mercredi 20 avril 2011

Les Juan Pedro Domecq

Juan Pedro Domecq y Nuñez de Villavicencio 1930-1937
Il achète le prestigieux élevage de Veragua en 1930. Quelques mois plus tard , il achète aussi vaches et sementals au conde de la Corte.

Juan Pedro Domecq Diez 1937-1975
Fils aîné, il hérite du fer et d’une partie du troupeau. Il intègre à la ganaderia une partie de celle de Mora Figueroa d’origine Garcia Pedrajas ainsi que de nouvelles vaches et des sementals du conde de la Corte.
Deux de ses frères créent leur propre élevage :
- Salvador Domecq Diez
- Alvaro Domecq Diez (Torrestrella)

Juan Pedro Domecq Solis 1975-2011
Fils aîné, il garde le nom et le fer originel, le bétail est partagé avec deux de ses frères qui créent leur propre élevage.
- Borja Domecq Solis (Jandilla)
- Fernando Domecq Solis (Zalduendo)

Juan Pedro Domecq Morenes 2011
Fils aîné, il est désormais héritier avec ses deux sœurs Teresa et Isabel (Fernando, son frère cadet est décédé en 2007).

mardi 19 avril 2011

La dernière corrida de Juan Pedro Domecq

Si la corrida anodine et ennuyeuse donnée le dimanche 17 avril à Saragosse mérite qu'on en parle c'est en raison de l'accident tragique qui a coûté la vie à Juan Pedro Domecq. Elle restera en effet comme la dernière corrida de l'un de ses fers (en l'occurrence celui de Parladé) qu'il aura préparée et à laquelle il aura assisté. Car le lendemain, après son retour de Saragosse, le célèbre éleveur a trouvé la mort lorsque son véhicule a percuté un camion alors qu'il était à quelques kilomètres de son domicile. Tragique destin pour le ganadero passionné qui avait encore de nombreux défis à relever en particulier celui de sortir l'élevage qui porte son nom de la médiocrité dans laquelle ses conceptions controversées l'avaient laissé s'enfoncer.


Les toros du fer de Parladé courus dans le coso aragonais furent, je pense, assez révélateurs de la problématique actuelle des toros de la casa Domecq.

A savoir trois toros sans rien qui dépasse, surtout ne molester personne et ne pas réveiller les spectateurs qui font la sieste. Pour les toreros pas de triomphe possible mais pas d'échec non plus. Les figures adorent car des comme ça on peut en tuer des centaines dans la temporada sans mouiller la chemise ni salir le costume.

Mais trois autres toros (les 2, 3 et 6) avec du caractère, que l'on pourrait se risquer à appeler caste bien que Juan Pedro n'aimât point ce mot qui fait si peur aux coletudos. Des toros à qui il fallait s'imposer si l'on voulait connaître le succès. Des toros qui, en fin de compte, ont remis les toreros à leur place. Car aussi bien Morenito de Aranda que Daniel Luque, même s'ils se montrèrent désireux de bien faire et eurent quelques bons moments, ne purent et ne surent se hisser à la hauteur de leurs adversaires. L'un ne paraît pas avoir les moyens de sortir du monton, l'autre risque bien d'y retourner rapidement.


Et pour Juan Pedro Domecq une dernière vision, celle de Cupletisto, un toro qui va a mas au point de mettre en difficulté un torero médiocre, mais qui en d'autres mains aurait sans doute permis le triomphe. Peut-être le toro qu'il cherchait...




photo EFE


Sur Juan Pedro Domecq dans L'œil contraire : 1 - 2

lundi 18 avril 2011

Corrida concours à Zaragoza : un bon toro, deux excellents picadors et un lidiador

Peu de monde.

Concha y Sierra
Magnifique negro salpicado mais de nulle bravoure. Cherche à sauter la barrière, 4 picotazos pris en manso, faible de pattes.

Felipe Bartolomé
Gargantillo est un magnifique cárdeno cinqueño bien fait, harmonieux, bien armé, donnant une impression de sérieux malgré ses 480 kg. Un toro con trapío. Le tercio de pique est enthousiasmant : 5 fois Gargantillo s'élancera contre le picador. Il a sa distance, même placé loin du piquero il se rapproche à petit pas avant de partir à l'assaut. Il a aussi son style, ses poussées sont brèves mais franches et violentes. Romualdo Almodovar se montre excellent cavalier et pique parfaitement (grande ovation). A la muleta, le buendía, s'il a perdu de son alegria, montre néanmoins une grande noblesse en particulier sur la corne gauche avec une charge longue et pastueña que Serafin Marin exploite dans deux excellentes séries de naturelles (oreille pour le Catalan et vuelta al ruedo pour le toro). Quelle surprise et quelle joie de voir sortir d'un élevage quasiment absent des ruedos depuis 20 ans un toro qui exprime si parfaitement les qualités de la caste Santa Coloma!

