Affichage des articles dont le libellé est barcial. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est barcial. Afficher tous les articles

mercredi 15 juillet 2026

Céret 2026 (1)

 Céret de toros 2026 vu par Laurent Bernède - Samedi

Le cru cérétan 2026 laissera un beau souvenir dans nos mémoires d'aficionados A los Toros, avec bien entendu quelques déceptions, mais aussi de belles émotions, et satisfactions.
Malgré la chaleur assommante, les tendidos se sont remplis avec bonheur pour l'ADAC, de très belles entrées pour les 2 novilladas matinales (4 novillos par course) et un bon 3/4 d'aficion pour les corridas...
Les lignes du tercio de piques durant toute cette féria avaient été supprimées, afin de permettre aux groupes équestres de mieux s'exprimer, avec plus de liberté dans leurs déplacements (une expérimentation autorisée par l'UVTF), un bilan sera fait de ce test... 
Une chose est sûre, elle n'aura pas empêché de voir trop de puyas mal placées, bien souvent traseras, dans l'épaule et j'en passe...le vrai problème est surtout là. 

 

Samedi matin un unico espada pour Mario Vilau, jeune Catalan qui avait marqué les esprits lors de l’édition précédente !  Certainement la plus grosse déception du weekend. Les 2 novillos de Barcial, superbes de trapío et piton, ne  lui ont pas permis de s'exprimer, manque de race, courts de charge... Présent efficacement pour les mises en suerte, de bons débuts de faenas par le bas...en vain. Les 2 ont été réceptionnés a puerta gayola.
Le 1er Partido De Resina, bien dans le type, est déficient au niveau locomoteur et contraint le président Thomas Thuries à sortir le mouchoir vert :  hélas l'unique sobrero de Los Maños invalide ne pourra être lidié. L'unique Partido lidié sera présenté 3 fois au piquero, mais sans réel poder, Mario bien centré en tira le maximum surtout sur la corne gauche, mais ce sera un nouvel échec épée en main. Sans démériter, mais sans vraiment pouvoir convaincre, la matinée se terminera dans une déception globale. 

 


Chaud très chaud sur les tendidos à 18h, pour le desafio Saltillo/ Dolores Aguirre !  Les 6 toros étaient magnifiquement présentés, intégrité totale et respect à ceux qui acceptent de s'y coller ! le 4ème Dolores une estampe.
 
  
Les Saltillo furent  sans poder au caballo, ne se sont pas investis et sont restés fades, ne transmettant guère d'émotion dans leur charge à la muleta !
Les deux Dolores sortis en 4ème et 5ème, mansos con casta typiques de la casa, ont été exigeants, violents et ont donné des sueurs froides à leurs lidiadors respectifs. Sanchez Vara et Damien Castaño n'ont pas démérité et ont relevé le défi . Le Dolores sorti en 6ème est celui qui aura le plus poussé sous la puya (par moments) et sera éteint totalement sans faena en suivant.
 
 

Les trois toreros ont assumé avec sérieux les mises en suerte au piquero, Vara a banderillé avec brio ses opposants, gagnant à juste titre les faveurs du public.
Vara, excellent dans son rôle de chef de lidia fera una vuelta au 4ème, et Castano au 5ème, Luis Gerpe est resté plus discret sur la globalité de la course.
Malgré un bilan très mitigé, la course aura été entretenue et sérieuse de bout en bout, maintenant l'attention des aficionados, car le Toro de respect était dans le ruedo !  
 
Laurent Bernède 

 

 

mercredi 30 avril 2025

San Agustin : la feria del Aficionado (suite)

 

   Le succès taurin et public de la feria de l'Aficionado ne peut que réjouir en ces temps où certains voudraient imposer le toro mollasson et la moisson infinie d'oreilles sans signification comme norme de la tauromachie contemporaine.
   Je crois que personne ne s'est ennuyé une seule seconde sur le ciment de San Agustin. On n'y a pourtant coupé qu'une seule oreille mais on y a vu des toros excellemment présentés et dotés d'esprit combatif. De leur côté, les hommes habillés d'or ou de plata ont dans l'ensemble essayé de donner le meilleur d'eux-mêmes, avec bien sûr les limites propres à chacun.
 
