samedi 31 décembre 2011

Quelques photos de la temporada 2011


 Vic Fezensac  cite d'un Dolores Aguirre par Joselillo





Le toro sérieux de Bilbao (Fuente Ymbro)





Bilbao  Diego Urdiales face à un Fuente Ymbro




Arnedo   novillo de Prieto de la Cal berrendo en melocoton aparejado

samedi 24 décembre 2011

Cadeau de Noël

Un poème de Michel Deguy,  extrait de N'était le cœur son dernier livre paru cette année aux éditions Galilée (avec des dessins d'Alain Lestié).


Animalières

Je ne voulais pas déranger le chat qui dort dans mon fauteuil. On me le reproche. Mais pourquoi le chasser? N'était-il pas là avant moi? Je me glisse furtif, précautionneux.
Ils étaient là bien avant, en effet, le toucan, sur les berges et le petit saurien d'Amazonie ou le piranha vorace. Je ne reconnais pas ce droit sur le fleuve et la forêt où nous prétendons.
Or malgré cette pudeur, je n'insulte pas la tauromachie comme font beaucoup aujourd'hui. Est-ce contradictoire? Non. Cette belle cérémonie où l'homme conduit le fauve à la mort avec les honneurs et en risquant d'y périr, c'est comme s'il soutenait enfin du regard la mort des animaux. Il assume la responsabilité de les condamner - sans être plus tout à fait dupe de son tribunal : dans la désuétude de son propre apparat hispanique, c'est comme s'il se parodiait; digne et conventionnel comme un juge britannique à perruque, il perpétue sa sentence, mais de manière à compenser par ce combat dangereux l'abattage clandestin, le carnage insensé des espèces dont il engraisse sa propre engeance démographique.

Je me souviens
   de "l'ours et [du] singe animaux sages"
   des chevaux bouclés de Vélasquez et du lion de Barye,
   du taureau de Manet, des tigres de Delacroix et des gorilles de Camilla Adami

Le mauvais traitement c'est le domptage. Je le déteste; mais non la domestication, qui anime la maison animalière. Je n'aime pas le cirque, les dresseurs d'orques éclabousseuses à touristes ou des singes pavloviens et des panthères qu'ils font trop obéir. Je hais la synchronie servile, les récompenses diabétiques, la tyrannie puérilisante, et que les animaux miment l'esclavage. Le zoo même, je ne m'y rends pas volontiers, où les Galapagos sont déportées, et les grands prédateurs souillés.
Que faire? Il est trop tard pour arrêter la contamination du dessin animé. Tous les enfants du monde s'y contr'éduquent, dressés à l'américantropomorphisme, se mirant au miroir maléfique où les animaux ressemblent aux mômeries qu'entretiennent leurs parents, où les souris ont des culottes et les biches des yeux de poupée Barbie : bébé en singe d'un singe inoffensif consomme le remake de l'Éden américain.

Eugène Delacroix Jeune tigre jouant avec sa mère (1830)

dimanche 18 décembre 2011

Cinquante raisons de défendre la corrida (3)

Corrida et valeurs humanistes

    36.   Dans l'arène, un des plaisirs essentiels de l'aficionado est de tenter de comprendre le comportement du taureau, de penser avec lui : on est loin des jouissances perverses.
    37.   Le plaisir du spectateur vient aussi de son admiration pour l'intelligence du torero. Tel est le sens de la corrida : montrer l'intelligence humaine triomphant de la force naturelle, leçon constante et universelle de tout humanisme.
    38.   On admire également les vertus morales du torero : courage, panache, maîtrise de soi, sincérité, solidarité.
    39.   On ne peut confondre les principes de l'humanisme avec ceux de l'animalisme : l'animalisme n'est pas une extension des valeurs humanistes, il en est la négation.


Corrida et valeurs esthétiques

    40.   La corrida est un spectacle aussi puissant que singulier, un spectacle total de la grandeur et de la démesure.
    41.   L'art du toreo consiste à créer de la beauté. Le torero met de l'ordre là où il n'y avait que du chaos, il crée du beau à partir de son contraire, la peur de mourir.
    42.   L'art du toreo est à la fois classique par sa recherche du beau et contemporain par sa présentation brute du corps, de la blessure, de la mort.
    43.   La corrida est un drame tragique à qui il revient de montrer la mort dans sa réalité. Tout y est représenté comme au théâtre et pourtant tout y est vrai comme dans la vie.
    44.   La corrida est aussi liée à la fête, moment où toute une communauté se voit elle-même dans l'arène, communiant dans une même cérémonie, avec un même sentiment de vivre ensemble un évènement unique.


Les dangers de l'animalisme

    45.   L'idéologie dont le mouvement anti-taurin est porteur consiste à mettre sur le même plan animaux et hommes. Qu'en est-il des valeurs de justice, de générosité, de fraternité, des valeurs du "vivre ensemble" si l'on réduit la communauté humaine à celle, infiniment moins exigeante, des animaux?
    46.   L'image aseptisée et doucereuse que l'on se fait actuellement de l'animal dans nos sociétés industrialisées et urbanisées gagne du terrain. La corrida contredit cette vision ingénue et irresponsable.
    47.   Si l'on interdisait la corrida ne faudrait-il pas interdire aussi la chasse, la pêche, la production de foie gras etc.? Jusqu'où cette folie prohibitionniste pourrait-elle aller?
    48.   Les principes animalistes trouvent actuellement leur source dans l'impérialisme culturel anglo-saxon.
    49.   L'actuelle vague animaliste, même si elle n'a pas atteint son apogée, s'appuie sur des valeurs morales trop faibles et douteuses pour mettre à mal la corrida qui a déjà, au cours de sa jeune histoire, surmonté des oppositions autrement plus importantes.
    50.   Si un jour la corrida meurt c'est qu'elle ne déclenchera plus aucune passion. D'ici-là, il est sage pour le législateur de faire prévaloir le principe de liberté. 


"D'un coup vous supprimez la corrida. Que perd-on? On perd d'abord un rapport à l'animalité. Quelle image de l'animal restera-t-il, pour alimenter l'imaginaire de l'homme et la réalité de ses relations avec son Autre qu'est l'animal, en dehors des caniches nains du salon? Toutes les bêtes au travail ont été progressivement remplacées par des machines, et toutes les bêtes productrices de viande sont progressivement remplacées par des machines à viande qu'on n'ose pas appeler "animaux".  Est-ce cela la "nature"? Quel rite païen allons-nous conserver, dans une société qui abandonne progressivement toutes ses cérémonies? Voulons nous vraiment n'avoir plus le choix qu'entre l'utilitarisme et le radicalisme religieux? ...
Pour ceux qui l'aiment et la comprennent, la corrida est un lieu de résistance à tout ce que notre post-modernité nous fait perdre chaque jour." (Conclusion)

vendredi 16 décembre 2011

Cinquante raisons de défendre la corrida (2)


L'environnement

    19.   Défendre la corrida c'est défendre une des dernières formes d'élevage extensif existant en Europe.
    20.   Les dehesas (lieux d'élevage du taureau de combat) sont des réserves écologiques incomparables pour la faune et la flore.
    21.   La suppression des corridas entraînerait l'extinction du bos taurus ibericus, le taureau de combat d'origine espagnole.
    22.   Le taureau de combat est élevé de la façon la plus naturelle possible conformément à sa nature d'animal agressif.
    23.   L'homme n'est pas un animal comme les autres, il a le devoir de traiter les autres animaux en fonction de leur nature : en ce qui concerne le taureau de combat en lui permettant de vivre de la manière la plus libre possible puis de mourir en combattant dans l'arène.


