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jeudi 17 septembre 2020

Miettes

 La crise du coronavirus a réduit les activités sociales et culturelles à si peu de choses que l'aficionado a los toros a dû se résoudre à picorer quelques miettes ici ou là. Pour votre serviteur, à ce jour, quatre spectacles dont deux vus à la télé.

 

Dimanche 19 juillet   Avila   corrida vue sur CMM (Castilla La Mancha Media)

 Les toros d'Adolfo Martin laissent une très bonne impression et permettent aux trois matadors (Octavio Chacon, Morenito de Aranda, Gomez del Pilar) de montrer leur valeur, en particulier del Pilar en net progrès, m'a-t-il semblé. Plusieurs des Adolfo lidiés ce jour étaient prévus pour Mont-de-Marsan, ce qui me donne l'occasion de déplorer la pusillanimité (en langage taurin macho : le manque de cojones) des responsables montois, incapables d'organiser le moindre spectacle taurin au Plumaçon cette année.


Dimanche 30 août   Añover de Tajo   corrida vue sur CMM

Les toros portugais de Murteira Grave constituent une excellente surprise. Puissants, nerveux, mobiles, ils se partagent entre trois mansos difficiles et trois braves offrant de belles possibilités. Sergio Serrano est étonnamment calme malgré son peu de pratique. Juan Leal passe largement à côté du sujet. Il accumule les erreurs : faena interminable au 2,  puis il ne fait pas assez piquer le 5, un dur à cuire. Ce garçon est-il bien conseillé ? José Garrido torée remarquablement de cape et triomphe avec le bon sixième.


Mardi 1 septembre   Vieux-Boucau   course landaise mixte

A partir de la mi-juillet les arènes de Vieux-Boucau ont donné deux fois par semaine, comme chaque été, leurs traditionnelles courses mixtes destinées aux touristes. Course landaise en première partie, jeux taurins pour amateurs ensuite. L'enthousiasme du public tout au long du spectacle faisait plaisir à voir. Ce jour, devant les vaches de Dargelos (choisies parmi les plus faciles, comme il se doit pour ce genre de course), la cuadrilla Lilian Garanx, composée de vieilles gloires et de jeunes promesses, donna le meilleur d'elle-même. 


Dimanche 13 septembre   Captieux   fiesta campera

La Coordination des Associations Taurines de la Gironde avait organisé cette fiesta campera afin de ne pas laisser la Gironde, pointe septentrionale de la géographie taurine, sans toro après l'annulation au printemps de la novillada de Captieux et de la corrida de La Brède. Une situation exceptionnelle qui valait bien un soutien malgré le peu d'intérêt que présente à mes yeux ce type de spectacle taurin.

Le premier novillo buvait le leurre et Julien Lescarret, silhouette inchangée, buvait du petit lait en le toréant ... jusqu'à l'estocade qui fut malheureuse.

Clemente m'avait séduit il y a quelques années de cela alors qu'il débutait en novillada piquée dans ces mêmes arènes. Il est aujourd'hui matador de toros et, face à un novillo pastueño à l'extrême, il a pu montrer toutes ses qualités : un toreo con arte et temple basé sur un répertoire varié. A lui de ne pas laisser échapper les opportunités - quelles qu'elles soient - qui, on l'espère, ne manqueront pas de se présenter.

Clément Hargous, novillero débutant, fit preuve d'autorité avec la main droite et laissa la meilleure estocade de la matinée.

Les qualités de noblesse des novillos de Jean François Majesté ''La Espera" (origine domecq) étaient tout à fait adaptées au spectacle de ce jour, mais attention, sans le soutien d'un poder plus important ce genre de bétail, on ne le sait que trop, génère bien souvent l'ennui.

