vendredi 5 août 2011

Le taureau de New York



Difficile de photographier le taureau de Wall Street, tout le monde veut poser en sa compagnie. Bel exemple du pouvoir toujours actuel du mythe du taureau. En bonus donc une belle touriste inconnue.
Lorsque, par une nuit d'hiver de 1989, le sculpteur Arturo di Modica a placé, en toute illégalité, sa statue à Wall Street, il a déclaré  que son œuvre symbolisait "la force, le pouvoir et l'espoir du peuple américain pour le futur". Même si, depuis, les crises ont succédé aux crises, c'est encore à quelques mètres de là que se joue, dit-on, le sort du monde. En ce moment même ce sont les financiers de Wall Street qui mèneraient le bal dans la crise de la dette européenne...
Quant au peuple américain, il trime dur : à New York chaque jour des dizaines de milliers de manutentionnaires, cuisiniers, marchands ambulants, serveurs, trieurs de poubelles, éboueurs, nettoyeurs, gardiens en tout genre assurent à la perfection l'intendance d'une ville en perpétuelle effervescence. Quasiment tous afro-américains, portoricains ou émigrés de fraîche date.





Pas de doute, c'est un taureau. Avec celle de DSK, la plus célèbre paire de couilles de New York!




Comme un encierro immobile dans les rues de New York... le seul endroit de la ville où ça ne bouge pas.

mardi 19 juillet 2011

Madeleine 2011 : une corrida de verdad

La banalité des cartels de cette Madeleine ne m'ayant pas incité à reprendre mon abonnement j'ai jeté mon dévolu sur la corrida du lundi. Des amis de bon goût m'assurent que samedi Alejandro Talavante a eu une excellente actuacion face à un Nuñez del Cuvillo et que, le lendemain, Matias Tejela a connu une grande journée face à deux bons toros de Margé.

Quel lot celui de Samuel FLORES en ce lundi 18 juillet! Un corridon! Et quelle personnalité  chez ces toros mêlant en permanence et à des degrés divers selon les individus mansedumbre et bravoure. Deux d'entre eux (le 2 et le 5) hélas se lésionnèrent à un pied  et ne purent donner toute leur mesure. Mais il y eut deux très bons toros. Infantil le premier, poussant fort jusqu'à la chute sous la première pique puis con mucho que torear au dernier tiers, puissant, mobile, bronco; cela ajouté à une armure extrêmement  développée faisait de lui un adversaire particulièrement redoutable. Juagarzo enfin le sixième qui alterna au premier tiers ruades de manso et poussées dévastatrices (sur plus de 20 mètres face au cheval de réserve qui parvint remarquablement à conserver son équilibre). Un toro d'une grande fixité et noblesse au troisième tiers. Deux toros enfin chez lesquels domina la mansedumbre (le 3 et le 4).

Bien qu'il ne soit pas parvenu à triompher pleinement Enrique PONCE (salut et vuelta) sort grandi de l'épreuve. D'abord parce qu'il est le seul matador du G10 à accepter d' affronter des toros d'un tel trapío et d'un encaste non encore aseptisé. Ensuite parce qu'il réussit, face aux plus difficiles de l'après-midi (l'un par son agressivité qui paraissait indomptable, l'autre, à l'inverse, par son refus du combat et ses fuites incessantes), en puisant dans ses réserves les plus extrêmes de sang froid, de savoir torero et d'amour propre, à dominer in fine ses deux adversaires. Des lidias passionnantes à suivre et à l'issue longtemps incertaine. De la vraie tauromachie en somme.
Juan BAUTISTA m'a semblé être venu à Mont de Marsan avec la ferme intention de ne pas salir son costume. Mission accomplie.
Alberto AGUILAR toréa bien Juagarzo sur sa droite mais son incapacité à tuer lui fit perdre toute possibilité de trophée.

Au bilan de l'après-midi, des toros imposants, une vingtaine de piques, trois chutes de picadors, des combats : bref une corrida.


Je m'envole demain pour un pays où le taureau est le symbole de la puissance de l'argent... Suerte à Tyrosse et Orthez...

mercredi 6 juillet 2011

Tiroirs



Dans les maisons il y a des meubles qui ont des tiroirs. Dans les tiroirs il y a des trésors. Parmi les trésors qu'enfant j'avais plaisir à retrouver, il y avait une série de photographies d'encierro rapportées par mon père d'une escapade à Pampelune. Et parmi ces photographies celle-ci que je ne pouvais regarder sans une pointe d'effroi. Cette petite fille sous la menace de ces cornes si acérées avait-elle survécu? Et ces gens qui semblent tous porter le deuil et que la panique fait trébucher se sauveront-ils?
Ce n'est que bien des années plus tard que je découvris, au hasard d'un article ou d'un livre, les circonstances de l'accident et l'absence de toute jeune victime.
Aujourd'hui je vois dans cette photo une métaphore de l'état de l'Espagne en juillet 1939, exsangue, à genoux, après trois années de guerre civile et la victoire sans pitié des franquistes.


Le 8 juillet 1939 Liebrero  de Sanchez Cobaleda rompt l'unique barrière de l'encierro matinal et sème la terreur parmi les spectateurs. Il épargna l'enfant mais blessa une femme avant de mourir sous les balles d'un garde civil. L'année suivante on décida d'installer une double barrière.

photo Galle

dimanche 26 juin 2011

Corrida de La Brède



6 toros d'Adelaida RODRIGUEZ pour EL ZAPATA (silence, silence), Diego URDIALES (une oreille, silence), Julien LESCARRET (vuelta, deux oreilles)

Les toros d'Adelaida RODRIGUEZ ont souvent plombé la tarde en raison de leurs charges limitées ou nulles et de leur tendance à chercher l'abri des planches. Heureusement les deux derniers ont un peu relevé le niveau d'un encierro par trop descafeinado. Le 5 par son trapío et son poder (il fut le seul à prendre deux piques) et le 6 par sa mobilité encastée.

Avec deux toros sans possibilités, le mexicain Uriel Moreno "EL ZAPATA" ne put retrouver le succès de l'an passé. Il tenta bien quelques bizarreries mexicaines mais elles rencontrèrent peu d'échos sur les gradins en raison de la pauvreté de l'opposition. Aux banderilles il abusa de violonades.

Belle faena classique du riojano Diego URDIALES au noble mais allant a menos second. Demi estocade concluante et une oreille.
Il toréa sin ganas le très sérieux cinquième qui resta maître du rond.

Très belles véroniques de Julien LESCARRET au troisième qu'il toréa au dernier tiers dans sa querencia des tablas.
Il connut au dernier de l'après-midi un vif succès populaire. Le toro était un cinqueño au double menton prononcé (papada) qui accourait de loin et au galop au moindre cite. A juridiccion il avait en revanche tendance à freiner et à donner de la tête. Julien choisit de le citer de loin pour profiter de son élan. Mais il ne put que rarement améliorer et maîtriser la charge ce qui nous valut une faena de plus d'effet sur le public que sur le bicho. Une entière qui tue rapidement et deux oreilles (exagérées) pour le local.

