Samedi : Parentis, plat de résistance
Pari osé que celui de la novillada-concours et au final une belle réussite, devant une arène comble.
Des novillos parfaitement dans le type de leur encaste. Absolument magnifiques le Partido de Resina (como no), Prieto de la Cal (precioso jabonero claro) et Salvador Guardiola (noir au poil luisant). Grande ovation pour les trois à la sortie du toril.
Tous les novillos prirent trois à quatre piques après avoir été, en général, remarquablement mis en suerte.
Somptueuse sortie de toro encasté pour le PARTIDO DE RESINA qui prit les piques avec alegria mais sans réellement pousser. Bronco à la muleta.
Le PRIETO DE LA CAL eut lui aussi une sortie tout feu tout flamme, puis il poussa par à coup sous le fer et se montra difficile au troisième tiers.
Le MORENO DE SILVA, cárdeno, fit preuve de bravoure et de noblesse. Il fut même pastueño dans la muleta de Francisco Pajares. A lui le prix au meilleur novillo.
Mais l'exemplaire de Salvador GUARDIOLA l'aurait mérité tout autant. Il ne fut pas économisé aux piques ce qui ne l'empêcha pas de charger jusqu'au bout au dernier tiers. Il était porteur de la bonne caste des Villamarta qui, chez les toros du même fer, est, à mon avis, trop souvent étouffée par un excés de poids.
Manso, le pupille colorado d'Alonso MORENO.
Enfin, le COQUILLA DE SANCHEZ ARJONA, à l'armure discrète, montra bravoure et noblesse atténuées par trop de soseria.
Chez les hommes, Daniel MARTIN actua en vrai novillero, vaillant, opiniâtre même, jusqu'à la cogida, mais brusque dans le maniement des leurres et fatal à l'épée.
Julian SIMON, discret en tout.
Francisco PAJARES m'a semblé être un imitateur de José Tomas. Il va même jusqu'à cultiver une certaine ressemblance physique, avec chevelure ad hoc. Il en a aussi - ce qui est plus intéressant - la douceur et le temple. Par ailleurs, piètre estoqueador.
mardi 11 août 2009
lundi 10 août 2009
Un week-end aux arènes (1)
Vendredi : Bayonne, mise en bouche
On sait que le plus important dans ce genre de corrida (cartel cumbre, la corrida la plus attendue de l'année dans le Sud-Ouest) ce sont les toros. D'eux vont dépendre la réussite et (ou) le sérieux de l'après-midi.
Donc, tout de suite, un bémol : le lot de toros d' El Pilar est sans trapío, de plus certaines armures sont suspectes d'afeitado.
El FUNDI, le pundonor
Une faena toute de douceur à son premier pour dire : "Moi aussi je peux avec ces toros-là." Et, à son second, un coup d'épée pour dire : "El Fundi, torero del pundonor".
Une actuation rassurante donc, mais il faudra que le Fundi réapprenne à toréer sans crier.
José TOMAS, la personnalité
Sincérité totale, toreo hors du commun, personnalité; quoique fassent les autres, José Tomas est ''au-dessus''. En fait il se situe dans une autre dimension à laquelle ses compañeros, aussi brillants soient-ils, n'ont pas accès.
Mes rendez-vous avec JT sont rares (le dernier à Saint Sébastien en 2007) et l'étreinte inachevée d'aujourd'hui suscite en moi le désir impérieux de le revoir. Bilbao, dans quelques jours, aurait été le lieu idéal pour une nouvelle rencontre, mais il a dédaigneusement décliné l'invitation... je resterai donc avec ma frustration.
Sébastien CASTELLA et l'agnelet
Objectivement, Sébastien Castella a donné une très bonne faena à un toro très noble, le public a réagi avec enthousiasme et, après une mise à mort moyenne, le torero français a coupé deux oreilles.
Personnellement, je ne suis pas rentré dans sa faena. Sans doute y avait-il trop peu de toro, offrant trop de facilité avec sa charge comme réglée à l'avance.
Et puis on a failli revivre le syndrome Desgarbado. A la fin de la faena, un véritable sentiment de miséricorde a envahi une partie du public : on ne pouvait pas tuer un tel agnelet. Mais Bayonne n'est pas Dax, la pétition d'indulto fut bruyante mais largement minoritaire et, malgré les mimiques démagogiques du matador qui voyait là l'occasion d'un triomphe à bon compte, c'est à dire sans le risque de la suerte de matar, la majorité du respectable (et le président) opta pour la logique du réel : les innocents aussi doivent mourir.
On sait que le plus important dans ce genre de corrida (cartel cumbre, la corrida la plus attendue de l'année dans le Sud-Ouest) ce sont les toros. D'eux vont dépendre la réussite et (ou) le sérieux de l'après-midi.
Donc, tout de suite, un bémol : le lot de toros d' El Pilar est sans trapío, de plus certaines armures sont suspectes d'afeitado.
El FUNDI, le pundonor
Une faena toute de douceur à son premier pour dire : "Moi aussi je peux avec ces toros-là." Et, à son second, un coup d'épée pour dire : "El Fundi, torero del pundonor".
Une actuation rassurante donc, mais il faudra que le Fundi réapprenne à toréer sans crier.
José TOMAS, la personnalité
Sincérité totale, toreo hors du commun, personnalité; quoique fassent les autres, José Tomas est ''au-dessus''. En fait il se situe dans une autre dimension à laquelle ses compañeros, aussi brillants soient-ils, n'ont pas accès.
Mes rendez-vous avec JT sont rares (le dernier à Saint Sébastien en 2007) et l'étreinte inachevée d'aujourd'hui suscite en moi le désir impérieux de le revoir. Bilbao, dans quelques jours, aurait été le lieu idéal pour une nouvelle rencontre, mais il a dédaigneusement décliné l'invitation... je resterai donc avec ma frustration.
Sébastien CASTELLA et l'agnelet
Objectivement, Sébastien Castella a donné une très bonne faena à un toro très noble, le public a réagi avec enthousiasme et, après une mise à mort moyenne, le torero français a coupé deux oreilles.
Personnellement, je ne suis pas rentré dans sa faena. Sans doute y avait-il trop peu de toro, offrant trop de facilité avec sa charge comme réglée à l'avance.
Et puis on a failli revivre le syndrome Desgarbado. A la fin de la faena, un véritable sentiment de miséricorde a envahi une partie du public : on ne pouvait pas tuer un tel agnelet. Mais Bayonne n'est pas Dax, la pétition d'indulto fut bruyante mais largement minoritaire et, malgré les mimiques démagogiques du matador qui voyait là l'occasion d'un triomphe à bon compte, c'est à dire sans le risque de la suerte de matar, la majorité du respectable (et le président) opta pour la logique du réel : les innocents aussi doivent mourir.
dimanche 2 août 2009
A propos d'Orthez, Tyrosse, Beaucaire
Je n'ai assisté à aucune des courses proposées par ces plazas et ne porterai donc aucun jugement sur ce qui s'y est déroulé.
Je voudrais simplement souligner à quel point il me paraît important que ces trois arènes - dont les dates coïncident malencontreusement pour les aficionados - puissent continuer, chacune avec sa personnalité, à organiser des spectacles dignes et ambitieux, de ceux qui mettent en valeur le señor toro et par là même le courage et l'art des hommes qui l' affrontent. La voie est certes difficile parce que les aficionados sont, à juste titre, exigeants et parce qu'aussi tout le monde n'a, semble-t-il, pas intérêt à ce que certaines expériences réussissent.
Des trois plazas, Tyrosse est celle qui a le passé le plus prestigieux. On y a vu ces dernières années des Palha, Miura, La Quinta, Mayalde, Charro de Llen, Escolar Gil, avec quelques tardes qui ont marqué les esprits, en particulier celles de Palha et de Mayalde. Cette année le cartel était mi-figue, mi-raisin. Quel dommage de n'avoir pas osé les Dolores Aguirre, un temps prévus! L'année prochaine peut-être...
A Beaucaire, Fernandez Meca, dans son nouveau costume d'empresa, a joué de malchance : "son torero" blessé, El Fundi et les Victorino pas dans leur meilleur moment, n'ont pas permis la réussite d'une corrida très prometteuse...sur le papier. Mais les arènes étaient pleines (il le fallait car le cartel n'était pas barato) ce qui devrait conforter Beaucaire dans sa démarche.
Enfin Orthez qui a exprimé la volonté de promouvoir des principes qui ne peuvent que réjouir les aficionados : indépendance de l'organisation, désir de valoriser le premier tiers, souci d'une action éducative auprès du public, enfin choix d'élevages et de toreros qui sortent de l'ordinaire. Pour avoir traîné mes crampons sur les terrains de rugby du Béarn profond, je sais qu'on a, dans le pays, la couenne dure et la défaite mauvaise. C'est pourquoi je crois qu'on peut faire confiance aux Orthéziens pour l'avenir, ils auront à cœur d'effacer cette déception initiale.
Je voudrais simplement souligner à quel point il me paraît important que ces trois arènes - dont les dates coïncident malencontreusement pour les aficionados - puissent continuer, chacune avec sa personnalité, à organiser des spectacles dignes et ambitieux, de ceux qui mettent en valeur le señor toro et par là même le courage et l'art des hommes qui l' affrontent. La voie est certes difficile parce que les aficionados sont, à juste titre, exigeants et parce qu'aussi tout le monde n'a, semble-t-il, pas intérêt à ce que certaines expériences réussissent.
