Affichage des articles dont le libellé est fandiño. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fandiño. Afficher tous les articles

mardi 18 juin 2024

Croquis de la fête taurine (poèmes 13)

 
Paquirri
 
Derrière ton sourire des jours de triomphe
Le masque
de la mort qui rode.

 
 
Yiyo
 
Au pied des monts de Colmenar
Il t'attendait
Le trompeur aux cornes effilées.
 
 
 
Ivan Fandiño
 
Nous t'avons tant aimé, admiré.
Aujourd'hui Ivan
Dans notre cœur
Ce manque et cette douleur.






jeudi 22 septembre 2022

Guadalajara

 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dimanche 18 septembre 2022   Guadalajara  Plaza de toros municipal Coso de las Cruces
très beau temps
media entrada
 
Cinq toros de San Martin et un (3è bis) de Carmen Valiente (con trapío, de charge limitée) pour Sanchez Vara (silence, une oreille), Sergio Serrano (silence, silence) et Roman (salut, trois avis et bronca).
 
On ne pénètre pas dans les arènes de Guadalajara sans une pensée pour Ivan Fandiño qui avait trouvé dans la ville et la région proche La Alcarria une seconde patrie. La porte principale a été rebaptisée à son nom et, dans les couloirs de la plaza, des affiches rappellent sa présence ici.
Le lot prévu d'Adolfo Martin avait été refusé par les vétérinaires pour manque de poids  et remplacé par un très bel encierro de San Martin. Hélas, le ramage ne correspondit pas au plumage. Certes ils poussèrent en général sous la pique mais leur comportement face aux leurres laissa grandement à désirer. Déjà face aux capes plusieurs d'entre eux stoppèrent leur charge dès la troisième ou quatrième passe. A la muleta, à l'exception du quatrième de charge correcte, ils se montrèrent réservés, de nul recorrido. Le sixième une véritable alimaña.
Sanchez Vara eut une bonne tarde. Il fit preuve de sobriété et d'efficacité dans toutes ses interventions, banderilla avec simplicité et sincérité et coupa l'oreille du seul San Martin potable après une entière tendida.
Face à un lot sans possibilité, Sergio Serrano se montra pesant à la mort.
Roman avait vu sortir un sobrero de Carmen Valiente à la place du titulaire entré en piste totalement ankylosé. Il profita de la petite charge de l'animal pour lui donner une faena adaptée mais mal terminée à l'épée. La lidia du sixième, d'un trapío magnifique, fut un chemin de croix pour tous. On regrettera le manque de professionnalisme du Valencien et de ses banderilleros face à un toro certes difficile mais que tout torero (certains plus que d'autres) est amené à rencontrer sur son chemin. La panique s'empara de tous. On piqua le toro une quatrième fois après la sonnerie, les banderilleros après deux harpons posés à l'unité renoncèrent à s'approcher du toro, obligeant le président à changer le tercio. Enfin, Roman tenta d'en finir en estoquant a media vuelta mais ne réussit à placer qu'une demi atravesada sans effet sur le morlaco. Il renonça après la sonnerie du premier avis et se contenta d'attendre par la suite le troisième avis libérateur. Le tout sous la bronca que l'on imagine.
 

mardi 12 juin 2018

Hommages à Ivan Fandiño

   Le samedi 17 juin 2017, le toro Provechito de Baltasar Iban mettait fin à la vie d'Ivan Fandiño dans les arènes d'Aire-sur-l'Adour. Cette tragédie a laissé des marques profondes dans l'aficion. Un an a passé et vient le moment des hommages et commémorations. Un moyen de faire son deuil et de célébrer la mémoire du grand matador basque.


Corrida à Aire-sur-l'Adour le dimanche 17 juin























Souscription pour un projet de monument
   "La Junta des Peñas Aturines", association en charge de l'organisation des spectacles taurins à Aire-sur-l'Adour, ouvre une souscription dans le but d'ériger un monument à la mémoire du torero basque.
   On peut souscrire par internet, par voie postale. Une vente aux enchères de photographie sera également organisée le jour de la corrida.
   Pour toutes informations :   http://www.toros-aire.com/


Un livre : Demain je serai libre 
   Nestor Garcia, ami et apoderado du matador a écrit un livre hommage à Ivan Fandiño qui retrace la longue lutte que fut sa carrière. Il est complété de nombreuses photographies et d'un appendice très complet recensant toutes les tardes du torero.




















Sur l'œil contraire : Ivan Fandiño, grand torero

mercredi 22 novembre 2017

Bilan 2017

   Ma corrida rêvée

                  6 toros de Victorino MARTIN 6
        Juan BAUTISTA - Paco UREÑA - Emilio DE JUSTO


   Cette temporada 2017 restera marquée par le drame qui vit, le 17 juin, dans les arènes de d'Aire-sur-l'Adour, le toro Provechito de Baltasar Iban mettre brutalement fin à la vie d'Ivan Fandiño. Ce fut un véritable traumatisme pour tous les aficionados, particulièrement dans le Sud-ouest où le maestro d'Orduña, par son comportement toujours admirable, avait emporté l'adhésion de tous.



