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jeudi 28 juillet 2022

Madeleine 22 (3)

  
   Les fêtes de la Madeleine ne seraient pas complètes sans leur partie landaise. Après la victoire la veille de Kenji Valdes lors du concours landais, c'est encore un écarteur qui tient la vedette en ce début de première corrida de la feria. Cyril Dunouau a décidé de se risquer à écarter, avec l'accord d'Antonio Ferrera, le premier toro de Victoriano del Rio. Mais le fauve ne mord pas à la feinte, il envoie son vis-à-vis dans les airs et le reprend durement au sol. Sur les gradins, tout le monde le voit mort, pourtant il se relève, indemne, ce sera le miraculé de la Madeleine. 
 
   Une feria taurine ce sont aussi des spectacles essentiels pour l'avenir de la tauromachie.
   La non piquée du jeudi matin vit Juanito, Tristan Barroso, Manuel Roman et Cristiano Torres à leur avantage face à un cocktail varié de ganaderias locales. 






  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
    Le samedi matin la novillada piquée avait attiré une demi-arène.






   Le succès d'une course dépend aussi beaucoup de la qualité des cuadrillas. On voit ici face aux Pedraza, Mathieu Guillon aux banderilles et les deux picadors, eux aussi héros du jour et réclamés par le public pour une ovation finale, German Gonzalez et Juan José Esquivel. Tous de la cuadrilla de Thomas Dufau.




   
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Toutes les photos sont de Laurent Bernède (cliquer dessus pour les agrandir).

jeudi 17 septembre 2020

Miettes

 La crise du coronavirus a réduit les activités sociales et culturelles à si peu de choses que l'aficionado a los toros a dû se résoudre à picorer quelques miettes ici ou là. Pour votre serviteur, à ce jour, quatre spectacles dont deux vus à la télé.

 

Dimanche 19 juillet   Avila   corrida vue sur CMM (Castilla La Mancha Media)

 Les toros d'Adolfo Martin laissent une très bonne impression et permettent aux trois matadors (Octavio Chacon, Morenito de Aranda, Gomez del Pilar) de montrer leur valeur, en particulier del Pilar en net progrès, m'a-t-il semblé. Plusieurs des Adolfo lidiés ce jour étaient prévus pour Mont-de-Marsan, ce qui me donne l'occasion de déplorer la pusillanimité (en langage taurin macho : le manque de cojones) des responsables montois, incapables d'organiser le moindre spectacle taurin au Plumaçon cette année.


Dimanche 30 août   Añover de Tajo   corrida vue sur CMM

Les toros portugais de Murteira Grave constituent une excellente surprise. Puissants, nerveux, mobiles, ils se partagent entre trois mansos difficiles et trois braves offrant de belles possibilités. Sergio Serrano est étonnamment calme malgré son peu de pratique. Juan Leal passe largement à côté du sujet. Il accumule les erreurs : faena interminable au 2,  puis il ne fait pas assez piquer le 5, un dur à cuire. Ce garçon est-il bien conseillé ? José Garrido torée remarquablement de cape et triomphe avec le bon sixième.


Mardi 1 septembre   Vieux-Boucau   course landaise mixte

A partir de la mi-juillet les arènes de Vieux-Boucau ont donné deux fois par semaine, comme chaque été, leurs traditionnelles courses mixtes destinées aux touristes. Course landaise en première partie, jeux taurins pour amateurs ensuite. L'enthousiasme du public tout au long du spectacle faisait plaisir à voir. Ce jour, devant les vaches de Dargelos (choisies parmi les plus faciles, comme il se doit pour ce genre de course), la cuadrilla Lilian Garanx, composée de vieilles gloires et de jeunes promesses, donna le meilleur d'elle-même. 


Dimanche 13 septembre   Captieux   fiesta campera

La Coordination des Associations Taurines de la Gironde avait organisé cette fiesta campera afin de ne pas laisser la Gironde, pointe septentrionale de la géographie taurine, sans toro après l'annulation au printemps de la novillada de Captieux et de la corrida de La Brède. Une situation exceptionnelle qui valait bien un soutien malgré le peu d'intérêt que présente à mes yeux ce type de spectacle taurin.

