5 novillos de COQUILLA de SANCHEZ ARJONA, bien présentés, de jeu irrégulier mais encasté.
Noble le 1.
Manso le 2.
Braves et nobles les 3 et 4, deux bons novillos qui poussèrent dur sous deux piques et gardèrent tout leur allant au troisième tiers.
Incertain le 5.
Au final toutefois les Coquillas furent un peu éclipsés par l'excellent sobrero du Lartet (élevage gersois des frères Paul et Jérôme Bonnet) qui remplaçait un Coquilla invalide. Ce novillo, à l'armure magnifique, montra d'entrée sa franchise et sa vivacité à la cape. Il poussa fièrement sous la pique. Une seule hélas! car l'innocent Blanco demande le changement que le président - sans reproche jusque là - accepte. Au troisième tiers, il fera preuve, dans ses charges toujours renouvelées, d'un son extraordinaire. Un véritable stradivarius qui donne envie d'envoyer à la déchetterie tous les synthés couinants que l'on veut habituellement nous faire passer pour des toros "de classe". Face à ce toro de feu, Roberto BLANCO, apprenti plein de bonne volonté, récita ses gammes avec plus ou moins de bonheur alternant séries magnifiques et désaccords dangereusement cacophoniques. Une oreille et une oreille pour lui au bilan de la journée.
Emilio HUERTAS, appliqué mais un peu distant resta en dessous des possibilités de ses adversaires. Silence, une oreille.
Juan LEAL fait, lui, figure de surdoué. Il fut, et de loin, le plus mal servi mais réussit à améliorer ses deux novillos ce qui en dit long sur ses capacités. Silence, une oreille.
Et vuelta finale pour l'inattendu Lartet en espérant que le campo gersois recèle d'autres pépites de cet acabit.
NB Il y a deux ans de cela, je n'aurais pas fait le déplacement jusqu'à Riscle mais aujourd'hui, grâce à la nouvelle autoroute qui va jusqu'à Pau, Roquefort est à une heure de Bordeaux, Aire une heure et demi, Riscle et Garlin une heure trois-quart.
Avec, en outre, l'impression que l'autoroute a été construite rien que pour nous. Sur les 100 km retour de l'A63 j'ai, en tout et pour tout, doublé une caravane, ai été doublé par un 4x4.
dimanche 5 août 2012
mercredi 1 août 2012
Coquillas en Riscle
Parmi les encastes minoritaires qui luttent pour éviter de se faire gober par l'ogre Domecq celui de Coquilla est actuellement l'un des plus fragiles.
En 2009 les Sanchez Fabres n'ont dû qu'à la forte mobilisation des aficionados d'éviter la disparition.
Cet hiver Mariano Cifuentes, dans un moment de désespoir, a envoyé son élevage à l'abattoir.
Outre Sanchez Fabres (Salamanca) on ne trouve plus aujourd'hui de bétail de cette origine que dans des élevages très marginalisés dans le circuit taurin :
El Añadio (Jaen)
La Interrogacion (Salamanca)
Coquilla de Sanchez Arjona (Salamanca)
Grâce à l'association Tendido risclois aidée par Stéphane Fernandez Meca, c'est précisément ces derniers que l'on pourra voir combattre le samedi 4 août à Riscle dans le Gers.
18h30
novillos de Coquilla de Sanchez Arjona
Emilio Huertas - Roberto Blanco - Juan Leal
Bon an, mal an de 3 à 12 novillos ont été lidiés avec picadors ces dernières années par cet élevage. La plupart du temps avec un comportement encasté donnant des tardes intéressantes. Me reviennent en mémoire la novillada de Roquefort en 2010 et celle de Mont de Marsan en 2007.
En 2009 les Sanchez Fabres n'ont dû qu'à la forte mobilisation des aficionados d'éviter la disparition.
Cet hiver Mariano Cifuentes, dans un moment de désespoir, a envoyé son élevage à l'abattoir.
Outre Sanchez Fabres (Salamanca) on ne trouve plus aujourd'hui de bétail de cette origine que dans des élevages très marginalisés dans le circuit taurin :
El Añadio (Jaen)
La Interrogacion (Salamanca)
Coquilla de Sanchez Arjona (Salamanca)
Grâce à l'association Tendido risclois aidée par Stéphane Fernandez Meca, c'est précisément ces derniers que l'on pourra voir combattre le samedi 4 août à Riscle dans le Gers.
18h30
novillos de Coquilla de Sanchez Arjona
Emilio Huertas - Roberto Blanco - Juan Leal
Bon an, mal an de 3 à 12 novillos ont été lidiés avec picadors ces dernières années par cet élevage. La plupart du temps avec un comportement encasté donnant des tardes intéressantes. Me reviennent en mémoire la novillada de Roquefort en 2010 et celle de Mont de Marsan en 2007.
samedi 28 juillet 2012
Trois jours de toros (3)
3- Dimanche, Tyrosse
Il paraîtrait que nos figurettes actuelles ne sont pas chaudes pour affronter les toros de leur ancien confrère Joselito. C'est pourtant du domecq mais celui-ci serait piquant. Et bien c'est vrai! Après cette corrida tyrossaise, on peut l'affirmer : les domecqs de Joselito ont du piquant.
Juste ce qu'il faut pour mettre en valeur des matadors courageux et dominateurs comme Ivan Fandiño.
Juste ce qu'il faut aussi pour confirmer à El Fundi que la décision de mettre un terme à sa carrière était une sage décision.
Le cas de Manuel Escribano est plus complexe. Voilà un torero qui a un besoin absolu de triompher s'il veut continuer son chemin. Doté d'un fort tempérament et de belles qualités physiques, il pourrait occuper la place laissée libre par un certain Juan José Padilla depuis que celui-ci, en compensation de l'âge et du sang versé, se voit proposer de partager l'affiche et le bétail des figurettes. Pour prendre cette place il faut prendre les risques qui vont avec - Manuel Escribano, au vu de son actuation tyrossaise, semble prêt à le faire - mais sans se faire prendre. Or en ce dimanche, par deux fois, Manuel Escribano s'est fait prendre. D'abord à son premier adversaire sur un quiebro cité assis à l'estribo, puis à son second adversaire sur une gaonera. De la chance, du talent, de bons conseils, Manuel Escribano aura besoin de tout cela pour réussir dans la dure voie qu'il a choisie.
Photos : dernier paseo français pour El Fundi
Manuel Escribano, fin de combat
vendredi 27 juillet 2012
Trois jours de toros (2)
2- Samedi, Orthez
Je me suis régalé tout au long de la novillada matinale.
Des novillos légers mais avec du nerf, de la vivacité dans la charge, de la bravoure aussi pour certains et même de la noblesse. De bons représentants du rare encaste Veragua que l'on retrouve au Portugal chez Fernando Palha.
Et deux novilleros atypiques, peu chargés en effluves andalouses mais que l'on sent prêts à bouffer du toro même si celui-ci est coriace.
Imanol Sanchez est un maño macho. Il tomba sur les deux plus difficiles et s'en dépétra comme il put.
Ivan Abasolo, natif d' Orduña dans la province de Biscaye est sérieux et sincère comme son compatriote Ivan Fandiño. Face aux novillos offrant le plus de possibilités il fit preuve d'un bon bagage technique qui lui permit de couper deux oreilles.
L'après-midi les toros portugais de Veiga Teixeira étaient tous d'une grande beauté.
Des sorties magnifiques pleines de feu, de la bravoure au cheval atténuée par de longues hésitations avant de s'élancer, puis ils s'éteignirent inexorablement au dernier tiers.
Avec à la clef la question fatidique : comment expliquer ce comportement de toros qui vont systématiquement a menos?
- un excès de piques?
Possible car beaucoup en prirent trois et la plupart en poussant fort donc en laissant beaucoup d'énergie sous le peto. Toutefois ceux qui n'en prirent que deux ne furent pas plus mobiles pour autant au troisième tiers. Je pense en particulier au cinquième.
- la faute des toreros?
Oui en ce qui concerne Paulita torero de gestes (torero pour photographe) mais sans emprise sur la charge du toro.
Non pour les deux autres. Robleño réussit à dominer le 1 seul manso (con casta y mucho peligro) de la tarde mais ne put rien tirer du 4. Quant à Serafin Marin il parvint à tirer le maximum de la petite charge de son premier adversaire.
- un bravoure incomplète?