   Quelle trajectoire extraordinaire que celle de Victorino Martin depuis le rachat en 1960 avec son frère Adolfo des reliques d'une ganaderia à l'origine prestigieuse mais qui n'était plus alors que l'ombre d'elle-même! Aujourd'hui Victorino fils se retrouve à la tête de l'élevage le plus régulier, le plus encasté et le mieux géré d'Espagne. On ne peut que souhaiter au fils d'être à la hauteur du père.
   Un fils qui est en train de se hausser au niveau de son père c'est Alvaro Domecq Romero dont les toros ont fait preuve au cours de cette temporada de la meilleure caste des Torrestrella des grandes années. Le retour de l'élevage au premier plan, s'il se confirme, serait une bonne nouvelle pour l'aficion.
   Du côté des toreros, les bonnes nouvelles c'est l'apparition ou la confirmation d'un nombre élevé de matadors dont la sincérité et l'entrega permet de donner de l'intérêt à de nombreux cartels. Derrière Paco Ureña et Emilio de Justo il faut citer Manolo Vanegas (d'une maitrise surprenante pour un toricantano lors de son alternative vicoise), Tomas Campos, Octavio Chacon (remarquable à Vic et à Céret), Roman, Fortes, Alberto Lamelas, Javier Cortes, Thomas Joubert, Juan Leal (impressionnant devant les Miura de Bilbao), Gonzalo Caballero.
   Bien que la chose soit rare il arrive parfois que le rêve devienne réalité : c'est arrivé plusieurs fois cette année lorsque Juan Bautista a toréé. Pour les avoir vécues, je n'hésiterai pas à dire que les tardes de Mont de Marsan et de Logroño furent de celles où l'harmonie du toreo de l'Arlésien "a réjoui la face grave de la géométrie".

Bilan 2016


samedi 26 août 2017

Bilbao, trois jours






















Bilbao, lundi 21 août
   Intense moment d'émotion avant le paseo avec un poignant Agur Jaunak écouté avec recueillement en mémoire d'Ivan Fandiño.
   Ensuite l'assoupissement est  général, il fait très chaud, les six toros d'Alcurrucén étalent les uns après les autres leur manque de caste. Au quatrième, le moins mauvais, Curro Díaz montre son élégance, mais il torée superficiellement, la jambe de sortie systématiquement en retrait, le toro finit par se lasser, le président accorde une oreille généreuse.

Bilbao, mardi 22 août
   Les six Jandilla de ce jour sont très en-dessous des lots du même élevage combattus à Vista Alegre les années précédentes. Bien présentés certes, mais faibles, sans présence à la pique, nobles. Des domecqs de consommation courante.
   Garrotero, le quatrième est toréé par le Juli avec une si douce et efficace persuasion qu'il semble prendre goût au jeu de muleta. Tant et si bien qu'au moment de l'estocade il continue à avancer vers elle semblant dire au Madrilène : "Si on continuait encore un peu à jouer ensemble".
   Sans problème pour Roca Rey : oreille, oreille.

Bilbao, mercredi 23 août
   La corrida débute par un joli geste du public bilbaíno : une ovation nourrie à l'adresse de Diego Urdiales qui l'oblige à saluer. Tout au long de la tarde le Riojano se montrera à la hauteur de cet accueil cariñoso.
   Comme celui de Jandilla la veille, le lot entier de Victorino Martin aura des problèmes de faiblesse de pattes. Toros qui perdent leurs appuis dès les premières passes de cape et lors du tercio de varas. Cela culminera avec le sixième renvoyé au corral et remplacé par un grand bœuf cinqueño de Salvador Domecq. Mais le lot, par ailleurs d'excellent trapío, se sauvera par sa caste. Le premier est une alimaña classique de la casa, les autres braves et nobles avec mention pour le cinquième Mecatero un cárdeno plus rond et moins armé que ses frères.
   Diego Urdiales a été parfait avec le premier. Serré dangereusement à la cape contre les planches il parvient à se libérer et à amener la fiera au centre avec torería. A la muleta il débute par des passes de châtiment appuyées puis tente de toréer avec sincérité sur chaque corne. Mais Bohonero reste intraitable et le maestro en termine par du macheteo et une entière (ovation). Face au quatrième on a retrouvé le Diego Urdiales mainteneur du toreo classique et profond. Il y eut notamment trois véroniques extraordinaires qui firent rugir le public et une série de derechazos d'un temple et d'un rythme parfait. Seul point négatif, en fin de faena Diego se laissera entrainer par le toro vers les tablas. Oreille après un pinchazo et une entière.
   Face au cinquième, Manuel Escribano a livré une actuation complète. Accueil par larga a puerta gayola, banderilles millimétrées avec quiebro au fil des tablas, faena reposée qui culminera dans des séries droitières données la main basse, enfin une grande entière. Une oreille avec pétition de la seconde et un torero que l'on a retrouvé à son meilleur niveau.
   Paco Ureña, avec cette sincérité si émouvante qui lui est propre, ne trouva pas d'adversaire à sa mesure. Une oreille du troisième après une excellente estocade.

lundi 24 juillet 2017

Madeleine 2017 (3)


   Vendredi 21 juillet : corrida de La Quinta

   Tout ce qu'a fait Juan Bautista au quatrième La Quinta relève de l'état de grâce. Volés à l'ordinaire, quelques instants de perfection taurine, d'intelligence avec le toro, de communion avec le public. L'attribution des trophées maximums (deux oreilles et la queue) se justifie pleinement lorsqu'elle est réservée à ces moments-là.
   Au-delà de cet événement majeur, la tarde fut riche de nombreuses émotions. A commencer par l'hommage rendu à Ivan Fandiño, ici, dans l'arène où il avait connu tant de tardes glorieuses et où il aurait du toréer cet après-midi.
   La présence et la variété de jeu des toros de La Quinta permit une excellente tarde de toros. A l'exception du premier, maigrichon et fadasse, tous les autres firent des combats dignes d'intérêt. Ils firent en outre une très pédagogique démonstration des caractéristiques de l'encaste Santa Coloma, mêlant d'un toro à l'autre, parfois dans le même toro, la douceur du miel et l'amertume du fiel. Jilguerito, le cinquième, était sans doute le plus complet du lot.
   David Mora connut de très beaux moments face à ses deux toros. Son engagement et la caste de ses adversaires lui valurent deux violentes cogida (vuelta - oreille).
   On pouvait lire dans le programme que Juan del Alamo affrontait pour la première fois des toros de La Quinta. Dur et tardif apprentissage pour le Salmantin qui fut mis en échec par deux toros braves et encastés.