Le premier novillo buvait le leurre et Julien Lescarret, silhouette inchangée, buvait du petit lait en le toréant ... jusqu'à l'estocade qui fut malheureuse.

Clemente m'avait séduit il y a quelques années de cela alors qu'il débutait en novillada piquée dans ces mêmes arènes. Il est aujourd'hui matador de toros et, face à un novillo pastueño à l'extrême, il a pu montrer toutes ses qualités : un toreo con arte et temple basé sur un répertoire varié. A lui de ne pas laisser échapper les opportunités - quelles qu'elles soient - qui, on l'espère, ne manqueront pas de se présenter.

Clément Hargous, novillero débutant, fit preuve d'autorité avec la main droite et laissa la meilleure estocade de la matinée.

Les qualités de noblesse des novillos de Jean François Majesté ''La Espera" (origine domecq) étaient tout à fait adaptées au spectacle de ce jour, mais attention, sans le soutien d'un poder plus important ce genre de bétail, on ne le sait que trop, génère bien souvent l'ennui.

Puisque cette journée était placée sous le signe de l'aficion girondine et des toreros girondins, je voudrais évoquer le meilleur d'entre eux. José Cubero ''Yiyo'' aurait eu 56 ans cette année et le maestro prestigieux qu'il serait devenu aurait pu honorer de sa présence cette journée si le 30 août 1985, à Colmenar Viejo, Burlero de Marcos Nuñez n'en avait décidé autrement. Grandeur et tragédie de la tauromachie. A quelques encablures de l'ancienne ganaderia d'Angel Ruiz où il donna ses premières passes, l'esprit du Yiyo dominait cette journée.

 

jeudi 3 octobre 2019

Recortadores

   Durant les fêtes de la San Mateo a eu lieu dans les arènes de Logroño un concours de recortadores. Bonne occasion pour découvrir cette forme de tauromachie qui a beaucoup de points communs avec notre course landaise.

(comme toujours, il faut cliquer sur les images pour mieux voir)














La majorité des recortadores venaient de Castille, un de Logroño, un du Pays Basque et un d'Aragon ;  avec le Pays Valencien  ce sont les hauts lieux du recorte.




















Premier face à face : saut en sortie de loges.




















Très impressionnant : écart à genoux face à un tío.



















Voici l'écart traditionnel. Contrairement à la course landaise, il s'exécute en courant, le recortador décrivant un arc de cercle avant la rencontre avec le toro, à la manière de la pose de banderilles au cuarteo.


















Saut de l'ange de Sergio Urruticoechea, recortador logroñes qui faisait sa despedida devant son public.



















Le saut en tirebouchon est très pratiqué. Tout comme le saut vrillé chez nous, il n'a pas la "pureté" du simple saut périlleux.





















Ici aussi on aime les remises de prix avec coupes, médailles et cadeaux.
Le vainqueur du jour : José Manuel Medina "Zorrillo" d'Arevalo (Avila).

dimanche 18 août 2019

Novillada de La Quinta à Roquefort : abondance de caviar et une dragée au poivre




   Si, l'an dernier, la présentation majuscule des derniers conde de la Maza lidiés en France avait effarouché ceux qui ne demandaient qu'à l'être, cette année, l'unanimité s'est faite sur le lot de La Quinta envoyé à Roquefort par la famille Conradi. A la finesse de type et d'armure des santacolomas s'ajoutait un comportement parfois proche de la perfection. Bravoure majoritaire au cheval (14 piques, 2 chutes) et franchise à la muleta avec cette exquise politesse d'aller tourner loin pour mieux revenir avec appétit dans le leurre. Du caviar pour les toreros. On le sait, peu d'entre-eux sont capables de tirer totalement profit de telles opportunités, à plus forte raison dans l'escalafon limité des novilleros. Aquilino Giron (oreille, silence) et Rafael Gonzalez (oreille, oreille), sans excès de personnalité, ne déméritèrent pas. Ils eurent des hauts et des bas, sans atteindre aux sommets que permettaient leurs novillos.
   Mais ce qui fait le charme d'une course de toros c'est la variété de comportement des acteurs et la variété d'émotions qui en découle. Le sixième, puissant, encasté, caractériel, permit que l'après-midi se termine sur les saveurs fortes d'un combat sans merci. Très dangereux à la cape, il fut ensuite le protagoniste d'un tercio de pique plein de fureur au cours duquel Tito Sandoval contint quatre fois de suite la sauvagerie des attaques du manso con casta. Cristobal Reyes (pas de caviar pour lui aujourd'hui), volontaire, sincère, intelligent, donna une faena concise et dominatrice qui lui aurait valu une grosse oreille sans un coup d'épée par trop sur les bordures.
   A la sortie, les mines unanimement réjouies d'un public ayant conscience d'avoir assisté, chose rare, à une très bonne tarde de toros.



