L' ŒIL CONTRAIRE
un regard sur les toros (y cositas mas)
lundi 8 juin 2026
Novillada de Captieux
vendredi 5 juin 2026
Retour en photos sur la feria de Vic
Photos Laurent Bernède
Artesanito, un Saltillo qui plonge dans la muleta de Sanchez Vara (après quatre piques prises avec bravoure).
Un face à face inhabituel. Langosto le représentant de Dolores Aguirre n'a pas déçu les aficionados. Il a permis le meilleur tercio de pique de la feria.
vendredi 29 mai 2026
Madrid : un grand Diego Urdiales (Thierry W.)
Jeudi 28 Mai 2026.
Madrid Las Ventas , grand beau temps
Corrida de la Presse (vue à la télé)
Présence en Barrera du Roi Felipe VI.
Première des deux corridas que va sortir Juan Pedro Domecq cette année à
Madrid.
Ce que l’on demande aux taureaux de Juan Pedro Domecq , c’est d’être assez
solides sur leurs pattes, de bouger, de charger avec noblesse et douceur. Le lot
d’aujourd’hui a offert cela, avec 2,4 et 5 supérieurs. Seul le sixième est
sorti molasse.
En dehors du torero de la Puebla, qui peut mieux toréer actuellement que Diego
Urdiales ? Personne. Il y a une multitude de bons toreros, mais lorsque le
torero d’Arnedo est capable de jouer la symphonie comme ce jour, ils ne lui
arrivent pas aux zapatillas.
Grandiose fut le Toreo réalisé par Diego Urdiales aujourd’hui à Las Ventas au
4ème Juan Pedro de la tarde. Tous les grands taureaux de notre époque sont
capables de supporter deux faenas. Une avec le capote et la seconde, évidemment
avec la muleta. Les grands triomphes de Morante arrivent généralement avec ce
type de taureau. “Mapaná” avait cette charge extraordinaire dont rêvent tous
les toreros de la planète. Diego Urdiales l’a magnifiquement toréé avec des
veronicas rythmées et très douces. Je suis certain que du côté de Camas le
Faraón a apprécié. Le torero a le sourire car il sait qu’il a gagné le gros lot
avec ce “Mapaná”. La crainte avec les taureaux de Jean Pierre c’est qu’ils
n’aient pas la force d’aller au bout. Celui-ci a une classe extra, et il a la
chance d’avoir en face de lui un immense torero qui va le lidier d’une manière
remarquable lui laissant des plages de recupération durant toute la faena car
son toreo est très exigeant, et n’oublions pas qu’il s’est déjà donné dans le
capote durant la première partie de son combat. Le Riojan est en état de grâce.
Je ne l’ai pas vu comme ça depuis la Feria de Otoño 2018 face au Fuente Ymbro.
Exécution du toreo profond avec grande toreria. Les naturelles, les derechazos,
les trincheras, les ayudados par le bas , par le haut, c’est du grand art. La
main est très basse. Il m’a semblé que les olés à Las Ventas étaient de plus en
plus longs et de plus en plus lents...au rythme du taureau et du Torero. Que
dire de ces précieuses passes (remate) par le bas à la fin des séries, là où
les jeunes toreros actuels finissent leurs séries par une ou deux passes de
poitrine ! 10 minutes sont passées, le premier avis sonne…on n’a pas vu passer
le temps tellement on est subjugué par la faena. L’épée est entière mais peut-être
pas au bon endroit. Pas grave, on s’est régalé. Une faena pour l’histoire. Un
seul mouchoir blanc…perso j’en voulais deux. Je suis persuadé que tous les
aficionados sont heureux ce soir d’avoir retrouvé le torero de la Rioja à un
tel niveau. Il a poussé le curseur très haut aujourd’hui. Car avant de monter
ce chef d’œuvre il nous avait mis en appétit avec son premier taureau. De très
belles séries de derechazos, made Urdiales. Le Juan Pedro est noble mais manque
de chispa. À gauche le taureau mord et proteste dans la muleta dans un premier
temps. Le sept proteste aussi…Diego se recentre et insiste. Il trouve le bon
sitio et pose cinq naturelles de toute beauté. Il en profite pour défier du
regard les donneurs de leçons du sept qui commençaient à lui expliquer comment
il fallait se positionner pour faire le toreo…une épée et l’oreille tombe
logiquement.
Les affaires ne s’arrangent pas entre une frange du public de Madrid et la
grande Figura Roca Rey. C’est désagréable. Ne soyons pas surpris si un jour le
Péruvien décide de ne plus venir à Las Ventas.