Juan Luis Fraile
Sortijero cumule les handicaps : il n'est pas beau, il sort après un excellent toro, il affronte un matador médiocre (Serranito) et un picador pire encore qui le saigne dans une première puya assassine. Dès lors le toro ne peut plus être jugé; il se montrera, malgré le traitement reçu, encasté au dernier tiers.

Adolfo Martin
Classique alimaña de la casa, armure aparatosa, 4 piques prises avec distraction, puis intraitable sur les deux bords malgré l'engagement sincère et l'oficio de Javier Castaño.

Adelaida Rodriguez

Le représentant de l'encaste Lisardo Sanchez/Atanasio Fernandez occasionnera le second grand moment de cette corrida grâce à un tercio de vara exceptionnel. 5 piques prises de plus en plus loin (les deux dernières quasiment de l'autre extrémité du ruedo) et en allant a mas. Manuel Molina pique excellemment et dans le morillo et Serafin Marin assure les mises en suerte avec élégance et maestria. Hélas, avec ses 580 kg, Garboso possède un corps d'obèse plus que d'athlète, il s'affalera en début de faena pour ne se relever qu'avec difficulté et perdre toute chance de disputer le prix au Felipe Bartolomé.

La Reina (José Miguel Arroyo "Joselito")
Le domecq manque de fixité dans les trois piques qu'il reçoit mais il fait preuve au dernier tiers d'une noblesse codiciosa qui met en déroute le modeste torero local Serranito, appelé en remplacement du non moins modeste et local Alberto Alvarez, blessé en s'entraînant (mala suerte para todos!).

Précisons qu' à partir de la quatrième pique la puya de tentar a été utilisée et que chaque ganadero, présent dans le callejon, peut diriger la suerte de varas en communiquant avec les toreros.

prix au toro le plus brave : Gargantillo de Felipe Bartolomé
prix au meilleur picador : Romualdo Almodovar
prix au meilleur lidiador : Serafín Marin


Gargantillo de Felipe Bartolomé

samedi 9 avril 2011

Cartels Madeleine 2011 : encéphalogramme plat

Vendredi 15 juilletDomingo Hernandez "Garcigrande"
El Juli - Daniel Luque - Thomas Dufau (Alt.)

Samedi 16 juilletNuñez del Cuvillo
El Cid - Sébastien Castella - Alejandro Talavante

Dimanche 17 juilletMargé
El Fundi - Sébastien Castella - Matias Tejela

Lundi 18 juilletmatin nov. Enrique Ponce
Mathieu Guillon - David Galvan

Samuel Flores
Enrique Ponce - Juan Bautista - Alberto Aguilar

Mardi 19 juilletLa Quinta
Curro Diaz - El Juli - Thomas Dufau



Il n'aura donc fallu à Simon Casas que trois ans pour éradiquer toute corrida torista de Mont de Marsan! Voici les cartels les plus laids, les plus conformistes, les plus inodores, incolores et sans saveur jamais vus au Moun. On imagine déja, avec la nausée qui monte, le nombre de derechazos, de cambiadas, de passes citées avec le cul qu'il va falloir avaler pendant ces cinq jours. Et même pas Manzanares, même pas Morante pour nous donner un peu d'espoir! En faisant un gros effort d'optimisme peut-être la corrida de Samuel Flores... ou un miracle le dernier jour avec des La Quinta con casta.
En perspective, beaucoup d'oreilles ça oui! mais de toreo peu... et de la part de l'empresa beaucoup de mépris pour le public montois.




Thomas Dufau l'an dernier face à un novillo d'El Torreon (photo velonero)

samedi 26 mars 2011

Bonne affaire

Il n'aura échappé à personne que la question de l'immigration est un thème béni pour un certain nombre de nos politiciens.
En général c'est pour dire que les immigrés sont très méchants et qu'il faut avoir très peur d'eux. Moi qui ai surtout très peur des politiciens qui disent ça j'ai été très heureux de trouver dans le numéro 1048 du Courrier international ce texte traduit du quotidien espagnol ABC et signé Juan Pedro Quiñonero.