Julien Lescarret face au troisième
photos velonero

jeudi 16 juin 2011

Sables mouvants

J'ai trouvé extrêmement désobligeant de me faire traiter, ainsi que l'ensemble du public, de client lors d'une annonce au micro faite par les organisateurs vicois en début de feria. Qu'ils sachent que, si eux se considèrent comme des marchands de corrida, je me considère encore comme un simple aficionado et non comme un client. Si j'étais un client, je ne manquerais pas d'acheter le numéro spécial de 60 millions de cons sommateurs consacré aux ferias taurines françaises et j'y découvrirais (avec quelle stupéfaction!) qu'il se coupe considérablement plus d'oreilles à la feria de Nîmes qu'à celle de Vic Fezensac. Pas bête, je m'empresserais alors de m'abonner aux festivités nîmoises.

C'est donc en tant qu'aficionado que je reviendrai à Vic l'année prochaine et qu'aujourd'hui je voudrais mettre le doigt sur un certain nombre de problèmes, petits ou grands.
  • Pour une feria de cette importance les programmes distribués à l'entrée des arènes sont indigents : n'y figurent ni la composition des cuadrillas, ni l'ordre de sortie des toros, ni la provenance des toros de réserve. Il est possible que les clients s'en foutent mais les aficionados sont sensibles à ce genre de détail.
  • A Vic, hormis pour la concours, on s'obstine à faire sortir deux picadors et à tracer deux cercles non réglementaires car trop rapprochés sur le sol. Or, la taille lilliputienne du ruedo, la position du burladero de brega à proximité du toril et de la porte d'entrée des picadors conduisent immanquablement les toros distraits ou mansos (ou très braves) à se précipiter sur le picador de réserve dès qu'ils l'ont aperçu, ce qui provoque trop souvent des tercios de piques confus voire ridicules. En outre pour les maestros faire un quite est quasi impossible sous peine d'envoyer le toro sur le picador de réserve - autre situation ridicule. Dans le Sud-Ouest certaines arènes ont changé la signalisation au sol et ne font sortir qu'un seul picador. Cela a contribué à y améliorer le déroulement du tercio de piques.
  • Le sable de la piste, bien trop meuble, est dans un état catastrophique dès la lidia du second toro. Il est dangereux pour les toreros qui risquent de trébucher et de chuter, et handicapant pour les toros qui glissent et ne peuvent exprimer tout leur potentiel. Entre une piste trop dure et le bac à sable actuel il doit bien exister un juste milieu.
Si à Vic on a tendance à s'endormir sur ses lauriers, il semblerait que du côté de Nîmes ça bouge un peu. J'apprends en lisant le blog 20 passes pas plus qu'un président (Laurent Burgoa) a eu le courage de refuser par deux fois la seconde oreille au Juli, tant les toros qu'il avait fait tourner dans tous les sens étaient insignifiants. L'impudent a bien sûr été viré sur le champ. Mais le lendemain deux oreilles d'opérette offertes à Morante auraient été sifflées. Si à Nîmes l'aficion reprend du poil de la bête au détriment de la clientèle c'est une bonne nouvelle.

mercredi 15 juin 2011

Ma feria de Vic 2011 (2)

Corrida concours

Camarito II de PALHA prend 4 piques avec bravoure, il poursuit les banderilleros puis montre de la noblesse au troisième tiers mais devient tardo et réservé. Un bon toro, arrastré sous les applaudissements, auquel il aura manqué un peu de chispa.

Léger, bizco, cornes abîmées, le pupille de Victorino MARTIN n'a pas une présentation digne d'un concours. Au moral c'est pire, 3 piques médiocres prises avec distraction et pas une passe à la muleta. Bronca à l'arrastre.

Le CUADRI sort au pas. C'est un pavo cinqueño aux cornes noirâtres. Il fuit le cheval dans 4 picotazos puis se révèle noble mais fade au troisième tiers. Division d'opinions.

Jurista, castaño de FUENTE YMBRO a les deux cornes escobillées. Ça rouspète sur les étagères. 3 piques légères mais en venant bien, avec franchise. Puis va a menos, noble mais tardo. Pitos.

Le représentant portugais de l'élevage COIMBRA est un toro con trapío... mais c'est un bœuf complètement rajado. Pitos.

Lorsque vient le tour du santacoloma de FLOR DE JARA le souvenir de Camarito II s'est estompé et quatre mauvais toros successifs ont précipité la matinée dans l'ennui le plus total. Mais Generoso le bien nommé fait une sortie de brave, remate au burladero, plaît au public grâce à son armure cornalona et astifina. Sa bravoure explose en 4 piques sous lesquelles il pousse de verdad. Il y a laissé beaucoup d'énergie et va donc aller a menos dans la muleta d'Ivan Garcia mais montre malgré tout une belle noblesse avec le défaut - courant chez les santacolomas - de garder la tête haute.

LOPEZ CHAVES a sûrement été engagé pour la qualité de sa cuadrilla et c'est vrai que tous ont été parfaits  en particulier les picadors José Manuel Quinta  et Placido Sandoval.

Julien LESCARRET s'est retrouvé face à deux toros qui, à eux deux, n'avaient pas une seule passe dans le ventre. Il assura sa part de brega avec la compétence qu'on lui connaît dans ce domaine.

Enfin, Ivan GARCIA qui remplaçait le lésionné Ivan Fandiño fut la bonne surprise du jour. Sa tauromachie sincère, classique et pure rencontra de l'écho dans les gradins (vuelta et oreille).

prix au toro le plus brave : Generoso de Flor de Jara
prix à la meilleure cuadrilla : non communiqué


Corrida de Cebada Gago

Il convient tout d'abord de rappeler que cette corrida n'a pas été vraiment choisie par les organisateurs. Elle remplaçait au pied levé l'encierro prévu d'Escolar Gil empêché de venir en France pour raisons sanitaires.
Ce fut en réalité la classique corrida catastrophe comme Vic en connaît régulièrement (en général au moins une par feria). Pour être bref :
 - public infâme
 - matadors infâmes
 - toros infâmes (sauf le 1, un bon cebada et, dans une certaine mesure le sobrero de La Campana, noble)
Si l'on rajoute une présidence mal inspirée et une organisation défaillante (j'y reviendrai), la coupe est pleine.

Je n'ai pas assisté à la corrida du lundi, je finis donc la feria - qui a connu par ailleurs de bons moments - avec le mal sabor de boca de cette journée pesante.


les cornes des Cebada Gago photo Velonero

lundi 13 juin 2011

Ma feria de Vic 2011 (1)


Corrida de Dolores AGUIRRE

Une constatation tout d'abord, la programmation d'une corrida n'a guère amené en ce samedi matin davantage de monde que l'habituelle novillada : deux tiers d'arènes.
Si, comme le faisait Juan Pedro Domecq, on devait donner à la corrida du jour un indice de toréabilité nul doute qu'elle obtiendrait une note des plus élevées tant les toros de doña Dolores se sont montrés tout au long de la matinée de bons collaborateurs au dernier tiers. Et les adjectifs pour les qualifier sont assez surprenants compte tenu de la réputation de l'élevage et des propos de sa propriétaire : nobles (tous sauf, à la limite, le 4), pastueño voire soso (en particulier le 5 qui permit à David Mora de réaliser une faena con arte.
Je m'en suis trouvé tout surpris quoique, à la réflexion, je me suis souvenu d'une corrida bilbaina (c'était il y a une dizaine d'année) tout aussi noble à laquelle les modestes Oscar Higares et José Ignacio Ramos, tout en restant très en deçà du possible, avaient chacun coupé une oreille.
Tout surpris aussi de voir autour de moi, dans les gradins vicois,  des durs à cuire de l'aficion toriste applaudir à tout rompre la dépouille de ces nobles toros et appeler le mayoral à saluer à l'issue de la course.

