mardi 11 avril 2017

Mont de Marsan 2017, les cartels de la Madeleine

mardi 18 juillet
concours landais

mercredi 19 juillet
Juan Pedro Domecq
Curro Díaz - José María Manzanares - Thomas Dufau

jeudi 20 juillet
matin : novillada sans picadors

Nuñez del Cuvillo
Enrique Ponce - Alejandro Talavante - Ginés Marín

vendredi 21 juillet
La Quinta
Juan Bautista - Ivan Fandiño - David Mora

soir : corrida portugaise

samedi 22 juillet
Torrealta
Sébastien Castella - José Garrido - Roca Rey

soir : novillada piquée

dimanche 23 juillet
Adolfo Martin
Alberto Aguilar - Emilio de Justo - Alberto Lamelas

   Ce qui domine à la lecture de ces cartels c'est une impression de conformisme. De fait, à Mont de Marsan comme ailleurs, il ne fallait pas attendre beaucoup de fantaisie de la part de la plus importante empresa actuelle (ici le duo Simon Casas - Marie Sara). Toutefois parmi les points positifs on notera l'absence du Juli et de Morante  qui devrait avoir pour conséquence une meilleure présentation du bétail et un budget plus facile à équilibrer. Tout le monde y trouve son compte, l'aficionado comme le trésorier.
    En ce qui concerne les ganaderias, on aura droit à trois fois du domecq. Je fais partie de ceux qui pensent que deux fois aurait été largement suffisant laissant ainsi une ouverture à une plus grande variété d'encastes. Du côté des hommes je me réjouis de la présence de José Garrido et de Ginés Marín. D'autres jeunes comme Roman, Javier Jimenez ou l'Arlésien Thomas Joubert auraient également pu trouver leur place dans certains cartels. Je pense en particulier à celui de la corrida de La Quinta; la terna annoncée eut été parfaite il y a quelques années mais aujourd'hui, il faut bien le dire, elle sent le réchauffé.

  PS : J'ai, pour mon malheur, visionné la vidéo de présentation des toros. On n'y voit que bichos aux cornes emprisonnées et ganaderos démagogues et autosatisfaits. On jugera sur place en juillet.


  


lundi 3 avril 2017

Gamarde




Dimanche 2 avril       Arènes couvertes       Gamarde
pluie (à l'extérieur)
lleno

6 toros de José Cruz (inégaux, 8 piques, ovation pour le 4 et le 6) pour Curro Díaz (salut, deux oreilles), Thomas Dufau (une oreille, une oreille) et Joaquin Galdos (silence, une oreille).

 Les printemps sont pluvieux en Aquitaine et lorsque, comme aujourd'hui, les averses succèdent aux averses, on se dit que Gamarde, avec ses arènes couvertes et fermées, est le lieu idéal pour accueillir la première corrida de la saison.
Les toros de José Cruz (origine domecq), inégaux de volume et d'armures, ont trop souvent péché par excès de faiblesse bien que tous aient fait preuve de mobilité et de noblesse. Le dernier, brave et puissant, fut le meilleur de l'après-midi. A noter que quasiment tous rematèrent violemment aux burladeros, le magnifique second s'y brisa une corne alors qu'on s'employait à le placer pour une intervention du sauteur landais Fabien Napias. Il fut remplacé par un toro du même fer.
Déjà à son avantage face à son premier adversaire, fade, dans une faena toute entière donnée de la main gauche, Curro Díaz fut magistral à son second. Tout ce qu'il faisait était juste, adapté, dominateur. Parar, templar, mandar, conjugués à tous les temps et à tous les modes face à un toro, médiocre au départ, qui se livre de plus en plus et finit par paraitre meilleur qu'il n'était. Deux oreilles après un mete y saca et une estocade desprendida.
Deux entières portées avec foi (témoignage de ses progrès dans cet exercice) et d'effet rapide permirent à Thomas Dufau de couper chaque fois une oreille. Il commence bien sa faena au 2bis par des droitières liées mais le toro, distrait, lui échappe en fin de faena. Même scénario avec le 5 qui, après un début par cambiadas au centre, prend bien vite la poudre d'escampette pour se réfugier aux tablas.
Joaquin Galdos, après une faena templée mais forcément sans écho au faible troisième, eut du mal à s'accorder à la charge puissante du 6.


