dimanche 16 septembre 2007

Philosophie de la corrida de Francis Wolff


Je viens de terminer la lecture de Philosophie de la corrida de Francis Wolff et je suis encore sous le charme. Ce livre me paraît être le plus important ouvrage écrit sur la tauromachie en France au cours de ces dernières années.

Il est d'une rigueur d'analyse implacable et en cela il est très français. Les Espagnols qui nous reprochent d'aller aux arènes avec un livre à la main (ou dans la tête) vont avoir de nouvelles et sérieuses raisons de nous brocarder. Mais, si pratiquement rien de la corrida n'échappe au décorticage du philosophe, les propos ne sont jamais austères car toujours écrits dans un style clair et rendu vivant par des exemples pris dans l'histoire et l'évolution de la tauromachie ou dans la somme des souvenirs taurins de l'auteur. Ainsi la terrible cornada de Raul Aranda à Bilbao en 1973, l'extraordinaire poder de Chivito de Pablo Romero à Pampelune en 1981 (au passage une petite erreur, c'est Luis Francisco Espla qui lui était opposé et non José Antonio Campuzano), la mort de Carafea de Dolores Aguirre en 1996 à Nîmes, lui permettent de développer son argumentation sans le moindre ennui pour le lecteur.

Voici, en espérant mettre l'eau à la bouche de futurs lecteurs, quelques sujets traités par le livre:
- qu'est-ce que la corrida? (et qu'est ce qu'elle n'est pas)
- de nos devoirs vis à vis des animaux en général et des taureaux de combat en particulier
- pourquoi le toro meurt
- être torero
- une analyse du toreo de Paco Ojeda, de José Tomas ainsi que de Sébastien Castella et d'Enrique Ponce
- la corrida comme art et comme combat
- l'alchimie singulière du plaisir taurin.

En cette époque où les attaques contre la corrida sont particulièrement médiatisées, il est important que nous soyons capables de nous défendre. A ce titre, le chapitre 1 qui traite de nos rapports avec les animaux est une véritable mine d'arguments. La force de la pensée de Françis Wolff réside non pas dans la qualité d'arguments défensifs mais par le fait que, retournant résolument la situation, il montre en quoi les aficionados sont en réalité tout à fait exemplaires dans leurs rapports au monde animal. Le philosophe récuse le concept d'animal: "nous nous plaçons face à toutes les autres espèces, nous les baptisons globalement du même nom ''animal'', et ce faisant nous nous établissons en maîtres et législateurs d'une Nature dont nous ne ferions pas partie...Non, l' ''animal'' n'existe pas. Ce qui existe, c'est une extraordinaire prolixité de la vie, avec une prodigalité non moins extraordinaire de ce que l'on peut appeler les espèces animales, les millions d'espèces, toutes différentes, parmi lesquelles l'homme occupe une place singulière, d'où il tient sa capacité à reconnaître des valeurs et son pouvoir de s'imposer des normes." Il s'agit donc de considérer chaque espèce particulière dans sa spécificité et d'adapter notre conduite à ce qu'est chaque espèce pour nous. Ainsi nous devons être affectueux avec notre chien mais n'avoir aucune hésitation à écraser le moustique qui veut nous piquer. Quant au toro brave, "de toutes les espèces animales que l'homme s'est appropriées pour servir ses fins, de toutes les espèces qui peuplent l'imagination des hommes, un des sorts les plus enviables n'est-il pas celui de cet animal qui vit librement pour mourir en combattant? Comparez!"

Ce livre est d'une telle richesse qu'on peut l'ouvrir à n'importe quelle page et trouver dans la lecture de quelques lignes matière à réflexions personnelles. C'est pourquoi j'y reviendrai au cours de cet hiver, essentiellement par des citations.

lundi 10 septembre 2007

Corrida à Dax


Toros de VICTORIANO DEL RIO, très inégaux en volume (petit le 1, beaux le 4bis et le 6), en cornes (très abîmées celles du 2, cornicorto le 5, bien armés le 4 bis et le 5), en âge (novillos car nés en septembre 2003 les 3 et 6). Un dénominateur commun, la noblesse.
La couleur de leur devise choqua quelques âmes sensibles.

ANGEL TERUEL torée comme un señorito qu'il est. C'est propret, lisse mais sans une once d'engagement. Lors de chacune de ses faenas on aurait pu mettre un second animal entre le toro et lui. Il eut pourtant la chance de toucher les deux meilleurs toros de l'après-midi, le premier un torito à la charge inlassable, le sixième un beau novillo brave et noble, malgré cela il finit la journée avec un maigre bilan: une oreille dacquoise. Personnellement, je m'interroge sur la profondeur de sa motivation pour exercer ce métier.

Dernier paseo dans le Sud-ouest, dernière faena, dernière ovation pour le maestro CESAR RINCON. Et encore de beaux restes. Face au sérieux quatrième bis (étrangement le plus beau toro de l'encierro de Victoriano del Rio n'était que sobrero, le coaching sans doute...) il nous montra un aperçu de son talent: une série de derechazos citée de loin comme au bon vieux temps, puis, lorsque le bicho se réserva et chercha l'abri des barrières, des enchaînements bien construits en profitant de l'inversion des terrains avec, issu de sa plus pure tauromachie, un remate en forme de trincherilla. Bien sûr l'entrega des meilleures années a disparu et certaines phases de la lidia lui posent problème, en particulier tout le travail de cape ainsi que la mise en suerte à la mort. C'est pourquoi il a sans doute pris une sage décision en déclinant l'offre d'une despedida en plaza de Madrid.