Le spectacle

    24.   La corrida n'est pas un spectacle barbare, elle est née au siècle des Lumières comme une illustration du pouvoir de l'homme et de la civilisation sur la nature brute.
    25.   Les aficionados ne sont ni pervers, ni sadiques; en témoignent Mérimée, Lorca, Bergamin, Picasso et bien d'autres artistes.
    26.   La plus grande émotion éprouvée dans une arène par les spectateurs est l'admiration : admiration pour la puissance et la bravoure du taureau, admiration pour le courage et le sang-froid de l'homme.
    27.   Contrairement à ce qui se passe dans les stades de football on n'a jamais vu des actes de violence commis par des spectateurs pendant ou après une corrida; car la corrida est une école de respect : pour le rituel, pour l'animalité et la manière dont elle s'exprime, pour l'humanité.
    28.   Assister à une corrida c'est pour un enfant l'occasion de dialoguer avec un adulte sur la vie et la mort, d'avoir des explications sur le comportement animal, sur l'art humain, sur les signes du rituel.


Histoire et culture

    29.   La corrida permet de maintenir le sens des rites, de la mort, de l'animalité dont notre époque s'est considérablement éloignée.
    30.   La corrida n'est pas liée au franquisme (elle existait bien avant et a continué à se développer après); comme toute grande création culturelle, elle est politiquement neutre.
    31.   Les populations qui, en Espagne et dans le Monde, ont adopté le rituel et les valeurs de la corrida les ont intégrés à leur culture et à leurs traditions particulières, parce qu'elles y ont reconnu une part de leur humanité.
    32.   La corrida est autorisée en France là où existe une tradition car cette tradition a forgé une sensibilité, une culture taurine.
    33.   La culture taurine, régionale et minoritaire, est un élément de résistance à la mondialisation de la culture, à l'uniformisation des mœurs portées par la toute-puissance d'une civilisation anglo-saxonne dominante et conquérante.
    34.   La corrida est elle-même diverse dans ses interprétations : selon les villes, les régions, elle se vit et se sent différemment.
    35.   Si tant de grands artistes sont été inspirés par la corrida c'est que, loin d'être une manifestation folklorique, elle porte en elle de profondes valeurs humanistes.

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jeudi 15 décembre 2011

Cinquante raisons de défendre la corrida (1)

Voici , en plusieurs épisodes, un résumé (personnel) du petit livre de Francis Wolff paru tout d'abord aux éditions Suerte en 2010, puis repris la même année aux éditions Mille et une nuits. Le livre a été édité ensuite en Espagne aux éditions Almuzara en 2011.

Torture?
  1. La corrida n'a pas pour but de faire souffrir un animal.
  2. La corrida a pour fondement la combativité du taureau, sans elle la corrida perdrait son sens.
  3. Le deuxième fondement de la corrida est l'engagement du torero qui doit affronter le taureau en se mettant lui-même en danger de mort.
  4. Loin de fuir, dans l'arène le taureau combat en redoublant ses attaques : le combat est le contraire de la torture.
  5. Parler de torture à propos de la corrida est une insulte pour tous les suppliciés du monde.

Souffrance?

    6.   D'après les études expérimentales du professeur Illera del Portal le taureau souffre lors de son embarquement et lors de sa sortie dans l'arène (stress).
    7.    Puis lors du combat, il produit des bêtaendorphines et des neurohormones qui anesthésient la douleur et provoquent une excitation agessive.
    8.   De ce fait il ne réagit pas aux blessures par la fuite mais par l'attaque.
    9.   Si le taureau combat  c'est donc parce qu'il agit conformément à sa nature.
    10.  La corrida est un combat inégal (le taureau doit mourir, illustration de la supériorité de l'intelligence humaine sur la force brute animale) mais il faut que ce combat soit loyal (le taureau doit avoir des armes - sa puissance, ses cornes - qui peuvent lui permettre de tuer l'homme).


Mort du toro

    11.   A l'inverse de la mort honteuse et cachée des animaux dans les abattoirs industriels, la mort du taureau dans l'arène a lieu au cours d'un rite respectueux.
    12.   Le taureau est tué pour des raisons symboliques (l'animal vaincu par l'homme doit mourir), éthiques (la mise à mort est l'acte le plus risqué pour l'homme), esthétiques (une estocade réussie achève l'œuvre du matador).
    13.   Ce serait s'il était tué après la corrida que le taureau souffrirait le plus, blessé, enfermé dans un espace confiné, attendant la mort sans pouvoir combattre.
    14.   Dans la corrida, le taureau est combattu avec respect, et non abattu comme une bête nuisible ou achevé à la sauvette comme une simple machine à produire de la viande.
    15.   L'éthique de la corrida veut que l'homme ne s'estime en droit de tuer le toro qu'au péril de sa propre vie.
    16.   Le taureau de corrida est considéré comme un individu singulier doté d'un nom propre et d'un lignage, les aficionados admirent sa beauté et sa combativité.
    17.   Ce qui est conforme à la nature sauvage et rebelle du taureau c'est une vie libre et une mort en combattant.
    18.   C'est un sort beaucoup plus enviable que celui du bœuf de boucherie.


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lundi 12 décembre 2011

Liste de livres récents pour défendre et expliquer la corrida

L'offensive des anti-taurins en Catalogne espagnole a eu pour mérite d'inciter les aficionados à reprendre un combat militant pour la défense de la corrida.
S'il est nécessaire de porter ce combat sur plusieurs fronts, en particulier sur celui de la qualité et de l'éthique irréprochable des corridas, un domaine me paraît particulièrement important : celui des idées et des représentations. Important car il ne s'adresse pas prioritairement aux aficionados (déjà convaincus) ni aux antis (idem dans l'autre sens) mais il est avant tout destiné à la grande majorité des gens (y compris les hommes politiques), celle qui n'est ni pour ni contre et ne connaît de la corrida que les  clichés habituellement véhiculés par les médias.
C'est le philosophe Francis Wolff qui a été l'initiateur de ce mouvement, avec la grande vertu de ne pas borner son action à une attitude défensive mais en revendiquant au contraire pour la corrida une exemplarité éthique, écologique et artistique, en même temps qu'il démontrait la dangerosité des thèses animalistes pour la pensée humaniste.