Puisque cette journée était placée sous le signe de l'aficion girondine et des toreros girondins, je voudrais évoquer le meilleur d'entre eux. José Cubero ''Yiyo'' aurait eu 56 ans cette année et le maestro prestigieux qu'il serait devenu aurait pu honorer de sa présence cette journée si le 30 août 1985, à Colmenar Viejo, Burlero de Marcos Nuñez n'en avait décidé autrement. Grandeur et tragédie de la tauromachie. A quelques encablures de l'ancienne ganaderia d'Angel Ruiz où il donna ses premières passes, l'esprit du Yiyo dominait cette journée.

 

dimanche 16 décembre 2012

Julien Lescarret















Lorsque j'ai vu Julien Lescarret pour la première fois il toréait en non piquée. Il venait de la toute proche Haute Lande, était fils de médecin. On se disait voilà un fils de riche qui se passe un caprice, l'an prochain on n'entendra plus parler de lui; mais on trouvait ça sympa qu'un fils de médecin de Pissos, lycéen à Bordeaux, ait le désir de devenir matador plutôt que guitariste dans un groupe de rock. Moins branché mais plus original.
L'année suivante il était toujours là, en piquée cette fois. On avait envie de lui faire la leçon, de lui rappeler qu'un fils de bonne famille se doit de poursuivre des études sérieuses au lieu de faire le saltimbanque devant des toros. Oui mais, c'est qu'il était loin d'être ridicule, le petit : un bon bagage technique, de la finesse dans les gestes et du courage. Des succès répétés dans les principales plazas du Sud Ouest en témoignent. Je me souviens de deux belles faenas dans l'arène de Roquefort. Et en plus pas prétentieux pour deux sous, ne jouant pas les divas des ruedos. C'est là que tout a basculé, que tout le monde, ici, a pensé qu'il pouvait vraiment devenir un professionnel compétent et respecté.
Une carrière de 10 années de matador de toros a suivi. 10 temporadas, 100 corridas, des hauts et des bas. Les bas ce sera par exemple ces deux échecs qui empêcheront Julien d'intégrer les cartels de luxe. En 2006 à Mont de Marsan face à des Javier Perez Tabernero nobles et mobiles qui offrent un triomphe à Enrique Ponce, le Landais balbutie son toreo et ne peut donner la réplique au maestro de Chivas. Quelques années plus tard, à Dax, un nouvel échec face à un excellent sobrero du conde de Mayalde restera une épine plantée dans le pied du torero.
Mais les succès ne manquent pas. En 2004, dès sa présentation à Vic comme matador de toros, il coupe une oreille à chacun de ses Escolar Gil et sort en triomphe de la plaza gersoise. Attentif à mettre en valeur ses adversaires, lidiador intelligent, bon capeador, muletero inégal mais vaillant, c'est du côté des corridas toristas que Julien Lescarret déploiera sa carrière jusqu'à ce final heureux en cette année 2012 à Mont de Marsan lorsqu'il renouvelle le triomphe face aux Escolar Gil lors de la mémorable corrida de clôture de la Madeleine.
Entre ces deux dates, ses affrontements avec les Miura furent pour le torero des moments importants. Pour Pâques 2009, en Arles, il découvre le fer de Zahariche. Il n'hésite pas à citer son toro salinero de très loin pour des naturelles magnifiques. C'est le miel du succès. L'année suivante à Béziers il a rendez-vous avec un miura cauchemardesque. Même adoucies par le filtre de la télévision et du différé, les images du combat, que l'émission Signes du Toro nous a offertes, sont saisissantes : le torero  semble un fétu de paille face à la puissance et à la malignité d'un des toros les plus dangereux qui soit. Peu de matadors, même (et surtout) parmi les plus huppés, peuvent s'enorgueillir d'avoir affronté un tel fauve et d'en être venu à bout. C'est là tout l'honneur et toute la gloire d'une carrière irréprochable.



dimanche 26 juin 2011

Corrida de La Brède



6 toros d'Adelaida RODRIGUEZ pour EL ZAPATA (silence, silence), Diego URDIALES (une oreille, silence), Julien LESCARRET (vuelta, deux oreilles)

Les toros d'Adelaida RODRIGUEZ ont souvent plombé la tarde en raison de leurs charges limitées ou nulles et de leur tendance à chercher l'abri des planches. Heureusement les deux derniers ont un peu relevé le niveau d'un encierro par trop descafeinado. Le 5 par son trapío et son poder (il fut le seul à prendre deux piques) et le 6 par sa mobilité encastée.