Julien MILETTO a été digne et élégant. C'est déjà beaucoup mais insuffisant s'il ambitionne une carrière plus resplendissante.

David MORA a toréé magnifiquement Burgalito le cinquième toro. Toques imperceptibles et muleta planchada entraînant l'animal dans des séries d'une douceur et d'un temple parfaits, le corps dressé, naturel, le toro frôlant ses jambes. Du grand art.
Un bémol toutefois en raison de sa propension à faire trop et mal piquer ses toros. (vuelta, une oreille)

JOSELILLO a eu un grand mérite, celui de révéler la qualité de Cantillino I, un cárdeno burraco avacado qui se cachait derrière son armure. Cité de loin, le toro accourt aussi bien à droite qu'à gauche avec une vivacité et une noblesse infatigables. Une oreille aussi pour le Vallisoletano.


Corrida de PALHA

Si les miuras portugais ont encore un point commun avec le prestigieux élevage andalou c'est leur problème récurrent de cornes. Discrètement pourvus dans ce domaine ceux du jour n'ont pas failli à la règle avec en point d'orgue l'armure très détériorée du dernier suscitant l'ire des tendidos.
Par ailleurs un excellent fond de bravoure qui s'exprima surtout face au cheval en particulier chez Peluquito le cinquième (vuelta à l'arrastre) dont la lidia par Javier Castaño et sa cuadrilla fut un modèle de ce que l'on devrait voir plus fréquemment dans une arène. J'aurais aimé citer le nom des péons mais j'ai eu beau chercher attentivement je n'ai trouvé nulle part la composition des cuadrillas dans le programme distribué par les organisateurs. Remarquablement mis en suerte trois fois par Javier Castaño, Peluquito, brave mais tardo, fut parfaitement cité et piqué par Tito Sandoval. Bien qu'allant a menos il fut ensuite noble dans la muleta de Castaño.

Juan José PADILLA était comme trop souvent désormais en mode petite brise légère.

Avec le temps (alternative il y a 10 ans) Javier CASTAÑO a acquis une maturité  et une qualité dans le toreo qui ne rappelle en rien le matador terne et laborieux que Chopera nous a trop souvent imposé à ses débuts. Deux faenas bien construites et dominatrices avec une grande capacité à garder le sitio. (vuelta et une oreille et succès partagé avec son picador).

Sitio que précisément Alberto AGUILAR, soumis depuis le début de la temporada à des épreuves qui dépassent ses capacités actuelles, est en train de perdre. On sait que le fait de crier sans cesse lorsque l'on torée est le signe manifeste que l'on est au plus mal devant le toro. Et aujourd'hui Alberto a beaucoup crié. Il s'est un peu repris face au noble sixième mais l' état pitoyable des cornes du toro empêchait que l'on prenne son travail au sérieux. Comme Castaño, Alberto Aguilar a sans doute besoin de temps, de maturité... En espérant que les loups ne le dévoreront pas...



jeudi 9 juin 2011

In our time

 Dans Minuit à Paris, Woody Allen nous montre des personnages recherchant dans le passé un âge d'or toujours remis en cause. Toute ressemblance avec les aficionados...
 Gil (Owen Wilson), le héros du film est amené à rencontrer au cours de ses pérégrinations dans le temps Ernest Hemingway. Celui-ci apparaît tel que les clichés se plaisent à le représenter : vantard, batailleur, grande gueule. Tout le contraire de son écriture.
 Pour nous en convaincre, les éditions Le Bruit du Temps viennent de publier en version bilingue In our time / De nos jours initialement paru en anglais à Paris en 1924. L'ouvrage, composé de 18 courts textes, avait été tiré à 170 exemplaires et n'avait pas été republié tel quel depuis. "Je m'essayai au métier d'écrivain, en commençant par les choses les plus simples, et l'une des choses les plus simples de toutes et des plus fondamentales est la mort violente", précisera plus tard l'auteur dans  Mort dans l'après-midi. On y trouvera 6 textes consacrés à la corrida, les tout premiers écrits par Hemingway sur le sujet.
  Idéal, en outre, pour réviser son english.



dimanche 29 mai 2011

Les courses de taureaux expliquées, de Aguado de Lozar (1854) - morceaux choisis

PICAR (piquer). - Combattre les taureaux étant à cheval et armé d'une longue pique. Le mérite de cette passe consiste à empêcher le taureau, dans le moment de l'attaque et au moyen de la pique, d'arriver jusqu'au cheval, de le toucher et de le blesser, manœuvre qui demande non seulement une grande force de bras, mais encore beaucoup d'habileté dans le maniement de la pique et du cheval. (II, p. 64)

PICA (pique). - Lance dont se servent les picadors pour combattre le taureau, étant à cheval. Cette arme est plutôt un aiguillon qu'une véritable lance, car le fer dont elle est garnie n'a justement que la longueur nécessaire (3 centimètres environ) pour entamer la peau de l'animal de manière à ce que la blessure faite par le picador n'ait d'autre résultat que d'irriter le taureau, doubler sa colère et le rendre, par ce moyen, plus propre au combat. (II, p. 67)

SUYO! SUYO! - Cri que poussent les spectateurs et qui signifie : "Donnez lui le taureau!" C'est une espèce de requête adressée à l'autorité présidant les courses, afin d'en obtenir que tel taureau, tué avec une rare adresse par l'espada, lui soit accordé à titre de récompense ou d'encouragement. La même demande est faite aussi en faveur d'un picador ou de tout autre torero, quand ils ont exécuté avec bonheur une passe difficile ou hasardeuse. Autrefois, quand la demande du public était accordée, c'était le cadavre même de l'animal qu'on donnait au torero; mais aujourd'hui, pour éviter tout motif de jalousie, c'est une gratification variant de 20 à 30 fr. qui est donnée au torero, au lieu du taureau mort. Quand l'autorité a obtempéré aux cris de suyo! suyo! le torero, en signe de prise de possession, lui présente, après l'avoir coupée, une des oreilles de l'animal mort. (II, p. 86)

TAUREAUX DE CABRERA, DE UTRERA.
Les propriétés des taureaux de cette ganaderia, dont le trapio (le type) est des plus beaux, consistent en une résistance au fer qui ne s'amollit jamais, un courage et une intrépidité extrêmes, une grande opiniâtreté et une force de tête à laquelle aucun bras de picador ne résiste.
Un des traits caractéristiques des taureaux de cette race, c'est que, dans la dernière période de la lutte, surtout quand ils sont fatigués, ils deviennent taureaux de sentido et d'une grande malice. Alors ils se défendent très bien, sont très difficiles à combattre et offrent de grands dangers à l'espada, qui a besoin d'employer toute les ressources de l'art et de marcher avec les plus grandes précautions. (II, p. 120)