Voici une liste des ouvrages parus ces dernières années :

  • Francis WOLFF   Philosophie de la corrida   Fayard   2007
  • P. CORDOBA - F. WOLFF   Ethique et Esthétique de la corrida   revue Critique   n° 723-724   2007
  • A. MAÏLLIS - F. WOLFF   D'un taureau l'autre - la tauromachie dans tous ses états   Au diable Vauvert   2008
  • GARDÈRE - GARZELLI - MANO - NORMANDIN   Les pourquoi de la corrida   Cairn   2008
  • CHAY - Le GUELLAUT - MASSIP   250 réponses à vos questions sur la tauromachie   Gerfaut   2009
  • Pedro CORDOBA   La Corrida   Le Cavalier Bleu   2009
  • Francis WOLFF   Cinquante raisons de défendre la corrida   Suerte   2010     Mille et une nuits   2010
  • A. MAÏLLIS - F. WOLFF   Nous n'irons plus à Barcelone - Posture et impostures du mouvement ant-corrida   Cairn   2011
  • Francis WOLFF   L'appel de Séville - discours de philosophie à l'usage de tous   Au Diable Vauvert   2011


En espagnol :
  • Francis WOLFF   Filosofia  de las corridas de toros    Edicions Bellaterra   2008
  • Fernando SAVATER   Tauroética   Turpial   2010
  • Rodrigo de ZAYAS   La Tauromaquia y el afán totalitario de su prohibicion   Almuzara   2010
  • Francis WOLFF   50 razones para defender la corrida de toros   Almuzara   2011  
  • Salvador BOIX   Toros si : una defensa razonada   Ediciones Temas de Hoy   2011
                                    

mardi 6 décembre 2011

Arène yankee (sans toros)


Au pays des Yankees existent des enceintes qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à des arènes.





Ce sont des lieux de grande convivialité où l'on se rend en famille ou avec des amis. Je me suis demandé si on n'y allait pas avant tout pour manger et pour boire car, sachez-le, il y a à l'intérieur du Yankee Stadium plus de bars et de restaurants que dans toutes les arènes d'Espagne réunies. La bière y coule à flots mais attention, pas question de mettre du gin ou du rhum dans son soda!





Comme chez nous, lorsqu'il pleut on protège la piste avec de grandes bâches.





 Ma place en balconcillo est très confortable mais un peu éloignée de l'action. Son prix : 57$, soit 42 €.




"Pizza, bière, hot-dogs, un homerun de temps en temps. C'est agréable. Ça ressemble plus à un pique-nique à la campagne qu'à un sport. Je ne sais pas , il y a tellement de choses qui m'échappent. Une balle courbe, un mouvement stratégique pour couvrir les bases. Nous ne l'avons pas dans le sang. En réalité on ne peut pas vraiment apprécier un jeu auquel on n'a jamais joué." (Ray Loriga)
Il faut imaginer un type qui lance une balle en direction d'un autre type muni d'un gros bâton en bois. Ce dernier tente de frapper la balle, en fait il s'évertue à la rater ou à l'envoyer là où il ne fallait pas. Et puis tout à coup, allez savoir pourquoi,  le stade s'enflamme et, sur le terrain, des tas de gens se mettent à courir dans tous les sens. Comme ça pendant trois bonnes heures!
Heureusement à mon côté un jeune frenchie déjà initié me fait découvrir les subtilités de l'art. Et ce qui aurait pu être une soirée d'un mortel ennui  prend peu à peu de l'intérêt. En fin de compte le baseball est un jeu fin et complexe, et comme tel je conçois qu'il puisse susciter de l'aficion. Son seul défaut pour un indécrottable Landais  : pas le moindre lâcher de bête à cornes dans le ruedo.

photos : Velonero
(On peut cliquer sur les photos)

dimanche 27 novembre 2011

Vaches et Thoreau dans le Massachusetts

Dès que l'on quitte, en direction du nord, l'agglomération newyorkaise on ne voit que forêts à perte de vue. Champs et prairies sont rares. Tout le travail de défrichement des premiers colons a disparu. Comme en Europe l'exode vers les villes a fait son œuvre, mais aussi le déplacement des fermiers vers les terres de l'ouest plus rentables car se prêtant mieux à une agriculture mécanisée.
Ici dans le Massachusetts ne restent que quelques fermes et verger ... et des musées de type Marquèze. Et dans un musée, ces vaches :



Lorsque l'on arrive à Concord (Ma) on est accueilli par une prison gigantesque, sombre rappel pour les touristes lambdas que nous sommes, que le "pays de la liberté" est celui qui enferme le plus ses citoyens (2 300 000 prisonniers soit 7 pour 1000 habitants, c'est de loin le taux le plus élevé du monde!). Le lieu est, comme il se doit, sinistre : entouré de hauts murs de béton, de miradors et de barbelés. Le long de la route, des voitures de cops armés jusqu'aux dents sont prêtes à démarrer à la moindre alerte. Prudent, je laisse l'appareil photo dans la boîte à gant de la voiture.
Nous voilà en fait dans le vif du sujet puisque nous sommes ici sur les traces de Thoreau. En 1846, celui-ci a été enfermé dans l'ancêtre de cette prison pour avoir refusé de payer ses impôts à l' État. Antiesclavagiste et pacifiste, l'auteur de la Désobéissance civile ne voulait pas que son argent serve à financer les États esclavagistes du Sud ainsi que la guerre contre le Mexique.


Encore quelques kilomètres et nous arrivons à Walden Pond, vaste et magnifique lac entouré de forêts, eaux claires, plage. C'est dimanche après-midi, il fait chaud et l'endroit est pris d'assaut par les baigneurs venus de la toute proche Boston. Le brave Thoreau doit se retourner dans sa tombe, lui qui avait choisi ce lieu pour y vivre dans une simple cabane de bois, à l'écart du bruit et de la fureur du monde. Ce qu'il fit pendant plus de deux ans. Un choix de simplicité volontaire qui ne l'empêchait pas d'avoir des relations sociales puisqu'il recevait des visites et n'hésitait pas à se déplacer jusqu'à Concord où vivaient ses parents.







"Je suis allé vivre dans les bois parce que je voulais affronter de manière délibérée les éléments essentiels de la vie, découvrir ce qu'elle avait à m'apprendre afin de ne pas m'apercevoir au moment de ma mort que je n'avais pas vécu."

Emporté par son élan, Thoreau a aussi écrit quelques belles âneries :"La nature à chaque instant s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas"(Journal) qui ont influencé les tenants de l'intégrisme écologique.

La photo des vaches a été prise au Hancock Shaker Village, Pittsfield (Ma). 
A Walden Pond mon appareil photo s'est mis en mode vie des bois : batteries vides, refus de s'ouvrir. J'ai donc piqué çà et là sur internet les autres photos.

samedi 19 novembre 2011

Bilan 2011

Ma corrida rêvée

6 toros de José Escolar Gil 6
Morante de La Puebla
Sergio Aguilar
David Mora


C'est un beau rêve que celui qui permet de voir Morante face aux Escolar Gil. J'imagine une grosse bronca à son premier, expédié sans une passe. Mais au deuxième, vingt passes parfaites face à un tío médusé.
J'ai choisi David Mora mais j'aurais tout aussi bien pu choisir Ivan Fandiño, enfin des têtes nouvelles qui viennent titiller les pontifes du G10. On aimerait voir plus souvent aussi Diego Urdiales et Sergio Aguilar, celui-ci lamentablement écarté cette année de Bilbao alors qu'il avait failli s'y faire égorger en 2010. Una vergüenza de la part de la Junta Administrativa.