   Le matin, quatre erales de Turquay, également d'origine santacoloma, soufflèrent le froid et le chaud. Les deux premiers nobles mais faibles, manquant de physique ; les deux suivants, plus faits, encastés, résistants. Le Mexicain Antonio Magaña se trouva souvent en difficulté mais s'engagea épée au poing alors qu'à l'inverse Solalito montra de bonnes dispositions muleta en main mais de la faiblesse au moment de conclure.


                                                 *  *  *

  Samedi, lors d'une course landaise d'excellent niveau (ganaderia Armagnacaise, cuadrilla Alexandre Duthen), Gaetan Labaste face à Palomajera a donné neuf écarts fabuleux. L'attente maximale, la corne qui frôle chaque fois la toile du pantalon, l'harmonie du geste. L'écarteur, boitant bas en raison d'une récente tumade, incapable de courir, mais sûr de son dominio grâce à ses gestes purs et précis, m'a fait penser au vieux maestro Antoñete qui éclaira de son art profond les déjà lointaines années 80.

photos  Laurent Bernède

lundi 26 novembre 2018

Les reines de l'arène landaise


   Sur le site arte.tv on peut voir actuellement un excellent documentaire sur la course landaise. Les reines de l'arène landaise a été tourné par Jean Marie Barrère, par ailleurs grand reporter et documentariste. La vache Ibiza, ancienne corne d'or, et l'écarteur Mathieu Noguez sont les personnages principaux du film. Sans doute pour complaire aux producteurs d'Arte ou bien pour tenter de désamorcer l'ire des animalistes intégristes (peine perdue, les moralistes intolérants resteront toujours des petits fascistes), on passe beaucoup de pommade, au sens propre comme au figuré, sur le dos d'Ibiza. Cela frise parfois le tartignole mais le talent du réalisateur et sa bonne connaissance du sujet (on voit tout de suite que c'est un gars du pays) donnent, au final, un aperçu de la course landaise et de son milieu assez fidèle à ce qu'ils sont aujourd'hui.

Arte regard   Les reines de l'arène landaise  documentaire de Jean Marie Barrère   31'
   rediffusion le mardi 27 novembre à 4h20
   sur arte.tv jusqu'au 22 décembre






















Baronne (Armagnacaise) 2010 photo Velonero

mardi 24 juillet 2018

Ma Madeleine 2018 (1)


Mardi : concours landais

   Si l'an dernier, à la suite d'un orage, une suspension abusive avait déçu le public coursayre, cette année le concours landais fut passionnant de bout en bout.
   Plusieurs vaches au galop encasté, des écarteurs décidés et un final à rebondissement, tous les ingrédients d'un concours réussi étaient réunis en cette soirée de préféria qui avait attiré une demi-chambrée au Plumaçon.
   L'élégant Louis Navarro, en tête depuis le début, semblait devoir faire un beau vainqueur grâce à sa régularité quand Loïc Lapoudge passa à l'attaque  et sur deux intérieurs se retrouva en première position. Ce qui eut la vertu d'obliger Navarro à sortir le grand jeu face à la nouvelle corne d'or et grâce à un intérieur magnifique à gagner définitivement la partie. Un beau duel entre les deux amis de la formation Deyris. On apprécia pour l'occasion le galop magnifique de Soltera qui effectuait sur le sable montois sa première sortie après avoir été sacrée corne d'or à Nogaro quelques jours auparavant. Une perle pour la Dal.
   Les résultats :                 
     1- Louis Navarro  109 p.
     2- Loïc Lapoudge   107 p.
     3- Thomas Marty  98 p.
     4- Alexandre Duthen  89 p.
   Chez les sauteurs :
     1- Fabien Napias  58 p.
     2- Louis Ansolabéhère  56 p.