Les immigrés sont une très bonne affaire pour l'économie française : ils reçoivent de l'Etat 47,9 milliards d'euros, mais ils reversent 60,3 milliards. Autant dire un solde positif de 12,4 milliards d'euros pour les finances publiques, qui ne représente pourtant que la part monétaire de transferts bien plus importants. Dans ce pays de 64,7 millions d'habitants, 6,5 millions de Français comp­tent au moins un immigré dans leur famille. Les chiffres de l'immigration légale sont très fluctuants. En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles.
Une équipe de chercheurs de l'univer­sité de Lille, sous la direction du Pr Xavier Chojnicki, a réalisé pour le compte du ministère des Affaires sociales une étude sur les coûts de l'immigration pour l'éco­nomie nationale. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décor­tiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. Les chercheurs ont remis leur rap­port en 2009, au terme de trois ans d'études. Les 47,9 milliards d'euros que coûte l'immigration au budget de l'Etat (2009) sont ventilés comme suit : retraites,16.3milliards d'euros ; aides au logement, 2.5 milliards ; RMI, 1,7 milliard ; allocations chômage, 5 milliards ; allocations familiales, 6,7 milliards ; prestations de santé, 11,5 milliards ; éducation, environ 4,2 milliards.
De leur côté, les immigrés reversent au budget de l'Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d'euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation,18.4 milliards ; impôts locaux et autres,
2.6 milliards ; contribution au rembourse­ment de la dette sociale (CRDS) et contri­bution sociale généralisée (CSG),6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d'euros.
A ce solde positif de quelque 12,4 mil­liards d'euros il faut ajouter d'autres reve­nus pas toujours monétaires, mais d'une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l'immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d'œuvre étrangère. Sans immigrés, les prix à la consommation (produits agricoles et autres) seraient bien plus élevés, la main-d'œuvre étrangère étant bien moins payée. La comptabilité réalisée par les cher­cheurs de l'université de Lille fait ressor­tir aussi de profonds changements sociaux. Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs : comme nous venons de le voir, ils versent environ 18,4 milliards d'euros à l'Etat sur leurs dépenses personnelles, notamment en TVA. Les immigrés ont modifié en pro­fondeur le sport et les arts populaires fran­çais : la grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l'immigration, et les artistes d'origine immigrée, noirs et maghrébins, peuplent le Top 50 de la chanson populaire.
Parallèlement, de nombreux métiers, en particulier dans les services, ne fonc­tionnent en France que grâce à l'immigra­tion. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étran­gers ou d'origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartien­nent à des mécaniciens et petits entrepre­neurs d'origine étrangère.
Dans un domaine aussi crucial que l'avenir du système des retraites, les immi­grés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d'orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : "L'entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites."
Juan Pedro Quiñonero

mardi 22 mars 2011

Valencia : rien de nouveau sous le soleil

Si l'on en croit les comptes rendus de la presse espagnole et des blogs valenciens, la feria de Valence, qui vient de s'achever, a été parfaitement représentative de l'état actuel de la fiesta brava.
A savoir des figuras très grassement payées (il paraît que dans l'histoire de la tauromachie les cachets des toreros vedettes n'ont jamais été aussi élevés que de nos jours) qui se produisent face aux toros les plus faibles, les plus aborregados et les moins bien présentés.
La meilleure corrida (celle de Fuente Ymbro) gâchée par deux toreros médiocres qui ne devaient leur présence à ce niveau qu'à la protection de l'empresa. Bien sûr, les figures n'en avaient pas voulu; même Fuente Ymbro, du pur Domecq pourtant, leur fait peur!
Une bonne surprise avec un assez bon lot de murubes du Niño de la Capea.
Enfin, devant une demi-arène, la corrida torista alibi.
Quelques mots sur celle-ci puisque j'ai eu l'occasion de la voir à travers le prisme (déformant) du petit écran. Un très beau lot de cinqueños d'Adolfo Martin qui déclencha l'ovation lors de sa sortie en piste mais ne tint pas ensuite toutes ses promesses : trop de faiblesse ou de mansedumbre chez certains exemplaires. Mais des toros à la personnalité accusée avec, au delà d'une noblesse bien réelle, des regards qui se fixent sur le corps du torero et une tendance à crocheter les mollets. Ils apportèrent de l'émotion et mirent en valeur les qualités des toreros. Tomas Sanchez, Valencien plus très jeune et qui n'a toréé que deux corridas la saison dernière, fut admirable d'engagement et de sincérité (une oreille). Alberto Aguilar jouait une carte importante pour la suite de sa temporada. Il a été franchement bon - dans la ligne de son actuacion vicoise de l'an dernier. Cites de loin, sincérité, temple, face à un tío qui finit par le prendre et lui infliger une blessure au bas de la jambe (une oreille et départ pour l'infirmerie).
Et pour Simon Casas, l'empresa des lieux, le constat amer et renouvelé de son incapacité à mettre les figuras devant leur responsabilité, c'est à dire, tout simplement, devant des toros dignes de ce nom.

dimanche 20 mars 2011

Cartels de la feria de Vic Fezensac 2011

Samedi 11 juin
11h toros de Dolores AGUIRRE
Julien MILETTO - David MORA - JOSELILLO

18h toros de PALHA
Juan José PADILLA - Javier CASTAÑO - Alberto AGUILAR


Dimanche 12 juin
11h corrida-concours
PALHA - CUADRI - Victorino MARTIN
FUENTE YMBRO - COIMBRA - FLOR de JARA
LOPEZ CHAVES - Julien LESCARRET - Ivan FANDIÑO