Un signe qui pourrait aller dans ce sens : leurs longues hésitations à se lancer à l'assaut des piqueros. Cette hypothèse serait aussi celle des ganaderos, me souffle le lendemain XK rencontré à Tyrosse.
Cartels originaux, toros magnifiques, tercios de piques soignés; je découvrais Orthez et déjà j'ai envie d'y retourner...
mardi 24 juillet 2012
Trois jours de toros
Trois jours de toros, trois jours d'émotion, de passion, de découvertes.
1- Vendredi, Mont de Marsan
Dans une temporada les grandes courses complètes sont peu fréquentes. Celle-ci, assurément, en fut une; elle restera gravée dans le souvenir des spectateurs présents ainsi que dans les annales du Plumaçon.
Il est rare, en effet, de voir sortir des chiqueros six toros aussi beaux, expression parfaite du trapío du toro brave espagnol.
Et cinq sur six braves et nobles dont trois que l'on peut qualifier de supérieurs.
Vraiment Ricardo Gallardo peut être fier du travail accompli. Sur un terrain (domecq) où d'autres ne produisent qu'un infâme brouet incolore, inodore et sans saveur, il a réussi, en une vingtaine d'années, à créer un grand cru classé de haut niveau.
On ne peut demander à Matias Tejela plus qu'il ne peut donner. Son toreo, joli mais superficiel, pèse peu sur les toros. Aujourd'hui pourtant, face à Jazmin, il a su trouver l'accord rêvé, il a réussi à atteindre cette harmonie que l'on appelle, en tauromachie, le temple.
Ivan Fandiño a construit face à Señorio une grande faena, toute entière dans le même terrain comme savent le faire les grands maîtres. Une faena si impérieuse qu'elle a contraint son adversaire, très réservé dès sa sortie, à se livrer de plus en plus et finalement à dévoiler sa grande caste.
Deux reproches peuvent être fait à David Mora. Le premier est de n'avoir pas mis en valeur l'excellent Cazador au premier tiers. Le second d'avoir perdu le fil de sa faena après un début grandiose par doblones majestueux et derechazos de clameur cités de loin. Est-ce le toro qui alla a menos ou le torero qui manqua d'arguments? Toujours est-il que la faena perdit de son intensité et ce qui était parti pour un triomphe de puerta grande se termina avec une seule oreille.
Un joli nom "Jazmin", trois piques prises avec bravoure, une noblesse extrême. Un indulto.
Ce ne fut pas, pour moi, l'événement de la journée, le vrai événement ce fut la grande corrida de FuenteYmbro et trois toreros qui, chacun dans son style, se la jouent face à des adversaires braves et imposants.
...Trois piques quand même... Que les futurs prétendants ne l'oublient pas!
1- Vendredi, Mont de Marsan
Dans une temporada les grandes courses complètes sont peu fréquentes. Celle-ci, assurément, en fut une; elle restera gravée dans le souvenir des spectateurs présents ainsi que dans les annales du Plumaçon.
Il est rare, en effet, de voir sortir des chiqueros six toros aussi beaux, expression parfaite du trapío du toro brave espagnol.
Et cinq sur six braves et nobles dont trois que l'on peut qualifier de supérieurs.
Vraiment Ricardo Gallardo peut être fier du travail accompli. Sur un terrain (domecq) où d'autres ne produisent qu'un infâme brouet incolore, inodore et sans saveur, il a réussi, en une vingtaine d'années, à créer un grand cru classé de haut niveau.
On ne peut demander à Matias Tejela plus qu'il ne peut donner. Son toreo, joli mais superficiel, pèse peu sur les toros. Aujourd'hui pourtant, face à Jazmin, il a su trouver l'accord rêvé, il a réussi à atteindre cette harmonie que l'on appelle, en tauromachie, le temple.
Ivan Fandiño a construit face à Señorio une grande faena, toute entière dans le même terrain comme savent le faire les grands maîtres. Une faena si impérieuse qu'elle a contraint son adversaire, très réservé dès sa sortie, à se livrer de plus en plus et finalement à dévoiler sa grande caste.
Deux reproches peuvent être fait à David Mora. Le premier est de n'avoir pas mis en valeur l'excellent Cazador au premier tiers. Le second d'avoir perdu le fil de sa faena après un début grandiose par doblones majestueux et derechazos de clameur cités de loin. Est-ce le toro qui alla a menos ou le torero qui manqua d'arguments? Toujours est-il que la faena perdit de son intensité et ce qui était parti pour un triomphe de puerta grande se termina avec une seule oreille.
Un joli nom "Jazmin", trois piques prises avec bravoure, une noblesse extrême. Un indulto.
Ce ne fut pas, pour moi, l'événement de la journée, le vrai événement ce fut la grande corrida de FuenteYmbro et trois toreros qui, chacun dans son style, se la jouent face à des adversaires braves et imposants.
...Trois piques quand même... Que les futurs prétendants ne l'oublient pas!
lundi 16 juillet 2012
En relisant Claude Popelin
La tauromachie, ouvrage sous forme de dictionnaire encyclopédique paru pour la première fois en 1970 et plusieurs fois réédité depuis, reste aujourd'hui encore avec Le taureau et son combat un des meilleurs bouquins d'initiation à la corrida. Outre ses qualités didactiques, il possède un charme - peut-être dû aux remarquables photos noir et blanc (toujours accompagnées d'un commentaire judicieux) - qui continue à opérer sur l'aficionado bien longtemps après la première lecture. Si la clarté de son contenu permet aux néophytes de mieux pénétrer les arcanes sophistiqués du combat taurin, il fait preuve d'une richesse suffisante pour que des aficionados de muchas temporadas y trouvent aussi de quoi alimenter leur passion.
Voici par exemple ce que dit Claude Popelin pour le mot abrir :
[ouvrir] Le torero "ouvre" le taureau, quand il l'éloigne de la barrière; il le "ferme" [cerrar] quand il l'en rapproche. Il faut de toute nécessité "ouvrir" le taureau qui, par sa force ou sa violence de charge accule dangereusement l'homme contre la barrière. Il est non moins nécessaire de "fermer" un animal distrait ou hésitant à prendre la pique, tout comme celui qu'on se propose de banderiller ou de toréer, en début de faena, au fil de la barrière.
Ces déplacements de la bête s'inspirent autant de la nature de son tempérament que de l'impératif du combat. Les toreros, dans leur vocabulaire professionnel, se servent volontiers des expressions à l'extérieur [por fuera] et à l'intérieur [por dentro] pour désigner respectivement la direction du centre de l'arène ou celle de la barrière. Ils peuvent donc aussi bien dire "Sors le taureau à l'extérieur" qu' "Ouvre-le", ou "Amène-le à l'intérieur", que "Ferme-le".
Avec ce paradoxe que, si dans une arène l'extérieur est situé vers le centre et l'intérieur vers la barrière, il s'agit exactement de l'inverse des représentations habituelles de ces mots.
On pourrait croire que face au toro innocent et décasté que certains éleveurs essaient de produire ces notions sont devenues obsolètes. Pourtant la tragique actualité nous en rappelle l'importance. Je pense à la terrible cogida que vient de subir ce grand torero qu'est El Chano, justement lauréat du prix Claude Popelin il y a une dizaine d'années. Sa présence a tant de fois illuminée les nombreuses novilladas et corridas auxquelles il a participé dans notre sud-ouest qu'on lui souhaite de tout notre cœur de recouvrer l'usage de ses jambes. Mucho ánimo maestro.
Voici par exemple ce que dit Claude Popelin pour le mot abrir :
[ouvrir] Le torero "ouvre" le taureau, quand il l'éloigne de la barrière; il le "ferme" [cerrar] quand il l'en rapproche. Il faut de toute nécessité "ouvrir" le taureau qui, par sa force ou sa violence de charge accule dangereusement l'homme contre la barrière. Il est non moins nécessaire de "fermer" un animal distrait ou hésitant à prendre la pique, tout comme celui qu'on se propose de banderiller ou de toréer, en début de faena, au fil de la barrière.
Ces déplacements de la bête s'inspirent autant de la nature de son tempérament que de l'impératif du combat. Les toreros, dans leur vocabulaire professionnel, se servent volontiers des expressions à l'extérieur [por fuera] et à l'intérieur [por dentro] pour désigner respectivement la direction du centre de l'arène ou celle de la barrière. Ils peuvent donc aussi bien dire "Sors le taureau à l'extérieur" qu' "Ouvre-le", ou "Amène-le à l'intérieur", que "Ferme-le".