lundi 20 mars 2017

Vic Fezensac : les cartels 2017

Samedi 3 juin
11h   novillada
Raso de Portillo
Mario Palacios - Miguel Angel Pacheco

18h    corrida
Dolores Aguirre
Paulita - Octavio Chacon - Alberto Lamelas


Dimanche 4 juin
11h  corrida-concours
Miura - Valverde - Cuadri - Oliveira Irmaos - Valdellan - Los Maños
López Chaves - Morenito de Aranda - Michelito

18h  corrida
Palha
Alberto Aguilar - Emilio de Justo - Rubén Pinar


Lundi 5 juin
17h   corrida
Alcurrucén
Curro Díaz - Juan Bautista - Manolo Vanegas (alternative)


   Quand on compare les cartels de Vic à ceux de la plupart des plazas espagnoles on a l'impression d'être ici dans une oasis pleine de fraîcheur, bien loin du conformisme qui sévit outre-Pyrénées. On se dit que chaque jour il peut se passer quelque chose d'important; c'est le propre des cartels réussis. Côté toro, l'attente sera forte pour les quatre premières courses avec la présentation des Raso de Portillo, la présence indiscutable des Dolores Aguirre (un des élevages les plus passionnants de ces dernières temporadas), la variété d'encaste et le sérieux de la corrida-concours et, enfin, le retour des Palha en terre d'Armagnac. Côté homme, les combinaisons me paraissent équilibrées, mélange de lidiadors expérimentés, de toreros d'un corte plus artistique ( indispensable, selon moi, dans une feria toriste) et de nouveaux venus  que l'on imagine désireux de se montrer sous leur meilleur jour dans le besoin qu'ils ont de s'assurer des jours meilleurs. En tout cas, aucun torero ne me manquera, même si je regrette l'absence de Javier Cortes que l'on avait vu à son avantage l'an passé. Certes je suis un peu circonspect à propos de la présence de Michelito à la corrida-concours, sa carte de visite me parait en effet un peu mince, mais on peut penser que son Vicois de père l'a jugé capable de surmonter l'épreuve. Quant à Manolo Vanegas, la solidité dont il a fait preuve en tant que novillero la temporada dernière en faisait le candidat idéal pour recevoir la première alternative octroyée dans la plaza vicoise.




mercredi 15 mars 2017

Un poème de Guy Goffette

                  

                ARTAUD (RÉRO)

                                                               à Jacques Réda

Si ce n'est pas lui, c'est son frère ou son sosie.
Lui-même s'interroge s'il rêve encore ou
s'il a touché le fond de cette comédie
que fut son long exil dans l'arène des fous.

On dirait que la foule alentour crie au faux,
qu'il pose pour la gloire et pour l'éternité,
alors qu'il est vraiment seul avec le taureau
et plus nu que son ombre au milieu de l'été

et ce que voient ses yeux au-delà du décor,
ce n'est peut-être rien que l'idée saugrenue
qui fige le présent et qui trompe la mort :
que le sang soit du vin, le sable une peau nue.

                  Guy GOFFETTE
(Sur une carte postale envoyée de Nerja, le 9 août 2014)
        

Extrait de Guy Goffette, Petits riens pour jours absolus, Gallimard, 2016

vendredi 3 mars 2017

Ecologie et corrida : la vie réelle du toro de combat

 
 L'hostilité envers la corrida fait trop souvent partie des lieux communs véhiculés par le discours des mouvements écologistes politiques d'aujourd'hui. A fort mauvais escient.
   A l'heure où l'on se préoccupe - à juste titre - du sort des animaux élevés et tués industriellement, à l'heure où les documentaires télévisés ou cinématographiques montrant les beautés (et les cruautés) de la vie des bêtes au grand air en arrivent à reprocher à l'homme d'exister, les aficionados ont tout intérêt à témoigner de la réalité de la vie du toro brave au campo.
   On sait que, dans les pays de tradition taurine, des centaines de milliers d'hectares sont préservés et entretenus naturellement grâce à la présence des toros de corrida et que, au sein de ces espaces d'une richesse extraordinaire (biodiversité et tout le tralala), vaches et toros de combat vivent dans des conditions quasi édéniques.
   Le reportage (lien ci-dessous) que j'ai trouvé sur le blog La luz del monte me parait un parfait exemple de ce qu'il faut faire connaitre au public pour l'éclairer sur "les dessous de la corrida".

