désastreuse pour la tauromachie comme pour toutes les activités culturelles.

Entre paranoïa savamment entretenue, mesures coercitives incohérentes, prudence nécessaire, et non moins nécessaire désir de ne pas voir son existence réduite à des activités racornies, chacun y aura navigué avec plus ou moins de bonheur.

 

samedi 5 décembre 2020

Bilan 2020

    Bilan 2020 avez-vous dit ? Peut-on sérieusement faire le bilan d'une temporada qui n'a pas existé ? Certes elle n'a pas été blanche comme on aurait pu le craindre à un moment, mais si réduite et si inconsistante qu'elle est la temporada la plus misérable de toute l'histoire de la tauromachie, même en prenant en considération les années de la guerre civile espagnole.
 
    Si l'on examine les courses qui ont pu être données en Espagne on constate que trois entités en sont à l'origine. D'abord un certain nombre d'organisateurs privés n'ont pas hésité à prendre des risques pour relancer l'activité taurine dès la fin du confinement. La feria d'Avila donnée dès juillet en fut le meilleur exemple. Il ne fait pas de doute que ces organisateurs, jeunes et ambitieux, ont vu là une belle opportunité pour montrer leur savoir-faire et asseoir leur notoriété avant de partir à l'assaut, demain, des plazas les plus importantes. Car du côté des grandes empresas qui dominent le marché taurin le moins que l'on puisse dire est que leur discrétion a confiné à la démission. Pas même l'organisation de cycles de novilladas lorsque c'était possible ! Ce qui ne les a pas empêchées de casser honteusement du sucre sur le dos de celles qui travaillaient, comme on l'a vu après la corrida du Puerto de Santa Maria.
   Pour donner corps à une activité taurine minimale ce sont aussi les structures régionales (institutions politiques et télévisons) qui, en Castille et en Andalousie, ont pris en main l'organisation de cycles de novilladas avec en général une belle réussite.
   Enfin la Fundation del Toro de Lidia a réussi à organiser durant l'automne un cycle d'une vingtaine de corridas dans les zones de la géographie espagnole où c'était possible et cela en dépit des incertitudes de réglementations sanitaires en perpétuels changements.
   De ce côté-ci des Pyrénées, l'énorme disparité entre les deux régions taurines est vraiment frappante. Le Sud Est a fait preuve d'un dynamisme certain qui a permis durant les mois d'août et de septembre une activité taurine assez conséquente avec l'organisation de plusieurs ferias (Béziers, Arles, Nîmes), sans oublier Beaucaire qui avait courageusement montré la voie à suivre dès le mois de juillet.
   Dans le Sud Ouest en revanche, région pourtant très peu touchée par l'épidémie, le bilan est calamiteux. Une seule journée taurine, avec novillada le matin et corrida l'après-midi, a été organisée par la ville de Dax. Alors que durant les mois d'août et de septembre tout était possible ! J'ai bien l'impression que ce bilan atterrant est le signe que l'aficion du Sud Ouest est une aficion vieillissante ...
   Ceux qui ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot ce sont les ganaderos. Pour éviter la désespérance totale, ils n'ont pas hésité à organiser sur leurs terres des journées taurines qui ont semble-t-il connu le succès. Il s'agit là pour eux d'un mode de fonctionnement qui, s'il existait déjà, aura pris avec la crise une importance accrue dans leurs activités. 

