samedi 28 juillet 2007

Madeleine 2007 (II)

Lundi corrida de Vellosino

Une corrida typique de l'encaste sous-domecq. Pas de bravoure, pas de véritable noblesse, pas de force, bref pas de caste. En un mot, une corrida de merde comme les adorent les vedettes de l'escalafon parce que des comme ça on peut en tuer 100 dans la temporada. Seul le premier donna quelque espoir par sa mobilité collante. Le second, invalide total, rétablit l'équilibre.
Malgré la bronca, le président se refusa à le changer, se justifiant le lendemain, dans la presse locale, en arguant du règlement. Or, que dit celui-ci? ''Le président pourra ordonner le renvoi des animaux sortis en piste si ceux-ci s'avèrent manifestement impropres au combat en raison de défauts ostensibles ou de comportement empêchant son déroulement normal" (article 85 chapitreV du règlement de l'UVTF).
Le deuxième animal de l'après-midi était manifestement impropre au combat puisqu'il n'a pas pu être combattu (2 picotazos, 1 paire de banderilles, pas de faena de muleta, le tout au milieu des affalements). Son invalidité constituait donc "un défaut ostensible empêchant le déroulement normal du combat".
Le paragraphe suivant précise: "Lorsqu'un animal deviendra inutilisable au cours du combat, de telle sorte qu'il sera nécessaire de le mettre à mort en piste au moyen de la puntilla, il ne sera pas remplacé par un autre". Cette clause de sauvegarde ne peut s'appliquer ici puisque l'animal a montré son invalidité dès sa sortie: claudication dès les premières courses et fléchissements répétés lors des passes de capes de réception données par le matador.
Ainsi, ce toro, manifestement invalide donc impropre au combat aurait du être remplacé si le règlement avait été appliqué par le président. Et il en va de même pour tous les toros invalides qui sortent dans les ruedos de France (idem en Espagne où les règlements disent la même chose).


Très grande leçon de tauromachie d'El Juli au manso et cinqueño cinquième. Leçon d'un maître, en pleine possession de ses moyens, sûr de lui. Tauromachie parfaite où se combine sobriété et pureté, domination de la bête et force de l'émotion. Le meilleur moment de toreo de la feria.


Mardi novillada de Coquilla de Sanchez Arjona


Les aficionados attendaient avec intérêt cette novillada en raison de la découverte que constituait la présentation de cet encaste rare dont la conservation dépend, entre autre, de sa capacité à intéresser le public, dans un contexte défavorable d'uniformisation des goûts. A en juger par la satisfaction des gens à la sortie, la mission est accomplie. Novillada sans temps mort, con emoción, avec des combats qui maintinrent en permanence le spectateur en éveil.
La dominante des novillos: mansos con caste, con mucho pié.
Ce qui semble caractéristique de l'encaste, pour autant que l'on puisse en juger sur une course: - une grande nervosité à la sortie qui les fait se précipiter vers tablas et burladeros et y cogner au risque de s'abîmer (déjà à Vic chez un Sanchez Fabres de même origine)
- la dureté à la mort, il est vraiment impressionnant de voir ces animaux avec une épée dans le corps continuer à courir et à chercher le combat
- le mélange de mansedumbre et de férocité, qui se traduit par des moments d'obstination dans la charge et d'autres moments de désintérêt marqués par la fuite des chevaux ou les regards vers les gradins.
On l'aura compris la partie n'était pas facile pour les toreros. Deux d'entre eux, et non des moindres, furent blessés. Le banderillero El Madrileño, en rentrant dans un burladero, fut rattrapé et accroché par le novillo qui lui infligea un coup de corne à la cuisse. Le picador Anderson Murillo souffre, lui, de plusieurs côtes cassées après avoir été déséquilibré et être tombé sur la tête du cinquième novillo.
Bravo à El Santo pour avoir montré la grande noblesse du sixième.

Je n'ai pas assisté, l'après-midi, à la corrida de Moises Fraile, ce qui m'a permis de voir enfin ce chef d'œuvre impérissable du cinéma et de l'esprit français Mais où est donc passée la 7ème compagnie? qui passait justement ce soir-là à la télé. Le repos du guerrier.
Molino cinquième toro de Vellosino
Sortie d'un Coquilla
photos velonero

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Suite à sa cornada qui paraissait sur le moment anodine, El Madrileño risque de ne plus pouvoir remettre les pieds dans une arène.