   Lors de la novillada matinale de samedi, les Barcial ont fait preuve d'une bravoure intéressante mais avec le défaut d'être lourdauds, comme empêtrés par ce corps si épais.
   Les attendus pensionnaires d'Alicia Chico, les toros de la transhumance, ont déçu. Invalide le 3 et mobile mais sans réelle bravoure le 4.
   Bonne faena de Jesus de la Calzada (vuelta) face au premier Barcial, bien toréé à droite la seule corne possible. Il paya sa seule erreur d'une voltereta impressionnante.
   Miguel Andrades, bon au capote et aux banderilles, fut plus discret muleta et épée en main.
 
   La corrida de dimanche  constituait un véritable évènement. D'abord parce que c'était la première fois qu'un matador se risquait à affonter seul six toros de Dolores Aguirre, ganaderia considérée à juste titre comme dure. Ensuite par les qualités de Damian Castaño qui a déjà lidié avec succès les toros de doña Isabel.
   Deux ovations pleines d'émotion ont marqué le début et la fin de la funcion. Celle du paseo, public debout saluant la geste du torero, et celle de despedida rendant hommage à un homme épuisé que les échecs répétés à la mort privaient de tout final triomphal.
   On savait que l'épée était le talon d'Achille du Salmantin et cela s'est confirmé ce jour. Malgré toutes ses qualités, Damian Castaño reste un torero incomplet en raison de sa faiblesse à l'heure de vérité. Echec technique car, malgré son expérience (plus de dix ans d'alternative), il est évident que le matador maitrise encore mal le volapié. Échec moral également car, malgré l'importance de l'évènement et l'assurance dont il avait par ailleurs fait preuve dans la lidia, il ne s'est à aucun moment réellement engagé derrière l'épée, multipliant les pinchazos sans âme. 
   Carafea qui ouvre la course possède une charge longue et vibrante, c'est le toro le plus complet de l'envoi. La faena est excellente, engagée, dominatrice, le public vibre, mais les premiers pinchazos de la matinée réduiront le succès à un grosse ovation au tercio. Le suivant, Salado, un magnifique negro typique de la casa, fait preuve d'une bravoure sans faille au premier tiers mais sa faiblesse le conduit à se réserver et il termine aplomado. Les quatre suivants sont des toros durs, durs face au piquero, durs pour le second tercio et durs à la muleta face à laquelle il possèdent dix ou quinze passes avant de s'orienter. Damian se montre chaque fois sûr de lui, efficace, dominateur  ... jusqu'à l'heure de vérité.
 
   Dans une feria dont le succès dépend aussi beaucoup de la qualité de ceux que l'on appelle les subalternes, il faut nommer ceux qui se sont distingués durant ces deux journées.
   Chez les picadors : Jean Loup Aillet, Javier Martin, Javier Ortiz, Antonio Peralta, Gabin Rehabi, Luc Tosello.
   Chez les banderilleros : Joao Pedro, Manuel Gomez, Francisco Javier Tornay, Ivan Garcia, Victor Perez, Juan Carlos Reyes, Mathieu Guillon, Juan Sierra.
 
 
   On ne saurait terminer sans féliciter l'ensemble des bénévoles du club taurin 3 puyazos, non seulement pour la conception de leur feria mais aussi pour sa parfaite organisation. Un grand exemple et longue vie.
 
 

 
 
 
 
 
 
   

dimanche 7 juillet 2024

Céret 2024 : novillada du dimanche matin

 

