vendredi 28 août 2026

Bilbao 50 ans déjà

 

   Il y a tout juste 50 ans, le 23 août 1976 précisément, j'assistais à ma première corrida bilbaina. Face à un magnifique lot de Miura, Manolo Cortes, Roberto Dominguez et El Puno donnèrent le meilleur d'eux-mêmes. La ville, encore port industriel, était noire à l'image du sable de la plaza, crasseuse, inhospitalière en apparence, et traversée par un égout à ciel ouvert, le Nervion. Aujourd'hui, dans une ville radicalement transformée, la corrida est toujours bien présente. On note même un regain d'aficion, en particulier de la part d'un public assez jeune. Un problème de taille reste cependant sans solution à ce jour : si les entrées sont excellentes les jours où toréent les grandes figures, le grand public se désintéresse totalement des autres tardes. Les deux premières corridas de la feria qui n'ont vu les arènes se remplir qu'au quart de leur capacité en témoignent.
 
   Déception mardi avec un lot de Dolores Aguirre mal présenté et manso. Le petit second est laid et sin cara, le cinquième, attendu avec intérêt en raison de ses 652 kg annoncé, est un colorado adipeux et totalement invalide  qui sortira d'une vuelta de campana avec les cornes en pinceau. Malgré leur fond de mansedumbre les trois premiers donnèrent le change grâce à leur mobilité. Le 4 fila aux planches dès qu'il se sentit dominé et le 6 se révéla un assassin intoréable à la muleta.
   D'Antonio Ferrera, qui se heurta à l'hostilité d'une partie du public, on ne retiendra que les quites donnés à l'ancienne à la sortie des piques.
   Damian Castaño était venu pour se battre, le public lui en sut gré, mais après un bon début de faena le quatrième refuse le combat et le sixième dont le comportement aux deux premiers tiers avait laissé espérer une suite plus heureuse se révèle une véritable alimaña au tiers final.  
   Pour rester positif on retiendra les beaux tercios de piques aux 4 et 6 par Javier Martin et Juan Melgar.
 

 
 
   Mercredi les toros de La Quinta revenaient à Bilbao après l'indulto obtenu l'an passé par Tapaboca. Les médiocres sorties réalisées par l'élevage depuis le début de la temporada laissaient espérer aux optimistes que les bons toros de la ganaderia allaient sortir ce jour. Ce ne fut pas le cas même si l'on peut considérer qu'aujourd'hui les toros n'ont pas toujours été aidé par les toreros. 
   Tout avait pourtant bien commencé par une monumentale chute obtenue par le magnifique premier. Ce n'était qu'illusion car l'astado va se révéler ensuite un véritable bœuf qui trottine incessamment, la tête dans les nuages. Les cinq autres resteront dans une honnête moyenne sans la grande bravoure ni la noblesse toute de douceur ou parfois de piquant dont ils peuvent faire preuve dans leurs meilleures sorties. A vrai dire plusieurs d'entre eux n'ont sans doute pas été toréés comme il aurait convenu.
   Roman qui se montra dominateur et bon tueur (oreille du 2) est hors de cause. J'attendais avec quelque illusion Emilio de Justo espérant le voir revenu à son meilleur niveau après ses derniers triomphes malagueños mais je dus déchanter. Face au quatrième il se montra incontestablement vaillant mais sans retrouver totalement la sérénité et la profondeur de son meilleur toreo. Quant à Tomas Rufo il m'a paru rester en dessous des possibilités de ses deux toros et souffrir en outre d'un manque très net de personnalité.
  

mercredi 19 août 2026

Retour sur la journée taurine de Roquefort

 photos : Laurent Bernède 
 texte : Velonero
 
La novillada piquée
 
 

    Avec leur pelage cárdeno et leur finesse, les novillos d'Emmanuel Turquay (ici le 3, mosqueado) formaient un bel ensemble très typé santa coloma. Les 2 et 6 plus vareados avaient même le hocico de rata typique des saltillos.
   Tous avec un fond de caste indéniable : de belles sorties, une première pique prise en poussant avec codicia (hélas il n'y en eut qu'une !), la gueule fermée jusqu'à la mort. Leur défaut : une certaine faiblesse de patte (ou un manque de fond) qui les a conduit à se réserver, en particulier les 3, 5 et 6. 
 