Ma grande frustration de l'année en ce qui concerne les toros aura été l'absence à Vic des Escolar Gil pour raisons sanitaires. Dommage car ils furent d'un très bon niveau, dit-on, à Madrid, Céret et Saint Sébastien. Ils figurent donc dans mon cartel de rêve en espérant qu'ils deviendront réalité l'année prochaine.
Les Alcurrucen, remarquables tout au long de la temporada, ou les Nuñez del Cuvillo dont quelques lots, celui de Bilbao en particulier, ont permis de voir, chose rare, des domecqs à leur meilleur niveau, auraient aussi pu figurer dans ce cartel. Mais c'eut été un rêve plus ordinaire.

2010


David Mora à Vic Fezensac face à un Dolores Aguirre




mercredi 9 novembre 2011

Toreros para la historia 18 Antoñete

On trouvera dans ce dvd consacré à Antonio Chenel Albaladejo "Antoñete" la quasi intégralité  de la faena historique donnée à Madrid le 15 mai 1966 à Atrevido, le toro blanc d'Osborne.Où il apparaît clairement que la faena se compose de deux parties bien distinctes. La première, classique, au cours de laquelle le torero donne quelques naturelles parfaites. Puis on voit un Antoñete littéralement inspiré - s'il lui est parfois arrivé de manquer d'air face au toro, le souffle créateur de l'inspiration artistique l'a fréquemment animé - se mettre à citer le toro de loin, tenter et réussir des enchaînements originaux.

C'est en découvrant les images d'un festival à Las Ventas avec prise de son direct que l'on se rend compte à quel point les olés, l'ambiance de la plaza, le run run sont partie intégrante d'un grand moment de tauromachie. Leur absence, jamais vraiment compensée par la musique, d'aussi bon goût soit-elle, empêche bien souvent une adhésion totale aux images vidéos de grandes faenas qui se retrouvent ainsi privées d'une dimension essentielle, celle qu'apporte le public, troisième élément après le toro et le torero.

Ce qui frappe dans le toreo d'Antoñete c'est la justesse des gestes : distance d'appel, placement, capacité à conduire le toro à l'endroit même où la passe suivante pourra être enchaînée sans perte de terrain.
C'est aussi la sincérité : les passes sont conduites avec la panza de la muleta, l'usage du pico est rarissime. Et cette jambe contraire qui s'avance discrètement lors du cite.
Il y a aussi de la douceur, une recherche d'harmonie prolongée dans l'allongement de la charge. On semble parfois être pris dans un rêve. Mais le réel réapparaît lorsque la corne derrote dans la muleta. Accroc indispensable pour nous rappeler la fragilité d'un homme seul face au toro comme face à la vie.


NB  On peut aussi voir l'excellent numéro spécial de Tendido Cero, émission taurine de la RTVE, consacré au maestro madrilène. Avec au final l'extraordinaire faena de Jaen donnée par Antoñete en1999 à l'âge de 67 ans face à un petit toro plein de feu.

samedi 29 octobre 2011

Antoñete vu par Georges Dubos

En 1982, après son excellente faena à un toro de Cuadri en début de feria, Antoñete connut un triomphe grandiose le 3 juin face aux toros de Garzon.
Voici quelques extraits de la reseña parue dans le journal Sud Ouest sous la plume de Georges Dubos, grand critique taurin dont il est bon de préciser qu'il n'était pas un revistero particulièrement prodigue en dithyrambe.

"Alors que le rideau s'apprête à tomber sur cette Isidrada 1982, il devait être écrit, dans un quelque part  mystérieux, que nous allions connaître, jeudi, non seulement la plus forte émotion artistique de la feria, mais de la temporada, voire d'une décennie, avec l'extraordinaire, la monumentale faena réalisée au quatrième toro du programme par Antoñete.
En cette soirée pluvieuse - le paseo avait été retardé d'une demi-heure afin d'assécher la piste - le merveilleux diestro a été, à 48 ans, après un retour à l'activité qui constitue un sujet d'étonnement et d'admiration pour l'aficionado, l'incarnation de la plus haute expression du classicisme et de l'art taurin, en même temps que le plus accompli des toreros de sentiment.
D'aucuns penseront que c'est lui assigner un place bien haute; en vérité, je crois, et avec moi tous ceux qui se font une certaine idée de la corrida, qu'elle lui revient sans discussion. (...)


Le premier salamancais qui avait manifesté avec de la puissance sous la lance une âpreté développée, donna au Madrilène l'occasion de mettre à l'épreuve l'une et l'autre par doblones et trincheras correctifs. Avec un sens prodigieux du "sitio" et de la distance à donner au cornu afin qu'il soit reçu dans la bonne vitesse de sa charge, il l'attaqua à gauche par deux séries de sa marques interrompues par un coup de tête inattendu de l'animal qui accrochait de façon impressionnante son adversaire; jeté à terre Antoñete se relevait miraculeusement indemne pour reprendre, avec une totale sérénité, le cours de sa magistrale démonstration, achevée d'un pinchazo et d'une demie de côté (pétition et tour de piste chaud, très chaud).
Qui l'aurait cru ce n'était là qu'un simple hors d'œuvre comparé à la suite, la seconde faena du maestrazo; le quatrième, pousseur tenace sous le solipède où il laissa une partie de ses forces mais venant bien sur la flanelle, fut pris en charge par Antonio muletero de charme par la précision de son placement, sa justesse de geste et sa maîtrise tranquille. Celle des rares élus. Le résultat : une vingtaine de passes templadas, mandonas, courant au rythme de la charge,  d'une pureté d'eau de source. Avec un monument, un summum, une double séquence de derechazos et un enchaînement trinchera, naturelle, pecho réalisé sur la surface d'un mouchoir de poche. "Eso no se escribe", et Las Ventas frappée de folie, scandant "To-re-ro! To-re-ro!".
Toujours calme, le visage éclairé d'une joie sereine, Chenel entrait droit pour mettre l'acier en bonne place (deux oreilles, deux tours de piste, rappel au centre au milieu d'une gigantesque clameur). Grandiose, i-nou-bli-able!" (...)


"Quant à la sortie triomphale du glorieux maestro aux cris renouvelés de "To-re-ro! To-re-ro!", elle revêtait une ampleur à la mesure de l'événement. Un événement qui fait que, maintenant, Madrid ne sait plus prononcer d'autres noms que ceux de Victorino Martin et de "son Antoñete"."

jeudi 27 octobre 2011

Antoñete

J'ai aimé Antoñete avant de l'avoir vu toréer.
Son aura de torero classique et pur était venue jusqu'à moi par des cheminements variés : le récit d'aficionados bien plus âgés que moi qui l'avaient vu dans les années 50, la lecture d'anciennes reseñas dans les pages jaunies de quelque vieux Toros, l'écho de la mythique faena au toro blanc d'Osborne.

J'étais prêt à me contenter de l'image de ce mythe, à me borner à rêver à sa tauromachie épurée lorsque, au début des années 80, sa réapparition dans les ruedos eut l'effet d'un coup de tonnerre dans le paysage taurin atone de l'époque.
Je le vis pour la première fois en 1981 à la feria de Bilbao. Dans l'océan de médiocrité que fut la feria cette année-là il représentait, lui le vétéran, à la fois une référence et un espoir. Des détails, rien de complet mais quels détails! Des naturelles citées à plus de 10 mètres face aux buendias, on ne voyait pas cela à l'époque! Puis le dernier jour, face aux pablorromeros, encore des naturelles douces comme la soie, le sommet de la feria. L'année suivante, je le vis pour la San Isidro à Madrid dans une faena, cette fois complète, con arte y dominio, face à un cuadri. Le sommet enfin, à Bayonne, en 1983 face à un buendia, une des plus belle et profonde faena que j'ai vue.
Durant ces quelques années Antoñete arpenta les ruedos en étant parfaitement fidèle au mythe qui le précédait : inconstant et fragile mais si juste dans ses gestes, si humble et profond à la fois. Un maître de la rigueur castillane, rigueur que magnifiait la douceur de ses gestes.