 
On y retourne! 
Jolie assistance, un peu plus de ciment qu'hier mais pas de quoi pinailler : quasi lleno y punto! 
Ciel couvert, pas de vent et une température idéale. 
Tous les novillos avec un bon fond de caste, deux ou trois de vrais tios et au moins deux avec un problème à l'arrière train qui ne les faisait pas boiter non mais avec comme une raideur et une façon de freiner que je n'avais jamais vu : en traînant le sabot dans le sable comme un crochet... Suis je assez clair? 
Le site Terre de toros parlait de consanguinité et bien je crois en avoir vu là un bel exemple. 
Cela peut être un problème pour une présentation en France surtout dans une place comme Céret. 
Heureusement, leur malice permit de compenser cet embêtant détail! 
En effet, l'air de rien et alors que personne ne s'y attendait ils étaient sur les hommes et leur demandaient leurs papiers. 
Les hommes justement, Mario Arruza loupe son premier, loupe encore plus son deuxième et se demande s'il ne devrait pas changer de métier. Même son troisième homme foire le n°4 pour parachever le désastre. À oublier vite. 
Miguel Andrades, novillero de bientôt 30 ans, a eu tout le temps d'assimiler son El Fandi illustré pour les nuls: j'ai rarement vu un tel copié collé. Perso ça me laisse de marbre mais il y a des amateurs... Beaucoup. 
Non, l'homme du jour fut Jésus de la Calzada, en voilà un qui a du potentiel et de la personnalité, quelques détails à peaufiner et il peut (doit) passer à la catégorie reine. 
Le palco lui a refusé une oreille par toro et la bronca fut de mise. 
Mon voisin disait fort justement que ce président confondait corrida et novillada, catégorie où l'on se doit d'encourager les bonnes volontés que diable!! 
Nous lui octroyâmes deux vueltas hautement méritées. 
Suivez cet homme. 
Les picadors? Rarement vu un tel travail de goret! À part celui du deuxième dudit Jésus cité plus haut qui fit un travail remarquable le reste ne fut qu'approximation et pseudo boucherie. Honteux. 
Pour les banderilles, se référer au clone du Grenadin qui n'a pas encore la roublardise de son mentor. 
J'attends au frais dans un parc le climax de la feria avec les Escolar
Tarde de expectation...? 
 
                                               Christian

 

mercredi 16 août 2023

Psychose

 

 
   Ce fut une longue soirée : trois heures de combat entre des toros et des hommes. Où l'on fut pris en permanence entre deux émotions : la tension et l'intérêt suscités par une lutte sans merci qui constitue le fondement de la corrida, la tristesse, voire le dégoût devant le mauvais vouloir ou l'incapacité de certains des acteurs bipèdes.
   Par son réel danger, le premier novillo donna le ton de la course. Un animal puissant, astifino, manso refusant les piques puis se réfugiant au toril et surtout, sautant à la gorge de qui l'approchait, et ce dès la première passe de cape. La panique des gens à pied ne fit qu'aggraver le problème mais elle était justifiée et compréhensible en raison de la dangerosité extrême de la bête. Dès lors un climat de psychose s'instaura qui transforma les plus médiocres des acteurs (et il y en avait beaucoup en ce dimanche 13 août sur le sable de Roquefort) en marionnettes totalement inhibées et incapables du moindre geste taurin.
   Le problème c'est qu'il restait cinq Yonnet à tuer. Tous magnifiques, puissants, braves ou mansos con casta, mais dont aucun ne possédait le caractère assassin du premier. Un lot de grand intérêt qui en d'autres circonstances et avec d'autres lidias aurait pu se révéler meilleur encore. 
   Difficile moment pour les corridas toristes, trop souvent condamnées a être lidiées par des incompétents par le fait que les meilleurs toreros (y compris dans le rang des novilleros) refusent de les affronter.
   Il faut toutefois mettre à l'honneur ceux qui ont, ce jour, accompli leur tâche avec dignité. En premier lieu José Antonio Valencia. Le Vénézuélien, d'une grande vaillance, parvint à construire deux faenas qui rencontrèrent de l'écho dans le public. La belle mort du sixième par une estocade delantera d'effet fulgurant, le toro chargeant le maestro dans un dernier élan de caste et mourant à ses pieds, lui permit de couper une oreille et de terminer la soirée dans une alegria qu'elle n'avait jusqu'alors jamais connue. Mathieu Guillon "El Monteño" en deux belles paires de banderilles (salut) montra le grand professionnel qu'il était. Enfin les piqueros accomplirent leur office plutôt correctement en 15 dures rencontres.
   Cette inconfortable après-midi de toros rappela aux vieux habitués de la Monumental des pins d'autres tardes du même acabit, fréquentes dans les années 80 et 90. On se souvient en particulier de la terrible novillada d'Infante da Camara qui, en 1983, avait créé chez les porteurs de coleta un mouvement de panique identique à celui de ce jour. Où bien les Barcial de 1996 dont le premier avait envoyé Francisco José Porras à l'hôpital, créant le même état de psychose que ce jour.
   Des après-midis d'émotion pour rappeler que la tauromachie c'est aussi cela.
 