 
 
 

 
   Le Bordelais Clément Hargous torée peu et pourtant il s'est remarquablement comporté tout au long de l'après-midi. Avec pundonor et un minimum de technique qui lui ont permis de faire face en particulier devant son premier adversaire, une véritable vipère. Les deux photos sont éloquentes. En début de faena on voit bien le novillo mener le bal mais le Girondin parvint à donner en fin de faena une belle série de naturelles aidées. Il fut récompensé de son travail en coupant l'oreille du 4 suite à une estocade efficace.
 
 
   Selon l'expression consacrée, Jorge Hurtado a été le plus torero des trois. Ça ne veut pas dire que les autres ne l'ont pas été mais on sent chez l'Extremeño un petit quelque chose en plus. Une manière d'être mais aussi un placement face au toro qui font que peuvent surgir à tout moment art et embrujo. La suerte de matar ne semble pas, hélas, être son point fort. Il va toréer dans toutes les ferias de novilladas espagnoles du mois de septembre et son parcours est incontestablement à suivre.
   Face à deux novillos vite arrêtés le Mexicain Lopez Ortega est passé inaperçu.
 
 
La novillada sans picadors
 
 
   Une bonne nouvelle : la grande caste du premier novillo de L'Astarac, d'une charge soutenue et inlassable. Bonne nouvelle parce qu'il s'agit d'un novillo d'origine Garcia Pedrajas que Jean Louis Darré élève en parallèle à ses domecq de Camino de Santiago. Affaire à suivre.
   Israel Guirao, de retour à Roquefort après son triomphe de l'an passé, le reçoit somptueusement de cape. La suite sera plus banale et un peu décevante de la part d'un novillero prêt à passer à l'échelon supérieur. 
 
 
 
   Jules Dujols alias Julio Martin a connu une matinée riche d'expérience car il a été confronté à deux adversaires particulièrement difficiles. S'il n'a pu briller il a tout de même surmonté l'épreuve avec sang froid et détermination. Son premier (L'Astarac) donne de la corne et tout le travail de Julio consistera a essayer d'éviter de se faire chahuter la muleta. Il y réussira parfois.
   Par son trapío, son second (Alma Serena) n'aurait pas déparé à l'échelon supérieur. Au moral il concentre les défauts : distrait, coureur en tous sens, manso, querencioso. Le jeune homme ne perd pas les papiers et tue avec efficacité. Ouf ! Une épreuve sérieuse bien surmontée.


Ce fut une belle journée taurine, sans triomphe, sans excès de brillant mais sans ennui, d'un intérêt toujours soutenu. Mais il y a un mais. Le manque de public (moins de 1000 entrées payantes l'après-midi) fait que, à Roquefort comme dans d'autres petites plazas de la région, ce spectacle vit peut-être ses dernières heures.

 
 

 

lundi 10 août 2026

Soustons

 


Samedi 8 août 2026                    Soustons
temps orageux                            arènes Henri Canelas
demi-entrée 
 
Six novillos de Fernay (10 piques, vuelta au sixième) intéressants, pour Victor (une oreille, une oreille), Miriam Cabas (silence, silence) et Hugo Tarbelli, remplaçant Clovis (une oreille, deux oreilles).
 