ENRIQUE PONCE n'était pas venu faire de la figuration. Il repartit donc avec 4 oreilles après avoir toréé mieux que jamais. Dommage qu'il ait manqué une dimension essentielle de la tauromachie à son succès: celle du combat, de la domination et de l'émotion qui en découle. En effet son premier "adversaire" n'était qu'un novillo sans caste et son second laissait à désirer au niveau de l'armure.

jeudi 6 septembre 2007

République bananière

Vous êtes sans doute au courant qu'une coupe du monde de rugby doit se dérouler en France prochainement. Pour ceux qui voudraient y échapper (et qui le peuvent) l'Espagne avec ses ferias de septembre devrait être un havre de paix et de bonheur.
Bien conditionnée par un matraquage médiatique parfaitement organisé, la France entière s'apprête à suivre, en masse obéissante, la supercherie. Même ceux qui n'ont jamais vu un ballon ou un joueur de rugby ailleurs que sur le petit écran!
Tant pis si la moitié des équipes seraient à la peine dans notre championnat de fédérale 1.
Tant pis si une équipe de rugby d'aujourd'hui n'est plus qu'un étalage de chair artificielle, fantasme pour homos en manque de libido ou pour quadragénaires délaissées.
Tant pis si toutes les équipes jouent désormais un rugby stéréotypé dans lequel chaque essai marqué est avant tout considéré comme une erreur de la défense adverse.
Et puis, cerise sur le gâteau, voici l'équipe de France affublée d'un entraîneur qui est aussi homme d'affaire, marchand de jambon dans des spots publicitaires et sous-ministre des sports! Je vous le dis, ça sent la république bananière.
Rien que pour cela, je ne serai pas fâché que l'on se prenne une bonne ratatouille par les Argentins puis par les Irlandais.

lundi 3 septembre 2007

Thomas Baqué apprenti rejoneador

Voici quelques photos du jeune rejoneador roquefortois Thomas Baqué, prises le 15 août 2007 dans les arènes de Roquefort lors de la novillada sans picador matinale (eral de Sol).






photos velonero

vendredi 31 août 2007

Aux Armes etc...

Je voudrais réagir au texte Aux Armes de Elbatacazo que je viens de lire dans le blog de Campos y Ruedos. Quelle position avoir dans le débat entre pros et antis corrida? Quelle est la meilleure façon de défendre notre passion? Le débat sur le sujet est inépuisable et vieux comme la corrida. Voici quelques réflexions en vrac.

Je suis tout à fait d'accord avec Elbatacazo lorsqu'il critique le mode de défense qui consiste à édulcorer les aspérités du combat et à n'en présenter que le côté artistique. Personnellement quand j'aborde ce sujet avec quelqu'un qui ne le connaît pas ou quand j'accompagne a los toros quelqu'un qui y va pour la première fois, j'insiste toujours sur le côté sanglant: on va voir combattre et mourir 6 toros et 6 toros qui combattent et qui meurent, ça saigne!


C'est vrai aussi que le débat avec les antis n'a pas pour but de les faire changer d'avis pas plus qu'ils ne sont en mesure de faire changer d'avis les aficionados. Mais attention danger, car le débat entre pros et antis s'adresse en réalité à tous les autres, c'est à dire à la majorité (silencieuse) susceptible de venir grossir les rangs des uns ou des autres. C'est pourquoi je pense qu'il est dangereux de laisser le monopole du discours sur la corrida aux antis.


Quelqu'un de très fort, par exemple, pour défendre la corrida (dans les discours), c'est Simon Casas. C'est, entre toutes ses activités taurines, celle qu'il sait faire le mieux. Sans doute parce que lui aussi en parle avec passion.


Pour terminer (provisoirement) voici un extrait de Mort dans l'après-midi d'Ernest Hemingway écrit en 1932 : "A en juger par l'enthousiasme que j'ai vu montrer pour la corrida sous la République, la course de taureaux moderne continuera en Espagne en dépit du grand désir de ses politiciens actuels, à l'esprit européen, de la voir abolir, afin de n'avoir plus de gêne intellectuelle à se trouver différents de leur collègues européens qu'ils rencontrent à la Société des Nations, aux ambassades et aux cours étrangères. Actuellement, une violente campagne est menée contre les courses de taureaux par certains journaux, subventionnés par le gouvernement; mais tant de gens tirent leur gagne-pain des nombreuses branches de l'élevage, du transport, du combat, de l'alimentation et de l'abattage du bétail de combat, que je ne crois pas que le gouvernement les abolira, même s'il se sentait assez fort pour le faire."

dimanche 26 août 2007

Ce que j'ai vu à Bilbao les jeudi 23 et vendredi 24 août



Toros de El Ventorrillo pour Enrique Ponce, El Juli et Ivan Fandiño

Toros de Garcigrande (4) et Ortigao Costa (2) pour Enrique Ponce, Sébastien Castella et José Maria Manzanares


- des arènes pleines

- un public infumable (particulièrement le jeudi)

- des lidias catastrophiques

- la pluie tomber

- des beaux toros

- 7 toros exécrables : 3 de El Ventorrillo, 3 de Garcigrande, 1 d'Ortigao Costa

- 3 toros assez bons
Campasolo de El Ventorrillo, mobile et encasté dans la muleta d'Enrique Ponce
Dueño de Garcigrande et Animado de Ortigao Costa, combattus par Sébastien Castella

- une belle faena manquant de ligazón d'Enrique Ponce

- une valeur sûre : Sébastien Castella

- la joie d'Ivan Fandiño lors de son tour de piste une oreille en main

- un quite par gaoneras et une belle estocade du même

- une belle paire de banderilles de Juan José Trujillo

Pocas cosas.



Et samedi à 18 heures lorsque El Cid a traversé seul le ruedo gris de Bilbao, j'étais chez moi en train de bichonner mes pieds de tomates.