Avec deux toros sans possibilités, le mexicain Uriel Moreno "EL ZAPATA" ne put retrouver le succès de l'an passé. Il tenta bien quelques bizarreries mexicaines mais elles rencontrèrent peu d'échos sur les gradins en raison de la pauvreté de l'opposition. Aux banderilles il abusa de violonades.

Belle faena classique du riojano Diego URDIALES au noble mais allant a menos second. Demi estocade concluante et une oreille.
Il toréa sin ganas le très sérieux cinquième qui resta maître du rond.

Très belles véroniques de Julien LESCARRET au troisième qu'il toréa au dernier tiers dans sa querencia des tablas.
Il connut au dernier de l'après-midi un vif succès populaire. Le toro était un cinqueño au double menton prononcé (papada) qui accourait de loin et au galop au moindre cite. A juridiccion il avait en revanche tendance à freiner et à donner de la tête. Julien choisit de le citer de loin pour profiter de son élan. Mais il ne put que rarement améliorer et maîtriser la charge ce qui nous valut une faena de plus d'effet sur le public que sur le bicho. Une entière qui tue rapidement et deux oreilles (exagérées) pour le local.

Julien Lescarret face au troisième
photos velonero

dimanche 21 juin 2009

Corrida de La Brède 2009

6 toros d'Adelaida Rodriguez pour Julien Lescarret (une oreille, une oreille), Fernando Cruz (silence, deux oreilles) et Joselito Adame (silence, deux oreilles).
Salut de Morenito de Arles aux banderilles et bonne actuation des banderilleros en général.


Sans atteindre les hauts sommets, on ne s'est pas ennuyé dans la portative de La Brède. Bien sûr, le nombre de trophées coupés est à mettre en relation avec la catégorie de la plaza.
Les toros d'Adelaida RODRIGUEZ (7 piques, 1 chute) sont correctement présentés et tenaces sous ''la'' pique. A l'exception du troisième, invalide, tous eurent leur intérêt. Le second, brave au premier tiers (chute au premier assaut puis belle pique) chercha l'homme en permanence à la muleta.
Rassurant m'a paru l'impact auprès du public de la faena engagée de Fernando CRUZ face au cinquième. Le Madrilène montra de l'enthousiasme et eut les plus beaux gestes de l'après-midi. Rien ne fut totalement abouti car le toro était brusque et le matador torée peu mais on sent chez ce torero d'immenses possibilités qui, hélas, ont trop peu d'occasions de voir le jour.
Julien LESCARRET fut bon avec la cape, c'est incontestablement son point fort. A la muleta, avec deux toros nobles et pleins d'allant (à lui le meilleur sorteo du jour) son toreo fut plaisant mais resta superficiel et limité dans sa dimension artistique.
Joselito ADAME brilla à la cape (beaux quites par chicuelinas puis par zapopinas) et tua le dernier d'une belle entière.

mercredi 15 avril 2009

Arles 2009 (1)

Pluie
Il pleut sans discontinuer sur Arles et les courses annulées s'accumulent. L'espoir que le ciel et les toros se refusent à offrir, il faut donc aller le chercher ailleurs : dans les livres, les apéros, qui, du coup, prennent une ampleur encore plus considérable, enfin les expos dont la ville n'est pas avare.
A la Boutique des Passionnés, j'ai acheté un recueil de poésies d'Alain Riemann, Tu seras toro mon fils. Lecture idéale en écoutant tomber la pluie dans une chambre d'hôtel.

Il pleut dans les arènes
la plaza de toros
est triste sous la pluie
Une tache sombre
s'attarde autour d'un totem qui luit

Sur le thème de l'indulto, j'ai bien aimé celle-ci :
Je suis
cet adulé
l'indult au corps
que la foule
a gracié

Le séminal amant
qui te doit
sa descendance
et ta blessure
de matador
impuissant
à me donner
la mort.