   Samedi 22 juillet : corrida de Torrealta  et novillada de Las Dos Hermanas

   Lorsque j'ai commencé à lire des chroniques taurines, il n'était pas rare que les revisteros qualifiassent certains toros de toros de media-caste. Il s'agissait la plupart du temps de toros au comportement défensif provenant d'élevages aux origines incertaines. En ce samedi des fêtes de la Madeleine il me semble que la majorité des toros de Torrealta et la totalité des novillos de Patrick Laugier pourraient, bien que les deux élevages soient issus du sang bleu de Domecq, être eux aussi qualifiés de toros de media-caste. Des toros rétifs à s'engager mais avec du nerf, du genio, se défendant par des demi-charges accompagnées de coups de tête désordonnés. Au demeurant, il n'est pas inintéressant de voir nos vedettes confrontées à de tels problèmes. Le face à face entre Sébastien Castella et Saltarin, le cinquième,  fut, à cet égard, du plus grand intérêt.. Pour les novilleros en revanche, six à la suite, ça donne une soirée pesante, pour eux comme pour le public. Soirée qui faillit tourner à la tragédie lors de la chute de Gabin Rehabi au quatrième : les jambes sous le cheval et le reste du corps offert au novillo. Plus de peur que de mal au final. Un miracle de plus!
   Ce jour, Brincador, une pépite de Torrealta sortie en sixième position, représenta l'antithèse de cette mala casta. Des formes harmonieuses, de la bravoure, de la noblesse  et une charge inépuisable. Avec beaucoup de sincérité, José Garrido, toujours à la limite de la rupture, dut batailler ferme pour parvenir à lui couper une oreille.
  

vendredi 30 juin 2017

Quelques photos en hommage à Ivan Fandiño

Ivan Fandiño a illuminé de sa torería de nombreuses temporadas dans le Sud-Ouest. Son pundonor, son toreo sincère et dominateur avaient fait l'unanimité auprès de l'aficion. Voici, en guise d'hommage, quelques photos de Laurent Bernède.






















Orthez 2010























Vic 2013

































Bilbao juin 2012




lundi 19 juin 2017

Ivan Fandiño, grand torero

   La première fois que j'ai vu toréer Ivan Fandiño c'était à Bilbao en 2006, un an après son alternative en ce même lieu. Il fut vaillant au possible et un des La Quinta du jour l'envoya à l'infirmerie. L'année suivante, la Junta Administrativa l'inclut dans un cartel de luxe. Ponce, Juli et lui, natif de la toute proche Orduña, dans le rôle du torero local et pas cher : un outsider ! Il tint son rôle à la perfection, ne ménagea pas sa peine - j'ai le souvenir d'un quite par gaonera de asusto - et coupa, face à des Ventorrillo con genio, la seule oreille du jour.
   De fait, durant toute sa carrière, Ivan Fandiño consacra son énergie, son courage, sa valeur à sortir de ce rôle d'outsider, de segundon, que le mundillo avait décidé d'assigner à ce Basque à la tauromachie brute mais d'une sincérité telle qu'elle pouvait faire de l'ombre aux figures. Et ce qui fut magnifique c'est qu'il y parvint !
   De 2011 à 2014, de sa conquête de l'Espagne et de la France jusqu'à sa grande porte madrilène, ces quatre temporadas furent pour lui des temporadas de plénitude. Son assurance, son toreo dominateur, sincère et pur (qui s'exerça face à tout type de toros), ses estocades a toda ley lui permirent d'obtenir des succès continus dans quasiment toutes les arènes où il toréa. Dans notre Sud-Ouest il devient le torero de base des principales ferias. En Espagne, il est considéré comme le triomphateur des temporadas 2012 et 2013. Ivan Fandiño est devenu un grand torero. Un moment symbolise parfaitement la réussite de l'homme et du torero : le paseo qu'il effectue, seul, dans les arènes de Madrid le 29 mars 2015. Sur son seul nom le matador basque a réussi à afficher le no hay billetes à la Monumental un dimanche de mars !
   La suite sera plus difficile. La corrida se déroule mal, le matador semble avoir perdu la confiance et la sérénité qui le faisaient dominer tous les toros. Déjà, fin 2014, on avait noté une baisse de régime après une blessure (violent choc avec perte de connaissance) survenue dans les arènes de Bayonne. Comme on pouvait s'y attendre personne ne lui fera de cadeau. Voilà le torero à nouveau marginalisé. A nouveau, il mettra toute son énergie à tenter de redevenir le Fandiño des années triomphales.
   Jusqu'à ce samedi 17 juin lorsque Provechito, toro de Baltasar Iban, délaisse la cape d'un peon pourtant parfaitement placé, pour reprendre au sol ce corps qu'il vient de renverser.
   La vie d'un torero tient parfois à très peu : un mouvement, une ombre, un coup de vent, un hasard qui se transforme en destin. C'est aussi pour cela que nous les admirons.












photo Bertrand Langlois AFP

dimanche 21 mai 2017

Vu à Las Ventas (suite)

Mercredi 17 mai : El Fandi et les quatre paires de banderilles
   Lorsque El Fandi est au cartel, l'aficionado ne va pas à la plaza pour voir de sa part d'exquises faenas. On le sait, en revanche, banderillero spectaculaire et, à Madrid comme ailleurs, on attend de lui des deuxièmes tiers brillants.
   A son premier Fuente Ymbro, après deux poses réussies, le Granadino manque sa troisième paire. Il demande alors au président l'autorisation d'en planter une quatrième, ce que lui refuse celui-ci. Le maestro réitère sa demande, nouveau refus ostensible de l'autorité. La plaza est en ébullition, partagée entre ceux qui veulent du spectacle et appuient le matador banderillero et ceux qui, par soumission de principe à l'autorité, soutiennent la présidence. El Fandi, non sans avoir eu, m'a-t-il semblé, un moment d'hésitation, finit par se plier à la décision présidentielle.
   Mais l'homme a plus d'un tour dans son sac. Hortelano, son second adversaire, est le meilleur toro de la soirée. La première paire est plantée à cornes passées, la deuxième est un sesgo por dentro risqué. El Fandi prend alors deux paires de banderilles à la fois, fait une vague mimique vers la présidence et plante la troisième paire al violin puis dans la continuité de la charge du toro la quatième al cuarteo. Ovation de Las Ventas, matador radieux et président que l'on imagine marri.
   NB1 : L'actuel règlement précise que l'on placera "pas moins de deux ni plus de trois paires de banderilles". Le président avait donc réglementairement la possibilité de refuser bien que la tradition veuille que les matadors banderilleros puissent exceptionnellement demander de poser une quatrième paire, même si le changement de tiers a eu lieu. Tout dépend également de l'interprétation que l'on fait du terme utilisé dans le règlement espagnol ("colocar") qui semble impliquer que les banderilles restent accrochées au toro, c'est d'ailleurs en ce sens qu'on l'entend lorsque le président exige la continuation du tercio tant que quatre banderilles ne sont pas accrochées (ce qui arrivera le lendemain au cinquième toro).
   NB2 : Je voudrais rassurer les partisans de l'ordre taurin qui me lisent. L'autorité présidentielle aura finalement le dernier mot car, après une faena purement fandilesque (c'est à dire commencée et terminée à genoux et fort peu esthétique mais bien menée) face à un toro qui répète ses charges avec alegria, suivie d' une entière desprendida, le président refusera l'oreille au torero malgré une pétition nourrie qu'il jugea sans doute non majoritaire.

Jeudi 18 mai : Petit toro ou grand bœuf
   Lorsque le préposé à l'affichage s'avança vers le centre du ruedo avec la pancarte annonçant le troisième toro de Parladé, une rafale de vent fit s'envoler les chiffres qui annonçaient son poids. 4, 8, 7 dispersés sur le sable de Las Ventas. Le vent, avant le public, avait rendu son verdict. Même bien fait, le torito n'était pas digne de combattre dans la première arène du monde. On le protesta dans tous les secteurs des étagères mais il resta en piste. J'ai peut-être l'esprit mal placé mais je ne peux m'empêcher de voir dans ce toro une tentative de la nouvelle empresa pour introduire à Madrid le medio-toro cher à son cœur. Il se trouve que Lustroso n'était ni brave ni solide et que sa lidia résulta décevante mais eût-il été un bon toro et son maestro eût-il coupé une oreille, une brèche aurait été ouverte.
   Ce même jour sortit en remplacement d'un Parladé renvoyé pour faiblesse de pattes un grand bœuf violent de l'élevage El Montecillo. Un bœuf dangereux! Dès la première passe de cape il mit Ivan Fandiño en difficulté. Le tercio de pique ne fut que coups de têtes, reculades et sauts pour atteindre le picador. La pose des banderilles, un calvaire pour la cuadrilla. En choisissant d'abdiquer sans chercher à lutter, Ivan Fandiño a sans doute perdu l'occasion de retrouver les faveurs du public madrilène. On ne lui demandait pas une faena moderne, impossible face à une telle alimaña  mais je garde le souvenir de la prestation remarquable de courage et de dominio d'Antonio Barrera à Vic devant un animal du même acabit.
   Entre petits toros anodins et grands bœufs, Madrid, ce jour ressemblait plus à une plaza de talenquère qu'à la plus importante arène de la planète taurine.



photo Antonio Heredia (El Mundo)

mardi 8 décembre 2015

Quelques photos de la temporada

 Naturelle  de Miguel Abellan à Madrid face à un Parladé. On voit bien le fameux point d'interrogation inversé. Le torero s'est croisé au maximum et joue remarquablement de la ceinture. Madrid adore, oreille pour Abellan!


 Madrid, Ivan Fandiño, un homme seul
 "Encerraíto me ves
  en mi soledad
  con el torito de mi pena negra"


 Alejandro Marcos à Parentis face à un novillo de Castillejo de Huebra. Un réel espoir du côté de Salamanque, avec le Zapato de Oro à la clé.













  Joselito Adame, un des meilleurs torero de 2015, ici à Bayonne.










Photos Velonero (On peut cliquer sur les photos)

lundi 7 septembre 2015

Bayonne

 




















Dimanche 6 septembre 2015    Lachepaillet   Bayonne
beau temps frais et venteux
lleno

6 toros de Domingo Hernandez "Garcigrande" (12 piques) pour Sébastien Castella (salut, salut), Ivan Fandiño (salut, salut) et Joselito Adame (silence, une oreille).

En remplissant les vastes arènes de Lachepaillet (10 000 places, les plus grandes du Sud Ouest), le public avait répondu à l'attrait de l'affiche. Pour autant, si elle fut entretenue, la tarde n'atteignit jamais les sommets espérés.
L'élevage de Domingo Hernandez est actuellement l'un des plus prisés des organisateurs et des matadors pour la régularité des triomphes qu'il permet à ces derniers. Le lot du jour fut inégal en tout, présentation et caste. Détaillons.
On voit rarement - encore plus rarement dans ce genre de course - un toro atteignant les six ans (né en septembre 2009), qui plus est armé de dagues longues et astifinas. C'est tout à l'honneur de Sébastien Castella de l'avoir combattu. Mis en confiance par ses bonnes charges à la cape il commit l'erreur de le faire trop peu piquer (une pique et un picotazo) et se retrouva au troisième tiers avec un adversaire donnant des coups de tête à tout-va.
Le second  alla a mas, avec du piquant dans la muleta de Fandiño. Mauvais, le troisième qui rompit le combat dès le second muletazo pour fuir à l'autre bout de la piste.
Le quatrième, laid, se laissant toréer de loin comme de près, était un de ces toros qui ont fait la réputation commerciale de l'élevage. Idem pour le 5 faible et fadasse.
Le 6 enfin constitua un cas d'école de toro qui change radicalement de comportement au cours de sa lidia et se dégonfle comme un ballon de baudruche (rajarse). Noir, petit mais bien fait et bien armé, il charge à la cape avec codicia, raclant même l'arène de ses cornes. Il prend deux piques sérieuses en poussant de tout son corps comme un vrai brave (une troisième est demandée par certains spectateurs mais la présidence change le tiers) puis se montre vif et fixe aux banderilles. Tous les attributs, enfin, d'un toro authentiquement brave. ... Patatras! à l'issue de la deuxième série il s'enfuit, lui aussi, vers les tablas où il se cantonnera, désormais à la défensive comme le vrai manso qu'il est devenu.