18h toros de CEBADA GAGO
RAFAELILLO - Fernando ROBLEÑO - Luis BOLIVAR


Lundi 13 juin
17h toros de ALCURRUCEN
El FUNDI - Juan BAUTISTA - Sergio AGUILAR



Le gros point noir de ces cartels c'est bien sûr la suppression de la novillada. Suppression qui ressemble fort à une opération commerciale puisque la corrida du samedi matin est désormais obligatoire dans l'abonnement alors que la novillada était facultative. Il me semble qu'il y a une obligation morale pour les arènes importantes à organiser au moins une novillada piquée. Donner leur chance à des apprentis matadors, à des élevages encore peu connus, permettre à un public plus jeune d'aller aux arènes, en un mot fomenter l'aficion, voilà ce que permet la novillada et ne fera pas Vic cette année. Sans compter que la qualité du spectacle offert par les novilladas est souvent largement supérieure à celle de bien des corridas.
Autre point noir l'absence de Diego Urdiales. Sa présence aurait considérablement relevé le niveau des cartels en ce qui concerne les toreros. Car pour ce qui est des élevages on est dans le haut de gamme, la flor y nata de la cabaña brava.

samedi 12 mars 2011

Expertise des cornes 2010

On peut consulter sur le site de l'UVTF les résultats de l'expertise des cornes de la temporada 2010.

Au tableau de déshonneur les arènes d'Arles qui totalisent à elles seules 75% des toros reconnus afeités (3 sur 4)! Décidément à Arles tout va de mal en pis : cartels médiocres, public et présidences triomphalistes, toros afeités. Ce n'est pas sur les bords du Rhône que j'irai cette année dépenser mes euros.

Bravo en revanche à Dax et Vic Fezensac pour lesquelles toutes les cornes analysées ont été reconnues vierges de manipulation (4 déclarations d'arreglos tout de même pour chacune d'elles).

En ce qui concerne justement les toros arreglados c'est Bayonne qui, avec 8 déclarations, se distingue désagréablement.
On peut par ailleurs constater que sur les 12 élevages déclarant utiliser les fundas, 9 ont aussi déclaré des toros arreglados. Moi qui croyais benoîtement que les fundas étaient destinées à éviter (entre autres choses) que les toros ne s'abîment les cornes! Il faudrait donc en conclure que les fundas jouent mal leur rôle protecteur... ou bien que l'arreglado n'est qu'un afeitado déguisé.





Arènes d'Arles photo velonero

lundi 28 février 2011

Toreros para la historia 12 Rafael Ortega

  Rafael Ortega fait partie de ces toreros qui ne se sortent pas si mal de l'épreuve de la vidéo. On est séduit par son temple et sa pureté malgré sa propension, dans les années cinquante, à toréer de profil. Il y a dans le toreo de Rafael Ortega une dimension spirituelle qui donne de la grâce à un corps qui en est précisément dépourvu.
Tout avait pourtant mal commencé avec cette gravissime cornada qu'un toro de Bohorquez lui infligea en 1950 à Pampelune. Émouvante image que celle de ce corps inerte au centre du ruedo pamplonais.
Mais deux ans plus tard l'épreuve est surmontée et ce sera, à Malaga, le combat épique face à un toro muy encastado de Pablo Romero. On ne sait ce qu'il faut admirer le plus de la caste du pablorromero ou du courage et du pundonor du jeune maestro.
Au fur et à mesure du déroulement du film on prend conscience à quel point le torero de San Fernando (El Tesoro de la Isla) excelle dans les trois suertes qui constituent la base de la tauromachie classique : la véronique, la naturelle et bien sûr l'estocade où il illustre à merveille le sens de l'expression "corto y derecho".
On atteint les sommets à la fin du film avec son immense faena de la San Isidro 1967 lors de sa réapparition. Les festivals, enfin, où, à 60 ans bien sonnés, le maestro torée avec une classe, une pureté et une facilité insolentes.
Antonio Ordoñez dira de lui : "Rafael Ortega es el que mejor a toreado de todos nosotros." Et Antoñete : "El torero que mas me ha impresionado a sido Manolete y el que mas me ha gustado, Rafael Ortega, a quien considero ademas el torero mas completo y el que ha toreado con mayor pureza."




dimanche 13 février 2011

Propos sur la bravoure

Une discussion via internet avec Xavier Klein cet été à propos du comportement des novillos de Moreno de Silva à Parentis, plus récemment les propos de Juan Pedro Domecq affirmant qu'il était à la recherche de davantage de fiereza pour ses toros m'ont incité à mettre à nouveau au jour ce texte écrit il y a quelques années et que la revue Toros avait publié en 1995 (n°1495).