Des trois plazas, Tyrosse est celle qui a le passé le plus prestigieux. On y a vu ces dernières années des Palha, Miura, La Quinta, Mayalde, Charro de Llen, Escolar Gil, avec quelques tardes qui ont marqué les esprits, en particulier celles de Palha et de Mayalde. Cette année le cartel était mi-figue, mi-raisin. Quel dommage de n'avoir pas osé les Dolores Aguirre, un temps prévus! L'année prochaine peut-être...
A Beaucaire, Fernandez Meca, dans son nouveau costume d'empresa, a joué de malchance : "son torero" blessé, El Fundi et les Victorino pas dans leur meilleur moment, n'ont pas permis la réussite d'une corrida très prometteuse...sur le papier. Mais les arènes étaient pleines (il le fallait car le cartel n'était pas barato) ce qui devrait conforter Beaucaire dans sa démarche.
Enfin Orthez qui a exprimé la volonté de promouvoir des principes qui ne peuvent que réjouir les aficionados : indépendance de l'organisation, désir de valoriser le premier tiers, souci d'une action éducative auprès du public, enfin choix d'élevages et de toreros qui sortent de l'ordinaire. Pour avoir traîné mes crampons sur les terrains de rugby du Béarn profond, je sais qu'on a, dans le pays, la couenne dure et la défaite mauvaise. C'est pourquoi je crois qu'on peut faire confiance aux Orthéziens pour l'avenir, ils auront à cœur d'effacer cette déception initiale.
samedi 25 juillet 2009
Madeleine 2009 (3)
Jusque là la feria a été bonne, au moins aussi réussie que celle de l'an dernier mais...
Mardi : La corrida de la honte
Honte pour les organisateurs, Simon Casas et Marie Sara, qui ont tenté, au final, de faire passer la corrida telle qu'ils la conçoivent : des toritos indécents pour triomphes à gogo(s).
Honte pour les responsables montois qui se sont humiliés en n'osant pas dire non.
Honte pour l'éleveur, Fernando Domecq. Comment peut-on en arriver à produire ça et à oser le présenter au public. 6 animalcules mal foutus, certains si chétifs qu'on avait envie de leur tendre une poignée d'avoine; qui plus est affublés de cornettes comme plantées sur le frontal au hasard. Et le moral à l'avenant : grattant, trébuchant, refusant de charger.
Honte enfin aux matadors et en particulier à celui qui est en position de force, El Juli, toujours dans les mauvais coups en ce qui concerne la présentation du bétail.
Bronca finale à l'éleveur, aux organisateurs... pour que cela ne se reproduise plus...
Mardi : La corrida de la honte
Honte pour les organisateurs, Simon Casas et Marie Sara, qui ont tenté, au final, de faire passer la corrida telle qu'ils la conçoivent : des toritos indécents pour triomphes à gogo(s).
Honte pour les responsables montois qui se sont humiliés en n'osant pas dire non.
Honte pour l'éleveur, Fernando Domecq. Comment peut-on en arriver à produire ça et à oser le présenter au public. 6 animalcules mal foutus, certains si chétifs qu'on avait envie de leur tendre une poignée d'avoine; qui plus est affublés de cornettes comme plantées sur le frontal au hasard. Et le moral à l'avenant : grattant, trébuchant, refusant de charger.
Honte enfin aux matadors et en particulier à celui qui est en position de force, El Juli, toujours dans les mauvais coups en ce qui concerne la présentation du bétail.
Bronca finale à l'éleveur, aux organisateurs... pour que cela ne se reproduise plus...
vendredi 24 juillet 2009
Madeleine 2009 (2)
Lundi matin : Un duo qui fonctionne

Thomas DUFAU et Mathieu GUILLON, les deux jeunes novilleros landais, ont montré qu'ils avaient suffisamment de bagage technique mais aussi d'entrega et de sens du spectacle pour pouvoir tourner dans le circuit des novilladas de France et d'Espagne et continuer ainsi leur apprentissage.
Thomas DUFAU se montra classique et élégant face à ses deux adversaires. On peut toutefois lui reprocher d'être passé un peu vite, face à son second novillo, à la tauromachie encimiste. Il coupa les deux oreilles d'un novillo à l'innocence rêvée par qui débute dans sa ''capitale''.
Mathieu GUILLON, plus léger et pétillant, m'a paru excellent aux banderilles, mais il se montra trop nerveux face au seul novillo retors de la matinée.
Les pupilles d'Enrique PONCE, de présentation correcte, monopiqués, furent nobles et mobiles à l'exception du dernier qui avait du piquant. Le second de Thomas Dufau fut gratifié par la présidence d'une vuelta ridicule.
Lundi après-midi : Questions
Encore une corrida de haut niveau grâce à un lot de cinqueño de Samuel FLORES. Leur bonne sortie du jour devrait redorer un blason qui avait un peu terni au cours des dernières temporadas. Les uniques toros d'origine Gamero Civico à paraître dans les grandes ferias ont leur personnalité et leur intérêt même si le fil sur lequel repose leur bravoure est ténu, à tel point que l'on se demande parfois, en observant certains de leurs comportements si l'on a affaire à des bœufs de labour ou à des toros de combat. Côté bœuf, leur sortie paisible, comme quittant à regret la tranquillité de leur étable, puis, dans la cape, les fuites éperdues, les bonds, la tête qui part d'un côté, les pattes de l'autre, enfin dans la muleta, chez certains, un excès de soseria, de douceur qui s'apparente plus au descastamiento qu'à la noblesse. Mais on vit aussi des toros au trapío imposant, la tête fier levée, douze piques sérieuses, certaines prises en mettant les reins, de la mobilité et de la noblesse encastée, en particulier chez Chiquillon, le cinquième.
Fallait-il pour autant que le président sorte le mouchoir bleu? A mon avis, sur ses qualités propres Chiquillon était un toro de vuelta. Il prit deux grosses piques, dont le but était de le détruire, sous lesquelles il poussa sans relâche. Paradoxalement, alors qu'il avait trébuché dans la cape du Cid, il en sortit tout ragaillardi et ne cessa dès lors de galoper avec noblesse sur les deux cornes dans la muleta du Sévillan. Mais ce toro n'a jamais été mis en valeur, en particulier au premier tiers où il prit les piques sans avoir été mis en suerte. Il a cherché les barrières en fin de faena. Personne dans le public ne demanda la vuelta. Alors, une belle ovation à l'arrastre aurait peut-être suffi.
Énorme succès populaire d'Enrique PONCE (trois oreilles). La maestria du Valencien semble incombustible. Tant mieux pour nous.
El CID remontera-t-il la pente? Difficile en tout cas de tomber plus bas qu'à son premier adversaire, un toro gazapon, devant lequel il erra comme une âme en peine avant de l'abattre d'une des plus laides estocades que j'ai vue de ma vie d'aficionado.
Il fit, face au toro de la vuelta, bonne figure. D'abord par un début de faena par le bas muy torero, puis en restant toujours maître de la situation, enfin en tuant bien (oreille). Mais on était loin du meilleur CID : les séries étaient accélérées et le maestro toujours à distance des cornes. Hier, Sergio Aguilar avait montré comment, dans une même série, par la grâce du temple et de l'engagement - c'est a dire de la contrainte sur la charge du toro - on pouvait progressivement passer d'un toreo rapide à une dernière passe d'une grande lenteur.
Salvador VEGA peut-il réintégrer le groupe des figures? Il montra à son premier qu'il n'avait rien perdu de la qualité de son toreo...mais il n'y avait pas de toro en face et lorsqu'il y en eut un (le sixième) tout s'effilocha...
photos :
Thomas Dufau dans un derechazo
novillo d'Enrique Ponce
jeudi 23 juillet 2009
Madeleine 2009 (1)
Je n'ai pas assisté aux corridas de vendredi et samedi. De l'avis (quasi) général, les Victoriano del Rio étaient de la branche sérieuse de l'élevage et Sébastien Castella a si bien toréé qu'il semble avoir convaincu les plus sceptiques à son égard.
Dimanche : caste, toreo, estocades
Grande corrida que celle de dimanche où tous les éléments d'une journée mémorable étaient réunis : toros, toreros, public.
Bien que sans toro complet, le lot de FUENTE YMBRO constitua, par sa variété de comportement et son sérieux, la matière première à partir de laquelle l'émotion fut sans cesse présente, permettant à chaque torero d' exprimer ses qualités et ses limites.
Mes préférés : Caldero le premier et Taranta le troisième, celui-ci né en août 2003 et donc tout près de souffler les six bougies(!). Trois piques pour chacun. Assorties de deux chutes à l'actif de Calderero dont la bravoure brute n'était pas exempte de malignité. Grand tercio pour Taranta (avec le bémol d'être sorti seul de la seconde pique), excellemment piqué par Luis Miguel Leiro (grade ovation et salut) et mis en suerte comme il se doit par Luis BOLIVAR. Leur poder et leur férocité étaient si manifestes qu'ils firent frissonner les gradins d'émotion durant la totalité de leur combat. Emotion saine car, face à eux, se trouvaient deux professionnels (Julien LESCARRET et Luis BOLIVAR) conscients et capable de les lidier avec oficio.
Les quatre autres toros prirent deux piques chacun et firent preuve de noblesse au troisième tiers. Avec une charge vibrante sur les deux cornes pour Marques (sixième). Allant a menos pour Volante le cinquième, mais Sergio AGUILAR avait beaucoup exigé de lui. Révélée dans la cape de Morenito d'Arles lors d'un trop long tercio de banderilles mais inexploitée par la suite pour Huron (quatrième). Finalement seul Libertador sorti en deuxième position, à la noblesse fade, dépareilla le lot.