Avec ce paradoxe que, si dans une arène l'extérieur est situé vers le centre et l'intérieur vers la barrière, il s'agit exactement de l'inverse des représentations habituelles de ces mots.
On pourrait croire que face au toro innocent et décasté que certains éleveurs essaient de produire ces notions sont devenues obsolètes. Pourtant la tragique actualité nous en rappelle l'importance. Je pense à la terrible cogida que vient de subir ce grand torero qu'est El Chano, justement lauréat du prix Claude Popelin il y a une dizaine d'années. Sa présence a tant de fois illuminée les nombreuses novilladas et corridas auxquelles il a participé dans notre sud-ouest qu'on lui souhaite de tout notre cœur de recouvrer l'usage de ses jambes. Mucho ánimo maestro.
mardi 10 juillet 2012
Expertise des cornes 2011
L'UVTF a rendu public au mois de juin (mieux vaut tard que jamais) les résultats de l'expertise des cornes de la temporada 2011.
Rappelons le principe : dans les arènes de 1ère catégorie adhérentes à l'UVTF, après chaque corrida, 2 paires de cornes sont prélevées puis analysées.
Il semblerait que cette démarche porte ses fruits puisque cette année un seul toro a été reconnu afeité sur ses deux cornes (toro de Miura à Béziers).
Toutefois un sérieux bémol doit être apporté à cette apparente satisfaction lorsque l'on s'aperçoit que, parallèlement à la baisse du nombre de cornes afeitées, le nombre de toros déclarés arreglados par les éleveurs est en très nette augmentation. 38 pour la temporada 2011 contre 25 en 2010 et 24 en 2009. Si l'on considère que la pratique de l'arreglado est exactement la même que celle de l'afeitado on ne voit pas clairement le progrès. L'arreglado ne se justifie que s'il reste exceptionnel mais lorsqu'il atteint les proportions actuelles il n'est ni plus ni moins qu'une forme d'afeitado déguisé.
Nombre de toros arréglés par arène :
Dax : 11
Béziers : 10
Bayonne : 6
Arles : 6
Vic Fezensac : 3
Mont de Marsan : 2
Honneur enfin aux élevages qui ont fait courir dans nos arènes des toros ni afeités ni arréglés :
Garcigrande
Alcurrucen
Flor de Jara
Cebada Gago
Joselito
Margé
Vegahermosa
Rappelons le principe : dans les arènes de 1ère catégorie adhérentes à l'UVTF, après chaque corrida, 2 paires de cornes sont prélevées puis analysées.
Il semblerait que cette démarche porte ses fruits puisque cette année un seul toro a été reconnu afeité sur ses deux cornes (toro de Miura à Béziers).
Toutefois un sérieux bémol doit être apporté à cette apparente satisfaction lorsque l'on s'aperçoit que, parallèlement à la baisse du nombre de cornes afeitées, le nombre de toros déclarés arreglados par les éleveurs est en très nette augmentation. 38 pour la temporada 2011 contre 25 en 2010 et 24 en 2009. Si l'on considère que la pratique de l'arreglado est exactement la même que celle de l'afeitado on ne voit pas clairement le progrès. L'arreglado ne se justifie que s'il reste exceptionnel mais lorsqu'il atteint les proportions actuelles il n'est ni plus ni moins qu'une forme d'afeitado déguisé.
Nombre de toros arréglés par arène :
Dax : 11
Béziers : 10
Bayonne : 6
Arles : 6
Vic Fezensac : 3
Mont de Marsan : 2
Honneur enfin aux élevages qui ont fait courir dans nos arènes des toros ni afeités ni arréglés :
Garcigrande
Alcurrucen
Flor de Jara
Cebada Gago
Joselito
Margé
Vegahermosa
samedi 30 juin 2012
2012 Corridas en Catalogne
Et oui, il y a toujours des corridas en Catalogne!
La traditionnelle feria de Céret aura lieu le week-end du 14 juillet :
Samedi 14 juillet 18h
cor. José Joaquin Moreno de Silva
El Fundi - Javier Castaño - Serafin Marin
Dimanche 15 juillet 11h
nov. José Maria Escobar
D. Martin "El Dani" - Emilio Huertas - Imanol Sanchez
18h
cor. J. Escolar Gil
Fernando Robleño (unico espada)
Corrida aussi en septembre
Samedi 15 septembre
cor. Prieto de la Cal
Marc Serrano - Javier Castaño - Serafin Marin
En août très intéressant cartel à Millas
Dimanche 12 août
nov. José Joaquin Moreno de Silva
Sergio Flores - Javier Jimenez - Fabio Castañeda
La traditionnelle feria de Céret aura lieu le week-end du 14 juillet :
Samedi 14 juillet 18h
cor. José Joaquin Moreno de Silva
El Fundi - Javier Castaño - Serafin Marin
Dimanche 15 juillet 11h
nov. José Maria Escobar
D. Martin "El Dani" - Emilio Huertas - Imanol Sanchez
18h
cor. J. Escolar Gil
Fernando Robleño (unico espada)
Corrida aussi en septembre
Samedi 15 septembre
cor. Prieto de la Cal
Marc Serrano - Javier Castaño - Serafin Marin
En août très intéressant cartel à Millas
Dimanche 12 août
nov. José Joaquin Moreno de Silva
Sergio Flores - Javier Jimenez - Fabio Castañeda
dimanche 24 juin 2012
Toros en La Brède
Toros de Baltasar Iban pour Antonio Nazaré (silence - silence), Arturo Saldivar (une oreille - silence) et Thomas Dufau (deux oreilles - une oreille).
Trois-quart d'entrée (une importante rencontre européenne de pousse-citrouille avait retenu devant le petit écran quelques dizaines de spectateurs - les malheureux!)
Les toros de Baltasar IBAN : bien roulés (certains avec suspicion de suralimentation), timides de cornes (courtes mais solides de pointe), bravitos (quelques piques bien poussées, 9 au total ), noblotes avec tendance à la soseria et à aller a menos. Bref un lot qui satisfit sans doute les organisateurs et le grand public mais laissa sur sa faim l'aficionado qui était en droit d'attendre des combats plus exaltants de la part des ibanes.
Antonio NAZARE donna au 4 la meilleure faena de l'après-midi. Classique, templée, con ligazon. Mais la longue agonie du toro indisposa le public et au final le torero n'entendit que le silence.
Loin des clichés concernant les Mexicains, Arturo SALDIVAR ressemble à un jeune lord anglais dont il a la froideur et la distinction (autre cliché). Aprés une faena toute de douceur au pastueño second il eut du mal à s'entendre avec le plus coriace cinquième.
Thomas DUFAU connecta facilement avec le public. Lui ne torée pas classique mais résolument moderne : toreo de profil, abus des cites culeros, enchaînements de passes après avoir jeté l'épée. Quelques bons moments au cours de sa deuxième faena laissent penser que Thomas peut aussi avoir un avenir dans une version plus profonde du toreo. Des estocades habiles et d'effet rapide (fulgurante entière desprendida au troisième) lui permirent de couper trois oreilles.
Photos Velonero
-la deuxième pique du troisième toro
- Arturo Saldivar
dimanche 17 juin 2012
Roquefort : retour des novillos de Fidel San Roman
Voici quelques photos des novillos qui fouleront le sable de la plaza de Roquefort le mercredi 15 août.
Souhaitons qu'ils fassent preuve des mêmes qualités que leurs frères lidiés l'an dernier.
Fidel San Roman, également propriétaire de l'élevage El Ventorrillo, a racheté en 2004 à la famille Guardiola la ganaderia Hermanos Guardiola Dominguez d'origine Villamarta.
Ce sera la cinquième parution dans le ruedo roquefortois de novillos de cet encaste.
1966 Salvador Guardiola Fantoni
Sanchez Bejarano - Fernando Tortosa - Ricardo de Fabra
Lot de grande qualité, vuelta du cinquième Sordero et triomphe de Fernando Tortosa.
1973 Salvador Guardiola Fantoni
José Suarez "Joselito" - Juan Montiel - Alberto Ruiz
Les novillos braves, encastés, plein de feu (vuelta du 6) rendent l'après-midi passionnant. Le pauvre José Suarez en fait les frais. Malgré sa bonne volonté, il subit une déroute totale qui reste dans les mémoires grâce aux émouvants clichés pris par Jacques Cathalaa.