Pour l'apéro, il y a bien longtemps que mon estomac (et mon palais) refuse l'absorption intempestive de cette boisson jaunâtre et anisée qui fait partie intégrante de la culture locale. Mais que mes compañeros sachent que je suis plein d'admiration pour leur capacité à aguantar des quantités gargantuesques de ce breuvage. Heureusement on trouve partout à Arles de l'excellente sangria. J'ai découvert cette année la sangria blanche, étonnamment légère et digeste.


Très émouvante l'expo sur Lucien Clergue et les gitans d'Arles. Pour les photos du maître local, mais aussi pour l'évocation de ces figures musicales que sont José Reyes et son cousin Manitas de Plata, passés directement, par la grâce de la musique, de la roulotte aux grands hôtels new-yorkais et à la fréquentation des plus grands artistes de l'époque (Cocteau, Picasso, Dali, Chaplin).


Miurada
Je voudrais me faire ici l'écho de propos et interrogations entendus du côté du club taurin La Muleta (tertulia y after).
A l'exception des deux premiers, deux invalides bonasses, les quatre toros suivants sont jugés intéressants avec le regret de ne plus retrouver le comportement de ces miuras intraitables d'antan. Le cinquième, de grand trapío, prenant trois piques en venant de loin puis très mobile et encasté au dernier tercio est un très bon miura. En ce qui concerne le troisième, la question est posée : a-t-il été un grand toro? Lui aussi a pris trois piques puis est venu de très loin sur la muleta de Julien Lescarret mais il a passé une bonne partie de sa vie publique à gazapear.
Comme trop souvent chez Miura les armures sont l'objet de toutes les suspicions. Le second toro a tout de même transpercé le burladero d'un magistral coup de corne!

Juan José Padilla suscite des avis très partagés. Pour ses détracteurs il est la vulgarité incarnée. Auteur, qui plus est, d'un geste particulièrement anti-taurin : son second adversaire après avoir pris une pique en poussant fort se trouve idéalement placé pour le second puyazo à la suite d'un quite du matador. Mais celui-ci, donne l'ordre à son peon d'emmener le toro tout contre le peto nous privant ainsi du plaisir éventuel d'une grande pique et empêchant par là même le toro d'exprimer sa bravoure.
En revanche beaucoup soulignent les nombreux aspects positifs de son actuacion : chef de lidia irréprochable, capeador excellent, seul torero de l'après-midi à n'avoir jamais reculé, banderillero impressionnant au quatrième (encore que la longueur du tercio ait pu contribuer à décomposer le toro), enfin une personnalité qui sort des sentiers battus et provoque dans les gradins passion et divergence d'opinions - un des rares toreros actuels à avoir un tel impact sur le public.
Julien Lescarret a été apprécié pour sa bonne conduite de la lidia, en particulier lors du tercio de piques, ainsi que pour sa recherche permanente de solutions aux problèmes posés par ses deux toros. Il s'est ouvert un large crédit et a franchi l'obstacle de sa première miurada avec succès même si l'on a l'impression que, muleta en main, il a souvent du mal à maintenir son emprise sur le toro.
Rafaelillo a été sincère mais limité, sans doute handicapé par sa petite taille face à un lot de plus de 600kg de promedio.




jeudi 15 mai 2008

Vic Fezensac 2008 : des toros et une révélation (2)

