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vendredi 19 septembre 2025

Croquis de la fête taurine (poèmes 19)

 
Nîmes
 
Sur l'esplanade  ouvert au monde
le bronze de Nimeño
Dans l'amphithéâtre  caressant les vieilles pierres
l'esprit du torero  sa foi
la force de son sourire triste.
 
 
 
Salamanque
 
De l'université aux cathédrales  des cathédrales à la plaza Mayor 
de la plaza Mayor à la plaza de toros
à Salamanque
tout est chemin de paradis ! 
 
 
 
Valence
 
Au cœur du maelstrom de la cité en fête
Un havre de calme 
et de sérénité 
Charme inattendu des arènes de Valence. 
 
 
 
 

 
 
 

mardi 24 mars 2020

Petit viatique pour temps de coronavirus (2)

   Vous avez du temps libre en abondance et vous pensez aux toros, à l'Espagne, sans oser encore imaginer la reprise d'une activité normale. Voici un nouveau boisseau de grain à moudre.

   Tout d'abord, pour rester en compagnie d' Orson Welles, un documentaire tourné en 1955 pour la télévision américaine. Il s'agit d'une présentation didactique de ce qu'est une corrida de toros à destination du public américain. On y voit notamment Manolo Vazquez toréant à Las Ventas.

Corrida à Madrid


    1124 minutes sur la corrida et le toreo, depuis Luis Mazzantini arrivant en calèche aux arènes de Madrid en 1901 jusqu'à la figure universellement connue de Manuel Benitez "El Cordobés", c'est ce que propose Fernando Achucarro dans sa somme Toreros para la historia.
   On peut trouver cette œuvre majeure sur le marché de l'occasion, soit sous forme d'un coffret de 6 dvd, soit à l'unité en 20 dvd. La plupart des épisodes peuvent être également visionnés sur You Tube (ou autres sites similaires). Un must : mener de pair le visionnage des vidéos et la lecture du livre de Domingo Delgado de la Cámara, Le toreo revu et corrigé, car l'auteur s'est beaucoup servi de ces films pour se faire une opinion sur les époques qu'il n'a pas connues.

Fernando Achucarro   Toreros para la historia (cliquer sur les liens bleus pour avoir la vidéo)
   1- Bombita, Joselito
   2- Joselito, Juan Belmonte
   3- El Gallo, Juan Belmonte, Manuel Granero, Marcial Lalanda, Nicanor Villalta
   4- Valence 1925, Cagancho, Pepe Bienvenida, El Estudiante, Gitanillo de Triana
   5- Domingo Ortega
   6- Manolete
   7- Alvaro Domecq (rej.), Pepe Luis Vazquez
   8- Antonio Bienvenida
   9- Conchita Cintron (rej.), Juanito Belmonte, El Andaluz, Parrita, Paquito Muñoz, Manolo dos Santos, José Maria Martorell
   10- Duc de Pinohermoso (rej.), Albaicin, Calerito, Pepin Martin Vazquez, Manolo Gonzalez
   11- Luis Miguel Dominguin
   12- Rafael Ortega
   13- Julio Aparicio, Litri
   14- Niño de la Palma, Antonio Ordoñez
   15- Fermin Bohorquez (rej.)
   16- Manolo Vazquez
   17- Juan Posada, Jumillano, César Giron, Pedres, Chicuelo II
   18- Antoñete
   19- Curro Romero, Rafael de Paula
   20- El Cordobés

    Sur L'œil contraire, on trouvera des textes sur les épisodes 1, 3, 4, 5, 11, 12, 14, 18, 19, 20.















Pepin Martin Vazquez, torero sévillan con arte y naturalidad, dont aujourd'hui Pablo Aguado perpétue le style. On peut le découvrir dans l'épisode 10, il tourna également dans quelques films dont le célèbre Currito de la Cruz.


(à suivre)  

dimanche 24 mars 2019

Une falla

   Au cœur du quartier de Ruzafa, derrière les arènes, la falla Sueca - Literato Azorín fait partie des 9 fallas de la sección especial (les plus grandes et spectaculaires).