Roquefort, dimanche 13 août 2023, six novillos de Yonnet, imposants, pour Diego Peseiro (à la dérive), José Rojo (tueur calamiteux) et José Antonio Valencia (valiente). 




photos : Laurent Bernède
  

mardi 13 juillet 2021

Vic Fezensac 2021

 

   Afin de ne pas laisser deux ans de suite Vic Fezensac sans feria taurine, le Club Taurin Vicois avait eu la bonne idée de reporter les corridas données traditionnellement pour Pentecôte au weekend des 10 et 11 juillet. Un pari réussi puisque les étagères confortablement garnies montraient que le public des habitués avait répondu présent sans que pour autant la jauge autorisée (demi-arène) soit totalement atteinte. Cela a permis de relancer les corridas toristes particulièrement mises à mal à la suite des mesures de restriction que nous subissons depuis maintenant près d’un an et demi. Souhaitons que la feria de Céret qui se déroulera samedi et dimanche prochain connaisse le même succès. Il en va de la survie de beaucoup de ganaderias bravas sans lesquelles la tauromachie perdrait beaucoup de sa saveur.

   Les courses connurent du point de vue purement taurin les déceptions et les ratés habituels. Ils sont ici pain béni pour la partie la plus radicale du public qui, sans ces manquements, serait frustrée de ne pouvoir exprimer son mécontentement et son savoir. Elles connurent aussi, particulièrement le dimanche, de nombreux moments exaltants, d’un très haut niveau.  

 



 








Novillada de Raso de Portillo

   La feria débute en fanfare avec Aceñero, excellent novillo de Raso de Portillo qui prend trois piques à tuer toute la camada de Juan Pedro Domecq. On comprendra bien vite l’acharnement du piquero (bronca) : il sait. Il sait que Carlos Aranda n’est pas dans le coup. Le malheureux novillero, inhibé par la peur est totalement incapable de mettre à profit les qualités de son adversaire . Malgré le traitement reçu, le novillo a gardé de l’allant et ses charges semblent claires aussi bien à droite qu’à gauche, mais lorsque l’on ne peut pas … Aranda abrège et en finit laborieusement sous les sifflets d’un public sans compassion. Le novillo, partition restée silencieuse, est ovationné lors de la vuelta unanimement demandée par les gradins.

   Le reste du lot (18 piques) sera toujours intéressant mais ne pourra maintenir ce niveau.

   La matinée aura permis la découverte de José Cabrera. Un vrai novillero qui se donne à fond, plante les banderilles, torée avec sincérité. Le natif d’Almeria instrumenta à ses deux novillos des naturelles de grande qualité (vuelta – vuelta). A revoir.

   Calerito remplaçait le Mexicain Isaac Fonseca, blessé. Il torée avec finesse mais pèse peu sur ses adversaires. Il connut avec le sixième un véritable désastre au descabello (trois avis).

 

Corrida concours

   La corrida concours a été décevante à tous points de vue : toros, matadors, piqueros.

   Le pensionnaire de Fraile est de grand trapio, negro, l’armure fine et ouverte. Il poussote sous trois piques correctement données par Francisco Peña. Sa corne gauche est possible mais Perez Mota ne trouve pas la clé.

   Le Barcial est lui aussi parfaitement dans le type : rond, bas, berrendo en negro. Il prend trois piques sans pousser puis se contente de déambuler en marchant dans le ruedo.

   Gambito de Peñajara est magnifique : sardo, imposant, l’ armure très développée et astifina. Il pousse avec fixité en trois piques sous lesquelles ils est consciencieusement assassiné par Carlos Perez Hernandez. Il avait pourtant montré un bon potentiel de noblesse lors des passes de cape de mise en suerte. Mais l’œuvre est accomplie et l’animal arrive moribond au troisième tiers.

