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mardi 10 mars 2026

Les trois ferias 2026

 
 

 
Samedi 25 avril
12h   novillada
Salvador Guardiola - Isaias y Tulio Vazquez
Joao d'Alva - Jesus de la Calzada
 
18h30   corrida
Prieto de la Cal - Reta de Casta Navarra
Sanchez Vara - Joselillo - Francisco Montero
 
 
Dimanche 26 avril
12h   corrida
Dolores Aguirre - José Escolar
Damian Castaño - Juan de Castilla - Maxime Solera 
 
 
 

 
 
Samedi 23 mai
11h   novillada
Aguadulce 
Gonzalo Capdevilla - Pedro Andrés - Pedro Luis
 
18h   corrida
Prieto de la Cal
Alberto Lamelas - Luis Gerpe - Maxime Solera
 
 
Dimanche 24 mai
11h   corrida concours
Saltillo - La Quinta - Partido de Resina
Benitez Cubero - Dolores Aguirre - Pagès Mailhan
Sanchez Vara - Roman - Isaac Fonseca 
 
18h   corrida
Baltasar Iban
Morenito de Aranda - José Garrido - Juan de Castilla
 
 
Lundi 25 mai
11h   novillada sans picadors
Le Lartet
Realito - Rémy Asencio -  X
 
17h   corrida
Miura
Pepe Moral - Damian Castaño - Gomez del Pilar 
 
 
 
Samedi 11 juillet
11h   novillada
Partido de Resina - Barcial
   Mario Vilau 
 
18h   corrida
Dolores Aguirre
Sanchez Vara - Damian Castaño - Luis Gerpe 
 
Dimanche 12 juillet
11h   novillada
Isaias y Tulio Vazquez 
Valentin Hoyos - Jesus de la Calzada
 
18h   corrida
 José Escolar 
Antonio Ferrera - Juan de Castilla - Maxime Solera 
 
 
   Les trois classiques ferias toristes font la part belle aux fers les plus sérieux. C'est, avec une présentation irréprochable, ce que l'on attend d'elles. On surveillera avec attention le retour des novillos de Salvador Guardiola et d'Isaias y Tulio Vazquez; ces deux élevages, qui ont fait les beaux jours de l'aficion jusqu'au début de ce siècle, peuvent-ils renaître de leurs cendres ? On ne peut que le souhaiter.
   Les organisateurs vicois, en programmant les Miura, ont fait un pari osé. D'autres avant eux s'y sont cassés les dents (Céret 2017). Pourvu que leurs cornes tiennent bon ! On regrettera, toujours à Vic, l'absence d'un lot complet de Dolores Aguirre. En revanche la liste des élevages de la corrida-concours a fière allure.
   Du côté des matadors, quatre d'entre eux sont annoncés dans les trois ferias : Sanchez Vara, Damian Castaño, Juan de Castilla et Maxime Solera. C'est tout à leur honneur mais témoigne d'un vivier de matadors assez étriqué pour ce genre de course.
   La feria del Aficionado à San Agustin del Guadalix a pris l'habitude d'annoncer le nom des picadors sur ses affiches : une excellente initiative ! 
   
   Mentionnons enfin le magnifique cartel de Saint Martin de Crau qui marquera le départ des festivités le samedi 18 avril : Saltillo - Cuadri, Alberto Lamelas - Pepe Moral - Adriano.
 

                     Pour plus d'information cliquer sur le nom des villes en bleu

lundi 5 février 2024

Croquis de la fête taurine (poèmes 10)

 
Cuadri 

Un barrage d'eaux noires
se rompt
Coup hardi 
emportant tout sur son passage




Maria Luisa Dominguez Perez de Vargas

La perfection existe-t-elle ?
Si oui
elle ressemble
à un toro de Maria Luisa Dominguez Perez de Vargas




Cebada Gago

Ah ! ces bogues dagues qui piquent
et 
qui
s'activent dans le cirque et dans les cœurs 








mercredi 31 mai 2023

Vic 2023 : un grand cru (2)


 
 
La corrida concours 

   Le retour de la corrida concours a été un succès. Même si aucun toro complet n'a émergé, car plusieurs ont baissé pied au troisième tiers, tous ont montré au cours du tercio de pique une bravoure suffisante pour donner un intérêt permanent à la matinée, d'autant que les piqueros ont accompli dans l'ensemble leur office avec bon vouloir, ce qui n'a pas toujours été le cas dans le passé.
 