   Las dehesas del toro bravo, publié le 30 juin 2016 sur le blog La luz del monte.

photos : La luz del monte

dimanche 19 février 2017

Pourquoi ils vont voir des corridas

   J'avais un chèque-cadeau à la FNAC. Je vais au rayon tauromachie. Là, pas grand chose à se mettre sous la dent. A Bordeaux pour les toros il vaut mieux aller chez Mollat. Mais je finis par trouver, perdu entre les chevaux et les sports divers et variés, ce petit livre publié chez Atlantica : Pourquoi ils vont voir des corridas, textes réunis par Marc Delon.
   Une perle! Tout m'a plu : les textes, les photos, tout.
   Il y a quelques années déjà, qui voulait pouvait envoyer, via internet, un texte pour répondre à cette question : "Pour quelle(s) raison(s) allez-vous voir des corridas ?" Au final, une sélection d'une quarantaine de réponses. Des courtes, des très élaborées. Des textes d'aficionados inconnus y côtoient ceux de pointures de la critique taurine, jusqu'à celui d'une académicienne! Bien sûr on a sorti pour l'occasion sa plus belle plume et l'écriture est parfois un peu endimanchée, mais jamais au détriment de la sincérité. Et ça fonctionne, c'est toujours intéressant, parfois beau et émouvant. Je l'ai lu avec le plaisir de me sentir membre de cette grande et belle famille de l'aficion. Mais on peut aussi l'offrir, comme le recommande Marc Delon, à son anti préféré, ou bien à sa belle mère qui ne comprend pas toujours pourquoi on file si souvent, par monts et par veaux, à la recherche du mystère des toros braves et de leur combat.

Pourquoi ils vont voir des corridas, textes réunis par Marc Delon, Atlantica, 2013

jeudi 9 février 2017

Quelques citations sur l'art de toréer

   A L'œil contraire on aime bien les citations. On les considère comme des formes poétiques brèves qui nous séduisent, parfois, par leur beauté formelle, mais aussi, bien sûr, comme des éléments de réflexion qui nous aident à mieux appréhender notre passion.
   En voici quelques unes sur l'art de toréer :

   "Le torero qui effraie le public dans l'arène par sa témérité ne torée pas, il est au contraire sur ce plan ridicule, à la portée de tout homme de jouer sa vie; alors que le torero mordu par le duende donne une leçon de musique pythagoricienne, et fait oublier qu'il lance constamment son cœur sur les cornes."
( Federico Garcia Lorca, Jeu et théorie du duende, 1933)

   "Torero es quien permanece dentro de la suerte, dilatando el tiempo en que sucede y, con su ligazón, haciendo posible que el toreo se articule, se convierte en lenguaje, y, por tanto, haga de un juego un arte con capacidad de discurso, el nacimiento del interprete, la posibilidad de un marco de expresión personal."
   "Torero est celui qui reste au centre de la suerte, dilatant le temps au cours de son accomplissement et, par la liaison entre les passes, rendant possible que le toreo s'articule, se transforme en langage, et, ainsi, fait d'un jeu un art avec une capacité de discours, la naissance de l'interprète, la possibilité d'un contexte d' expression personnelle."
(José Carlos Arevalo)

   "Toréer c'est détourner de soi, enrouler autour de soi ce qui devrait venir droit sur soi, droit en soi ... C'est conduire la charge naturelle et instinctive de ce désir de pierre, sur une trajectoire autre et, en un sens, anormale : courbe! Or "conduire ailleurs", "détourner", en latin se disent "seducere". Et se traduisent d'un mot : séduire. Toréer c'est séduire.
(Jean - Le Carpentier, Ecrire la corrida, préface, 1987)

   "No existe en el mundo occidental ninguna ceremonia capaz de conmover y elevar con semejante fuerza al ser humano. [...] A lo largo de mi vida he gozado de las mejores expresiones del arte, en música, danza, ópera y teatro, pero nada es comparable al ritual taurino.
   "Dans le monde occidental il n'existe aucune cérémonie capable d'émouvoir et d'élever l'être humain avec une telle force. [...] Tout au long de ma vie j'ai pu bénéficier des meilleures expressions de l'art, à travers la musique, la danse, l'opéra et le théâtre, mais rien n'est comparable au rituel taurin."
(Albert Boadella, Adios Cataluña, 2007)