   Belugo, negro classique de chez Yonnet prendra lui aussi trois piques mais il montre peu d’entrega et va a menos. Il chargera avec noblesse mais aussi avec soseria à la muleta. Un yonnet dépourvu de la caste que l’on s’attend à trouver chez les pupilles de l’élevage camarguais.

   Très beau et très imposant aussi le pensionnaire de San Martin (trois piques) mais il montre des signes de faiblesse et va a menos.

   Barbatriste de Los Maños porte nos derniers espoirs. Son aspect anovillado est une première déception. A la pique, son comportement est très inégal, alternant brèves poussées et fuites. Une quatrième pique est superflue. Doté d’une belle charge, le bicho sera le meilleur de la soirée à la muleta même si lui aussi va a menos.

   On pourra peut-être regretter que ce certes médiocre assortiment de toros n’ait pu bénéficier de la plus-value que peut apporter l’oficio et le sens de la lidia de certains maestros.

   Perez Mota, sans être catastrophique, eut beaucoup de mal à se centrer.

   Sergio Serrano fut bruyant, brusque et peu efficace.

   Quant à Adrien Salenc, malgré le meilleur sorteo, il est entré (et sorti par la même occasion) par la petite porte. Il fit assassiner le bon Peñajara par son piquero ce qui lui mit, fort justement, le public à dos. Après un bon début , sa faena au Los Maños s’effilocha pour finir dans l’indifférence.

 

 

 

 

 

 

 


lundi 26 août 2019

Novillada concours de Mont de Marsan Saintperdon : Pincha en sauveur

 Avec une programmation basée sur des encastes variés et des élevages à dimension artisanale, cette novillada concours ne manquait pas d'attrait pour l'aficionado.

Barcial
   La lidia d'un novillo de Barcial est devenue une rareté. Celui du jour fut manso puis inabordable à droite mais doté d'une corne gauche fréquentable.

Aldeanueva
   Cet élevage historique du Campo Charro (à l'origine de rien moins que El Pilar et Pedraza de Yeltes) était représenté par un novillo castaño, imposant et très ensellé. Il se méfiait du cheval qu'il fuit à plusieurs reprises à tel point qu'il fallut que le piquero se rapproche du toril pour lui faire accepter le fer. Il résulta brusque sur les leurres.

Flor de Jara
   Nevaita,  léger mais typé représentant de l'encaste santacoloma sort avec les pointes abimées. Il fait preuve de bravoure sous deux piques puis d'une belle noblesse. Un bon novillo avec le bémol d'un manque de poder qui l'empêcha de se grandir.

Aurelio Hernando
   L'élevage revendique une origine Veragua attestée par la robe jabonera de Elegante. Le novillo se livre peu face au cavalier, accuse de la faiblesse puis une bonne mobilité au troisième tiers.

Astarac
   Le guardiola de Jean Louis Darré est fin de type. Des problèmes d'antérieurs le conduisent à planter ses cornes dans le sable plusieurs fois. Il finira soso et parado. Dommage car le novillo, brave et noble, était doté de belles qualités.

Pincha
   Ovation à la sortie de Sonambulo, prototype parfait du toro de lidia. Que trapío !  A faire pâlir d'envie les responsables montois présents. Violent dans les capes puis bravito en 3 piques, il va a mas au troisième tiers avec une charge longue et codiciosa qui transmet de l'émotion. Ovation et prix au meilleur novillo.

   Chez les piétons, Juan Carlos Carballo a déjà de l'oficio et n'est pas dénué de qualités, mais, à mon humble avis, il gagnerait à se croiser davantage. Il faut ce qu'il faut lorsque l'on veut faire carrière ...
   Diego San Roman fut le moins bien servi. Le Mexicain a de l'allure et lui aussi de l'oficio, même si on peut lui reprocher d'avoir été trop long avec l'Astarac.
   Victor Hernandez sera la bonne surprise du jour. Avec les deux meilleurs novillos il montra de bonnes manières : une tauromachie classique, de l'élégance et de l'efficacité à l'épée (oreille chaque fois). Certes il ne tira pas tout le parti que l'on pouvait tirer de Sonambulo mais, malgré sa verdeur, il ne s'affligea pas face aux charges soutenues du novillo.