   Vizcaíno de Saltillo est un superbe cárdeno cinqueño à l'armure très offensive. Après une bonne réception par véroniques qui montre sa noblesse il prend quatre piques (bien Adrian Navarrete) en poussant principalement de la corne gauche. Il fait preuve d'une grande fixité et garde la bouche fermée au troisième tiers, humiliant bien, avec la pointe de soseria habituelle de l'encaste, dans la muleta distante (les cornes ?) de Sanchez Vara. Ovation pour le toro et silence pour le matador qui a tué d'un affreux mete y saca périphérique. 

   Riojanero est un toro bien fait  au beau pelage negro chorreado en morcillo. Il est marqué du rare mais prestigieux fer de Villamarta. Un nom qui résonne à l'oreille des aficionados pour être à l'origine des fameux Guardiola Fantoni. Les Villamarta, mélange de plusieurs branches Vistahermosa, sortent de nos jours essentiellement en novillada avec des résultats modestes. Jusqu'à ce jour ... car Riojanero est un très bon toro qui aura eu la malchance de tomber sur un matador qui n'a pas su le mettre en valeur au premier tiers. Il prend la première pique sans avoir été mis en suerte, la seconde al relance, une troisième après laquelle le président change le tiers. Le toro a chaque fois poussé avec bravoure. Il sera par la suite mobile, noble avec une bonne corne gauche. Au cours d'une longue et laborieuse faena, Adrian de Torres  lui sert une belle série de naturelles mais, dominé par la caste de l'animal, il finit par se faire prendre. Ovation au cornupète et salut du torero, valiente, mais totalement absent dans la brega du premier tiers - une erreur de casting de la part des organisateurs.
 
   Pelo Blanco marque le retour de l'élevage du Comte de la Corte. C'est un cinqueño massif qui va être à l'origine d'un premier tiers de haut niveau. Par quatre fois il chargera de très loin, avec une bravoure pleine de codicia, la monture de Pepe Aguado (grosse ovation au piquero). Il aura commis un seule petite faute : être parti parti spontanément vers les barrières après la deuxième pique mais c'est un toro qui a besoin d'espace pour s'exprimer et parait étouffé par l'étroitesse du ruedo vicois. Après un tercio si intense il marquera le pas au troisième tiers, d'autant que sa parfaite noblesse sera un brin étouffée par les cites trop rapprochés de Gomez del Pilar. Pelo Blanco nous a expliqué pourquoi le sang La Corte est aujourd'hui dominant dans la cabaña brava et aura prouvé - c'est rassurant- que la caste originelle est toujours présente dans l'élevage des héritiers du Conde. Il sera déclaré vainqueur du concours.

   Avec Aguador de l'élevage Santa Teresa portant le fer prestigieux lui aussi de Guardiola Soto (origine Gamero Civico), le concours va marquer une pause. Le toro remate violemment aux planches et prend trois piques mais elles sont mal administrées puis il se réserve et finira sans charge à la muleta.

   La sortie du pensionnaire de Yonnet était attendue avec curiosité car celui-ci avait été la vedette des corrals. Il avait été isolé et avec son trapío impressionnant et sa tête haute il semblait lancer un défi à chaque visiteur. Il s'était en outre recouvert le corps de paille ce qui lui donnait un air encore plus inquiétant. Il prendra trois piques sous lesquelles il pousse par à-coup et aura ensuite une charge douce mais gardant la tête haute. Adrian de Torres dont le courage impavide porte sur le public plus que sur les toros lui coupera une oreille après une entière sur le côté et Orgulloso sera arrastré sous l'ovation.

   Gaditano enfin de Couto de Fornilhos (origine La Corte) livrera un très beau combat au premier tiers en quatre piques violentes parfaitement gérées par Juan Manuel Sangüesa (ovation). Il se réservera hélas lui aussi au dernier tiers.
 
   Tous les toros de ce concours se sont livrés avec beaucoup d'intensité au premier tiers. Certains sont nettement allés a menos par la suite parce que leur bravoure n'était peut-être pas complète. D'autres parce que l'énergie déployée face aux picadors avait considérablement réduit leur vigueur. Ce qui est sûr c'est que cette corrida concours a témoigné de la belle bravoure toujours présente chez nombre de ganaderias historiques. Une porte ouverte sur l'avenir ? 
 


photos : Vizcaíno de Saltillo
              Orgulloso de Yonnet
             


   

vendredi 7 avril 2023

Croquis de la fête taurine (poèmes 3)