Autour des arènes une immense fête foraine et son tintamarre bien peu taurin. A cela il faut ajouter la présence d'un horrible orchestre de tambours qui tonitrua à l'extérieur des arènes durant une bonne partie de la novillada, recouvrant même les notes de l'orphéon municipal ! Des anti-taurins déguisés ? Mais l'esprit de la corrida est difficile à tuer. Il revint lors du combat du dernier novillo. Un ciel d'ébène, les premiers grondements du tonnerre, les éclairs qui zèbrent l'horizon, un novillo plein de caste et un novillero qui se donne entièrement, c'est le classique triomphe sous l'orage tel que l'auront connu les arènes de Soustons sur le coup de 20h 30 en ce samedi d'été torride. Merci aux novillos de Fernay qui par leur comportement combattif, leur solidité ont permis une tarde sans ennui. Un grand bravo à Hugo Tarbelli, l'appelé de la dernière heure, qui transmet au public la joie qu'il a de toréer et dont le bagage technique, malgré le peu de novilladas toréées, est déjà conséquent.
L'après-midi fut plus difficile pour Miriam Cabas, totalement absente à la cape, limitée muleta en main et mauvaise à la mort. Il est vrai que ses novillos, bien que durement châtiés à la pique, se montrèrent solides et encastés.
Avec sa tauromachie élégante mais froide, sentant encore l'école, Victor, face à deux novillos de charge légère, resta en demi-teinte malgré quelques passages réussis sur la main droite et une bonne estocade à son premier. 
 
 
 


mercredi 5 août 2026

Les santacolomas de Turquay à l'affiche de la novillada de Roquefort

 


   Manu Turquay jouera une partie importante lors de la novillada du 15 août à Roquefort. Il présentera pour la première fois dans le Sud-Ouest un lot complet de ses santacolomas issus de Pablo Mayoral ainsi que du fer historique de Joaquin Buendia. Un mélange identique à celui de Los Maños dont on connaît les excellents résultats. On souhaite le même succès à l'élevage de la Crau. A l'heure où de nombreuses ganaderias françaises d'origine domecq confirment leur bonne santé il serait intéressant pour la variété d'encaste dans notre pays que des fers d'origine santacoloma puissent également émerger.
 

 


   Du côté des hommes on pourra voir le novillero bordelais Clément Hargous, qui a déjà eu l'occasion de faire preuve de ses qualités dans le Sud-Est. Il sera accompagné de deux jeunes promesses que l'on découvrira dans notre région : l'Extemeño Jorge Hurtado et le Mexicain Lopez Ortega.
 
 
Turquay sur Terre de Toros 

samedi 1 août 2026

Mont-de-Marsan : quelques photos de la corrida d'Escolar Gil

 Grâce aux photos de Laurent Bernède, retour sur l'excellente corrida d'Escolar Gil qui fut - et de loin - la meilleure course de la feria montoise. La bravoure et le sérieux des Escolar ont permis à Dorian Canton d'affirmer ses grandes qualités. Avec un sorteo particulièrement favorable Pepe Moral a perdu l'occasion de reverdir des lauriers quelque peu fanés. Quant à Antonio Ferrera il a connu une journée noire avec broncas à la clé.
 
 

 
 
 


 
 



 
 

 

mercredi 29 juillet 2026

Mont-de-Marsan : Madeleine 2026 (2)

      Daniel Luque : une encerrona en demi-teinte
 
 
 
   Les arènes sont pleines, le maestro porte un original costume blanc et bleu Madeleine. On attend beaucoup du seul contre six de Daniel Luque tant on connait, pour avoir eu l'occasion de les apprécier à de nombreuses reprises depuis plusieurs temporadas, les qualités du Sévillan. Il est un torero à la fois artiste et dominateur, capable de tirer parti de nombreux toros et utilisant, surtout à la muleta, un répertoire varié. C'est aussi un tueur efficace. Toutes ces qualités, il ne s'est pas fait faute de les démontrer face au second toro, un bichito innocent de El Parralejo (une seule oreille en raison de l'inconsistance de l'opposition, bien le président), puis face à un brave et très sérieux toro de Juan Pedro Domecq (deux oreilles). Ce qui lui a permis d'assurer la sortie a hombros.
   Mais cela n'empêche pas les admirateurs du torero, dont je fais partie, de trouver un goût d'inachevé à sa prestation. Un jeu de cape assez réduit, des estocades souvent un peu décalées (traseras, desprendidas), une muleta parfois accrochée ternissant la limpidité des séries, enfin des solutions non trouvées face aux trois toros très médiocres qu'il dut combattre (le 1 de Fuente Ymbro, manso, le 4 de Victoriano del Rio, décasté, le 5 de La Quinta, insipide).
   Certes une encerrona triomphale mais on l'a vu tellement meilleur ...
 