Chaque aficionado se rend aux arènes dans l'espoir de voir combattre des toros authentiquement braves. Chaque aficionado a rangé dans un tiroir de son jugement sa propre conception de la bravoure qui va de la minimale — un toro brave est un toro qui charge le picador sans fuir au contact de la douleur — à la plus élaborée, celle qui sert de critère aux membres de jury des corridas-concours.
Un détour par les dictionnaires nous permettra de mieux cerner toute la diversité que recouvre le mot. L'ita­lien, porté sur les arts, qualifie ainsi ce qui est beau et excellent. Bravo que signifiera au toro le public par ses applaudissements. La langue française, elle, fait preuve de malice : être brave c'est être courageux au combat mais aussi (par voie de conséquence diront les esprits frondeurs) être un peu couillon, un bien brave homme, une brave bête en somme. Brave bête justement que le toro brave puisque c'est celui qui se prête le mieux au jeu de l'homme et qui par son comportement offensif permettra aux bons toreros de triompher pleinement. Le très sérieux langage castillan ne se permet pas, bien sûr, une telle ironie avec un mot qui symbolise des vertus essentielles pour les compatriotes du Cid Campeador et de Don Quichotte de la Manche. Il a gardé en revanche la signification originelle du mot puisque, outre le concept classique de vaillance et de combativité ainsi que celui d'excellence, il fait la part belle à l'idée de férocité et de sauvagerie contenue dans le mot latin d'origine (barbarus : barbare, sauvage).
Voilà qui nous ramène à nos toros. Appliqué au toro de lidia tel qu'il est élevé par l'homme depuis maintenant quasiment deux siècles, ne faudrait-il pas écarter le terme de sauvagerie ? Celle-ci implique une idée de vie et de sélection naturelles qui s'applique de moins en moins aux conditions que l'on retrouve dans les ganaderias. En effet, le choix que l'homme exerce à travers les tientas, le par­cage des animaux dans des espaces limités, l'apport de nourriture artificielle sont des éléments en totale contradiction avec l'idée de sauvagerie. Les deux notions essentielles qui permettent de mieux définir les qualités d'un toro brave me paraissent donc être la comba­tivité et la férocité.
Dès lors qu'il se retrouve dans le cercle de lumière que représente pour lui l'arène, le toro subit des provocations incessantes et le toro brave est celui qui répond à toutes
ces provocations, qui combat sans cesse, qui charge tout ce qui bouge. Et ce combat, toujours renouvelé, que lui propose l'homme, maître du jeu, le toro brave doit le mener avec férocité. Mais qu'est-ce que la férocité d'un animal sinon la manière qu'il a de tirer tout le parti des avantages que la nature lui a donnés, c'est-à-dire pour le toro : la vitesse, la puissance, les cornes ? C'est ainsi que les charges du toro qui expriment sa bravoure doivent être vives et rapides (con alegria), de moins en moins, bien sûr, au fur et à mesure du déroulement du combat et de la domination de l'homme. Elles s'appuient sur la confiance qu'a l'animal en ses capacités physiques et en sa force. C'est pourquoi un toro dont la faiblesse trahit les intentions de combati­vité cesse d'être brave. Il aurait peut-être pu le devenir mais son incapacité physique l'en empêche car sur le sable de l'arène comme dans bien des domaines seule l'action compte et le toro sans puissance n'est pas en mesure d'agir : il n'est plus qu'un podagre inutile. Enfin le toro brave doit savoir se servir de ses cornes, il ne serait sans cela qu'un mouton suivant docilement un bout de chiffon. Mais que l'on ne croit pas que la somme de toutes ces qualités va faire surgir un fauve terrifiant qui mettra en déroute les coletudos et rendra impossible toute manifes­tation artistique. Bien au contraire : la vitesse dans la charge, la confiance qu'apportent au toro à la fois sa puis­sance physique et la paire de cornes dont il connaît l'usage, vont le pousser à attaquer avec franchise et rectitude, à aller jusqu'au bout de son effort, donc à avoir une charge longue. Ainsi, un tel toro sera de ceux qui font les triomphes importants.
Il m'a paru nécessaire de pouvoir définir la bravoure du toro de combat par ces généralités car elles évitent de réduire cette bravoure à des actions spécifiques (le toro brave doit mettre la tête comme ceci, les pattes comme cela, etc.) qui ont tendance à nous faire considérer l'ani­mal comme une mécanique que l'homme pourrait façonner à sa guise. Il n'en reste pas moins vrai que, depuis des lustres, les éleveurs, les professionnels de l'arène et les aficionados ont relevé des comportements quasi systémati­quement reproduits par les toros que l'on qualifie de réellement braves :
— charger et recharger les capes ;
— charger de loin le picador ;
— pousser, tête baissée, en s'appuyant sur les pattes arrière jusqu'à la chute du groupe équestre ;
— revenir plusieurs fois à la pique avec un compor­tement identique ;
— charger à l'appel des banderilleros ;
— les poursuivre à la sortie de la suerte ;
— charger et recharger la muleta ;
— avoir son terrain au centre et y mourir en luttant debout contre la mort.
Diamant étincelant émergeant des pierres brutes, toro rêvé par son ganadero autant que par les aficionados, l'in­dividu qui manifesterait un tel comportement ne peut surgir que du foisonnement de combativité et de férocité que l'on retrouvera chez ses frères de caste, même si leur bravoure ne s'exprime pas toujours de manière aussi typée.
Car pourquoi ne pas considérer que deux types de bravoure peuvent coexister ? L'une, qui est la bravoure de fond, s'exprime par la combativité et la férocité du toro, quelle que soit la variété des comportements qui la révèle. Elle est la meilleure garantie contre la dégénérescence des toros de combat en même temps que le vivier de l'autre bravoure. L'autre, en effet, en représente la quintessence et se caractérise par des actions types définies comme telles par l'homme.
Ces quelques réflexions n'auront pas été inutiles si elles contribuent à porter sur la bravoure un regard plus ouvert, qui n'hésite pas à s'éloigner des canons - certes nécessaires - mais que le temps a peut-être transformés en dogmes au détriment de la diversité de comportement du toro de lidia.