Jeudi 19 mars, minuit, la Crema






Mercredi 20 mars, 9 heures 30, même lieu




















vendredi 22 mars 2019

Vu à Valence



   Pour les Fallas, la capitale de la Communauté Valencienne pétarade avec tant d'ardeur que l'extraterrestre de passage doit se poser beaucoup de questions sur les us et coutumes des Terriens. L'apothéose a lieu sur la place de la mairie, elle attire, à 14 heures en puntas, des foules considérables pour la masclete quotidienne. Attention ! ça continue de manière spontanée et joyeuse toute la journée, toute la nuit, dans tous les quartiers, et les enfants ne sont pas les derniers à prendre un malin plaisir à faire exploser leurs pétards dans les rues. Dans ce contexte, les arènes sont presque un havre de paix. Le public y réagit avec mesure et les olés ont des douceurs levantines.



   Les trois corridas auxquelles j'ai assisté ont toutes eu leur intérêt, en grande partie grâce au bon niveau général des toros combattus. Aucun ne fit preuve de faiblesse de pattes, leur niveau de bravoure fut correct et certains (un jandilla et plusieurs fuenteymbros) se sont montrés supérieurs. La raison m'oblige à penser qu'il s'agit d'un heureux hasard, mais on se prend à rêver d'une temporada qui se maintiendrait à ce niveau.

Retour sur un non indulto
   La polémique a surgi à la suite du refus du président d'indulter le cinquième toro de la corrida de Jandilla. Notons que s'il y eut polémique dans la presse, dans l'arène tout se passa normalement. Le président essuya une bronca mesurée, adoucie par les applaudissements de nombreux aficionados, et l'on en resta là. L'occasion me parait bonne pour rappeler aux chantres de l'indulto que, plutôt que de verser des larmes de crocodiles sur la mort d'Horroroso, le meilleur moyen pour eux de justifier leur appétit de grâce serait de militer pour la troisième pique. Le cas était d'école. Le jandilla prend deux piques mais il est en fait très peu châtié car les deux fois, effet de sa bravoure et de son poder, il renverse très rapidement le cheval. S'il est placé de loin une troisième fois et accourt avec la même impétuosité, tout le monde y gagne. Le public qui assiste à un spectacle rare et plein d'émotion, le toro qui sauve sa vie, et les partisans de l'indulto car personne n'aurait contesté une grâce dans de telles conditions. Moralité : il faut savoir oser, même en corrida dite toreriste, la troisième pique !

La blessure d'Enrique Ponce
   L'homme a fait preuve tout au long de sa carrière d'une telle domination et d'une telle sécurité face au toro que le voir se faire blesser est un évènement. Évènement qui nécessite donc quelque développement. Parlons tout d'abord des toros. On attendait peu de choses des Garcia Jimenez (entreprise Matilla) annoncés pour la partie pédestre de cette corrida mixte tellement leur temporada dernière fut catastrophique. On fut donc plutôt agréablement surpris de voir débouler trois Olga Jimenez (le 4ème était de Parladé) très bien armés, solides, mobiles et même parfois dotés d'une pointe de nerf. Face à son premier, Ponce coupa une oreille après des derechazos serrés et une estocade entière. Au second, vif et mobile, après un début par trincherazos secs, le maestro  - et c'est là sans doute sa surprenante erreur - ne semble pas juger nécessaire d'utiliser le toreo dominateur qui le caractérise. C'est ainsi qu'il en vient à donner une série de naturelles de profil, les pieds joints, profitant de la mobilité du toro. Il veut remater par un molinete inversé lié à un pecho mais sur le retour le toro aperçoit le torero et lui vient directement au corps, le frappe derrière la cuisse, le renverse violemment au sol où il cherche à le reprendre. La cape salvatrice d'un peon détourne le toro au moment où il allait à nouveau frapper. Enrique se relève, grimaçant de douleur, et porte aussitôt la main à son genou, puis est amené rapidement à l'infirmerie.
   Pour la petite histoire, le maestro de Chiva portait en ce 18 mars pour la première fois un costume blanc et noir aux couleurs du Valencia Club de Futbol qui célébrait ce jour son centième anniversaire.
   L'émoi est grand dans les officines taurines car il semblerait que la gravité de la blessure au genou soit de nature à remettre en cause la temporada du Valencien. Et peut-être même lui donner l'idée, après trente ans de bons et loyaux services aux plus hauts sommets, d'une retraite bien méritée.

Une corrida importante de Fuente Ymbro
   Avec un toro de vuelta, Damasco, sorti en deuxième position, au galop vibrant et encasté, et trois autres de grande qualité, braves, nobles, l'élevage gaditan a permis une corrida de clôture d'un excellent niveau et d'un intérêt toujours soutenu.
   Quel plaisir de pouvoir déguster la toreria de Finito de Cordoba ! Demi-véroniques de cartel, enchainements majestueux, sobriété distinguée, classe, élégance. Celui qui aurait pu être une figure majeure s'il n'avait manqué de valor a peut-être encore un avenir comme telonero de luxe. Le bon public valencien a savouré en connaisseur la prestation raffinée du Cordouan de Barcelone.
   Comment peut-on quitter les arènes les mains vides sur une simple ovation après avoir joué sa vie en permanence et réalisé deux faenas de deux oreilles avec deux toros différents, l'un terriblement encasté, l'autre plus pastueño ? Tant que Roman tuera de manière aussi calamiteuse que ce jour il restera dans l'ombre alors que, par son courage, son entrega et sa technique, il m'a paru être capable d'accéder à une position des plus enviables dans cette dure profession de torero.

   Les pétards se sont tus, la circulation automobile a repris ses droits. Les dizaines de Fallas se sont évanouies dans la nuit du 19. Pendant une semaine, la plaza de toros, au cœur de la cité, a été un des hauts lieux de la feria. Pour ce que j'en ai vu, Valencia est une ville taurine digne d'intérêt.






photos velonero
 1 Dans le quartier de Ruzafa un jardin public porte le nom du matador valencien tué en 1921.
 2 Il y a souvent la queue pour faire ses emplettes mais les critères de vente sont stricts, à chaque âge ses munitions.
 3 La falla de la place de l'Ayuntamiento, la plus grande, la plus classique (quelques autres photos de fallas prochainement).


jeudi 21 mars 2019

Valence











Dimanche 17 mars 2019                   Valencia
très beau temps, fort vent
trois quart d'entrée

4 toros de Jandilla, 2 de Vegahermosa (1, 6), 12 piques 3 chutes, excellent le 5 Horroroso (vuelta) pour Diego Urdiales (salut, silence), Sébastien Castella (silence, deux oreilles) et Cayetano (silence, silence).

Dans un lot de Jandilla qui manqua de fond, Horroroso, le mal nommé, tranche par ses qualités. C'est un toro complet, brave sous le fer en deux piques pour autant de chutes brutales, puis de charge ardente et inépuisable à la muleta. La forte pétition d'indulto ne fut pas prise en compte par le président et c'est une vuelta al ruedo unanimement acclamée qui honora le combat du toro. Une troisième pique aurait sans doute permis à Horroroso de prétendre à l'indulto tout en offrant au public le spectacle renouvelé de sa bravoure, mais qui se soucie d'une troisième pique ?
Sébastien Castella n'est pas torero à laisser passer ce genre d'adversaire. Il mit les arènes en incandescence, d'abord par un excellent quite par chicuelina puis, après un brillant tercio de banderilles de José Chacon et Fernando Perez, par un début de faena au centre dont il a le secret, suivi de séries de derechazos rythmés et dominateurs. A gauche le ton baissa nettement et, après les péripéties habituelles d'une demande d'indulto, il en finit par une entière desprendida et un descabello. A son premier adversaire, le Biterrois s'était fait remarquer par un début de faena appuyé à la barrière aux accents luismiguelistes.
Diego Urdiales montra quelques éclairs de sa toreria face au fade premier, bien tué d'une entière.
On peut penser que la spectaculaire cogida de Gomez Pascual (cornada de 10 centimètre dans le dos), peon de Cayetano, au cours du second tercio du deuxième toro ne contribua pas à mettre ce dernier dans les meilleures dispositions. Ajoutons à cela un vent très gênant ... et deux toros imposants et pas faciles à manœuvrer et on aura compris que l'aîné des Rivera Ordoñez connut une tarde des plus discrètes. Pourtant, lorsqu'il se jeta à genoux pour commencer sa faena au 6, j'ai cru un instant revoir la silhouette de son père.