 
 
     La grosse déception des Victorino Martin
 
   Rien à dire cette fois sur la présentation (voir ici), même si elle était un peu inégale. En revanche une corrida cinqueña comprenant trois toros invalides ça sent clairement le fond de tiroir. La corrida se termina fort justement par une bronca à l'éleveur et aux organisateurs. Voilà Victorino reparti pour une pénitence de quelques temporadas au Moun. 
   Et ce n'est pas le cartel du jour qui pouvait sauver les meubles. Passe encore pour Roman qui ne put faire grand chose face aux deux ectoplasmes qui lui échurent mais que l'on sentait prêt pour des combats de plus d'importance. A son crédit son bel aguante face au 2 et deux belles estocades. Morenito de Aranda fait figure aujourd'hui de torero acabado et c'est, on le sait, un tueur calamiteux. Il tenta de compenser en accomplissant avec sérieux son rôle de chef de lidia. Quant à Juan de Castilla, de récentes blessures à répétition lui ont fait perdre le sitio. Il est encore jeune et l'on ne peut que souhaiter de le voir sortir un jour du bache profond dans lequel il se trouve.
 
   Rideau sur une Madeleine dans la tonalité des années précédentes, qui nécessite donc un sang nouveau pour l'avenir.
   Et marquée par la canicule des premiers jours et par les incendies tout proches. On rendit hommage aux victimes et à tous ceux qui luttent par une minute d'applaudissement en début de course. Ce fut, hélas, le meilleur de l'après-midi. 

mardi 28 juillet 2026

Mont-de-Marsan : Madeleine 2026 (1)

    Participer à ces fêtes de la Madeleine c'était avoir l'impression d'être hors du monde dans une bulle protégée, tout en sachant que tout brûle autour de soi. Une bonne définition de la fête ...
 
 
      Magnifiques Escolar Gil et révélation de Dorian Canton
 
   Je n'ai pas assisté à la corrida de mercredi qui, les avis sont unanimes, a été décevante : arènes pleines mais Jandilla vides, deux faenas correctes de Roca Rey et Marco Perez très mal conclues à l'épée. 
   La grande corrida de la feria fut celle de jeudi avec un lot magnifique d'Escolar Gil. Magnifiques au physique, d'une homogénéité rare, et magnifiques aussi au moral par leur bravoure.
Antonio Ferrera, en proie à ses démons, et Pepe Moral, vieux segundon sans illusion, gâchèrent un peu la fête. Surtout le Sévillan qui se défit sans peine ni gloire de deux toros qui, par leur corne gauche de ensueño, auraient dû permettre toreo grande et triomphe mémorable. Heureusement Dorian Canton était là. Il parvint à imposer au bon et exigeant troisième un toreo d'une grande pureté et sincérité. Une oreille après entière desprendida. Face au très difficile sixième (le seul à avoir montré des signes de mansedumbre) de charge courte et orientée, il fit front avec assurance et précision. Vuelta après un estoconazo au second essai. Pour le Béarnais un succès d'importance et une révélation pour ceux qui le découvraient ce jour. Avec l'espoir que cette journée lui permette d'ouvrir la porte de nouvelles arènes.
Au final, malgré la faillite de deux toreros, une corrida totalement satisfaisante pour l'aficionado. Quand le toro est là ... 
 