PLACE DE TAUREAUX DE MADRID
Depuis l'établissement des courses à Madrid, il fut décidé qu'elles auraient lieu le matin et le soir du lundi de chaque semaine; mais en 1821 la course du matin fut supprimée; ainsi, depuis lors, elle n'a lieu que dans l'après dîné; dans cette demi-course, huit taureaux sont ordinairement sacrifiés. Ces courses se font constamment tous les lundis de l'année, excepté les mois d'hiver et ceux des plus grandes chaleurs d'été, tels que juillet et août, encore dans ces intervalles sont elles remplacées par des courses de novillos. (II, p. 137)



Alfred Guesdon, Vue aérienne de la plaza de toros de Madrid, 1854, Madrid Musée Municipal


jeudi 26 mai 2011

Le premier manuel tauromachique français


Les courses de taureaux expliquées,

Manuel tauromachique à l’usage des amateurs de courses

par Oduaga-Zolarde
1854

Oduaga-Zolarde n’est autre qu’Aguado de Lozar, l’organisateur des premières corridas françaises qui eurent lieu à Saintesprit (aujourd’hui commune de Bayonne) en 1853.

Publié à la suite du succès rencontré par cette première expérience, on peut considérer que ce premier traité a contribué à former les toutes premières générations d’aficionados français. L’écriture, aujourd’hui délicieusement désuète, mais d’une élégance et d’une clarté exquises n’est pas le moindre charme de l’ouvrage.

On y trouvera pour commencer une défense de la corrida contre ses détracteurs, qui se termine ainsi : « La tauromachie est la plus ingénieuse expression, la plus savante mise en scène de cet antagonisme éternel [entre l’homme et l’animal sauvage]. C’est ce qui explique son règne depuis des siècles, à travers tant de révolutions et de ruines ; c’est ce qui résout ce problème étrange et peut-être unique au monde d’une institution qui date évidemment des temps barbares, et qui demeure debout et plus que jamais florissante au milieu des modernes civilisations. »
Puis un précis historique suivi de la biographie des toreros les plus renommés. Pour l’auteur, « ce fut pendant le règne de Charles II [1665-1700] que les courses atteignirent leur plus haut degré de splendeur ».
Plus tard, « Les dernières années du XVIIIème siècle furent la seconde époque où les courses de taureaux, avec un caractère différent, brillèrent de leur plus grand éclat et atteignirent leur plus haut degré de splendeur, grâces aux deux Romero, à Costillares, à Pepe Hillo, glorieux rivaux dont les efforts ravivaient sans cesse l’intérêt du public et fournissaient des aliments nouveaux à l’avidité des spectateurs, en même temps qu’ils contribuaient puissamment aux progrès de l’art tauromachique ».
Après la nécessaire partie consacrée au vocabulaire taurin, on trouve une notice sur les principales ganaderias espagnoles divisées en trois espaces géographiques : la Castille (les plus nombreuses mais quasiment toutes disparues aujourd’hui), l’Andalousie (avec entre autres Cabrera, Lesaca et el Barbero de Utrera) et la Navarre.

Des bonus particulièrement intéressants sont disséminés au sein du livre :
- une reseña très complète des fameuses premières corridas de 1853, vues par le Courrier de Bayonne, l’Illustration ainsi que par la Presse sous la plume de Théophile Gautier.
- la lettre d’un témoin oculaire décrivant la mort de Pepe Hillo en 1801.

On peut trouver la réédition de l’ouvrage dans les librairies spécialisées. L’édition originale, rarissime, est hors de prix.


lundi 16 mai 2011

Toros en Gironde 2011

CAPTIEUX
dimanche 5 juin à 17h
novillada
novillos de Urcola
Mathieu Guillon - Sergio Flores - Fernando Adrian

des informations complètes sur Rugby y Toros, le blog





LA BRÈDE
samedi 25 juin
à11h
novillada sans picadors
erales de Jean Louis Darré
Dorian Déjean - Kiké - Clementito


à18h
corrida
toros d'Adelaida Rodriguez
U. Moreno "El Zapata" - Diego Urdiales - Julien Lescarret

programme ici


Encore deux cartels très intéressants cette année en Gironde.
A Captieux, des novillos de Urcola, propriété de Victorino Martin, qui proviennent de l'achat effectué en 2005 à Francisco Galache. Un cartel qui aurait été digne de Vic ... s'il y avait eu une novillada à Vic.
A La Brède, ce sera une occasion de voir le matador riojano Diego Urdiales injustement tenu à l'écart par beaucoup d'arènes françaises.




mercredi 11 mai 2011

Leçon de Seville



Un torero a dominé la feria de Séville : José Maria Manzanares hijo.
On a beaucoup devisé aux lendemains de son triomphe historique et de l'indulto qu'il a suscité sur le passage à une étape supérieure et inéluctable dans la propagation du toro à la noblesse excessive, à la férocité gommée, ce petit toro bien fait et qui ne cesse, au troisième tiers, de charger avec une infinie douceur la muleta que lui offre généralement une vedette de l'escalafon.
Oui, mais...
Oui mais, par sa classe, son temple, son esthétique, José Maria Manzanares a éclipsé tous les autres matadors du cycle sévillan. Y compris El Juli qui malgré cinq oreilles coupées a été, du jour au lendemain, relégué au second plan. Sébastien Castella avec une actuation de bon niveau n'a rien dit au public, ne parlons pas de Miguel Angel Perera qui est passé pour un vulgaire pegapase. Daniel Luque, lui, a dû batailler ferme avec un manso querencioso pour couper une oreille. Enrique Ponce, on le sait, a besoin d'un toro qui pose problème pour donner toute sa mesure.
En fait combien sont-ils à pouvoir rivaliser, sur le terrain de l'art, avec l'Alicantin? Morante de la Puebla lorsqu'il parvient à se lever de sa chaise, José Tomas sans aucun doute, et très occasionnellement quelques toreros artistes du type Juan Mora. Sinon personne!
Tous les autres, pour triompher a lo grande, ont besoin du toro encasté qui donne de la valeur à leur courage et à leur technique.
La feria de Séville a marqué, par contre-coup, la nécessité du toro fort, encasté, féroce plus que jamais indispensable au triomphe de la majorité des toreros.

lundi 2 mai 2011

Indulto (3)

En fin de compte, le toro que l'on gracie c'est toujours le gentil toutou, celui qui se laisse toréer à l'infini, qui donne l'impression d'être un ami de l'homme. Bref celui dont la sauvagerie, la férocité ont suffisamment été gommées pour qu'il apparaisse plutôt aux yeux du public comme un animal domestique que comme un toro brave. Or on ne fait pas de mal aux animaux domestiques. Ainsi la boucle est bouclée, on ne gracie pas actuellement les toros pour leur bravoure mais pour leur domesticité. Pour un éleveur digne de ce nom, la grâce est une honte.

dimanche 1 mai 2011

Tauromachie invertie

José Maria Manzanares, le 30 avril 2011, à Séville, a indulté Arrojado, un toro de Nuñez del Cuvillo.
Je n'y étais pas, je ne l'ai vu ni en direct à la télévision, ni en vidéo; je n'ai donc pas d'avis à donner sur le fait lui-même. Ce qui est sûr c'est que l'évènement constitue une apothéose du torerisme dont l'Andalousie en général et Séville en particulier sont l'épicentre. Paradoxalement Arrojado n' a pas permis le triomphe de José Maria Manzanares puisque le torero (on hésite à utiliser le mot matador) ne l'a pas tué et ne lui a pas coupé les oreilles - au final, il s'est borné à le regarder rentrer vivant au corral - mais c'est le torero qui a contribué au triomphe du toro et de son éleveur. Étrange inversion!