dimanche 30 mars 2014

Valence, Séville, Madrid

Valence, 1er round
   Très net avantage aux points pour les patrons (El Juli, Morante de la Puebla, José Maria Manzanares) qui remplissent les arènes et triomphent.
   Les outsiders sont à la peine. Ivan Fandiño, sans démériter, ne triomphe pas, et Joselito Adame a du mal à se réadapter au toro espagnol après une temporada mexicaine euphorique. Seul Jimenez Fortes, convaincant face aux Fuente Ymbro, fait oublier ses difficultés de la fin de temporada dernière et s'assure le plein de contrats pour celle à venir.
   Côté toros, les domecqs s'en sortent bien avec quelques très bons exemplaires notamment chez Victoriano del Rio. Fuente Ymbro retrouve du punch, pourvu que ça dure!
   Hélas, la seule corrida toriste de la feria est un échec : les Adolfo Martin, comme trop souvent, sont vides de caste.

Séville, 2ème round
   L'affaire s'annonce mal. Canorea sonné par l'uppercut (en dessous de la ceinture) du G5 n'a pas été capable de monter une feria originale  ni vraiment attractive. Comble de malheur, la grave blessure d'Enrique Ponce à Valence pourrait l'envoyer au tapis. Il faudra prier toutes les vierges de Séville pour que survienne un miracle. A commencer par le dimanche de Résurrection où l'affrontement à distance Malaga versus Séville aura une portée symbolique évidente.

Madrid, 3ème round
  A Madrid tout le monde sera là, mais séparément.
  Les poids lourds du G5 y brillent par leur pusillanimité. Morante s'affiche pour un seul contrat. Quelle ambition! Les autres figures se retrouvent entre elles face à du domecq. Seule exception, Miguel Angel Perera fait un geste face aux Adolfo Martin. Bravo!
   Les demi-figures se retrouvent, elles, le plus souvent devant du sous-domecq bon marché.
   Autre monde à part, celui des corridas dites toristes : élevages de grand prestige face à de vieux briscards chevronnés mais aussi face à des matadors peu préparés à ce genre de combat et pour qui le KO est plus probable que le succès.

   Tout cela témoigne d'une ambition dont le seul horizon se borne à compter les euros qui roulent dans l'escarcelle. Propriétaires des plazas, empresas, toreros sont en conflit parce que, dans une Espagne en crise, assurer le maintien de ses (hauts) revenus est devenu une guerre.
   Pendant ce temps les aficionados rêvent de combats d'anthologie et de triomphes mémorables. Il faut souhaiter qu'il y en ait car, par les temps qui courent, la fiesta de los toros n'a pas besoin que, lorsque retentira le dernier coup de gong de la miurada madrilène, le public se dise que le match était non seulement truqué mais en outre vraiment nul.


NB: Dimanche 20 avril
        Séville  6 toros de Miura pour Manuel Escribano et  Daniel Luque
        Malaga  Morante de la Puebla et El Juli pour 6 toros d'encaste domecq choisis par eux

dimanche 24 mars 2013

Valencia (quelques photos)




















Inaugurées en 1860, les arènes sont situées en plein centre de la ville. Elles contiennent 12 000 spectateurs.




















Tout à côté, la gare abrite de magnifiques mosaïques.





















A l'origine les fallas étaient fabriquées avec les restes des ateliers des charpentiers de la ville. Puis elles ont été faites de bric et de broc. Aujourd'hui elles sont élaborées sous la direction d'un "artiste". Leur esthétique pâtissière m'a laissé de marbre. Il est heureux qu'elles soient destinées à être brûlées lors de la Crema dans la nuit du 19 mars. Toutefois, comme pour les toros, il paraît que certaines sont indultées, les ninots indultats.






















Costume traditionnel valencien et geste auguste du communiquant contemporain







mercredi 20 mars 2013

Valencia (suite)

Un contrat à Valence en début de temporada au moment où les cartels de toutes les arènes de France et d'Espagne sont en cours d'élaboration représente pour les matadors qui aspirent à avoir une plus grande place au soleil une opportunité qu'il ne faut pas manquer. Aussi presque tous donnèrent le meilleur d'eux-même.