 
Toro

Dans l’attente arrondie par deux cornes trempées d’acier
un toro noir
 
Galopant par chaudes foulées d’hostie crépitante
un toro gris
 
Bogue daguant  le ciel aspiré d’espoir
un toro châtain

 

 

Salvador Guardiola Fantoni
 
Ils savent trop que l’or s’évapore
et gardent hardis l’amère myrte
Fantômes ou commandos gris
Les toros de Salvador Guardiola Fantoni

 

 

 
Prieto de la Cal
 
Éclats de torpille
explosant
dans la plaza
de Parentis-en-Born







  













poèmes 2

mardi 27 décembre 2016

Luis Miguel Dominguin


 "Dans les années cinquante, soixante et au-delà, la rumeur du grand monde relayée par quelques magazines de haut tirage donnait régulièrement des nouvelles d'une sorte de héron dédaigneux couvert de femmes et de toros morts : Luis Miguel Dominguin cadastrait le clos de la renommée avec ses jambes de compas.On le voyait à l'entrée de l'hôtel Claridge à Londres avec Ava Gardner, il se fâchait avec Hemingway au bord d'une piscine à La Havane, paradait à Hollywood avec Rita Hayworth, fêtait à Vallauris avec un Picasso en short les quatre-vingts ans du peintre également parrain de sa fille Paola, jouait à faire du cinéma avec Jean Cocteau dans Le Testament d'Orphée et les grottes des Baux. Rafael Alberti lui écrivait des poèmes. Luis Buñuel tentait de le convaincre de la mystique érotique de la corrida. Il chassait avec Franco qui lui demandait des nouvelles de Domingo son frère communiste, faisait de Luchino Visconti le parrain de son fils le chanteur Miguel Bosé. Rien à redire." (Jacques Durand, préface à Pour Pablo de Luis Miguel Dominguin)
   Deux biographies parues en moins de dix ans en Espagne montrent l'intérêt que suscite encore la vie de l'ex numéro un. Sans doute regrette-t-on aujourd'hui cette époque des années cinquante et soixante où un toreo pouvait faire la une de "Paris-Match" et séduire les stars du cinéma mondial. A vrai dire, dans l'histoire de la tauromachie, Luis Miguel fut le seul, avec, dans une moindre mesure, El Cordobés, à avoir une aura qui déborde aussi largement du monde taurin.
   Si l'on se borne à l'aspect tauromachique, Luis Miguel fut un grand torero. En le voyant toréer sur le petit écran (Toreros para la historia XI de F. Achucarro), j'ai été frappé par la force de son toreo. Grâce à son sitio exact, par les vertus de son aguante et de son temple il allonge la charge de ses toros et semble leur donner une envie toujours plus grande de se livrer. Cette capacité à dominer ses adversaires, agrémentée d'une élégance princière, fit de lui une des principales figures de la tauromachie de la fin des années 40 (c'est en 1949, à Las Ventas,  qu'il eut ce geste resté fameux de lever l'index pour signifier qu'il était le numero un) jusqu'au début des années 70 lorsqu'il fit sa réapparition vêtu de costumes dessinés par son ami Picasso. Son air de supériorité teinté d'une touche de mépris pour le reste du monde lui a valu des admirations froides et des haines féroces. Il a toujours prétendu que la controverse qu'il alimentait par son comportement l'aidait à trouver en lui-même l'énergie suffisante pour se dépasser et triompher.
   Son statut de torero numero uno, son élégance raffinée mais aussi son intelligence, sa culture et son ironie mordante vont permettre à Luis Miguel d'être reçu dans tous les milieux. Partout sa séduction opère. On ne reviendra pas ici sur l'usage intensif qu'il en fit auprès du deuxième sexe, avec une prédilection marquée pour les actrices célèbres. On regrettera seulement que son machisme ait réduit, durant leur mariage, l'actrice  Lucia Bosé à un unique rôle de mère de famille.
   On sait aussi qu'il fréquentait les chasses de Franco en même temps qu'il aidait les amis communistes de son frère Domingo. Belle duplicité, choquante pour le commun des mortels, d'une logique sans faille pour un homme qui a choisi le camp des vainqueurs et des puissants mais qui ne veut rompre la solidarité fraternelle. L'argent que gagna Domingo en gérant la carrière de son cadet servit largement à financer le Parti Communiste Espagnol clandestin.
   Le film d'Achucarro montre de larges extraits de l'équipée en Yougoslavie où deux corridas sont organisées début octobre 1971 à Belgrade. Luis Miguel Dominguin y torée en compagnie de Roberto Piles. Les toros y étaient de présentation normale pour les lieux, déclara celui-ci à propos des deux corridas de Salvador Guardiola et Carlos Nuñez. N'empêche, on y voit un novillo de Guardiola plein de caste. Luis Miguel séduira bien sûr le public yougoslave, au prix d'un accrochage et d'une douloureuse blessure à la main.
   Du 1er décembre 1973 à Quito (sa dernière corrida) jusqu'à son décès le 8 mai 1996 à l'âge de 70 ans, Luis Miguel vivra dans une retraite discrète, à mille lieues de la vie trépidante et mondaine d'antan. Il semble que la misanthropie de l'homme ait alors définitivement pris le dessus sur son besoin de reconnaissance.