Respect pour Julien LESCARRET qui fit face avec sang froid au galop encasté mais sournois de Calderero. Le public ne s'y trompa pas et l'ovationna chaudement après une belle estocade. Pour Julien les problèmes surgissent lorsqu'il se retrouve face à un toro noble comme son second. Il pâtit alors d'un manque d'aguante qui l'empêche de templer les charges. Qui l'aidera à progresser à la muleta?
Après-midi triomphale pour Sergio AGUILAR (trois oreilles). Élégance, sincérité, temple, grandes estocades : une tauromachie de haut niveau.
Merci à Luis BOLIVAR pour avoir parfaitement mis en suerte Taranta par trois fois au premier tiers. Bonne faena à Marques et grand coup d'épée pour terminer (deux oreilles).
Dimanche : caste, toreo, estocades
Grande corrida que celle de dimanche où tous les éléments d'une journée mémorable étaient réunis : toros, toreros, public.
Bien que sans toro complet, le lot de FUENTE YMBRO constitua, par sa variété de comportement et son sérieux, la matière première à partir de laquelle l'émotion fut sans cesse présente, permettant à chaque torero d' exprimer ses qualités et ses limites.
Mes préférés : Caldero le premier et Taranta le troisième, celui-ci né en août 2003 et donc tout près de souffler les six bougies(!). Trois piques pour chacun. Assorties de deux chutes à l'actif de Calderero dont la bravoure brute n'était pas exempte de malignité. Grand tercio pour Taranta (avec le bémol d'être sorti seul de la seconde pique), excellemment piqué par Luis Miguel Leiro (grade ovation et salut) et mis en suerte comme il se doit par Luis BOLIVAR. Leur poder et leur férocité étaient si manifestes qu'ils firent frissonner les gradins d'émotion durant la totalité de leur combat. Emotion saine car, face à eux, se trouvaient deux professionnels (Julien LESCARRET et Luis BOLIVAR) conscients et capable de les lidier avec oficio.
Les quatre autres toros prirent deux piques chacun et firent preuve de noblesse au troisième tiers. Avec une charge vibrante sur les deux cornes pour Marques (sixième). Allant a menos pour Volante le cinquième, mais Sergio AGUILAR avait beaucoup exigé de lui. Révélée dans la cape de Morenito d'Arles lors d'un trop long tercio de banderilles mais inexploitée par la suite pour Huron (quatrième). Finalement seul Libertador sorti en deuxième position, à la noblesse fade, dépareilla le lot.
Respect pour Julien LESCARRET qui fit face avec sang froid au galop encasté mais sournois de Calderero. Le public ne s'y trompa pas et l'ovationna chaudement après une belle estocade. Pour Julien les problèmes surgissent lorsqu'il se retrouve face à un toro noble comme son second. Il pâtit alors d'un manque d'aguante qui l'empêche de templer les charges. Qui l'aidera à progresser à la muleta?
Après-midi triomphale pour Sergio AGUILAR (trois oreilles). Élégance, sincérité, temple, grandes estocades : une tauromachie de haut niveau.
Merci à Luis BOLIVAR pour avoir parfaitement mis en suerte Taranta par trois fois au premier tiers. Bonne faena à Marques et grand coup d'épée pour terminer (deux oreilles).
vendredi 10 juillet 2009
Luis Buñuel
A lieu actuellement à la cinémathèque de Paris, et ce jusqu'au 2 août, une rétrospective des films du génial cinéaste aragonais. Parallèlement, trois de ses films (L'ange exterminateur, Viridiana et Simon du désert) sont ressortis sur les écrans. Belle occasion pour se replonger dans l'œuvre de celui qui fut un des cinéastes les plus créatifs du XXème siècle (on trouve également en dvd l'essentiel de sa filmographie).

Dans La vie criminelle d'Archibald de la Cruz (Ensayo de un crimen), c'est le simple portrait d'un torero, au-dessus d'une paire de banderilles, qui évoque le thème taurin. Nous sommes dans l'appartement d'une coquette et Archibald l'interroge :
Quel était le rapport de Buñuel avec les toros? Sans doute assez distant. On peut penser que le côté "Espagne de pandereta" que la corrida porte inévitablement en elle devait l'horripiler grandement. La tauromachie est, en tout cas, assez peu présente dans son œuvre et dans ses propos. Il n'en dit quasiment rien dans son livre de souvenirs Mon dernier soupir. Lorsqu'il en parle, c'est toujours indirectement, en rapport avec ses amis : il fut très lié avec Federico Garcia Lorca, avec José Bergamin et connut également Luis Miguel Dominguin, en particulier lorsqu'il fit tourner, dans Cela s'appelle l'aurore, la très belle Lucia Bose, alors jeune épouse du torero.
Il y a pourtant une importante séquence taurine dans La fièvre monte à El Pao, film mexicain de 1959 avec Gérard Philipe. On y voit une longue scène de corrida au cours de laquelle est combattu - si ma mémoire est bonne - un toro lucero (un Barcial?). Le procédé est un peu lourd (défaut rare chez Buñuel) mais ne manque pas d'intérêt pour l'aficionado. Joseph Losey, dans L'assassinat de Trotsky, utilisera d'une manière identique la métaphore taurine.
Au début de Los Olvidados, les enfants jouent à la corrida dans un terrain vague de leur quartier misérable.

Dans La vie criminelle d'Archibald de la Cruz (Ensayo de un crimen), c'est le simple portrait d'un torero, au-dessus d'une paire de banderilles, qui évoque le thème taurin. Nous sommes dans l'appartement d'une coquette et Archibald l'interroge :
- Quien es este torero?
- Mejillo, me brindó un toro que le mató de una cornada en la boca.
Enfin dans Cet obscur objet du désir, son dernier film (1977), un passager, dans le compartiment d'un train, tente d'engager la conversation avec un nain qui vient de prendre place :
- Est-ce que vous n'étiez pas à la corrida dimanche?
- Si, impossible de me confondre avec un autre.
Je n'ai pas souvenir d'autres références taurines dans l'œuvre de Luis Buñuel, mais certaines ont pu m'échapper. Si d'éventuels lecteurs sont plus perspicaces...
mercredi 1 juillet 2009
Le taureau de Pair-non-Pair
C'est un doux paysage de collines calcaires plantées de vignes. Au loin, en contrebas, on aperçoit parfois les eaux limoneuses de la Dordogne ou de l'estuaire de la Gironde. Cette torride fin du mois de juin convient parfaitement aux cabernets et merlots qui donneront dans quelques mois l'excellent (et financièrement très abordable) Côtes de Bourg. Parfois, une colline éventrée rappelle que c'est avec les pierres d'ici que les Romains d'abord, puis les riches armateurs et négociants, ont bâti Bordeaux.
Dimanche est jour de toros et, à l'heure où, à Saint Sever, combattaient les novillos de Fuente Ymbro, j'avais, dans cette campagne idyllique, rendez-vous avec un magnifique taureau qui, depuis 30 000 ans, est gravé sur les parois de la grotte de Pair-non-Pair. Bien armé, le morillo proéminent, ensellé, il partage la fraîcheur des lieux avec d'autres animaux. A l'émotion liée à la présence de ce taureau s'ajoute, bien sûr, celle des autres gravures : bouquetins, chevaux, mammouths ainsi qu'un rare mégalocéros. Mais aussi l'émotion suscitée par l'intérêt historique de la grotte. Il s'agit en effet d'une des rares grottes ornées qui a également été, pendant des millénaires, habitée par les hommes préhistoriques. En outre les gravures (il n'y a pas de peintures) sont parmi les toutes premières effectuées par la main de l'homme.
dimanche 21 juin 2009
Corrida de La Brède 2009
6 toros d'Adelaida Rodriguez pour Julien Lescarret (une oreille, une oreille), Fernando Cruz (silence, deux oreilles) et Joselito Adame (silence, deux oreilles).
Salut de Morenito de Arles aux banderilles et bonne actuation des banderilleros en général.
Sans atteindre les hauts sommets, on ne s'est pas ennuyé dans la portative de La Brède. Bien sûr, le nombre de trophées coupés est à mettre en relation avec la catégorie de la plaza.
Les toros d'Adelaida RODRIGUEZ (7 piques, 1 chute) sont correctement présentés et tenaces sous ''la'' pique. A l'exception du troisième, invalide, tous eurent leur intérêt. Le second, brave au premier tiers (chute au premier assaut puis belle pique) chercha l'homme en permanence à la muleta.
Rassurant m'a paru l'impact auprès du public de la faena engagée de Fernando CRUZ face au cinquième. Le Madrilène montra de l'enthousiasme et eut les plus beaux gestes de l'après-midi. Rien ne fut totalement abouti car le toro était brusque et le matador torée peu mais on sent chez ce torero d'immenses possibilités qui, hélas, ont trop peu d'occasions de voir le jour.
Julien LESCARRET fut bon avec la cape, c'est incontestablement son point fort. A la muleta, avec deux toros nobles et pleins d'allant (à lui le meilleur sorteo du jour) son toreo fut plaisant mais resta superficiel et limité dans sa dimension artistique.
Joselito ADAME brilla à la cape (beaux quites par chicuelinas puis par zapopinas) et tua le dernier d'une belle entière.
mardi 9 juin 2009
Découvertes capsylvaines
Un lot de FUENTE YMBRO, c'est l'assurance de voir du domecq sérieux. Pas très engagés sous une quinzaine de piques mais solides (sauf l'ultime) et offrant tous des possibilités au troisième tiers, les novillos ont permis le déroulement d'une novillada entretenida. La palme au troisième pour sa noblesse et au quatrième pour sa mort sublime, résistant, au centre de la piste, jusqu'à son dernier souffle.
