lundi 8 septembre 2008

Dax : corrida de Victoriano del Rio

Les faits
Desgarbado, né en juillet 2004 dans l'élevage de Victoriano del Rio, au poids annoncé de 486 kg et sorti en sixième position, a été gracié. Le toro, d'apparence juvénile (anovillado), d'armure discrète mais astifina, avait pris une demi-pique au premier tiers (hampe relevée très vite par le picador à la demande du matador puis demande acceptée de changement de tiers). Le toro a quitté le cheval sans difficulté. Au deuxième tiers, il accourut sans problème vers les banderilleros. Il chargea ensuite sans discontinuer la muleta de Miguel Angel Perera pendant près d'un quart d'heure avec une noblesse inlassable.

Mon avis
Aucun toro n'ayant pris qu'une demi-pique n'est digne d'être indulté.
La noblesse du toro a été exceptionnelle, vive, codiciosa, sans doute favorisée par la manière de toréer de Miguel Angel Perera. Mais au-delà d'une certaine limite la noblesse confine à la niaiserie et ce qui était qualité a fini par m'apparaître défaut. Se faire berner pendant un quart d'heure sans esquisser le moindre signe de révolte ne me paraît pas symboliser la grandeur du toro de combat. C'est sans doute être brave mais dans le sens que l'on utilise pour dire de quelqu'un qu'il est bien brave, c'est à dire un peu con. De bien braves gens aussi ceux qui pendant cinq minutes d'hystérie collective ont demandé et obtenu l'indulto de Desgarbado.

La faena de Miguel Angel Perera
Par son aguante exceptionnel et l'harmonie de sa muleta (pratiquement pas d'accrochage) Miguel Angel Perera a su se mettre au diapason de la noblesse du toro. La faena a surtout valu par ses enchaînements parfois virtuoses qui ont porté le public au rouge vif. Mais dans le toreo fondamental elle est restée plus ordinaire. Le torero a parfois abusé du pico lors de ses longues séries de derechazos et il ne s'est pas éternisé avec la main gauche.

Une faena de Morante
A l'opposé et tout à fait passionnant fut ce qui s'est passé au cinquième. Sur la corne droite le toro a une charge puissante et il la termine par un violent coup de tête vers le haut, il saute même parfois carrément dans la muleta de Morante. Celui-ci se bat, insiste, se fait accrocher le tissus, visite la moitié du ruedo mais il a de précieux moments d'intense et pur toreo.


PS : à lire absolument, dans Campos y Ruedos, le texte sublime de Xavier Klein, De la piètre trivialité d'une journée historique.

mercredi 3 septembre 2008

A propos de la corrida de Palha

Je ne crois pas, bien sûr, à un jugement objectif qui dirait la vérité d'une corrida. Chacun juge en fonction de l'idéal qu'il se fait du toro et de la corrida, mais aussi de ses intérêts, de ses amitiés, des attentes qu'il a ce jour-là etc...

Pour moi, ce fut une corrida intéressante, passionnante même à certains moments et pourtant je suis sorti des arènes avec une pointe de déception. D'abord parce que, comme tous les aficionados informés, je crois savoir qu'il sort régulièrement des toros de Palha bien supérieurs à ceux que l'on a vus à Bayonne. Ensuite parce que j'aime aussi les toreros et que j'aurais souhaité voir Diego Urdiales ou Sergio Aguilar affronter un toro complet. Or, aucun toro complet n'est sorti ce jour des chiqueros bayonnais.
Je pense aussi que, hormis les deux de Rafaelillo -deux alimañas au comportement passionnant- leur dangerosité a été largement surévaluée. Les quatre autres n'avaient quasiment pas de charge au dernier tiers, ils présentaient dès lors, pour des toreros con oficio tels que se montrèrent Diego Urdiales et Sergio Aguilar, bien moins de danger qu'un toro qui charge avec noblesse et codicia. Ils furent d'ailleurs lidiés et tués sans difficulté par les deux matadors.

Un mot sur le public car j'ai l'impression que ce ''pauvre public'' est souvent pris en otage par les détracteurs de ce genre de corrida : "C'était bien sûr une corrida intéressante, mais vous comprenez que pour le public ce n'était pas un spectacle convenable. Ils ne reviendront pas."
Donc, en ce samedi 30 août, autour de moi c'était très bon chic bon genre (j'avais pris un tendido ombre et soleil). Un vrai public de Bayonne, assez entendu dans la chose taurine d'ailleurs. Il me semble que, très vite, les gens ont compris l'enjeu, l'intérêt et les limites de la course : de beaux toros que l'on admire à leur sortie, que l'on admire également dans leur combat au premier tiers et, pour aujourd'hui, on se contentera de ça. Mais ils comprirent aussi que ces toros-là méritaient d'être applaudis et, de fait, mes voisins les ont majoritairement applaudis lors de chacun des arrastres. Ils ont aussi été émus par le courage de Rafaelillo et de Sergio Aguilar mais ont bien vite relevé les insuffisances techniques et artistiques du premier. Bref, un public qui a su voir et apprécier ce qu'il y avait à voir et à apprécier. Une corrida qui se justifiait donc pleinement dans la programmation d'une grande ville taurine.

Le problème pour lire les éditos d'André Viard c'est qu'il faut avoir le clic de souris assez sûr, sous peine de se retrouver à chaque fois avec son CV (certes glorieux) sous les yeux.
J'en ai particulièrement retenu (des éditos) ce qu'il écrit sur la corrida du dimanche. Il conteste trois des Valdefresno "à la noblesse doucement décadente... je ne crois pas que ce soit l'avenir de la corrida : trop mansos, trop doux, trop noblement niais'' et conclut en préconisant un juste milieu entre les Palha de la veille et les Valdefresno. A la bonne heure!
Je suis personnellement preneur d'une corrida avec le trapio de celle de Palha, sa force et sa bravoure au cheval et parmi eux, trois toros avec une charge franche et puissante au troisième tiers.

Pour finir je voudrais mentionner le judicieux texte de Solysombra dans le blog de Campos y Ruedos, Les Palha?Au musée! auquel je souscris entièrement. Mais attention, le risque est que les corridas dures servent d'alibi pour mieux faire passer, les autres jours, les pantalonnades commercialo-oreillardes. Il faut aussi lutter pour un toro intègre et fort dans les corridas pour vedettes.