A lire :
   Jacques Francès "Santiaguito", Luis Miguel Dominguin, UBTF, 2000
Une biographie claire et concise qui privilégie l'aspect taurin sans éluder le mondain.

   François Zumbiehl, Des taureaux dans la tête, Autrement,1987
p.45 à 69, Luis Miguel se livre en profondeur

   Luis Miguel Dominguin, Pour Pablo, Verdier, 1994
Un texte écrit par le torero en 1960 à la demande de Picasso à l'occasion de la publication du livre d'art Toros y Toreros

   Andres Amoros, Luis Miguel Dominguin : el numero uno, La esfera de los libros, 2008
biographie en espagnol

   Carlos Abella, Luis Miguel Dominguin : a corazon abierto, Bellatera, 2016
en espagnol, réédition toute récente d'un livre paru pour la première fois en 1995

A voir :
   Fernando Achucarro, Toreros para la historia XI

   Marianne Lamour, Jacques Durand, Luis Miguel Dominguin 














Gitanillo de Triana, Antonio Bienvenida, Manolete, Luis Miguel Dominguin, Madrid, 19 septembre 1946, corrida de bienfaisance; encore peu connu, Luis Miguel a dû faire un don pour être rajouté au cartel, il sortira pour "triompher ou mourir" et coupera trois oreilles.
  

mercredi 29 octobre 2014

José Maria Manzanares

   Un souvenir : Dax, feria 1989, corrida (excellente) de Maria Luisa Dominguez Perez de Vargas. Quelle faena! L'apothéose du toreo artistique et profond, quelques minutes d'une beauté si intense qu'elle laisse au spectateur une émotion indicible.
   Bien sûr, tout au long de ses trente années de carrière, José Maria s'est aussi beaucoup économisé, on peut dire qu'il a réparti parcimonieusement les effets de son art. Malgré tout, son nom sur une affiche, sa présence dans le ruedo donnaient de la catégorie à une corrida... Avec cette attente qui fait se dire à l'aficionado : aujourd'hui, peut-être...

   Le hasard a voulu que le même jour disparaisse à Cordoue Florencio Casado "El Hencho". Une mort très discrète ... et pourtant le matador est sorti par la porte du prince à Séville et par la grande porte à Madrid! Hommage aussi à ce brave qui, dans le Sud Ouest, avait laissé quelques gouttes de son sang sur le sable des arènes de Roquefort lors d'une dure novillada de Manuel Navarro Sabido.


NB  Un beau texte  de Frédéric Bartholin sur J. M. Manzanares ici.

dimanche 17 juin 2012

Roquefort : retour des novillos de Fidel San Roman

Voici quelques photos des novillos qui fouleront le sable de la plaza de Roquefort le mercredi 15 août.
Souhaitons qu'ils fassent preuve des mêmes qualités que leurs frères lidiés l'an dernier.













Fidel San Roman, également propriétaire de l'élevage El Ventorrillo, a racheté en 2004 à la famille Guardiola la ganaderia Hermanos Guardiola Dominguez d'origine Villamarta.
Ce sera la cinquième parution dans le ruedo roquefortois de novillos de cet encaste.

1966  Salvador Guardiola Fantoni
Sanchez Bejarano - Fernando Tortosa - Ricardo de Fabra
Lot de grande  qualité, vuelta du cinquième Sordero et triomphe de Fernando Tortosa.

1973  Salvador Guardiola Fantoni
José Suarez "Joselito" - Juan Montiel - Alberto Ruiz
Les novillos braves, encastés, plein de feu (vuelta du 6) rendent l'après-midi passionnant. Le pauvre José Suarez en fait les frais. Malgré sa bonne volonté, il subit une déroute totale qui reste dans les mémoires grâce aux émouvants clichés pris par Jacques Cathalaa.