1974 Salvador Guardiola Fantoni
Curro Gonzalez - El Cali - Pedro Somolinos
Les Guardiola sont beaux et braves mais leur faiblesse de pattes rend l'après-midi pesante.
1979 Señores Guardiola Dominguez
Mario Triana - Aguilar Granada - Richard Milian
Grand triomphe de Richard Milian au dernier novillo après une excellente faena (la meilleure que je lui ai vu faire) et une grande estocade.
2011 Fidel San Roman
Carlos Duran - Mathieu Guillon - Javier Jimenez
Une excellente journée taurine
Photos Xavier Martin (avril 2012)
Souhaitons qu'ils fassent preuve des mêmes qualités que leurs frères lidiés l'an dernier.
Fidel San Roman, également propriétaire de l'élevage El Ventorrillo, a racheté en 2004 à la famille Guardiola la ganaderia Hermanos Guardiola Dominguez d'origine Villamarta.
Ce sera la cinquième parution dans le ruedo roquefortois de novillos de cet encaste.
1966 Salvador Guardiola Fantoni
Sanchez Bejarano - Fernando Tortosa - Ricardo de Fabra
Lot de grande qualité, vuelta du cinquième Sordero et triomphe de Fernando Tortosa.
1973 Salvador Guardiola Fantoni
José Suarez "Joselito" - Juan Montiel - Alberto Ruiz
Les novillos braves, encastés, plein de feu (vuelta du 6) rendent l'après-midi passionnant. Le pauvre José Suarez en fait les frais. Malgré sa bonne volonté, il subit une déroute totale qui reste dans les mémoires grâce aux émouvants clichés pris par Jacques Cathalaa.
1974 Salvador Guardiola Fantoni
Curro Gonzalez - El Cali - Pedro Somolinos
Les Guardiola sont beaux et braves mais leur faiblesse de pattes rend l'après-midi pesante.
1979 Señores Guardiola Dominguez
Mario Triana - Aguilar Granada - Richard Milian
Grand triomphe de Richard Milian au dernier novillo après une excellente faena (la meilleure que je lui ai vu faire) et une grande estocade.
2011 Fidel San Roman
Carlos Duran - Mathieu Guillon - Javier Jimenez
Une excellente journée taurine
Photos Xavier Martin (avril 2012)
lundi 4 juin 2012
Grand écart
Vendredi
Madrid, Las Ventas via le petit écran
Mon unique course de la San Isidro. A mon goût, l'un des meilleurs cartels de la feria. Toros de Cuadri, présence de Javier Castaño et de sa cuadrilla ainsi que de deux honorables diestros, curtidos en mil batallas, Rafaelillo et Luis Bolivar. Mais, dans une Espagne hantée par la crise, est-il possible aujourd'hui de voir une bonne course à Madrid?
Un signe : Javier Castaño, avec une inconscience incroyable, quitte le toro des yeux pour demander le changement de tercio. La voltereta est terrible. Javier se relève livide, titubant; il rejoindra plus tard l'infirmerie. La course a du plomb dans l'aile.
Les Cuadri sont lourds, sérieux mais sans brio. Les chiffres parlent : 13 piques avec beaucoup de scories, pas une chute et pourtant des tíos de plus de 600 kg. A la muleta ils vont a menos, la tête souvent dans les airs.
Une partie du public est infâme, traite les matadors comme des chiens. Bolivar est sifflé avant d'avoir commencé à toréer. A la fin de la course, ce même public oblige le mayoral à saluer; sur son tendido, Fernando Cuadri, la mine songeuse, n'a pas l'air dupe.
Dimanche
Captieux, novillada de village en fête
Ici tout semble simple et léger, pourtant on fait les choses sérieusement.
Le lot de novillos de Vicente Ruiz est de présentation irréprochable. Novillos mansos mais solides et mobiles avec une tendance à chercher la sortie au fur et à mesure de leur lidia.
Le tercio de piques (9 au total) est assez bien mené, plusieurs novillos étant placés à distance.
Les novilleros ont un bagage technique qui ne demande qu'à se développer et des courses comme celle du jour sont pour eux une bonne occasion de le faire : il y a des problèmes mais toréer permet de les résoudre.
Alberto Duran sera le moins en vue d'autant qu'il tue très médiocrement.
Juan Leal (oreille - oreille) a la planta torera et se sent torero. Il a tendance toutefois à abuser du toreo encimiste en fin de faena.
David Martin Escudero a de bonnes manières. Quelques belles naturelles au 6 et une excellente estocade lui vaudront deux oreilles.
Si l'on n'aime pas les fins triomphalistes c'est maintenant, à la mort du dernier novillo, qu'il faut quitter la plaza. Car les Capsylvains se délectent, en fin de soirée, à voir sortir en triomphe le plus de monde possible.
Ici on n'est pas à Madrid!
Alberto Duran au premier novillo
jeudi 31 mai 2012
Ma feria de Vic (3)
Viva Santa Coloma
Il est rare d'assister dans une arène à un effondrement aussi massif que celui dont fut victime Raul VELASCO. Une inhibition totale, l'incapacité de faire appel au moindre geste technique, un seul réflexe la fuite. On imagine la souffrance de l'homme.
On mesura par comparaison à quel point le mérite de Julien LESCARRET et de JOSELILLO fut grand. Capacité à rester quieto, à aguantar les charges d'un animal de 500kg, à réfléchir au fur et à mesure du déroulement du combat pour trouver les solutions appropriées. Cela, tous deux purent le faire.
Il y eut dans le lot de FLOR de JARA deux très bons toros.
Rabinegro, sorti en deuxième position, brave et d'une noblesse allègre sur la corne droite (vuelta). Juan BAUTISTA lui donne une faena rythmée, agréable mais superficielle (oreille).
Gallinita magnifique cárdeno sorti en quatrième position fut un des toros les plus intéressant de la feria. Brave et puissant, d'une charge rugueuse, con mucho que torear. Face à lui Antonio BARRERA, qui remplaçait Ivan Fandiño blessé, n'abdiqua jamais et confirma son excellente tarde d'hier.
David MORA, lui, face à deux toros plus fades ne put faire mieux que montrer son élégance et son bon goût.
photos : toros des frères Granier "La Cruz"
Gallinita de Flor de Jara
mercredi 30 mai 2012
Ma feria de Vic (2)
La corrida-concours
Mirasoles de CARRIQUIRRI (origine Nuñez) est un petit mais harmonieux cinqueño à la robe tigrée (chorreado). Il tire des gañafones à la cape puis pousse correctement sous 3 piques traseras après avoir longtemps hésité à se lancer. Court de charge, soso mais noble dans la muleta persuasive d'Antonio Barrera. Palmas à l'arrastre.
Rastrojero de José Joaquin MORENO DE SILVA (Saltillo) prend 4 piques peu convaincantes avec une tendance à trottiner pour se lancer à l'assaut et à sortir seul. En revanche, il est mobile, solide et fait preuve d'une belle noblesse très pastueña au troisième tiers, rappelant que les Saltillo ont été au début du XXème siècle les favoris des figuras. Ovation.
Torreon de Fidel SAN ROMAN (Villamarta par Guardiola) est un toro de grand trapío, negro, hondo. Il s'élance de loin et sans hésiter pour 4 piques dont la dernière al regaton. Certaines trop dures, traseras, avec carioca. Son début de combat à la muleta autorise tous les espoirs car il fait preuve de fixité et de noblesse dans ses premières charges. Hélas! très vite il montre des signes d'épuisement puis se raidit et ne charge plus, il est visiblement à bout de force, incapable désormais du moindre mouvement. Ovation toutefois à la dépouille du brave animal et beaucoup d'interrogations sur cette baisse de régime : excès de châtiment à la pique ? excès de muscles inutiles, un culturiste plutôt qu'un athlète? alimentation inadaptée qui ne favorise pas l'effort long (cf la thèse du vétérinaire Hubert Compan)?
Le quadrupède provenant des pâturages d' Esteban ISIDRO avait un physique parfait de cabestro, pelage, cornes, allure générale, les couilles en plus. Il en avait aussi le mental : un vrai morucho indigne de figurer dans une corrida-concours. Le paradoxe est qu'il fut, grâce à la fabuleuse lidia que lui donna Antonio Barrera, le protagoniste du moment le plus fort de la feria. Ovation à sa dépouille!
Le pensionnaire d'ALCURRUCEN (Nuñez) un cinqueño giron et grassouillet manque de fixité sous 4 piques anodines. La noblesse de sa corne droite restera inexploitée par Ivan Garcia. Silence.
Enfin le pensionnaire de La REINA (un domecq de Joselito) est un musculeux jabonero à l'armure escobillée. Brave mais tardo en 3 piques puis faible de pattes et quedado à la muleta. Silence.
L'an dernier, Ivan GARCIA avait été la bonne surprise de la feria. Cette année, malgré un sorteo favorable, il erra comme une âme en peine, sans illusions, sans sitio.
Avec deux toros vite éteints Morenito de ARANDA ne put que montrer ses bonnes manières.
Le grand bonhomme du jour fut Antonio BARRERA. Il montra sa meilleure face, celle d'un torero maduro, d'un lidiador efficace et d'un homme courageux et responsable. Son combat contre l'impressionnant morucho d'Esteban Isidro restera pour moi le grand moment de cette feria.
Alternant intelligemment tentative de toreo moderne (les publics d'aujourd'hui ne sauraient s'en passer), toreo de jambes et toreo de châtiment il parvint à réduire la bête avant de l'estoquer avec un engagement total. Et il en fallait du courage pour aller mettre cette épée au-delà des cornes démesurées du monstre. Une grosse oreille et le respect de l'aficion.
Le prix du toro le plus brave a été attribué à Rastrojero de José Joaquin Moreno de Silva.
Photos : ci-dessus, Rastrojero de J. J. Moreno de Silva
en haut de la page, Torreon de Fidel San Roman
mardi 29 mai 2012
Ma feria de Vic 2012 (1)
Lorsque j'ai quitté Vic lundi en début d'après-midi c'est avec le sentiment d'y avoir trouvé (en partie) ce que j'étais venu y chercher : des toros dignes de ce nom, des tercios de pique qui permettent de mettre en valeur ces mêmes toros. Certes nous fûmes loin de la perfection, le but n'étant pas de l'atteindre mais de sentir qu'il y a une volonté de le faire. C'est d'ailleurs dans ce domaine que, pour bien des choses, le bât vicois blesse. On a en effet parfois l'impression que dans certains de leurs choix, les organisateurs ne vont pas jusqu'au bout de leur idéal proclamé. Deux des toros d'Escolar Gil n'auraient jamais dû sortir dans le ruedo vicois; on a déjà beaucoup glosé - ici et ailleurs - sur les choix étranges des élevages de la corrida-concours; enfin, en dehors des corridas extraordinaires (concours et toros de France) on a le sentiment que rien n'est vraiment entrepris pour favoriser le tercio de piques. Malgré cela, au final quelques sujets de satisfaction : une corrida-concours assez intéressante et deux lots de toros d'un grand intérêt, celui des frères Granier dimanche puis celui de Flor de Jara lundi.
Mais je vais aussi à Vic dans l'espoir d'assister à de belles faenas car c'est devant le toro sérieux que l'on présente généralement ici que le toreo artistique prend toute sa valeur et son importance, qu'il permet à l'aficionado d'en savourer toute la profondeur et d'en garder les traces vives.
Hélas dans ce domaine, cette année, la récolte est bien maigre. Le hasard, qui joue son rôle dans le déroulement d'une feria, a laissé sans possibilité des toreros tels que Sergio Aguilar, Morenito de Aranda ou David Mora. D'autres, en revanche, comme Ivan Garcia ou Raul Velasco n'ont pas été capables de tirer parti d' adversaires de valeur.
Chaque corrida a commencé avec le même rituel : la bronca essuyée par le maire lorsqu'il remettait les clés du toril à l'alguazil.
Je comprends la colère des épiciers et cafetiers locaux - sans doute nombreux sur les étagères - devant le manque à gagner qu'a constitué pour eux une fête qui s'est déroulée cette année avec un public réduit.
A vrai dire, au delà de la bronca qui grondait, on voyait aussi beaucoup de spectateurs applaudir. Je m'en suis réjoui car je ne suis pas de ceux qui pensent que promouvoir des beuveries collectives généralisées pour mieux faire accepter le manque d'illusion, le vide de l'existence et la soumission le reste de l'année soit digne d'une société qui se prétend hautement civilisée.
Toujours est-il que la suppression de la fête "en ville" n'a pas enlevé beaucoup de spectateurs aux arènes. Les entrées réalisées (trois-quart d'arène pour chacune des corridas) m'ont semblé de nature à réjouir le trésorier du Club Taurin Vicois.
La corrida d'Escolar Gil
Le retour attendu de l'élevage de José ESCOLAR GIL a été une déception en raison du manque de trapío du lot avec en particulier deux toros anovillados qui furent fortement protestés.
La corrida valut surtout par le comportement des hommes.
EL FUNDI actua en maestro retrouvé. Il améliora et domina ses deux toros. Pour sa dernière prestation ici il dut affronter l'hostilité du public mis à cran par le peu de prestance du quatrième toro. Heureusement celui-ci se montra le plus encasté du lot ce qui permit au "gendre du ganadero" de se battre et de montrer à tous qu'il était revenu non loin de son meilleur niveau. Il eut sans doute le tort de trop prolonger la faena ce qui occasionna des difficultés à la mort et l'empêcha de couper une oreille qui aurait permis une despedida plus souriante et plus en rapport avec les tardes glorieuses qu'il a connues sur le sable vicois.
Fernando ROBLEÑO actua lui aussi, tant de cape que de muleta, à un excellent niveau. Il torea le 5 (seul beau Escolar Gil de l'après-midi) avec temple exquis, réussissant parfaitement à s'adapter à la noblesse doucereuse de son adversaire. Vuelta après pinchazo et belle entière.
Sergio AGUILAR ne put briller que dans la belle réception de son premier par véroniques en parones. Le sixième, véritable alimaña, lui vint directement dessus à la troisième passe de cape (forte cogida) et le prit à nouveau de plein fouet lors d'une naturelle citée avec trop de sincérité pour un tel adversaire.
samedi 26 mai 2012
Toros en Gironde 2012
dimanche 3 juin
matin
tienta de vaches des frères Bats par les élèves du Centre Français de Tauromachie (Nîmes)
17h novillada
Vicente Ruiz
Alberto Duran - Juan Leal - Martin Escudero
plus d'info sur Rugby y Toros, le blog

LA BREDE
samedi 23 juin
11h novillada sans picadors
frères Bats
Clementito - Jean Baptiste Molas
18h corrida
Baltasar Iban
Antonio Nazaré - Arturo Saldivar - Thomas Dufau
programme ici
Les arènes girondines ont toujours le chic pour élaborer des cartels originaux et intéressants.
A Captieux on pourra découvrir un élevage totalement inconnu (origine domecq ) ainsi que le novillero Alberto Duran dont on dit le plus grand bien.
A La Brède les toros de Baltasar Iban, eux, ne sont plus à présenter; ils seront combattus par un trio de jeunes aux dents plus ou moins longues. La belle affiche de Loren rappelle que La Brède est située au cœur du vignoble des Graves.
dimanche 20 mai 2012
Culture plurielle ou ovinisation
Pour signer, si ce n'est déjà fait, la pétition contre la suppression de la rubrique Tauromachie dans Libération :
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N24507
Pour, sur le même sujet, lire le beau texte d'Olivier Deck, paru sur son blog Tauromaquis :
Je ne suis pas l'Autre (de Blondin à Durand)
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N24507
Pour, sur le même sujet, lire le beau texte d'Olivier Deck, paru sur son blog Tauromaquis :
Je ne suis pas l'Autre (de Blondin à Durand)
jeudi 17 mai 2012
Toreros, film d'Eric Barbier
Film de fiction sorti en 2000, tourné avec des acteurs de renom, Toreros est, comme son titre l'indique, un véritable film taurin. Et chose surprenante pour un film de cette catégorie, il ne s'agit pas d'un sympathique nanar mais d'un excellent film.