Lástima, otra vez sera.

mercredi 22 août 2007

Grandeur et faiblesse du sang domecq

                               Trois novillos de Gallon dans les corrales roquefortois 

Je viens d'assister à deux courses avec des toros d'origine domecq. La novillada du 15 août à Roquefort avec du bétail de Gallon et, le lendemain, une corrida de Domingo Hernandez "Garcigrande" à Saint Sébastien. Deux courses qui me sont apparues assez révélatrices de ce qu'est devenu aujourd'hui cet encaste.
Tout d'abord la présentation. Magnifique le lot de novillos de Roquefort. Il est difficile de présenter un lot plus homogène, aussi harmonieux de forme, avec des armures aussi bien développées. Beau et sérieux également le lot de Saint Sébastien avec cinq toros pesant entre 500 et 515 kg ce qui correspond au juste poids de cet encaste.
Face au cheval, aucun toro fuyard, presque tous poussant avec fixité, certains, en particulier chez les Garcigrande, insistant longuement dans leur poussée contre le cheval et difficiles à sortir de la pique. Des toros qui peuvent être qualifiés de braves au cheval. Il faut noter que contrairement aux Gallon, les Garcigrande bénéficièrent d'excellentes mises en suerte par les maestros (Finito de Córdoba, José Tomas, El Cid).
Enfin à la muleta, presque tous firent preuve d'une grande fixité, tous combattirent au centre sans réticence, certains avec une charge longue, en particulier les 3, 5 et 6 de D. Hernandez et sans jamais rajarse.
Jusqu'à présent nous sommes dans l'excellence mais, car il y a un mais, pour tous, une faiblesse latente ou manifeste. Des toros qui manquent de poder: aucune chute de cavalerie à signaler. Des picadors qui lèvent la pique très vite (Saint Sébastien) ou des tercios écourtés (Roquefort, 9 piques). Un invalide total (le premier D. Hernandez). D'autres dont la caste ne peut s'exprimer totalement, le sixième de l'arène basque, cité plein centre par le Cid en début de faena accourt magnifiquement mais s'affale au troisième derechazo. La plupart qu'il faut cuidar ce qui ôte beaucoup d'émotion au spectacle.
Il a donc manqué une chispa de poder aux novillos de Roquefort pour être un grand lot; je pense que les frères Gallon en sont conscients et qu'ils vont chercher à y remédier. S'ils y parviennent, ils pourraient devenir un élevage de tout premier ordre. Si l'on se fie aux bons résultats obtenus par Ricardo Gallardo avec les Fuente Ymbro, il semble que la gageure soit possible. D'autres ganaderias comme Guadaira ou Antonio Palla semblent également être sur une voie prometteuse.
Après cette rafale d'optimisme, il ne s'agit certes pas d'oublier qu'une grande partie des élevages d'origine domecq est constituée de sous-produits de la maison mère dénués de la moindre parcelle de bravoure et que ce qui intéresse le plus ces éleveurs-là, c'est de vendre en produisant des toros inodores, incolores et sans saveur.

mardi 21 août 2007

José Tomas, enfin

Jusqu'à ce jeudi 16 août à Saint Sébastien, j'avais assisté à 10 corridas où toréait José Tomas, il avait coupé 10 oreilles. A vrai dire, rien que de très banal, des prestations en demi-teinte qui m'avaient laissé indifférent, voire hostile. Aujourd'hui, j'ai enfin vu José Tomas.
En une après-midi, il a tout justifié: la passion et l'aura qui entourent son retour, l'engouement des foules, les analyses dithyrambiques sur son toreo et sa personnalité. Pourquoi?

Tout d'abord, parce qu'il s'est livré corps et âme à ses deux toros. De la première passe de cape jusqu'à l'estocade finale, il a donné le meilleur de lui-même.
Ensuite par sa personnalité extraordinaire. On le sent totalement habité par son toreo. Cela est saisissant pour nous, gens ordinaires qui contemplons le grain de folie d'un homme hors du commun. Et l'on ne peut s'empêcher de penser qu'il se situe dans la lignée des grands mystiques espagnols.
Enfin par sa technique et son inspiration. En voici quelques exemples ce jour où il eut à combattre les deux toros les moins propices au succès. Le premier était un gratteur impénitent. Or, en fin de faena, à l'issue de trois manoletines et d'un remate, le toro se trouva parfaitement cadré, à l'emplacement idéal et le maestro put l'estoquer sans un geste de plus. Ce qui constitue le nec plus ultra de la lidia et l'expression la plus parfaite de la domination d'un toro par un torero.
A son second adversaire, le début de la faena fut des plus savoureux avec au centre du ruedo et cité de loin l'enchaînement de deux molinetes différents et muy toreros, l'un belmontien (cambiado), l'autre classique (naturel).
Enfin cette dernière série de trois derechazos parfaitement enchaînés qui constituait à la fois le point d'orgue et l'aboutissement d'une faena auparavant peu brillante mais efficace puisqu'elle avait rendu cet enchaînement possible.
Un toreo que José Tomas, au-delà de son parti-pris évident de hiératisme, est capable de suffisamment maîtriser et penser pour l'adapter à la lidia de chaque toro.

Je ne sais comment le maestro de Galapagar a toréé dans les autres arènes cette année mais, à mon avis, on ne peut dans une temporada toréer ainsi plus d'une trentaine de courses au risque, comme Icare de se brûler les ailes. Poussé par sa quête d'absolu, il pourrait, oubliant qu'il y a un toro et qu'il faut le respecter, être tenté de dépasser cette ligne ténue qu'il y a, en tauromachie, entre l'Art et la Mort.
Par ailleurs, au cours de cette bonne corrida donostierra, Finito de Córdoba et El Cid se sont chargés, avec tout leur talent, de rappeler qu'il existe une autre forme de tauromachie, plus classique et tout aussi digne d'intérêt.

lundi 6 août 2007

Novillada de Margé à Parentis

Parentis, grande plaza de novilladas, présentait cette année deux fers intéressants. Celui de Margé samedi, le meilleur élevage français actuellement. Celui de Raso de Portillo dimanche, la ganaderia la plus ancienne d'Espagne. Je pensais que l'existence de cet élevage était plus symbolique que réelle et je regrette de n'avoir pas eu la possibilité d'assister au combat de ces toros mythiques. En tout cas, bravo aux organisateurs pour les avoir dénichés.
Mais revenons à nos Margé qui exprimèrent encore une fois toute leur caste dans le ruedo de Parentis. Un lot irrégulier mais à l'intérêt constant, à l'exception du quatrième, un manso démotivé. Le troisième trébucha longuement à la sortie d'une forte pique ce qui incita Joselito Adame à demander le changement, mais le novillo alla a mas et sa noblesse fut difficile à canaliser en début de faena. Le sixième, un véritable bravucon, prit trois piques en rentrant violemment dans le peto (chute à la première) mais sortant seul. Au troisième tiers sa corne gauche était importante.
Joselito Adame est un véritable novillero, comme tous devraient l'être et bien peu le sont. Avec de la vaillance, du dynamisme, de l'entrega. Ce jour, les résultats furent inégaux, un peu décevants même malgré une oreille.
Le meilleur de Chechu, ce fut sa cuadrilla d'un professionnalisme rare à ce stade de la compétition. Pour le reste il est exactement le contraire de Joselito Adame.
Heureuse initiative que celle des organisateurs d'allouer une prime au meilleur picador. On vit des mises en suertes bien exécutées et quelques belles piques. Marc Raynaud empocha fort justement les 200 € pour son tercio de pique exécuté au dernier Margé. Trois piques bien données qui contribuèrent à canaliser la fougue du novillo et à le rendre plus fixe au dernier tiers.
Pour finir sur une note négative, Parentis a droit incontestablement au titre de plaza de toros la plus poussiéreuse du Sud Ouest (peut-être même du monde entier): intérieur (c'est les riches de la barrera qui en prennent le plus) + extérieur (que fait la municipalité des revenus du pétrole?) + environnement (usine aux fumées inquiétantes à proximité).

dimanche 29 juillet 2007

Madeleine 2007 (III)

les réserves de La Campana photo velonero
Mercredi corrida d'Adelaida Rodriguez
Corrida forte, dure, bronca. Des toros volumineux avec des grosses têtes. Bien armés, sauf les deux premiers aux pointes escobillées. Le cinquième, Acuarelo, seul toro noble de l'après-midi, tomba hélas sur un Lopez Chaves hors du coup qui le fit assassiner à la pique.

En choisissant la cavalerie Bonijol, en imposant les deux piques réglementaires, les organisateurs montois ont réellement fait progresser la feria. Public et toreros peuvent désormais mieux juger de la bravoure et de la force des toros. Je constate d'ailleurs qu'à aucun moment le grand public ou les matadors n'ont remis en cause ce principe. Pour autant, on ne peut pas dire que les toros aient été mis en valeur durant cette feria, ni que le tercio de pique soit devenu plus spectaculaire. Seule la moitié du chemin a été accomplie, il reste à convaincre les matadors de faire l'effort de mettre convenablement en suerte leurs toros. Aujourd'hui, ce fut particulièrement catastrophique. Fernando Cruz notamment a ostensiblement saboté le premier tiers du sixième toro. Il me semble que cela a contribué à refroidir -fort justement- le public à son égard. Il avait auparavant magnifiquement toréé son premier adversaire. Les gestes les plus beaux de la feria, les olés les plus profonds.


Jeudi corrida de Valdefresno
Inutile de s'appesantir sur une corrida désastreuse. Son seul point positif, la présentation.
Comme toujours dans ces cas-là, ça grogne, ça tempête, ça se déchaîne. En fin de compte ça fait sans doute du bien. Le générique d'Interville repris en cœur par le public, quel bon moment! Il y a aussi les vieilles rancœurs, les frustrations qui remontent à la surface. Les Cassandre se réjouissent, les candides jurent, pour la centième fois, qu'on ne les y reprendra plus. On cherche le coupable. De tous les noms qui sont stigmatisés, il en est un qui est souvent oublié et qui, pourtant, de toute évidence, est le véritable responsable: l'éleveur. En l'occurrence Nicolas Fraile Martin ainsi que les frères Fraile Mazas propriétaires et responsables des animaux sortis en piste ce jour. Car ce sont bien eux, jusqu'à preuve du contraire, qui ont sélectionné, nourri, élevé les apparences de toros aperçues dans le ruedo de Mont de Marsan. Honte sur eux, qu'ils ne reviennent jamais au Plumaçon! Ni ailleurs si c'était possible. Si j'étais Chopera, je romprais illico toute relation avec eux. Dans quelle merde, ils l'ont foutu!


Un dernier mot sur la piste; avant elle était trop dure, maintenant elle est trop molle! Voilà qui me permet de terminer sur un proverbe chinois. "Ne sois pas trop dur, on te casserait, ne soit pas trop mou, on t'écraserait."

Adishatz, a l'an que ven.

samedi 28 juillet 2007

Madeleine 2007 (II)

Lundi corrida de Vellosino

Une corrida typique de l'encaste sous-domecq. Pas de bravoure, pas de véritable noblesse, pas de force, bref pas de caste. En un mot, une corrida comme les adorent les vedettes de l'escalafon parce que des comme ça on peut en tuer 100 dans la temporada. Seul le premier donna quelque espoir par sa mobilité collante. Le second, invalide total, rétablit l'équilibre.
Malgré la bronca, le président se refusa à le changer, se justifiant le lendemain, dans la presse locale, en arguant du règlement. Or, que dit celui-ci? ''Le président pourra ordonner le renvoi des animaux sortis en piste si ceux-ci s'avèrent manifestement impropres au combat en raison de défauts ostensibles ou de comportement empêchant son déroulement normal" (article 85 chapitreV du règlement de l'UVTF).
Le deuxième animal de l'après-midi était manifestement impropre au combat puisqu'il n'a pas pu être combattu (2 picotazos, 1 paire de banderilles, pas de faena de muleta, le tout au milieu des affalements). Son invalidité constituait donc "un défaut ostensible empêchant le déroulement normal du combat".
Le paragraphe suivant précise: "Lorsqu'un animal deviendra inutilisable au cours du combat, de telle sorte qu'il sera nécessaire de le mettre à mort en piste au moyen de la puntilla, il ne sera pas remplacé par un autre". Cette clause de sauvegarde ne peut s'appliquer ici puisque l'animal a montré son invalidité dès sa sortie: claudication dès les premières courses et fléchissements répétés lors des passes de capes de réception données par le matador.
Ainsi, ce toro, manifestement invalide donc impropre au combat aurait du être remplacé si le règlement avait été appliqué par le président. Et il en va de même pour tous les toros invalides qui sortent dans les ruedos de France (idem en Espagne où les règlements disent la même chose).