dimanche 31 août 2008

Bayonne : des Palha de premier tiers

Il y avait dans ce lot de PALHA à la fois une plénitude et un manque. Plénitude qui venait en premier lieu de leur trapío parfait. Des toros profonds et harmonieux, les deux derniers de véritables estampes. Il y eut ensuite leur combat face aux picadors. Tous livrèrent au premier tiers des assauts acharnés, poussant avec codicia et ténacité. S'ils ne prirent que douze piques (une chute) c'est que leur obstination face au peto leur valut un châtiment sévère. La palme revint au second qui poussa durant de longues minutes, faisant parcourir au cheval plus de la moitié de la circonférence du ruedo, sans qu'il soit possible de le séparer de sa proie!
C'est face à la muleta que se révéla leur incomplétude : des toros parados, des charges souvent réduites à de violents et désordonnés coups de tête. Avec le sentiment, pour le public, de quelque chose d'inachevé. Comme un vin qui séduirait par sa robe, épaterait par son bouquet, avant de tourner court en bouche, sur une pointe d'aigreur, laissant le dégustateur avec une étrange et frustrante impression d'anomalie.
Il faut rendre hommage à tous les toreros qui affrontèrent ce dur bétail. Matadors, banderilleros et picadors firent tous preuve d'un professionnalisme qui évita que la course ne tourne à ce qui aurait pu être une débandade.
RAFAELILLO hérita des deux toros qui avaient le plus de recorrido. Ceux dont on pouvait éventuellement tirer le plus de parti, mais aussi les plus dangereux car ils serraient sur l'homme, faisaient mine d'humilier avant de balancer hachazos y derrotes tous azimuts. Il fit preuve d'un courage inouï, une cogida qui aurait pu être dramatique au quatrième ne l'empêcha pas de retourner au combat le coeur vaillant. Toutefois sa petite taille, ses limites techniques mais aussi le vent qui a soufflé durant toute la course et a beaucoup gêné les toreros, le laissèrent en permanence à la merci de ses adversaires.(salut et salut, où perçaient émotion et reconnaissance du public pour el valor del torero)
DIEGO URDIALES n'a pas cherché aujourd'hui à forcer le destin. Il s'était pourtant montré décidé en réalisant au premier toro de l'après-midi un joli quite par chicuelina. On lui reprochera d'avoir fait assassiner son second adversaire par le picador de réserve après la chute du picador de turno.
SERGIO AGUILAR a tout tenté avec beaucoup de sang-froid et de sincérité mais il eut en partage deux toros sans la moindre charge. Il avait pourtant limité le châtiment de l'imposant sixième en faisant relever l'arme par son picador à la deuxième rencontre. Nous administrant ainsi la preuve que les toros du jour n'avaient pas souffert d'un excès de châtiment mais plutôt qu'il manquait quelque chose à leur moral. (vuelta al ruedo au dernier, toréé sous l'orage)

samedi 23 août 2008

Trois jours à Bilbao

Venir à Bilbao, c'est l'assurance de voir les figuras devant des toros de grande présence. C'est aussi l'assurance de la déception car, plus que dans les autres plazas, on y place la barre de ses propres exigences au plus haut. C'est-à-dire au niveau de ses rêves.

Mardi : triomphe d'Enrique PONCE
S'il est une arène où il faut voir Enrique PONCE, c'est bien Bilbao. Il y a une réelle communion entre le torero et le public. Et ce d'autant que sa tauromachie émeut davantage devant les tios imposants qu'il affronte régulièrement ici. On peut voir dans le patio de cuadrillas la tête d'un Samuel Flores qu'il a tué il y a quelques années. Impressionnant!
Histrion d'EL VENTORRILLO, auquel il a coupé aujourd'hui les deux oreilles en imposait plus par son physique de méchant à l'armure veleta que par sa caste. La faena de PONCE fut celle d'un maître : rythme, élégance, variété, dominio. Avec un final genou ployé qui porta la plaza au rouge vif. Une estocade entière et le président, contrairement à ses habitudes, sortit les deux mouchoirs.
On a souvent vu à Bilbao des actuaciones de même niveau pour lesquelles seule la première oreille était accordée. Personnellement, il m'a semblé que les passages à gauche étaient un peu faibles pour mériter un tel prix. Alors j'ai essayé de trouver la raison d'une telle prodigalité du palco après des années de rigueur. J'en ai trouvé trois et je vous les livre comme elles me sont venues.
La première, c'est que, l'an dernier, Matias Gonzalez, le président a accordé deux oreilles au Cid, que tout le monde l'a félicité pour ce geste et qu'il a peut-être pris goût à la chose (il ne faudrait pas qu'il devienne addict!).
La deuxième, c'est qu'Enrique PONCE ne reviendra pas à Bilbao et que pour sa dernière feria ces deux oreilles sont un hommage à sa carrière. Mais les récentes déclarations du Valencien sur sa présence dans les ruedos l'année prochaine mettent à mal cette hypothèse.
La troisième -c'est ma préférée- est qu'indirectement, le président a voulu hacer daño à José Tomas, absent de la feria, en favorisant Enrique PONCE, torero de Bilbao qui, depuis plus de 15 ans, y affronte avec succès et sans chipoter le toro de Bilbao.
Après plusieurs vaines tentatives, j'ai enfin vu José Maria MANZANARES hijo bon. Torero de classe, muy puro. Mais ce qui lui a manqué aujourd'hui, face à deux VENTORRILLO très nobles, c'est une pointe d'engagement supplémentaire. Beau toreo mais sin chispa ce jour.

Mercredi : LA QUINTA, cruelle déception
Le plus mauvais lot que j'ai vu cette année (toutes catégories confondues). Une faiblesse déplorable, une fadeur désespérante, le tout sur un fond de noblesse imbécile. Si c'est ça l'avenir des Santa Coloma alors il ne nous reste plus que les yeux pour pleurer.
Juan José PADILLA toucha les deux moins mauvais et fut, comme il sait l'être, un bon animateur (une oreille).
EL JULI, après une prestation très décevante la veille (sifflets), se sortit l'épine du pied en inventant une faena au cinquième (une oreille).

Jeudi : MORANTE
Una tarde con MORANTE es diferente. Différente par l'attente qu'elle suscite, mélange d'angoisse et d'espérance. Chaque signe doit être observé. Le vent souffle, le toro a fait un vilain geste dans la cape du peon, c'est sûr, il ne fera rien. Mais voilà qu'il sort au quite l'air décidé, pas de doute, ce sera aujourd'hui le grand jour de MORANTE. De fait, si nous n'eûmes pas de tarde complète, nous eûmes droit à de très beaux moments, de ceux qui restent dans le souvenir. Un bon début de faena par le bas, derechazos de verdad et magnifiques naturelles. Le toro est brave, il va a mas, lance des coups de tête. La fin sera plus confuse, la mort longuette mais MORANTE DE LA PUEBLA saluera sous l'ovation.
Son second toro pousse avec bravoure sous deux piques, mais il est flageolant sur ses pattes. Le président sort le mouchoir vert alors que le toro est encore en train de pousser sous la deuxième pique. Une décision, à mon avis précipitée, qui tue la course. Car sort un sobrero infumable de Manuel Santos Alcalde. Una pena.
Sébastien CASTELLA a l'air un peu perdu dans le vaste ruedo bilbaino. Comparé à la maestria d'Enrique PONCE, il fait figure de novillero débutant.
Je crois bien, si ma mémoire ne me trahit pas, que je n'avais jamais vu de toros de NUNEZ DEL CUVILLO. Ils ne me parurent ni meilleurs ni pires que la plupart des toros d'origine Domecq que l'on voit sortir sur le sable gris de Bilbao. Deux assez bons toros, braves et qui allèrent a mas (le 2 et le 4), deux faibles de pattes qui furent changés, un mauvais toro, le premier de CASTELLA.

