2256 numéros et cent ans au service de l'aficion ! Le bénévolat et la passion de ses rédacteurs ainsi qu'une ligne sans compromissions sont les éléments-clés de cette longévité.
dimanche 18 janvier 2026
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mardi 24 novembre 2020
A propos de Joselito
vendredi 10 juillet 2020
Pamplona : San Fermin 1927 (suite)
Dimanche 10 juillet
Huit toros de José Encinas pour Antonio Marquez, Pablo Lalanda, Martin Agüero et Rayito.
Si hier on ne parlait que de faenas de toreros, aujourd'hui c'est la caste des toros de José ENCINAS qui emporta l'adhésion.
"Une grande tarde de toros, de toros braves, francs, sans défauts pour la plupart. Un lot homogène, fin de formes, remarquablement présenté.
Le numéro 53, qui sortit en second lieu, Farineto, negro, fut un toro admirable, suave, brave, suivant le leurre jusqu'à son agonie; un toro rêvé par les toreros ! On lui fit faire le tour de piste, et on l'ovationna à l'arrastre, ainsi que les quatrième, n° 8, Limeto, cardeno oscuro, cinquième, n° 29, Bravo, negro, et sixième, n° 9, Monudito, negro bragao. Le premier n'eut d'autre défaut que de aplomarse rapidement. Le troisième très franc et noble, un peu tardo, contribua au succès de Agüero; le septième, brave également, arriva réservé à la muleta; le dernier, qui parut d'abord chercher la fuite, se montra brave aux piques, puis bronco à la muleta. Ils eurent à peu près tous une magnifique forme de embestir. Bravo au ganadero !
Les 8 toros prirent 28 piques pour 16 chutes; ils ne laissèrent que 3 chevaux sur le sable, mais on en emmena à l'écurie une demi douzaine qui auraient dû être puntillés sur place. Ils pesèrent en moyenne 275 kilogs" (460 kg en vif).
Notons que la ganaderia porte le fer de José Vega, elle a été achetée par José Encinas à Victorio Villar, elle est donc issue du fameux croisement Veragua Santa Coloma qui a longtemps fait les beaux jours du Campo Charro, elle est installée à Ledesma (Salamanca). Le fer existe toujours, après avoir longtemps appartenu à Justo Nieto, il est aujourd'hui propriété de Jesus Angel Perez Villareal, un négociant aragonais qui s'est empressé d'éliminer les vega villar pour les remplacer par du sous domecq d'El Montecillo.
Antonio MARQUEZ connut à nouveau une après-midi grise avec bronca à son premier.
Face à deux bons adversaires, Pablo LALANDA se montra "d'une nullité désolante".
Le triomphateur de la tarde fut Martin AGÜERO. Il tua son premier d'un grand volapié, "de ceux que l'on voit si rarement, l'estocade portée en pleine cruz et le torero sortant limpio par les costillares. Quelle ovation, lorsque les deux oreilles et la queue furent concédées au vaillant muchacho que l'on applaudit follement pendant la vuelta al ruedo !"
RAYITO fut sans recours ni dominio et ses parones suicidaires ne sont pas à encourager. Il tua avec sincérité de deux bons coups de rapière.
Mardi 12 juillet
Deux novillos de Celso Cruz del Castillo pour le rejoneador Antoño Cañero et six toros du Conde de la Corte pour Antonio Marquez, Marcial Lalanda et Cagancho.
Il faisait un temps si exécrable le lundi 11 juillet que l'on dut reporter la corrida au lendemain.
Cette tarde permit à la feria de s'achever dans l'enthousiasme en raison de l'immense triomphe de CAGANCHO. Le gitan aux yeux verts, qui avait pris l'alternative en début d'année à Murcie, coupera les deux oreilles et la queue du dernier toro de la feria. "Ses lances sont classiques et purs, d'une tranquillité absolue. Il s'imposa plus encore à la muleta, toréant de près, dominant complètement. A son premier, il fut désarmé et esquissa une espanta après un pase de tête à queue et un de pecho; il se reprit aussitôt, et sous les olé, aux sons de la musique, il continua une faena grande qu'il dut prolonger à la demande du public et qui lui valut ovation et vuelta malgré que le sort ne l'accompagnât pas pour mater. Sa dernière faena fut énorme, de vaillance et d'art, avec des parones formidables et des passes de toute beauté. Le toro était fuyard; Cagancho le torea d'abord par le bas, se faisant avec lui, l'obligeant à embestir comme un toro brave, et le fit passer sous la muleta. La musique joue, le public, debout, acclame ce torerazo, qui fait dérouler devant nos yeux, des images de beauté."
Antonio MARQUEZ, en torero artiste qu'il est, se racheta à son dernier toro de ses six échecs antérieurs (vuelta).
Marcial LALANDA, en torero complet qu'il est, se montra également à son avantage (vuelta).
Les toros de La CORTE prirent 21 piques pour 10 chutes et 4 chevaux. Ils pesèrent 268 kg en moyenne (450 kg). Leur comportement donna satisfaction au public et aux toreros. La dépouille des quatrième et cinquième fut honoré par une vuelta al ruedo et le mayoral fut appelé à saluer, mais Miqueleta a préféré les Encinas de la veille, plus braves et plus puissants mais tout aussi nobles.
En début de corrida Antonio CAÑERO se défit de deux novillos mansos de Celso CRUZ del CASTILLO qui ne lui permirent pas de briller. Il tua le premier en mettant pied à terre et le second d'un rejon dans tout le haut.
Quelques réflexions en guise de bilan
Ce qui m'a frappé à la lecture des reseñas de Miqueleta, c'est le peu de poids des toros combattus. Si l'on excepte les Pablo Romero qui sont nettement au-dessus de 500 kg (on considère généralement que 300 kg en canal correspondent à 500 kg en vif) tous les autres toros sont nettement en dessous, avec 268 kg pour les plus légers, les La Corte. Ils sont toutefois considérés comme bien présentés, ce qui laisse à penser qu'il s'agit de la norme à l'époque. Deux explications peuvent être données à ce peu de poids. En premier lieu, leur âge. Il s'agit peut-être tout simplement de novillos. En second lieu, la nourriture. Le pienso compuesto industriel n'est pas encore utilisé et les toros de l'époque sont nourris avec l'herbe des pâturages et le fourrage produit à la propriété. Ils ne sont pas "préparés" comme ceux d'aujourd'hui. Il semble que dans ces conditions le poids normal d'un toro de quatre ans se situe autour de 500 kg, un peu en dessous même pour beaucoup d'encastes. On le voit, on est loin de certains mastodontes suralimentés d'aujourd'hui dont l'apparence est cependant en parfaite harmonie avec les excès (et les goûts) de notre société de consommation. On est loin aussi des toros d'épouvante du XIXè siècle. Mais ceux-ci relèvent sans doute en grande partie du mythe, même si l'on peut penser que l'action de Guerrita puis de Joselito pour réduire le trapío de leurs adversaires n'est pas restée sans effets.
Le mal dont ils ne souffrent pas en revanche est la faiblesse de pattes. Ils peuvent être braves ou fuyards, plus ou moins poderosos, parfois quedados, mais jamais la faiblesse de pattes n'est mentionnée. Toutefois, les "scores" de leur combat face à des chevaux sans caparaçon restent modestes. On imagine les carnages que feraient les toros qui sortent aujourd'hui dans le ruedo navarrais s'ils étaient piqués dans les même conditions.
Côté toreros, le triomphe le plus marquant de la feria est celui de Cagancho, ce qui montre bien l'évolution du toreo et des goûts du public vers une tauromachie artistique. Le jour des Pablo Romero, Miqueleta note en conclusion de sa reseña : "Le public est sorti de la plaza enchanté, discutant avec animation les diverses faenas de la tarde." Une telle conclusion eut été impensable une quinzaine d'années auparavant, avant la révolution initiée par Belmonte et Joselito. On vient désormais aux arènes pour voir de belles faenas. On remarquera dans le même ordre d'idée qu'un bon toro est désormais un toro qui permet "la faena".
On notera à propos de la corrida de Pablo Romero - la mieux présentée de la feria et un fer redouté - qu'elle fut combattue par trois figures, dont le plus prestigieux torero de l'époque, Juan Belmonte.
Notons aussi pour terminer que la tauromachie de l'ancien temps continue à émouvoir les foules; en témoigne le grand triomphe obtenu pour sa vaillance et une grande estocade par l'un de ses grands représentants de l'époque, le Bilbaino Martin Agüero.
On le voit, les années 20 du siècle dernier sont pour la corrida des années passionnantes. Celles où un changement radical s'est imposé dans les valeurs taurines et les goûts du public. La corrida que nous connaissons aujourd'hui, avec toutes les nuances qui la composent, est l'héritage de cette révolution.
Documentaire sur les Sanfermines dans les années 20
Je mets ici le lien de la page du blog Desolvidar sur laquelle on pourra visionner un documentaire passionnant d'une vingtaine de minutes constitué d'archives sur les fêtes de Pampelune tournées dans les années 20. Les amoureux de la capitale navarraise trouveront de nombreuses explications complémentaires dans le texte qui accompagne le film et dans le blog en général.
Desolvidar : Sanfermines 1928 (actualizado)
La plaza de toros de Pamplona (rénovée laidement en 1967) a été inaugurée en 1922.
lundi 6 avril 2020
Petit viatique pour temps de coronavirus (3)
La vidéo taurine a un grave défaut : elle est trop souvent fragmentaire. On y voit la plupart du temps un moment de lidia détaché de son contexte. Or, chaque acte de la lidia est déterminé par ce qui a précédé et détermine ce qui suivra. Et, chaque toro ayant un comportement unique, chaque lidia est un moment unique toujours dépendant de l'intelligence qu'a le torero du comportement du toro et de son évolution. L'intérêt de l'aficionado vient du fait qu'il essaie en permanence de comprendre la relation qui, sous ses yeux, se noue entre torero et toro. C'est pourquoi, sauf défaillance totale de l'un des éléments, nous nous ennuyons rarement aux arènes et y revenons. C'est pourquoi aussi il est bien plus intéressant de voir les images d'une lidia complète, de ce point de vue rien ne vaut la possibilité de visionner des corridas dans leur intégralité - et nombre d'entre nous ont aujourd'hui plus que jamais le temps de le faire!
Hélas, après quelques recherches infructueuses, j'ai trouvé la toile bien avare en ce domaine. Certes on peut trouver facilement la fameuse corrida du siècle mais je n'ai pas réussi à trouver mes autres "corridas de chevet", à savoir :
- la corrida de beneficencia du 6 juin 1991 (Madrid, toros de Samuel Flores pour Ortega Cano et César Rincon, mano a mano)
- la corrida goyesque du 2 mai 1996 (Madrid, toros de diverses ganaderias, José Miguel Arroyo "Joselito" unico espada)
- la corrida de la feria de Logroño du 23 septembre 2015 (toros de Fuente Ymbro pour Diego Urdiales et Sébastien Castella mano a mano).
Si des lecteurs plus habiles que moi parviennent à les trouver qu'ils n'hésitent pas à me le faire savoir, j'indiquerai les liens adéquats.
A défaut de corrida intégrale il est possible de trouver des lidias complètes depuis l'entrée en piste du toro jusqu'à sa mort. De ce point de vue, le site de l'association El Toro de Madrid est une mine. Il met en ligne la lidia de nombreux toros choisis parmi ce qui s'est vu de mieux ces dernières années à Las Ventas.
Asociación El Toro de Madrid
Signalons aussi l'initiative du journal digital taurin de la région de Murcie, El Muletazo qui chaque jour a la cinco y media de la tarde nous offre "en direct" une "tarde de toros".
Rappelons toutefois un autre inconvénient, paradoxal, de la vidéo taurine : ne nous montrer que le meilleur de ce qui advient dans une arène et nous faire oublier par là-même que l'aficion est une longue patience. Le grand toro, la faena cumbre sont des moments d'autant plus gratifiants qu'ils surgissent bien souvent à la suite de longues périodes d'attente et de frustration. Puissent les semaines de confinement que nous vivons actuellement constituer le prélude à bien des jouissances futures ...
Madrid 1er juin 1982 "la corrida du siècle", une des rares que l'on peut trouver en intégralité sur le net
(à suivre)
samedi 26 janvier 2019
Lectures hivernales
Attention, c'est du lourd ! On ne lésine pas sur les interprétations sexuelles et psychologiques en tout genre (la corrida a pourtant déjà beaucoup donné de ce côté-là) et ceux à qui cette exégèse décomplexée donne des boutons pourront passer leur chemin sans regret.
A condition de ne pas en abuser, je trouve, quant à moi, ce type de texte d'un commerce agréable; il possède, en outre, le mérite de montrer que la corrida - beaucoup d'aficionados, englués dans un corrida bashing dépressif, semblent aujourd'hui en douter - est encore au cœur de certaines problématiques contemporaines.
Agnés Giard, La corrida, miroir de nos amours ?, 11 juillet 2018, blog Les 400 culs.
Il s'agit du compte rendu d' un texte plus complet et plus universitaire de Philippe Combessie publié dans la revue SociologieS de novembre 2017.
photo Mariam Vázquez
mercredi 25 avril 2018
Adieux à Chulo
Pour ceux qui, comme moi, ne l'ont connu que par l'intermédiaire de la toile, il restera, à travers ses écrits, le souvenir d'un homme à la pensée empreinte de droiture et d'intransigeance, de finesse et de compétence.
Adios Chulo!
vendredi 16 mars 2018
Photographie taurine sur internet
Si la vidéo reste un moyen incontournable de froide connaissance, la photographie taurine, outre ses éventuelles qualités esthétiques, me parait finalement plus vivante en ce qu'elle permet à chacun d'imaginer l'avant et l'après de l'image captée. Sa charge émotive n'en est que plus grande.
Voici quelques sites de photographie taurine sur la toile :
• Gascoun e toros Olivier Viaud
• Passion Photo Toros et Feria du Sud Ouest Nicolas Coufffignal
• Por las rutas del toro Gorka Azpilicueta Arsenio Ramirez
• David Cordero
• Photographies taurines Louise 2 Z
• Tendido sol Christophe Moratello
• Michel Volle
• Photo aficion William Lucas
• Laurent Bernède
• Christian Lamoulie
• Photaurines
• Amandine Segot
• Christine Nuel
• Romain Tastet
• Juan Pelegrin
Une photo peu courante de Cano, grand photographe taurin mort à 103 ans en 2016 et actif quasiment jusqu'à sa mort
vendredi 3 mars 2017
Ecologie et corrida : la vie réelle du toro de combat
L'hostilité envers la corrida fait trop souvent partie des lieux communs véhiculés par le discours des mouvements écologistes politiques d'aujourd'hui. A fort mauvais escient.
A l'heure où l'on se préoccupe - à juste titre - du sort des animaux élevés et tués industriellement, à l'heure où les documentaires télévisés ou cinématographiques montrant les beautés (et les cruautés) de la vie des bêtes au grand air en arrivent à reprocher à l'homme d'exister, les aficionados ont tout intérêt à témoigner de la réalité de la vie du toro brave au campo.
On sait que, dans les pays de tradition taurine, des centaines de milliers d'hectares sont préservés et entretenus naturellement grâce à la présence des toros de corrida et que, au sein de ces espaces d'une richesse extraordinaire (biodiversité et tout le tralala), vaches et toros de combat vivent dans des conditions quasi édéniques.
Le reportage (lien ci-dessous) que j'ai trouvé sur le blog La luz del monte me parait un parfait exemple de ce qu'il faut faire connaitre au public pour l'éclairer sur "les dessous de la corrida".
Las dehesas del toro bravo, publié le 30 juin 2016 sur le blog La luz del monte.
photos : La luz del monte
lundi 16 janvier 2017
Anniversaire
Aujourd'hui, le paysage de la blogosphère taurine française est aussi morne qu'une plaine dans la grisaille de l'hiver. Quelques grands anciens (bon pied, bon œil) subsistent, mais beaucoup ont arrêté (provisoirement ?) et aucune nouvelle voix ne se profile à l'horizon.
Raison de plus pour continuer.
Les deux premiers posts de L'œil contraire : jeudi 4 janvier 2007
vendredi 5 janvier 2007
Mais un regard (déterminé et confiant) vers l'avenir s'impose :
photo tirée du site de l'UCTL
mercredi 11 février 2015
Toreos (1)
Tous ces qualificatifs disent la richesse de l'art taurin, mais ils nécessitent de prendre parfois le temps de faire le point. Quelle saison plus indiquée pour cela que la fin de l'hiver, avant la reprise de la temporada.
Je voudrais, pour commencer, signaler deux sites qui prennent un malin plaisir à analyser (photos et vidéos à l'appui) les principales manières de toréer actuelles.
Sur son site Toreo y Arte, René Philippe Arneodau "Niño de San Rafael", lui même torero practico, découpe au scalpel la technique des principales figures d'aujourd'hui. Il compare toreo moderne et toreo pur et explique pourquoi son cœur penche vers le toreo pur, plus sincère donc plus respectueux de l'éthique de la tauromachie.
Toreo y Arte, Analyses tauromachiques, Technique du toreo
De son côté, dans son richissime blog La razón incorpórea, José Morente aime bien jouer les iconoclastes. Il se plait à pourfendre les lieux communs, à relever les contradictions, à souligner les incohérences. Ça irrite parfois l'aficionado bienpensant que je suis, nourri au dogme tiopepesque, mais au final ça ouvre l'esprit et me parait donc tout à fait salutaire.
La razón incorpórea, Técnica
mardi 3 décembre 2013
Deck grand cru
Merci Olivier Deck de si bien dire la dignité de notre aficion.
Olivier Deck Éloge de l'aficion Campos y Ruedos
Vincent Van Gogh, arènes d'Arles, 1888, Musée de l'Ermitage
mercredi 27 novembre 2013
Un blog de salubrité publique
A l'heure où nous subissons une offensive particulièrement violente de la part des groupuscules animalistes, le blog de Vincent Pousson Idées liquides et solides apparait comme un havre d'humanisme et un élément de résistance face au déchainement de tous les intégrismes bienpensants qui pourraient, si l'on n'y prend garde, transformer un jour notre art de vivre (employons sans hésiter les grands mots) en un cauchemar digne du Meilleur des Mondes.
Lors de l'affaire de la photo de Padilla, Campos y Ruedos avait attiré l' attention sur ce résident de Barcelone (nobody's perfect) capable de pourfendre l'imbécillité nationaliste (Barcelone : quand la fille de joie devient triste) aussi bien que "l'indécence de la pleurnicherie animaliste" (Ils me gavent, les défenseurs des canards!).
Mais Vincent Pousson est avant tout un amoureux des vins et de la bonne chère. Ses textes donnent envie de bien manger et d'ouvrir une bonne bouteille ...Je n'ai pas de meilleur compliment à lui faire!
Plop!...C'est la saison du beaujolais nouveau

En rêvant pour cet été à des finos de luxe

Photos extraites du post Boire de la patience, comprendre l'urgence
samedi 1 mai 2010
Campos y Ruedos prend l'alternative
Alors cette transmutation en encre et papier, sous forme d'un magnifique ouvrage édité par Atelier BAIE, fait figure de passage à un échelon supérieur. Une prise d'alternative en quelque sorte. On peut maintenant toucher leurs mots, leurs photos, feuilleter, transporter, lire dans son fauteuil, sur sa chaise longue. Et puis, ce livre, on peut le ranger dans sa bibliothèque. On sait que dans six mois, un an, dix ans, il sera toujours là. On se sent rassuré. Et par les temps qui courent on a besoin d'être rassuré.
Parce que les mots et les images des gens de Campos y Ruedos c'est pas rien. Il y a mille tonnes d'aficion et autant de caste, de la bonne, de la mauvaise aussi, de celle qui emmerde les taurinos mais fait sortir les aficionados de leur torpeur. Et en prime du talent pour écrire.
Il y a aussi l'affirmation d'une éthique de la corrida exprimée dans des textes de fond qui sont autant de manifestes allant à l'encontre de la corrida standardisée et triomphaliste que les marchands de tauromachie délavée voudraient nous faire avaler.
Car, pour les rédacteurs de Campos y Ruedos, l'essence même de la corrida c'est le combat. Donc ça saigne, ça fait peur (Au armes de Jérôme Pradet). Un toro, ça doit être puissant dans les trois tercios (En réponse aux abolitionnistes de François Bruschet, La bravoure intégrale de Thomas Thuriès). Elle est aussi une quête, celle d'élevages qui sortent des sentiers battus : encastes, trapios, comportements différents; avec les aleas que cela suppose et qu'il faut savoir accepter (Plaidoyer pour la liberté de choix et la diversité de Yannick Olivier, Les Palha? Au musée! de François Bruschet).
Et cela ne les empêche pas d'aimer les toreros. Nimeño II, Luis Francisco Esplá, César Rincón, José Tomás, El Cid y sont aussi à l'honneur.
Une alternative réussie.

Ce que j'ai bien aimé dans cette couverture c'est, en haut à droite, le 01 annonciateur de plaisirs renouvelés...
samedi 6 décembre 2008
Nouveaux blogs
J'ai déjà dit un mot sur les poétiques pinchos del ciego de Ludo.
Voici les autres dans l'ordre chronologique d'apparition :
- Puraficionado par Pedrito
- Instants de corrida par Manolete
- La fête sauvage par Pelayo
- Le blog des apprentis toreros par le collectif Radio-petit-doigt
- Des photos, des mots et des toros par Marc Delon
- La brega par Xavier Klein
- Autour des taureaux par Nadège Vidal
Longue vie à tous...
lundi 8 septembre 2008
Dax : corrida de Victoriano del Rio
Desgarbado, né en juillet 2004 dans l'élevage de Victoriano del Rio, au poids annoncé de 486 kg et sorti en sixième position, a été gracié. Le toro, d'apparence juvénile (anovillado), d'armure discrète mais astifina, avait pris une demi-pique au premier tiers (hampe relevée très vite par le picador à la demande du matador puis demande acceptée de changement de tiers). Le toro a quitté le cheval sans difficulté. Au deuxième tiers, il accourut sans problème vers les banderilleros. Il chargea ensuite sans discontinuer la muleta de Miguel Angel Perera pendant près d'un quart d'heure avec une noblesse inlassable.
Mon avis
Aucun toro n'ayant pris qu'une demi-pique n'est digne d'être indulté.
La noblesse du toro a été exceptionnelle, vive, codiciosa, sans doute favorisée par la manière de toréer de Miguel Angel Perera. Mais au-delà d'une certaine limite la noblesse confine à la niaiserie et ce qui était qualité a fini par m'apparaître défaut. Se faire berner pendant un quart d'heure sans esquisser le moindre signe de révolte ne me paraît pas symboliser la grandeur du toro de combat. C'est sans doute être brave mais dans le sens que l'on utilise pour dire de quelqu'un qu'il est bien brave, c'est à dire un peu con. De bien braves gens aussi ceux qui pendant cinq minutes d'hystérie collective ont demandé et obtenu l'indulto de Desgarbado.
La faena de Miguel Angel Perera
Par son aguante exceptionnel et l'harmonie de sa muleta (pratiquement pas d'accrochage) Miguel Angel Perera a su se mettre au diapason de la noblesse du toro. La faena a surtout valu par ses enchaînements parfois virtuoses qui ont porté le public au rouge vif. Mais dans le toreo fondamental elle est restée plus ordinaire. Le torero a parfois abusé du pico lors de ses longues séries de derechazos et il ne s'est pas éternisé avec la main gauche.
Une faena de Morante
A l'opposé et tout à fait passionnant fut ce qui s'est passé au cinquième. Sur la corne droite le toro a une charge puissante et il la termine par un violent coup de tête vers le haut, il saute même parfois carrément dans la muleta de Morante. Celui-ci se bat, insiste, se fait accrocher le tissus, visite la moitié du ruedo mais il a de précieux moments d'intense et pur toreo.
PS : à lire absolument, dans Campos y Ruedos, le texte sublime de Xavier Klein, De la piètre trivialité d'une journée historique.
jeudi 3 juillet 2008
Après la novillada de Roquefort
C'est tout le charme de la tauromachie de susciter ce genre de discussions qui, vues de l'extérieur, doivent sembler bien byzantines. Et c'est tout l'intérêt d'internet de permettre l'expression de ces opinions. Laurent Larrieu dans Campos y Ruedos livre une analyse intelligente qui remet, il me semble, les choses à leur juste place. La lecture de ce texte est intéressante à plus d'un titre et notamment pour ce qu'il ne dit pas par des mots mais apparaît pourtant,en creux, comme une évidence. A savoir : si l'on n'accepte pas de voir lidier ces petits novillos aux armures discrètes ça veut dire qu'il faut envoyer pères et mères à l'abattoir, ça veut dire que l'on met en danger de mort un encaste, celui de santa coloma. Au moment où les aficionados se plaignent de l'impérialisme du sang domecq et où, essentiellement grâce aux élevages de La Quinta et de Bucaré, le sang buendía santacoloma est en train de sortir d'un bache profond, ce ne serait pas le moindre des paradoxes. N'oublions pas que la ganaderia de Joaquin Buendía a complètement périclité pour avoir voulu, dans les années 80, suivre la mode du toro grand et cornalon. Il sera à cet égard intéressant de voir le jeu que donneront les toros de La Quinta à Bilbao pour la feria. Il paraît qu'ils ont muchos pitones. Personnellement, je reste sur la déception du lot qui y fut lidié il y a deux ans, irréprochable de présentation mais faible et de mala casta. On le voit, rien n'est simple dans le monde des toros.
Quant aux Roquefortois, ils devraient retomber sur leurs pieds pour le 15 août avec un lot de Gallon que la rumeur annonce con cuajo y pitones. Ce sera du domecq, bien sûr.
vendredi 23 mai 2008
Un nouveau blog : Los pinchos del ciego
"Tu fermeras l'œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou..."
Ces vers de Rimbaud correspondent assez bien à ce que je ressens à la lecture de ce nouveau blog.
En espérant que le travail accompli n'empêchera pas Ludo de continuer à pincher dans les blogs des autres car ses propos y sont toujours précieux.
jeudi 17 janvier 2008
Liste des blogs taurins français
- Basta Ya! par Bronco 2005
- Campos y Ruedos collectif 2005
- Florencio 17 par Florent 2005
- Pueblo de Toro par Candice Mautaint 2006
- Photaurines par Laurent Larroque 2006
- Arènes par Laurent Larroque 2007
- L'œil contraire par Velonero 2007
- Le blog de Jeanmi par Jeanmi 2007
- Naturelles de face par Jean Michel Mariou 2007
Je n'ai pris en compte dans ma liste que les blogs dont la corrida constitue le sujet principal. Mais il en existe quelques uns dont elle est un élément occasionnel non négligeable. Par exemple celui d'Alain Truong ou le tout nouveau Chauché- écrit.
dimanche 28 janvier 2007
Commentaires sur la liste des liens taurins
Le site Terre de toros, uniquement axé sur les élevages, est sans aucun doute le meilleur site taurin de l'univers.
Las Ventas est certes le site officiel de l'empresa de Madrid, mais ses compte-rendus ne sont pas de complaisance et la couverture photographique est remarquable tout au long de la temporada.
On peut trouver sur le site de Victorino Martin les photos des toros sélectionnés pour chaque arène, les commentaires des éleveurs sur chacune de leur course et même une reseña de toutes les corridas depuis le rachat du fer en 1961.
En ce qui concerne les blogs, on trouvera une liste très fournie ( blogs en français compris ) sur les sites Tauroprensa et Taurofilia. Enfin, je vois rarement mentionné le site, pourtant très intéressant, Pétalos de aceros.
jeudi 4 janvier 2007
Quelques bonnes raisons
- un de plus
- ai- je réellement quelque chose à dire ?
- rien ne m'énerve plus que l'informatique
- est- ce que ça peut vraiment intéresser quelqu'un ?
- je n'ai déjà pas le temps de faire tout ce que je voudrais
- ça va servir de support à de la pub
- au début on est tout feu tout flamme et puis on s'étiole
- parler aux étoiles est plus beau
- toutes les conneries que je vais écrire !
de créer un blog :- internet est un réel moyen d'expression et de communication
- plus on est de fous plus on rigole
- des blogs taurins finalement il n'y en a pas tant que ça
- avoir peut-être deux ou trois lecteurs intéressés
- se dire qu'on peut être lu à Zanzibar ou en Papouasie
- s'exprimer ça ne peut que faire du bien
- je ne suis pas bavard
- me gustan los toros
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