Mercredi : visite des toros

   Admirer sa majesté le toro de combat fait partie des plaisirs de tout aficionado. Ce peut être, pour les privilégiés, au campo (encore que l'usage aujourd'hui si répandu des fundas a regrettablement tué ce plaisir-là), ou bien dans les corrals, enfin à sa sortie en piste ou il se révèle dans toute sa splendeur.
   Ce mercredi matin, trois lots étaient visibles dans les corrals de la plaza montoise.
   Les huit Domingo Hernandez et Garcigrande me paraissent bien faits, les cornes sont développées mais toutes ont tendance à revenir vers l'intérieur (abrochados). Un autre bémol : les pointes ne sont certes pas abimées mais aucune n'est réellement astifina, surtout si on les compare à celles des voisins de La Quinta.
   Le lot de La Quinta est magnifique. Toutes les variétés de pelage de l'encaste Santa Coloma sont présentes : noir, cárdeno, l'un d'entre eux est si clair qu'il parait ensabanado, il y a même un lucero. Certains sont petits mais tous sont d'une grande finesse de type. Les cornes sont bien dirigées, souvent astifinas.
   Je ne parviens à voir que trois Dolores Aguirre. Deux noirs, massifs et bien armés, un colorado qui me parait énorme.
   Voilà une bonne journée taurine; par choix je ne verrai pas combattre les Domingo Hernandez cet après-midi, mais les La Quinta et Dolores Agirre me laissent plein d'espoir pour les jours prochains.






Jeudi : corrida de Jandilla

   Le cartel de la corrida de jeudi ne manquait pas d'intérêt. Il y avait la présence d'Alejandro Talavante que l'on voit peu dans la région, celle de Roca Rey, garantie tout risque pour spectateurs et organisateurs, enfin la despedida de Juan José Padilla dans l'arène du Sud-Ouest qui l'a vu le plus souvent triompher. Je me souviens des quatre oreilles coupées aux victorinos en 2002. Le dynamisme du cyclone de Jerez dans les trois tiers avait, ce jour-là, mis les arènes en folie. Seize ans après cette journée glorieuse, bandeau sur l'œil perdu, foulard pour masquer les cinquante points d'Arevalo sur le cuir chevelu, le Pirate est toujours là, visage grave et fatigué, diminué pour avoir trop donné de sa chair aux toros. Les adieux furent émouvants et réussis et l'on ne peut que croiser les doigts pour qu'il en soit ainsi jusqu'à la fin de la temporada.
   Côté toros, l'intérêt de la tarde venait du retour des Jandilla au Moun. On sait que l'élevage a connu des succès réguliers l'an dernier et tout dernièrement à Pampelune. C'est parmi les ganaderias commerciales prisées des figures celle qui est susceptible de satisfaire toutes les tendances de l'aficion. Le premier toro, sérieux, bien fait, de charge encastée après deux bonnes piques, autorisa tous les espoirs. Hélas la suite ne fut qu'un défilé de toros sans trapío, médiocres, faibles du train arrière, au milieu desquels trôna le quatrième, un grand bœuf de cinq ans de charge nulle. Seul le sixième, entre les bonnes mains de Roca Rey (oreille) donna du jeu pour le torero.
   Dans ces circonstances, Alejandro Talavante, qui semblait pourtant décidé, ne put s'exprimer.

mercredi 20 septembre 2017

Ramuntcho


   Il y a chez les écarteurs gascons comme chez les matadors de toros des toreros de classe. Christian Vis "Ramuntcho" en faisait partie. Si, des courses landaises de mon enfance dans les arènes de Saintgor où les frères Vis étaient toujours présents, je me souviens surtout de Guillaume, le cadet, plus spectaculaire et plus controversé, c'est en 1976, quelques années plus tard, lors de sa victoire au concours landais de la Madeleine, que je découvris vraiment l'art de Ramuntcho. Ce jour-là, la beauté profonde des écarts de l'aîné des frères gitans me fit sentir à quel point la tauromachie landaise pouvait être parfois, au même titre que l'espagnole, une discipline capable d'atteindre une réelle dimension artistique. Lorsqu'il m'arrivait par hasard d'apercevoir Ramuntcho, maigre comme un loup qui a refusé de porter le collier, autour d'une arène, je repensais toujours à sa superbe sur le sable du Plumaçon. Qu'il repose en paix.