Quitter Bilbao est toujours difficile. Il pleut bien sûr, mais ce n'est pas la même pluie qu'à l'aller. Celle-ci a un goût d'automne, de vacances qui se terminent et de temporada sur le déclin.

lundi 11 août 2008

Les Raso de Portillo à Parentis : caste, bravoure et poder

Soyons romantiques. Ont foulé dimanche le sable des arènes de Parentis les descendants de l'élevage le plus ancien d'Espagne (XVème siècle). Et croyons que, malgré les croisements successifs, il reste quelque chose en eux du sang originel. Il y avait en tout cas dans leur comportement comme un parfum des tardes d'antan. Celles qui n'existent que dans le rêve des aficionados les plus fous... et qui parfois se réalisent.
Lourds, con cuajo, avec des cornes abîmées ou discrètes (sauf le dernier). 4 negros, 2 colorados anteados.
Au cheval tous montrèrent poder et bravoure. Les chiffres sont éloquents : une vingtaine de piques prises en poussant dur, 3 chutes, 1 cheval blessé (cornada au cou). Le quatrième fut honoré d'une vuelta al ruedo. Il prit 4 piques (une chute) en poussant fort mais sortant rapidement. Un toro à la puissance explosive qui alla a mas au second tercio au point de déborder Alberto Lamelas avant de le catapulter dans les airs et de le recharger au sol sur une tentative de quiebro. Le malheureux novillero fit front avec vaillance malgré un coup de corne au mollet mais ne put exploiter l'excellente corne gauche du toraco.
Les trois novilleros sont à féliciter pour avoir joué le jeu d'une véritable mise en suerte lors du tercio de pique. En outre, Carlos Guzman montra de réelles qualités muleta en main. Les picadors ont prouvé qu'ils pouvaient être autre chose que les médiocres saigneurs habituels. Il y avait de la grandeur aujourd'hui dans leur office.
La remarquable cavalerie de Bonijol n'est pas non plus pour rien dans cette réussite. Chevaux d'une grande maniabilité qui permettent aux picadors d'appeler le toro avec art, mobilité également sous la poussée qui leur permet de garder l'équilibre malgré la pression, sans dégoûter le toro qui n'a pas le sentiment de pousser en vain.
On trouvera sur le site
Terre de Toros toutes les informations sur l'histoire de cet élevage et ses origines. Bien que je ne sois pas spécialiste en la matière, il m'a semblé que le sixième, différent des autres, avait quelque chose de l'ancienne race des toros navarrais. Soyons romantiques!

lundi 4 août 2008

Hagetmau : un jour sans

Un jour sans pour les novillos de Coquilla de Sanchez Arjona, bien présentés - magnifique le cinquième - mais sans le piquant et la variété de jeu qui avaient fait l'intérêt du lot de Mont de Marsan l'an dernier. Tous se retrouvèrent sans carburant à la sortie de l'unique pique. Certes le principe de la pique unique fit encore des dégâts, mais il y avait autre chose dont il est difficile de savoir s'il s'agissait d'un manque de caste ou bien de force physique.
Jour sans pour les novilleros. Ruben Pinar était aux abonnés absents. José Luis Rodriguez eut quelques détails vite oubliés après une multitude de coups d'épée. Quant à Roman Pérez il se montra comme un véritable sin verguenza. Il toréa son premier comme un bûcheron avant de faire assassiner éhontément le sixième par son picador.
Les trois novilleros sortirent des arènes sous un silence pesant : un jour sans pour le public aussi.

mercredi 30 juillet 2008

Victoriano del Rio et Dax rois de l'afeitado

C'est en plein milieu de l'insouciance estivale et dans la plus grande discrétion, quand la saison est bien avancée, les cartels établis depuis longtemps, les billets d'entrée achetés, que l'UVTF a choisi de publier les résultats de l'expertise des cornes pour la temporada 2007. Un peu comme un gouvernement qui profiterait de l'été pour faire passer les lois les plus impopulaires.

Il ressort de ces résultats que Victoriano del Rio est le roi incontesté de l'afeitado en France en 2007 avec un score impressionnant mais néanmoins améliorable : 7 cornes touchées sur 8 analysées, dont deux toros de la corrida du 9 septembre à Dax. On aurait pu penser qu'un tel résultat entraînerait des sanctions et bien au lieu de cela Victoriano del Rio a obtenu une promotion puisqu'il fournira cette saison deux lots aux arènes dacquoises. Il me semble que la balle est dans le camp des aficionados locaux.


Elevages qui ont le plus afeité en 2007 :
  • Victoriano del Rio (7 cornes sur 8 analysées)
  • Puerto de San Lorenzo (7/12)
  • Adelaida Rodriguez (4/8)
En ce qui concerne les arènes, c'est Dax qui a le pompon avec 9 cornes afeitées et Vic fezensac la moins indigne avec 2 cornes.
Il est pourtant possible de présenter des lots limpios (avec la réserve que les certificats d'arreglos n'ont pas, cette année, été rendus publics) - y compris lorsque toréent les vedettes - puisque les cornes analysées des élevages ci-dessous ont été jugées limpias par les vétérinaires.
  • El Pilar (qui semble s' etre acheté une conduite)
  • Domingo Hernandez ''Garcigrande'' (idem, au moins pour la France)
  • Los Bayones
  • Margé
  • Hoyo de la Gitana
  • Charro de Llen
  • Antonio San Roman
Pour l'an prochain, les vétérinaires ont du pain sur la planche après ce que l'on a vu aux deux premières corridas de la Madeleine. Les résultats de l'expertise des cornes des Miuras et des Torrestrellas sera particulièrement intéressant. Voici par exemple la photo de l'armure du Torrestrella n° 89, sorti premier et qui mit Enrique Ponce en difficulté.

cornicorto ou travail d'artiste?

PS Voir aussi les intéressantes analyses et propositions sur le site de la FSTF

lundi 28 juillet 2008

L'estocade selon El Fundi

Très bonne initiative que celle des nouveaux programmes distribués à l'entrée des arènes de Mont de Marsan : des entrevues parfois intéressantes (chose rare dans le milieu taurin), des chroniques pas forcément complaisantes de la corrida de la veille.
Je ne résiste pas au plaisir de citer la réponse d'El Fundi interrogé à propos de l'estocade :
"On pourrait penser que la mise à mort se fait toujours pareil, il y a des bases, des temps, or l'essentiel c'est qu'il s'agit d'un prolongement de la faena. Certains toros requièrent un toque brusque, à ceux qui ont chargé avec suavité on ne peut pas leur faire, car ils risqueraient de trop se déplacer. Il faut voir s'ils ont la tête haute, s'ils obéissent, s'ils regardent. C'est le couronnement de la faena, ce n'est pas une chose à part, c'est la conclusion. Voilà peut-être le secret : continuer de toréer pour conclure."


Il s'agit ici de Fernando Cruz à La Brède

dimanche 27 juillet 2008

Madeleine 2008 (III) les toreros

EL FUNDI : A tout seigneur tout honneur, même si sa prestation du dimanche resta discrète, avec notamment une grande responsabilité dans les mauvais tercios de pique du jour et l'assassinat en règle du brave et magnifique quatrième Miura.
Il se racheta le mardi face à deux La Quinta qui l'attendaient au virage. Le premier, qui n'avait pas humilié durant la faena, lui envoya les cornes à la poitrine à la première tentative d'estocade. Malgré cela le Fundi s'engagea à nouveau par deux fois avec un sincérité sublime. Face au genio et aux pitones astifinos de son second, il n'abdiqua jamais malgré une cogida impressionnante, trouvant parfois les solutions et finissant par le dominer. Une journée pleine de pundonor et d'héroisme.


JUAN JOSE PADILLA : Sur le déclin.


RAFAELILLO : Une des plus belles et émouvantes estocades que j'ai vue dans ma vie d'aficionado. J'en avais les yeux tout embués. Elle venait après une faena sincère et parfaitement construite à un bon Miura. Deux oreilles incontestables.

ENRIQUE PONCE : J'essaie de plonger dans mes souvenirs, peut-être une ou deux fois à ses débuts et encore... non, je crois que je n'avais jamais vu le maestro de Chivas aussi en difficulté que face à son premier Torrestrella. Voilà qui sent sérieusement la retraite.

JUAN BAUTISTA : Est-ce parce qu'on l'annonçait en méforme et que j'attendais peu de lui mais je l'ai trouvé bien : classique, élégant, tueur sûr.

DANIEL LUQUE : Sevillanissime! Trincherazos, firmas, aidées par le bas, tout l'arôme du toreo sévillan dans une muleta privilégiée. Pour moi une révélation. Deux oreilles de triunfo grande.

JULIEN LESCARRET : Bon capeador et tueur en progrès; à la muleta en revanche rien ne va : trop de nervosité et d'embrouillamini.

ANTONIO JOAO FERREIRA : D'accord il a eu un sorteo de rêve (même s'il fait une longue carrière il y a peu de chance qu'il retrouve deux toros de cette qualité dans une même tarde). D'accord il est resté bien en dessous des possibilités offertes. Mais ''le petit portugais en qui personne ne croyait'' (à part Richard Millian bien sûr, et ses supporteurs portugais) m'a scotché d'admiration sur mon siège. Calme (un tel calme le jour de son alternative!), sens du placement, toreo de ceinture d'une grande pureté, temple. Une leçon de toreo. Si j'étais apoderado je parierai sur lui.

PEPIN LIRIA : Certes ce n'est plus le Pepin d'il y a dix ans, mais il a été un torero du Moun. En souvenir de tant de tardes glorieuses il a su faire l'effort qu'il fallait et le public a su lui manifester son attachement. Un beau moment. Avec en prime une magnifique série de naturelles con mucho temple.

ANTONIO FERRERA : J'ai du mal à digérer le coup du garrot sur une cuisse qui ne saigne pas. Un geste bien peu torero.

LUIS BOLIVAR : Vaillant.

Alberto LAMELAS : Un épigone de Padilla, sans en avoir le physique, ni, pour l'instant, le souffle.

Juan Luis RODRIGUEZ : Vert, élégant, superficiel.

Miguel TENDERO : Beaucoup plus puesto mais dans un jour sans.

C'est toujours un plaisir de savoir que EL CHANO sera dans le ruedo. Le jour des La Quinta il nous gratifia de deux excellentes paires de banderilles, la première en templant quasiment l'embestida du toro, ainsi que d'une excellente brega.

samedi 26 juillet 2008

Madeleine 2008 (II) les toros

MIURA : Deux points noirs, les cornes qui s'escobillent systématiquement après avoir frappé les burladeros, laissant supposer une manipulation frauduleuse, la faiblesse de pattes de certains; un point positif, la bonne caste générale : bravoure et noblesse, mais attention, quand je dis noblesse, c'est la noblesse du Miura, à qui il ne faut pas raconter de salades.

Alvaro DOMECQ "TORRESTRELLA" : Des cornes très courtes laissant planer un doute sur leur intégrité. Le premier, une teigne, un des rares toros que j'aurai vu mettre Enrique Ponce en difficulté. Le quatrième, le plus beau, fait une sortie tonitruante, puis se fracasse les vertèbres en sautant à la poursuite d'un peon qui se réfugiait derrière le burladero. Finalement un lot assez conforme à ce qu'écrit Alvaro Domecq dans son bouquin : un peu de caste, de la race (le troisième) et beaucoup de noblesse qui tourne vite à la soseria sans intérêt (les deux derniers).
Velonero, le sobrero cinqueño de CHARRO DE LLEN, était sans doute un frère du grand toro du même nom sorti à Vic il y a deux ans. Il fit une sortie de toro corralero, puis se révéla au cheval en provocant deux batacazos, mais il ne tint pas la distance au dernier tiers refusant vite tout combat en se réfugiant au toril.

Novillada de BUCARE : Bien présentée, avec la variété de la caste santacoloma qui fait que l'on peut passer, dans un même lot, voire chez un même animal, d'une grande noblesse à la difficulté du toro qui semble avoir tout compris du jeu qu'on lui propose.

LA QUINTA : le sommet de la feria, peut-être de la temporada dans le sud-ouest. Frasquito, qui ouvrait le ban, sera honoré d'une vuelta al ruedo. C'est un magnifique cardeño typique de la casa. Paradoxalement, il fait une véritable sortie de bœuf de labour, marchant tranquillement, reniflant, refusant d'entrer dans les capes. Mais tout change dès qu'il est confronté au picador : une première pique, avec chute du cheval, suivie de deux autres sous lesquelles il pousse en brave. A la muleta beaucoup de fixité et de la noblesse sur les deux cornes. L'autre toro de l'après-midi sera le dernier, moins en vue à la pique, mais d'une noblesse pour chanter le toreo. Hormis le 5 en retrait, les autres d'un haut niveau avec leur pointe de noblesse (le 3) ou de sournoiserie encastée (le lot du Fundi).

VICTORINO MARTIN : Où placer la barre pour les toros du sorcier de Galapagar? Doit-on se contenter de l'encierro de ce jour? Certes le lot est largement supérieur à tout ce qui se voit habituellement dans les corridas de la région (si l'on excepte certains sommets comme les Escolar Gil de Vic ou les La Quinta ici même). Il y eut en particulier deux très bons toros : le premier, brave et noble, le cinquième, très encasté, à la charge puissante. Mais le reste est bien moyen. Et, en fin de compte ce qui m'a le plus déçu, c'est la présentation. Bien sûr le type est magnifique, mais l'ensemble affiche un très net manque de présence physique, certains exemplaires ayant la taille d'un top model plutôt que d'un toro de combat. Avec, en outre, des cornes qui parfois se détériorent rapidement. Je suis loin d'être partisan du toro grand et gras, mais l'inverse a ses limites et ce qui est acceptable en novillada ou dans un pueblo l'est moins dans une arène comme Mont de Marsan.

un novillo de Bucaré

vendredi 25 juillet 2008

Madeleine 2008 (I)

La Madeleine, ça commence par un problème de cornes. Celles des Miuras qui s'abîment chaque fois qu'ils cognent contre le burladero. Celle des Torrestrellas, très courtes. Ils auraient eu fière allure ces Torrestrellas avec quelques centimètres de pitones en plus!
A cela s'ajoute un problème de pique. Puisque les organisateurs ont signifié leur mépris pour le tercio de piques, maestros et piqueros s'en donnent à cœur joie. Mises en suertes bâclées, pique unique interminable avec pompage, charcutage, cariocas. Efficacité garantie. Et un résultat paradoxal : quatre ou cinq toros braves rendus inutilisables par une mesure dont le but était précisément de favoriser le jeu des toros au troisième tiers. Il me semble pourtant que les toreros, s' ils savaient qu'une deuxième pique suivra impérativement, seraient obligés de mesurer le châtiment lors de la première rencontre.

Et puis un jour vient la grande corrida. De beaux et bons toros de La Quinta. Des toreros con pundonor. Des lidias justes. La réconciliation du public avec sa feria.

Du coup, je vends ma place pour la corrida de Ventorrillo. Voir les vedettes couper des oreilles ne m'intéresse plus. Je veux rester sur le buen sabor de boca des La Quinta jusqu'à la corrida de Victorino.

