jeudi 17 mai 2012

Toreros, film d'Eric Barbier



Dans Le fumeur de souvenirs, son dernier livre, Alain Montcouquiol évoque assez longuement ce film auquel il participa à titre de conseiller technique.
Film de fiction sorti en 2000, tourné avec des acteurs de renom, Toreros est, comme son titre l'indique, un véritable film taurin. Et chose surprenante pour un film de cette catégorie, il ne s'agit pas d'un sympathique nanar mais d'un excellent film.
Il faut dire qu' Eric Barbier est un bon réalisateur, à la carrière hélas longtemps oblitérée par l'échec commercial de son premier film Le brasier. Savoir s'entourer de personnes compétentes fait partie du talent et l'on est ici en bonne compagnie avec non seulement Alain Montcouquiol mais aussi Jacques Durand qui a participé au scénario. Ces collaborations ne sont sans doute pas étrangères au regard juste que porte le film sur un monde dur, picaresque, celui des courses de village, des sans-grade (ici les enanitos), des ratés de la profession. Un monde d'illusions perdues qui tournent au pitoyable, au sordide, au tragique aussi.
La face lumineuse de ce film sombre est incarnée par le maestro José Miguel Arroyo qui joue ici son propre rôle (on le voit également, dans des images d'archive, toréer à Las Ventas).
L'autre réussite du film est la manière dont nous est montrée la complexité des relations entre le jeune matador (Olivier Martinez) et son père (Claude Brasseur, remarquable dans le rôle d'un homme ignoble).
Enfin, pépite incluse dans le film et qui rajoute encore à sa noirceur, une des séquences est la parfaite adaptation à l'écran de la nouvelle d'Hemingway La capitale du monde.

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