mardi 15 septembre 2026

Feria de Valladolid

 
   
   Aussi bien sur le plan taurin que touristique, Valladolid, qui fut un temps capitale du royaume d'Espagne et qui vit naître Philippe II, a des arguments à faire valoir. Son musée de sculpture est une pure merveille et sa feria taurine a repris du poil de la bête depuis que Tauroemocion en a pris les rênes. Les trois dernières corridas présentaient un intérêt certain et avaient attiré la grande foule aux arènes. Le plein total (11500 spectateurs) n'était pas loin d'être atteint le jeudi (Roca Rey), plus encore le vendredi (Morante) et les deux tiers des gradins étaient occupés le samedi (Victorinos, Luque). Parmi ces spectateurs un nombre important de jeunes, voilà qui est réconfortant.
 
   La corrida de jeudi fut celle de la révélation d'un torero : Manuel Diosleguarde. Le Salmantin a connu une grande tarde. Il fut brillant à la cape et bon tueur mais c'est à la muleta, avec la main gauche, qu'il a marqué les esprits. Ses naturelles longues, parfaitement templées et liées soulevèrent l'enthousiasme du public. Deux oreilles, une oreille.
   Roca Rey se donna à fond et prit à son habitude tous les risques. Deux oreilles et une oreille pour lui aussi, le président ayant semblé respecter une certaine parité entre les deux triomphateurs du jour. 
   Alejandro Talavante était l'élément neutre du cartel, il joua parfaitement son rôle.
   Les toros de Victoriano del Rio plurent beaucoup : ils étaient de présentation discrète, de comportement varié, tous toréables.
   
   Le jour de Morante on changea mystérieusement les toros. Le lot prévu de Garcigrande fut entièrement remplacé par un affreux encierro de Vellosino. Des toros laids, affublés pour certains de bananes en guise de cornes, et mansos. Seul le cinquième ressemblait à un toro, il fut brave et Emilio de Justo sut exploiter sa vibrante charge sur la corne droite. A son premier sa réception à la cape par largas parfaitement toréées fut remarquable. Une oreille et deux oreilles pour le probe Emilio.
   Morante de la Puebla eut le pire des lots mais il s'arrima face au brusque quatrième qui ressemblait à une vache et auquel il était parvenu à donner trois véroniques de sa marque. Silence, Salut.
   David de Miranda remplaçait l'espoir local Mario Navas, bras en écharpe, clavicule cassée, à qui furent brindés les deuxième et sixième toros. Plus de dix après avoir jugé David de Miranda peu porteur de qualités pour faire un torero, je dois aujourd'hui réviser mon jugement. Il a énormément gagné en souplesse et occupe un terrain qui lui permet de faire charger les toros et d'enchaîner les passes. Une oreille, salut. 
 
   La corrida de Victorino Martin (huit piques, une chute) fut d'un intérêt constant. En partie en raison du comportement varié des toros mais aussi grâce à une terna d'excellent niveau. Les Albaserradas étaient disparates de présentation, presque tous noirs entrepelado. Les 1 et 4 furent de vraies alimañas comme la maison sait encore en produire. Brave et piquant le petit second qui ne pesait que 451 kg (minimum requis de 435 kg dans les arènes de seconde catégorie) mais renversa le cheval sur la poussée lors de la deuxième pique. De la noblesse pour les trois autres avec le défaut de la fadeur pour le 5.
   Pas de chance pour Manuel Escribano à qui le sort attribua les deux alimañas. Sa volonté et son oficio n'étaient pas de trop faire face sans dommage à l'épreuve, en particulier pour se garder des retours fulgurants du 4. Soutien du public et salut chaque fois pour le courage du Sévillan.
   Daniel Luque est un torero cuajado, il donna à chacun de ses toros une faena différente et parfaitement adaptée aux conditions du toro. Dominateur, concis, tueur sûr. Oreille chaque fois.
   Aaron Palacio rencontrait pour la première fois les toros de Victorino. La suerte lui réserva un premier toro idéal devant lequel sa sincérité et la finesse de son toreo purent s'exprimer. Oreille. Il fut bon également devant le 6 qu'il domina, mais un peu long à la mort. Salut. L'Aragonais est lui aussi un véritable espoir.
   Aujourd'hui pas de manoletinas, bernadinas et autres luquesinas : une corrida sans superflu.
 
 
   D'une feria qui compte de nombreux atouts : cartels de bon niveau, public et présidence corrects, toreros donnant le meilleur d'eux-mêmes, on regrettera la présentation de certains toros par trop insuffisante, même pour une plaza de seconde. 
 
 
 

 
 
 


 
    
    
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Aucun commentaire: