lundi 30 mars 2026

Croquis de la fête taurine (poèmes 20)

 
Juan Bautista
 
Aux jours inspirés devant des toros gris
la percale 
et la soie
comme l'enchantement d'un bonheur infini. 
 
 
 
Alberto Lamelas
 
Homme simple au courage de basse besogne
maître de la peur
et maître du sauvage
alchimiste des ennuis de la vie ordinaire.
 
 
 
Alejandro Talavante
 
Droit comme un i fragile comme une ombre
tu as
cherché
les clés de la géométrie taurine. 
 
 
 

 


 

dimanche 15 mars 2026

Le temple (3)

 Ralentir
 
   Si le mot templar signifie en espagnol accorder, harmoniser (templar una guitarra), il signifie avant tout modérer, adoucir, tempérer. Il faut donc bien convenir qu'il y a dans cette idée de temple en tauromachie une idée qui va plus loin que celle de s'accorder et qui est de transformer la charge du toro de façon à la rendre moins brusque, moins rapide. 
   Ainsi le dit Auguste Laffront "Paco Tolosa" dans La corrida, tragédie et art plastique :
 
'' "Templar", c'était, à l'origine, déplacer l'étoffe dans une cadence adaptée à la vitesse du taureau et maintenir le leurre, cape ou muleta, à une distance toujours égale du début à la fin de la manœuvre. Depuis Belmonte, "templar" marque une idée de lenteur et signifie modérer, freiner, ralentir la course de la bête, l'obliger à régler son allure sur les mouvements du leurre, de façon que celui-ci puisse être mû avec le maximum de lenteur et de suavité possibles."
 
   De même qu'André Viard dans Comprendre la corrida, un matador explique :
 
'' Cette faculté à épouser le rythme du toro puis, à l'intérieur de l'équilibre obtenu, à régler la vitesse de sa charge en la ralentissant a pour nom le temple (du latin temperare,tempérer).
"S'il parvient à templar sa charge, le torero va transformer l'élan brusque, rectiligne et impulsif du toro en une embestida mesurée, courbe et prolongée."
 
 Pour François Coupry (Torero d'or) c'est la relation quasiment magique qui s'établit entre torero et toro qui ouvre la voie du temple comme ralentissement de la charge. Une forme d'hypnose voire de tendresse.
 
"Cette magie est commune à tout temple de tout torero - à partir d'un certain moment si le temple se déroule précis, si la muleta demeure toujours à la même exacte distance des cornes du taureau, elle imposera son rythme, sans subir celui du taureau. [...]
"Là, dans ce sens suprême du temple, il s'agit, avec un taureau complètement hypnotisé, avec un taureau en parfait accord avec le torero, de freiner, adoucir, murmurer sa charge. Là, vraiment pour le spectateur se vivra la plus totale affection, entre un taureau et un torero. La douceur. Cette tendresse. Plus question alors - par cet extraordinaire retournement - pour le taureau de vouloir tuer ; mais, au contraire, de ne plus vouloir attraper la muleta, de ralentir, lui, quand elle ralentit, elle ! Alors, oui, vient l'impossible. La tendresse entre un homme et un taureau." 
 

 
  Discours de même teneur chez Pepe Luis Vazquez (F. Zumbiehl, Des taureaux dans la tête), le grand artiste sévillan de l'après-guerre civile, pour lequel la relation qui se noue entre l'homme et l'animal permet au temple d'advenir :
 
" Au début, c'est le taureau qui indique à l'homme la vitesse adéquate. Mais peu à peu ce dernier, s'il est bon, parvient à ralentir cette vitesse et à l'accorder avec lui-même. Là est toute l'intelligence, la science, et l'histoire de la tauromachie. 
" Le temple est une question d'intuition. Cela vient moins de la tête que du cœur, du sentiment. On est d'abord sur ses gardes, un peu crispé, et on essaie de mettre le taureau à la bonne cadence. Quand on y est arrivé, on se relâche, et la bête est tellement en harmonie avec l'homme, qu'il semble que celui-ci lui inculque son propre relâchement. Elle prend un autre rythme et épouse le temple. C'est une chose voluptueuse. C'est comme si on était avec une personne anxieuse et agressive, et qu'on lui montrait ou lui disait quelque chose qui l'apaise."  
 