Un sujet d'inquiétude tout d'abord : chaque jour quelques centaines de places non vendues. Une récrimination ensuite : sauf pour la corrida-concours, des programmes rares et indigents (pas d'ordre de sortie des toros, pas d'information sur les toros de réserve, composition des cuadrillas absente).
Deux bonnes corridas
Je n'ai pas assisté à la corrida d'Adelaida Rodriguez. De l'avis général, elle fut très décevante.
En revanche les MARGE continuent de marquer des points. Ils ont pu profiter les années précédentes de l'absence de certains élevages espagnols en raison de la langue bleue mais aujourd'hui que les restrictions ont disparu ils s'imposent par leurs qualités propres. Un lot à la bravoure supérieure à celui de l'an dernier. La combativité des six toros s'exprima dès leur sortie des chiqueros, ce qui permit aux trois matadors de pouvoir vraiment toréer dans les séries de véroniques de réception, chose rare et qui mérite d' être portée au crédit de l'élevage (et des toreros bien sûr). Ils prirent une quinzaine de piques dures sans le moindre signe de faiblesse puis se montrèrent encastés au dernier tiers. Seul le cinquième qui avait pourtant fait une sortie spectaculaire se dégonfla très vite. La première pique le laissa tout à ses pensées sur la cruauté du monde et il refusa dès lors de charger. Le fils de l'éleveur fut appelé par le public à saluer en fin de course.
Mais les ESCOLAR GIL du lundi furent meilleurs encore. Ce fut un lot d'une remarquable homogénéité : trapío, bravoure, caste, noblesse même pour certains. Tous furent arrastrés sous l'ovation et il y eut pétition de vuelta pour le second. La feria se termina dans l'allégresse par le tour de piste du mayoral.
EL FUNDI, c'est l'art du sitio, le dominio, le temple aussi bien à la muleta qu'à la cape, et bien sûr un fameux tueur. Un des meilleurs toreros actuels. Il tira tout le parti possible de ses Margé (deux oreilles, une à chaque toro).
RAFAELILLO fut convaincant à son premier Margé (une oreille) et ne put rien faire à son second, parado.
JULIEN LESCARRET, déstabilisé à la cape par son premier adversaire, le laissa maître de la situation jusqu'à la fin. Il se racheta au dernier de l'après-midi, le meilleur du bon lot de Margé. Belle réception à la cape, bon début de faena et belle estocade très engagée (une oreille). Le reproche que l'on peut faire à Julien est de n'avoir pas, sur la fin de la faena, tiré tout le parti possible du toro.
FERNANDO CRUZ, après tant d'autres, dont Rafaelillo l'an dernier, fut atteint par le syndrome de Madrid, une affection qui ne sévit qu'à Vic, lorsque les toreros doivent toréer le lendemain ou le surlendemain à Madrid pour la San Isidro.
SERGIO AGUILAR fut une authentique révélation. Il commotionna les gradins par la douceur de son toreo et son engagement qui semble relever d'une force surnaturelle. Sa tauromachie s'inscrit dans la lignée des toreros mystiques tels Manolete ou actuellement José Tomas et on a envie de dire à son sujet ce que Guerrita disait à propos de Belmonte : ''Dépêchez-vous d'aller le voir car on ne peut toréer ainsi''. Ce qui a accru mon émotion, c'est sans doute aussi le fait que je l'ai revu tel qu'il m'était apparu il y a neuf ans lorsque je l'avais vu pour la première fois novillero à Roquefort : même concept du toreo, même mépris de son corps et du danger. Pourtant entre temps les épreuves se sont accumulées : blessures graves dont une au genou qui le tint longtemps éloigné des ruedos, retour à l'anonymat, corridas rares et dures. Mais, s'il y a un peu de justice dans le monde des toros, il serait logique que les quelques postes non encore pourvus dans nos cartels de cet été, ou les substitutions, lui soient attribués. Ce qui est sûr c'est que chaque spectateur est sorti des arènes de Vic avec le désir de le revoir au plus tôt.
photo : naturelle d'El Fundi à un Margé

vendredi 14 mars 2008

Deux photos de Julien Lescarret

Avant
Après

Ce que l'on peut souhaiter à Julien Lescarret pour cette temporada c'est beaucoup d'avant (il est déjà annoncé à Aignan, Saintmartindecrau, Vic Fezensac et Istres) et quelques après (il devrait y en avoir à condition que l'épée soit en progrès).

vendredi 27 juillet 2007

Madeleine 2007 (I)


Devant ma feuille blanche, le stylo à la main (car avant de lancer ma prose sur l'inconnu de la Toile, j'écris pour de vrai), les réflexions sur cette feria montoise affluent de toutes parts. Avec la tentation, en bon Français cartésien, d'y mettre de l'ordre. Parler des tenants et des aboutissants, examiner les causes et les conséquences, analyser, synthétiser, bien ficeler le tout pour finalement aboutir à une imposture car rien dans la corrida, et c'est heureux, n'obéit à l'ordre cartésien.
Alors je vais suivre le fil des jours. Parler des toros, comment je les ai vus et noter quelques réflexions sur chaque course.
Avant cela, j'ai une pensée pour les aficionados montois qui se sont investis dans la préparation de cette feria. Leur déception doit être rude, mais, en toute modestie, je pense avoir trouvé la solution à leur problème. Pour monter la prochaine feria, faites donc appel à Sainte Cécilia Sarkozy! Votre succès est garanti, avec peut-être, en prime, un petit machin nucléaire pour la ville...

Dimanche corrida de Margé
Très belle présentation avec deux sardos magnifiques. Des toros fins, harmonieux, bien armés. Corrida muy encastada avec deux bons toros, le deuxième, brave, noble et mobile, son seul ''défaut'' était une charge un peu courte, le cinquième, moins brave (il sortit seul de la deuxième pique) mais à la charge longue et vibrante sur les deux cornes. A mon avis, une corrida supérieure à celle de l'an dernier ici-même. Sortis en fin de feria, ils auraient fait un tabac.
Depuis deux ans, Margé s'impose comme un élevage incontournable des corridas sérieuses en France.

A la fin de la corrida, un des sujets de discussion parmi les aficionados portait sur l'impressionnante cogida subie par Julien Lescarret au troisième toro. Avait-il commis une erreur? De l'avis général, non. A mon humble avis, les erreurs avaient été commises antérieurement au cours de la lidia du toro. Tout d'abord en ne faisant pas donner une véritable seconde pique. Julien demanda à son piquero de relever l'arme dès le contact. Certes le toro avait fait preuve de faiblesse à la sortie de la première pique, mais il avait aussi déjà montré sa tendance à donner des coups de têtes vers le haut. Ensuite en ne le châtiant pas par le bas en début de faena.

Deux excellentes piques de Rafael da Silva chez qui on devrait envoyer en stage de formation la plupart des piqueros actuels.
Jerezano cinquième toro de Margé photo Velonero

lundi 25 juin 2007

Corrida à La Brède

Géographiquement, La Brède est, depuis la fin (provisoire?) des corridas à Floirac, la ville la plus septentrionale de la planète des toros. A ce titre, elle mérite soutien et encouragement. Comme dans la plupart de ces lieux improbables où l'on installe une plaza portatil, l'exotisme et le pittoresque ne manquent pas. C'est ainsi que nous aurons droit à:
- un discours enflammé du maire
- une faille temporelle de vingt minutes entre le discours et le paseo (les chevaux des picadors n'étaient pas prêts!)
- un toro barbu sorti en troisième position.



Par ailleurs, vuelta al ruedo pour un très bon toro de Los Bayones auquel Julien Lescarret coupera deux oreilles.
Côté négatif, l'attitude de la cuadrilla de Fernando Cruz quémandant l'oreille pour son maestro et rabaissant par là- même celui-ci au niveau d'un torero de pueblo.

photos velonero
la Monumental de la Brède
un toro con toda su barba de Los Bayones

vendredi 1 juin 2007

Vic 2007 les toreros



Bien qu'il soit sorti chaque jour des chiqueros vicois un nombre non négligeable de toros toréables, voire même nobles, le résultat artistique de la feria n'est pas brillant, c'est le moins qu'on puisse dire.

