Bilbao. Jeudi 27 août 2026, plaza de toros de Vista Alegre.
Aujourd’hui c’est Le cartel de la Semana Grande. Taureaux de Victoriano del Rio pour Diego Urdiales, Talavante et Roca Rey. Température agréable, beaucoup de vent par moment, piste en excellent état et la plaza remplie jusqu’au toit. Quel plaisir de revoir le “lleno total” à Vista Alegre !
Petit clin d’œil bilbaíno du jour : il y a dix ans, Diego Urdiales coupait les deux oreilles d’ “Atrevido” taureau spectaculaire de chez Alcurrucén et sortait par la grande porte.
La corrida de Victoriano del Río n’avait pas le trapío d’une course pour Bilbao. Certes, le poids moyen de la course était de 560 kg. Mais le poids ne fait pas le trapio d’un taureau de combat. Pas de tamaño, des armures bonitas, pas de fond, faibles, pas de race, et donc pas de caste, comportement totalement anodin de l’ensemble du cheptel au cheval, baromètre essentiel de la bravoure, et pourtant…
Toute l’après-midi, Diego Urdiales réalisa quelques prouesses éphémères, certes, mais la qualité de son toreo, sa profondeur, ne laissa pas indifférent. Avec le capote un quite avec des chicuelinas de toute beauté, puis il nous aura offert quelques muletazos muy buenos, du toreo “al natural” de bon goût, mais malheureusement ses taureaux ne lui ont pas permis d’aller au bout des choses. Comme la semaine dernière à Malaga, il porta des épées engagés et en bonne place. Il reçut deux grandes ovations.
Talavante… je ne sais quoi vous raconter sur ce torero. Je ne l’ai pas senti très concerné. Le strict minimum, et encore. Le seul taureau de l’après-midi qui avait peut-être un peu de race, il demanda à son picador de service de s’occuper de son cas dans une interminable pique…la suite ? Et bien, il fera semblant, il tournera autour, jouera la montre et bye-bye ! Voici mon RIB, merci et à l’année prochaine.
Venons-en maintenant au phénomène Roca Rey. Première victoire, il réunit 14725 personnes à Vista Alegre, chose qui n’est pas arrivé depuis…quinze ans. Il a et a toujours eu gros cartel à Bilbao. Sa deuxième victoire, c’est d’avoir inventé deux taureaux qui n’existaient pas. Authentique exploit. Engagement total dans ses faenas qui devinrent très vite du toreo de proximité, cette tauromachie encimiste qui porte sur le public. Poder et sitio. C’est la base du succès d’hier. Il fut vraiment impressionnant avec son dernier, un cinqueño bien passé, astifino qu’il reçut genoux plantés dans le sable gris, pour chauffer la foule. Mélange de naturelles, deux cambios dans le dos parfaitement maîtrisés…du délire. Tout son travail sera fait dans la zone du tendido 5, à l’abri du vent. Il passe le cinqueño à la moulinette, il le tord, lui fait perdre la tête. Le grand public est en ébullition. Son desplante final est celui d’une grande figura, épée et muleta au sol, sa posture fait chavirer Bilbao. Il se profile pour porter l’épée. Stupeur, il jette sa muleta au sol, la main gauche qui tue est orpheline, il bascule, l’épée rentre, un peu derrière, le public à l’unisson explose comme si l’Athletic marquait le but de la victoire face au Real de notre Kiki national ! Une oreille à chacun de ses taureaux. Voilà pourquoi Roca Rey est una maxima figura del toreo. Ce garçon n’est pas dans le besoin depuis sa naissance, il est immensément riche, mais il joue sa vie dans l’arène… pas toutes certes, mais ça c’est un autre sujet à étudier, et à mon avis il doit venir de certaines réactions environnementales dans certaines arènes.
Roca Rey ! Le sauveur de Bilbao sur l’échiquier Taurin ?
wT

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