Ceux qui se sont mis en valeur
Ivan FANDIÑO
Le comportement du maestro basque trancha avec celui de ses comparses de la corrida de Fuente Ymbro. On vit un matador plein d'ambition, de poder et de sincérité. Il améliora le troisième, manso, et construisit une faena de grande qualité terminée par une excellente estocade et un descabello (oreille). Il ne put rien en revanche face à la mansedumbre du 6 qu'il avait entrepris dès sa sortie par des gaoneras risquées. Un regret :  ne pas l'avoir vu face au 4 ou au 5. Caste contre caste, ç'eut peut-être été un grand moment, mais avec des si...

JIMENEZ FORTES
Une bonne surprise. Le Malagueño torea avec l'envie de la jeunesse. Un bon quite par chicuelinas pour se présenter, puis il réussit à améliorer le 3, un manso perdido, et à le toréer par naturelles les mains basses. A confirmé l'intérêt qu'il avait fait naître l'an dernier.

Eduardo GALLO
Il donna de bonnes naturelles à un Adolfo Martin pas évident, témoignage de son sitio retrouvé. En revanche son incapacité à mettre correctement en suerte son toro valut à son picador Ney Zambrano une violente chute.

David MORA
Bon à la cape comme toujours. Volontaire et avec de bons moments à la mueta mais sans parvenir a redondear son actuacion, comme bien souvent.

Ceux qui ont raté le coche
David ESTEVE
Aviador d'Adolfo Martin était le toro qui pouvait changer sa vie, une occasion comme il s'en présente rarement dans la carrière d'un torero modeste. Le Valencien donna le meilleur de lui-même mais, sans avoir aucunement démérité, il ne put se hisser à la hauteur du toro. Ce fut pour lui une journée clé, celle de la fin des illusions.

Juan BAUTISTA
Face à un Fuente Ymbro que l'on peut qualifier de facile, l'Arlésien connut de bons moments, notamment à gauche, mais comme trop souvent, il eut du mal à se dépasser. Le public le sentit et resta froid, et ce n'est pas, en fin de faena, le méli-mélo sans queue ni tête de passes données après avoir jeté l'épée qui pouvait réchauffer l'atmosphère (salut après un pinchazo et une bonne entière).
Son second, par sa caste et son poder, aurait pu lui donner l'occasion d'un haut fait d'armes, mais ce n'est pas le genre de la maison et JB eut tôt fait d'abréger les débats.

R.A.S.
Antonio FERRERA
Aux abonnés absents avec son premier Adolfo, puis un tercio de banderilles original au 4. Banderilles et cape en main, il place son toro, laisse sa cape droite au milieu du ruedo puis plante les banderilles. Pour le reste, ça sent la préretraite, avec une maîtrise technique qui lui permet de faire face sans dommage.

Javier CASTAÑO
Actua avec l'assurance des spécialistes de la devise. Il essaya avec l'arme du temple et l'aide d'une cuadrilla de premier ordre, d'améliorer ses deux miuras mais ce fut en vain. A l'impossible nul n'est tenu.

Diego URDIALES
Sans matériau avec ses deux Alcurrucen.

A la peine
RAFAELILLO
Avec sa brusquerie il rendrait méfiant un domecq bonancible, alors face à un miura de 5 ans ...

Fernando ROBLEÑO
Fernando a connu une rude journée. Tout avait bien commencé pourtant avec, face au sobrero manso de Valdefresno, doblones et derechazos de classe ovationnés. Mais il se laissa ensuite entraîner vers les barrières d'où l'animal, collé aux plaches, refusa de sortir.
Puis le cinquième miura, rendu encore plus mauvais qu'il n'était par la lidia catastrophique de sa cuadrilla (un sujet d'inquiétude pour la suite de la temporada) lui impose de faire deux fois le tour du ruedo avant de pouvoir lui porter le coup fatal. Pendant ce temps, les minutes passent, les trompettes sonnent et le troisième avis se profile. Dans cette arène battue par un vent glacial le madrilène fut assurément le seul à transpirer.