   Si côté torero un bilan doit être tiré c'est pour mentionner un certain nombre de matadors et de novilleros qui ont su saisir les rares occasions qui leur étaient données. Ils ont montré qu'il faudrait compter sur eux lorsque la reprise sera une réalité. C'est ainsi que, parmi les matadors, Juan Ortega a fait sensation par son toreo classique et pur. Gomez del Pilar, de son côté a montré qu'il était mûr pour prendre une place de choix dans les corridas dures. José Garrido a rappelé qu'il était un torero sur lequel on pouvait compter. Fortes, enfin, a pu fouler à nouveau le sable d'une plaza après une grave blessure qui l'avait tenu plus d'un an éloigné des ruedos.
   Mais le plus encourageant - à vrai dire la seule note réellement positive de la temporada - c'est l'existence, malgré le peu d'opportunités offertes, de plusieurs novilleros porteurs d'espérance pour l'avenir. Tomas Rufo, natif de Talavera de la Reina (clin d'œil de l'Histoire), aurait dû prendre l'alternative lors des fêtes de la Madeleine ; son actuation (télévisée) de Tolède en octobre a confirmé qu'il avait les qualités pour s'imposer au plus haut niveau. Francisco Montero possède une personnalité hors norme et de réelles qualités taurines. Manuel Diosleguarde a acquis une maturité qui devrait lui permettre de bien figurer à l'échelon supérieur, il s'est montré très convaincant lors d'une novillada télévisée à Guijuelo. Mentionnons également Daniel Barbero vu à son avantage à Medina del Campo, Gonzalez Ecija vainqueur du cycle de novilladas andalouses, José Francisco Molina révélé par Dax et enfin l'élégant Nîmois El Rafi. Des espoirs pour le futur ...
   Quant à nos chères figures, tout comme les grandes empresas, elles se sont révélées durant toute l'année d'une discrétion qui ressemblait fort à une démission. Enrique Ponce est le seul qui soit monté au créneau pour tenter de donner un peu d'oxygène à une temporada en perpétuelle asphyxie.
   Je m'aperçois que pour un non-bilan d'une non-temporada, voilà beaucoup de mots écrits, il est temps de passer à :
 

Ma corrida rêvée

                6 toros de Victoriano del RIO 6
     Daniel LUQUE - GOMEZ del PILAR - Juan ORTEGA
 
Victorino, Victoriano, j'ai longtemps hésité entre les deux et si j'ai finalement opté pour Victoriano c'est en souvenir des deux bons lots de l'élevage que j'ai vus dernièrement (Bilbao 2019, Nîmes 2020). Du campo de Guadalix de la Sierra nous viennent régulièrement de beaux toros, braves et encastés, et, bien qu'ils ne soient pas majoritaires, ils ont pris, dans mon rêve, toute la place.
 
Un autre rêve a aujourd'hui plus de chance de devenir réalité : la crise liée à l'épidémie de coronavirus va disparaitre en 2021 et, peu à peu, la temporada taurine reprendra tous ses droits ... 
 
 



















Dax dimanche 27 septembre 2020 17 heures
le paseo de la seule corrida donnée dans le Sud Ouest
Daniel Luque, Lopez Simon, Alvaro Lorenzo
Sur les gradins tous les spectateurs sont masqués et une place sur deux est occupée
photo Velonero
 
 

mardi 24 novembre 2020

A propos de Joselito

    En cette année d'hommages au Rey de los toreros, Joselito, dont on commémorait le centenaire de la mort, la revue Toros vient de faire paraitre un numéro double (n° 2131-32) entièrement consacré au natif  de Gelves.
   Pour l'occasion, la revue a demandé à Luis Francisco Espla, qui fut un grand torero d'inspiration galliste et que l'on sait peintre à ses heures, de réaliser une œuvre graphique originale pour la couverture. 
   Les différents textes, toujours d'un grand intérêt, permettent de mesurer - beaucoup plus qu'on ne l'avait fait jusqu'alors - les différents apports de Joselito à la tauromachie actuelle. Deux textes passionnants de Jean Pierre Hédouin et Domingo Delgado de la Camara analysent son toreo et de quelle manière, en complémentarité avec celui de Juan Belmonte, il se trouve être à l'origine du toreo moderne. Son rôle décisif dans la construction des plazas monumentales (en particulier Las Ventas) est souligné. On évoque aussi sa carrière et notamment, bien sûr, son bref passage en France en 1910 alors qu'il n'était encore qu'un modeste novillero.Enfin de nombreuses anecdotes et une riche iconographie agrémentent en permanence les 48 pages de ce numéro spécial.
   De la lecture pour se confiner au coin du feu ; en vente, pour les non abonnés, dans les maisons de la presse habituelles.
 
 

 

  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
En Espagne deux ouvrages ont paru cette année :

   - une réédition de la biographie du maestro par Paco Aguado, Joselito El Gallo, Rey de los toreros




  
 
 
 
 
 
 
 
 
 - un livre sur toutes les actuations de Gallito dans les anciennes arènes de Madrid
      Manuel Hernández, Joselito el Gallo en la Plaza Vieja de Madrid




 
 
 
 
 
 Manuel Hernández est par ailleurs l'auteur d''un blog d'une richese incroyable sur l'histoire de la tauromachie : La fiesta prohibida
 
 
cliquer sur les titres pour plus d'infos

lundi 9 novembre 2020

Novillada à Medina del Campo

    Nous sommes le dimanche 8 novembre 2020 et je suis devant mon écran d'ordinateur en train de regarder une novillada à Medina del Campo, province de Valladolid. Le spectacle est télévisé mais il se déroule dans une arène entièrement vide de spectateurs. Dans le callejon de la plaza, hormis les toreros, toutes les personnes présentes portent un masque sur le visage.