      
     Corrida de Zacarias Moreno
 
   Dois-je avouer que j'ai bien aimé la corrida de Zacarias Moreno ? Bien sûr si j'étais le ganadero je me poserais beaucoup de question, et je m'empresserais de chercher les coordonnées de l'abattoir le plus proche de l'élevage ...
   Je craignais un lot de toros faibles, sosos, noblotes, donc sans intérêt aucun et l'on eut un lot au comportement atypique, comme on en voit désormais rarement, des toros que l'on qualifiait autrefois de media-casta. Ceux-là étaient pourtant tous d'origine contrôlée domecq. Mais on ne savait jamais s'ils allaient charger ou fuir, derroter ou humilier, aller de l'avant ou mettre le frein à main. Leur lidia résulta donc intéressante d'autant que les trois toreros se montrèrent décidés.
   Miguel Angel Perera fit de son mieux mais sans réelle réussite.
   Victor Hernandez qui remplaçait David de Miranda parvint à lier au cinquième des séries dominatrices sur les deux cornes. L'animal passa un temps infini à gratter le sable du Plumaçon mais lorsqu'il s'élançait il fallait être capable de canaliser sa charge, ce que sut parfaitement faire le Madrilène. Estocade entière et oreille.
De même Tristan Barroso  parvint à tirer du tardo mais violent sixième de belles séries dominatrices. L'estocade tombée au second essai ne l'empêcha pas de couper une oreille. Le jeune Montois a montré pour l'occasion de belles qualités, il doit absolument progresser épée en main s'il ne veut pas voir s'évanouir les succès chèrement acquis avec cape et muleta.
    

mercredi 15 juillet 2026

Céret 2026 (2)

 Céret de toros vu par Laurent Bernède  -  Dimanche

Un dimanche sous le signe du TORO, seule la météo a eu un poil plus de dulce pour les aficionados nombreux sur les tendidos !

A 11h, 4 novillos de "Isaias y Tulio Vazquez" pour Valentin Hoyos y Jésus de la Calzada (qui étaient tous 2 sobresaliente lors de la matinée de la veille)
 
 
Une devise que l'on ne voyait plus et qui pour les "anciens" a rappelé quelques vieux bons souvenirs ! Tous negros, bouche close du début à la fin, attentifs à tout ce qui se passait en piste ! Ils étaient là pour en découdre... et nous ont bien fait plaisir ! Ce fut plus rugueux pour les novilleros devant les affronter.
Mention aux 2 premiers qui ont mis en appétit les amateurs que nous sommes du 1er tiers, répondant à grande distance  à l'appel des piqueros avec des galops superbes de détermination ! Les impacts furent violents occasionnant quelques batacazos spectaculaires !  Certes ils développèrent sous le châtiment plus violence que de réelle bravoure, mais ne boudons pas notre plaisir ! Les 2 derniers furent plus discrets.
 

 
 Jesus de la Calzada fut mis à de nombreuses reprises en difficulté, désarmé, bousculé  plusieurs fois, certes ses opposants n'étaient pas des enfants de coeur, surtout son 1er (sorti en 2nd) faisant preuve de sentido... mais son expérience en piquée n'a pas semblé peser, et devant le plus fade du lot il n'a pas su ou pu amener l'entrega qui manquait au toro.
Valentin Hoyos a été sérieux toute la matinée, dans les mises en suerte, ses débuts de faena par le bas (notamment à son 2nd), allant chercher la corne contraire, mais son toreo appliqué transmet hélas peu, il sera récompensé de sa bonne volonté par l'oreille du 2nd
Une matinée entretenue, par la satisfaction de retrouver un vieux nom d'élevage remis à la lumière, une ganaderia en reconstruction, qui travaille et que l'on reverra avec grand plaisir et espoir !
Titi Agudo a reçu le prix pour la meilleure pique et le mayoral a été appelé à saluer !
(Sobresaliente: Marcos Adame)
 