Il faut dire qu' Eric Barbier est un bon réalisateur, à la carrière hélas longtemps oblitérée par l'échec commercial de son premier film Le brasier. Savoir s'entourer de personnes compétentes fait partie du talent et l'on est ici en bonne compagnie avec non seulement Alain Montcouquiol qui officie en tant que conseiller technique (il parle longuement de cette expérience dans son livre Le fumeur de souvenirs), mais aussi Jacques Durand qui a participé au scénario. Ces collaborations ne sont sans doute pas étrangères au regard juste que porte le film sur un monde dur, picaresque, celui des courses de village, des sans-grade (ici les enanitos), des ratés de la profession. Un monde d'illusions perdues qui tournent au pitoyable, au sordide, au tragique aussi.
La face lumineuse de ce film sombre est incarnée par le maestro José Miguel Arroyo qui joue ici son propre rôle (on le voit également, dans des images d'archive, toréer à Las Ventas).
L'autre réussite du film est la manière dont nous est montrée la complexité des relations entre le jeune matador (Olivier Martinez) et son père (Claude Brasseur, remarquable dans le rôle d'un homme ignoble).
Enfin, pépite incluse dans le film et qui rajoute encore à sa noirceur, une des séquences est la parfaite adaptation à l'écran de la nouvelle d'Hemingway La capitale du monde.
dimanche 6 mai 2012
Plus jamais ça!
Après cinq ans de honte nous voilà enfin débarrassés de ce sale type.
La plus belle faena de l'année!
vendredi 4 mai 2012
Balade flamenca (3)
Vous prenez les mots de Ludovic Pautier - dits par lui-même, les photos de Jean Louis Duzert -projetées sur grand écran par lui-même, la musique flamenca jouée par le guitariste Tony Hernandez accompagné d'Ahmed aux palmas... et vous obtenez un spectacle formidable, une fusion des sens encore amplifiée si vous avez en main un verre de Jerez fino des bodegas Lustau, que dehors l'orage gronde et que vous êtes dans un château con solera aux planchers qui craquent et sentent la cire. Je crois bien que le duende a visité le château Bardins ce soir-là.
Et j'espère que d'autres publics, en d'autres lieux, éprouveront un aussi grand plaisir que fut le mien à savourer la prestation des quatre artistes.
Photo tirée du blog L'instinct des thés... et divers
mardi 1 mai 2012
Balade flamenca (2)
Cette balade continue avec un magnifique petit livre de poésie édité, avec un raffinement palimpsestueux par Atelier Baie et à nouveau signé Ludovic Pautier. Sous-titré Poésie et flamenco, cet Ivoire brisé nous mène aux confins de la terre promise qui surgit parfois au cours d'une soirée flamenca lorsque le duende s'empare du cantaor.
Hommage à des artistes, évocations de chants, d'accords, de lieux, d'instants, qui par la magie des mots du poète demeurent comme l'écho de moments de vie qui se refusent à disparaître.
Ludovic Pautier est un passeur. Ses mots ont de la saveur, ses poèmes du rythme.
L' étoile ployée de sa bouche dit
d'une langue
l'huile et le limon,
se couvre
de fragiles craies
et fronce
le silence.
Au second souffle
il y a secousse
d'ivoire brisé,
celui de la hanche d'El Viejo, son père
qui alignait les rails sans se plaindre jusqu'au feu de camp.
Sa seguiriya
ralentissait les locomotives.
"Agujetas"
avec le poing encore haut,
quand ta langue
se tait,
son incision
un infime suinté de sang,
se prolonge
jusqu'au souffle de l'autre
jusqu'au poids de sa chair.
(fin du poème "Agujetas", p. 9)
Ludovic Pautier, Ivoire brisé. Poésie & flamenco, Atelier Baie, 2011
dimanche 29 avril 2012
Balade flamenca (1)
Classiques photos de concert, détails, mouvements, portraits, moments volés à l'intime, Jean Louis Duzert - 20 ans de photographies flamencas - excelle en tout.
Dans ce livre aux mille richesses chaque page est un miroir qui nous ouvre à l'esprit du flamenco, chaque photo un monde dans lequel on ne se lasse pas de pénétrer.
Mais le meilleur des cantaores a besoin de toques, palmas y jaleos. C'est Ludovic Pautier qui, par ses mots riches et précieux, accompagne parfaitement le maestro photographe. En alternant récits, portraits, réflexions sur le cante, par la grâce d'une langue savoureuse et poétique, il réussit cette gageure de dire sa foi en cet art sans alphabet.
Pour les ordinaires spectateurs-lecteurs que nous sommes, un livre qui permet d'approcher ces lieux où, selon la formule de Lorca, ''les formes se fondent dans un désir qui brûle au dessus de leurs aspirations visibles''.
Jean Louis Duzert (photograhies), Ludovic Pautier (texte) - avec traduction en espagnol et en anglais,
Balada Flamenca - 20 ans de Flamenco dans l'œil du photographe,
Les éditions de l'atelier In8, 2011
jeudi 26 avril 2012
Cartels de Mont de Marsan, Orthez, Tyrosse
La corrida a ses raisons que la raison ignore. En cette année 2012, les ferias de Mont de Marsan, Tyrosse et Orthez vont avoir lieu en même temps. Du jamais vu dans le Sud-Ouest. Paradoxalement, le week-end précédent - rien moins que celui du 14 juillet - restera vierge de toute corrida.
Voici les cartels :
Mardi 17 juillet
Mont de Marsan
concours landais (21h)
Mercredi 18 juillet
Mont de Marsan
Parladé
Morante de la Puebla - J. M. Manzanares - Daniel Luque
Jeudi 19 juillet
Mont de Marsan
Margé
Enrique Ponce - J. J. Padilla - Mathieu Guillon (Alt.)
Vendredi 20 juillet
Mont de Marsan
Fuente Ymbro
Matias Tejela - Ivan Fandiño - David Mora
Samedi 21 juillet
Mont de Marsan
nov. Alcurrucen (11h)
Conchi Rios - Juan Leal - Alvaro Sanlucar
Jandilla
El Juli - Alejandro Talavante - Thomas Dufau
Orthez
nov. Fernando Pereira Palha (11h)
Ivan Abasolo - Imanol Sanchez
Veiga Teixeira
Fernando Robleño - Paulita - Serafin Marin
Dimanche 22 juillet
Mont de Marsan
José Escolar Gil
Fernando Robleño - Javier Castaño - Julien Lescarret
Tyrosse
El Tajo y La Reina (Joselito)
El Fundi - Manuel Escribano - Ivan Fandiño
Si je n'ai pas trop mal compris, la responsabilité de cet embouteillage taurin incomberait aux Montois qui, sans se préoccuper des autres, ont décalé leur féria de quelques jours.
Une bonne raison, pour moi, de ne pas reprendre mon abonnement et de filer le samedi à Orthez et le dimanche à Tyrosse où El Fundi fera sa despedida française dans un cartel des plus intéressants.
Il n'en reste pas moins vrai que les corridas de Mont de Marsan sont bien plus attrayantes que celles de l'an dernier. Je constate toutefois que Simon Casas - pas plus que les autres - ne fait de miracles puisqu'on retrouve les matadors les plus précieux (Morante et Manzanares) face à l'un des pires élevages qui soit (Parladé). Et je constate aussi hélas que les voisins dacquois ne font pas mieux; on pourra en effet y voir nos deux compères avec du Zalduendo, élevage qui fracasse de manière parfaitement régulière depuis des années. Un beau gâchis en perspective!
Voici les cartels :
Mardi 17 juillet
Mont de Marsan
concours landais (21h)
Mercredi 18 juillet
Mont de Marsan
Parladé
Morante de la Puebla - J. M. Manzanares - Daniel Luque
Jeudi 19 juillet
Mont de Marsan
Margé
Enrique Ponce - J. J. Padilla - Mathieu Guillon (Alt.)
Vendredi 20 juillet
Mont de Marsan
Fuente Ymbro
Matias Tejela - Ivan Fandiño - David Mora
Samedi 21 juillet
Mont de Marsan
nov. Alcurrucen (11h)
Conchi Rios - Juan Leal - Alvaro Sanlucar
Jandilla
El Juli - Alejandro Talavante - Thomas Dufau
Orthez
nov. Fernando Pereira Palha (11h)
Ivan Abasolo - Imanol Sanchez
Veiga Teixeira
Fernando Robleño - Paulita - Serafin Marin
Dimanche 22 juillet
Mont de Marsan
José Escolar Gil
Fernando Robleño - Javier Castaño - Julien Lescarret
Tyrosse
El Tajo y La Reina (Joselito)
El Fundi - Manuel Escribano - Ivan Fandiño
Si je n'ai pas trop mal compris, la responsabilité de cet embouteillage taurin incomberait aux Montois qui, sans se préoccuper des autres, ont décalé leur féria de quelques jours.