   Il y a très exactement un an, au cours du mois de novembre 2019, dans la ville chinoise de Wuhan, province du Hubei, quelques personnes ont été atteintes d'une pneumopathie qui, après analyse, ne correspondait à aucun virus ou bactérie connus.




   Après ce préambule qui me parait avoir quelque chose d'étrange et de vertigineux, je me contenterai de relater classiquement la très bonne novillada concours de ce jour, non sans avoir au préalable noté que, si la corrida subit en ce moment des attaques répétées, elle bénéficie également de nombreux soutiens qui ont permis tout au long de ces derniers mois de la maintenir vivante. Ce jour, sans la Junta de Castilla y León et la télévision régionale CyL, rien n'aurait été possible.
   Il s'agissait d'un concours entre ganaderias de la tierra (dénommé desafío car il y eut tirage au sort), avec des novilleros de la tierra. 

   1- Africano de Miranda de Pericalvo (domecq)
Le novillo est bien roulé mais il est défectueux d'armure (gacho y brocho). Première pique appuyée avec carioca, il part de loin sur la seconde mais n'insiste pas sous le fer. Il accuse le châtiment puis va a mas au troisième tiers. Un toro correct, sans plus.
Pablo Atienza, novillero de Ségovie, torée classiquement, avec froideur, et tue d'un bajonazo.

   2- Enfadado d'Antonio Bañuelos (domecq)
Castaño, brocho. Belle charge au capote et belles véroniques. Il pousse sous la première pique puis s'élance avec une belle arrancada pour la deuxième, vite relevée. Le novillo faiblit en début de faena mais, par la suite, il charge bien, avec noblesse.
Daniel Barbero donne une faena un peu longue mais avec de très bons moments. Il est centré, sincère et torée avec la main basse. Mise à mort laborieuse : une atravesada, un pinchazo profond, un descabello.

   3- Pomposito de Pedraza de Yeltes (domecq)
Le castaño de Pedraza fait preuve d'une grande suavité dans les véroniques de réception. Une pique mal positionnée, poussant jusqu'aux tablas, une pique de très loin en poussant. Le novillo répond bien au toreo par le bas du début de faena, puis dans les séries de derechazos et de naturelles, il a gardé beaucoup de mobilité.
Valentin Hoyos, novillero originaire de La Alberca passé par l'école taurine de Salamanque, ne se centre pas et se contente d'aligner les passes. Il garde le meilleur pour la fin avec une trinchera muy torera, puis tue mal : trois pinchazos, une entière.
Vuelta al ruedo pour le bon novillo.

   4- Marinerito de Castillo de Huebra (murube)
Negro, bien armé, le murube prend une bonne première pique mais va a menos aux suivantes : il n'insiste pas sous la deuxième et sort seul de la troisième. Au dernier tiers le novillo a gardé une bonne charge avec une pointe de nerf. Un bicho intéressant.
Pablo Atienza réussit quelques bonnes naturelles mais tue à nouveau d'un affreux bajonazo.

   5- Marques de Brazuelas (domecq)
Peu connue, la ganaderia de Brazuelas est située dans la province de Valladolid. Marques est un novillo colorado, lourdaud et bien armé. A la cape sa charge est peu claire, il faiblit et chute. Première pique violente en faisant sonner l'étrier, idem pour la seconde. Au dernier tiers il se réserve.
Mais Daniel Barbero est un novillero puesto, con sitio. Il consent son adversaire et parvient à tirer quelques naturelles de bonne facture. Deux tiers d'épée. Une oreille.

   6- Misterioso de José Escolar (albaserrada)
Le novillo est un cárdeno typique de l'encaste. Il remate au burladero. Face à la cavalerie il prend une excellente première pique puis, après quelques hésitations, une bonne deuxième (très bien Alberto Sandoval). Au troisième tiers il est d'une fixité impressionnante. Sur la corne droite il charge museau au sol, répétant sa charge à l'infini avec, qui plus est, une douceur toute mexicaine.
A ce novillo de rêve on extraira de la faena de Valentin Hoyos (quel sorteo!) deux séries de derechazos en phase avec le toro mais un peu distanciados. Pinchazo, entière desprendida (le toro mugit), descabello.
Une oreille, vuelta al ruedo pour Misterioso.