 

 
S'il y a dans le temple de la magie, de la volupté, de l'envoûtement, on peut se demander si le ralentissement du toro est bien réel ou s'il ne s'agit que d'une impression - ce fameux temps suspendu -, l'envoûtement opérant aussi sur le public. Ce qui est certain c'est que ces moments sont rares et fragiles voire miraculeux, comme nous le dit si bien Pedro Cordoba (La corrida) : 
 
''Le temple consiste à synchroniser le déplacement de la muleta et la charge du taureau, de telle sorte que la violence de l'animal soit comme absorbée par le leurre, envoûtée par sa lenteur. Il faut pour cela trouver la ''bonne distance'', être mû par les mêmes rythmes. On a alors l'impression d'un temps suspendu, d'une euphorie qui se poursuit jusqu'à l'insoutenable, d'un prolongement miraculeux de l'éphémère, d'un luxe pensif. De tels moment de grâce sont, comme tout miracle, extrêmement rares : on peut assister à des dizaines de corridas et en rester au pressentiment de ce qui aurait pu être et n'a pas été.'' 
 
 
    À suivre
 
 
    

mardi 10 mars 2026

Les trois ferias 2026

 
 

 
Samedi 25 avril
12h   novillada
Salvador Guardiola - Isaias y Tulio Vazquez
Joao d'Alva - Jesus de la Calzada
 
18h30   corrida
Prieto de la Cal - Reta de Casta Navarra
Sanchez Vara - Joselillo - Francisco Montero
 
 
Dimanche 26 avril
12h   corrida
Dolores Aguirre - José Escolar
Damian Castaño - Juan de Castilla - Maxime Solera 
 
 
 
 
Samedi 23 mai
11h   novillada
Aguadulce 
Gonzalo Capdevilla - Pedro Andrés - Pedro Luis
 
18h   corrida
Prieto de la Cal
Alberto Lamelas - Luis Gerpe - Maxime Solera
 
 
Dimanche 24 mai
11h   corrida concours
Saltillo - La Quinta - Partido de Resina
Benitez Cubero - Dolores Aguirre - Pagès Mailhan
Sanchez Vara - Roman - Isaac Fonseca 
 
18h   corrida
Baltasar Iban
Morenito de Aranda - José Garrido - Juan de Castilla
 
 
Lundi 25 mai
11h   novillada sans picadors
Le Lartet
Realito - Rémy Asencio -  X
 
17h   corrida
Miura
Pepe Moral - Damian Castaño - Gomez del Pilar 
 
 
 
Samedi 11 juillet
11h   novillada
Partido de Resina - Barcial
   Mario Vilau 
 
18h   corrida
Dolores Aguirre
Sanchez Vara - Damian Castaño - Luis Gerpe 
 
Dimanche 12 juillet
11h   novillada
Isaias y Tulio Vazquez 
Valentin Hoyos - Jesus de la Calzada
 
18h   corrida
 José Escolar 
Antonio Ferrera - Juan de Castilla - Maxime Solera 
 
 
   Les trois classiques ferias toristes font la part belle aux fers les plus sérieux. C'est, avec une présentation irréprochable, ce que l'on attend d'elles. On surveillera avec attention le retour des novillos de Salvador Guardiola et d'Isaias y Tulio Vazquez; ces deux élevages, qui ont fait les beaux jours de l'aficion jusqu'au début de ce siècle, peuvent-ils renaître de leurs cendres ? On ne peut que le souhaiter.
   Les organisateurs vicois, en programmant les Miura, ont fait un pari osé. D'autres avant eux s'y sont cassés les dents (Céret 2017). Pourvu que leurs cornes tiennent bon ! On regrettera, toujours à Vic, l'absence d'un lot complet de Dolores Aguirre. En revanche la liste des élevages de la corrida-concours a fière allure.
   Du côté des matadors, quatre d'entre eux sont annoncés dans les trois ferias : Sanchez Vara, Damian Castaño, Juan de Castilla et Maxime Solera. C'est tout à leur honneur mais témoigne d'un vivier de matadors assez étriqué pour ce genre de course.
   La feria del Aficionado à San Agustin del Guadalix a pris l'habitude d'annoncer le nom des picadors sur ses affiches : une excellente initiative ! 
   
   Mentionnons enfin le magnifique cartel de Saint Martin de Crau qui marquera le départ des festivités le samedi 18 avril : Saltillo - Cuadri, Alberto Lamelas - Pepe Moral - Adriano.
 

                     Pour plus d'information cliquer sur le nom des villes en bleu