Très grande leçon de tauromachie d'El Juli au manso et cinqueño cinquième. Leçon d'un maître, en pleine possession de ses moyens, sûr de lui. Tauromachie parfaite où se combine sobriété et pureté, domination de la bête et force de l'émotion. Le meilleur moment de toreo de la feria.


Mardi novillada de Coquilla de Sanchez Arjona


Les aficionados attendaient avec intérêt cette novillada en raison de la découverte que constituait la présentation de cet encaste rare dont la conservation dépend, entre autre, de sa capacité à intéresser le public, dans un contexte défavorable d'uniformisation des goûts. A en juger par la satisfaction des gens à la sortie, la mission est accomplie. Novillada sans temps mort, con emoción, avec des combats qui maintinrent en permanence le spectateur en éveil.
La dominante des novillos: mansos con caste, con mucho pié.
Ce qui semble caractéristique de l'encaste, pour autant que l'on puisse en juger sur une course: - une grande nervosité à la sortie qui les fait se précipiter vers tablas et burladeros et y cogner au risque de s'abîmer (déjà à Vic chez un Sanchez Fabres de même origine)
- la dureté à la mort, il est vraiment impressionnant de voir ces animaux avec une épée dans le corps continuer à courir et à chercher le combat
- le mélange de mansedumbre et de férocité, qui se traduit par des moments d'obstination dans la charge et d'autres moments de désintérêt marqués par la fuite des chevaux ou les regards vers les gradins.
On l'aura compris la partie n'était pas facile pour les toreros. Deux d'entre eux, et non des moindres, furent blessés. Le banderillero El Madrileño, en rentrant dans un burladero, fut rattrapé et accroché par le novillo qui lui infligea un coup de corne à la cuisse. Le picador Anderson Murillo souffre, lui, de plusieurs côtes cassées après avoir été déséquilibré et être tombé sur la tête du cinquième novillo.
Bravo à El Santo pour avoir montré la grande noblesse du sixième.

Je n'ai pas assisté, l'après-midi, à la corrida de Moises Fraile, ce qui m'a permis de voir enfin ce chef d'œuvre impérissable du cinéma et de l'esprit français Mais où est donc passée la 7ème compagnie? qui passait justement ce soir-là à la télé. Le repos du guerrier.
Molino cinquième toro de Vellosino
Sortie d'un Coquilla
photos velonero

vendredi 27 juillet 2007

Madeleine 2007 (I)


Devant ma feuille blanche, le stylo à la main (car avant de lancer ma prose sur l'inconnu de la Toile, j'écris pour de vrai), les réflexions sur cette feria montoise affluent de toutes parts. Avec la tentation, en bon Français cartésien, d'y mettre de l'ordre. Parler des tenants et des aboutissants, examiner les causes et les conséquences, analyser, synthétiser, bien ficeler le tout pour finalement aboutir à une imposture car rien dans la corrida, et c'est heureux, n'obéit à l'ordre cartésien.
Alors je vais suivre le fil des jours. Parler des toros, comment je les ai vus et noter quelques réflexions sur chaque course.
Avant cela, j'ai une pensée pour les aficionados montois qui se sont investis dans la préparation de cette feria. Leur déception doit être rude, mais, en toute modestie, je pense avoir trouvé la solution à leur problème. Pour monter la prochaine feria, faites donc appel à Sainte Cécilia Sarkozy! Votre succès est garanti, avec peut-être, en prime, un petit machin nucléaire pour la ville...

Dimanche corrida de Margé
Très belle présentation avec deux sardos magnifiques. Des toros fins, harmonieux, bien armés. Corrida muy encastada avec deux bons toros, le deuxième, brave, noble et mobile, son seul ''défaut'' était une charge un peu courte, le cinquième, moins brave (il sortit seul de la deuxième pique) mais à la charge longue et vibrante sur les deux cornes. A mon avis, une corrida supérieure à celle de l'an dernier ici-même. Sortis en fin de feria, ils auraient fait un tabac.
Depuis deux ans, Margé s'impose comme un élevage incontournable des corridas sérieuses en France.

A la fin de la corrida, un des sujets de discussion parmi les aficionados portait sur l'impressionnante cogida subie par Julien Lescarret au troisième toro. Avait-il commis une erreur? De l'avis général, non. A mon humble avis, les erreurs avaient été commises antérieurement au cours de la lidia du toro. Tout d'abord en ne faisant pas donner une véritable seconde pique. Julien demanda à son piquero de relever l'arme dès le contact. Certes le toro avait fait preuve de faiblesse à la sortie de la première pique, mais il avait aussi déjà montré sa tendance à donner des coups de têtes vers le haut. Ensuite en ne le châtiant pas par le bas en début de faena.

Deux excellentes piques de Rafael da Silva chez qui on devrait envoyer en stage de formation la plupart des piqueros actuels.
Jerezano cinquième toro de Margé photo Velonero

lundi 25 juin 2007

Corrida à La Brède

Géographiquement, La Brède est, depuis la fin (provisoire?) des corridas à Floirac, la ville la plus septentrionale de la planète des toros. A ce titre, elle mérite soutien et encouragement. Comme dans la plupart de ces lieux improbables où l'on installe une plaza portatil, l'exotisme et le pittoresque ne manquent pas. C'est ainsi que nous aurons droit à:
- un discours enflammé du maire
- une faille temporelle de vingt minutes entre le discours et le paseo (les chevaux des picadors n'étaient pas prêts!)
- un toro barbu sorti en troisième position.