NB   Un livre lui avait été consacré il y a quelques années :
Maurice Violet, Ramuntcho, prince des écarteurs, 1994


jeudi 20 juillet 2017

Madeleine 2017 (1)

   
 Mardi 18 juillet : Concours landais

   Une entrée correcte (demi-arène) malgré la canicule de la journée et l'orage qui s'annonce. Un début de concours intéressant, la lutte pour les premières places s'engage. Un petit miracle en course landaise : la musique est discrète et de bon goût. Nous en sommes à la cinquième vache lorsqu'une violente averse oblige à une interruption momentanée. Le public s'est massé dans les hauteurs abritées du Plumaçon, l'orage s'éloigne, le sol semble avoir bien résisté, le concours reprend dans des conditions correctes. Mais une fois la vache rentrée une annonce au micro informe le public de la suspension définitive de la course. J'ai vu des corridas aller à leur terme malgré de bien plus grandes pluies...
  En tout cas la prochaine fois que le temps sera incertain je resterai chez moi.





  

dimanche 9 octobre 2016

Retour en photos sur la corrida montoise de Victorino

Un nouveau venu sur le sable de nos ruedos : Emilio de Justo (alternative en 2007 à Cáceres)




















Alberto Lamelas, pour une fois, eut droit à une douceur

















Geste de Baptiste Bordes, 6 écarts aux victorinos
















Satisfaction
















Les photos sont de Laurent Bernède.
Bientôt un lien vers son travail.

jeudi 6 octobre 2016

Quelques photos du championnat de France des écarteurs 2016

Sur cette photo, un élément incongru

















Bel élan d'Etienne Grenet au-dessus de Shakira (Dargelos)

















Etranges positions















Thomas Marty, la solitude de l'écarteur


















Bel écart à Andalouse (Deyris)






















Intérieur avec touche sur Mestalla (Deyris)






















Photos Velonero

mardi 4 octobre 2016

Loïc Lapoudge retrouve le titre

















   Depuis son dernier titre en 2008, Loïc Lapoudge avait souvent échoué de peu. Le voici à nouveau champion de France des écarteurs après un beau duel avec Thomas Marty, arbitré au final par la corne d'or Ibiza (Deyris).
   Après la magnifique sortie d'Amandine (Dargelos), avant-dernière coursière, Thomas Marty possède quatre points d'avance sur Loïc Lapoudge mais il aura le désavantage de débuter face à Ibiza alors que Lapoudge passe en dernier. Il est contré sur son premier écart sortie de loge puis, jouant le tout pour le tout, se fait catapulter sur une tentative d'intérieur. C'en est fini de ses chances, d'autant que Loïc Lapoudge en termine par deux tourniquets réussis. Bravo aux deux béarnais pour ce final à émotion. Loïc Lapoudge recueille les fruits de l'expérience et de la sagesse. Pour Thomas Marty il faudra attendre encore, mais chaque année qui passe le voit s'approcher un peu plus du titre.

   On regrettera que le concours n'ait  vraiment commencé qu'à partir de Fidelia (Dargelos), huitième vache de l'après-midi. En effet, le nouveau règlement, qui prévoyait l'élimination de deux compétiteurs d'un coup à l'issue précisément  de la huitième vache, paralysa les ambitions. Jusqu'à Fidelia, chaque écarteur évita une prise de risque excessive par peur, en cas de chute, de ne pouvoir rattraper son handicap. La première mouture du nouveau règlement - un seul éliminé après quatre vaches, un autre après la huitième - aurait peut-être évité cela.
   Chez les sauteurs, belle victoire de Fabien Napias qui avait du feu dans les jambes.
   On notera que la logique de la temporada a été respectée puisque les deux vainqueurs de l'escalot sont champions de France.

Les résultats
Écarteurs
1- LoïcLapoudge 150 p.
2- Thomas Marty 142 p.
3- Cyril Dunouau  136 p.
4- Gaëtan Labaste 134 p.
5- Louis Navarro
6- Alexandre Duthen

Sauteurs
1- Fabien Napias 82 p.
2- Etienne Grenet 76 p.
3- Louis Ansolabéhère 75p.
4- David Laplace  70 p.






