samedi 5 février 2011

Au détour d'un livre

Au détour d'un livre, parfois, la surprise d'une métaphore ou d'une comparaison taurine. Si elle est réussie, c'est un vrai plaisir pour le lecteur aficionado.
Ainsi dans La forme d'une ville, consacré à Nantes, Julien Gracq évoquant les équipes de rugby locales :
"Ses rencontres avec le Vélo-Sport Nantais (bleu et rouge : le derby local) et avec le R. C. Trignac, ''l'équipe des hauts fourneaux'', célèbre, comme Bilbao pour les taureaux géants de sa plaza, pour son pack de superbes brutes, blindées par la fréquentation quotidienne de l'acier trempé, électrisaient la foule indigène."

Mais pour l'écrivain le risque est grand. Celui, s'il ne maîtrise pas le sujet, de tomber dans l'approximation ou le ridicule.
Dans Microfictions un recueil de plusieurs centaines de très courtes nouvelles, toutes plus ignobles les unes que les autres (il faut sans doute être capable d'une lecture très distanciée pour en apprécier la charge venimeuse contre notre société), Régis Jauffret écrit dans la nouvelle intitulée Muleta : "Je l'ai achevée, en me servant de la pique comme un toréador de sa muleta."
Ce qui ne manque pas de laisser perplexe l'aficionado.

Même la grande Nathalie Sarraute, dans Les Fruits d'Or, perd un peu la notion des terrains : "Comme le toréador qui fait le tour de l'arène, traînant sa cape négligemment, attrapant au vol avec une désinvolte élégance les oreilles et la queue, les chapeaux, les souliers que des gradins on lui lance, il salue."
Dommage, la phrase est bien tournée mais les oreilles et la queue ne sont pas du bon côté de la barrière!





Usage habituel de la muleta

mercredi 26 janvier 2011

Juan Pedro Domecq (2)

17 août 1976, arènes de Dax, 6 toros de Juan Pedro Domecq pour Palomo Linares, Angel Teruel, El Niño de la Capea. Un cartel cumbre pour le jeune aficionado que j'étais alors, avec en particulier la présence de Teruel, mon préféré à l'époque; mais l'insignifiance et l'invalidité des Juan Pedro Domecq arment le scandale. "Certes, des jolis mais très légers Juan Pedro Domecq d'armures fines, on n'attendait guère de titanesques combats, trois se satisfaisant d'une brève varita, seul l'ultime, de Jandilla, rechargeant ... avec fer, et conservant jus et sustentation satisfaisants. Or, non seulement le tiercé (1, 2 et 4), noblotes et sans grande solidité, fut loin d'évoquer les Juan Pedro Domecq d'antan, mais les deux autres allaient être sources de scandales délirants." (Georges Lestié dans Toros n° 1035-1036)
Pour Dax, c'est l'année des scandales après la corrida frauduleuse envoyée deux jours auparavant par Fermin Bohorquez qui avait transformé ses novillos en toros en falsifiant leur guarismo (un 2 rajouté sur le 3!).
Pour les aficionados, une aubaine car on n'a quasiment jamais revu depuis ni Bohorquez ni Juan Pedro Domecq dans notre Sud-Ouest.
Pour moi, une première sans lendemain, je découvrais en effet ce jour-là les toros du prestigieux fer de Veragua; je n'en ai pas revu depuis!
Dans Terres Taurines, ce problème de faiblesse rencontré par l'élevage à partir des années 70 est expliqué par un excès de consanguinité lié à "l'utilisation de deux sementals issus d'unions entre père et mère nés des mêmes parents, ce qui avait permis de concentrer les qualités de ceux-ci, mais avait apporté aussi dans leur descendance divers caractères occultes."
Depuis, les comptes-rendus indépendants (les seuls susceptibles d'être pris au sérieux) nous montrent que l'élevage continue de se traîner dans les bas-fonds : faiblesse permanente quand ce n'est pas invalidité totale, soseria généralisée. De temps en temps, un individu moins faiblard prend ses 80 passes sans broncher. En général, on le gracie et toute la toreria s'en gargarise pendant quelques jours. Enfin dans le meilleur des cas un bon toro rappelle à tous que le sang brave coule encore dans les veines de l'élevage.