Mais Antonio Chenel c'était aussi une vie romanesque et sulfureuse. Femmes, jeu, alcool, tabac ("le tabac est mon oxygène", dira-t-il) pour un homme que la mélancolie rendait inapte à se satisfaire des triomphes de l'arène et d'un mariage bourgeois (avec une fille de riche banquier!).
C'était aussi l'homme de conviction qui ne s'était jamais laissé aller à se compromettre avec le pouvoir franquiste. Mon admiration pour lui n'en fut que plus grande.

Aujourd'hui, après une dernière étape de vie que l'on imagine heureuse, entouré des siens et objet de l'admiration unanime des aficionados, le maestro Antoñete laisse en héritage une des manières de toréer les plus belles de l'histoire de la tauromachie.



samedi 22 octobre 2011

Une belle lidia

Remendon, toro des fils de Celestino Cuadri, a eu de la chance. Il a d'abord passé 4 années en liberté dans les pâturages de la province de Huelva. Puis, le 15 octobre dernier, dans les arènes de Saragosse, il est mort après avoir pu exprimer toutes ses qualités de toro brave. Pour cela, il a eu la chance de tomber entre les mains du matador salmantin Javier Castaño et de sa cuadrilla, sans doute actuellement une des meilleures d'Espagne.
Placé trois fois à bonne distance du cheval, il fut parfaitement et spectaculairement (la première pique avec cite a caballo levantado!) cité par Tito Sandoval. Magistralement lidié et banderillé ensuite au deuxième tiers par Marco Galan (brega), David Adalid et Francisco Javier Rodriguez (salut des trois). Toréé enfin dans une faena parfaitement adaptée à ses qualités, Javier Castaño le citant de loin au début, puis utilisant un toreo de proximité justifié lorsqu'il s'affaiblit et que sa charge se raccourcit.
Tout fut si parfaitement exécuté que Remendon apparut sans doute plus brave qu'il n'était en réalité. En effet, s'il accourut avec franchise à l'appel du picador, il n'insista pas sous le fer et sortit seul. C'est pourquoi son frère Maquinista qui avait auparavant culbuté le cheval et envoyé le piquero dans le callejon avant de pousser encore longuement sous une deuxième pique aurait davantage mérité de recevoir le prix du meilleur toro de la feria du Pilar.
Souhaitons en tout cas aux toros de Yonnet qui seront combattus demain à Aire sur Adour d'avoir la chance de se voir offrir - d'autant que Javier Castaño est au cartel - d'aussi belles lidias.

dimanche 9 octobre 2011

Quelques photos d'Arnedo


L'ancienne plaza n'est plus qu'un souvenir.



La nouvelle a de la gueule; comme toutes les arènes couvertes, elle est extrêmement bruyante.



Surtout, lorsque entre chaque toro les trois peñas arnedines jouent chacune en même temps un morceau différent!


Les novillos de Prieto de la Cal étaient magnifiques mais leur comportement fut désastreux : faibles, mansos, sosos.



 Comment finir sans évoquer la terrible cornada de Juan José Padilla vendredi à Saragosse. En hommage au grand matador jerezano on peut lire  ce très beau texte d'Olivier Deck.




mercredi 5 octobre 2011

Baltasar Iban conservatoire de la bravoure du toro de lidia



En ce dimanche de clôture du Zapato de Oro d'Arnedo, la novillada de Baltasar IBAN a représenté ce que la cabaña brava espagnole peut  produire de mieux. A savoir une bravoure qui s'exprime dans les trois tiers, bravoure qui a pour conséquence la noblesse, car le toro fort et combatif s'engage jusqu'au bout dans les leurres.

9 piques et 2 chutes tel est le bilan du premier tiers, bilan qui doit être réévalué si l'on prend en compte le temps passé par chaque novillo sous la pique. En effet plusieurs d'entre eux poussèrent durant de longues minutes, les toreros éprouvant les plus grandes difficultés à leur faire quitter le cheval.

Le premier, Provecho a une sortie hésitante avant de prendre en brave deux piques pour une chute. Il fera preuve d'une grande noblesse à la muleta, tempérée par une légère faiblesse du train arrière. Sergio BLASCO construit quelques belles séquences à droite mais reste en dessous de la qualité du novillo.

Costarito est un mauvais esprit. Il refuse durant cinq bonnes minutes de sortir des chiqueros. Angel PUERTA le torée magnifiquement par véroniques mais à la deuxième demi-véronique (celle de trop) il est pris brutalement puis rechargé au sol. Il s'en tire heureusement avec de simples contusions. Le novillo prend une pique longue et violente dont il sort un peu étourdi ce qui incite Puerta à demander le changement de tiers. Le novillo mènera la vie dure à la cuadrilla au deuxième tiers et se montrera bronco et de charge courte au troisième. Angel PUERTA s'arrime comme un vrai novillero et réussit quelques belles naturelles une à une. Visiblement il ne maîtrise pas la technique de l'estocade, la mort s'éternise et le combat se finit dans le silence.

Costurito II provoque un batacazo sur la première pique, le piquero heurtant violemment le burladero (sans dommage grâce à la protection du castoreño), le toro, de son côté, se refusant à quitter le cheval à terre. Panique dans le ruedo. Fernando ADRIAN l'emmène au picador de réserve pour une deuxième rencontre longue et poussée sur plusieurs mètres. Le novillo répond parfaitement au second tiers et Raul Adrada, prenant tous les risques, pose deux magnifiques paires (salut). Faena sérieuse de Fernando ADRIAN adaptée aux conditions du novillo. Une entière trasera et tendida suivie de deux descabellos. Pétition majoritaire, vuelta al ruedo, bronca à la présidence qui empêche regrettablement le toro de sortir sous l'ovation qu'il méritait.

Camarino, sorti en quatrième position, sera parfaitement mis en suerte au premier tiers par Sergio BLASCO. Deux piques prises avec bravoure et parfaitement données par le picador Ivan Garcia, ovationné. Au troisième tiers le novillero se désunit complètement et se montre incapable de donner la moindre passe correcte malgré la qualité de son opposant.

Santanero, le cinquième sera l'unique novillo de l'après-midi à sortir seul de la pique. Pique unique et bien insuffisante. Il puntée nerveusement dans la  muleta. Face à un tel adversaire, la verdeur d'Angel PUERTA est si manifeste que malgré sa vaillance désordonnée il est peu à peu dominé par le novillo qui, lui, va a mas. Toutefois, c'est avec plaisir que je le reverrais l'an prochain car le garçon possède l'envie et le courage qui font les novilleros authentiques.

