dimanche 30 août 2026

Bilbao : Roca Rey ! (Thierry Wagniart)

 

Bilbao. Jeudi 27 août 2026, plaza de toros de Vista Alegre.

Aujourd’hui c’est Le cartel de la Semana Grande. Taureaux de Victoriano del Rio pour Diego Urdiales, Talavante et Roca Rey. Température agréable, beaucoup de vent par moment, piste en excellent état et la plaza remplie jusqu’au toit. Quel plaisir de revoir le “lleno total” à Vista Alegre !

Petit clin d’œil bilbaíno du jour : il y a dix ans, Diego Urdiales coupait les deux oreilles d’ “Atrevido” taureau spectaculaire de chez Alcurrucén et sortait par la grande porte.

La corrida de Victoriano del Río n’avait pas le trapío d’une course pour Bilbao. Certes, le poids moyen de la course était de 560 kg. Mais le poids ne fait pas le trapio d’un taureau de combat. Pas de tamaño, des armures bonitas, pas de fond, faibles, pas de race, et donc pas de caste, comportement totalement anodin de l’ensemble du cheptel au cheval, baromètre essentiel de la bravoure, et pourtant…

Toute l’après-midi, Diego Urdiales réalisa quelques prouesses éphémères, certes, mais la qualité de son toreo, sa profondeur, ne laissa pas indifférent. Avec le capote un quite avec des chicuelinas de toute beauté, puis il nous aura offert quelques muletazos muy buenos, du toreo “al natural” de bon goût, mais malheureusement ses taureaux ne lui ont pas permis d’aller au bout des choses. Comme la semaine dernière à Malaga, il porta des épées engagés et en bonne place. Il reçut deux grandes ovations.

Talavante… je ne sais quoi vous raconter sur ce torero. Je ne l’ai pas senti très concerné. Le strict minimum, et encore. Le seul taureau de l’après-midi qui avait peut-être un peu de race, il demanda à son picador de service de s’occuper de son cas dans une interminable pique…la suite ? Et bien, il fera semblant, il tournera autour, jouera la montre et bye-bye ! Voici mon RIB, merci et à l’année prochaine.

Venons-en maintenant au phénomène Roca Rey. Première victoire, il réunit 14725 personnes à Vista Alegre, chose qui n’est pas arrivé depuis…quinze ans. Il a et a toujours eu gros cartel à Bilbao. Sa deuxième victoire, c’est d’avoir inventé deux taureaux qui n’existaient pas. Authentique exploit. Engagement total dans ses faenas qui devinrent très vite du toreo de proximité, cette tauromachie encimiste qui porte sur le public. Poder et sitio. C’est la base du succès d’hier. Il fut vraiment impressionnant avec son dernier, un cinqueño bien passé, astifino qu’il reçut genoux plantés dans le sable gris, pour chauffer la foule. Mélange de naturelles, deux cambios dans le dos parfaitement maîtrisés…du délire. Tout son travail sera fait dans la zone du tendido 5, à l’abri du vent. Il passe le cinqueño à la moulinette, il le tord, lui fait perdre la tête. Le grand public est en ébullition. Son desplante final est celui d’une grande figura, épée et muleta au sol, sa posture fait chavirer Bilbao. Il se profile pour porter l’épée. Stupeur, il jette sa muleta au sol, la main gauche qui tue est orpheline, il bascule, l’épée rentre, un peu derrière, le public à l’unisson explose comme si l’Athletic marquait le but de la victoire face au Real de notre Kiki national ! Une oreille à chacun de ses taureaux. Voilà pourquoi Roca Rey est una maxima figura del toreo. Ce garçon n’est pas dans le besoin depuis sa naissance, il est immensément riche, mais il joue sa vie dans l’arène… pas toutes certes, mais ça c’est un autre sujet à étudier, et à mon avis il doit venir de certaines réactions environnementales dans certaines arènes.

Roca Rey ! Le sauveur de Bilbao sur l’échiquier taurin ? 

 

wT 

 


vendredi 28 août 2026

Bilbao 50 ans déjà

 

   Il y a tout juste 50 ans, le 23 août 1976 précisément, j'assistais à ma première corrida bilbaina. Face à un magnifique lot de Miura, Manolo Cortes, Roberto Dominguez et El Puno donnèrent le meilleur d'eux-mêmes. La ville, encore port industriel, était noire à l'image du sable de la plaza, crasseuse, inhospitalière en apparence, et traversée par un égout à ciel ouvert, le Nervion. Aujourd'hui, dans une ville radicalement transformée, la corrida est toujours bien présente. On note même un regain d'aficion, en particulier de la part d'un public assez jeune. Un problème de taille reste cependant sans solution à ce jour : si les entrées sont excellentes les jours où toréent les grandes figures, le grand public se désintéresse totalement des autres tardes. Les deux premières corridas de la feria qui n'ont vu les arènes se remplir qu'au quart de leur capacité en témoignent.
 