Par ailleurs, vuelta al ruedo pour un très bon toro de Los Bayones auquel Julien Lescarret coupera deux oreilles.
Côté négatif, l'attitude de la cuadrilla de Fernando Cruz quémandant l'oreille pour son maestro et rabaissant par là- même celui-ci au niveau d'un torero de pueblo.

photos velonero
la Monumental de la Brède
un toro con toda su barba de Los Bayones

dimanche 24 juin 2007

Patrick Espagnet



Enfant de la rugbystique cité de Grignols (Gironde), ancien talonneur de l'équipe locale, journaliste à Sud Ouest, Patrick Espagnet a écrit peu de livres mais ils sont touchés par la grâce. C'est à lui que l'on doit le plus beau et le plus vrai livre jamais écrit sur le rugby, XV histoires de rugby (Culture Suds 2003).Un type avec qui on aurait aimé passer une nuit à parler toros et ballon ovale devant un verre de fino (souvent rempli). Mais ce ne sera plus possible car il est mort le 18 janvier 2004.

mercredi 20 juin 2007

Corrales

Son las viudas negras
crucificadas
por el cielo
Sus hocicos soplan furias
torrentes de tormenta
perdigones de furor
Parecen estúpidos y desnudos
en su prisión de piedra
Conocieron la llanura inmensa
la libertad sin alambradas
el salvajismo desgrañado
Solo les quedan las paredes y los sudores
de albañiles
flacos
su comida una cebolla
el vino claro en su glotis de pavo
Las nubes lloronas han lavado los carrillos
de su pasado
Un camión los ha bamboleado
Mañana la luz los asesinará
Están perdidos
Indios en el metro
La tierra sigue tiritando de sed
Mean
como vacas
Hasta sus proprias sombras les meten miedo
Portazos con ruidos de chatarra
Se cascan las voces
Silbidos calman y engañan
Recuerdo de galopes
Nostalgia de caballos
esos amigos esos traidores
Desamparo de abandonados
Espanto reunido de manada
El blanco de los muros es duro
La cal es viva en el ojo negro que busca
al olivo
y el alionén azul de una primavera
de alfalfa
Una mujer en el balcón entre dos tiestos
de geranios
sangrientos
observa su miseria
como un guisado cocido a fuego lento
del sol tan blanco como la leche de aquella
vaca
allí
en el país de la menta salvaje
de la yerba buena
entre la encina y el zarzal
La vaca madre de libertad
La prisión de los corrales
tan sólo es una puesta en vigilancia
Miradnos gorras
y sombreros cordobeses
Sorteadnos
A nosotros los ángeles asesinos locos de luz
A nosotros la viudas huevudas
destinos sombríos
Y nuestra vaca madre bajo la luna
de los grillos
en el fondo de un barranco
ametrallado de estrellas
de un mugido lastimero
de una ubre seca
anunciará la pena de las que ven partir
a sus hijos
a la guerra

Patrick ESPAGNET
(traduction de Marcel Antoine Bilbao)
Editions Loubatières

dimanche 17 juin 2007

Corrales

Ils sont les veuves noires
crucifiées
par le ciel
Leurs mufles soufflent des rages
des torrents d'orage
des postillons de furie
Ils ont l'air cons et nus
dans leur prison de pierre
Ils ont connu la plaine immense
La liberté sans barbelés
La sauvagerie
ébouriffée
Ils n'ont plus que les murs et leurs sueurs de maçons
maigres
Leur repas un oignon
Le vin clair dans leur glotte de dindon
Les nuages pleureurs ont lavé les joues de leur passé
Un camion les a brinquebalés
La lumière demain va les assassiner
Ils sont perdus
Indiens dans le métro
La terre toujours frissonne de soif
Ils pissent
comme des vaches
Et même leurs ombres leur font peur
Des portes claquent
dans des bruits de ferraille
Des voix s'éraillent
Des sifflets calment et entourloupent
Souvenirs de galop
Nostalgie de chevaux
Ces amis ces traîtres
Détresse d'abandonnés
Frayeur rassemblée de harde
Le blanc des murs est dur
La chaux est vive dans l'œil noir qui cherche l'olivier
et la mésange bleue d'un printemps
de luzerne
Une femme au balcon entre deux pots de géraniums saignants
regarde leur misère
comme un ragoût mijoté sur le feu
du soleil aussi blanc que le lait de la vache là-bas
au pays de la menthe sauvage
de la yerba buena
entre le chêne vert et le buisson d'épines
La vache mère de liberté
La prison des corrales
n'est qu'une garde à vue
Regardez-nous casquettes
et chapeaux cordouans
Tirez-nous au sort
Nous les anges assassins éperdus de lumière
Nous les veuves couillues
noirâtres destinées
Et notre vache mère sous la lune
des grillons
au fond d'un ravin
mitraillé d'étoiles
d'un meuglement plaintif
d'une mamelle sèche
annoncera la peine de celles qui voient partir
leurs enfants à la guerre

Patrick ESPAGNET
Les noirs
Editions Loubatières 2002

mardi 5 juin 2007

Vic 2007 les véritables triomphateurs



De ma place, tournant le dos au ruedo, j'ai pu voir les véritables triomphateurs de la feria 2007: laitues, radis, carottes, poireaux, tomates ont passé un week-end de rêve, arrosés chaque jour par des quantités incroyables d'une eau de la plus grande pureté.

photo velonero Vic desde la fila 13

lundi 4 juin 2007

Vic 2007 un millésime gâté

Même les novillos se protègent de la pluie photo Velonero

Pluie, vent, froid, toreros sin ganas ou sin oficio, tout cela a contribué à faire de cette feria un des pires millésimes de ces dernières années.

Le trophée au meilleur toro a été attribué au novillo Nicotina d'Adelaida Rodriguez (voir palmarès).

Avec le temps, le public vicois ne s'est pas amélioré. Entre autochtones avinés et ayatollahs m'as-tu-vu venus de loin, la masse des bons aficionados baisse la tête et ravale sa honte d'entendre tant de propos irrespectueux et méprisants. Assurément le pire public de France.

vendredi 1 juin 2007

Vic 2007 les toreros



Bien qu'il soit sorti chaque jour des chiqueros vicois un nombre non négligeable de toros toréables, voire même nobles, le résultat artistique de la feria n'est pas brillant, c'est le moins qu'on puisse dire.