 



A 18h est sorti un lot de José Escolar Gil de toute beauté, irréprochable de présentation, avec tous des comportements intéressants à divers degrés ! des pitons à faire quelques cauchemars, dignes d'une arène de 1ere catégorie.
Le 2, 5 et 6 un ton au dessus, de la race, du poder et du moteur. 
Tous sont allés allègrement sous le châtiment avec une bravoure variable, s'employant plus ou moins sous 20 piques. Le 2 et le 6 ayant paru les plus intéressants à ce titre, sans être véritablement complets pour justifier une vuelta, qui plébiscitée par certains fut refusée par le président "Benoit  Pince"
L'attribuer n'aurait pas été non plus un triomphalisme excessif loin de là, mais rester modéré  est aussi une preuve de sérieux, de référence.
Le débat restera ouvert durant toute la soirée, signe qu'il s'était vraiment passé quelque chose d'important dans le ruedo cérétan.
Le 1er et 4ème lidiés par Antonio Ferrera (chef de lidia), sont difficiles à juger tant le maestro y mit de la mauvaise volonté, le 4ème quasi inédit à la muleta, aura été massacré aux piques par un Gabin aux ordres qui livra une prestation pitoyable.
Sifflets et bronca pour Antonio qui va donner bien des inquiétudes aux Montois qui le retrouveront prochainement devant la même devise !
A noter une excellente paire de Angel Otero au 1er Escolar.
 
 

Sanchez Vara, a assumé la lidia comme il sait si bien le faire,  a livré comme la veille quelques paires de banderilles dans les cornes fort méritoires, soulevant l'ovation unanime. Une présence de tous les instants qui contribue à être moins exigeant envers son toreo à la muleta, qui même s'il a été honnête est resté en dessous de la qualité de ses deux opposants ! 
 

 
Maxime Solera fut plus à son aise et dans le sitio face à l'excellent 6ème, très encasté, avec une très belle charge ! Le challenge était grand pour lui, une pression qu'il a su gérer. Il donna notamment  quelques naturelles de valeur... l'épée entrée au 2nd essai le privera d'une oreille qui aurait été méritée.
 


Le mayoral ainsi que le ganadero ont été appelés à saluer à juste titre à l'issue de la course.
Les aficionados présents ont vécu une belle tarde de Toros, une journée complète même ! 
Cuando hay Toros la vie de l'aficionado est belle...Merci l'ADAC.
 

 Laurent Bernède



 

Céret 2026 (1)

 Céret de toros 2026 vu par Laurent Bernède - Samedi

Le cru cérétan 2026 laissera un beau souvenir dans nos mémoires d'aficionados A los Toros, avec bien entendu quelques déceptions, mais aussi de belles émotions, et satisfactions.
Malgré la chaleur assommante, les tendidos se sont remplis avec bonheur pour l'ADAC, de très belles entrées pour les 2 novilladas matinales (4 novillos par course) et un bon 3/4 d'aficion pour les corridas...
Les lignes du tercio de piques durant toute cette féria avaient été supprimées, afin de permettre aux groupes équestres de mieux s'exprimer, avec plus de liberté dans leurs déplacements (une expérimentation autorisée par l'UVTF), un bilan sera fait de ce test... 
Une chose est sûre, elle n'aura pas empêché de voir trop de puyas mal placées, bien souvent traseras, dans l'épaule et j'en passe...le vrai problème est surtout là. 