Sébastien Castella actua avec la sérénité ... et l'engagement minimal de quelqu'un qui a déjà la temporada jouée et bien jouée. Il n'alla pas à la guerre avec le piquant premier et, peu aidé, il est vrai, par une musique d'enterrement, se cantonna vite au 4 dans un toreo de proximité sans grand intérêt.
Comment va le malade? Plus la saison avance et plus on ausculte chaque actuation d'Ivan Fandiño dans l'espoir d'y trouver des raisons d'espérer. La situation est pesante car malade il y a effectivement : nervosité, tics, difficulté à trouver le sitio, engagement moindre ... mais volonté intacte. Face à l'exigeant second, le Basque connut, au milieu des approximations, quelques réels bons moments qu'une épée défaillante laissera sans prix. Mais est-ce bien raisonnable de pointer son épée vers le ciel pour tuer un toro brave? Il abdiqua trop vite face au fade cinquième dont, en d'autres temps, il n'aurait fait qu'une bouchée, donnant l'impression d'un homme atorado.
Joselito Adame, mal servi, coupa l'oreille de consolation du dernier toro grâce à un recibir d'effet rapide. On tua en général défectueusement tout l'après-midi.
En préambule à la corrida, le rejoneador Leonardo Hernandez fut sobre et précis (oreille) face à un murube de Los Espartales, gros, brave et faible.




lundi 18 mai 2015

Madrid





















Vendredi 15 mai   plaza de toros Monumental de Las Ventas   Madrid.
Soleil, vent violent.
Lleno de no hay billetes.

6 toros de Parladé (cinqueños, 12 piques, ovation aux 4 et 6)  pour Miguel Abellán (une oreille, division d'opinions), Miguel Angel Perera (applaudissements, silence) et Ivan Fandiño (silence, pétition d'oreille).
Salut du banderillero Joselito Gutierrez au 2.

La corrida a été marquée par le vent violent qui a pratiquement empêché tout toreo de cape et a considérablement gêné les matadors durant les faenas de muleta.
Les toros de Parladé, d'excellente présentation, ont fait preuve à des degrés divers de bravoure et de noblesse  mais, sauf le 4, tous ont manqué d'alegria dans les charges et sont allés a menos.
Oreille un peu bénévole pour Miguel Abellán au 1 pour quelques belles naturelles données une à une en se croisant au maximum. Il resta en revanche en dessous du 4, le plus mobile de la soirée. Son échec fut souligné avec cruauté par le tendido 7.
Le vent et la fadeur de ses adversaires ne permirent à Miguel Angel Perera de montrer la douceur et le temple de sa muleta que parcimonieusement.
Après l'échec de son encerrona du début de la temporada, Ivan Fandiño s'est enlevé l'épine du pied grâce à une excellente faena au 6. Pinchazo avec violente cogida qui laisse le matador groggy dans l'émotion générale, puis belle entière qui, elle, laisse le président de marbre malgré la pétition. Le soir, au tablao flamenco La Quimera, la magnifique énergie des artistes faisait écho en moi à l'impression de force retrouvée chez le Basque.




samedi 28 mars 2015

L'évènement de la temporada

   Quel qu'en soit le résultat, la corrida de demain à Madrid est l'évènement de la temporada, celui qui fait battre le cœur de tous les aficionados a los toros de la planète taurine.
   Un homme seul et face à cet homme seul rien moins que ça.

   Merci Ivan FANDIÑO et ¡chapeau!
























photo de l'affiche : Antonio Sevi

lundi 10 novembre 2014

Bilan 2014

Ma corrida rêvée


6 toros de PEDRAZA DE YELTES  6
      Enrique PONCE
      Diego URDIALES
      Ivan FANDIÑO


  Le lot dacquois de Pedraza de Yeltes c'était quelque chose d'inattendu qu'il faut savoir savourer : le rêve qui devient réalité. Ça surprend parce que c'est rare et parce que - incrédules que nous sommes - on se dit au moment même où on le vit que c'est trop beau pour être vrai, que ça ne peut pas durer. Car des toros qui prennent avec bravoure des piques de titans, qui ne fléchissent pas, qui continuent à combattre jusqu'au bout, on n'en voit parfois qu'un ou deux dans la temporada. Pourtant les six toros du samedi 16 août à Dax étaient bien réels, et ils venaient après la bonne novillada de Garlin, la très bonne corrida d'Azpeitia et précédaient le combat de Resistente, toro de oro de la feria de Salamanca. Une camada certes réduite, mais sans déchet, un concentré de bravoure.
   Le rêve, ce serait que Pedraza réussisse là ou Fuente Ymbro a échoué. Garder le niveau atteint en augmentant (raisonnablement, donc) ses camadas...