Une bonne raison, pour moi, de ne pas reprendre mon abonnement et de filer le samedi à Orthez et le dimanche à Tyrosse où El Fundi fera sa despedida française dans un cartel des plus intéressants.
Il n'en reste pas moins vrai que les corridas de Mont de Marsan sont bien plus attrayantes que celles de l'an dernier. Je constate toutefois que Simon Casas - pas plus que les autres - ne fait de miracles puisqu'on retrouve les matadors les plus précieux (Morante et Manzanares) face à l'un des pires élevages qui soit (Parladé). Et je constate aussi hélas que les voisins dacquois ne font pas mieux; on pourra en effet y voir nos deux compères avec du Zalduendo, élevage qui fracasse de manière parfaitement régulière depuis des années. Un beau gâchis en perspective!
vendredi 13 avril 2012
Arles 2012, corrida de Fuente Ymbro
Après les Miuras de la veille encore une déception ganadera avec une nouvelle série de toros faibles ou invalides. FUENTE YMBRO est-il un élevage surévalué? qui produit trop? Réponse dans les semaines à venir.
Aujourd'hui seuls les deux derniers présentaient de l'intérêt. Le cinquième, un jabonero sucio de charge vibrante et de tête agitée permettait sans doute mieux que ce que nous proposa David MORA encore que sa faiblesse, masquée par une tauromachie linéaire, n'aurait peut-être pas supporté un toreo plus engagé.
Bonne actuacion d'Ivan FANDIÑO, le probe et sérieux matador basque (oreille et oreille).
Pour le jeune Thomas DUFAU cette corrida constituait un test d'importance. Elle était située loin de ses terres d'Aquitaine sur lesquelles il bénéficie de la présence d'un public tout acquis à sa cause. Il était opposé à un élevage considéré comme sérieux et dont la présentation correspondait à ce que l'on est en droit d'attendre d'une arène de 1ère catégorie.
Son premier adversaire avait montré de l'invalidité au cours des deux premiers tercios et avait été protesté en conséquence. L'affaire se présentait donc mal, mais, grâce à un début de faena engagé et alluré, Thomas sut gagner la sympathie du public ... et du toro qui consentit à se livrer. Ce fut là le meilleur de son après-midi. Car, comme il le fait trop fréquemment, il passa alors aux sempiternelles culerinas qui nous privèrent de quelques naturelles sur la bonne corne gauche du bicho et ne recueillirent que de tièdes applaudissements. Une entière très en arrière et salut au tiers.
Face au sixième, un toro imposant, solide et encasté, le Landais ne trouva jamais ses marques. Il avait commencé sa faena par des cambios qui portèrent sur le public. Puis on sentit qu'il y avait trop de toro pour lui - sa carrière très protégée jusqu'ici ne lui a pas permis d'en voir beaucoup d'aussi sérieux. Il s'inhiba, se mit en danger mais eut le pundonor de tuer d'une bonne entière.
Aujourd'hui seuls les deux derniers présentaient de l'intérêt. Le cinquième, un jabonero sucio de charge vibrante et de tête agitée permettait sans doute mieux que ce que nous proposa David MORA encore que sa faiblesse, masquée par une tauromachie linéaire, n'aurait peut-être pas supporté un toreo plus engagé.
Bonne actuacion d'Ivan FANDIÑO, le probe et sérieux matador basque (oreille et oreille).
Pour le jeune Thomas DUFAU cette corrida constituait un test d'importance. Elle était située loin de ses terres d'Aquitaine sur lesquelles il bénéficie de la présence d'un public tout acquis à sa cause. Il était opposé à un élevage considéré comme sérieux et dont la présentation correspondait à ce que l'on est en droit d'attendre d'une arène de 1ère catégorie.
Son premier adversaire avait montré de l'invalidité au cours des deux premiers tercios et avait été protesté en conséquence. L'affaire se présentait donc mal, mais, grâce à un début de faena engagé et alluré, Thomas sut gagner la sympathie du public ... et du toro qui consentit à se livrer. Ce fut là le meilleur de son après-midi. Car, comme il le fait trop fréquemment, il passa alors aux sempiternelles culerinas qui nous privèrent de quelques naturelles sur la bonne corne gauche du bicho et ne recueillirent que de tièdes applaudissements. Une entière très en arrière et salut au tiers.
Face au sixième, un toro imposant, solide et encasté, le Landais ne trouva jamais ses marques. Il avait commencé sa faena par des cambios qui portèrent sur le public. Puis on sentit qu'il y avait trop de toro pour lui - sa carrière très protégée jusqu'ici ne lui a pas permis d'en voir beaucoup d'aussi sérieux. Il s'inhiba, se mit en danger mais eut le pundonor de tuer d'une bonne entière.
jeudi 12 avril 2012
Arles 2012, corrida de Miura
Chaque lot de MIURA combattu ramène l'aficionado à la même question, celle de la fidélité à la légende. Cette légende s'est construite peu à peu, à partir d'événements extraordinaires parmi lesquels la mort de nombreux matador tient une place essentielle. Chaque course est l'occasion de comparer le comportement des toros que l'on voit ici et maintenant avec l'idée que l'on se fait de ce que doit être un toro de Miura. Cet idéal du Miura pourrait tenir, sous sa forme épurée, en trois mots : présentation, puissance, dangerosité.
Qu'en fut-il des Miuras de cette feria arlésienne?
En ce qui concerne la présentation, on peut la considérer comme bonne et conforme à la légende avec même une heureuse surprise pour les cornes. Il y a en effet belle lurette que je n'avais vu des pitones aussi astifinos chez Miura. Il me vient à l'esprit la miurada de 1993 (ma première miurada en ces lieux) où tous les toros arboraient des armures détruites, parfois de simples moignons.
Ce qui peut inquiéter en revanche c'est l'uniformisation des robes. Cinq toros sur six cárdenos, voilà qui est inhabituel dans un élevage connu pour la grande variété de ses pelages.
En ce qui concerne le poder ce fut une véritable bérézina à laquelle l'élevage ne nous a ces derniers temps que trop habitué. Il y eut deux toros invalides (le 4 et le 5), impropres au combat de l'arène; deux toros d'une grande faiblesse (le 2 et le 3); le premier sans faiblesse mais sans poder. Seul le dernier fut conforme à l'image que l'on peut se faire d'un Miura.
Venons-en maintenant à leur dangerosité.
Avec deux extrêmes :
- le sixième pose, à la muleta, de sérieux problèmes à son matador. Il accepte les passes et charge franchement à condition que le placement du torero soit parfait; ce qu'il refuse en revanche c'est le toreo lié qu'essaie de pratiquer Savalli : à la deuxième passe la charge se raccourcit et à la troisième il vient sur l'homme. Dondequiera, negro bragado cinqueño de 600 kg est le plus miura du lot, le seul du jour à sauver l'honneur de la devise.
- à l'opposé, Remontisto, sorti en deuxième position fait preuve dans la muleta de Javier Castaño d'une noblesse qui confine très vite à l'innocence et à la fadeur. Il est auparavant allé au cheval avec facilité mais son manque de caractère s'il ne l'empêcherait pas d'être considéré comme un assez bon toro d'une ganaderia commerciale ne peut en faire qu'un médiocre Miura.
En fin de compte les meilleurs moments de la tarde, ceux où les Miuras furent le plus miuras eurent lieu lors de leur sortie en piste. Ils se montrèrent alors plein de fureur et les regards provocateurs qu'ils lancèrent aux occupants du callejon - leur hauteur le leur permettait - restèrent hélas sans suite.
Mehdi SAVALLI fut, à ses deux toros, remarquable tant lors de ses réceptions à la cape pleines d'art, de sincérité et de dominio que lors de ses paires de banderilles qui mirent les étagères en ébullition. On se souviendra en particulier d'un quiebro inattendu au sixième. Hélas pour lui tout se complique par la suite.
Qu'en fut-il des Miuras de cette feria arlésienne?