 

Samedi matin un unico espada pour Mario Vilau, jeune Catalan qui avait marqué les esprits lors de l’édition précédente !  Certainement la plus grosse déception du weekend. Les 2 novillos de Barcial, superbes de trapío et piton, ne  lui ont pas permis de s'exprimer, manque de race, courts de charge... Présent efficacement pour les mises en suerte, de bons débuts de faenas par le bas...en vain. Les 2 ont été réceptionnés a puerta gayola.
Le 1er Partido De Resina, bien dans le type, est déficient au niveau locomoteur et contraint le président Thomas Thuries à sortir le mouchoir vert :  hélas l'unique sobrero de Los Maños invalide ne pourra être lidié. L'unique Partido lidié sera présenté 3 fois au piquero, mais sans réel poder, Mario bien centré en tira le maximum surtout sur la corne gauche, mais ce sera un nouvel échec épée en main. Sans démériter, mais sans vraiment pouvoir convaincre, la matinée se terminera dans une déception globale. 

 


Chaud très chaud sur les tendidos à 18h, pour le desafio Saltillo/ Dolores Aguirre !  Les 6 toros étaient magnifiquement présentés, intégrité totale et respect à ceux qui acceptent de s'y coller ! le 4ème Dolores une estampe.
 
  
Les Saltillo furent  sans poder au caballo, ne se sont pas investis et sont restés fades, ne transmettant guère d'émotion dans leur charge à la muleta !
Les deux Dolores sortis en 4ème et 5ème, mansos con casta typiques de la casa, ont été exigeants, violents et ont donné des sueurs froides à leurs lidiadors respectifs. Sanchez Vara et Damien Castaño n'ont pas démérité et ont relevé le défi . Le Dolores sorti en 6ème est celui qui aura le plus poussé sous la puya (par moments) et sera éteint totalement sans faena en suivant.
 
 

Les trois toreros ont assumé avec sérieux les mises en suerte au piquero, Vara a banderillé avec brio ses opposants, gagnant à juste titre les faveurs du public.
Vara, excellent dans son rôle de chef de lidia fera una vuelta au 4ème, et Castano au 5ème, Luis Gerpe est resté plus discret sur la globalité de la course.
Malgré un bilan très mitigé, la course aura été entretenue et sérieuse de bout en bout, maintenant l'attention des aficionados, car le Toro de respect était dans le ruedo !  
 
Laurent Bernède 

 

 

mardi 30 juin 2026

Soria

 






Samedi 27 juin 2026                                               Soria
très beau temps
media entrada
 
Six toros de Peñajara, médiocres (7 piques, 1 chute) pour Antonio Ferrera (une oreille, une oreille), El Fandi (silence, salut) et Ismael Martin (silence, palmas).
 
Chaque année, Soria (une des villes les moins chaudes d'Espagne) célèbre la Saint Jean par une feria riche et originale en activités taurines et festives, avec, pour l'aficionado de passage un luxe supplémentaire : l'absence de touristes. 
On peut compter sur le cartel des banderilleros pour satisfaire le grand public. Ce fut le cas ce jour malgré un lot de toros déficient  et si le nombre d'oreilles coupées resta raisonnable on le doit à une présidence non démagogique qui n'accorda que celles qui étaient taurinement justifiées.
Les toros de Peñajara étaient fins de type et variés de robes, mais l'ensemble se montra faible et décasté, seul le quatrième, brave et noble (2 piques pour une grosse chute), releva le niveau bien qu'il soit allé nettement a menos au troisième tiers. 
Antonio Ferrera fut le triomphateur de la tarde. Il mêla avec à propos le bon toreo templé et reposé et les passages empreints d'un baroquisme halluciné. Le tout de gros effet sur le public.
El Fandi est un bon capeador, varié et précis. Pour le reste on connait, depuis le temps qu'il nous les montre, ses limites. On notera l'exploit d'un descabello réalisé, un peu à la manière de Roberto Dominguez, un genou à terre. 
Ismael Martin fut vaillant mais il est loin d'avoir l'abattage et les facilités de ses très chevronnés compagnons de cartel. 
Les trois toreros partagèrent les tercios de banderilles à leur premier toro et Ferrera partagea celui du 4 avec son peon Angel Otero. On leur saura gré d'avoir été rapides et efficaces à défaut de brillants.