   Côté toreros, l'année a été très prosaïque. José Tomas quasiment absent, Morante de la Puebla jouant en deuxième division  par ses choix de bétail et d'arènes, Manzanares inexistant dans les grands rendez-vous. Même du côté des dures on a du plomb dans l'aile : Robleño usé, Alberto Aguilar handicapé par une méchante blessure américaine, Escribano en-dessous de ce que l'on attendait et Castaño sauvé du néant par sa cuadrilla.
   Heureusement Diego Urdiales a illuminé les rares tardes qu'on lui a offertes. En cette fin de temporada le vent semble enfin souffler en sa faveur. Ce n'est pas ici qu'on s'en plaindra, c'est la troisième fois qu'il fait partie de mon cartel de rêve.
   En ce qui concerne Ivan Fandiño, il y aura eu un avant et un après la cogida de Bayonne. Avant, tout va bien, le maestro de Guadalajara est parti pour une nouvelle temporada triomphale. Après, des doutes surgissent, son épée s'enraye, les succès sont moins probants, avec à la clé, une question que se posent les aficionados : Fandiño a-t-il gagné à avoir systématiquement remplacé les fers réputés durs par des élevages commerciaux?
   25 ans d'élégance torera, de domination sur les toros, de succès public n'ont pas érodé le désir de toréer et de triompher d'Enrique Ponce. Tant mieux pour ceux qui, comme moi, ont toujours pris du plaisir à le voir résoudre les problèmes avec cette difficile facilité que donnent l'intelligence, le courage froid et le talent.

2013




Naturelle de Diego Urdiales à Madrid face Sevillanito de Adolfo Martin (photo de Juan Pelegrin sur Las-Ventas.com)

jeudi 28 août 2014

Quelques jours à Bilbao

























 Les toros de Domingo Hernandez "Garcigrande"
   La ganaderia Domingo Hernandez "Garcigrande" n'est pas celle qui vend actuellement le plus de toros pour rien. Elle semble avoir réussi à produire en série des toros que tout le monde aime. Les matadors car leur noblesse naïve permet beaucoup et gêne peu, les aficionados car la corrida est brillante sans être scandaleuse, le grand public car on coupe des oreilles et les organisateurs pour toutes ces raisons réunies. Le hic : l'uniformité, le manque de personnalité, de passion. Le règne du prévisible.
   Hechicero le 3 était sans doute un toro brave car il n'a cessé de charger. Il n'a impressionné personne lors du tercio de pique mais il faut reconnaitre que les toreros n'ont rien fait pour l'y mettre en valeur. Ce que je lui reprocherais c'est l'impression qu'il m'a donné de n'être qu'une mécanique, une machine à embestir (mais peut-être cela tient-il aussi à celui qui l'a toréé). Deux fois, lors des remates, il a perdu de vue la muleta et il s'est arrêté, perdu, tête en l'air, montrant le cul à son torero. Un signe habituel de decastamiento.


















Miguel Angel Perera
   Je n'ai pas aimé non plus la faena que lui a donné Miguel Angel Perera, trop facile, trop superficielle. Son toreo, en ce qui me concerne, ne passe pas la rampe devant ce genre de toro.
   Une minorité d'âmes sensibles ayant demandé l'indulto de la brave bête, Miguel Angel s'en trouva tout déconcentré et tua de manière calamiteuse.
   Que les Péréristes se rassurent (j'ai l'impression que tout le monde, cette année, est devenu pérériste) j'ai, en revanche, bien aimé l'Extremeño à son second toro. Celui-ci était loin d'être un foudre de guerre, mais il sut le mettre en confiance et le dominer sans brusquerie. Faena précise, templée, parfaitement construite. Un travail encore mal conclu, épée en main par un  bajonazo qui passa inaperçu d'une partie du public - le toro tomba illico foudroyé - mais pas du président (une seule oreille, donc).
   Et je l'ai carrément trouvé formidable le lendemain face à un Jandilla atypique, à la charge d'une extrême brusquerie - il sautait dans la muleta -  que le maestro, d'une sérénité imperturbable, domina remarquablement. Oreille encore envolée après nouvel échec à l'épée.

Être matador
   Matador, c'est l'honorable profession qu'exercent Miguel Angel Perera et Ivan Fandiño. Or, en huit toros, tous deux ont accumulé un nombre incroyable d'échecs épée en main. L'Extremeño a perdu ainsi au moins quatre oreilles. Ses bajonazos à répétition ont marqué son incapacité à se livrer sans appréhension au moment où il est nécessaire de quitter des yeux la tête de son adversaire. Une limitation regrettable à son dominio muleta en main.
   En ce qui concerne Ivan Fandiño, la qualité de ses coups d'épée a toujours été un élément non négligeable de son succès. Pourtant, en deux jours, lui aussi a complètement failli en ce domaine et a accessoirement perdu plusieurs oreilles. Ses pinchazos tendidos à répétition semblaient être portés par un novillero débutant qui ne maitrise pas encore la coordination des gestes indispensable pour porter une bonne estocade.

Les toros de Jandilla
   Les toros de Jandilla furent inégaux en caste mais intéressants par la variété de leur comportement.
   Dans l'ordre :
   - deux colorados faibles et décastés
   - un cinqueño avisé et brusque
   - un quatrième listo et revoltoso
   - un cinquième cinqueño à l'étrange embestida: sa charge était longue et galopante mais il sautait pour essayer d'attraper la muleta; il permit à M. A. Perera de montrer l'étendue de son dominio
   - enfin le dernier au comportement plus attendu, un burraco très noble et faible.

Juan José Padilla
   Réflexes amoindris, champ de vision réduit, Juan José Padilla ne put lutter à armes égales contre Trailero le quatrième Jandilla, d'autant que son pundonor toujours intact le poussa à relever le défi que lui imposait la caste du toro. Celui-ci, en le prenant deux fois, pour deux grosses cogidas au cours desquelles on frôla un nouveau drame, envoya un message très clair au Jerezano : "Torero, l'heure de la retraite a sonné!"