Bel écart intérieur de Lapoudge à Andalouse (Deyris)
photos Velonero

lundi 3 octobre 2016

Une corrida de toros

   Cette corrida de Victorino Martin lidiée à Mont de Marsan le samedi 1er octobre pourrait servir de corrida-étalon. Un bon exemple de ce que doit être une corrida de toros : brave, encastée, avec de la présence au premier tiers (14 piques), de comportement varié avec quelques toros durs, un pastueño, certains qui vont a mas, d'autres a menos. Une corrida qui demande un toreo sérieux et qui captive le public par l'émotion qu'elle transmet.
   Une corrida normale, en somme, qui marque une moyenne. Au-dessus, on serait dans l'excellence. Au-dessous, dans l'insuffisance. C'est hélas la deuxième occurrence que l'on rencontre le plus souvent dans une arène. Des toros faibles, décastés, mansos, sosos, innocents. Toros du banal, du quotidien tristounet, du "il ne se passe rien ou si peu". Tout le contraire de ce que l'on attend d'une corrida de toros.
   Merci donc aux Victorino Martin pour ce lot exemplaire. Une corrida de toros, tout simplement.

   Sans ambition particulière si ce n'est celle d'arriver à bon port à Madrid le lendemain, El Cid actua avec la sérénité et la facilité (sauf à l'épée) que donne l'expérience.
   Étonnant cet Emilio de Justo (bravo au passage aux Orthéziens pour l'avoir, les premiers, tiré de l'anonymat) qui donna à son premier des muletazos d'une grande profondeur, avec parfois ce temple qui donne l'impression de ralentir la charge des toros. Ce sera un plaisir de le revoir l'an prochain ...
   Pour un torero comme Alberto Lamelas, habitué aux confrontations avec miuras et autres dolores aguirre de mala leche, se retrouver face à un toro aussi pastueño que l'était Papelero, le sixième victorino du jour, est une épreuve qui peut s'avérer tout aussi redoutable. Il s'en tira avec honneur, arrivant parfois - comme dans un rêve - à profiter de cette corne gauche au parcours d'une longueur et d'une douceur extrême. Les modestes ont aussi droit à leur part de gâteau lorsqu'il se présente.
   Et je garde pour la bonne bouche les six écarts magistraux qu'accomplit l'écarteur landais Baptiste Bordes, un à chaque toro. Un grand moment d'émotion pour lui et pour le public.





Emilio de Justo : oreilles et matole (photo Laurent Bernède)


mardi 6 octobre 2015

Le sacre d'Alexandre Duthen

 





















 Le championnat de France des écarteurs, épreuve au long cours qui réunit les meilleurs écarteurs de la saison face aux meilleures vaches, voit toujours la victoire de celui qui aura su être le plus régulier et le plus lucide tout au long de l'après-midi. Ce fut encore le cas cette année à Mont de Marsan avec le premier titre d'Alexandre Duthen qui, à 25 ans, a atteint la maturité lui permettant d'exprimer sa grande classe d'écarteur et de dominer vaches et adversaires.
   Mais la compétition n'est jamais aussi passionnante que lorsque plusieurs écarteurs peuvent jusqu'au dernier moment prétendre au titre, et le final à suspens de cette édition 2015 fut des meilleurs crus. Au début du dernier tiers de la course, avant la sortie des quatre "tueuses" Aloha (Deyris), Paquera (Armagnacaise), Fidelia (Dargelos) et Ibiza (Deyris), cinq écarteurs sur six pouvaient encore raisonnablement caresser l'espoir de brandir à la fin de l'après-midi le bouclier du vainqueur. Seul Vincent Muiras bien qu'aguerri en mille batailles (8ème participation et dernière annoncée) avait pris un départ trop laborieux pour pouvoir inquiéter. Et lorsque Mathieu Noguès se fit sèchement éliminer par Paquera il restait encore quatre prétendants. Tourniquets, intérieurs, Loic Lapoudge, toujours plein de panache, tente le tout pour le tout, mais il sera plusieurs fois sévèrement touché. C'est finalement Ibiza la nouvelle et redoutable corne d'or qui rendra son verdict. Duthen, en pole position, assure par deux extérieurs remarquables dont le premier en sortie de loge. Pour espérer le devancer, les autres doivent impérativement tourner deux fois à l'intérieur et, devant une telle vache, c'est quasiment mission impossible. Thomas Marty, très concentré tout au long de l'épreuve, réussit le premier d'un cheveu, la tension est à son comble, mais il mordra durement la poussière lors de sa seconde tentative. Alexandre Duthen, qui est par ailleurs le meilleur écarteur de la saison (vainqueur de l'Escalot) sera, en toute logique, le nouveau champion de France.