1974  Salvador Guardiola Fantoni
Curro Gonzalez - El Cali - Pedro Somolinos
Les Guardiola sont beaux et braves mais leur faiblesse de pattes rend l'après-midi pesante.

1979  Señores Guardiola Dominguez
Mario Triana - Aguilar Granada - Richard Milian
Grand triomphe de Richard Milian au dernier novillo après une excellente faena (la meilleure que je lui ai vu faire) et une grande estocade.

2011 Fidel San Roman
Carlos Duran - Mathieu Guillon - Javier Jimenez
Une excellente journée taurine


Photos Xavier Martin (avril 2012)

mardi 16 août 2011

Roquefort 2011 une excellente journée taurine


Tout a commencé, en ce dimanche 14 août, par un hors d'œuvre savoureux composée de quatre erales de Gallon, nobles avec, pour les trois derniers, une pointe de genio qui donna du piquant à la matinée.
Abel Robles et Fernando Rey firent tous deux preuve d'un excellent bagage technique. Avec pour le Catalan du Centre Français de Tauromachie un classicisme de bon aloi qui sent encore un peu le bon élève appliqué.
Le malagueño F. Rey a, lui, plus de spontanéité et même de capacité à improviser. Il connecte facilement avec le public... et avec ses novillos, en foulant les terrains adéquats et en templant les embestidas. Mais il a encore tendance à vouloir trop en faire ce qui lui valut des fins de faenas difficiles face à des novillos encastés qui reprenaient l'ascendant.
Deux novilleros avec lesquels on devrait pouvoir compter l'an prochain dans la catégorie des novilladas piquées.

Le plat de résistance de la journée était servi à partir de 18 heures. Et quel plat! Un lot de novillos de Fidel SAN ROMAN (encaste Villamarta par Guardiola) d'un trapío extraordinaire. Tous ovationnés à leur sortie (sauf le quinto aux cornes abîmées) avec, au final, un sixième à la beauté sculpturale. Un lot qui ne se fit pas prier pour aller au cheval (14 piques, 2 chutes). A la muleta, le 1 est bronco et le 5 parado, mais les quatre autres recèlent une belle noblesse avec des charges profondes. Certes pas des toros de 80 passes mais, à  mon humble avis, de quoi donner 20 ou 30 passes parfaites car on pouvait les toréer en se livrant pleinement. Ce qui bien sûr n'arriva pas... les miracles sont rares.
Revenons sur le sixième car, outre son trapío parfait, il était aussi d'une grande bravoure et noblesse. Hélas une vuelta de campana à la sortie de la première pique l'empêcha certainement de donner sa pleine mesure. Toutefois le grand moment de la course vint à la troisième pique. Déjà lourdement châtié ( deux piques en poussant fort plus la vuelta de campana), il est replacé à distance pour une troisième charge, accourt au galop à l'appel du piquero et pousse de tout son corps, les deux cornes bien plantées dans le peto. L'ovation est tonitruante, englobant toro et picador (Juan Charcos Reinosa), malgré la position un peu trasera de la pique. A la muleta, il charge sur les deux cornes avec une remarquable franchise mais très vite l'énergie lui manque et sa charge s'éteint. Vuelta malgré tout pour ce brave guardiola qui nous a rappelé les glorieux combats de ses ancêtres des années 70 et 80. A noter par ailleurs la bonne corrida récente de Salvador Guardiola à la feria de Malaga. Un encaste qui ne demande qu'à revenir au premier plan.
Mais revenons à Roquefort et aux novilleros du jour.
Carlos DURAN fait partie des humbles de la profession. Il torée peu, n'a pas la planta torera, mais il s'applique, essaie de faire les choses bien. Au quatrième, quelques bons moments sur la corne droite et une bonne estocade lui valurent une oreille.
Mathieu GUILLON a manqué de corazon.
Javier JIMENEZ mena une lidia parfaite face au 6, puis par son positionnement sincère il réussit , tant que le novillo avait de la charge, à donner des muletazos de qualité. Une excellente estocade et une oreille.

Pour votre serviteur, cette journée roborative avait été précédée, le vendredi, par un apéritif dacquois aigrelet servi avec des tapas avariées. Un lot sans trapío, faible et complètement décasté d'El Pilar devant lequel seul Morante, au 4, se justifia.

Et suivie, le lundi et toujours à Dax, d'un champagne éventé venant des caves extremeñas de don Victorino Martin. Six animalcules peu armés, indignes d'une plaza sérieuse. Les seules bulles vinrent d'une très jolie faena de Sergio Aguilar et d'une autre faena très templée de Diego Urdiales.