   Tous les acteurs de cette novillada concours ont joué le jeu, les mises en suerte au cheval furent impeccables, les deuxièmes tercios toujours rondement menés et bien exécutés. Tout cela permit une novillada très intéressante durant laquelle il fut prouvé que les trois tercios pouvaient être mis en valeur - pour peu que l'on en ait la volonté - pour une tarde de tauromachie complète.

   Il fait nuit, il pleut, à travers les haut-parleurs l'annonce du palmarès résonne sur les gradins de ciment entièrement vides ... Mais un cycle de neuf novilladas non piquées et de deux novilladas piquées a pu se donner en Castilla y León. La fiesta sigue.

Le palmarès
   ce jour 
      meilleur novillo : Misterioso de José Escolar
         mention à Pomposito de Pedraza de Yeltes
      meilleur puyazo : Alberto Sandoval
      meilleure brega : Andres Revuelta
      meilleure paire de banderilles : Felipe Proenza

   cycle des non piquées
      meilleure ganaderia : Valdellan
      meilleur novillo : Coquilla de Sanchez Arjona
      meilleur novillero : Ismael Martin


photo : José Salvador (site Aplausos)

mercredi 28 octobre 2020

Petit viatique pour temps de coronavirus (6)

    D'après les recensements officiels, un peu plus d'un million de Français ont déjà contracté le coronavirus. Sans doute beaucoup plus si l'on prend en compte les non-homologués. C'est encore insuffisant pour que l'on puisse envisager une immunité collective, seule solution à ce jour, qu'on le veuille ou non,  pour en finir avec Covid 19. Dans un climat de précipitation, de confusion et de terreur savamment entretenue, un confinement partiel vient d'être à nouveau imposé.
  Voici donc pour aider modestement le passage de ces mauvais jours le retour de ce petit viatique.
 
 
                              6 bandes dessinées taurines 6
 
 

Got   L'arène noire   1990 
Le dessinateur du Baron noir nous donne un œuvre courte mais ambitieuse sur l'art taurin. l Très beaux dessins en noir et blanc.











Golo   La taverne des souvenirs imaginaires   1991
Résidant aujourd'hui au Caire mais natif de Bayonne, Golo, de son vrai nom Guy Nadaud, fait preuve dans cet album d'une connaissance approfondie de l'Espagne et de la culture taurine. Baroque, picaresque, foisonnante de vie, cette BD nous mène de Pampelune à Ronda et se termine par un bel hommage à Orson Welles. Indispensable.





Autheman   Place des hommes   1993
José Montes, ancien matador au passé trouble, revient à Arles, sa ville ntale où il a hérité d'un hôtel place du Forum. Un thriller violent et efficace.
 


 
 



Labiano - Jakupi   Matador   1994
Nous sommes dans l'Espagne des années 30, Manuel veut devenir matador. De la bonne BD classique qui ne cherche pas à éviter les clichés.






Flao - Dabitch   Mauvais garçons   2009
Dès les premiers dessins, Manuel torée ...un chien. Cette BD, magnifiquement dessinée, est en fait un hymne au flamenco comme chant et comme mode de vie. Un chef d'œuvre !







Fernandez - Lopez Poy   Matador   2014
A travers la vie de Lorenzo Pascual "Belmonteño", matador de toros né à Belves de los Montes (Zamora) dans les années 20, les auteurs nous donnent à voir les épreuves que doit surmonter un modeste matador dans l'Espagne des années 30 et 40. A découvrir. 






Toutes ces BD sont en vente en librairie ou sur internet.