Finalement, dans l'emportement d'une feria réussie, tout s'achève sur un peu de triomphalisme (oreilles après estocades défectueuses, salida a hombros inopportune du mayoral de Victorino).

dimanche 20 juillet 2008

Alvaro Domecq "Torrestrella" - ganaderias

Liste des ganaderias de procedencia (en totalité ou en partie) Alvaro Domecq "Torrestrella"
  • Guadalest
  • Fernando Peña
  • Aldeaquemada
  • Condessa de Sobral
  • Cebada Gago
  • Cayetano Muñoz
  • Santiago Domecq
  • Torrealta
  • Juan Antonio Ruiz Roman
  • Carmen Segovia
  • Astolfi
  • Antonio San Roman
  • La Dehesilla
  • Varela Crujo
  • Laurentino Carrascosa
  • Juan Albarran
  • Aquilino Fraile
  • La Reina

samedi 19 juillet 2008

Alvaro Domecq El toro bravo - citations

"Despacio, como planean las águilas seguras de sus prisas. Despacio, virtud suprema del toreo. Despacio, como se apartan los toros en el campo. Despacio, como se doma un caballo. Despacio, como se besa y se quiere, como se canta y se bebe, como se reza y se ama. Despacio."

Sur le poids des toros :
"Qu'il soit entendu que, en ce qui concerne les toros, le poids, pour moi, tient moins d'importance que le trapío, l'estampe du toro brave." (19 El peso y el trapío)

"Cet excès de kilos, maintenant que sont combattus des toros de 600 kilos et plus, conduit à ce que les toros deviennent aplomados, se transformant en gigantesques blocs de marbre. Ce n'est pas qu'ils ne voudraient pas embestir; c'est qu'ils ne peuvent se déplacer durant quelques minutes sans s'asphyxier. Le toro ''regordío'' porte atteinte à la lidia que l'on désire, basée sur une suite de mouvements continus." (46 Los pastos, la alimentación)

Sur les toros qui tombent :
"La mission du ganadero aujourd'hui est de bannir en les envoyant à l'abattoir toutes les vaches qui accusent un manque de force... Les sementals, il faut les choisir avec de l'énergie et des forces si nous voulons annuler ce défaut qui est si important aujourd'hui dans toutes les ganaderias." (30 La selección)

"Parmi les toros qui ont la même alimentation, certains tombent et d'autres ne tombent pas; certains ont de la force et d'autres pas." (46 Los pastos, la alimentación)

Sa grande interrogation sur les rapports de la bravoure et de la suavité :
"Voici un danger qui nous guette à tous, dans ce compliqué et subtil monde des toros. Que le mot ''suave'' ait lors de la prueba du becerro plus d'importance que le mot ''bravoure''. Parce que, jusqu'à quel point noblesse et codicia pourront rester liées? jusqu'à quel point une suavité excessive et permanente ne peut affaiblir la bravoure? jusqu'à quel point un toro très suave commence à ne plus être un toro brave brave?" (33 La suavidad y la seriedad del toro)

Sur les toros qui grattent :
"Gratter le sol est considéré comme raison suffisante pour éliminer car cela dénoterait un manque de bravoure. Toutefois on voit des toros d'une classe et d'une bravoure extraordinaire qui, parfois, grattent le sol. Cela réduit les points dans un examen de bravoure, mais cela ne disqualifie pas, car il y a des toros qui, tout en grattant, font preuve d'une bravoure de très grande qualité." (32 La bravura en si)

Deux toros, récents vainqueurs des corridas-concours de Saint Sébastien et Vic Fezensac viennent corroborer cette opinion car tous deux, de grande bravoure, ont gratté durant leur lidia.

Enfin, sur la souffrance du toro, bien avant les travaux de Juan Carlos Illera :
"Je soutiens que le toro ne souffre pas ou souffre peu durant la lidia, si celle-ci s'effectue harmonieusement, de manière continue et sans laisser l'animal se refroidir.
La colère joue le role d'analgésique de la douleur et le toro est une poudrière de colère concentrée." (31 El secreto de la bravura)

NB traduction personnelle SGDG



vendredi 18 juillet 2008

Alvaro Domecq El toro bravo

Les livres de ganaderos sont rares. Celui-ci fut publié en 1985. En une cinquantaine de courts chapitres d'intérêt inégal, le célèbre ganadero jerezano traite de tout ce qui concerne l'élevage des toros depuis la naissance des becerros jusqu'à la contratacion des corridas.
Alvaro Domecq y Diez n'est pas le premier ganadero venu. Fils de Juan Pedro Domecq y Nuñez de Villavicencia, il fut dès son plus jeune âge immergé dans l'élevage paternel (lorsqu'il n' était pas en pension chez les jésuites bordelais) et assista donc à la création du fameux croisement Veragua La Corte à l'origine de la majorité des élevages d'aujourd'hui. Homme de campo et de chevaux, il fut dès les années quarante un excellent rejoneador. Il créa son élevage ''Torrestrella'' en 1954 et parvint, en mélangeant les sangs de Curro Chica (Veragua/Ibarra), Carlos Nuñez et Juan Pedro Domecq, à créer son propre encaste. Ce fut une réussite qui a permis à la ganaderia de se maintenir au premier plan durant 50 ans, alternant toutefois les périodes fastes avec des baches au cours desquels la faiblesse l'emportait sur la caste. Alvaro Domecq n'hésita pas à vendre vaches et sementals à ses collègues ganaderos et aujourd'hui un nombre non négligeable d'élevages sont basés sur son sang.
S'il se fait le chantre d'un mode d'élevage traditionnel, Alvaro Domecq fut aussi parmi les premiers à utiliser les ressources des progrès scientifiques de la fin du siècle passé : insémination artificielle, banque de sperme, recherches sur la cause des chutes de toro.

C'est au milieu du livre, dans les chapitres sur la sélection et sur la bravoure, que l'auteur nous fait part de sa conception du toro et de ses principes en ce qui concerne la conduite de son élevage.
Pour lui, la bravoure est la qualité qui consiste pour le toro à foncer (embestir) vers tout ce qui bouge devant lui."Précisément cette énorme, tragique, interminable arrancada vers l'avant, contre tout et contre tous, et qui ne se terminera qu'avec la mort, est l'expression qui caractérise un toro brave".
La classe est une forme d'embestir en galopant, en mettant la cara et, face au cheval, en poussant avec les reins.
Il distingue la race de la caste. La race est la sublimation de la bravoure. Elle illumine le ruedo et tous les spectateurs la perçoivent; elle s'exprime par exemple au moment de la mort lorsque le toro résiste, debout, jusqu'à son dernier souffle.
La caste est essentiellement nerf et tempérament. Elle peut aussi exister chez le toro manso. Elle donne beaucoup d'intérêt à la lidia. Mais son équilibre est très difficile à trouver au sein d'un élevage. Absente, elle donne des toros dociles et faibles, en excès,elle rend les toros illidiables et donc invendables.

Tout au long du livre on sent que le rapport entre suavité et caste est la grande problématique du ganadero. Il est bien conscient que la recherche par certains éleveurs d'une trop grande noblesse les a conduits à une perte de bravoure, mais il se méfie des excès de caste qui rendent difficile le toreo que réclame la majorité du public d'aujourd'hui et posent à l'éleveur des problèmes de commercialisation.