NB Victor Barrio novillero initialement prévu au cartel de Roquefort va bien. Merci. Si vous voulez des nouvelles plus complètes vous en trouverez sur le blog Aficion a los toros de Florent Moreau.

mardi 25 mai 2010

Ma feria de Vic 2010 (1)



Samedi

Je n'ai pas assisté à la novillada matinale. Face aux santacolomas de Flor de Jara, le jeune Esaú Fernández se serait montré convaincant.
Les toros d'ESCOLAR GIL donnèrent du relief à l'après-midi. Toros complexes, au comportement changeant en cours de lidia. Avec beaucoup de solidité car 15 piques souvent mal données n'altérèrent pas leur mobilité. Et, sur fond de mansedumbre, une noblesse qui parfois virait à l'aigre...¡ay! ces regards qui font le va-et-vient entre la muleta et les broderies du costume!
Face à eux deux toreros (Sergio AGUILAR et David MORA) et l'ombre d'un torero (El FUNDI).
Sergio AGUILAR fut toute la tarde d'une sincérité absolue. Une sincérité qui a parfois du mal à convaincre les amateurs d'esbroufe. (vuelta et une oreille)
David MORA sut profiter de l'excellente corne droite de Canario honoré d'une vuelta que son banal comportement à la pique (la première prise honorablement, la deuxième sans pousser et en sortant seul) aurait dû interdire. Le garçon torée avec empaque. Il se donne quelques facilités à droite mais, à gauche, il refuse de rectifier son terrain malgré les avertissements du toro ce qui lui vaut une méchante voltereta avec taleguilla entièrement lacérée. Une entière desprendida et deux oreilles.
Deux bons toreros face à un lot de respect : une corrida comme on les aime.


La corrida-concours

Ce fut un fracaso en tous points comparable à celui de la corrida-concours arlésienne de la dernière feria pascale. Avec en prime le feu qui tombait du ciel et rendit la matinée très pénible.
L'évolution des La QUINTA ne laisse pas d'être inquiétante. De la noblesse qui confine à l'insipidité. Aucun intérêt.
Je crois qu'il faut se rendre à l'évidence, le célèbre Clavel Blanco a constitué chez Maria Luisa DOMINGUEZ PEREZ de VARGAS un miracle plus que le signe d'un renouveau. Aujourd'hui Macetero n'avait pour lui que son trapío.
Le Fidel SAN ROMAN fit une sortie tonitruante qui autorisait tous les espoirs avant de se dégonfler très vite.
Le Dolores AGUIRRE fut le toro le plus intéressant de la matinée mais ce n'était qu'un manso con casta, inapproprié donc à une corrida-concours.
L'ALCURRUCEN un imposant manso querencioso.
Au final, le buendía de REHUELGA bravito et noblote.
Chez les piqueros Diego Pahito de la cuadrilla de José Luis Moreno piqua fort bien - et avec style - le Dolores Aguirre.
Enfin El Pimpi eut l'intelligence de comprendre que la seule façon de châtier le manso d'Alcurrucén était d'aller le chercher dans son terrain au delà de la ligne tracée sur le sable. Il brava les sifflets avec professionnalisme.

mardi 11 août 2009

Un week-end aux arènes (2)

Samedi : Parentis, plat de résistance

Pari osé que celui de la novillada-concours et au final une belle réussite, devant une arène comble.
Des novillos parfaitement dans le type de leur encaste. Absolument magnifiques le Partido de Resina (como no), Prieto de la Cal (precioso jabonero claro) et Salvador Guardiola (noir au poil luisant). Grande ovation pour les trois à la sortie du toril.
Tous les novillos prirent trois à quatre piques après avoir été, en général, remarquablement mis en suerte.
Somptueuse sortie de toro encasté pour le PARTIDO DE RESINA qui prit les piques avec alegria mais sans réellement pousser. Bronco à la muleta.
Le PRIETO DE LA CAL eut lui aussi une sortie tout feu tout flamme, puis il poussa par à coup sous le fer et se montra difficile au troisième tiers.
Le MORENO DE SILVA, cárdeno, fit preuve de bravoure et de noblesse. Il fut même pastueño dans la muleta de Francisco Pajares. A lui le prix au meilleur novillo.
Mais l'exemplaire de Salvador GUARDIOLA l'aurait mérité tout autant. Il ne fut pas économisé aux piques ce qui ne l'empêcha pas de charger jusqu'au bout au dernier tiers. Il était porteur de la bonne caste des Villamarta qui, chez les toros du même fer, est, à mon avis, trop souvent étouffée par un excés de poids.
Manso, le pupille colorado d'Alonso MORENO.
Enfin, le COQUILLA DE SANCHEZ ARJONA, à l'armure discrète, montra bravoure et noblesse atténuées par trop de soseria.