Lien vers les viatiques précédents :

samedi 3 octobre 2020

Un souvenir de Sébastien Castella

    Après vingt ans de triomphes sur tous les ruedos de la planète taurine, Sébastien Castella a pris la décision d'arrêter sa carrière. Sage décision, qui vaut pour lui constat de réussite et pour nombre de ses compagnons exemple à suivre.
   Il est certain que, lorsque l'on possède le "palmarès" qui est le sien, on peut se permettre, comme il le fait dans son communiqué, de s'accorder un satisfecit justifié. Songeons que le Biterrois est le matador qui, au cours de ces vingt dernières années, a coupé le plus de trophées à Madrid, catedral del toreo (24 oreilles et 5 grandes portes).
   Lorsque j'ai appris la nouvelle de sa despedida, une image de lui m'est aussitôt venue à l'esprit. C'était le 15 août 1998 à Roquefort. A l'issue de la novillada non piquée matinale au cours de laquelle il avait coupé une oreille et laissé une bonne impression, le tout jeune Sébastien, accompagné de son équipe, est passé par hasard près de moi en regagnant le coche de cuadrilla. Ma surprise fut grande de l'entendre récriminer. Non pas contre les novillos, ni contre le public ou la présidence ... mais contre lui-même. Il n'était visiblement pas du tout satisfait de la manière dont il venait de toréer et tentait même, dans des gestes plus accomplis, de refaire sa faena. "Graine de torero", me suis-je alors simplement dit. 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
photo Juan Pelegrin

Sur L'œil contraire :
   Une photo : Sébastien Castella (la première salida a hombros de Madrid), 2007
   Un livre : Cadeau, 2012

mardi 29 septembre 2020

Une corrida à Dax

  


  "Une corrida à Dax", ce titre est en soi un miracle puisqu'il s'agit de la seule et unique corrida de toros donnée en cette année 2020 dans notre Sud Ouest. Il faut donc une nouvelle fois féliciter les élus et les responsables taurins dacquois pour l'organisation parfaite de cette journée taurine. L'aficion saura s'en souvenir. Et stigmatiser l'attitude des responsables de Bayonne et de Mont-de-Marsan, cités voisines et rivales, incapables d'organiser dans leurs arènes le moindre évènement alors qu'en ce mois de septembre tout était possible, Dax en a administré la preuve. Les quatre mille places mises en vente emportées en trois jours étant la meilleure réponse que l'aficion pouvait faire.
   Le temps froid et venteux, digne d'une journée hivernale, le comportement décevant des toros et de deux des toreros n'ont pas permis que cette journée soit un plein succès. Ainsi vont les choses taurines.

Les Pedraza de Yeltes
   Les courses données par la ganaderia en cette même plaza avaient placé la barre des attentes très haut, la déception n'en fut que plus grande. Ce que l'on attend avant tout de cet élevage c'est un grand combat à la pique. Or, à l'exception du premier novillo (on y croyait encore), aucun des pedrazas lidiés ne put atteindre la troisième pique. Un problème de poder, inhabituel dans l'élevage, des trébuchements à répétition et autres boiteries les ont empêchés de donner leur pleine mesure et toreros et présidences ont stoppé le premier tercio après deux piques (une seule pour le deuxième novillo) sans que l'on puisse trouver à y redire. En revanche, dans la limite de leur poder, tous firent preuve d'une belle franchise au troisième tiers. En somme, un lot, dont la présentation était de plus irréprochable, tout à fait convenable pour une corrida commerciale habituelle de sang domecq ... mais on attend tellement plus des Pedraza !

La novillada matinale
   Dès le matin, les novillos avaient donné le ton de la journée avec un premier handicapé d'une patte avant, un second piqué une seule fois et un quatrième, certes honoré d'une vuelta pour avoir été un très bon novillo de troisième tiers, mais n'ayant pris qu'une pique et un picotazo.
   Maxime Solera ne put rien montrer de positif face au novillo handicapé, très vite réfugié aux tablas.
   Francisco Montero (une oreille) possède une vraie et belle personnalité de torero, alternant les passages classiques et templés et les moments de pur trémendisme. Il avait accueilli son novillo par trois farols de rodillas donnés avec le capote de paseo. Un phénomène !
   El Rafi (une oreille) a incontestablement de l'allure. De la technique aussi qui lui permet un bon début de faena, mais lorsqu'il s'agit d'approfondir son toreo il y a quelque chose qui ne vient pas et son travail reste inabouti. "Elève Raucoule, vous avez des possibilités mais vous devez encore travailler'', pourrait lui dire un vieil instituteur.
   Face à Portico, novillo plein de feu au troisième tiers, José Fernando Molina (une oreille) fut la révélation de la matinée. Belle faena, bien liée, de bon goût. Le jeune homme manqua un peu d'assurance pour donner des séries plus longues qu'aurait permises le novillo, mais à ce stade et en ayant si peu toréé la faute est vénielle.