Deux novilleros ont laissé entrevoir de réelles possibilités. Étant donné la discrétion de l'actuel escalafon novilleril, on devrait avoir l'occasion de les revoir dans la région.
Patrick OLIVER s'est beaucoup laissé tutoyer la muleta, mais son placement souvent sincère, son toreo classique, sans tape-à-l'œil, et sa volonté donnent envie de le revoir. (une oreille)
Le jeune Mexicain Angelino de ARRIAGA a constitué, lui aussi, une agréable découverte. Il combine l'alegria et la variété de répertoire propres à la tauromachie mexicaine avec des capacités artistiques qui donnent parfois à son toreo une allure morantiste. (trois oreilles)
Perdue au bout d'un chemin, à la lisière de la vaste forêt landaise, la placita de Captieux a son charme. On y surprend des propos étonnants. Au moment de la mise à mort, le novillero, dans la zone où sont tracées les raies des picadors, éprouve quelques difficultés à fixer son adversaire. Devant moi, la conversation s'engage :
Lui, dans un bel élan pédagogique, s'adresse à sa voisine qui ne lui demandait rien : "Pour tuer le toro, le matador doit le placer entre les deux raies.
Elle, dubitative : Et sinon ?
Lui : Sinon, je crois qu'on lui enlève des points."
photos velonero
paseo à Captieux
Patrick Oliver
banderilles d'Angelino de Arriaga
vendredi 5 juin 2009
Des toros en Gironde
Juste après Vic, c'est la Gironde, terre de tradition taurine qui donnera deux courses aux cartels remarquables.

CAPTIEUX
dimanche 7 juin à 17h
novillos de Fuente Ymbro
Javier Cortes - Patrick Oliver - Angelino de Arriaga
LA BREDE
samedi 20 juin à 11h
erales d'El Palmeral
Thomas Baqué (rej) - Mateo Julian - Morenito d'Istres
à 18h
toros de Adelaida Rodriguez
Julien Lescarret - Fernando Cruz - Joselito Adame
Dans Bordeaux, très beau texte écrit en 1925 par François Mauriac sur sa ville et réédité récemment par L'Esprit du Temps, on peut lire :
"Rappelle-toi ces dimanches : messe de communion, grand'messe, catéchisme, réunion des congréganistes; puis, après le déjeuner, vêpres et bénédiction du Très Saint-Sacrement. Cela nous menait jusqu'à trois heures et demie; nous redoutions, les jours de corrida, de manquer le premier taureau. Le temps se voilait; l'orage n'éclaterait-il pas avant la course? Durant les vêpres, impossible, à travers les vitraux, de mesurer la montée de l'orage; nous savions seulement qu'il n'y avait plus de soleil..."

CAPTIEUX
dimanche 7 juin à 17h
novillos de Fuente Ymbro
Javier Cortes - Patrick Oliver - Angelino de Arriaga
LA BREDE
samedi 20 juin à 11h
erales d'El Palmeral
Thomas Baqué (rej) - Mateo Julian - Morenito d'Istres
à 18h
toros de Adelaida Rodriguez
Julien Lescarret - Fernando Cruz - Joselito Adame
Dans Bordeaux, très beau texte écrit en 1925 par François Mauriac sur sa ville et réédité récemment par L'Esprit du Temps, on peut lire :
"Rappelle-toi ces dimanches : messe de communion, grand'messe, catéchisme, réunion des congréganistes; puis, après le déjeuner, vêpres et bénédiction du Très Saint-Sacrement. Cela nous menait jusqu'à trois heures et demie; nous redoutions, les jours de corrida, de manquer le premier taureau. Le temps se voilait; l'orage n'éclaterait-il pas avant la course? Durant les vêpres, impossible, à travers les vitraux, de mesurer la montée de l'orage; nous savions seulement qu'il n'y avait plus de soleil..."
mercredi 3 juin 2009
Ma feria de Vic 2009 (3)
La corrida de Fidel San Roman
Autant le dire tout net, je me suis régalé avec ce lot de mansos con casta tel qu'on n'en voit plus depuis belle lurette. Un vrai lot pour Vic, avec des têtes de méchants, de la force, de la mobilité, et beaucoup de difficultés de lidia.
Bien sûr, la corrida n'a pas été brillante, elle a parfois même été pénible mais la responsabilité en incombe essentiellement aux matadors.
Sur la passerelle des corrals vicois, à ma droite le lot de La Quinta d'une finesse admirable, avec des armures parfaites, le regard vif, intelligent. Des top model, des toros de pasarela. A ma gauche le lot de Fidel San Roman, des vieux catcheurs sur le retour, des têtes d'abrutis, des airs de faux durs dont on se dit qu'ils vont se dégonfler à la première provocation. Erreur! Il y avait du vrai muscle, du souffle, des carcasses solides, de la volonté d'en découdre même de manière peu orthodoxe.
Un point commun aux six bichos, le refus absolu de s'approcher du burladero où les peones sont sensés les maintenir pendant que les picadors entrent en piste. Et, conséquence logique, la charge systématique sur les dits picadors qui viennent juste de pénétrer dans l'arène. Ceci aggravé par l'absurdité qui consiste à faire sortir deux picadors, a fortiori dans un si petit ruedo.
Donc, sur le sable vicois, beaucoup d'agitation, de courses folles, de l'anarchie presque. Dans le public, les sarkozystes s'en donnent à cœur joie en réclamant à cor et à cri l'intervention des alguazils.
Et les matadors dans tout ça.
Diego URDIALES torée peu mais rien dans son attitude ce jour n'a laissé penser qu'il souhaitait toréer davantage. Il eut en partage les deux plus nobles, et si l'on oublie un vilain geste du premier on pourrait même les qualifier de pastueños. Il prouva à l'un qu'il savait toréer avec une grande pureté mais tua mal. A l'autre, il laissa s'installer, durant la faena, une atmosphère propice à la sieste; beaucoup, parmi les spectateurs, lui en surent gré.
Le deuxième n'avait pas une passe. Julien LESCARRET sut le montrer au public avant de le fixer par le bas et de l'occire rapidement. Du bon travail de pro. En revanche, face au cinquième, très mobile, difficile à maîtriser (sans doute pas assez piqué car il fuyait au contact du fer) il subit un échec cuisant.
En deux ans on a pu constater les progrès de Mehdi SAVALLI puisque, devant le même type de toro, il avait pris trois avis en 2007 alors qu'il est sorti aujourd'hui sous l'ovation. Mais la marge de progression reste immense. Il fut complètement débordé par la caste et la mobilité de l'excellent Zapito. Le tercio de banderilles fut un désastre; la faena, malgré la noblesse de son opposant, en fut un autre. Heureusement, Mehdi fut capable, au sixième, de réaccorder son Violon et de mettre le feu aux arènes au cours des deux premiers tercios, excellemment menés. Hélas, sa réticence à se croiser empêcha la faena de prendre son envol et, ce qui aurait pu devenir un authentique triomphe se borna à une simple ovation.
Je n'ai pas assisté à la corrida du lundi.
Ma feria de Vic est une réussite : chaque jour des toros con trapío, puissants, prenant des piques, toréables. J'ai l'impression d'avoir vécu dans un rêve. Je sais que la réalité ne va pas tarder à me rattraper. En attendant, Merci Vic.
Autant le dire tout net, je me suis régalé avec ce lot de mansos con casta tel qu'on n'en voit plus depuis belle lurette. Un vrai lot pour Vic, avec des têtes de méchants, de la force, de la mobilité, et beaucoup de difficultés de lidia.
Bien sûr, la corrida n'a pas été brillante, elle a parfois même été pénible mais la responsabilité en incombe essentiellement aux matadors.
Sur la passerelle des corrals vicois, à ma droite le lot de La Quinta d'une finesse admirable, avec des armures parfaites, le regard vif, intelligent. Des top model, des toros de pasarela. A ma gauche le lot de Fidel San Roman, des vieux catcheurs sur le retour, des têtes d'abrutis, des airs de faux durs dont on se dit qu'ils vont se dégonfler à la première provocation. Erreur! Il y avait du vrai muscle, du souffle, des carcasses solides, de la volonté d'en découdre même de manière peu orthodoxe.
Un point commun aux six bichos, le refus absolu de s'approcher du burladero où les peones sont sensés les maintenir pendant que les picadors entrent en piste. Et, conséquence logique, la charge systématique sur les dits picadors qui viennent juste de pénétrer dans l'arène. Ceci aggravé par l'absurdité qui consiste à faire sortir deux picadors, a fortiori dans un si petit ruedo.
Donc, sur le sable vicois, beaucoup d'agitation, de courses folles, de l'anarchie presque. Dans le public, les sarkozystes s'en donnent à cœur joie en réclamant à cor et à cri l'intervention des alguazils.
Et les matadors dans tout ça.
Diego URDIALES torée peu mais rien dans son attitude ce jour n'a laissé penser qu'il souhaitait toréer davantage. Il eut en partage les deux plus nobles, et si l'on oublie un vilain geste du premier on pourrait même les qualifier de pastueños. Il prouva à l'un qu'il savait toréer avec une grande pureté mais tua mal. A l'autre, il laissa s'installer, durant la faena, une atmosphère propice à la sieste; beaucoup, parmi les spectateurs, lui en surent gré.
Le deuxième n'avait pas une passe. Julien LESCARRET sut le montrer au public avant de le fixer par le bas et de l'occire rapidement. Du bon travail de pro. En revanche, face au cinquième, très mobile, difficile à maîtriser (sans doute pas assez piqué car il fuyait au contact du fer) il subit un échec cuisant.