De ce début de féria sévillane je retiens autre chose qui me paraît tout à fait navrant pour ceux qui trouvent davantage leur bonheur dans la corrida combat. Les quatre corridas de corte plus ou moins torista qui ouvraient la feria ont toutes fracassé (pour mémoire Conde de la Maza, Dolores Aguirre, Alcurrucen, Victorino Martin). Des toros que l'on attendait costauds et encastés et qui furent faibles et mansos. Des tardes qui auraient dû être passionnantes et qui furent assommantes. Quand le monde à l'envers devient la norme...

mercredi 20 avril 2011

Les Juan Pedro Domecq

Juan Pedro Domecq y Nuñez de Villavicencio 1930-1937
Il achète le prestigieux élevage de Veragua en 1930. Quelques mois plus tard , il achète aussi vaches et sementals au conde de la Corte.

Juan Pedro Domecq Diez 1937-1975
Fils aîné, il hérite du fer et d’une partie du troupeau. Il intègre à la ganaderia une partie de celle de Mora Figueroa d’origine Garcia Pedrajas ainsi que de nouvelles vaches et des sementals du conde de la Corte.
Deux de ses frères créent leur propre élevage :
- Salvador Domecq Diez
- Alvaro Domecq Diez (Torrestrella)

Juan Pedro Domecq Solis 1975-2011
Fils aîné, il garde le nom et le fer originel, le bétail est partagé avec deux de ses frères qui créent leur propre élevage.
- Borja Domecq Solis (Jandilla)
- Fernando Domecq Solis (Zalduendo)

Juan Pedro Domecq Morenes 2011
Fils aîné, il est désormais héritier avec ses deux sœurs Teresa et Isabel (Fernando, son frère cadet est décédé en 2007).

mardi 19 avril 2011

La dernière corrida de Juan Pedro Domecq

Si la corrida anodine et ennuyeuse donnée le dimanche 17 avril à Saragosse mérite qu'on en parle c'est en raison de l'accident tragique qui a coûté la vie à Juan Pedro Domecq. Elle restera en effet comme la dernière corrida de l'un de ses fers (en l'occurrence celui de Parladé) qu'il aura préparée et à laquelle il aura assisté. Car le lendemain, après son retour de Saragosse, le célèbre éleveur a trouvé la mort lorsque son véhicule a percuté un camion alors qu'il était à quelques kilomètres de son domicile. Tragique destin pour le ganadero passionné qui avait encore de nombreux défis à relever en particulier celui de sortir l'élevage qui porte son nom de la médiocrité dans laquelle ses conceptions controversées l'avaient laissé s'enfoncer.


Les toros du fer de Parladé courus dans le coso aragonais furent, je pense, assez révélateurs de la problématique actuelle des toros de la casa Domecq.

A savoir trois toros sans rien qui dépasse, surtout ne molester personne et ne pas réveiller les spectateurs qui font la sieste. Pour les toreros pas de triomphe possible mais pas d'échec non plus. Les figures adorent car des comme ça on peut en tuer des centaines dans la temporada sans mouiller la chemise ni salir le costume.

Mais trois autres toros (les 2, 3 et 6) avec du caractère, que l'on pourrait se risquer à appeler caste bien que Juan Pedro n'aimât point ce mot qui fait si peur aux coletudos. Des toros à qui il fallait s'imposer si l'on voulait connaître le succès. Des toros qui, en fin de compte, ont remis les toreros à leur place. Car aussi bien Morenito de Aranda que Daniel Luque, même s'ils se montrèrent désireux de bien faire et eurent quelques bons moments, ne purent et ne surent se hisser à la hauteur de leurs adversaires. L'un ne paraît pas avoir les moyens de sortir du monton, l'autre risque bien d'y retourner rapidement.


Et pour Juan Pedro Domecq une dernière vision, celle de Cupletisto, un toro qui va a mas au point de mettre en difficulté un torero médiocre, mais qui en d'autres mains aurait sans doute permis le triomphe. Peut-être le toro qu'il cherchait...




photo EFE


Sur Juan Pedro Domecq dans L'œil contraire : 1 - 2

lundi 18 avril 2011

Corrida concours à Zaragoza : un bon toro, deux excellents picadors et un lidiador

Peu de monde.

Concha y Sierra
Magnifique negro salpicado mais de nulle bravoure. Cherche à sauter la barrière, 4 picotazos pris en manso, faible de pattes.

Felipe Bartolomé
Gargantillo est un magnifique cárdeno cinqueño bien fait, harmonieux, bien armé, donnant une impression de sérieux malgré ses 480 kg. Un toro con trapío. Le tercio de pique est enthousiasmant : 5 fois Gargantillo s'élancera contre le picador. Il a sa distance, même placé loin du piquero il se rapproche à petit pas avant de partir à l'assaut. Il a aussi son style, ses poussées sont brèves mais franches et violentes. Romualdo Almodovar se montre excellent cavalier et pique parfaitement (grande ovation). A la muleta, le buendía, s'il a perdu de son alegria, montre néanmoins une grande noblesse en particulier sur la corne gauche avec une charge longue et pastueña que Serafin Marin exploite dans deux excellentes séries de naturelles (oreille pour le Catalan et vuelta al ruedo pour le toro). Quelle surprise et quelle joie de voir sortir d'un élevage quasiment absent des ruedos depuis 20 ans un toro qui exprime si parfaitement les qualités de la caste Santa Coloma!

Juan Luis Fraile
Sortijero cumule les handicaps : il n'est pas beau, il sort après un excellent toro, il affronte un matador médiocre (Serranito) et un picador pire encore qui le saigne dans une première puya assassine. Dès lors le toro ne peut plus être jugé; il se montrera, malgré le traitement reçu, encasté au dernier tiers.

Adolfo Martin
Classique alimaña de la casa, armure aparatosa, 4 piques prises avec distraction, puis intraitable sur les deux bords malgré l'engagement sincère et l'oficio de Javier Castaño.