En ce qui concerne la présentation, on peut la considérer comme bonne et conforme à la légende avec même une heureuse surprise pour les cornes. Il y a en effet belle lurette que je n'avais vu des pitones aussi astifinos chez Miura. Il me vient à l'esprit la miurada de 1993 (ma première miurada en ces lieux) où tous les toros arboraient des armures détruites, parfois de simples moignons.
Ce qui peut inquiéter en revanche c'est l'uniformisation des robes. Cinq toros sur six cárdenos, voilà qui est inhabituel dans un élevage connu pour la grande variété de ses pelages.
En ce qui concerne le poder ce fut une véritable bérézina à laquelle l'élevage ne nous a ces derniers temps que trop habitué. Il y eut deux toros invalides (le 4 et le 5), impropres au combat de l'arène; deux toros d'une grande faiblesse (le 2 et le 3); le premier sans faiblesse mais sans poder. Seul le dernier fut conforme à l'image que l'on peut se faire d'un Miura.
Venons-en maintenant à leur dangerosité.
Avec deux extrêmes :
- le sixième pose, à la muleta, de sérieux problèmes à son matador. Il accepte les passes et charge franchement à condition que le placement du torero soit parfait; ce qu'il refuse en revanche c'est le toreo lié qu'essaie de pratiquer Savalli : à la deuxième passe la charge se raccourcit et à la troisième il vient sur l'homme. Dondequiera, negro bragado cinqueño de 600 kg est le plus miura du lot, le seul du jour à sauver l'honneur de la devise.
- à l'opposé, Remontisto, sorti en deuxième position fait preuve dans la muleta de Javier Castaño d'une noblesse qui confine très vite à l'innocence et à la fadeur. Il est auparavant allé au cheval avec facilité mais son manque de caractère s'il ne l'empêcherait pas d'être considéré comme un assez bon toro d'une ganaderia commerciale ne peut en faire qu'un médiocre Miura.
En fin de compte les meilleurs moments de la tarde, ceux où les Miuras furent le plus miuras eurent lieu lors de leur sortie en piste. Ils se montrèrent alors plein de fureur et les regards provocateurs qu'ils lancèrent aux occupants du callejon - leur hauteur le leur permettait - restèrent hélas sans suite.
Mehdi SAVALLI fut, à ses deux toros, remarquable tant lors de ses réceptions à la cape pleines d'art, de sincérité et de dominio que lors de ses paires de banderilles qui mirent les étagères en ébullition. On se souviendra en particulier d'un quiebro inattendu au sixième. Hélas pour lui tout se complique par la suite.
mercredi 11 avril 2012
Arles 2012, la corrida des vieux : Ruiz Miguel for ever
Ruiz Miguel, Victor Mendes, El Fundi.
Le cartel de la despedida arlésienne du Fundi avait tout l'air d'un OVNI traversant le ciel de la planète taurine. Il faisait figure d'habile montage destiné à parer la mise à l'écart (justifiée) des vedettes pour cause de prétentions excessives. Bien sûr l'âge des participants (63 ans pour Ruiz Miguel et 53 pour Mendes) et l'éventuel manque de sérieux du bétail pouvaient faire craindre une tarde tournant au grotesque. Pourtant, l'annonce de ce cartel avait avant tout constitué, pour moi, un véritable bain de jouvence : l'impression d'être revenu, par le coup de baguette magique d'une fée taurine, un quart de siècle en arrière!
RUIZ MIGUEL, d'entrée, dissipa tous les doutes. Sans un atome de graisse, débordant d'énergie, sautant la barrière comme un jeune homme, il illumina l'après-midi par son enthousiasme et sa toreria. Toreria car il toréa avec une sincérité, un naturel, une pureté qui constituèrent une leçon de bien toréer à l'usage des jeunes générations. On retrouva aussi le Ruiz Miguel cabochard qui houspille sa cuadrilla (pourtant remarquable) et cabotin qui aime et suscite les applaudissements. Ce qu'on ne vit pas, en revanche, et il est bon de le préciser pour ceux, nombreux, qui le découvraient ce jour, c'est le belluaire aux nerfs d'acier, capable de réduire et de dominer les toros les plus âpres. Il profita, en effet, d'un sorteo particulièrement favorable. Un premier toro très bien présenté mais très noble et faible de pattes, puis un petit toro de réserve d'Antonio Palla, vif et noble mais qui, par manque de fond comme ses frères cadets du matin, baissa de pied après les deux premières séries. On ne saura donc jamais si, face aux 2, 5 ou 6, toros très sérieux, con casta y poder, on aurait retrouvé le Ruiz Miguel de légende, celui qui nous a tant fait vibrer il y a de cela plus de vingt-cinq ans.
Malgré sa bonne volonté, face à deux toros qui excédaient largement ses possibilités actuelles, Victor MENDES n'a pas pu.
EL FUNDI, dans un jour noir, ne dut qu' à l'émotion légitime suscitée par sa despedida de recevoir des applaudissements. Mais la tauromachie a ses mystères, le lendemain il coupait une oreille à Madrid, plaza avec laquelle il a toujours entretenu des relations difficiles...
Respectueux d'eux-mêmes, de leur passé, du public, Ruiz Miguel, Victor Mendes et El Fundi sont venus à Arles avec la corrida la mieux présentée et la plus encastée de la feria. Six toros con trapío, majoritairement castaños, envoyés par le conde de MAYALDE, et dont l'origine contreras et domecq les apparente aux Baltasar Iban. Parmi eux trois toros de trois piques, gardant jusqu'à la fin du combat mobilité et volonté d'en découdre. Mayalde un élevage digne d'intérêt.
Le cartel de la despedida arlésienne du Fundi avait tout l'air d'un OVNI traversant le ciel de la planète taurine. Il faisait figure d'habile montage destiné à parer la mise à l'écart (justifiée) des vedettes pour cause de prétentions excessives. Bien sûr l'âge des participants (63 ans pour Ruiz Miguel et 53 pour Mendes) et l'éventuel manque de sérieux du bétail pouvaient faire craindre une tarde tournant au grotesque. Pourtant, l'annonce de ce cartel avait avant tout constitué, pour moi, un véritable bain de jouvence : l'impression d'être revenu, par le coup de baguette magique d'une fée taurine, un quart de siècle en arrière!
RUIZ MIGUEL, d'entrée, dissipa tous les doutes. Sans un atome de graisse, débordant d'énergie, sautant la barrière comme un jeune homme, il illumina l'après-midi par son enthousiasme et sa toreria. Toreria car il toréa avec une sincérité, un naturel, une pureté qui constituèrent une leçon de bien toréer à l'usage des jeunes générations. On retrouva aussi le Ruiz Miguel cabochard qui houspille sa cuadrilla (pourtant remarquable) et cabotin qui aime et suscite les applaudissements. Ce qu'on ne vit pas, en revanche, et il est bon de le préciser pour ceux, nombreux, qui le découvraient ce jour, c'est le belluaire aux nerfs d'acier, capable de réduire et de dominer les toros les plus âpres. Il profita, en effet, d'un sorteo particulièrement favorable. Un premier toro très bien présenté mais très noble et faible de pattes, puis un petit toro de réserve d'Antonio Palla, vif et noble mais qui, par manque de fond comme ses frères cadets du matin, baissa de pied après les deux premières séries. On ne saura donc jamais si, face aux 2, 5 ou 6, toros très sérieux, con casta y poder, on aurait retrouvé le Ruiz Miguel de légende, celui qui nous a tant fait vibrer il y a de cela plus de vingt-cinq ans.
Malgré sa bonne volonté, face à deux toros qui excédaient largement ses possibilités actuelles, Victor MENDES n'a pas pu.
EL FUNDI, dans un jour noir, ne dut qu' à l'émotion légitime suscitée par sa despedida de recevoir des applaudissements. Mais la tauromachie a ses mystères, le lendemain il coupait une oreille à Madrid, plaza avec laquelle il a toujours entretenu des relations difficiles...
Respectueux d'eux-mêmes, de leur passé, du public, Ruiz Miguel, Victor Mendes et El Fundi sont venus à Arles avec la corrida la mieux présentée et la plus encastée de la feria. Six toros con trapío, majoritairement castaños, envoyés par le conde de MAYALDE, et dont l'origine contreras et domecq les apparente aux Baltasar Iban. Parmi eux trois toros de trois piques, gardant jusqu'à la fin du combat mobilité et volonté d'en découdre. Mayalde un élevage digne d'intérêt.
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