Si je suis prêt à donner crédit aux propos de J. P. Domecq sur sa recherche d'une plus grande fiereza c'est que je pense que la noblesse authentique est la conséquence d'une férocité portée à son point extrême. Ce que l'on voit chez les meilleurs Fuente Ymbro (du domecq) mais aussi Victorino, Cuadri et La Quinta.

En revanche mon romantisme taurin a été douché par les affirmations du ganadero selon lesquelles les toros jaboneros de l'élevage ne proviendraient pas du croisement avec les veraguas. Là encore, on peut croire l'éleveur mais on peut aussi s'en méfier. Le propos est peut-être destiné à ne pas effaroucher nos vedettes facilement vacillantes, lesquelles pourraient s'émouvoir à l'idée d'affronter des toros ayant une lointaine ascendance veragua.

Ce qui est sûr c'est qu'au final, la vérité sera dite par le comportement des toros dans le ruedo. Le ruedo, un des derniers lieux où le mensonge ne peut se réfugier?

dimanche 16 janvier 2011

Juan Pedro Domecq

Il faut bien l'avouer, ils sont beaux et passionnants les opus de Terres Taurines. Le dernier en date - n° 30 - consacré au Monde selon Parladé ne faillit pas à la règle.
Bien sûr, comme chaque fois, André Viard ne peut s'empêcher, chaussé de ses gros sabots, de nous fourguer à satiété de la toréabilité et de l'adéquation au marché, son credo d'homme du Mundillo qu'il partage pour l'occasion avec Juan Pedro Domecq Solis autour duquel est construit ce numéro. Reconnaissons lui toutefois le mérite d'admettre que la trop grande prévisibilité du comportement des toros d'encaste Domecq pourrait bien mener la corrida à sa perte et que seule la faculté de résistance des aficionados peut éviter le pire : "Sauront-ils faire entendre leur voix et influer sur la logique des ganaderos...?"

Juan Pedro Domecq justement, quel homme inquiétant! On le connaissait déjà pour ses propos mortifères : le toro-artiste (quel mépris pour les toreros!), la suppression des piques. Il apparaît ici enfermé dans un discours de toute puissance, de maîtrise absolue qui confine à la mégalomanie. L'utilisation du système de traitement informatique des données (intitulé Hal!) qu'il a mis au point en constitue l'aboutissement déshumanisé. Voilà une machine capable de donner à ses toros des moyennes extravagantes de toréabilité! Mais quand, sur le sable de l'arène, la réalité fait place aux fantasmes du ganadero tout s'effondre. Au point que voici deux ans, après trois tardes calamiteuses lors de la feria d'avril, les Juan Pedro ont été bannis de Séville. De fait, ce que le ganadero appelle adaptation au marché et qui lui assure une réussite commerciale indéniable c'est, je crois, l'assurance pour les figuras que ses toros, s'ils ne permettront rien de brillant ni de valeureux au moins ne les mettront pas en difficulté tant ils sont faibles et décastés.

Si l'on en croit André Viard, le ganadero serait conscient, après tant de fiascos, du manque de caste de ses produits. L'exclusion de Seville, les critiques virulentes de l'aficion et de la presse indépendante lui auraient-elles fait sentir que l'adéquation de ses toros au marché risquait de prendre du plomb dans l'aile? Toujours est-il qu'il aurait entrepris ces derniers temps un changement de cap dans la sélection afin d'augmenter la fiereza de ses toros. J'ignore ce que Juan Pedro Domecq met derrière ce beau terme de fiereza (férocité en français) mais rêvons un peu et soyons bon public, donnons lui rendez-vous dans quelques années pour voir si ses toros auront retrouvé cette fiereza qu'ils possédaient il y a un demi-siècle et qui était sans doute encore présente chez Disparate et Opiparo lidiés à Madrid lors de la dernière San Isidro...

samedi 1 janvier 2011

Bonne année 2011 Feliz año nuevo



El toro sale a las cinco

la suerte sale a las seis

a las siete de la tarde

quien sabe como saldré?