Le président
   En refusant la deuxième oreille à Perera après un bajonazo et en ne prenant pas en compte la demande (il est vrai très minoritaire) d'indulto pour Hechicero, le président Matias Gonzalez fut
encore une fois parfait dans son rôle de gardien du temple. Au grand dam des démagogues de la fiesta!


















photos velonero : vuelta à Hechicero de Garcigrande
                            vue depuis Artxanda (on aperçoit la plaza de toros)

Nota : Je reviendrai plus tard sur les toros de La Quinta

mardi 22 juillet 2014

Madeleine 2014 : corrida de La Quinta

   Était clairement exprimée chez les aficionados à la sortie de cette deuxième corrida des fêtes de Mont de Marsan qui fut pourtant une corrida que l'on pourrait qualifier d'entretenida et qui vit le triomphe d'un matador (Ivan Fandiño) et le succès d'un autre (Antonio Ferrera) une très nette insatisfaction.
   Le cartel avait tellement fait rêver que la prosaïque réalité d'une assez bonne tarde ordinaire ne pouvait qu'avoir un petit goût de grise banalité.
   On attendait d'abord les toros de La Quinta. Leur bonne temporada 2013 avait ravivé ici le souvenir de l'immense lot de 2008, étaient présent aussi dans la mémoire de beaucoup les grands toros des corridas-concours vicoises ainsi que les excellentes novilladas roquefortoises d'il y a quelques années.
   Il y avait ensuite la perspective du duel El Juli - Ivan Fandiño, duel entre deux idoles montoises, l'ancienne et la nouvelle, mais duel aussi entre deux conceptions radicalement opposées de l'éthique taurine.
   Or, les toros de La Quinta ont été nettement en dessous des attentes; quant au duel il n'a pas eu lieu en raison de l'abdication de l'un des combattants.

   D'entrée, Espartero premier toro de La Quinta se chargea de doucher les espérances. Haut, maigre, pustuleux et invalide, il avait sans doute, grâce à l'opportunité de ce voyage vers Mont de Marsan, évité la triste fin de l'abattoir que ses six herbes semblaient devoir lui promettre. Il donna le ton de la course, celui de la faiblesse qui réduisit le tercio de pique à une simple formalité. Dès lors, malgré quelques retours de caste, surtout en fin de combat, la tarde ne pouvait dépasser le niveau d'une corrida pour vedette qui fonctionne. C'était nettement insuffisant en regard des espoirs de l'aficion.
   Celui qui ne fonctionna pas en revanche ce fut El Juli. Nous avons assisté de manière tout à fait inattendue à un surprenant effondrement moral de sa part. Des caricatures de julipiés ratés à son premier au renoncement à toute faena à son second (alors que le toro s'était montré d'une grande noblesse à la cape) jusqu'à la sortie sous les sifflets, le Juli a bu ce jour le calice jusqu'à la lie.
   Faut-il y voir un simple accident de parcours lié à un lieu - le Sud Ouest de la France - dans lequel il ne se sent plus en territoire conquis? Doit-on penser qu'il a surestimé ses forces et que ses épaules ne sont pas assez larges pour assumer à la fois la competencia sur le sable des arènes et la guérilla qu'il mène contre les organisateurs  dans les coulisses? ... Ses prochaines actuations nous en diront peut-être davantage...
   Tout cela ne doit pas occulter les satisfactions de la tarde. A commencer par Ivan Fandiño venu, lui, en découdre et repartant avec trois oreilles; et le plaisir de revoir, après tant d'années, Antonio Ferrera qui sut faire apprécier sa maturité rayonnante.
   A propos d'Antonio Ferrera, il est bon de se souvenir qu'il avait, lui aussi, en ses jeunes années, osé défier le Madrilène (rappelons-nous une certaine tarde dacquoise). Il avait alors été écrasé par le système Juli qui l'avait ostracisé sans ménagement.

Mais la temporada suit son cours. On attendra avec intérêt le combat des novillos de La Quinta à Hagetmau et à Roquefort ainsi que la répétition du cartel montois en août à Bilbao  tant "la corrida est le spectacle mêlé d'une déception et d'une espérance toujours renouvelées¹"

¹Bernard Marcadé, Ai no corrida, in Artpress 2 n°33 "L'art de la tauromachie" (une excellente surprise que ce numéro et une lecture passionnante)

vendredi 4 juillet 2014

Soria (3)


Domingo de Calderas

   Si le catholicisme espagnol avec son culte des reliques, des saints et des innombrables vierges fleurte souvent avec le paganisme, la procession du domingo de Calderas est, elle, entièrement païenne. Chaque Cuadrilla dont les membres sont habillés de vêtements traditionnels accompagne dans les rues de la ville sa Caldera, un petit paso fleuri et décoré au centre duquel trône l'essentiel : la nourriture, disposée dans un chaudron (caldera). Poulet, viande de toro,chorizo, œufs, fruits, pain et vin traversent ainsi la ville depuis la plaza Mayor jusqu'au Parque Municipal.
















































































Corrida d'El Torreon : un Fandiño de haut niveau

   La corrida d'EL TORREON est discrète de présentation, médiocre de caste et souvent faible de pattes. 6 toros, 6 piques.
   Le public a quasiment rempli les arènes. C'est un public gentil sans être triomphaliste et qui garde certains critères. Ainsi le deuxième toro est sérieusement protesté pour sa faiblesse et son manque de trapío.
   Sébastien CASTELLA fait preuve de professionnalisme mais il lui a manqué l'étincelle que les toros n'apportaient pas.
   Ivan FANDIÑO, au contraire, est en permanence animé par une éclatante volonté de triompher. Avec, en plus, un toreo à la hauteur de ses ambitions. Sa faena  au cinquième fut marquée par la sincérité, le dominio et la profondeur. Deux oreilles méritées après une bonne entière.
   Sans pousser le contre-ut, Alejandro Talavante construit bien ses faenas et se montre efficace épée en main (oreille et oreille).
