Matias TEJELA
Indéniablement Matias Tejela sait toréer, il a même une certaine capacité à templer. Mais il garde ses distances, manque d'engagement et de dominio. Un torerito.


Les cuadrillas
Le public de Valencia sut apprécier les quelques bonnes piques données notamment par Tito Sandoval et Juan José Esquivel.
La cuadrilla de Javier Castaño, toujours aussi époustouflante, semble s'être spécialisée : Marco Galan à la brega et David Adalid aux palos.
A noter : les alguazils valenciens n'hésitent pas à intervenir de la voix et du geste lorsque le règlement n'est pas respecté (piques, ronde des enterradores).
















naturelle de Jimenez Fortes

lundi 18 mars 2013

Valencia

Il n'y a guère, Valence avait encore des rêves de grandeur. Aujourd'hui, les équipes de foot sont en faillite, la mégalomaniaque cité des arts et des sciences ressemble à une coquille vide, la plaza de toros continue à donner, comme si de rien n'était, 12 spectacles pour les Fallas mais la plupart devant des gradins dégarnis. Tout cela ne constitue bien sûr que la partie visible de l'iceberg. L'essentiel, la difficulté de chaque famille, reste caché, et le visiteur étranger découvre une ville bruyante et vivante comme toute ville espagnole qui se respecte. Chaque jour, à 14 heures en punto, les mascletas explosent devant des milliers de personnes et le 19 au soir les Fallas brûleront. Ainsi le monde continuera de tourner.

Le cahier des charges impose à l'empresa l'organisation d'un nombre si important de courses que Simon Casas a cru bon de saucissonner la feria en trois morceaux : la feria des novilladas, la feria des encastes, la feria des figuras. Avec un double implicite désastreux : les figures n'affrontent pas d'encastes variés, ceux qui les affrontent ne sont pas des figures. Tout le contraire de ce vers quoi une tauromachie de verdad devrait tendre. A savoir : les matadors qui n'affrontent qu'un seul encaste ne sont pas des figures et il y a parmi les matadors qui affrontent des encastes variés d'authentiques figures.

Ayant assisté aux quatre corridas de la feria dite  des encastes voici mes impressions.
Mais je voudrais donner d'abord mon avis sur la question du public car je crois qu'il faut dédramatiser les commentaires catastrophés sur la pauvreté des entrées réalisées.
Un tiers d'entrée, soit 3 à 4 000 spectateurs, les mardi, mercredi et jeudi. Demi-entrée, soit 5000 spectateurs le vendredi. C'est peu, mais si l'on considère :
 - la crise économique qui frappe l'Espagne et réduit considérablement les possibilités financières des familles, leur imposant de faire des choix
 - le fait que ces jours étaient ouvrables, que donc, à 5 heures de l'après-midi, heure du début de la corrida, les gens qui en ont un sont au travail
 - le temps épouvantablement antitaurin (froid glacial et vent violent) en particulier le mercredi et le jeudi
 - le fait que les corridas sont retransmises en direct sur Canal + toros
 - le fait que le public valencien n'a jamais brillé par sa fibre toriste
on peut considérer que c'est un véritable miracle d'avoir réuni autant de monde sur les gradins ces jours-là.

Mardi,  toros d'Adolfo MARTIN
 Un lot cinqueño, magnifique de trapío, avec un grand toro, Aviador, sorti en troisième position, brave et noble, avec une corne droite pour triompher a lo grande.
Le premier, brave également, montra de la qualité dans la cape de Ferrera mais celui-ci ne le consentit jamais et l'animal resta inédit.
Le deuxième, encasté,  est en revanche amélioré par le toreo sincère d'Eduardo Gallo.
Mais la corrida va a menos avec  trois derniers toros médiocres, rajados et cherchant les planches.
Dans l'ensemble, hormis le 3, tous les toros sont allés a menos.

Mercredi, toros de MIURA
 Autre corrida cinqueña et bien présentée malgré quelques cornes vite escobillées. Même le premier, bien que ne pesant que 505 kg, qui sont peu pour un miura, a fière allure.
En revanche corrida très difficile, bronca, sans recorrido, gardant la tête dans les nuages.
Plusieurs avec le comportement, récurrent dans l'élevage, qui consiste à faire le tour de l'arène au moment de la mort.
Le 2, faible de pattes, est remplacé par un Valdefresno manso. Le 1 et le 6 montrent aussi de la faiblesse.
Corrida décevante donc, mais peut-on reprocher à un miura d'être difficile?