Même en demi-teinte comme ce jour, une corrida concours reste un spectacle intéressant et recommandable.




 

novillo d'Aldeanueva (photo Laurent Bernède)

mercredi 30 mai 2007

Vic 2007 les toros



"Choisir la MER comme thème de la Pentecôte 2007 s'est donc imposé à nous. La ville se transforme, tantôt en dock, tantôt en aquarium. Les capitaines HADDOCK et les commandants COUSTEAU en herbe se sont donnés rendez-vous à la Pentecôte, les uns pour vociférer leurs mille milliards de sabords, les autres pour plonger dans les fonds inconnus de leur subconscient..." Le Comité des Fêtes (extrait du programme de la feria)
Bravo pour l'intuition remarquable des membres du comité des fêtes. Dommage qu'elle ne se soit pas manifestée avec autant d'à propos pour le choix des toros de la corrida-concours.
En revanche, j'ai été agréablement surpris par les toros de BARCIAL. Peut-être parce que j'avais gardé de leurs dernières sorties un sentiment de déception et que j'avais revu mes espérances à la baisse. Si l'on excepte les deux premiers et en particulier le second, une mule déguisée en toro, ils m'ont paru pourvus de deux qualités que l'on est en droit d'attendre d'un toro de combat :la bravoure et la noblesse. Ce qui, en revanche a manqué à certains, c'est les moyens physiques pour exprimer cette caste sous-jacente. Je pense en particulier au quatrième qui avait un fond de noblesse que l'on pourrait presque qualifier de commerciale. Réminiscence des années quarante et cinquante lorsque les Barcial étaient régulièrement toréés par les figuras. Le troisième s'est amélioré grâce à la bonne lidia de Sanchez Vara. Le cinquième, Lunarito, un cárdeno fut peut-être le meilleur toro de la feria. Il mourut, hélas, sans avoir été toréé. Personnellement, c'est donc avec intérêt que je reverrai les toros de Barcial.

La corrida-concours ne nécessite pas de longs développements tant elle fut décevante. Quatre toros étaient âgés de cinq ans. S'ils avaient été choisi depuis plus d'un an avec la volonté de les présenter en 2007 à cinq ans, très bien; mais leur comportement incite davantage à penser qu'ils étaient des toros de rebut comme il en subsiste dans tous les élevages. Le Juan Luis Fraile fut le plus encasté mais il souffrit d'une certaine faiblesse de pattes. Le Justo Nieto prit 3 piques sans fixité puis se montra fade à la muleta. Le Valverde, de grand trapío, était un manso asthmatique. L'exemplaire d'Adelaida Rodriguez fut le pire de tous, faible, inexistant aux piques et intoréable à la muleta. Le beau cárdeno de Sanchez Fabres fit une sortie tonitruante au cours de laquelle il se blessa vraisemblablement à une patte, ce qui l'empêcha de s'exprimer pleinement par la suite. Enfin le pupille d'Angel Nieves était un santacoloma grand et gras, désespérant de sosería.
Pas un seul tercio de piques digne de ce nom. Un fracaso.

Dimanche après-midi, les MARGE ont plu du début à la fin. Magnifiquement présentés, astifinos, aux pelages variés, un ensabanado, un sardo, un albardado. Ce furent des mansos con casta, manquant donc de fixité mais mobiles et toréables.

Pour la clôture, la corrida de CHARRO DE LLEN était âgée de 5 ans. Bien présentée, avec beaucoup de volume, trop sans doute, ce qui pourrait expliquer leur manque de mobilité au dernier tiers. Une corrida brave au cheval, avec certains exemplaires nobles à la muleta (en particulier le 4 et le 6). Certes leurs charges étaient pesantes, un peu dans le style de certains cuadris, et demandaient à être consenties mais les toreros du jour étaient plutôt dans le sabotage (ou le sabordage) que dans le consentement. C'est ainsi que ce qui aurait pu être une corrida intéressante voire triomphale sombra dans la déprime et la confusion.
Je n'ai pas vu la novillada d'Adelaida Rodriguez, il paraît qu'elle fut bonne, avec vuelta au premier novillo.

photo Velonero Eso es Vic