La tarde, les matadors
   Heureusement il y avait Daniel Luque. Placement juste, tempo parfait, muletazos profonds face à un toro anodin au départ mais qui va a mas, mis en appétit par une muleta si persuasive (une oreille). Malheureusement son second adversaire, handicapé de l'avant train, ne permit pas au Sévillan de redondear la tarde.
   Lopez Simon touche un remplaçant en or (le titulaire s'est cassé la corne sur le premier burladero qu'il a rencontré). Chaque fois que je le vois, ce garçon me met terriblement mal à l"aise. Si l'on devait inventer un robot torero il prendrait à coup sûr la forme de ce Lopez Simon, ni bon, ni mauvais, formule parfaite d'une tauromachie désincarnée.
   Alvaro Lorenzo a constitué une grosse déception. Passe encore face au troisième mollasson, mais le dernier offrait quelques possibilités. Le public l'a bien senti qui l'a un moment soutenu, hélas, sans sitio ni dominio, le Tolédan a finalement rendu copie blanche, à quoi il faut rajouter une mise à mort calamiteuse.
   La mode est, en fin de faena, au jeter de l'épée sur le sable suivi d'un pénible épisode de passes embrouillées et sans saveur. Aucun torero ne nous a épargné ce moment, et dans ce domaine Lorenzo a battu avec le sixième les records du ridicule.

   La temporada 2021 ne sera pas pire.

dimanche 20 septembre 2020

Nîmes















Vendredi 18 septembre    Nîmes    arènes romaines
beau temps
entrée limitée en raison de la crise du coronavirus

Cinq toros de Victoriano del Rio et un de Toros de Cortes (3ème), très bien présentés et bons (12 piques, tous ovationnés à leur entrée en piste et à l'arrastre, vuelta au 3 Descreído) pour Enrique Ponce (une oreille, deux oreilles), Curro Díaz (salut, vuelta) et Emilio de Justo (une oreille, salut).

Il faut avant tout féliciter la ville de Nîmes pour avoir monté une feria importante en dépit des restrictions imposées par les autorités et de la peur instillée jour après jour auprès de la population.
En toute logique devant la rareté des opportunités de faire combattre son bétail, Victoriano del Rio avait visiblement envoyé sur le sable de l'amphithéâtre romain le meilleur de son élevage. Il ne s'est pas trompé. Six toros d'une présentation magnifique dont le déboulé en piste déclencha chaque fois l'ovation du public en raison de la perfection des formes et du sérieux de chaque toro. Et tous étaient également pourvus des qualités morales que l'on attend d'un toro de combat : bravoure qui s'exprima à plusieurs reprises par de longues poussées au cheval et noblesse. Et si les premier, second et quatrième avaient possédé un peu plus de poder, le qualificatif d'exceptionnel n'eût pas été galvaudé pour qualifier le lot.
Après trente années d'alternative passées au plus haut niveau, Enrique Ponce possède encore et toujours une soif de triomphe et une qualité de toreo qui continuent à subjuguer les publics ... et les toros. Douceur et temple alliés à une précision d'horloger et à un mando parfait, élégance jamais démentie : les arguments du maître valencien lui ont permis de marquer une nouvelle fois de son empreinte les arènes de Nîmes. De ses faenas, parfaitement construites et de répertoire large, on retiendra les doblones initiaux, les droitières qui soumettent la charge, l'harmonie des changements de main et le point d'orgue des naturelles citées d'un  mouvement du revers de la pointe de la muleta.
La tâche n'en était que plus ardue pour ses compagnons de cartels. Curro Díaz réalisa toutefois au cinquième un début de faena par trincherazos et pases de la firma de toute beauté. Il tua chaque fois en plusieurs épisodes.
Emilio de Justo commença la course de mauvaise manière en se faisant vilainement prendre par le second lors d'un quite. On peut mettre ensuite à son débit un mauvais geste. Après que son premier adversaire, l'excellent Descreído, eut pris une magnifique première pique ovationnée et alors que le toro était parfaitement placé au centre de la piste pour un second assaut que le public savourait d'avance, il le rapprocha du cheval pour une rencontre devenue de ce fait ordinaire. Manque de respect blâmable pour le toro et pour le public. Pour le reste, face à deux toros encastés, il se montra vaillant et sincère, mais pas toujours efficace épée en main.
Ainsi ai-je vu ma première corrida de la temporada.