La tauromachie que propose Roca Rey est tout autre. Il a été assez suffisant et
superficiel avec son premier qui ne transmettait pas grand-chose. Il n’a pas
été en reste avec son second. Début tonitruant, les genoux dans le sable, deux
cambios dans le dos pour chauffer la salle…les séries de redondos sont plus
douces. Lui aussi baisse énormément la main. La faena monte en pression après
l’exécution de bonnes naturelles et des regards un brin provocateurs vers le
tendido sept qui n’arrête pas de le houspiller…le Juan Pedro part vers les
barrières, Roca ne le lâche pas et lui tire des derechazos templés. 90% du
public de Las Ventas apprécie et va demander et obtenir une bonne oreille après
un pinchazo et une bonne entière. Roca n’a pas déçu, mais sur le plan
relationnel les choses se dégradent…
Bruno Aloi est un tout jeune torero mexicain qui vient confirmer une
alternative récente. Il y a du pain sur la planche. À sa décharge il aura
affronté les deux taureaux les moins intéressants de la tarde. Et puis pour un
torero ado, se retrouver entouré de deux immenses toreros eux même dans un
grand jour, je conçois que ce n’est pas chose aisée.
Je ne sais si Diego Urdiales a signé trente contrats supplémentaires pour la
saison après une telle “actuación “ mais quel plaisir de revoir le torero de la
Rioja à un tel niveau…
Diego !…Diego !…Diego !…
wT
mercredi 27 mai 2026
Vic-Fezensac 2026 (2)
mardi 26 mai 2026
Vic-Fezensac 2026 (1)
jeudi 14 mai 2026
Madrid : Grande novillada de Montealto et triomphe d'Alvaro Serrano (Thierry Wagniart)
Mardi 12 mai 2026
Madrid Las Ventas. Froid et venteux.
4ème de l’abono, avec aujourd’hui une novillada de Montealto pour Tomas Bastos ( Portugal ) l’Andalou Martín Morilla et le novillero de Navas del Rey ( Madrid ) Alvaro Serrano.
Quel lot de Montealto ! Un régal ! La caste était au rendez-vous, certains très braves au cheval ( oui, ça existe encore de nos jours), sortant sans faiblir de leurs dures rencontres avec les piqueros, galopant allègrement aux banderilles vers des banderilleros qui prirent parfois de gros risques, nobles en général avec une mention spéciale au dernier, “Molinero”, colorado ojo de perdiz,529 kg, novillo complet, brave sous les deux piques et allant à mas tout au long de son combat. Pour moi un novillo de Vuelta.
Je vais être très rapide avec Tomas Bastos. Il a été très en dessous de ses novillos. Superficiel, profilé, il m’a semblé perdu, la pression ?…une prochaine alternative est prévue cet été à Santander…sortie inquiétante pour lui aujourd’hui.
Le jeune Andalou Martin Morilla a été vert comme son costume. Je pense surtout qu’il a été impressionné par Madrid, le taureau de Madrid surtout ! son premier était supérieurement présenté. Ah ce n’est pas les petites novilladas andalouses ici ! De plus il tua vilainement.
Le 15 août dernier dans la monumental des Pins de Roquefort, on a tous découvert un novillero natif de la région de Madrid, un vrai novillero possédant une entrega faisant plaisir à voir mais aussi un sens de la lidia et une toreria qui avait touché les aficionados. Il avait coupé deux oreilles à un excellent novillo d’Escolar Gil. Tout cela est passé un peu au travers ce jour là car la presse spécialisée est à Dax…mais nous on avait vu et on savait qu’Alvaro Serrano est un tout bon.
Aujourd’hui, dans la plus grande Plaza du Monde, la plus importante, il a été “fenomenal” !!!
A son premier, un novillo encasté, il a été parfait dans la lidia. C’est un torero qui ne laisse pas indifférent et qui connecte très vite avec le public. Sous la pluie et les rafales de vent il a monté une faena d’une grande intensité. Rendez-vous compte, tirer des derechazos face à un taureau encasté, la muleta qui vole avec le vent, en maintenant un positionnement risqué, en se croisant, une série de naturelle inespérée, des trincherazos de “categoría” comme mon ami Sergio les aime ! Une épée en haut et la première oreille qui tombe. Franchement, avec son dernier il a été torero du début jusqu’à la fin. C’est peut être excessif, mais il a mené un combat, monté une faena avec la sérénité d’une grande figura. Il est né pour être torero. Son début de faena ? Comme les grands maestros. Des aidés par le haut, par le bas, avec justesse, on entend Las Ventas rugir… les séries des deux cotés sont de plus en plus belles, le taureau est à l’unisson, il est bon, très bon même. Ce qu’il y a de bien chez Alvaro Serrano c’est qu’il termine ses series avec des trincheras, des adornos…c’est un plus, Madrid raffole de cette toreria, de cette profondeur…moi aussi. Le Novillero pousse une grande épée. À Saubis on lève les bras comme si on venait de marquer l’essai de la victoire face, au hasard…aux Anglais ! Le suspense jusqu’à la fin, l’épée est un peu contraire, ce grand taureau ne veut pas mourir, deux fois il se relève, le deuxième avis sonne, c’est insoutenable…la Puerta Grande ne peut pas s’envoler ! Finalement un descabello rageur et “Molinero “ tombe et l’oreille avec. Final del partido ! Alvaro Serrano sur les épaules, passage sous la porte donnant vers la Calle Alcala !
Alvaro Serrano, de Navas del Rey, retenez bien son nom.
wT

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