   "Le propre de l'émotion taurine c'est qu'elle allie le désintéressement du beau à l'intérêt suprême, la vie; c'est qu'elle produit de la beauté sur fond de risque de mort... C'est pourquoi la beauté taurine est si forte, si violente, si déchirante."
(Francis Wolff, Philosophie de la corrida, 2007)


Beaucoup d'autres citations sur L'œil contraire, parmi lesquelles :
                    21 janvier 2007 (Défendre la corrida)
                    19 juillet 2008   (Alvaro Domecq)
                    28 janvier 2016 (Diego Bardon)

mercredi 25 janvier 2017

L' Arte de Manolete

   Avec son corps décharné, son visage sec et triste, son toreo ascétique, Manolete a toujours été pour les aficionados français l'incarnation de l'Espagne franquiste de l'après-guerre civile. Le documentaire diffusé sur la chaine de télévision Arte a le mérite de remettre en cause cette vision un peu trop réductrice.
   Au Mexique, le torero est accueilli avec ferveur par les milliers de réfugiés politiques républicains. Il va même jusqu'à nouer des relations avec Indalecio Prieto, ancien ministre d'importance du gouvernement républicain et chef en exil du PSOE. Quand on sait avec quel acharnement féroce les franquistes ont, longtemps après leur victoire, poursuivi leurs adversaires, on mesure à quel point le courage du matador ne s'exprimait pas seulement devant les toros.
   Plus tard, pour se soustraire aux pesanteurs de la bigoterie espagnole choquée par son idylle avec l'actrice Lupe Sino, c'est encore au Mexique qu'il trouvera un havre de paix. Le 28 août 1947, à Linares, Islero de Miura mettra fin à la vie de celui dont la sérénité stoïque relevait sans doute bien plus de la mystique espagnole (et cordouane) que de la raideur franquiste.

Manolete, un torero en guerre
Les oubliés de l'histoire, série documentaire de Jacques Malaterre, 2016
à voir sur Arte

Manolete sur L'œil contraire : Brindis à Manolete (6 mai 2008)
                                             A propos de Manolete (20 avril 2010)






















Barcelone 1944 Manolete toréant un toro de Miura
Face à la photo de cette extraordinaire naturelle je me demande s'il ne faudrait pas aussi réévaluer le toreo du Cordouan, trop souvent vilipendé par les critiques taurins français, en particulier Tio Pepe (qui ne l'avait pourtant jamais vu toréer).

lundi 16 janvier 2017

Anniversaire

   Déjà dix ans d' Œil contraire. Pour un blog l'âge de la sénilité. D'autant que sont apparus ces dernières années des modes de communications encore plus rapides, encore plus superficiels, encore plus narcissiques. Mais bon, cahin-caha, je continue ...   pour une raison très simple et très suffisante c'est que je prends du plaisir à le faire. Bien sûr l'exercice a ses pesanteurs et ses difficultés. L'angoisse de la page blanche frappe aussi le modeste blogueur et les atermoiements pour pondre vingt misérables lignes ont leur côté grotesque. Mais cela est indéniablement constitutif du charme de l'écriture. Au passage je note que L'œil contraire rentre dans la catégorie des blogs purement tartempionesques. Je m'explique. Il y a les blogs qui sont le prolongement de l'activité professionnelle de leur auteur qu'il soit journaliste, écrivain ou encore marchand. Et il y a les blogs qui offrent à chacun une possibilité, autrefois impensable, de prendre la parole sans être obligé de montrer ses papiers ou de faire partie d'un quelconque sérail. Chacun c'est monsieur Tout-le-Monde, c'est Tartempion, c'est moi, c'est vous ... Ce fut, il y a plus de dix ans maintenant, une petite révolution.
   Aujourd'hui, le paysage de la blogosphère taurine française est aussi morne qu'une plaine dans la grisaille de l'hiver. Quelques grands anciens (bon pied, bon œil) subsistent, mais beaucoup ont arrêté (provisoirement ?) et aucune nouvelle voix ne se profile à l'horizon.
   Raison de plus pour continuer.


Les deux premiers posts de L'œil contraire :  jeudi 4 janvier 2007
                                                                    vendredi 5 janvier 2007

Mais un regard (déterminé et confiant) vers l'avenir s'impose :






















photo tirée du site de l'UCTL

dimanche 1 janvier 2017

Bonne Année 2017 Feliz Año Nuevo
















Pour que sortent en 2017 beaucoup de toros con casta ...

Ici un novillo de Saltillo, le 15 août dernier à Roquefort.
photo Laurent Bernède