Il me semble que les fluctuations de l'élevage de Torrestrella sont une parfaite illustration des préoccupations d'Alvaro Domecq. Il a parfois réussi à trouver l'équilibre entre caste, bravoure et noblesse. En témoigne le grand lot sorti à Madrid pour la San Isidro 1979; ce jour-là, Buenasuerte, primé d'une vuelta al ruedo, permit par sa bravoure et sa caste, un des plus grand triomphe du maestro Paquirri.
Le plus souvent, il a produit des toros d'une grande suavité, recherchés par les figuras et présents dans les grandes ferias. Mais il y a toujours eu dans son élevage un fond de caste qui l'a distingué des autres branches de la famille Domecq. Il suffit pour s'en persuader de voir la modestie du cartel torero qui les affrontera lors de la prochaine feria de Bilbao.
Son élevage a également été touché par les problèmes de faiblesse de pattes. Pour lui les causes de cette faiblesse sont de trois ordres.
Il pense qu'il existe un gène de la faiblesse de pattes que les ganaderos ont laissé s'installer dans leurs élevages en n'éliminant pas lors des tientas les vaches qui avaient un bon comportement mais s'étaient montrées faibles de pattes."En n'étant pas exigeants sur la force de la mère nous sommes tombés dans le manque de force de ses fils."
Ensuite il avance que la recherche excessive de bondad des toros s'est faite au détriment de la caste et que le toro encasté ne tombe pas.
Enfin il n'oublie pas tous les problèmes parasitaires et sanitaires qui contribuent à affaiblir les reses braves.

On a peu vu ces dernières années la devise bleu et or dans les ruedos français. La corrida de lundi prochain à Mont de Marsan sera une bonne occasion de se rendre compte où en est, 3 ans après le décès de don Alvaro, l'élevage de Torrestrella, actuellement dirigé par son fils Alvaro Domecq Romero. La politique du ganadero était d'avoir des lignées pastueñas, d'autres plus encastées et de les mélanger équitablement lors de la constitution d'un lot.Une façon de ménager la chèvre et le chou. A ver...
NB Il existe une traduction française parue en 1993 aux Presses du Languedoc

jeudi 3 juillet 2008

Après la novillada de Roquefort

Voilà une novillada qui aura fait couler beaucoup d'encre (si l'on peut dire car sur internet qu'est-ce qui pourrait couler? la sueur au bout des doigts? l'expression reste à inventer).
C'est tout le charme de la tauromachie de susciter ce genre de discussions qui, vues de l'extérieur, doivent sembler bien byzantines. Et c'est tout l'intérêt d'internet de permettre l'expression de ces opinions. Laurent Larrieu dans Campos y Ruedos livre
une analyse intelligente qui remet, il me semble, les choses à leur juste place. La lecture de ce texte est intéressante à plus d'un titre et notamment pour ce qu'il ne dit pas par des mots mais apparaît pourtant,en creux, comme une évidence. A savoir : si l'on n'accepte pas de voir lidier ces petits novillos aux armures discrètes ça veut dire qu'il faut envoyer pères et mères à l'abattoir, ça veut dire que l'on met en danger de mort un encaste, celui de santa coloma. Au moment où les aficionados se plaignent de l'impérialisme du sang domecq et où, essentiellement grâce aux élevages de La Quinta et de Bucaré, le sang buendía santacoloma est en train de sortir d'un bache profond, ce ne serait pas le moindre des paradoxes. N'oublions pas que la ganaderia de Joaquin Buendía a complètement périclité pour avoir voulu, dans les années 80, suivre la mode du toro grand et cornalon. Il sera à cet égard intéressant de voir le jeu que donneront les toros de La Quinta à Bilbao pour la feria. Il paraît qu'ils ont muchos pitones. Personnellement, je reste sur la déception du lot qui y fut lidié il y a deux ans, irréprochable de présentation mais faible et de mala casta. On le voit, rien n'est simple dans le monde des toros.
Quant aux Roquefortois, ils devraient retomber sur leurs pieds pour le 15 août avec un lot de Gallon que la rumeur annonce con cuajo y pitones. Ce sera du domecq, bien sûr.

lundi 30 juin 2008

Roquefort : la caste des santacolomas

Le lot de novillos de La Quinta lidié à Roquefort a été une bonne illustration de l'intérêt que constitue l'encaste santa coloma. Si aucun novillo ne fut complet au point de mériter la vuelta, tous eurent de la personnalité et quittèrent le ruedo sous les applaudissements, le quatrième sous une grande ovation.
Au premier tiers, ils montrèrent de la ténacité sous 15 piques, acculant plusieurs fois les picadors contre la barrière. Le troisième constituait une énigme pour notre propension à vouloir classer les comportements dans des catégories précises. Il s'enfuit deux fois au contact du fer avant de prendre une belle pique en brave. Dans ces cas-là, on s'en tire par une pirouette en qualifiant ce genre de toro de manso con casta ce qui, avouons-le, ne veut pas dire grand-chose. Face aux leurres, s'il refusa de se livrer à la cape, il chargea en revanche avec fiereza au troisième tiers.
Le quatrième poussa longuement une première fois. Placé au centre du ruedo pour la deuxième rencontre, il hésita longtemps, se rapprochant petit à petit du cheval, avant de se décider à répondre à l'appel du piquero. Il fit preuve d'une incroyable noblesse d'abord à la cape, puis en tournant sans fin à la poursuite de la muleta distanciada de l'élégant Antonio Nazaré (une oreille). Un toro de puerta grande.
Au physique, le lot était très inégal de corpulence et d'armures, dominé par le troisième, un tío à l'armure parfaite, con mucha seriedad.
Deux novilleros ont montré de grandes qualités. Le blond mexicain El Payo torea con arte y mucho sabor le deuxième novillo (oreille).
Javier Cortés, avec le sorteo le plus difficile et malgré une verdeur évidente, sortit des arènes sous une vibrante ovation. Ici, on aime les petits vaillants avec du cœur. Face au troisième, on le sentit d'abord très impressionné au point qu'on put croire un instant qu'il allait s'effondrer. Mais il livra à la muleta un combat remarquable, trouvant le sitio qui lui permit de faire charger et de maîtriser (parfois) l'âpre charge du tío.
Un mot enfin sur la présidence, à mon avis, parfaite dans toutes ses décisions. Une présidence qui donne de la catégorie à une arène.

vendredi 27 juin 2008

Stupéfiant

Je viens d'apprendre en parcourant le site du journal Sud Ouest une des nouvelles les plus stupéfiantes qui soient : le week-end dernier, un médecin mandaté par le ministère de la Jeunesse et des Sports a effectué un contrôle anti-dopage auprès de six écarteurs, et, parallèlement, un vétérinaire a tenté sans réussite - quel maladroit! - un prélèvement sanguin sur quatre vaches.
J'ai d'abord pensé que, par une erreur de manipulation sur mon clavier, je m'étais retrouvé devant une information datant du premier avril; mais non, l'article de Pierre Penin est paru dans l'édition des Landes de Sud Ouest en date du vendredi 27 juin.
J'ai ensuite pensé aux écarteurs morts et enterrés qui ont dû se retourner dans leur tombe. Un sacré remue-ménage dans les cimetières de Chalosse!
Enfin, je me suis dit : ''Il faut sauver la course landaise du péril hygiéno-mondialiste.'' Et j'ai eu une idée que je soumets à Big Brother par l'intermédiaire de ce modeste blog. Voilà :
Nous savons que les pays pollueurs peuvent racheter des droits de pollution aux pays qui polluent le moins. Je pense qu'on pourrait transposer ce système judicieux au niveau du dopage. Les écarteurs, qui ont parfois besoin d'un petit remontant, pourraient ainsi acheter un droit de dopage auprès des sportifs dont on sait, de notoriété publique, qu'ils sont vierges de tout soupçon, tels les cyclistes et rugbymen professionnels ou les athlètes préparant les jeux olympiques. Ainsi, le monde de la course landaise pourrait continuer à tourner rond et les sportifs qui auraient cédé leurs droits bénéficieraient d'un surcroît d'honorabilité.