Chez les hommes, Daniel MARTIN actua en vrai novillero, vaillant, opiniâtre même, jusqu'à la cogida, mais brusque dans le maniement des leurres et fatal à l'épée.
Julian SIMON, discret en tout.
Francisco PAJARES m'a semblé être un imitateur de José Tomas. Il va même jusqu'à cultiver une certaine ressemblance physique, avec chevelure ad hoc. Il en a aussi - ce qui est plus intéressant - la douceur et le temple. Par ailleurs, piètre estoqueador.

mercredi 3 juin 2009

Ma feria de Vic 2009 (3)

La corrida de Fidel San Roman



Autant le dire tout net, je me suis régalé avec ce lot de mansos con casta tel qu'on n'en voit plus depuis belle lurette. Un vrai lot pour Vic, avec des têtes de méchants, de la force, de la mobilité, et beaucoup de difficultés de lidia.
Bien sûr, la corrida n'a pas été brillante, elle a parfois même été pénible mais la responsabilité en incombe essentiellement aux matadors.


Sur la passerelle des corrals vicois, à ma droite le lot de La Quinta d'une finesse admirable, avec des armures parfaites, le regard vif, intelligent. Des top model, des toros de pasarela. A ma gauche le lot de Fidel San Roman, des vieux catcheurs sur le retour, des têtes d'abrutis, des airs de faux durs dont on se dit qu'ils vont se dégonfler à la première provocation. Erreur! Il y avait du vrai muscle, du souffle, des carcasses solides, de la volonté d'en découdre même de manière peu orthodoxe.


Un point commun aux six bichos, le refus absolu de s'approcher du burladero où les peones sont sensés les maintenir pendant que les picadors entrent en piste. Et, conséquence logique, la charge systématique sur les dits picadors qui viennent juste de pénétrer dans l'arène. Ceci aggravé par l'absurdité qui consiste à faire sortir deux picadors, a fortiori dans un si petit ruedo.
Donc, sur le sable vicois, beaucoup d'agitation, de courses folles, de l'anarchie presque. Dans le public, les sarkozystes s'en donnent à cœur joie en réclamant à cor et à cri l'intervention des alguazils.
Et les matadors dans tout ça.
Diego URDIALES torée peu mais rien dans son attitude ce jour n'a laissé penser qu'il souhaitait toréer davantage. Il eut en partage les deux plus nobles, et si l'on oublie un vilain geste du premier on pourrait même les qualifier de pastueños. Il prouva à l'un qu'il savait toréer avec une grande pureté mais tua mal. A l'autre, il laissa s'installer, durant la faena, une atmosphère propice à la sieste; beaucoup, parmi les spectateurs, lui en surent gré.
Le deuxième n'avait pas une passe. Julien LESCARRET sut le montrer au public avant de le fixer par le bas et de l'occire rapidement. Du bon travail de pro. En revanche, face au cinquième, très mobile, difficile à maîtriser (sans doute pas assez piqué car il fuyait au contact du fer) il subit un échec cuisant.
En deux ans on a pu constater les progrès de Mehdi SAVALLI puisque, devant le même type de toro, il avait pris trois avis en 2007 alors qu'il est sorti aujourd'hui sous l'ovation. Mais la marge de progression reste immense. Il fut complètement débordé par la caste et la mobilité de l'excellent Zapito. Le tercio de banderilles fut un désastre; la faena, malgré la noblesse de son opposant, en fut un autre. Heureusement, Mehdi fut capable, au sixième, de réaccorder son Violon et de mettre le feu aux arènes au cours des deux premiers tercios, excellemment menés. Hélas, sa réticence à se croiser empêcha la faena de prendre son envol et, ce qui aurait pu devenir un authentique triomphe se borna à une simple ovation.