Jeudi, toros d'ALCURRUCEN
 Point n'est besoin de s'étendre sur le fiasco des nuñez de la famille Lozano, bien présentés eux-aussi. Une corrida infumable, mansa, décastée.

Vendredi, toros de FUENTE YMBRO
 Encore une corrida bien présentée, de comportement inégal mais avec beaucoup de mobilité, à l'exception du 6, manso sans charge.
 Le premier est un domecq comme en rêvent les toreros : terciadito, brave, noble, tempéré par un peu de faiblesse de pattes.
 Mais le 4 et le 5 sont d'un bois différent : d'authentiques fieras, forts, encastés, mobiles, demandant un torero dominateur et sûr de lui (ce qu'ils ne trouvèrent ni avec J. Bautista ni avec M. Tejela). Le 4 alla a mas après un début de manso et le 5 donna tout d'abord l'impression d'avoir un problème de vue. Il transperça le burladero d'un coup de corne (corne intacte après le choc) en le heurtant, puis donna une vilaine colada à Tejela. Mais tout rentra dans l'ordre ensuite et, malgré les bons soins du picador, il chargea fort au troisième tiers.

Petit bilan de ces quatre journées avec quatre encastes différents
 - le meilleur toro, un albasserada d'Adolfo Martin
 - Miura reste Miura (même pour le pire)
 - des nuñez en mansedumbre majeure
 - et les domecq ... les toros de meilleure charge
La dominante : une bonne présentation générale, ce dont il faut savoir gré à l'empresa.

à suivre : les matadors


















préparation d'une mascleta ou les pétards valenciens

mardi 22 mars 2011

Valencia : rien de nouveau sous le soleil

Si l'on en croit les comptes rendus de la presse espagnole et des blogs valenciens, la feria de Valence, qui vient de s'achever, a été parfaitement représentative de l'état actuel de la fiesta brava.
A savoir des figuras très grassement payées (il paraît que dans l'histoire de la tauromachie les cachets des toreros vedettes n'ont jamais été aussi élevés que de nos jours) qui se produisent face aux toros les plus faibles, les plus aborregados et les moins bien présentés.
La meilleure corrida (celle de Fuente Ymbro) gâchée par deux toreros médiocres qui ne devaient leur présence à ce niveau qu'à la protection de l'empresa. Bien sûr, les figures n'en avaient pas voulu; même Fuente Ymbro, du pur Domecq pourtant, leur fait peur!
Une bonne surprise avec un assez bon lot de murubes du Niño de la Capea.
Enfin, devant une demi-arène, la corrida torista alibi.
Quelques mots sur celle-ci puisque j'ai eu l'occasion de la voir à travers le prisme (déformant) du petit écran. Un très beau lot de cinqueños d'Adolfo Martin qui déclencha l'ovation lors de sa sortie en piste mais ne tint pas ensuite toutes ses promesses : trop de faiblesse ou de mansedumbre chez certains exemplaires. Mais des toros à la personnalité accusée avec, au delà d'une noblesse bien réelle, des regards qui se fixent sur le corps du torero et une tendance à crocheter les mollets. Ils apportèrent de l'émotion et mirent en valeur les qualités des toreros. Tomas Sanchez, Valencien plus très jeune et qui n'a toréé que deux corridas la saison dernière, fut admirable d'engagement et de sincérité (une oreille). Alberto Aguilar jouait une carte importante pour la suite de sa temporada. Il a été franchement bon - dans la ligne de son actuacion vicoise de l'an dernier. Cites de loin, sincérité, temple, face à un tío qui finit par le prendre et lui infliger une blessure au bas de la jambe (une oreille et départ pour l'infirmerie).
Et pour Simon Casas, l'empresa des lieux, le constat amer et renouvelé de son incapacité à mettre les figuras devant leur responsabilité, c'est à dire, tout simplement, devant des toros dignes de ce nom.