Quant aux vaches : ça récalcitre, ça court dans tous les sens, ça donne des coups de corne, et ça peut transmettre des maladies bizarres, supprimons-les.
on marche sur la tête photo velonero

mercredi 25 juin 2008

La Quinta : en attendant dimanche

Pas de laisser aller chez ce novillo de La Quinta qui procède à une toilette minutieuse avant le grand jour.

















Dimanche 29 juin 17h30 à Roquefort novillos de La Quinta pour Juan Belda, Miguel Tendero et Javier Cortes.
NB Juan Belda et Miguel Tendero, récemment blessés, sont incertains.

lundi 23 juin 2008

Le sourire de Fernando Cruz


A la fin de la corrida de La Brède, le sourire de Fernando Cruz faisait plaisir à voir. Il connut une excellente journée devant deux toros de conditions opposées. Il toucha d'abord un torito comme en toréent régulièrement les vedettes de l'escalafon. Picotazo, chute du toro puis noblesse imbécile. Pas forcément facile quand on n'a pas l'habitude. Mais Fernando se montra à la hauteur : naturelles parfaitement templées, pechos de cartel, estoconazo, deux oreilles. J'ai parlé hier de son combat face à son deuxième adversaire, autrement plus sérieux, qui lui valut une oreille.
Dans les deux cas, une tauromachie pure et profonde, celle de la suerte chargée et de la ligne courbe. De répertoire court, austère, dans la lignée des grands toreros castillans. Une pépite dans la toreria andante.
Alors vous allez, cher lecteur, vous précipiter vers votre revue taurine préférée et chercher dans la rubrique cartel dans quelle arène torée Fernando Cruz cet été. Et vous aurez beau ouvrir grand les yeux, réajuster vos lunettes, vous ne verrez son nom ni à Mont de Marsan, ni à Dax, ni à Bayonne. Vous ne le verrez pas non plus à Saint Sébastien où il fut héroïque l'an dernier face aux Victorino Martin, ni à Pampelune ou à Bilbao, plazas dans lesquelles il a pourtant déjà fait ses preuves et coupé des oreilles. Vous ne verrez son nom qu'une seule et unique fois, à Céret.
Et vous comprendrez pourquoi son sourire se transforme parfois en regard triste et fatigué et pourquoi l'on dit du milieu taurin qu'il est pourri et injuste.

dimanche 22 juin 2008

Corrida de Prieto de la Cal à La Brède


D'une corrida de Prieto de la Cal, on attend des toros avec une personnalité différente, aussi bien au physique qu'au moral. On attend aussi des combats sérieux à la pique car on sait que c'était le point fort de leurs ancêtres de Veragua. Le lot sorti ce jour souffla le chaud et le froid avec l'avantage d'aller à mas et de se terminer par deux toros muy encastados.
Les trois premiers manquaient par trop de moyens physiques pour pouvoir exprimer réellement leur caste. Il furent picotazés comme de vulgaires sous-domecq. Una pena.
Le quatrième est un invalide total (blessure apparente sous la patte arrière droite), il a droit au mouchoir vert. On touche le fond mais à partir de maintenant le niveau va remonter. Car le quatrième bis malgré un physique maigrichot va vendre chèrement sa peau, c'est un manso con casta qui fait suer la goutte à Rafaelillo.
Quand on a vu (à la télé) le combat du toro primé cette année à la corrida-concours de Zaragoza, on se dit que le cinquième de ce jour aurait peut-être, dans des conditions de lidia identiques, reproduit le même extraordinaire combat à la pique. En effet, il fonça de loin sur le cheval dès qu'il l'aperçut, puis il accourut sans hésitation pour une deuxième pique. Certes, lui non plus n'insista pas sous le châtiment mais il avait, à mon avis, les qualités morales et physiques pour répondre à de nouveaux appel du piquero. Mais ça, on ne le saura jamais car nous n'étions pas dans une corrida-concours et Julien Lescarret, son lidiador, ne prit pas l'option de cette tauromachie-là. Bien que sans réellement baisser la tête, le jabonero chargea au troisième tiers longtemps et sur un long parcours.
Le face à face du dernier toro de l'après-midi avec Fernando Cruz fut passionnant à suivre. Violent sous deux piques insuffisantes, il arriva à la muleta bien décidé à ne pas s'en laisser compter. Souvent en danger, parfois poursuivi, le Madrilène n'abdiqua pas et, grâce à sa tauromachie sincère, réussit parfois à contenir les charges âpres de son adversaire, dans des muletazos profonds, même si, au bout du compte, le toro resta maître du jeu. Un beau final.
Presque tous les Prieto firent des sorties tonitruantes et tous donnèrent des coups de boules contre les burladeros tremblotants de la portative à faire pâlir les piliers de rugby des temps héroiques.
Transition toute trouvée pour célébrer la caste et le panache des jaunes et noirs, qui, en début d'après-midi, avaient renvoyé les joueurs du Racing à leur compte en banque. Une victoire montoise en jouant à la montoise. Chapeau!

mercredi 18 juin 2008

Toreros para la historia 20 : Manuel Benítez ''El Cordobés''

    Je fais bien sûr partie de ceux qui n'y étaient pas. Alors j'ai regardé Toreros para la historia 20 : Manuel Benítez ''El Cordobés''. On se console comme on peut!
   Le dernier volet de la série historique de Fernando Achucarro retrace la carrière du torero de Palma del Rio.
   On y voit le novillero désespéré du début devenir phénomène de société honoré et récupéré par le dictateur Franco. On perçoit l'évolution de son toreo, maladroit et désordonné mais d'une entrega totale au début de sa carrière, plus construit et dominateur par la suite.
   Le jeu de cape d'El Cordobés a toujours souffert d'une réputation de médiocrité. J'ai donc été extrêmement surpris, à la fin du film, de le voir manier la cape avec un talent digne des plus grands toreros. C'était au Puerto de Santa Maria, en 1981; Antoñete et de Rafael de Paula avec qui il partageait l'affiche ce jour-là lui avaient peut-être insufflé un peu de leur art.