Je n'ai pas assisté à la corrida du lundi.
Ma feria de Vic est une réussite : chaque jour des toros con trapío, puissants, prenant des piques, toréables. J'ai l'impression d'avoir vécu dans un rêve. Je sais que la réalité ne va pas tarder à me rattraper. En attendant, Merci Vic.

mercredi 14 mai 2008

Vic Fezensac 2008 : des toros et une révélation (1)

Pas une goutte d'eau durant la feria, pas de température sibérienne non plus mais, le monde n'est jamais parfait, un vent tenace qui gêna considérablement les matadors, en particulier lors du dernier tiers.
Il semblait qu'à la faveur des corridas-concours de Saragosse et de Saint Sébastien le tercio de pique avait retrouvé dernièrement un peu de sa superbe. Hélas, cette feria marque en ce domaine un net recul. Sans doute par incapacité des matadors et des picadors, mais aussi, certainement, par volonté délibérée de la gent taurine de ne pas accorder plus d'importance qu'il ne faut (à leurs yeux) au toro. Ce sera le seul point noir d'une feria irréprochable au niveau de la présentation et durant laquelle les bons toros furent nombreux.


La novillada

Les novillos de PEREZ DE LA CONCHA ont un physique destartalado assez éloigné des critères santacolomeños. Au cheval ils cognent dur en faisant sonner les étriers, puis à la muleta, ils gardent la tête haute et mobile. Ils reçurent une vingtaine de piques traseras qui contribuèrent à aggraver leurs défauts. Il eut été intéressant,en revanche, de voir l'effet que des piques données dans le morillo auraient pu avoir. Seul point positif pour ce lot, la solidité.

Antonio Joao FERREIRA, dut faire face à un sorteo compliqué. Son premier novillo était un criminel qui lui fonça droit dessus et l'envoya dans les airs dès la première passe de muleta. Le protégé de Richard Milian fut mis en difficulté, ce qui est normal, mais il n'a pas fait preuve en la circonstance des qualités morales qui ont permis à son mentor de faire la carrière honorable que l'on sait. Bravo à David Romero pour ses deux paires de banderilles.

EL SANTO tomba, lui, sur les deux novillos les plus toréables de la matinée. Il ne put leur donner une passe sans bouger les pieds.

Marco LEAL se montra volontaire et vaillant, comme un novillero doit être.



La corrida-concours

Je ne sais en quelle langue les organisateurs vicois ont expliqué aux toreros de ce jour qu'il s'agissait d'une corrida-concours mais sans doute l'an prochain faudra-t-il le faire en ouzbek... à moins de mettre au cartel des toreros qui possèdent les capacités et la volonté nécessaires pour lidier ce genre de corrida. Moindre mal que le toro de La Quinta ait été bien compris par Luis Bolivar et bien piqué par Ismael Halcon. Mais ce ne fut qu'un feu de paille car les cinq autres bons toros (que lujo!) ne furent à aucun moment mis en valeur comme cela aurait dû être le cas. Una pena...

Le représentant de MIURA est un colorado typique de la casa. Il s'élance sans se faire prier à quatre reprises vers le picador mais de trop près car sans réelle mise en suerte. Il s'emploie peu sous les piques. A la muleta il fait preuve d'une noblesse un peu fade. (palmas à l'arrastre)

Huracan de LA QUINTA est un cárdeno cinqueño très volumineux. Il prend quatre piques en partant franchement et en poussant fixement puis il montre une belle noblesse sur les deux cornes. Un toro comme en rêvent les aficionados et les bons toreros. (vuelta al ruedo)

Le pupille de PRIETO DE LA CAL est un jabonero musculeux qui fait une sortie tonitruante. Il sera piqué trois fois sans jamais avoir été fixé. Il montrera ensuite une noblesse un peu fade mais qui se maintiendra durant la longue faena de Serranito, lequel ne parviendra pas à lier deux muletazos. (palmas)

Le VICTORINO MARTIN prend trois piques sans fixité (l'absence de lidia de Javier Valverde n'aide pas). Il se met à faire l'avion comme les victorinos savent parfois le faire dans la muleta peu inspirée du salmantin. (ovation)

Avec sa peau fine et son poil luisant, Ballena de FIDEL SAN ROMAN représente parfaitement l'encaste Villamarta (par Señores Guardiola Dominguez). Mal lidié, il prend trois piques sévères sans être réellement mis en valeur puis fait preuve d'une noblesse très encastée que Bolivar aura du mal à canaliser. (ovation)

Malgré sa bravoure qui s'exprima dans trois piques en poussant fort, le toro de CHARRO DE LLEN ne put réellement concourir car il était handicapé par un léger problème locomoteur. (silence)

Le toro de La Quinta fut réellement supérieur mais dans des circonstances plus favorables d'autres toros de cette matinée auraient pu faire également de dignes vainqueurs. Personnellement, j'ai bien aimé le Fidel San Roman qui rappelait la bonne caste des Guardiola Fantoni de la meilleure époque.