Adelaida Rodriguez

Le représentant de l'encaste Lisardo Sanchez/Atanasio Fernandez occasionnera le second grand moment de cette corrida grâce à un tercio de vara exceptionnel. 5 piques prises de plus en plus loin (les deux dernières quasiment de l'autre extrémité du ruedo) et en allant a mas. Manuel Molina pique excellemment et dans le morillo et Serafin Marin assure les mises en suerte avec élégance et maestria. Hélas, avec ses 580 kg, Garboso possède un corps d'obèse plus que d'athlète, il s'affalera en début de faena pour ne se relever qu'avec difficulté et perdre toute chance de disputer le prix au Felipe Bartolomé.

La Reina (José Miguel Arroyo "Joselito")
Le domecq manque de fixité dans les trois piques qu'il reçoit mais il fait preuve au dernier tiers d'une noblesse codiciosa qui met en déroute le modeste torero local Serranito, appelé en remplacement du non moins modeste et local Alberto Alvarez, blessé en s'entraînant (mala suerte para todos!).

Précisons qu' à partir de la quatrième pique la puya de tentar a été utilisée et que chaque ganadero, présent dans le callejon, peut diriger la suerte de varas en communiquant avec les toreros.

prix au toro le plus brave : Gargantillo de Felipe Bartolomé
prix au meilleur picador : Romualdo Almodovar
prix au meilleur lidiador : Serafín Marin


Gargantillo de Felipe Bartolomé

samedi 9 avril 2011

Cartels Madeleine 2011 : encéphalogramme plat

Vendredi 15 juilletDomingo Hernandez "Garcigrande"
El Juli - Daniel Luque - Thomas Dufau (Alt.)

Samedi 16 juilletNuñez del Cuvillo
El Cid - Sébastien Castella - Alejandro Talavante

Dimanche 17 juilletMargé
El Fundi - Sébastien Castella - Matias Tejela

Lundi 18 juilletmatin nov. Enrique Ponce
Mathieu Guillon - David Galvan

Samuel Flores
Enrique Ponce - Juan Bautista - Alberto Aguilar

Mardi 19 juilletLa Quinta
Curro Diaz - El Juli - Thomas Dufau



Il n'aura donc fallu à Simon Casas que trois ans pour éradiquer toute corrida torista de Mont de Marsan! Voici les cartels les plus laids, les plus conformistes, les plus inodores, incolores et sans saveur jamais vus au Moun. On imagine déja, avec la nausée qui monte, le nombre de derechazos, de cambiadas, de passes citées avec le cul qu'il va falloir avaler pendant ces cinq jours. Et même pas Manzanares, même pas Morante pour nous donner un peu d'espoir! En faisant un gros effort d'optimisme peut-être la corrida de Samuel Flores... ou un miracle le dernier jour avec des La Quinta con casta.
En perspective, beaucoup d'oreilles ça oui! mais de toreo peu... et de la part de l'empresa beaucoup de mépris pour le public montois.




Thomas Dufau l'an dernier face à un novillo d'El Torreon (photo velonero)

samedi 26 mars 2011

Bonne affaire

Il n'aura échappé à personne que la question de l'immigration est un thème béni pour un certain nombre de nos politiciens.
En général c'est pour dire que les immigrés sont très méchants et qu'il faut avoir très peur d'eux. Moi qui ai surtout très peur des politiciens qui disent ça j'ai été très heureux de trouver dans le numéro 1048 du Courrier international ce texte traduit du quotidien espagnol ABC et signé Juan Pedro Quiñonero.


Les immigrés sont une très bonne affaire pour l'économie française : ils reçoivent de l'Etat 47,9 milliards d'euros, mais ils reversent 60,3 milliards. Autant dire un solde positif de 12,4 milliards d'euros pour les finances publiques, qui ne représente pourtant que la part monétaire de transferts bien plus importants. Dans ce pays de 64,7 millions d'habitants, 6,5 millions de Français comp­tent au moins un immigré dans leur famille. Les chiffres de l'immigration légale sont très fluctuants. En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles.
Une équipe de chercheurs de l'univer­sité de Lille, sous la direction du Pr Xavier Chojnicki, a réalisé pour le compte du ministère des Affaires sociales une étude sur les coûts de l'immigration pour l'éco­nomie nationale. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décor­tiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. Les chercheurs ont remis leur rap­port en 2009, au terme de trois ans d'études. Les 47,9 milliards d'euros que coûte l'immigration au budget de l'Etat (2009) sont ventilés comme suit : retraites,16.3milliards d'euros ; aides au logement, 2.5 milliards ; RMI, 1,7 milliard ; allocations chômage, 5 milliards ; allocations familiales, 6,7 milliards ; prestations de santé, 11,5 milliards ; éducation, environ 4,2 milliards.
De leur côté, les immigrés reversent au budget de l'Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d'euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation,18.4 milliards ; impôts locaux et autres,
2.6 milliards ; contribution au rembourse­ment de la dette sociale (CRDS) et contri­bution sociale généralisée (CSG),6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d'euros.
A ce solde positif de quelque 12,4 mil­liards d'euros il faut ajouter d'autres reve­nus pas toujours monétaires, mais d'une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l'immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d'œuvre étrangère. Sans immigrés, les prix à la consommation (produits agricoles et autres) seraient bien plus élevés, la main-d'œuvre étrangère étant bien moins payée. La comptabilité réalisée par les cher­cheurs de l'université de Lille fait ressor­tir aussi de profonds changements sociaux. Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs : comme nous venons de le voir, ils versent environ 18,4 milliards d'euros à l'Etat sur leurs dépenses personnelles, notamment en TVA. Les immigrés ont modifié en pro­fondeur le sport et les arts populaires fran­çais : la grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l'immigration, et les artistes d'origine immigrée, noirs et maghrébins, peuplent le Top 50 de la chanson populaire.
Parallèlement, de nombreux métiers, en particulier dans les services, ne fonc­tionnent en France que grâce à l'immigra­tion. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étran­gers ou d'origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartien­nent à des mécaniciens et petits entrepre­neurs d'origine étrangère.
Dans un domaine aussi crucial que l'avenir du système des retraites, les immi­grés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d'orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : "L'entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites."
Juan Pedro Quiñonero