   Lorsque l'on oublie les scories de son toreo - qui sont pourtant constitutives de sa personnalité - apparait clairement son extraordinaire talent de muletero. Avec une souplesse de ceinture et de poignets qui sont un privilège. Ajouté à son aguante, cela lui donne une capacité à capter, à diriger, à dominer, et même à créer la charge du toro sur une distance très longue. En somme un grand torero !
   Mais le film vaut aussi pour le témoignage émouvant qu'il donne de certains évènements dramatiques. D'abord l'incendie des anciennes arènes de Bilbao en 1961, précisément à la suite d'une novillada avec El Cordobés, puis leur reconstruction dans les mois qui suivirent.
   Ensuite l'impressionnante cornada subie par Manuel le jour de sa confirmation d'alternative en 1963 à Madrid.
   Le tragique enfin, avec la mort d'Antonio Rizo Pastor, banderillero d'El Monaguillo, tué par Bolero de Torrestrella en 1966 au cours d'une corrida bilbaina à laquelle participait le Cordouan. Images brutes, sans apprêt, comme volées au réel. Tout le contraire du voyeurisme actuel.
   Ce même jour, Manuel Benítez avait triomphé face à un bon toro de Torrestrella. En revanche, les deux oreilles qu'il coupe l'année suivante lors de la San Isidro madrilène laissent dubitatif. Toro peu armé, festival d'enganchons et de vulgarité. Il fallait vraiment que le public soit tout acquis à sa cause. Mais "doit-on reprocher au public de vouloir être passionné? Il ne paye pas l'entrée dans la place pour s'endormir et ses suffrages vont à celui qui le touche. Loin de jeter la pierre au Cordobés, il faut le remercier au contraire d'avoir été la pomme de discorde. Il a rappelé que le toreo était aussi une passion." (Robert Marteau)
La citation est extraite de l'excellent petit livre de photo de Lucien Clergue, paru en1965 à La Jeune Parque.



dimanche 15 juin 2008

Voir un brave taureau se faire un large tour


Se fâcher tout le jour d'une fâcheuse chasse,
Voir un brave taureau se faire un large tour,
Étonné de se voir tant d'hommes alentour,
Et cinquante piquiers affronter son audace :

Le voir en s'élançant venir la tête basse,
Fuir et retourner d'un plus brave retour,
Puis le voir à la fin pris en quelque détour,
Percé de mille coups, ensanglanter la place :

Voir courir aux flambeaux, mais sans se rencontrer,
Donner trois coups d'épées, en armes se montrer,
Et tout autour du camp un rempart de Tudesques :

Dresser un grand apprêt, faire attendre longtemps,
Puis donner à la fin un maigre passe-temps :
Voilà tout le plaisir des fêtes romanesques.

Joaquim Du BELLAY


Le premier critique taurin français?
Joaquim du Bellay séjourna à Rome de 1553 à 1557. De toute évidence, il assista à des courses de taureaux dont il donne une description dans ce sonnet 121 des Regrets. Remarquable description puisque, en sept vers (2 à 8) tout est dit, y compris une analyse poussée du comportement du taureau. Celui-ci est qualifié de brave, sa manière de charger est décrite avec précision (la tête basse) ainsi que ses hésitations, avec enfin de compte la bravoure qui prend le dessus. On croirait voir un toro brave espagnol contemporain! Joaquim du Bellay premier revistero français?

NB : Il y a de bons aficionados en Italie. En témoigne par exemple le blog
Alla cinque della sera.

dimanche 8 juin 2008

Propos sur la noblesse

Noblesse sans bravoure n'est que ruine de caste.
Être noble, c'est être de bonne naissance, de bonne caste. La noblesse du toro de combat n'est-elle pas précisément excès de caste, de bravoure. En effet, le toro authentiquement noble est emporté par sa férocité, il charge sans arrière-pensée parce que toute pensée, chez lui, est annulée par le désir de tuer. Il est trop brave pour réfléchir.
Mais alors toutes ces légions dégénérées de nobles sans bravoure, qui sont-ils? Ils sont nous. Ils sont la masse suiviste, veule, pusillanime qui pense ce qu'on lui dit de penser, qui aime ce qu'on lui dit d'aimer, qui suit la muleta jusqu'à la mort.
Nous? C'est donc pour cela qu'ils plaisent tant ces petits toros insignifiants et innocents. Peut-on mépriser ce que l'on est?

mardi 3 juin 2008

Tant de soleils dans le sang


Quelle bouche d'ombre

ouvre les battants

du toril


et comment nommer

la fureur aveuglée

qui jaillit


bête ou fauve

fils ou frère

du vieux Minotaure


on ne sait au fond de soi

à quel mystère

se raccorde le trouble, le désir


le vertige


André VELTER




Qui peut redire

à l'heure de jouer sa vie


les reins cambrés

et le regard second


ce que confiait José Tomás

à l'éclat des arènes


Quand je torée

j'oublie mon corps


à l'hôtel


André VELTER



Ces poèmes sont extraits de Tant de soleil dans le sang d'André Velter, un livre- récital avec Pedro Soler et sept poèmes-tracts avec Ernest Pignon-Ernest, qui vient de paraître aux éditions Alphabet de l'espace.

Le livre est accompagné d'un dvd dans lequel André Velter dit ses poèmes en résonance avec la guitare toute de rondeur et de finesse de Pedro Soler. L'Espagne en est le fil conducteur avec l'évocation de la tauromachie, de Federico Garcia Lorca et de l'Andalousie.

C'est tout simplement magnifique et ça vous laisse un muy buen sabor de boca qui dure encore le matin quand vous vous réveillez.

dimanche 1 juin 2008

Madeleine 2008 : année de transition?

Après des annonces précipitées (la fin des deux piques minimum) ou démagogiques (les histoires de callejon), les cartels de la féria de Mont de Marsan ont été rendus publics. Comme chaque année, ils sont bons. On remarque, en ce qui concerne les toros, la présence d'élevages particulièrement prestigieux : Miura, Torrestrella, La Quinta, Victorino. Difficile d'être plus ambitieux. Mais on sait qu'au Plumaçon, le problème est que bien souvent on se retrouve avec le troisième choix. Question de prix? de prestataire de service?
Coté homme, on notera deux absences surprenantes et malvenues, celles du Cid - rien moins que le triomphateur de la San Isidro - et de Fernando Cruz. Chaque année, les organisateurs attendent que la temporada soit suffisamment avancée avant d'annoncer les cartels. C'est une stratégie louable à condition d'en tirer parti. Or ni Sergio Aguilar, ni Diego Urdiales, révélations de Vic et Madrid respectivement n'ont été engagés. En revanche je me réjouis des deux contrats du Fundi, le meilleur matador du moment.
Pour les nouveaux responsables des affaires taurines montoises ce sera bien sûr une année de transition. Une année finalement sans grande responsabilité puisque si la feria est mauvaise la faute en incombera aux prédécesseurs qui l'ont pour une grande partie préparée; si elle est bonne, ils ne manqueront pas de s'en faire gloire.
Pour l'année prochaine, le lancement d'un nouvel appel d'offre a été annoncé. Cela s'impose, à moins que l'on se sente, dans la préfecture, les épaules assez larges pour tenter une gestion directe à la dacquoise. Et pourquoi pas?
Enfin, si j'ai bien compris, il y aurait dans l'air le projet d'effectuer un tirage au sort parmi les abonnés pour offrir à certains, un séjour au callejon, le temps d'une corrida. Reine d'un jour, millionnaire d'un jour, on connaît le subterfuge qui consiste à permettre au péquin moyen, le temps d'un soupir, de côtoyer les ''gens importants'', avant de le renvoyer dans les arrière cuisines ou il pourra raconter aux ''pauvres bougres qui n'ont pas eu sa chance'' comme c'était merveilleux là-bas... Cette idée me paraît tout droit sortie de l'idéologie charitable qui mange pas de pain du Modem, nouveau venu aux affaires du Moun.
La véritable place d'un aficionado, c'est dans les gradins (d'où l'on voit bien mieux et où l'on peut applaudir ou protester). Que le callejon reste l'apanage des professionnels et des pique-assiettes.