Les satisfactions
SANCHEZ VARA s'est montré à son avantage. Sa présence dans la lidia, en particulier l'excellence de ses mises en suerte au cheval, sa technique sûre qui lui a permis de dominer sans dommage les Barcial (oreille du troisième) pourraient faire de lui un torero de Vic.
EL FUNDI n'a sans doute plus le rayonnement d'il y a quelques années mais il a maintenu son cartel et, grâce à une estocade sui generis, a coupé l'oreille du toro de Juan Luis Fraile.
Après une temporada 2006 mi-figue, mi-raisin, Julien LESCARRET a surpris beaucoup de monde par son engagement serein et réfléchi face au toro peu évident de Valverde. La mise à mort reste son point faible.
Bonne nouvelle, Fernando CRUZ semble parfaitement remis de sa grave blessure de Valence. Même si sa muleta fut souvent accrochée par ses deux Margé, sa tauromachie de verdad monta aux gradins avec force. Les vedettes ont tout intérêt à le cantonner le plus longtemps possible dans les corridas dures!

La despedida
Appelé à saluer au début de la corrida, Denis LORE fit des adieux en harmonie avec sa carrière dans le Sud-Ouest: en demi teinte, sans peine ni gloire, a medio gas...


Les échecs
J'écris ces lignes alors que je viens de prendre connaissance de la tarde héroïque de RAFAELILLO à la San Isidro face aux redoutables Dolores Aguirre. Je dois dire que je suis stupéfait par cette information. Comment ce pauvre Rafaelillo, en perdition totale face à un bon toro de Barcial, a-t-il pu faire face trois jours plus tard aux terribles mansos de la banquière de Bilbao? Grandeur de la tauromachie ... ou bien calcul médiocre, car il me vient à l'idée que l'échec de Vic n'était peut-être que simulation destinée à éviter de prendre des risques avant le rendez-vous madrilène.
La tauromachie de Luis VILCHES qui était, il l'a montré plusieurs fois à Vic, à la fois artistique et dominatrice a considérablement baissé de niveau. Il fut, le matin de la concours, un vulgaire pegapases.
Un qui ne s'améliore pas non plus, c'est Luis Miguel Encabo. Ses sempiternelles séries de derechazos sur le voyage du toro ne passent plus la rampe. Il subit un échec total à chacun de ses Margé et finit l'après-midi sous les sifflets. A son crédit, la présence dans sa cuadrilla de l'excellent picador Rafael da Silva.
D'Ivan FANDIÑO on pourrait dire qu'il possède une très grande marge de progression et qu'il se montra courageux.
Juan José PADILLA remplaçait Antonio Ferrera. Son attitude fut telle qu'on ne devrait plus le revoir de sitôt à Vic. A quelque chose malheur est bon! Il semble avoir contaminé Morenito d'Arles qui se montra lui aussi imbuvable.
LOPEZ CHAVES passa quasiment inaperçu. Il abdiqua rapidement face au cinquième,ce qui lui valut des sifflets. A noter à ce toro un bon tercio de piques de Francisco Javier Gonzalez.
La feria se termina sur les trois avis reçus par Mehdi SAVALLI qui vit donc rentrer au toril Gañaflero, un bon toro de Charro de Llen. Il avait moins poussé que ses frères au cours de trois piques mais avait fait preuve d'une bonne noblesse sur les deux cornes. Visiblement Mehdi n'était pas prêt pour cette épreuve. Il douta tout au long de la course et perdit pied lors de l'ultime mise à mort. Ce qui m'inquiète, c'est que cette faiblesse morale (et physique) au moment de l'estocade semble habituelle chez lui. Sans que cela n'eût de conséquences aussi fatales, il avait montré le même comportement l'an dernier à Bordeaux Floirac (novillada de El Palmeral en mai) et à Roquefort (novillada de Yonnet en août). Comme il n'émarge pas dans la catégorie des toreros artistes, il ne peut pas trop se permettre ce genre de renoncement s'il veut continuer dans la carrière. A lui d'en prendre conscience et à son entourage de l'aider à franchir un cap difficile que tout torero est amené à rencontrer un jour ou l'autre. Les aficionados lui donnent rendez-vous dans quelques années, en ces mêmes arènes de Vic, pour une revanche.