En deux ans on a pu constater les progrès de Mehdi SAVALLI puisque, devant le même type de toro, il avait pris trois avis en 2007 alors qu'il est sorti aujourd'hui sous l'ovation. Mais la marge de progression reste immense. Il fut complètement débordé par la caste et la mobilité de l'excellent Zapito. Le tercio de banderilles fut un désastre; la faena, malgré la noblesse de son opposant, en fut un autre. Heureusement, Mehdi fut capable, au sixième, de réaccorder son Violon et de mettre le feu aux arènes au cours des deux premiers tercios, excellemment menés. Hélas, sa réticence à se croiser empêcha la faena de prendre son envol et, ce qui aurait pu devenir un authentique triomphe se borna à une simple ovation.
Je n'ai pas assisté à la corrida du lundi.
Ma feria de Vic est une réussite : chaque jour des toros con trapío, puissants, prenant des piques, toréables. J'ai l'impression d'avoir vécu dans un rêve. Je sais que la réalité ne va pas tarder à me rattraper. En attendant, Merci Vic.
mardi 2 juin 2009
Ma feria de Vic 2009 (2)
Corrida-concours : Palha ou Victorino Martin?
Le toro de Miura est présenté dans le type de la maison, très haut, agalgado. Il prend trois piques sans se faire prier, en sortant seul de la seconde rencontre mais montre une faiblesse qui se confirmera dans la suite de son combat. Il envoie deux fois les cornes à la figure des toreros - ce qui rassure sur son identité de Miura - mais son manque de moyen physique rend son combat terne. (division d'opinion)
Camarito de Palha est un castaño musculeux et cornicorto. Il est le protagoniste d'un tercio de pique comme on en voit rarement : 4 piques en poussant de toute son âme - car Camarito a une âme de toro brave. Il est à deux doigts lors de la première rencontre de faire passer cheval et cavalier de l'autre côté de la barrière. A la muleta, il se montre défensif sur la corne gauche mais noble à tribord, permettant que l'on se confie. Grosse pétition de vuelta non accordée par le président. J'essaie de comprendre les raisons de ce refus : le toro a été long à s'élancer vers le piquero, grattant beaucoup à chaque fois; il a fait preuve d'une légère faiblesse de pattes après la deuxième pique et pendant la faena, ne s'est livré à la muleta que sur la corne droite. Alors pas de vuelta, peut-être, mais Camarito, toro exceptionnel, restera dans la mémoire de Vic.
Baraquero, cinqueño de Victorino Martin vient au galop et avec fixité quatre fois vers le cheval. Là, il pousse peu, est peu châtié. La différence avec le toro de Palha est flagrante. A la muleta sa charge est vibrante et semble inépuisable. Elle exige une muleta sans hésitation, au tracé ferme. Très bon toro arrastré sous une forte ovation.
La corrida va maintenant baisser de ton.
Trois piques honorables pour le pupille de Cebada Gago qui prend ensuite querencia aux barrières où il se montre noble au troisième tiers. (silence)
Le toro d'Escolar Gil remate violemment contre les tablas puis prend trois piques mal données. Il se montre codicioso à la muleta et crochète Javier Valverde l'envoyant à l'infirmerie avec une luxation du coude. (silence)
Gras, l'armure abîmée, le Fuente Ymbro n'est qu'un mulet querencioso. (silence)
Fernando Robleño, Javier Valverde, Luis Bolivar ainsi que la plupart des picadors ont bien joué le jeu de la corrida-concours, ce qui a permis à chaque toro d'exprimer ses qualités et ses défauts. Luis Bolivar a coupé une oreille au Victorino Martin.
Les chevaux de la cuadra d'Alain Bonijol remarquables, en particulier celui qui officia face au Palha.
Prix au meilleur toro : Camarito de Palha et Baraquero de Victorino Martin ex aequo
Prix au meilleur picador : Angel Rivas (qui piqua le Palha)
Prix au meilleur matador : desierto
Camarito et Baraquero, deux très bons toros, mais, par son comportement exceptionnel sous la pique, le toro de Palha me paraissait le plus légitime pour être désigné vainqueur d'une corrida-concours.
Le toro de Miura est présenté dans le type de la maison, très haut, agalgado. Il prend trois piques sans se faire prier, en sortant seul de la seconde rencontre mais montre une faiblesse qui se confirmera dans la suite de son combat. Il envoie deux fois les cornes à la figure des toreros - ce qui rassure sur son identité de Miura - mais son manque de moyen physique rend son combat terne. (division d'opinion)
Camarito de Palha est un castaño musculeux et cornicorto. Il est le protagoniste d'un tercio de pique comme on en voit rarement : 4 piques en poussant de toute son âme - car Camarito a une âme de toro brave. Il est à deux doigts lors de la première rencontre de faire passer cheval et cavalier de l'autre côté de la barrière. A la muleta, il se montre défensif sur la corne gauche mais noble à tribord, permettant que l'on se confie. Grosse pétition de vuelta non accordée par le président. J'essaie de comprendre les raisons de ce refus : le toro a été long à s'élancer vers le piquero, grattant beaucoup à chaque fois; il a fait preuve d'une légère faiblesse de pattes après la deuxième pique et pendant la faena, ne s'est livré à la muleta que sur la corne droite. Alors pas de vuelta, peut-être, mais Camarito, toro exceptionnel, restera dans la mémoire de Vic.
Baraquero, cinqueño de Victorino Martin vient au galop et avec fixité quatre fois vers le cheval. Là, il pousse peu, est peu châtié. La différence avec le toro de Palha est flagrante. A la muleta sa charge est vibrante et semble inépuisable. Elle exige une muleta sans hésitation, au tracé ferme. Très bon toro arrastré sous une forte ovation.
La corrida va maintenant baisser de ton.
Trois piques honorables pour le pupille de Cebada Gago qui prend ensuite querencia aux barrières où il se montre noble au troisième tiers. (silence)
Le toro d'Escolar Gil remate violemment contre les tablas puis prend trois piques mal données. Il se montre codicioso à la muleta et crochète Javier Valverde l'envoyant à l'infirmerie avec une luxation du coude. (silence)
Gras, l'armure abîmée, le Fuente Ymbro n'est qu'un mulet querencioso. (silence)
Fernando Robleño, Javier Valverde, Luis Bolivar ainsi que la plupart des picadors ont bien joué le jeu de la corrida-concours, ce qui a permis à chaque toro d'exprimer ses qualités et ses défauts. Luis Bolivar a coupé une oreille au Victorino Martin.
Les chevaux de la cuadra d'Alain Bonijol remarquables, en particulier celui qui officia face au Palha.
Prix au meilleur toro : Camarito de Palha et Baraquero de Victorino Martin ex aequo
Prix au meilleur picador : Angel Rivas (qui piqua le Palha)
Prix au meilleur matador : desierto
Camarito et Baraquero, deux très bons toros, mais, par son comportement exceptionnel sous la pique, le toro de Palha me paraissait le plus légitime pour être désigné vainqueur d'une corrida-concours.
lundi 1 juin 2009
Ma feria de Vic 2009 (1)
Samedi : la bravoure des petits gris
Samedi matin, la feria débute en fanfare avec un grand lot de novillos de Flor de Jara. Visiblement, les ex Bucaré se sont bien adaptés aux rigueurs de l'hiver castillan. Ils sont beaux, braves et solides. Le quatrième représente la quintessence de l'excellence santacolomeña : au physique une estampe, au moral bravoure, noblesse, charge inépuisable. Le sixième, très bon lui aussi, sera honoré d'une vuelta ainsi que le mayoral à l'issue de la course.
En achetant l'élevage, Carlos Aragon Cancela, modeste matador enrichi dans les affaires, s'est payé un bien beau jouet. Souhaitons-nous qu'il en fasse un bon usage.
Très bonne corrida d' Escolar Gil l'après-midi, brave sous quinze piques, avec la caste et la variété de comportement propres aux Saltillo.
Intraitable le premier, un véritable poison. Très abordables les troisième et sixième, ayant conservé leur charge malgré la volonté de David Mora de les faire assassiner à la pique. Enfin, Callejero, le quatrième d'une grande noblesse, à la charge profonde, longue et répétitive particulièrement sur la corne gauche.
Rafaelillo fut le grand homme du jour. Rompu à tous les combats, dansant plus souvent qu'à son tour avec la mas fea, le Murciano sut être à la hauteur du cadeau qui lui tombait du ciel. Ce fut émouvant de le sentir heureux de pouvoir toréer le toro que tout torero rêve de toréer. Il avait d'ailleurs compris, dès la réception à la cape, qu'il avait enfin trouvé la perle rare. Il donna, sur les deux mains, dans le toreo fondamental, des séries d'une amplitude, d'un temple, d'un lié que, très franchement, je le pensais incapable d'atteindre. (Mais il faut se souvenir que Rafaelillo a été - dans une autre vie qui a resurgi aujourd'hui pour lui - novillero précoce et puntero.) Je n'ai pas compris pourquoi le maestro ne s'était retrouvé qu'avec une seule oreille en main quand on voit dans de si nombreuses arènes fleurir tant de triomphes galvaudés, d'autant que la présidence crut bon de sortir le mouchoir bleu que personne ne demandait.
mardi 26 mai 2009
Liste des toreros tués en France
Ce sont 16 toreros qui, en un siècle et demi de tauromachie française, ont péri (ces statistiques ne prennent pas en compte la course camarguaise ni la course landaise).