   Déception mardi avec un lot de Dolores Aguirre mal présenté et manso. Le petit second est laid et sin cara, le cinquième, attendu avec intérêt en raison de ses 652 kg annoncé, est un colorado adipeux et totalement invalide  qui sortira d'une vuelta de campana avec les cornes en pinceau. Malgré leur fond de mansedumbre les trois premiers donnèrent le change grâce à leur mobilité. Le 4 fila aux planches dès qu'il se sentit dominé et le 6 se révéla un assassin intoréable à la muleta.
   D'Antonio Ferrera, qui se heurta à l'hostilité d'une partie du public, on ne retiendra que les quites donnés à l'ancienne à la sortie des piques.
   Damian Castaño était venu pour se battre, le public lui en sut gré, mais après un bon début de faena le quatrième refuse le combat et le sixième dont le comportement aux deux premiers tiers avait laissé espérer une suite plus heureuse se révèle une véritable alimaña au tiers final.  
   Pour rester positif on retiendra les beaux tercios de piques aux 4 et 6 par Javier Martin et Juan Melgar.
 

 
 
   Mercredi les toros de La Quinta revenaient à Bilbao après l'indulto obtenu l'an passé par Tapaboca. Les médiocres sorties réalisées par l'élevage depuis le début de la temporada laissaient espérer aux optimistes que les bons toros de la ganaderia allaient sortir ce jour. Ce ne fut pas le cas même si l'on peut considérer qu'aujourd'hui les toros n'ont pas toujours été aidés par les toreros. 
   Tout avait pourtant bien commencé par une monumentale chute obtenue par le magnifique premier. Ce n'était qu'illusion car l'astado va se révéler ensuite un véritable bœuf qui trottine incessamment, la tête dans les nuages. Les cinq autres resteront dans une honnête moyenne sans la grande bravoure ni la noblesse toute de douceur ou parfois de piquant dont ils peuvent faire preuve dans leurs meilleures sorties. A vrai dire plusieurs d'entre eux n'ont sans doute pas été toréés comme il aurait convenu.
   Roman qui se montra dominateur et bon tueur (oreille du 2) est hors de cause. J'attendais avec quelque illusion Emilio de Justo espérant le voir revenu à son meilleur niveau après ses derniers triomphes malagueños mais je dus déchanter. Face au quatrième il se montra incontestablement vaillant mais sans retrouver totalement la sérénité et la profondeur de son meilleur toreo. Quant à Tomas Rufo il m'a paru rester en dessous des possibilités de ses deux toros et souffrir en outre d'un manque très net de personnalité.
  

mercredi 19 août 2026

Retour sur la journée taurine de Roquefort

 photos : Laurent Bernède 
 texte : Velonero
 
La novillada piquée
 
 

    Avec leur pelage cárdeno et leur finesse, les novillos d'Emmanuel Turquay (ici le 3, mosqueado) formaient un bel ensemble très typé santa coloma. Les 2 et 6 plus vareados avaient même le hocico de rata typique des saltillos.
   Tous avec un fond de caste indéniable : de belles sorties, une première pique prise en poussant avec codicia (hélas il n'y en eut qu'une !), la gueule fermée jusqu'à la mort. Leur défaut : une certaine faiblesse de patte (ou un manque de fond) qui les a conduit à se réserver, en particulier les 3, 5 et 6. 
 
 
 
 

 
   Le Bordelais Clément Hargous torée peu et pourtant il s'est remarquablement comporté tout au long de l'après-midi. Avec pundonor et un minimum de technique qui lui ont permis de faire face en particulier devant son premier adversaire, une véritable vipère. Les deux photos sont éloquentes. En début de faena on voit bien le novillo mener le bal mais le Girondin parvint à donner en fin de faena une belle série de naturelles aidées. Il fut récompensé de son travail en coupant l'oreille du 4 suite à une estocade efficace.
 
 
   Selon l'expression consacrée, Jorge Hurtado a été le plus torero des trois. Ça ne veut pas dire que les autres ne l'ont pas été mais on sent chez l'Extremeño un petit quelque chose en plus. Une manière d'être mais aussi un placement face au toro qui font que peuvent surgir à tout moment art et embrujo. La suerte de matar ne semble pas, hélas, être son point fort. Il va toréer dans toutes les ferias de novilladas espagnoles du mois de septembre et son parcours est incontestablement à suivre.
   Face à deux novillos vite arrêtés le Mexicain Lopez Ortega est passé inaperçu.
 
 
La novillada sans picadors
 
 
   Une bonne nouvelle : la grande caste du premier novillo de L'Astarac, d'une charge soutenue et inlassable. Bonne nouvelle parce qu'il s'agit d'un novillo d'origine Garcia Pedrajas que Jean Louis Darré élève en parallèle à ses domecq de Camino de Santiago. Affaire à suivre.
   Israel Guirao, de retour à Roquefort après son triomphe de l'an passé, le reçoit somptueusement de cape. La suite sera plus banale et un peu décevante de la part d'un novillero prêt à passer à l'échelon supérieur. 
 
