L' ŒIL CONTRAIRE
un regard sur les toros (y cositas mas)
mardi 26 mai 2026
Vic-Fezensac 2026 (1)
jeudi 14 mai 2026
Madrid : Grande novillada de Montealto et triomphe d'Alvaro Serrano (Thierry Wagniart)
Mardi 12 mai 2026
Madrid Las Ventas. Froid et venteux.
4ème de l’abono, avec aujourd’hui une novillada de Montealto pour Tomas Bastos ( Portugal ) l’Andalou Martín Morilla et le novillero de Navas del Rey ( Madrid ) Alvaro Serrano.
Quel lot de Montealto ! Un régal ! La caste était au rendez-vous, certains très braves au cheval ( oui, ça existe encore de nos jours), sortant sans faiblir de leurs dures rencontres avec les piqueros, galopant allègrement aux banderilles vers des banderilleros qui prirent parfois de gros risques, nobles en général avec une mention spéciale au dernier, “Molinero”, colorado ojo de perdiz,529 kg, novillo complet, brave sous les deux piques et allant à mas tout au long de son combat. Pour moi un novillo de Vuelta.
Je vais être très rapide avec Tomas Bastos. Il a été très en dessous de ses novillos. Superficiel, profilé, il m’a semblé perdu, la pression ?…une prochaine alternative est prévue cet été à Santander…sortie inquiétante pour lui aujourd’hui.
Le jeune Andalou Martin Morilla a été vert comme son costume. Je pense surtout qu’il a été impressionné par Madrid, le taureau de Madrid surtout ! son premier était supérieurement présenté. Ah ce n’est pas les petites novilladas andalouses ici ! De plus il tua vilainement.
Le 15 août dernier dans la monumental des Pins de Roquefort, on a tous découvert un novillero natif de la région de Madrid, un vrai novillero possédant une entrega faisant plaisir à voir mais aussi un sens de la lidia et une toreria qui avait touché les aficionados. Il avait coupé deux oreilles à un excellent novillo d’Escolar Gil. Tout cela est passé un peu au travers ce jour là car la presse spécialisée est à Dax…mais nous on avait vu et on savait qu’Alvaro Serrano est un tout bon.
Aujourd’hui, dans la plus grande Plaza du Monde, la plus importante, il a été “fenomenal” !!!
A son premier, un novillo encasté, il a été parfait dans la lidia. C’est un torero qui ne laisse pas indifférent et qui connecte très vite avec le public. Sous la pluie et les rafales de vent il a monté une faena d’une grande intensité. Rendez-vous compte, tirer des derechazos face à un taureau encasté, la muleta qui vole avec le vent, en maintenant un positionnement risqué, en se croisant, une série de naturelle inespérée, des trincherazos de “categoría” comme mon ami Sergio les aime ! Une épée en haut et la première oreille qui tombe. Franchement, avec son dernier il a été torero du début jusqu’à la fin. C’est peut être excessif, mais il a mené un combat, monté une faena avec la sérénité d’une grande figura. Il est né pour être torero. Son début de faena ? Comme les grands maestros. Des aidés par le haut, par le bas, avec justesse, on entend Las Ventas rugir… les séries des deux cotés sont de plus en plus belles, le taureau est à l’unisson, il est bon, très bon même. Ce qu’il y a de bien chez Alvaro Serrano c’est qu’il termine ses series avec des trincheras, des adornos…c’est un plus, Madrid raffole de cette toreria, de cette profondeur…moi aussi. Le Novillero pousse une grande épée. À Saubis on lève les bras comme si on venait de marquer l’essai de la victoire face, au hasard…aux Anglais ! Le suspense jusqu’à la fin, l’épée est un peu contraire, ce grand taureau ne veut pas mourir, deux fois il se relève, le deuxième avis sonne, c’est insoutenable…la Puerta Grande ne peut pas s’envoler ! Finalement un descabello rageur et “Molinero “ tombe et l’oreille avec. Final del partido ! Alvaro Serrano sur les épaules, passage sous la porte donnant vers la Calle Alcala !
Alvaro Serrano, de Navas del Rey, retenez bien son nom.
wT
jeudi 7 mai 2026
Le temple (5)
dimanche 3 mai 2026
Aire novillada de Raso de Portillo : un premier tercio accidenté
samedi 25 avril 2026
Séville : la Venta de Antequera
Alors que Madrid tergiverse à propos de la réouverture du Batan, il faut souligner l'heureuse initiative de la nouvelle empresa de Séville qui vient d'œuvrer au retour de l'exposition des toros de la feria d'Avril à la Venta de Antequera.
jeudi 23 avril 2026
Séville : corrida d'El Parralejo (Thierry W.)
Séville, mercredi 22 Avril.
Douzième de l’abono. Lleno de “ No
hay Billetes “.
Corrida d’El Parralejo (origine Jandilla) pour Diego Urdiales, Emilio de Justo
et David de Miranda.
“Chismoso” (potins) 549 kg. Joli taureau.
Bien à la verónica Diego Urdiales. Le taureau paraît court de charge.
Très vilaine carioca à la première pique. La seconde est trasera et longue.