- 1866 Francisco Carrasco "Mathas" novillero à Nîmes
- 1894 Nicolas Alvarez "Mallet" banderillero à Avignon par Croquemort de Desfonds
- 1896 Severino Perez "Titet" novillero à Perpignan
- 1896 Manuel Comeche "Espartero de Valencia" novillero à Nîmes par un toro de Dijol
- 1905 Miguel Villalonga "Fabrilito" novillero à Nîmes par Bosco de Papinaud
- 1913 Eduardo Serrano "Gordet" novillero à Toulouse par un toro de Victorino Cortes
- 1913 Juan Garcia novillero à Istres par un toro de Lescot
- 1920 Agustin Garcia Malla matador à Lunel par un toro de Lescot
- 1921 Isidro Marti Flores matador à Béziers par Aceituno de Alipio Perez Tabernero
- 1922 José Belza novillero à Nîmes par un toro de Robert
- 1925 Martin Basauri "Pedrucho II" novillero à Marseille par Ramoneur de Saurel
- 1932 José Andres "Andresillo" banderillero à Auch par un toro de Lescot
- 1941 Emilio Soler "Canario" novillero à Marseille par un toro de Lescot
- 1951 Juan Evangelista "El Blanco" banderillero à Miramas par Azulejo de Lucien Cartier
- 1999 José Muñoz picador à Vic Fezensac par Manchonero de Victorino Martin
- 2017 Ivan Fandiño matador à Aire-sur-l'Adour par Provechito de Baltasar Iban
vendredi 22 mai 2009
Hommage à José Muñoz, picador de toros
Il y a très exactement 10 ans, se nouait à Vic Fezensac un drame taurin qui vit le décès du picador José Muñoz, écrasé sous son cheval à la suite de la chute provoquée par le toro Manchonero de Victorino Martin.
En 10 ans, le monde a quelque peu changé, internet s'est développé, les blogs sont apparus. Mais les cahiers d'écoliers existaient déjà et les tiroirs pour les y ranger aussi. J'exhume donc aujourd'hui ce que j'avais écrit le lendemain de ce jour où la mort rôdait sur Vic Fezensac. Il s'agit de la simple description de ce que j'ai vu depuis les gradins.
" Lorsque Uceda Leal eut mis son toro en suerte, José Muñoz tenta vainement de manœuvrer son cheval pour lui faire prendre une position adéquate; malgré les coups d'étriers qu'il lui donnait, le cheval restait désespérément immobile ce qui suscita des quolibets dans le public; au bout de plusieurs secondes un péon s'avança vers le toro - celui-ci n'avait pas déclenché sa charge puisque rien ne bougeait en face de lui- et à l'aide de sa cape le rapprocha du cheval; d'un coup de tête, le toro renversa alors cheval et picador; le piquero se trouva bloqué par la barrière près de laquelle il se trouvait et ne put pas se laisser tomber à distance du cheval; le cheval entièrement retourné par la puissance du toro retomba sur le picador; ils restèrent ainsi plusieurs secondes car le toro s'acharnait sur le cheval, puis un quite éloigna le toro, le cheval fut enlevé et José Muñoz, désarticulé et déjà quasiment mort, fut amené rapidement à l'infirmerie de la plaza. Le fait que le cheval soit resté avant et pendant la pique sans réaction laisse supposer qu'on lui avait injecté une dose massive de calmants."
C'est ainsi que j'ai vu mourir José Muñoz. Ces images ne m'ont pas quitté.
NB La cuadra de caballo qui officiait à l'époque à Vic n'était pas la même qu'aujourd'hui.
En 10 ans, le monde a quelque peu changé, internet s'est développé, les blogs sont apparus. Mais les cahiers d'écoliers existaient déjà et les tiroirs pour les y ranger aussi. J'exhume donc aujourd'hui ce que j'avais écrit le lendemain de ce jour où la mort rôdait sur Vic Fezensac. Il s'agit de la simple description de ce que j'ai vu depuis les gradins.
" Lorsque Uceda Leal eut mis son toro en suerte, José Muñoz tenta vainement de manœuvrer son cheval pour lui faire prendre une position adéquate; malgré les coups d'étriers qu'il lui donnait, le cheval restait désespérément immobile ce qui suscita des quolibets dans le public; au bout de plusieurs secondes un péon s'avança vers le toro - celui-ci n'avait pas déclenché sa charge puisque rien ne bougeait en face de lui- et à l'aide de sa cape le rapprocha du cheval; d'un coup de tête, le toro renversa alors cheval et picador; le piquero se trouva bloqué par la barrière près de laquelle il se trouvait et ne put pas se laisser tomber à distance du cheval; le cheval entièrement retourné par la puissance du toro retomba sur le picador; ils restèrent ainsi plusieurs secondes car le toro s'acharnait sur le cheval, puis un quite éloigna le toro, le cheval fut enlevé et José Muñoz, désarticulé et déjà quasiment mort, fut amené rapidement à l'infirmerie de la plaza. Le fait que le cheval soit resté avant et pendant la pique sans réaction laisse supposer qu'on lui avait injecté une dose massive de calmants."
C'est ainsi que j'ai vu mourir José Muñoz. Ces images ne m'ont pas quitté.

photo : AP
NB La cuadra de caballo qui officiait à l'époque à Vic n'était pas la même qu'aujourd'hui.
dimanche 17 mai 2009
Toreros para la historia 1
A quoi ressemblait le déroulement d'une corrida au début du XXème siècle? Grâce aux tous premiers documents tournés peu après l'invention du cinématographe, le premier volet de la série de Fernando Achucarro donne sans doute la meilleure réponse possible à cette question qui taraude tout aficionado. Depuis la sortie du toril, avec les picadors déjà en piste, jusqu'à la mort, toutes les phases de la lidia sont présentes dans cette compilation d'une quarantaine de minutes dont le but est aussi de nous montrer, même de manière fugace, les principaux toreros de l'époque. Ricardo Torres "Bombita" et José Gomez "Joselito" sont ceux que l'on voit avec le plus de continuité.
Quelques images frappent l'esprit : l'arrivée en calèche de Luis Mazzantini aux arènes de Madrid en 1901, le style particulier de Machaquito pour tuer, la mort encastée d'un toro con trapío à Valence.
Les quites sont le moment où les toreros peuvent montrer leur brio et leur virtuosité. Mais ils répondent aussi à une nécessité absolue de la lidia car il est impératif de détourner le plus rapidement possible le toro du cheval (non protégé) et du picador (souvent à terre). Il s'agit également de détourner le regard du public du spectacle peu ragoûtant que constitue le cheval blessé ou agonisant.
A la muleta, les passes hautes, le toreo genou plié, les molinetes sont donnés avec une grande élégance. Il n'est bien sûr pas question de conduire la charge du toro sur une grande distance pas plus que d'enchaîner les passes sans solution de continuité comme cela se fait aujourd'hui.
L'impression que me donnent ces images est que toréer, à cette époque, c'est affirmer sa capacité à défendre son terrain contre les assauts du toro et si possible le faire avec élégance. C'est ce que réussit souvent Joselito, que l'on voit ici, au début de sa carrière, à Séville, le jour de son alternative en 1912, et à Madrid, l'année suivante, lors de la despedida de Bombita. "Joselito, qui pratiqua merveilleusement l'art prestigieux du toreo à la Pepe-Illo, fut, à coup sûr, l'intelligence vive naturelle la plus extraordinairement sensible. Aussi le toreo en ses mains paraissait-il magie, prodige, merveille, intelligible jeu de Birlibirloque." (José Bergamin)
.bmp)
Et pourtant, c'est Joselito que les toros tuèrent.
Joselito expuesto en su casa de Madrid, dessin de Vázquez Diáz
mardi 5 mai 2009
Grain de sable
Cette année, comme chaque année, je mourrais d'envie d'aller à Séville.
Mais le grain de sable!
Cette année, comme (presque) chaque année, au fur et à mesure que parvenaient les compte-rendus catastrophiques, je remerciais le grain de sable.
Ça dure depuis toujours. Bien sûr, il y a les bénis des dieux - j'en connais - qui sont allés à Séville juste l'année où Curro a été sublime chaque jour.
Mais en cet an de grâce 2009, il semble que l'on soit tombé bien bas, au point que l'Union des Abonnés de Séville s'est fendue d'un communiqué incisif...qui, n'en doutons pas, fera changer les choses.
Alors l'an prochain, c'est promis, la feria sera grandiose...et j'y serai...
NB Pour les non hispanophones, le communiqué remet en cause le maintien de l'empresa Pagès à la tête des arènes de Séville. Il lui reproche le manque d'imagination des cartels ainsi que la présentation des toros, impropre d'une plaza de première catégorie.
En ce qui concerne les éleveurs voici la traduction du paragraphe 3 :
Nous censurons la grande majorité des ganaderos pour la préoccupante dégénérescence dans l'élevage du toro brave. Avec la sélection qui se pratique aujourd'hui nous observons des toros qui manquent de mobilité, de caste et de force pour supporter une lidia complète, cette situation aboutissant à des spectacles tels ceux que l'on a vus ces derniers jours à Séville, où la suerte de varas dans la majorité des cas est simulée, la fadeur des charges réduit les éléments essentiels de la fiesta que sont l'émotion et l'art véritable, ainsi qu'une faiblesse et invalidité des toros qui constituent une dégénérescence et une manipulation de la lidia.

samedi 25 avril 2009
Victorino Martin : un fracaso d'importance
Cela fait des semaines que l'on nous fait saliver avec le mano a mano Morante de la Puebla - El Cid face aux toros du sorcier de Galapagar à Séville. Au final un fracaso, et le vieil adage - témoignage de la sagesse populaire - respecté : corrida de expectación, corrida de decepción.