Classement
   1 - Alexandre Duthen 150 p.
   2 - Thomas Marty     142 p.
   3 - Cyril Dunouau     136 p.
   4 - Loïc Lapoudge     132 p.
   5 - Vincent Miuras    115 p.
   6 - Mathieu Noguès   abandon


 Coup de théâtre chez les sauteurs, Fabien Napias et David Laplace se disputent le titre face à Folga (Deyris) mais ils sont pris tous les deux, laissant le succès à Guillaume Vergonzeanne en embuscade, très heureux de profiter de l'aubaine. A noter les bons débuts du jeune Etienne Grenet.
   1 - Guillaume Vergonzeanne 76 p.
   2 - Fabien Napias      73 p.
   3 - David Laplace      71 p.
   4 - Etienne Grenet      69 p.





lundi 28 octobre 2013

Liste des écarteurs champions de France de course landaise

   Champion de France de course landaise, l'appellation est un peu ridicule. Champion des Landes ou d'Aquitaine serait plus modeste ... mais le championnat a été inventé dans le Gers à Nogaro où il s'est exclusivement déroulé pendant de nombreuses années. Champion de Gascogne serait parfaitement adapté à moins de développer le côté mégalo et dire champion du Monde.
   Toujours est-il que, depuis sa création par Robert Castagnon en 1956, le championnat de France des écarteurs est un événement coursayre éminemment sérieux. Chaque fin de saison, face aux plus redoutables vaches des différents troupeaux, les six meilleurs écarteurs de l'année s'affrontent dans une course de longue haleine à l'issue de laquelle le vainqueur sera toujours l'écarteur à la fois le plus brillant, le plus solide et le plus fin stratège.
   Voici la liste des champions :

1956 : MAXIME (Robert Goeytes)
1957 : MAXIME
1958 : MICHEL I (Michel Vis)
1959 : MICHEL I
1960 : Jo BARRÈRE
1961 : Jean Claude LEY
1962 : Christian DARRACQ
1963 : RAMUNTCHO  (Christian Vis)
1964 : Jean Claude LEY
1965 : RAMUNTCHITO (Guillaume Vis)
1966 : RAMUNTCHITO
1967 : RAMUNTCHITO
1968 : RAMUNTCHITO
1969 : RAMUNTCHITO
1970 : RAMUNTCHITO
1971 : RAMUNTCHITO
1972 : RAMUNTCHITO
1973 : RAMUNTCHO
1974 : RAMUNTCHITO
1975 : RAMUNTCHITO
1976 : Michel BERGEZ
1977 : RAMUNTCHITO
1978 : Gilbert DUCASSOU
1979 : Didier BORDES
1980 : Jean Claude LABORDE
1981 : Jean Claude LABORDE
1982 : MARC-HENRI (Marc-Henri Truchat)
1983 : Alain NOGUÈS
1984 : Didier LAPLACE
1985 : Didier BORDES
1986 : Jean Pierre RACHOU (Jean Pierre Guillé)
1987 : Jean Pierre RACHOU
1988 : Jean Pierre RACHOU
1989 : Didier GOEYTES
1990 : Didier GOEYTES
1991 : Christophe DUSSAU
1992 : Thierry BERGAMO
1993 : Thierry BERGAMO
1994 : Christophe DUSSAU
1995 : Thierry BERGAMO
1996 : Jean Marc LALANNE
1997 : Christophe DUSSAU
1998 : Christophe DUSSAU
1999 : Didier GOEYTES
2000 : Christophe DUSSAU
2001 : Christophe DUSSAU
2002 : Christophe DUSSAU
2003 : Christophe DUSSAU
2004 : Benjamin de ROVERE
2005 : Benjamin de ROVERE
2006 : Benjamin de ROVERE
2007 : Loïc LAPOUDGE
2008 : Loïc LAPOUDGE
2009 : Hugo VINEY-THOMAS