Les satisfactions
SANCHEZ VARA s'est montré à son avantage. Sa présence dans la lidia, en particulier l'excellence de ses mises en suerte au cheval, sa technique sûre qui lui a permis de dominer sans dommage les Barcial (oreille du troisième) pourraient faire de lui un torero de Vic.
EL FUNDI n'a sans doute plus le rayonnement d'il y a quelques années mais il a maintenu son cartel et, grâce à une estocade sui generis, a coupé l'oreille du toro de Juan Luis Fraile.
Après une temporada 2006 mi-figue, mi-raisin, Julien LESCARRET a surpris beaucoup de monde par son engagement serein et réfléchi face au toro peu évident de Valverde. La mise à mort reste son point faible.
Bonne nouvelle, Fernando CRUZ semble parfaitement remis de sa grave blessure de Valence. Même si sa muleta fut souvent accrochée par ses deux Margé, sa tauromachie de verdad monta aux gradins avec force. Les vedettes ont tout intérêt à le cantonner le plus longtemps possible dans les corridas dures!

La despedida
Appelé à saluer au début de la corrida, Denis LORE fit des adieux en harmonie avec sa carrière dans le Sud-Ouest: en demi teinte, sans peine ni gloire, a medio gas...


Les échecs
J'écris ces lignes alors que je viens de prendre connaissance de la tarde héroïque de RAFAELILLO à la San Isidro face aux redoutables Dolores Aguirre. Je dois dire que je suis stupéfait par cette information. Comment ce pauvre Rafaelillo, en perdition totale face à un bon toro de Barcial, a-t-il pu faire face trois jours plus tard aux terribles mansos de la banquière de Bilbao? Grandeur de la tauromachie ... ou bien calcul médiocre, car il me vient à l'idée que l'échec de Vic n'était peut-être que simulation destinée à éviter de prendre des risques avant le rendez-vous madrilène.
La tauromachie de Luis VILCHES qui était, il l'a montré plusieurs fois à Vic, à la fois artistique et dominatrice a considérablement baissé de niveau. Il fut, le matin de la concours, un vulgaire pegapases.
Un qui ne s'améliore pas non plus, c'est Luis Miguel Encabo. Ses sempiternelles séries de derechazos sur le voyage du toro ne passent plus la rampe. Il subit un échec total à chacun de ses Margé et finit l'après-midi sous les sifflets. A son crédit, la présence dans sa cuadrilla de l'excellent picador Rafael da Silva.
D'Ivan FANDIÑO on pourrait dire qu'il possède une très grande marge de progression et qu'il se montra courageux.
Juan José PADILLA remplaçait Antonio Ferrera. Son attitude fut telle qu'on ne devrait plus le revoir de sitôt à Vic. A quelque chose malheur est bon! Il semble avoir contaminé Morenito d'Arles qui se montra lui aussi imbuvable.
LOPEZ CHAVES passa quasiment inaperçu. Il abdiqua rapidement face au cinquième,ce qui lui valut des sifflets. A noter à ce toro un bon tercio de piques de Francisco Javier Gonzalez.
La feria se termina sur les trois avis reçus par Mehdi SAVALLI qui vit donc rentrer au toril Gañaflero, un bon toro de Charro de Llen. Il avait moins poussé que ses frères au cours de trois piques mais avait fait preuve d'une bonne noblesse sur les deux cornes. Visiblement Mehdi n'était pas prêt pour cette épreuve. Il douta tout au long de la course et perdit pied lors de l'ultime mise à mort. Ce qui m'inquiète, c'est que cette faiblesse morale (et physique) au moment de l'estocade semble habituelle chez lui. Sans que cela n'eût de conséquences aussi fatales, il avait montré le même comportement l'an dernier à Bordeaux Floirac (novillada de El Palmeral en mai) et à Roquefort (novillada de Yonnet en août). Comme il n'émarge pas dans la catégorie des toreros artistes, il ne peut pas trop se permettre ce genre de renoncement s'il veut continuer dans la carrière. A lui d'en prendre conscience et à son entourage de l'aider à franchir un cap difficile que tout torero est amené à rencontrer un jour ou l'autre. Les aficionados lui donnent rendez-vous dans quelques années, en ces mêmes arènes de Vic, pour une revanche.

mercredi 30 mai 2007

Vic 2007 les toros



"Choisir la MER comme thème de la Pentecôte 2007 s'est donc imposé à nous. La ville se transforme, tantôt en dock, tantôt en aquarium. Les capitaines HADDOCK et les commandants COUSTEAU en herbe se sont donnés rendez-vous à la Pentecôte, les uns pour vociférer leurs mille milliards de sabords, les autres pour plonger dans les fonds inconnus de leur subconscient..." Le Comité des Fêtes (extrait du programme de la feria)
Bravo pour l'intuition remarquable des membres du comité des fêtes. Dommage qu'elle ne se soit pas manifestée avec autant d'à propos pour le choix des toros de la corrida-concours.
En revanche, j'ai été agréablement surpris par les toros de BARCIAL. Peut-être parce que j'avais gardé de leurs dernières sorties un sentiment de déception et que j'avais revu mes espérances à la baisse. Si l'on excepte les deux premiers et en particulier le second, une mule déguisée en toro, ils m'ont paru pourvus de deux qualités que l'on est en droit d'attendre d'un toro de combat :la bravoure et la noblesse. Ce qui, en revanche a manqué à certains, c'est les moyens physiques pour exprimer cette caste sous-jacente. Je pense en particulier au quatrième qui avait un fond de noblesse que l'on pourrait presque qualifier de commerciale. Réminiscence des années quarante et cinquante lorsque les Barcial étaient régulièrement toréés par les figuras. Le troisième s'est amélioré grâce à la bonne lidia de Sanchez Vara. Le cinquième, Lunarito, un cárdeno fut peut-être le meilleur toro de la feria. Il mourut, hélas, sans avoir été toréé. Personnellement, c'est donc avec intérêt que je reverrai les toros de Barcial.

La corrida-concours ne nécessite pas de longs développements tant elle fut décevante. Quatre toros étaient âgés de cinq ans. S'ils avaient été choisi depuis plus d'un an avec la volonté de les présenter en 2007 à cinq ans, très bien; mais leur comportement incite davantage à penser qu'ils étaient des toros de rebut comme il en subsiste dans tous les élevages. Le Juan Luis Fraile fut le plus encasté mais il souffrit d'une certaine faiblesse de pattes. Le Justo Nieto prit 3 piques sans fixité puis se montra fade à la muleta. Le Valverde, de grand trapío, était un manso asthmatique. L'exemplaire d'Adelaida Rodriguez fut le pire de tous, faible, inexistant aux piques et intoréable à la muleta. Le beau cárdeno de Sanchez Fabres fit une sortie tonitruante au cours de laquelle il se blessa vraisemblablement à une patte, ce qui l'empêcha de s'exprimer pleinement par la suite. Enfin le pupille d'Angel Nieves était un santacoloma grand et gras, désespérant de sosería.
Pas un seul tercio de piques digne de ce nom. Un fracaso.

