mercredi 18 juin 2008

Toreros para la historia 20 : Manuel Benítez ''El Cordobés''

Je fais bien sûr partie de ceux qui n'y étaient pas. Alors j'ai regardé Toreros para la historia 20 : Manuel Benítez ''El Cordobés''. On se console comme on peut!
Le dernier volet de la série historique de Fernando Achucarro retrace la carrière du torero de Palma del Rio.
Entre le novillero désespéré du début et le phénomène de société honoré et récupéré par Franco, on perçoit bien l'évolution du toreo, maladroit et désordonné mais d'une entrega totale au début de sa carrière, plus construit et dominateur par la suite.
Le jeu de cape d'El Cordobés a toujours souffert d'une réputation de médiocrité. J'ai donc été extrêmement surpris, à la fin du film, de le voir manier la cape avec un talent digne des plus grands toreros. C'était au Puerto de Santa Maria, en 1981; Antoñete et de Rafael de Paula avec qui il partageait l'affiche ce jour-là lui avaient peut-être insufflé un peu de leur art.
Mais le film vaut aussi pour le témoignage émouvant qu'il donne de certains évènements dramatiques. D'abord l'incendie des anciennes arènes de Bilbao en 1961, précisément à la suite d'une novillada avec El Cordobés, puis leur reconstruction dans les mois qui suivirent.
Ensuite l'impressionnante cornada subie par Manuel le jour de sa confirmation d'alternative à Madrid.
Le tragique enfin, avec la mort d'Antonio Rizo Pastor, banderillero d'El Monaguillo, tué par Bolero de Torrestrella en 1966 au cours d'une corrida bilbaina à laquelle participait le Cordouan. Images brutes, sans apprêt, comme volées au réel. Tout le contraire du voyeurisme actuel.
Ce même jour, Manuel Benítez avait triomphé face à un bon toro de Torrestrella. En revanche, les deux oreilles qu'il coupe l'année suivante lors de la San Isidro madrilène laissent dubitatif. Toro peu armé, festival d'enganchons et de vulgarité. Il fallait vraiment que le public soit tout acquis à sa cause. Mais "doit-on reprocher au public de vouloir être passionné? Il ne paye pas l'entrée dans la place pour s'endormir et ses suffrages vont à celui qui le touche. Loin de jeter la pierre au Cordobés, il faut le remercier au contraire d'avoir été la pomme de discorde. Il a rappelé que le toreo était aussi une passion." (Robert Marteau)


La citation est extraite de l'excellent petit livre de photo de Lucien Clergue, paru en1965 à La Jeune Parque.





1 commentaire:

bruno a dit…

El Cordobes:en termes peu élégants mais révélateurs "à prendre ou à laisser"!!!!