Derrière ça quoi?
Mais d'autres questions se posent, qui concernent cette fois le futur de la ganaderia. Les toros de Victorino Martin peuvent-ils continuer à être les toros les plus chers de la cabaña brava espagnole? Les ganaderos ne vont-ils pas devoir réduire leur camada lorsque l'on voit que, malgré de nombreuses corridas données dans des plazas de troisième catégorie (6 l'an dernier), il leur reste encore des toros de cinq ans en début de temporada (lidiés à Castellon et Arles)? Et puis surtout ne va-t-il pas falloir faire un choix entre toro con casta et toro commercial pour vedette?
En espérant que le fracaso sévillan porte en lui la réponse... et que le meilleur de la camada est en ce moment même en train de paître tranquillement dans les verts pâturages de la province de Caceres...sans se poser tant de questions.
Derrière ça quoi?
- Une supercherie dès le début, magnifiquement mise en scène par Canorea fils et destinée à vendre la feria. Vous ne croyiez quand même pas que le Cid et Morante allaient s'envoyer trois vrais victorinos chacun à Séville!
- La volonté de Victorino de saboter la corrida pour ne pas créer un précédent qui pourrait nuire à sa position de ganadero indépendant : un triomphe toreriste devant ses toros.
- La révélation de quelque chose que l'on subodore depuis plusieurs temporadas : Victorino père et fils ont perdu la main, ils ne savent ni où ils en sont, ni où ils vont.
Mais d'autres questions se posent, qui concernent cette fois le futur de la ganaderia. Les toros de Victorino Martin peuvent-ils continuer à être les toros les plus chers de la cabaña brava espagnole? Les ganaderos ne vont-ils pas devoir réduire leur camada lorsque l'on voit que, malgré de nombreuses corridas données dans des plazas de troisième catégorie (6 l'an dernier), il leur reste encore des toros de cinq ans en début de temporada (lidiés à Castellon et Arles)? Et puis surtout ne va-t-il pas falloir faire un choix entre toro con casta et toro commercial pour vedette?
En espérant que le fracaso sévillan porte en lui la réponse... et que le meilleur de la camada est en ce moment même en train de paître tranquillement dans les verts pâturages de la province de Caceres...sans se poser tant de questions.
jeudi 16 avril 2009
Arles 2009 (2)
L'évènement de la journée aura été l'excellent toreo pratiqué par l'Arlésien à son second victorino. Un toreo pur et classique, très éloigné de la tauromachie à laquelle il nous avait habitué jusqu'alors. Les photos que Marc Delon a publiées sur son blog me paraissent, mieux que les mots, de parfaits témoignages de cette métamorphose. Pour Mehdi, désormais apodéré par Denis Loré, cette tarde constitue un renouveau qui peut lui permettre de relancer sa carrière.
Antonio Ferrera, quant à lui, a antonioferrerisé public et toros. Ce qui peut être très crispant même s'il y a derrière beaucoup d'expérience et de savoir-faire.
El Cid, ainsi que sa cuadrilla, n'étaient venus à Arles qu'avec leurs corps et leurs bagages. On le sait ça ne suffit pas pour toréer surtout lorsque l'on tombe sur le sorteo le moins favorable.
Tiens, je m'aperçois que je n'ai pas encore parlé des toros de Victorino Martin! Et pour cause, ils n'ont à aucun moment été protagonistes de quoi que ce soit. Insignifiants à la pique, sans étincelle particulière par la suite. Sauf le 2 et le 5, prêts à se laisser couper un monton d'oreilles pour peu qu'on sache s'y prendre avec eux. Une assez bonne corrida commerciale, une médiocre corrida de Victorino...
mercredi 15 avril 2009
Arles 2009 (1)
Pluie

Il pleut sans discontinuer sur Arles et les courses annulées s'accumulent. L'espoir que le ciel et les toros se refusent à offrir, il faut donc aller le chercher ailleurs : dans les livres, les apéros, qui, du coup, prennent une ampleur encore plus considérable, enfin les expos dont la ville n'est pas avare.
A la Boutique des Passionnés, j'ai acheté un recueil de poésies d'Alain Riemann, Tu seras toro mon fils. Lecture idéale en écoutant tomber la pluie dans une chambre d'hôtel.
Il pleut dans les arènes
la plaza de toros
est triste sous la pluie
Une tache sombre
s'attarde autour d'un totem qui luit
Sur le thème de l'indulto, j'ai bien aimé celle-ci :
Je suis
cet adulé
l'indult au corps
que la foule
a gracié
Le séminal amant
qui te doit
sa descendance
et ta blessure
de matador
impuissant
à me donner
la mort.
Pour l'apéro, il y a bien longtemps que mon estomac (et mon palais) refuse l'absorption intempestive de cette boisson jaunâtre et anisée qui fait partie intégrante de la culture locale. Mais que mes compañeros sachent que je suis plein d'admiration pour leur capacité à aguantar des quantités gargantuesques de ce breuvage. Heureusement on trouve partout à Arles de l'excellente sangria. J'ai découvert cette année la sangria blanche, étonnamment légère et digeste.
Très émouvante l'expo sur Lucien Clergue et les gitans d'Arles. Pour les photos du maître local, mais aussi pour l'évocation de ces figures musicales que sont José Reyes et son cousin Manitas de Plata, passés directement, par la grâce de la musique, de la roulotte aux grands hôtels new-yorkais et à la fréquentation des plus grands artistes de l'époque (Cocteau, Picasso, Dali, Chaplin).

Miurada
Je voudrais me faire ici l'écho de propos et interrogations entendus du côté du club taurin La Muleta (tertulia y after).
A l'exception des deux premiers, deux invalides bonasses, les quatre toros suivants sont jugés intéressants avec le regret de ne plus retrouver le comportement de ces miuras intraitables d'antan. Le cinquième, de grand trapío, prenant trois piques en venant de loin puis très mobile et encasté au dernier tercio est un très bon miura. En ce qui concerne le troisième, la question est posée : a-t-il été un grand toro? Lui aussi a pris trois piques puis est venu de très loin sur la muleta de Julien Lescarret mais il a passé une bonne partie de sa vie publique à gazapear.
Comme trop souvent chez Miura les armures sont l'objet de toutes les suspicions. Le second toro a tout de même transpercé le burladero d'un magistral coup de corne!
Juan José Padilla suscite des avis très partagés. Pour ses détracteurs il est la vulgarité incarnée. Auteur, qui plus est, d'un geste particulièrement anti-taurin : son second adversaire après avoir pris une pique en poussant fort se trouve idéalement placé pour le second puyazo à la suite d'un quite du matador. Mais celui-ci, donne l'ordre à son peon d'emmener le toro tout contre le peto nous privant ainsi du plaisir éventuel d'une grande pique et empêchant par là même le toro d'exprimer sa bravoure.
En revanche beaucoup soulignent les nombreux aspects positifs de son actuacion : chef de lidia irréprochable, capeador excellent, seul torero de l'après-midi à n'avoir jamais reculé, banderillero impressionnant au quatrième (encore que la longueur du tercio ait pu contribuer à décomposer le toro), enfin une personnalité qui sort des sentiers battus et provoque dans les gradins passion et divergence d'opinions - un des rares toreros actuels à avoir un tel impact sur le public.
Julien Lescarret a été apprécié pour sa bonne conduite de la lidia, en particulier lors du tercio de piques, ainsi que pour sa recherche permanente de solutions aux problèmes posés par ses deux toros. Il s'est ouvert un large crédit et a franchi l'obstacle de sa première miurada avec succès même si l'on a l'impression que, muleta en main, il a souvent du mal à maintenir son emprise sur le toro.
Rafaelillo a été sincère mais limité, sans doute handicapé par sa petite taille face à un lot de plus de 600kg de promedio.
mercredi 8 avril 2009
Histoire de poulets

Je revoyais hier soir à la télévision les célèbres et terribles images de ces poulets élevés et tués industriellement (We feed the world, documentaire autrichien de Erwin Wagenhofer, 2006). Dégagé de l'émotion que ne manque pas de provoquer la première vision - à côté de moi, ma femme qui découvrait le film était tétanisée, j'ai senti deux évidences.
Tout d'abord, on traite les animaux comme on traite les hommes. Il y a en effet une claire correspondance entre la vie de ces poussins agglutinés, canalisés, manipulés et nourris par de mystérieuses mécaniques et la vie de l'homme salarié et citadin. Les quelques images de travailleurs à la chaîne que l'on aperçoit parfaitement fondus à cette réalité concentrationnaire sont à cet égard particulièrement effarantes.
La deuxième évidence concerne la tauromachie. Elle m'a paru avoir de beaux jours devant elle tant elle incarne une résistance à ce système (tant qu'elle incarne une résistance à ce système). Dans l'arène chacun est libre d'être lui-même, d'aller jusqu'au bout de lui-même. Dans le combat de l'homme contre le taureau, du taureau contre l'homme tout peut advenir : l'art, la vulgarité, la joie, la souffrance, la blessure, la mort...
Sauf lorsque la corrida n'est plus que derechazos à la chaîne, toritos consentants et triomphes prévus. Elle devient alors, elle aussi, industrielle et productiviste, comme l'abattage des volailles.
dimanche 5 avril 2009
Les cartels de la Madeleine 2009 : tout un programme
-Vendredi 17 juillet. Toros de La Quinta pour El Fundi, El Juli et Juan Bautista.
- Soirée. Concours Landais.
- Samedi 18 juillet. Toros de Samuel Flores pour Enrique Ponce, El Cid et Salvador Vega.