Dimanche après-midi, les MARGE ont plu du début à la fin. Magnifiquement présentés, astifinos, aux pelages variés, un ensabanado, un sardo, un albardado. Ce furent des mansos con casta, manquant donc de fixité mais mobiles et toréables.

Pour la clôture, la corrida de CHARRO DE LLEN était âgée de 5 ans. Bien présentée, avec beaucoup de volume, trop sans doute, ce qui pourrait expliquer leur manque de mobilité au dernier tiers. Une corrida brave au cheval, avec certains exemplaires nobles à la muleta (en particulier le 4 et le 6). Certes leurs charges étaient pesantes, un peu dans le style de certains cuadris, et demandaient à être consenties mais les toreros du jour étaient plutôt dans le sabotage (ou le sabordage) que dans le consentement. C'est ainsi que ce qui aurait pu être une corrida intéressante voire triomphale sombra dans la déprime et la confusion.
Je n'ai pas vu la novillada d'Adelaida Rodriguez, il paraît qu'elle fut bonne, avec vuelta au premier novillo.

photo Velonero Eso es Vic

dimanche 20 mai 2007

Sébastien Castella


Sébastien Castella Madrid Las Ventas 18 mai 2007.
Désir de gloire assouvi ?
photo Miguel Angel Bravo las-ventas.com

jeudi 17 mai 2007

Espagne

Tout aficionado s'intéresse à la société espagnole et donc à la situation politique de ce pays. Il n'aura sans doute échappé à personne que, après de nombreuses années d'euphorie faisant suite à la dictature franquiste, une certaine crispation est apparue, ces derniers temps, dans la vie politique espagnole.
Dans un article du Monde Diplomatique du mois de mars, l'écrivain espagnol José Manuel Fajardo livre une analyse qui m'a paru intéressante: Une Espagne encore malade de son passé.

mardi 15 mai 2007

Madeleine

Ce qui m'a frappé d'emblée à la lecture des cartels de la Madeleine c'est la somptueuse affiche du lundi avec Curro Diaz, El Juli et José Maria Manzanares. Puis les manques me sont apparus. Une véritable spirale du vide: ni César Rincon, ni Alejandro Talavante! Comment peut-on oublier César Rincon l'année de sa despedida, lui qui a obtenu ici ses premiers triomphes français? Autre absent de marque, Juan José Padilla qui s'est toujours montré à son avantage à Mont de Marsan et qui aurait sans doute donné un peu d'alegria au cartel du dimanche.
Côté toro, un gros bon point aux organisateurs avec la présence d'un lot de Coquilla de Sanchez Arjona (encaste Santa Coloma) pour le retour de la novillada. Pour le reste, étant donné les restrictions abusives liées à la maladie de la langue bleue, il était difficile de faire mieux. Le problème de Mont de Marsan n'a d'ailleurs jamais été la "qualité" des élevages retenus mais plutôt le niveau de leur présentation. Depuis trop d'années, on voit défiler devant les vedettes des lots indignes, sans cornes, sans trapio, sans forces. En somme, les fonds de tiroirs. Le summun de l'indécence ayant été atteint l'an dernier avec les Garcia Jimenez. Durant l'intersaison, Christian Cazade, l'irresponsable local a sauté; mais il n'était qu'un fusible, les Chopera sont désormais exposés. Si le mépris dont ils ont fait preuve ces dernières années envers le public montois en envoyant au Plumaçon des lots de troisième catégorie continue, ils pourraient, eux aussi, passer par la fenêtre. Je me souviens que lorsque Manolo, le père, gérait l'affaire, une année catastrophique (et il y en eut - qui ne se souvient du lot pitoyable de Arauz de Robles il y a une dizaine d'années?), était suivie par une feria irréprochable.
Par ailleurs, on ne peut que se féliciter de la variété des spectacles proposés: démonstration des écoles taurines, novillada sans picador, novillada piquée, corrida portugaise, et bien sûr, le concours landais qui ouvrira la fête le vendredi en soirée, avec les 5 troupeaux de formelle et pour lequel on se plaît à rêver à un duel final entre Benjamin de Rovere et Loïc Lapoudge.

jeudi 10 mai 2007

Botero

Fernando Botero La Corrida La bibliothèque des arts
texte de Jean Cau

Magnifique livre d'art avec de nombreuses reproductions de peintures et de dessins du célèbre artiste colombien.
Le texte de Jean Cau , d'agréable lecture, mêle rappels biographiques et analyse du style du peintre.
Fernando Botero est né à Medellin; aficionado dès sa jeunesse, il a songé à devenir torero et a même toréé comme becerriste avant de peindre et vendre des aquarelles taurines autour des arènes de sa ville natale. Pendant trente ans, il ne peindra plus la moindre scène taurine avant d'aborder à nouveau, dans les années 80, le thème de la corrida.
Au contraire des peintures taurines de Goya ou de Picasso, pleines de bruit et de fureur, tout chez Botero est figé, silencieux. Pas de tragique mais la rondeur, l'impassibilité des choses éternelles.

mardi 24 avril 2007

Mano a mano

3 bonnes raisons de voter pour Nicolas Sarkozy:
- la peur des pauvres et des étrangers
- la politique du pire: du chaos peut naître la lumière
- le soutien de personnalités prestigieuses et exemplaires: Bernard Tapie, Johnny Halliday, Doc Gynéco ...

3 bonnes raisons de voter pour Ségolène Royal:
- sa personnalité atypique dans le monde politique
- l'existence d'une volonté de justice sociale dans son programme
- je n'ai pas trouvé d'autre raison mais les deux premières suffisent à mon choix.