Tentative de quite par chicuelina d’Emilio de Justo. Légèrement bousculé, il
laisse tomber. Taureau sérieux que Diego attaque et double par le bas. Le
Parralejo est brusque et encasté. Le torero le contient tant bien que mal sur
les deux séries à droite. Le Parralejo est plus posé et calme sur la gauche. Il
n’a pas beaucoup de classe mais Urdiales nous pose quelques bonnes naturelles.
Reprise à droite avec qualité. Faena autoritaire. Épée contraire et petite
catastrophe au descabello.
“Tonelero” (tonnelier) 517 kg. Taureau manquant de trapio (il sera le seul).
Très réservé dans la cape d’Emilio de Justo. Tercio de pique une nouvelle fois
bafoué. Quatre chicuelinas et la rebolera pour un bon quite. Un quite serré par
gaoneras de David de Miranda, lorsque ce garçon torée, ses taureaux passent
très près de lui. Antonio Chacon supérieur avec les palos.
Deux séries droitières autoritaires très courtes avec un taureau qui n’humilie
nullement. À gauche le taureau est très réservé. Reprise sur la droite et le
taureau proteste. À ma surprise il termine avec une bonne série de naturelles
exécuté de face. Le meilleur de cette faena, alors que le taureau avait lâché
prise. Surprenant. Une épée trasera pour en finir.
“Secretario” (secretaire) 562 kg. Palmas de buleria des fans de Miranda venus
de Huelva. Le taureau est beau et volumineux. Muy malo le piquero avec
Secretario qui pousse fort sous le fer lors des deux rencontres. Enfin un
taureau qui révèle sa bravoure au caballo ! Cuadrilla à la limite de la rupture
aux banderilles car Secretario est très encasté. Grand début de faena par le
bas pour casser le taureau avec de beaux doblones. Extra le taureau. Lorsqu’il
charge, sa foulée est rythmée, régulière, et son centre de gravité est très
bas. Que dire de cette fixité à la fin des séries de passes ! Tauromachie
verticale, templée, et engagée sur les deux côtés. C’est de bon goût, c’est beau
à voir, Séville bascule dans l’euphorie. Ce torero possède une grosse
personnalité, sa tauromachie a un gros impact sur le public car l’engagement
est total de la part du maestro de Huelva. Grandiose épée tout en haut et mort
très émouvante de Secretario au centre de la Maestranza, la bouche fermée, les
grands taureaux braves meurent ainsi…deux oreilles, et vuelta archi méritée à
Secretario. Un grand taureau pour un grand torero.
“Azabache” 546 kg. Un beau melocoton . Urdiales supérieur avec le capote. Le
taureau répète sa charge avec un zeste de genio. Bravito sous la 1ère pique.
Muy bien Espartaco pour la seconde pique. Quand c’est bien il faut le dire et
l’écrire. Brindis a todos. Il initie sa faena par le bas. Le taureau est
exigeant. Deux séries de derechazos avec temple et des terminaisons de bon goût
comme ces vraies passes de poitrines et ces trincherazos qui figent Azabache.
Quelle toreria chez Urdiales, quelle classe ! Les naturelles sont
extraordinaires. Devant l’écran je me dis que l’arène a du mal à rentrer dans
la faena du torero de la Rioja. Fin de faena où Diego Urdiales alterne des
ayudados et trincheras. C’est délicieux. Tout est précieux chez ce torero.
Certes l’épée entière est contraire, mais Incompréhensiblement le public ne
demande pas le trophée archi mérité…et pourtant, la Señora présidente attendait
la pétition…Diego Urdiales est très déçu et moi avec. Ces Sévillans sont
vraiment incorrigibles parfois.
“Anhelomio” ( désir) 554 kg. Autre taureau bien présenté . Froid dans le capote
de l’Extremeño. Brave sous la première pique de Juan Bernal très en arrière,
peu spectaculaire sous la seconde. Le taureau est loin d’avoir les qualités des
deux précédents. Il n’embiste qu’avec retenue, s’arrête au milieu de la passe,
bref…une entière tombée. Emilio de Justo n’a pas eu le sorteo pour lui.
“Corralero” 555 kg. Negro burraco. Veronicas verticales , puis en mettant la
jambe devant. Corralero faiblit sous la pique…mais on perçoit des qualités chez
le burraco. Quatre statuaires pour un bon début de faena. Début tonitruant sur
la droite tout en le laissant récupérer entre les séries. À gauche le taureau
est plus réticent. Nouvelle grande série avec de longs redondos. Naturelles de
face parfaites. Faena cumbre ! Pour finir, David de Miranda nous pose des manoletinas
serrées et très émouvantes pour convaincre la Maestranza que le patron des
lieux ce soir c’est lui. L’épée est entière. Davila Miura l’annonce «
desprendida », détachée, pas forcément au bon endroit. L’oreille tombe du palco. La porte du Prince va s’ouvrir, et c’est totalement mérité pour ce
torero qui a pris le rythme d’une figura del toreo.
Excellente corrida du Parralejo, encastée, brave, noble, cinq taureaux sur six.
Mais quel grand taureau que ce “Secretario” parti maintenant au pays des
braves !
wT