mardi 22 mars 2011

Valencia : rien de nouveau sous le soleil

Si l'on en croit les comptes rendus de la presse espagnole et des blogs valenciens, la feria de Valence, qui vient de s'achever, a été parfaitement représentative de l'état actuel de la fiesta brava.
A savoir des figuras très grassement payées (il paraît que dans l'histoire de la tauromachie les cachets des toreros vedettes n'ont jamais été aussi élevés que de nos jours) qui se produisent face aux toros les plus faibles, les plus aborregados et les moins bien présentés.
La meilleure corrida (celle de Fuente Ymbro) gâchée par deux toreros médiocres qui ne devaient leur présence à ce niveau qu'à la protection de l'empresa. Bien sûr, les figures n'en avaient pas voulu; même Fuente Ymbro, du pur Domecq pourtant, leur fait peur!
Une bonne surprise avec un assez bon lot de murubes du Niño de la Capea.
Enfin, devant une demi-arène, la corrida torista alibi.
Quelques mots sur celle-ci puisque j'ai eu l'occasion de la voir à travers le prisme (déformant) du petit écran. Un très beau lot de cinqueños d'Adolfo Martin qui déclencha l'ovation lors de sa sortie en piste mais ne tint pas ensuite toutes ses promesses : trop de faiblesse ou de mansedumbre chez certains exemplaires. Mais des toros à la personnalité accusée avec, au delà d'une noblesse bien réelle, des regards qui se fixent sur le corps du torero et une tendance à crocheter les mollets. Ils apportèrent de l'émotion et mirent en valeur les qualités des toreros. Tomas Sanchez, Valencien plus très jeune et qui n'a toréé que deux corridas la saison dernière, fut admirable d'engagement et de sincérité (une oreille). Alberto Aguilar jouait une carte importante pour la suite de sa temporada. Il a été franchement bon - dans la ligne de son actuacion vicoise de l'an dernier. Cites de loin, sincérité, temple, face à un tío qui finit par le prendre et lui infliger une blessure au bas de la jambe (une oreille et départ pour l'infirmerie).
Et pour Simon Casas, l'empresa des lieux, le constat amer et renouvelé de son incapacité à mettre les figuras devant leur responsabilité, c'est à dire, tout simplement, devant des toros dignes de ce nom.

dimanche 20 mars 2011

Cartels de la feria de Vic Fezensac 2011

Samedi 11 juin
11h toros de Dolores AGUIRRE
Julien MILETTO - David MORA - JOSELILLO

18h toros de PALHA
Juan José PADILLA - Javier CASTAÑO - Alberto AGUILAR


Dimanche 12 juin
11h corrida-concours
PALHA - CUADRI - Victorino MARTIN
FUENTE YMBRO - COIMBRA - FLOR de JARA
LOPEZ CHAVES - Julien LESCARRET - Ivan FANDIÑO

18h toros de CEBADA GAGO
RAFAELILLO - Fernando ROBLEÑO - Luis BOLIVAR


Lundi 13 juin
17h toros de ALCURRUCEN
El FUNDI - Juan BAUTISTA - Sergio AGUILAR



Le gros point noir de ces cartels c'est bien sûr la suppression de la novillada. Suppression qui ressemble fort à une opération commerciale puisque la corrida du samedi matin est désormais obligatoire dans l'abonnement alors que la novillada était facultative. Il me semble qu'il y a une obligation morale pour les arènes importantes à organiser au moins une novillada piquée. Donner leur chance à des apprentis matadors, à des élevages encore peu connus, permettre à un public plus jeune d'aller aux arènes, en un mot fomenter l'aficion, voilà ce que permet la novillada et ne fera pas Vic cette année. Sans compter que la qualité du spectacle offert par les novilladas est souvent largement supérieure à celle de bien des corridas.
Autre point noir l'absence de Diego Urdiales. Sa présence aurait considérablement relevé le niveau des cartels en ce qui concerne les toreros. Car pour ce qui est des élevages on est dans le haut de gamme, la flor y nata de la cabaña brava.

samedi 12 mars 2011

Expertise des cornes 2010

On peut consulter sur le site de l'UVTF les résultats de l'expertise des cornes de la temporada 2010.

Au tableau de déshonneur les arènes d'Arles qui totalisent à elles seules 75% des toros reconnus afeités (3 sur 4)! Décidément à Arles tout va de mal en pis : cartels médiocres, public et présidences triomphalistes, toros afeités. Ce n'est pas sur les bords du Rhône que j'irai cette année dépenser mes euros.

Bravo en revanche à Dax et Vic Fezensac pour lesquelles toutes les cornes analysées ont été reconnues vierges de manipulation (4 déclarations d'arreglos tout de même pour chacune d'elles).

En ce qui concerne justement les toros arreglados c'est Bayonne qui, avec 8 déclarations, se distingue désagréablement.
On peut par ailleurs constater que sur les 12 élevages déclarant utiliser les fundas, 9 ont aussi déclaré des toros arreglados. Moi qui croyais benoîtement que les fundas étaient destinées à éviter (entre autres choses) que les toros ne s'abîment les cornes! Il faudrait donc en conclure que les fundas jouent mal leur rôle protecteur... ou bien que l'arreglado n'est qu'un afeitado déguisé.





Arènes d'Arles photo velonero

lundi 28 février 2011

Toreros para la historia 12 Rafael Ortega

  Rafael Ortega fait partie de ces toreros qui ne se sortent pas si mal de l'épreuve de la vidéo. On est séduit par son temple et sa pureté malgré sa propension, dans les années cinquante, à toréer de profil. Il y a dans le toreo de Rafael Ortega une dimension spirituelle qui donne de la grâce à un corps qui en est précisément dépourvu.
Tout avait pourtant mal commencé avec cette gravissime cornada qu'un toro de Bohorquez lui infligea en 1950 à Pampelune. Émouvante image que celle de ce corps inerte au centre du ruedo pamplonais.
Mais deux ans plus tard l'épreuve est surmontée et ce sera, à Malaga, le combat épique face à un toro muy encastado de Pablo Romero. On ne sait ce qu'il faut admirer le plus de la caste du pablorromero ou du courage et du pundonor du jeune maestro.
Au fur et à mesure du déroulement du film on prend conscience à quel point le torero de San Fernando (El Tesoro de la Isla) excelle dans les trois suertes qui constituent la base de la tauromachie classique : la véronique, la naturelle et bien sûr l'estocade où il illustre à merveille le sens de l'expression "corto y derecho".
On atteint les sommets à la fin du film avec son immense faena de la San Isidro 1967 lors de sa réapparition. Les festivals, enfin, où, à 60 ans bien sonnés, le maestro torée avec une classe, une pureté et une facilité insolentes.
Antonio Ordoñez dira de lui : "Rafael Ortega es el que mejor a toreado de todos nosotros." Et Antoñete : "El torero que mas me ha impresionado a sido Manolete y el que mas me ha gustado, Rafael Ortega, a quien considero ademas el torero mas completo y el que ha toreado con mayor pureza."




dimanche 13 février 2011

Propos sur la bravoure

Une discussion via internet avec Xavier Klein cet été à propos du comportement des novillos de Moreno de Silva à Parentis, plus récemment les propos de Juan Pedro Domecq affirmant qu'il était à la recherche de davantage de fiereza pour ses toros m'ont incité à mettre à nouveau au jour ce texte écrit il y a quelques années et que la revue Toros avait publié en 1995 (n°1495).