Lorsque sort comme un bolide le dernier novillo de la course et de la feria la novillada a été jusque là passionnante à suivre et un clair succès pour la devise de Baltasar Iban. Santanero II va transformer ce succès en événement triomphal puisqu'il va être indulté. Autant le dire tout de suite, cet indulto m'a paru largement exagéré. Tout d'abord parce que Santanero II n'a reçu qu'un seul puyazo. Ensuite parce que ce genre d' acontecimiento procède toujours d'une hystérie collective qui, je ne sais si je dois le regretter ou m'en réjouir, me  laisse assez circonspect voire agacé.
Mais revenons au héros du jour. Negro et bien armé, astifino. Sortie de bolide donc puis charge claire dans la cape de Fernando ADRIAN. La pique est longue, très longue acculant d'abord le cheval contre les tablas puis le poussant le long de celles-ci, refusant les sollicitations du péonage. Il finit par sortir, gaillard et je savoure à l'avance la deuxième rencontre. Hélas! la présidente accède à la demande de changement de tiers du novillero. Après un bon tercio de banderilles, il fait preuve, dans la muleta du novillero madrilène, d'une charge longue et inépuisable, typique des futurs indultés. Fernando ADRIAN, sûr de lui, n'hésite pas à le citer de loin pour une faena variée dans laquelle prédomine l'usage de la main droite. En gardant la jambe contraire légèrement en retrait il privilégie la fluidité au détriment de la profondeur mais ne tombe jamais dans la vulgarité (il nous épargne notamment les culerinas). Faena bien construite et dominatrice, qui fait rugir les tendidos - le son de la charge du novillo y contribue pour une bonne part. Le final, après la sortie du mouchoir orange, est très beau, le novillero ramenant le toro jusqu'au toril par des adornos muy toreros.
Après  à peine une temporada à l'échelon des novilladas piquées, Fernando Adrian a montré aujourd'hui qu'il était un torero solide sur lequel il fallait compter...
Et bien sûr final triomphal aussi pour l'élevage avec la sortie a hombros du mayoral.

mercredi 28 septembre 2011

Jazz et corrida

Liste d'œuvres de jazz liées à la corrida
  • Duke ELLINGTON  La virgen de la Macarena  1955 
  • Duke ELLINGTON  El Viti   1966
  • Barney KESSEL  Carmen (LP) 1958
  • Miles DAVIS  Flamenco Sketches 1959  in  Kind of blue (LP)
  • Miles DAVIS  Sketches of Spain  (LP)  1960
  • John COLTRANE  Olé  1961
  • Art BLAKEY et ses Jazz Messengers  El Toro  1961  in The freedom rider (LP)
  • Kenny DORHAM  Matador (LP)  1962
  • Eric DOLPHY  Music Matador  1963
  • Gil EVANS  El Toreador  1964  in The individualism of Gil Evans (LP)
  • ART ENSEMBLE OF CHICAGO  Toro  1969  in The spiritual (LP)
  • Chick COREA  Stan GETZ  La fiesta  1972  in Captain Marvel (LP)
  • Chick COREA  Herbie HANCOCK  La fiesta  1978 in An evening with (LP live)
  • Chick COREA  Spain  1972  in  Light  as a fever (LP)
  • Chick COREA  My spanish heart  (LP)  1976
  • Paul BLEY  El Cordobés  1972
  • WEATHER REPORT  Manolete  1973 in Sweetnighter (LP)
  • Woody HERMAN  La fiesta  1978
  • Jean Marc PADOVANI  Tres horas de sol (LP)  1988
  • Jean Marc PADOVANI  Nimeño  (LP)  1991
Liste qui ne demande qu'à être complétée...

jeudi 15 septembre 2011

Pain sur la planche

Samedi 23 avril : annonce des cartels de la temporada dacquoise.
L'aficion les salue pour leur sérieux et leur originalité. En comparaison, les cartels de la préfecture, parus quelques jours plus tôt, semblent avoir été concoctés par un petit épicier mesquin.

Dimanche 11 septembre : fin de la dernière corrida de la temporada dacquoise.
Le public est en colère et l' "aficion indignée" à l'image d'une banderole apparaissant sur les gradins.

Entre ces deux dates, une succession de corridas décevantes avec des toros mal présentés et le plus souvent faibles et décastés.
Personnellement, je me réjouis des critiques subies par les organisateurs dacquois : il est juste que les erreurs (les errements, devrait-on dire) soient dénoncées. Mais je voudrais essayer ici d'aller plus loin.

Il faut d'abord rappeler que les arènes de Dax fonctionnent en gestion municipale. C'est à dire que la municipalité, propriétaire des lieux, confie, par l'intermédiaire d'une commission taurine, l'organisation des corridas à des aficionados locaux et que l'intégralité des bénéfices (et à Dax ces dernières années ils sont considérables) vont dans les poches de la commune. Inutile de dire que ce système ne plaît pas à tout le monde et qu'à chaque vacillation les vautours du Mundillo sont prêts à fondre sur la proie.

Malgré leur indépendance et leur aisance financière les Dacquois se retrouvent, après cette temporada désastreuse, dans une situation pour le moins inconfortable. Pour mieux en comprendre les tenants et les aboutissants la lecture des propos de Christian Laborde, actuel président de la commission taurine, publiés par Sud Ouest au lendemain du 11 septembre est précieuse.
Christian Laborde nous dit deux choses : 1- C'est nous et personne d'autre qui sommes responsables du choix des toros.
2- Paradoxalement, les attaques qu'il porte ne sont pas dirigées contre les éleveurs mais contre les matadors : "pour moi, surtout, il y a un bilan toreros qui m'a laissé sur ma faim", "cette époque où je suis parti à Madrid courir, supplier, batailler, c'est terminé", "ça va être à prendre ou à laisser maintenant".
Pas masochiste, Christian Laborde laisse au lecteur le soin de faire les liens : si nous avons choisi de si petits toros c'est pour complaire aux figuras à qui, en outre, nous offrons des sommes extravagantes pour venir toréer dans notre ville.
Aveu implicite d'un double échec : celui de se soumettre de soi-même au desiderata des vedettes en ce qui concerne la présentation du bétail et celui de se faire avoir en surpayant les prestations médiocres de ces mêmes vedettes.

Mais à quelque chose malheur est bon et il semblerait que les responsables aient pris la mesure de l'impasse dans laquelle ils se trouvent. Dans ce même entretien des changements sont annoncés :
- "aller chercher des toros plus forts et avec plus de tête"
( Ce ne sera pas difficile au vu de ce qui est sorti des chiqueros cette année, mais cela semble répugner à Christian Laborde puisqu'il rajoute : "C'est regrettable que le jugement des spectateurs s'arrête à ça mais c'est une indication." Après de tel propos, ce monsieur ne semble pas être le mieux placé pour conduire une politique taurine digne de ce nom car le minimum que puisse offrir un organisateur respectueux de son public ce sont des toros dignement présentés.)
- annoncer les cartels moins tôt
- baisser le budget des corridas
(Ce qu'on peut traduire par "moins de figuras" ou "des figuras moins payées" et aussi, en toute logique, par "le prix des places va baisser".)
De bonnes résolutions donc qui pourraient permettre à Dax de sortir de la crise par le haut...

Mais Christian Laborde a remarqué aussi que le public de Dax "est un public de consommateurs qui veut voir du spectacle".
Une ambition plus grande encore serait donc de se proposer de créer un public d'aficionados plutôt que de consommateurs. Et cela pourrait passer par une revalorisation du tercio de pique (la plaza de Dax le nécessite vraiment) et par une attribution plus rigoureuse des trophées ce qui reste le moyen le plus simple de ne pas donner l'habitude aux spectateurs de prendre des vessies pour des lanternes et pour une arène de devenir respectée et respectable.

Aficionados dacquois, bon vent, vous avez du pain sur la planche...

dimanche 11 septembre 2011

Barney Kessel joue Carmen

...Puisqu'on parle musique, voici une découverte que je viens de faire et qui, en cette rentrée particulièrement sinistre, possède des vertus euphorisantes à ne pas négliger.


En 1958, le célèbre guitariste de jazz américain réorchestre à sa façon l'opéra de Bizet.
Cela donne une musique délicieuse dont la légèreté et la virtuosité ne vont pas sans une pointe d'ironie, en particulier dans les morceaux de bravoure.
On y retrouve toute la finesse de la guitare jazz dans des impros de dentellière et les orchestrations réussissent, plus d'une fois, à faire swinguer Bizet.
Dans l'art taurin on se situerait plutôt du côté de la grâce sévillane que de la profondeur rondeña ou de la rigueur castillane. Du côté de l'ange plutôt que du duende.

jeudi 1 septembre 2011

Novillada de Mont de Marsan - Saintperdon




 Pour la troisième année consécutive les novillos de Baltasar Iban foulaient le ruedo montois. Cette année, la présentation était particulièrement soignée.


 Ils prirent avec bravoure 8 piques pour une chute, mais une certaine faiblesse empêcha trop souvent qu'on les y ramène pour les juger vraiment.


 Trop de faiblesse, deux novillos complètement parados au troisième tiers. Un lot, à mon avis, inférieur à ceux des années précédentes.


Mathieu Guillon ne manque pas d'allure - très beau début de faena à son second, avant que tout se dilue - mais, avec le meilleur lot (vuelta du 4), il n'a pas convaincu. Pour lui, le moment de vérité sera en septembre (contrat à Madrid et Arnedo). Il y jouera la suite de sa carrière.





Sincérité, douceur, vaillance, Sergio Flores a fait grosse impression. Une belle revanche après sa blessure de l'an dernier.


Fernando Adrian a fait également bonne impression malgré deux novillos parados. Du temple et de bons coups d'épée.


Le président à côté de ses zapatillas du début à la fin : du danger d'avoir à ses côtés une belle et troublante assesseuse (?)


Non photographiable 
La musique, omniprésente. Très bonne s'il s'était agi d'un concert mais pas à sa juste place car volant trop souvent la vedette à ceux qui doivent rester les véritables acteurs de la corrida: toreros et toros.


Photos Velonero

vendredi 26 août 2011

Bilbao, mardi 23 août 2011



 Principe de base de l'aficionado (comme du torero) : savoir attendre (aguantar).

Les toros de Nuñez del Cuvillo
Aux antipodes du toro actuel habituellement lourd, manso, rajado ou bobalicon.
Ceux du jour : braves, mobiles, nobles, con alegria... et une pointe de genio.
Une alchimie rare mais précieuse.
Nobles y con genio car ils furent des toros exigeants, francs dans leur attaque mais toujours prêts à donner de la corne à droite ou à gauche, toujours prêts à un retour fulgurant.
Braves : tous sortis au galop cherchant le combat; tous morts bouche close en résistant; 13 piques sans hésitations, quelques unes a caballo levantado, d'autres en poussant jusqu'aux planches, d'autres - un bémol - en sortant seuls.
Alegria dans la charge : capacité à illuminer le gris du sable et le gris du ciel.

Genèse d'une faena
Dès sa sortie, Cacareo laisse apparaître une coquetterie dans le galop. Pas une vraie boiterie, pas une faiblesse mais, parfois, comme une irrégularité, une ébauche de claudication. Habituelles protestations du public et hésitation générale, on attend que le toro trébuche pour de bon ou qu'il s'affale pour que le président sorte le mouchoir vert. Mais rien de tout cela, malgré le désordre de la lidia le toros va a mas, prend deux piques et ne montre aucun signe de faiblesse. Morante s'avance vers lui avec sa cape, le toro y plonge sans hésiter et répète avec codicia... Des possibilités s'ouvrent ... La résignation  (on ne verra rien ) fait place à un espoir encore fragile. Car le picador, malgré la sonnerie des clarines, est toujours là en embuscade, la cuadrilla regarde ailleurs et le toro vient prendre une troisième pique.
Après un tercio de banderilles sans problème, Morante attaque Cacareo par des doblones impitoyables, certains donnés à deux mains, en gagnant le centre. Moment magnifique mais incertain car on ne sait (Morante le sait-il lui-même?) s'il s'agit du prélude à une grande faena ou à une estocade crapuleuse. Sur les étagères les avis sont partagés... Et Morante met sa muleta dans la main droite... La suite, il faut l'avoir vue ou l'imaginer. Mais attention, pas de contresens, il ne s'agit pas d'une faena faite de langoureux étirements. Non, une faena de lidiador, maciza, profonde, inspirée, construite. Elle se termine comme elle avait commencé, par du toreo à deux mains, cette fois de classiques ayudados por alto.

Les deux autres
José Maria Manzanares s'accroche face au 5 qui a ses aspérités, et finit par le dominer. Bonne estocade. Oreille. Mais qu'il est difficile de passer après Morante!
David Mora est remarquable à la cape dans deux quites, l'un par chicuelinas, l'autre par gaoneras. Très bonne faena au 3 en citant de loin mais échec à la mort. Face au 6, il prend tous les risques devant un toro aux charges courtes et brusques.

Aujourd'hui était le jour.

Photo : Alfredo Alda/EFE

jeudi 25 août 2011

Dur d'être un Miura...

Si vous pesez moins de 600 kg, on vous dit petit et fuera de tipo.
Si vous êtes brave et noble, le chœur des toristas éplorés déclame que décidément les miuras ne sont plus ce qu'ils étaient.
Si vous êtes un vrai fils de pute et sautez au cou du cheval  et au ventre du matador, le chœur des vierges toreristas vous traite de morucho.
Mais tout le monde se met d'accord, avec raison, lorsque vous êtes invalide pour vous juger inapte au combat de l'arène.

Pour le retour des Miura à Bilbao, après presque une décennie d'absence, j'ai vu (par l'intermédiaire du petit écran) quelques très beaux toros (le 1 sardo de 549 kg, le 3 cárdeno de 535 kg), un toro brave et exigeant (le 1), deux fils de pute (le 4 et le 5). Ce qui fait trois toros intéressants (une bonne moyenne), mais, hélas, pas de toro complet et surtout deux toros invalides qu'il fallut renvoyer au corral. Chez Miura un problème récurrent qui n'a toujours pas trouvé de solution.

... Mais c'est encore plus dur d'être un matador de Miura. Les trois du jour se firent violemment prendre, heureusement sans conséquence grave. Juan José Padilla lors de l'estocade au 4 qui lui mit la corne dans le ventre. Rafaelillo sur un extraño du 5, au cours d'une faena héroïque. Raul Velasco par le 3 dès son troisième doblon. Honneur à eux qui se montrèrent courageux et professionnels.

mardi 16 août 2011

Roquefort 2011 une excellente journée taurine


Tout a commencé, en ce dimanche 14 août, par un hors d'œuvre savoureux composée de quatre erales de Gallon, nobles avec, pour les trois derniers, une pointe de genio qui donna du piquant à la matinée.
Abel Robles et Fernando Rey firent tous deux preuve d'un excellent bagage technique. Avec pour le Catalan du Centre Français de Tauromachie un classicisme de bon aloi qui sent encore un peu le bon élève appliqué.
Le malagueño F. Rey a, lui, plus de spontanéité et même de capacité à improviser. Il connecte facilement avec le public... et avec ses novillos, en foulant les terrains adéquats et en templant les embestidas. Mais il a encore tendance à vouloir trop en faire ce qui lui valut des fins de faenas difficiles face à des novillos encastés qui reprenaient l'ascendant.
Deux novilleros avec lesquels on devrait pouvoir compter l'an prochain dans la catégorie des novilladas piquées.

Le plat de résistance de la journée était servi à partir de 18 heures. Et quel plat! Un lot de novillos de Fidel SAN ROMAN (encaste Villamarta par Guardiola) d'un trapío extraordinaire. Tous ovationnés à leur sortie (sauf le quinto aux cornes abîmées) avec, au final, un sixième à la beauté sculpturale. Un lot qui ne se fit pas prier pour aller au cheval (14 piques, 2 chutes). A la muleta, le 1 est bronco et le 5 parado, mais les quatre autres recèlent une belle noblesse avec des charges profondes. Certes pas des toros de 80 passes mais, à  mon humble avis, de quoi donner 20 ou 30 passes parfaites car on pouvait les toréer en se livrant pleinement. Ce qui bien sûr n'arriva pas... les miracles sont rares.
Revenons sur le sixième car, outre son trapío parfait, il était aussi d'une grande bravoure et noblesse. Hélas une vuelta de campana à la sortie de la première pique l'empêcha certainement de donner sa pleine mesure. Toutefois le grand moment de la course vint à la troisième pique. Déjà lourdement châtié ( deux piques en poussant fort plus la vuelta de campana), il est replacé à distance pour une troisième charge, accourt au galop à l'appel du piquero et pousse de tout son corps, les deux cornes bien plantées dans le peto. L'ovation est tonitruante, englobant toro et picador (Juan Charcos Reinosa), malgré la position un peu trasera de la pique. A la muleta, il charge sur les deux cornes avec une remarquable franchise mais très vite l'énergie lui manque et sa charge s'éteint. Vuelta malgré tout pour ce brave guardiola qui nous a rappelé les glorieux combats de ses ancêtres des années 70 et 80. A noter par ailleurs la bonne corrida récente de Salvador Guardiola à la feria de Malaga. Un encaste qui ne demande qu'à revenir au premier plan.
Mais revenons à Roquefort et aux novilleros du jour.
Carlos DURAN fait partie des humbles de la profession. Il torée peu, n'a pas la planta torera, mais il s'applique, essaie de faire les choses bien. Au quatrième, quelques bons moments sur la corne droite et une bonne estocade lui valurent une oreille.
Mathieu GUILLON a manqué de corazon.
Javier JIMENEZ mena une lidia parfaite face au 6, puis par son positionnement sincère il réussit , tant que le novillo avait de la charge, à donner des muletazos de qualité. Une excellente estocade et une oreille.

Pour votre serviteur, cette journée roborative avait été précédée, le vendredi, par un apéritif dacquois aigrelet servi avec des tapas avariées. Un lot sans trapío, faible et complètement décasté d'El Pilar devant lequel seul Morante, au 4, se justifia.

Et suivie, le lundi et toujours à Dax, d'un champagne éventé venant des caves extremeñas de don Victorino Martin. Six animalcules peu armés, indignes d'une plaza sérieuse. Les seules bulles vinrent d'une très jolie faena de Sergio Aguilar et d'une autre faena très templée de Diego Urdiales.

NB Victor Barrio novillero initialement prévu au cartel de Roquefort va bien. Merci. Si vous voulez des nouvelles plus complètes vous en trouverez sur le blog Aficion a los toros de Florent Moreau.

mardi 9 août 2011

Parentis : piquants Valdellan

Il m'est venu à l'esprit à la fin de cette novillada que les toros des années 40 et 50 devaient ressembler au physique comme au moral à ce lot de VALDELLAN combattu dimanche à Parentis. Le scandale de ces  années là étaient que des novillos étaient combattus à la place de toros par les plus grands maestros de l'époque (qui y rajoutaient de surcroît dès qu'ils le pouvaient un soupçon d'afeitado). Le scandale d'aujourd'hui c'est que plus personne ne veut les combattre et les organisateurs doivent se rabattre pour composer leurs cartels sur les novilleros les plus modestes qui soient.
Pas de graisse ou de muscle inutile qui étouffent, des armures sans exagérations. De la mobilité, du piquant, de la caste. Avec des scories : face au cheval, hésitations, contournements, poussées brèves; à la muleta des charges brusques et nerveuses. Mais aussi parfois une grande noblesse (le 4 et le 5 pour se régaler toreando) et surtout la volonté de ne jamais abdiquer, de toujours charger et recharger ce cheval (une vingtaine de piques) ou cet homme qui viennent faire intrusion sur leur territoire. Et quand l'heure de la mort a sonné ne pas s'effondrer, toujours faire face, tenir debout jusqu'au dernier souffle.
Deux novillos donc pour triompher, les autres pour montrer sa technique et (ou) son courage. En face trois modestes parmi les modestes. Modestes mais honorables : Daniel MARTIN, Juan Manuel JIMENEZ, Sergio BLANCO. Ce fut parfois pénible (les trois avis au premier novillo), souvent brouillon (les troisièmes tiers), parfois réussi (la cape et la brega). Avec mention au picador Roberto Barriga pour trois belles piques au quatrième, données avec la simplicité des choses évidentes.

vendredi 5 août 2011

Le taureau de New York



Difficile de photographier le taureau de Wall Street, tout le monde veut poser en sa compagnie. Bel exemple du pouvoir toujours actuel du mythe du taureau. En bonus donc une belle touriste inconnue.
Lorsque, par une nuit d'hiver de 1989, le sculpteur Arturo di Modica a placé, en toute illégalité, sa statue à Wall Street, il a déclaré  que son œuvre symbolisait "la force, le pouvoir et l'espoir du peuple américain pour le futur". Même si, depuis, les crises ont succédé aux crises, c'est encore à quelques mètres de là que se joue, dit-on, le sort du monde. En ce moment même ce sont les financiers de Wall Street qui mèneraient le bal dans la crise de la dette européenne...
Quant au peuple américain, il trime dur : à New York chaque jour des dizaines de milliers de manutentionnaires, cuisiniers, marchands ambulants, serveurs, trieurs de poubelles, éboueurs, nettoyeurs, gardiens en tout genre assurent à la perfection l'intendance d'une ville en perpétuelle effervescence. Quasiment tous afro-américains, portoricains ou émigrés de fraîche date.





Pas de doute, c'est un taureau. Avec celle de DSK, la plus célèbre paire de couilles de New York!




Comme un encierro immobile dans les rues de New York... le seul endroit de la ville où ça ne bouge pas.