Dimanche 6 septembre 2026 Seissan (Gers)
canicule théâtre de verdure du Soleil d'Or
deux tiers d'entrée
Six novillos de Jean Louis Darré "Camino de Santiago" (8 piques, 1chute), très bien présentés, de comportement varié, pour Jesus Romero (silence, salut), Mario Vilau (une oreille, une oreille) et Hugo Tarbelli qui remplaçait Clovis (une oreille, blessure).
On rendit un vibrant hommage en début de course à François Rivière, maire de Seissan récemment décédé. Son aficion a permis à la petite cité gasconne d'organiser des novilladas piquées (après une déjà longue histoire taurine) grâce à la construction du théâtre de verdure du Soleil d'Or dont l'une des fonctions est d'accueillir les spectacles taurins. L'un des burladeros provient d'ailleurs des anciennes arènes du Soleil d'Or de la proche Toulouse et justifie le nom de la plaza.
L'Astarac, cette partie du département du Gers proche des Hautes Pyrénées est également riche sur le plan taurin de la ganaderia de Jean Louis Darré ainsi que de la présence de la cuadra de chevaux de picadors d'Alain Bonijol. C'est sans surprise qu'on les retrouvait donc sur le sable de la plaza. Très bien présentés furent les novillos de Camino de Santiago avec en point d'orgue le magnifique sixième. Leur comportement fut varié et conféra à la tarde sérieux et émotion.
Jesus Romero, peu aidé par une cuadrilla à la dérive, affronta deux novillos vite réfugiés aux tablas. On l'appela à saluer à la mort du quatrième en reconnaissance à la finesse de son style et pour avoir réussi quelques enchaînements méritoires au plus près des planches.
Mario Vilau, novillero barcelonais à la pâleur d'un lord anglais, a été impressionnant de maîtrise et d'efficacité face à ses deux novillos. Sa capacité à tirer le meilleur de ses adversaires, d'allonger leur charge et de les dominer par son temple et son mando m'a fait penser à un certain Enrique Ponce. Il tua avec engagement qui lui valut une voltereta au 2) et coupa l'oreille de chacun de ses novillos. La Catalogne tient-elle un torero ?
Face à deux novillos très exigeants, Hugo Tarbelli, paya du prix du sang son engagement et son inexpérience. Il se montra parfois imprécis aux banderilles mais sa dernière paire de poder a poder était magnifique. Le troisième camino de santiago, un très bon novillo, brave et noble, mena souvent le bal mais l'entrega du Français emporta l'adhésion des étagères (oreille). Face au violent sixième le drame plane. Après de vaillantes séries de derechazos, la cogida viendra sur les naturelles. La corne soulève le torero qui est repris au sol puis emporté dans l'émotion à l'infirmerie.