 
 
   Jules Dujols alias Julio Martin a connu une matinée riche d'expérience car il a été confronté à deux adversaires particulièrement difficiles. S'il n'a pu briller il a tout de même surmonté l'épreuve avec sang froid et détermination. Son premier (L'Astarac) donne de la corne et tout le travail de Julio consistera a essayer d'éviter de se faire chahuter la muleta. Il y réussira parfois.
   Par son trapío, son second (Alma Serena) n'aurait pas déparé à l'échelon supérieur. Au moral il concentre les défauts : distrait, coureur en tous sens, manso, querencioso. Le jeune homme ne perd pas les papiers et tue avec efficacité. Ouf ! Une épreuve sérieuse bien surmontée.


Ce fut une belle journée taurine, sans triomphe, sans excès de brillant mais sans ennui, d'un intérêt toujours soutenu. Mais il y a un mais. Le manque de public (moins de 1000 entrées payantes l'après-midi) fait que, à Roquefort comme dans d'autres petites plazas de la région, ce spectacle vit peut-être ses dernières heures.

 
 

 

lundi 10 août 2026

Soustons

 


Samedi 8 août 2026                    Soustons
temps orageux                            arènes Henri Canelas
demi-entrée 
 
Six novillos de Fernay (10 piques, vuelta au sixième) intéressants, pour Victor (une oreille, une oreille), Miriam Cabas (silence, silence) et Hugo Tarbelli, remplaçant Clovis (une oreille, deux oreilles).
 
Autour des arènes une immense fête foraine et son tintamarre bien peu taurin. A cela il faut ajouter la présence d'un horrible orchestre de tambours qui tonitrua à l'extérieur des arènes durant une bonne partie de la novillada, recouvrant même les notes de l'orphéon municipal ! Des anti-taurins déguisés ? Mais l'esprit de la corrida est difficile à tuer. Il revint lors du combat du dernier novillo. Un ciel d'ébène, les premiers grondements du tonnerre, les éclairs qui zèbrent l'horizon, un novillo plein de caste et un novillero qui se donne entièrement, c'est le classique triomphe sous l'orage tel que l'auront connu les arènes de Soustons sur le coup de 20h 30 en ce samedi d'été torride. Merci aux novillos de Fernay qui par leur comportement combattif, leur solidité ont permis une tarde sans ennui. Un grand bravo à Hugo Tarbelli, l'appelé de la dernière heure, qui transmet au public la joie qu'il a de toréer et dont le bagage technique, malgré le peu de novilladas toréées, est déjà conséquent.
L'après-midi fut plus difficile pour Miriam Cabas, totalement absente à la cape, limitée muleta en main et mauvaise à la mort. Il est vrai que ses novillos, bien que durement châtiés à la pique, se montrèrent solides et encastés.
Avec sa tauromachie élégante mais froide, sentant encore l'école, Victor, face à deux novillos de charge légère, resta en demi-teinte malgré quelques passages réussis sur la main droite et une bonne estocade à son premier. 
 
 
 


mercredi 5 août 2026

Les santacolomas de Turquay à l'affiche de la novillada de Roquefort

 


   Manu Turquay jouera une partie importante lors de la novillada du 15 août à Roquefort. Il présentera pour la première fois dans le Sud-Ouest un lot complet de ses santacolomas issus de Pablo Mayoral ainsi que du fer historique de Joaquin Buendia. Un mélange identique à celui de Los Maños dont on connaît les excellents résultats. On souhaite le même succès à l'élevage de la Crau. A l'heure où de nombreuses ganaderias françaises d'origine domecq confirment leur bonne santé il serait intéressant pour la variété d'encaste dans notre pays que des fers d'origine santacoloma puissent également émerger.
 

 


   Du côté des hommes on pourra voir le novillero bordelais Clément Hargous, qui a déjà eu l'occasion de faire preuve de ses qualités dans le Sud-Est. Il sera accompagné de deux jeunes promesses que l'on découvrira dans notre région : l'Extemeño Jorge Hurtado et le Mexicain Lopez Ortega.
 
 
Turquay sur Terre de Toros 

samedi 1 août 2026

Mont-de-Marsan : quelques photos de la corrida d'Escolar Gil

 Grâce aux photos de Laurent Bernède, retour sur l'excellente corrida d'Escolar Gil qui fut - et de loin - la meilleure course de la feria montoise. La bravoure et le sérieux des Escolar ont permis à Dorian Canton d'affirmer ses grandes qualités. Avec un sorteo particulièrement favorable Pepe Moral a perdu l'occasion de reverdir des lauriers quelque peu fanés. Quant à Antonio Ferrera il a connu une journée noire avec broncas à la clé.