Chaque aficionado se rend aux arènes dans l'espoir de voir combattre des toros authentiquement braves. Chaque aficionado a rangé dans un tiroir de son jugement sa propre conception de la bravoure qui va de la minimale — un toro brave est un toro qui charge le picador sans fuir au contact de la douleur — à la plus élaborée, celle qui sert de critère aux membres de jury des corridas-concours.
Un détour par les dictionnaires nous permettra de mieux cerner toute la diversité que recouvre le mot. L'ita­lien, porté sur les arts, qualifie ainsi ce qui est beau et excellent. Bravo que signifiera au toro le public par ses applaudissements. La langue française, elle, fait preuve de malice : être brave c'est être courageux au combat mais aussi (par voie de conséquence diront les esprits frondeurs) être un peu couillon, un bien brave homme, une brave bête en somme. Brave bête justement que le toro brave puisque c'est celui qui se prête le mieux au jeu de l'homme et qui par son comportement offensif permettra aux bons toreros de triompher pleinement. Le très sérieux langage castillan ne se permet pas, bien sûr, une telle ironie avec un mot qui symbolise des vertus essentielles pour les compatriotes du Cid Campeador et de Don Quichotte de la Manche. Il a gardé en revanche la signification originelle du mot puisque, outre le concept classique de vaillance et de combativité ainsi que celui d'excellence, il fait la part belle à l'idée de férocité et de sauvagerie contenue dans le mot latin d'origine (barbarus : barbare, sauvage).
Voilà qui nous ramène à nos toros. Appliqué au toro de lidia tel qu'il est élevé par l'homme depuis maintenant quasiment deux siècles, ne faudrait-il pas écarter le terme de sauvagerie ? Celle-ci implique une idée de vie et de sélection naturelles qui s'applique de moins en moins aux conditions que l'on retrouve dans les ganaderias. En effet, le choix que l'homme exerce à travers les tientas, le par­cage des animaux dans des espaces limités, l'apport de nourriture artificielle sont des éléments en totale contradiction avec l'idée de sauvagerie. Les deux notions essentielles qui permettent de mieux définir les qualités d'un toro brave me paraissent donc être la comba­tivité et la férocité.
Dès lors qu'il se retrouve dans le cercle de lumière que représente pour lui l'arène, le toro subit des provocations incessantes et le toro brave est celui qui répond à toutes
ces provocations, qui combat sans cesse, qui charge tout ce qui bouge. Et ce combat, toujours renouvelé, que lui propose l'homme, maître du jeu, le toro brave doit le mener avec férocité. Mais qu'est-ce que la férocité d'un animal sinon la manière qu'il a de tirer tout le parti des avantages que la nature lui a donnés, c'est-à-dire pour le toro : la vitesse, la puissance, les cornes ? C'est ainsi que les charges du toro qui expriment sa bravoure doivent être vives et rapides (con alegria), de moins en moins, bien sûr, au fur et à mesure du déroulement du combat et de la domination de l'homme. Elles s'appuient sur la confiance qu'a l'animal en ses capacités physiques et en sa force. C'est pourquoi un toro dont la faiblesse trahit les intentions de combati­vité cesse d'être brave. Il aurait peut-être pu le devenir mais son incapacité physique l'en empêche car sur le sable de l'arène comme dans bien des domaines seule l'action compte et le toro sans puissance n'est pas en mesure d'agir : il n'est plus qu'un podagre inutile. Enfin le toro brave doit savoir se servir de ses cornes, il ne serait sans cela qu'un mouton suivant docilement un bout de chiffon. Mais que l'on ne croit pas que la somme de toutes ces qualités va faire surgir un fauve terrifiant qui mettra en déroute les coletudos et rendra impossible toute manifes­tation artistique. Bien au contraire : la vitesse dans la charge, la confiance qu'apportent au toro à la fois sa puis­sance physique et la paire de cornes dont il connaît l'usage, vont le pousser à attaquer avec franchise et rectitude, à aller jusqu'au bout de son effort, donc à avoir une charge longue. Ainsi, un tel toro sera de ceux qui font les triomphes importants.
Il m'a paru nécessaire de pouvoir définir la bravoure du toro de combat par ces généralités car elles évitent de réduire cette bravoure à des actions spécifiques (le toro brave doit mettre la tête comme ceci, les pattes comme cela, etc.) qui ont tendance à nous faire considérer l'ani­mal comme une mécanique que l'homme pourrait façonner à sa guise. Il n'en reste pas moins vrai que, depuis des lustres, les éleveurs, les professionnels de l'arène et les aficionados ont relevé des comportements quasi systémati­quement reproduits par les toros que l'on qualifie de réellement braves :
— charger et recharger les capes ;
— charger de loin le picador ;
— pousser, tête baissée, en s'appuyant sur les pattes arrière jusqu'à la chute du groupe équestre ;
— revenir plusieurs fois à la pique avec un compor­tement identique ;
— charger à l'appel des banderilleros ;
— les poursuivre à la sortie de la suerte ;
— charger et recharger la muleta ;
— avoir son terrain au centre et y mourir en luttant debout contre la mort.
Diamant étincelant émergeant des pierres brutes, toro rêvé par son ganadero autant que par les aficionados, l'in­dividu qui manifesterait un tel comportement ne peut surgir que du foisonnement de combativité et de férocité que l'on retrouvera chez ses frères de caste, même si leur bravoure ne s'exprime pas toujours de manière aussi typée.
Car pourquoi ne pas considérer que deux types de bravoure peuvent coexister ? L'une, qui est la bravoure de fond, s'exprime par la combativité et la férocité du toro, quelle que soit la variété des comportements qui la révèle. Elle est la meilleure garantie contre la dégénérescence des toros de combat en même temps que le vivier de l'autre bravoure. L'autre, en effet, en représente la quintessence et se caractérise par des actions types définies comme telles par l'homme.
Ces quelques réflexions n'auront pas été inutiles si elles contribuent à porter sur la bravoure un regard plus ouvert, qui n'hésite pas à s'éloigner des canons - certes nécessaires - mais que le temps a peut-être transformés en dogmes au détriment de la diversité de comportement du toro de lidia.

samedi 5 février 2011

Au détour d'un livre

Au détour d'un livre, parfois, la surprise d'une métaphore ou d'une comparaison taurine. Si elle est réussie, c'est un vrai plaisir pour le lecteur aficionado.
Ainsi dans La forme d'une ville, consacré à Nantes, Julien Gracq évoquant les équipes de rugby locales :
"Ses rencontres avec le Vélo-Sport Nantais (bleu et rouge : le derby local) et avec le R. C. Trignac, ''l'équipe des hauts fourneaux'', célèbre, comme Bilbao pour les taureaux géants de sa plaza, pour son pack de superbes brutes, blindées par la fréquentation quotidienne de l'acier trempé, électrisaient la foule indigène."

Mais pour l'écrivain le risque est grand. Celui, s'il ne maîtrise pas le sujet, de tomber dans l'approximation ou le ridicule.
Dans Microfictions un recueil de plusieurs centaines de très courtes nouvelles, toutes plus ignobles les unes que les autres (il faut sans doute être capable d'une lecture très distanciée pour en apprécier la charge venimeuse contre notre société), Régis Jauffret écrit dans la nouvelle intitulée Muleta : "Je l'ai achevée, en me servant de la pique comme un toréador de sa muleta."
Ce qui ne manque pas de laisser perplexe l'aficionado.

Même la grande Nathalie Sarraute, dans Les Fruits d'Or, perd un peu la notion des terrains : "Comme le toréador qui fait le tour de l'arène, traînant sa cape négligemment, attrapant au vol avec une désinvolte élégance les oreilles et la queue, les chapeaux, les souliers que des gradins on lui lance, il salue."
Dommage, la phrase est bien tournée mais les oreilles et la queue ne sont pas du bon côté de la barrière!





Usage habituel de la muleta