NB
Jueves la Saca
On peut voir sur l'affiche de la feria une photographie qui interroge. Il s'agit de l'évènement taurin le plus original de la feria, attesté depuis le XVIème siècle. Au cours de ce qui s'apparente à une abrivado, les douze novillos qui seront combattus le lendemain sont amenés depuis le monte Valonsadero situé à cinq kilomètres de la ville jusqu'à la plaza de toros.
Pour plus de précisions sur cet évènement et bien d'autres, tant ces fêtes semblent regorger de richesses, voir le site très complet : sanjuaneando.com

samedi 22 mars 2014

Vic Fezensac : les cartels 2014

Samedi 7 juin
18h   Adolfo Martin
Antonio Ferrera  -  Manuel Escribano

Dimanche 8 juin
11h   Cebada Gago
Luis Vilches - Alberto Aguilar - Perez Mota

18h   Pagès - Mailhan
Morenito de Aranda - Joselito Adame - Thomas Dufau

Lundi 9 juin
17h   Dolores Aguirre
Fernando Robleño - Javier Castaño - Alberto Lamelas


Dimanche 21 septembre
novillada  Barcial


   Trois élevages qui figurent au panthéon de l'aficion toriste (Adolfo Martin, Cebada Gago et Dolores Aguirre) et un jeune élevage français plein de promesse et à l'encaste original (Pagès-Mailhan, encaste Manuel Arranz), les responsables vicois ont fait des choix irréprochables en ce qui concerne le bétail de leur feria. Personnellement, je regrette la disparition (provisoire?) de la corrida-concours. Au-delà des inéluctables ratés, les corridas-concours furent à l'origine de bon nombre des meilleurs moments de ces dix dernières temporadas vicoises.
   La feria débute par une corrida qui pourrait être qualifiée de toriste grand public (oxymore à risque d'oxydation rapide). La présence de Thomas Dufau le lendemain est la suite logique du tournant pris par la carrière du matador landais l'année dernière. Un succès lui ouvrirait de belles perspectives dans le créneau des corridas françaises qui savent se passer des figuras.
   Mais une feria se caractérise aussi par les absences. Celles de Diego Urdiales (auteur d'une belle faena l'an dernier) et d'Ivan Fandiño sont regrettables. Le Riojano  prend pourtant les adolfos à Madrid et à Céret. On comprend donc mal son absence de Vic. Pour Fandiño l'affaire est sans doute différente. Les triomphes engrangés ces trois dernières temporadas lui ont permis de quitter le circuit des corridas dures et de toréer régulièrement les encastes dont rêvent tous les matadors. Il est affiché par exemple lors de la prochaine San Isidro face aux Parladé, Jandilla et Alcurrucen. Dès lors sa participation à la feria de Vic ne constitue plus pour lui une nécessité. On verra si l'avenir lui donne raison.

lundi 11 novembre 2013

Bilan 2013



Ma corrida rêvée

6 toros de Victorino MARTIN 6
     Morante de la PUEBLA  
     Ivan FANDIÑO 
     Alberto AGUILAR


   Après une année 2012 pléthorique en grandes tardes dans les ruedos français, 2013 a marqué le pas. La raison vient peut-être d'une baisse de régime certaine chez les deux élevages sur lesquels les plus grandes espérances de la temporada reposaient : Escolar Gil et Fuente Ymbro. Pour les Fuente Ymbro c'est d'ailleurs plus que d'une baisse de régime dont il s'agit mais d'un véritable fracaso.
   Celui qui s'en est trouvé fort marri c'est Ivan Fandiño qui avait misé l'essentiel de sa saison sur les affrontements avec les pensionnaires de Ricardo Gallardo. Malgré ces contre-temps, le vizcaino reste de très loin le torero le plus régulier et le plus intéressant de la temporada. Souhaitons que son nouveau statut de figura ne le conduise pas à éluder les confrontations avec les élevages les plus sérieux. Par exemple Victorino Martin.
   Car Victorino, malgré le très grand nombre de toros qu'il a fait lidier cette année (91 presque autant que Nuñez del Cuvillo!), reste une valeur sûre. Chaque course du sorcier de Galapagar présente de l'intérêt et les sommets sont parfois atteints (corrida de Bilbao, Matemáticas à Dax).
   Matemáticas nous conduit tout naturellement à Morante. Il faut savoir gré ici aux organisateurs dacquois d'avoir permis au rêve (l'affrontement entre le matador qui torée le mieux et l'un des élevages les plus redouté) de devenir réalité. En souhaitant pour 2014 que ce rêve puisse se renouveler ... à Dax mais aussi en de nombreux autres endroits de la planète taurine!

2012


Alberto Aguilar torero de corazon
photo Juan Pelegrin Blog (de fotos) de Manon

mercredi 28 août 2013

Quelques jours à Bilbao (1)

 

Jeudi
   Des Jandilla encastés ça existe. Il en est sorti trois ce jeudi à Bilbao. Le second, con mucho que torear comme on dit dans le jargon taurin, a trouvé son maître en la personne d'Ivan Fandiño. Le hasard fait parfois bien les choses : un toro con casta avec un torero con casta. Une épée un peu décalée lui a sans doute fait perdre la seconde oreille.
   Tout auréolé de ses succès madrilènes (trois oreilles en trois corridas), Juan del Alamo remplaçait Morante de la Puebla. Il brinda son premier toro au maestro sévillan (présent dans les gradas, ce qui est de bonne augure pour la suite de sa temporada) et, sur la lancée, lui coupe l'oreille. Une bonne chose pour le jeune Salmantin, même si le toro était de deux.
   Juan José Padilla était là pour assurer la taquilla et pour que le public puisse donner libre cours à son capital sympathie envers lui. Il a parfaitement rempli son rôle.

Vendredi
   Un bon toro sur six. La série noire continue pour les Fuente Ymbro ... et pour ceux qui, parmi les spectateurs, supportent leur médiocrité depuis Bayonne et Dax ... et pour Ivan Fandiño qui avait beaucoup misé sur eux tout au long de cette temporada. Sans doute va-t-il falloir apprendre à se passer des pupilles de Ricardo Gallardo...
   C'est Miguel Angel Perera qui, aujourd'hui, toucha le bon. Faena dans son style moderne, impersonnel et templé, en essayant de mettre moins de pico que d'habitude (on est à Bilbao). Oreille indiscutable ... mais, pour moi, aucune envie de le revoir.