  

jeudi 17 septembre 2020

Miettes

 La crise du coronavirus a réduit les activités sociales et culturelles à si peu de choses que l'aficionado a los toros a dû se résoudre à picorer quelques miettes ici ou là. Pour votre serviteur, à ce jour, quatre spectacles dont deux vus à la télé.

 

Dimanche 19 juillet   Avila   corrida vue sur CMM (Castilla La Mancha Media)

 Les toros d'Adolfo Martin laissent une très bonne impression et permettent aux trois matadors (Octavio Chacon, Morenito de Aranda, Gomez del Pilar) de montrer leur valeur, en particulier del Pilar en net progrès, m'a-t-il semblé. Plusieurs des Adolfo lidiés ce jour étaient prévus pour Mont-de-Marsan, ce qui me donne l'occasion de déplorer la pusillanimité (en langage taurin macho : le manque de cojones) des responsables montois, incapables d'organiser le moindre spectacle taurin au Plumaçon cette année.


Dimanche 30 août   Añover de Tajo   corrida vue sur CMM

Les toros portugais de Murteira Grave constituent une excellente surprise. Puissants, nerveux, mobiles, ils se partagent entre trois mansos difficiles et trois braves offrant de belles possibilités. Sergio Serrano est étonnamment calme malgré son peu de pratique. Juan Leal passe largement à côté du sujet. Il accumule les erreurs : faena interminable au 2,  puis il ne fait pas assez piquer le 5, un dur à cuire. Ce garçon est-il bien conseillé ? José Garrido torée remarquablement de cape et triomphe avec le bon sixième.


Mardi 1 septembre   Vieux-Boucau   course landaise mixte

A partir de la mi-juillet les arènes de Vieux-Boucau ont donné deux fois par semaine, comme chaque été, leurs traditionnelles courses mixtes destinées aux touristes. Course landaise en première partie, jeux taurins pour amateurs ensuite. L'enthousiasme du public tout au long du spectacle faisait plaisir à voir. Ce jour, devant les vaches de Dargelos (choisies parmi les plus faciles, comme il se doit pour ce genre de course), la cuadrilla Lilian Garanx, composée de vieilles gloires et de jeunes promesses, donna le meilleur d'elle-même. 


Dimanche 13 septembre   Captieux   fiesta campera

La Coordination des Associations Taurines de la Gironde avait organisé cette fiesta campera afin de ne pas laisser la Gironde, pointe septentrionale de la géographie taurine, sans toro après l'annulation au printemps de la novillada de Captieux et de la corrida de La Brède. Une situation exceptionnelle qui valait bien un soutien malgré le peu d'intérêt que présente à mes yeux ce type de spectacle taurin.

Le premier novillo buvait le leurre et Julien Lescarret, silhouette inchangée, buvait du petit lait en le toréant ... jusqu'à l'estocade qui fut malheureuse.

Clemente m'avait séduit il y a quelques années de cela alors qu'il débutait en novillada piquée dans ces mêmes arènes. Il est aujourd'hui matador de toros et, face à un novillo pastueño à l'extrême, il a pu montrer toutes ses qualités : un toreo con arte et temple basé sur un répertoire varié. A lui de ne pas laisser échapper les opportunités - quelles qu'elles soient - qui, on l'espère, ne manqueront pas de se présenter.

Clément Hargous, novillero débutant, fit preuve d'autorité avec la main droite et laissa la meilleure estocade de la matinée.

Les qualités de noblesse des novillos de Jean François Majesté ''La Espera" (origine domecq) étaient tout à fait adaptées au spectacle de ce jour, mais attention, sans le soutien d'un poder plus important ce genre de bétail, on ne le sait que trop, génère bien souvent l'ennui.

Puisque cette journée était placée sous le signe de l'aficion girondine et des toreros girondins, je voudrais évoquer le meilleur d'entre eux. José Cubero ''Yiyo'' aurait eu 56 ans cette année et le maestro prestigieux qu'il serait devenu aurait pu honorer de sa présence cette journée si le 30 août 1985, à Colmenar Viejo, Burlero de Marcos Nuñez n'en avait décidé autrement. Grandeur et tragédie de la tauromachie. A quelques encablures de l'ancienne ganaderia d'Angel Ruiz où il donna ses premières passes, l'esprit du Yiyo dominait cette journée.