- Dimanche 19 juillet. Toros de Fuente Ymbro pour Julien Lescarret, Sergio Aguilar et Luis Bolívar.
- Lundi 20 juillet. Matin. Novillos de Enrique Ponce pour le rejoneador Thomas Baqué et Mattieu Guillon et Thomas Dufau.
- Lundi 20 juillet. Toros de Victoriano del Río pour Julio Aparicio, Sébastien Castella et José María Manzanares.
- Mardi 21 juillet. Toros de Zalduendo pour El Juli, Miguel Ángel Perera et Daniel Luque.
Après le changement d’empresa intervenu cet hiver on attendait avec curiosité les cartels de la feria pour voir à quelle sauce le couple Casas - Marie Sara mitonnerait sa première Madeleine. Le menu est tombé hier. De la solide cuisine basque, qui se révélait parfois indigeste, on est passé, comme on pouvait le redouter, à une abondance de mignardises qui risquent de laisser les aficionados sur leur faim. Bien sûr La Quinta et Fuente Ymbro peuvent sauver la feria. Mais l’exclusion de Victorino Martin est, à mon avis, une faute car elle témoigne de la volonté de rompre totalement avec l’identité de la feria, y compris dans ce qu’elle avait de meilleur. Les deux dernières corridas constituent un véritable manifeste de la tauromachie voulue par les nouveaux maîtres du Moun : la corrida dulce. Dès lors le site Mundotoro peut déjà annoncer, en même temps que les cartels, ‘‘una gran feria de la Madeleine’’ et Zocato, dans Sud Ouest Dimanche, repousser allègrement les limites de la flagornerie. D’ores et déjà, les paris sont ouverts : qui de Nîmes, Mont de Marsan ou Dax battra le record d’oreilles, de queues, d’indultos ?
Juste avant de prendre connaissance des cartels, je jubilais en écoutant dans l’émission Signes du Toro les propos ‘‘blasphématoires’’ de Jean Fitte, maître d’œuvre de la feria vicoise. Cara y cruz de la fiesta.
- Soirée. Concours Landais.
- Samedi 18 juillet. Toros de Samuel Flores pour Enrique Ponce, El Cid et Salvador Vega.
- Dimanche 19 juillet. Toros de Fuente Ymbro pour Julien Lescarret, Sergio Aguilar et Luis Bolívar.
- Lundi 20 juillet. Matin. Novillos de Enrique Ponce pour le rejoneador Thomas Baqué et Mattieu Guillon et Thomas Dufau.
- Lundi 20 juillet. Toros de Victoriano del Río pour Julio Aparicio, Sébastien Castella et José María Manzanares.
- Mardi 21 juillet. Toros de Zalduendo pour El Juli, Miguel Ángel Perera et Daniel Luque.
Après le changement d’empresa intervenu cet hiver on attendait avec curiosité les cartels de la feria pour voir à quelle sauce le couple Casas - Marie Sara mitonnerait sa première Madeleine. Le menu est tombé hier. De la solide cuisine basque, qui se révélait parfois indigeste, on est passé, comme on pouvait le redouter, à une abondance de mignardises qui risquent de laisser les aficionados sur leur faim. Bien sûr La Quinta et Fuente Ymbro peuvent sauver la feria. Mais l’exclusion de Victorino Martin est, à mon avis, une faute car elle témoigne de la volonté de rompre totalement avec l’identité de la feria, y compris dans ce qu’elle avait de meilleur. Les deux dernières corridas constituent un véritable manifeste de la tauromachie voulue par les nouveaux maîtres du Moun : la corrida dulce. Dès lors le site Mundotoro peut déjà annoncer, en même temps que les cartels, ‘‘una gran feria de la Madeleine’’ et Zocato, dans Sud Ouest Dimanche, repousser allègrement les limites de la flagornerie. D’ores et déjà, les paris sont ouverts : qui de Nîmes, Mont de Marsan ou Dax battra le record d’oreilles, de queues, d’indultos ?
Juste avant de prendre connaissance des cartels, je jubilais en écoutant dans l’émission Signes du Toro les propos ‘‘blasphématoires’’ de Jean Fitte, maître d’œuvre de la feria vicoise. Cara y cruz de la fiesta.
samedi 28 mars 2009
La corrida du siècle
Toros de Victorino Martin
Ruiz Miguel - Luis Francisco Esplà - José Luis Palomar
L'excellent blog Sol y Moscas a récemment mis en ligne cette fameuse corrida dite ''corrida du siècle''.
Elle fait partie des trois corridas intégrales que je possède dans ma vidéothèque taurine, il m'arrive donc de la regarder de temps en temps, la dernière fois il y a quelques jours à peine.
Bien sûr l'appellation corrida du siècle n'est pas à prendre au pied de la lettre, mais il est rassurant de constater que cette dénomination hautement symbolique a été donnée à une corrida où furent lidiés de véritables toros de combat. Et par trois toreros qui, même si deux d'entre eux sont d'authentiques figures de la tauromachie, ne comptent pas parmi les plus célèbres du siècle. Et que dire de José Luis Palomar, modeste torero soriano, si poignant ce jour-là dans son désir d'être à la hauteur d'un évènement qu'il contribuait ainsi à créer.
Des toros de Victorino deux furent supérieurs, les deux de Ruiz Miguel. Pobreton, le premier de la tarde est sans doute le meilleur de l'encierro. Avec ses 509 kg - vous avez bien noté 509 kg! - son trapío est parfait, il donne une impression de toro fait, harmonieux, alluré. Une des grandes réussites de Victorino, c'est aussi cela : produire des toros de 500 kg qui paraissent bien plus sérieux que la plupart des bœufs gras de 600 kg que certains ganaderos croient bon d'envoyer à Madrid régulièrement. Et puis trois vraies piques en partant avec alegria et en poussant sous le fer.
A Luis Francisco Esplá les deux extrêmes : une alimaña con mucho poder, puis un toro pastueño à l'excès après avoir fléchi au premier tiers.
Les deux de José Luis Palomar dans l'honnête moyenne de ce que produit aujourd'hui encore l'élevage.
Esplà, ce jour-là, a explosé aux yeux de l'aficion. Il a montré les deux facettes de son talent : macho, lidiador et poderoso à l'un; con temple y adornandose à l'autre.
Le grand Ruiz Miguel est franchement passé à côté du premier, trop d'hésitations, d'accrochages. Il se retrouvera à son second pour une faena parfaitement adaptée au toro (deux grandes séries de naturelles).
Et José Luis Palomar, le modeste José Luis Palomar, quelle leçon de toreo il a donné! Il a tout tenté, beaucoup raté (le cœur devait battre fort) mais beaucoup réussi malgré tout. Toreo pur, profond, dominateur et de saveur ancienne. Ah! ces naturelles citées de face et ces ayudados por alto au sixième! Et cette manière d'incurver l'épée contre la barrière au début de chaque faena, semblant dire au public : "Regardez, je vais toréer avec l'épée de verdad et lorsque, à la dernière passe de la faena, le toro sera dominé et cadré, je le tuerai. Ainsi faisaient les grands maestros des temps anciens."
Et les piques de Rubio de Quismondo, les banderilles d'El Formidable, la lidia de Martin Recio!
Pour finir, la sortie en triomphe dans une ferveur typiquement espagnole, mélange de grandiose et de grotesque.
Voici qu'en écrivant les derniers mots de ce texte une question me vient à l'esprit : A la fin de l'actuel XXIème siècle, à quoi ressemblera la ''corrida du siècle"?
samedi 21 mars 2009
Anagrammes taurins
On sait qu'en chaque mot se cachent d’autres mots qui peuvent enrichir la signification du mot original.
Ainsi, peut-on faire une correspondance entre la noblesse vigoureuse d’un bon Domecq (il en existe encore) et la soyeuse rondeur d’un Médoc .
Voici d’autres exemples que nous offrent les noms d’élevages de toros de combat espagnols. Libre à chacun d’en trouver de nouveaux.
La Quinta – Taquine là
Palha – Y a pal
Cobaleda – Bal et cadeau
Galache – Egale chat
Prieto de la Cal – Eclat de torpille
Albaserrada – Sade à la barre
Pablo Romero – Beau pâle héros mort
Partido de Resina – Part d’hérésie en toi
Victorino Martin – Niveau taurin marquis
Cebada Gago – Ah ! ces bogues dagues
Dolores Aguirre – Guerre aux idoles
Perez Tabernero – Trop berné espéra
Torrestrella – Restaure l’art
Murube – Brouet mou
Montalvo – Votant mol
La Corte – Trop calé
Samuel Flores – Mâle fol et rusé
Ainsi, peut-on faire une correspondance entre la noblesse vigoureuse d’un bon Domecq (il en existe encore) et la soyeuse rondeur d’un Médoc .
Voici d’autres exemples que nous offrent les noms d’élevages de toros de combat espagnols. Libre à chacun d’en trouver de nouveaux.
La Quinta – Taquine là
Palha – Y a pal
Cobaleda – Bal et cadeau
Galache – Egale chat
Prieto de la Cal – Eclat de torpille
Albaserrada – Sade à la barre
Pablo Romero – Beau pâle héros mort
Partido de Resina – Part d’hérésie en toi
Victorino Martin – Niveau taurin marquis
Cebada Gago – Ah ! ces bogues dagues
Dolores Aguirre – Guerre aux idoles
Perez Tabernero – Trop berné espéra
Torrestrella – Restaure l’art
Murube – Brouet mou
Montalvo – Votant mol
La Corte – Trop calé
Samuel Flores – Mâle fol et rusé
Inscription à :
Articles (Atom)