2010 : Mathieu NOGUÈS
2011 : Mathieu NOGUÈS
2012 : Vincent MUIRAS
2013 : Mathieu NOGUÈS
2014 : Mathieu NOGUÈS
2015 : Alexandre DUTHEN
2016 : Loïc LAPOUDGE
2017 : Loïc LAPOUDGE  
2018 : Gauthier LABEYRIE 
2019 : Cyril DUNOUAU 
2020 : non disputé
2021: non disputé
2022 : Cyril DUNOUAU
2023 : Jérôme COSTARRAMONE
2024 : Jérôme COSTARRAMONE
2025 : Jean DUCASSOU 

 
   Comme la tauromachie espagnole, la course landaise est souvent une affaire de famille. Les trois frères Vis totalisent 15 titres de champion. Didier Goeytes est le fils de Maxime, premier champion en 1956. Mathieu Noguès enfin, actuel tenant du titre, est le fils d'Alain sacré en 1983.



















Le podium  du premier championnat de France en 1956 à Nogaro, de gauche à droite : Gilbert Saint Martin (3ème), Marcel Forsans (2ème) et Maxime (vainqueur).

mercredi 3 octobre 2012

Vincent MUIRAS champion de France des écarteurs!


Qui aurait pensé que derrière ce trophée tant convoité pût un jour se trouver la bonne bouille de Vincent Muiras? Et pourtant, en ce dimanche 30 septembre, dans les arènes d'Aire sur Adour, il a conquis de haute lutte et sans une once de contestation le titre de champion de France à l'issue d'un concours comme on les aime c'est à dire avec une dernière partie pleine de rebondissements.
L'écarteur de Mimbaste n'est pas, on le sait, un styliste et, jusqu'à ce jour, il ne passait pas non plus pour être fin stratège. Mais, à regarder de près sa carrière, on s'aperçoit que, depuis six ans, il a participé à tous les championnats de France et a été souvent présent dans les principaux concours. Il a donc accumulé une expérience qui lui a permis, ce jour, de rester en embuscade jusqu'à la sortie d'Ibaneza et, tel le loup sortant des bois, de donner à la corne d'or deux intérieurs magnifiques dont un en sortie de loge. Exploit parfait qui lui permettait de remporter le titre au grand dam de Mathieu Noguès, alors en tête et pris sèchement par la même Ibaneza sur l'intérieur de la dernière chance. Gaëtan Labaste avait quant à lui dominé les débats durant les deux-tiers de la course avant de perdre ses chances à la suite de deux dures tumades sur des tentatives d'intérieur.
Au final la joie communicative du champion faisait plaisir à voir.

Les résultats :
1- Vincent MUIRAS  156 p
2- Mathieu NOGUES  150 p
3- Loïc LAPOUDGE  139,75 p
4- Gaëtan LABASTE  137,75 p
5- Ludovic LAHITTE  130 p
6- Alexandre DUTHEN  125 p

Chez les sauteurs :
1- Louis ANSOLABEHERE  74,50 p
2- Fabien NAPIAS   70 p
3- Guillaume VERGONZEANNE  68.50 p
4- Dominique LARIE  64.50 p
 
La présence de Naranka (Deyris) a considérablement renouvelé l'intérêt du concours de saut qui atteint avec elle une grande intensité. Aujourd'hui, seul Ansolabéhère réussit à la passer à pied joints.




photos Velonero
la dernière, intérieur de V. Muiras à Anoëta de Deyris

jeudi 7 octobre 2010

Quelques photos du championnat de France des écarteurs à Mont de Marsan

Loïc Lapoudge, auteur de l'écart



Saut de Dominique Larié, pieds dans le béret et jambes liées




Baronne (Armagnacaise) un vache con trapío et au très beau galop

Callejon typique de course landaise (avec novillero local)


On peut cliquer sur les photos, c'est mieux.