(copla flamenca)


photo Velonero

mardi 28 décembre 2010

2010 annus horribilis

Commencée sous de mauvais auspices avec la grave blessure de José Tomas, 2010 a accumulé peines et catastrophes.











photos Velonero

dimanche 19 décembre 2010

Pot au feu

Faut-il cacher certaines images peu glorieuses, celles du toro désacralisé lorsque, vaincu, il a quitté le sable de l'arène?
Pour ma part, je ne vois aucun inconvénient à un tel témoignage. Au contraire, après avoir été admiré pour sa beauté et sa combativité, voici le toro bravo utilisé pour sa substance matérielle, sa chair. Rien n'aura été négligé chez lui.
Comme ses malheureux cousins élevés quelques mois en batterie il finira pot au feu, daube ou entrecôte. Mangé peut-être par ceux qui vitupèrent contre la corrida!
Mais cela après avoir vécu 4 ans en pleine nature et être mort en combattant. Oui le toro est bien, de tous les animaux que l'homme utilise, celui dont le sort est le plus enviable.




"Un récent débat télévisé en France a posé la question, "La corrida, est-elle une boucherie?"
La discussion n'a pas apporté de réponse, car en fait on parlait d'autre chose et la question était mal rédigée. On aurait peut-être dû demander "La corrida, n'est-elle qu'une boucherie?" Mais il m'a semblé plutôt évident que, dans la mesure où la corrida commence avec un toro vivant et termine en principe avec de la viande propre à la consommation, oui, la corrida est bel et bien une boucherie.
Elle n'est pas, pour cela, plus ignoble que le processus semblable qui a lieu dans toutes nos villes tous les jours ouvrables. Mon père était boucher. Je n'ai pas honte de sa profession. Mais la viande n'est en tauromachie qu'un sous-produit. La corrida offre d'autres choses en plus. Elle n'est certainement pas qu'une boucherie."
(Jeff Pledge)

Photos Velonero

dimanche 12 décembre 2010

Quelques photos de la temporada 2010

Thomas Dufau, un profil amanoletado






Juan del Alamo, premier de l'escalafon novilleril





Victor Barrio autre novillero dont on parle, ici face à un Escolar Gil à Saintsever


Juan Bautista face à un Victorino vicois



Vic Fezensac, un tío de Victorino Martin bien entouré


photos Velonero


jeudi 25 novembre 2010

Tauromachie à Madagascar

En allant voir, dans le cadre du festival du film d'histoire de Pessac, le très beau film malgache Tabataba de Raymond Rajaonarivelo (une subtile évocation de la révolte de 1947 contre les colons français) j'étais loin d'imaginer que j'allais découvrir, au cœur du film, une véritable scène taurine.
L'action se situe dans un village de l'Est. Les hommes ont pris les armes (fusils en bois, lances, coupe-coupe) et sont partis combattre les occupants français. Mais les nouvelles des combats ne sont pas bonnes et, pour conjurer le mauvais sort, le chef du village décide de sacrifier un zébu. Celui-ci, attaché à une longue corde parcourt les modestes rues du village comme dans les toros à la corde européens, puis les jeunes du village l'affrontent et le renversent en le prenant par les cornes (mancornar en castillan). Une habile ellipse évite la scène du sacrifice.


Cette séquence qui ne dure pas plus de cinq minutes a bien sûr excité ma curiosité et voici quelques informations trouvées sur la toile :


- Le malgache et son zébu, une relation jusque dans l'au-delà
- Tolon'omby, savika ou roaponolana, le sport malgache (avec video)
- Le Savika, la corrida de la brousse malgache


Où l'on découvre que la tauromachie malgache - basée sur le culte du zébu - est bien vivante avec parfois des ambiances évoquant pour nous celles de Pampelune (voir video).
Mais peut-être en saurons-nous un jour davantage grâce à Chulo qui a, si je ne m'abuse, de fortes attaches sentimentales avec Madagascar...



dimanche 14 novembre 2010

Perfection actuelle

"Le courage, la force et l'intrépidité étaient alors les seules ressources des anciens combattants; tandis qu'aujourd'hui des principes raisonnés, des théories, des études pratiques ont fait de cette lutte une profession, un art. Cependant, avant d'avoir atteint sa perfection actuelle, la tauromachie a dû subir de nombreuses transformations."






Citation extraite de Les courses de taureaux expliquées de Oduaga-Zolarde (Aguado de Lozar) - 1854
Photo Velonero, Arles printemps 2010 Espace Van Gogh (ancien hôpital où séjourna le peintre)

vendredi 5 novembre 2010

Bilan 2010

Ma corrida rêvée

6 toros de Baltasar Iban 6
Curro Díaz
Rafaelillo
Diego Urdiales



Un artiste, Curro Díaz, qui est aussi capable à l'occasion de se montrer valiente y poderoso (voir LA corrida de Madrid). Bien sûr Morante de la Puebla aurait pu entrer dans mon cartel de rêve mais, depuis qu'il s'est acoquiné avec Cayetano, il passe l'essentiel de sa temporada devant les chèvres de Juan Pedro et de Zalduendo... ça réduit l'intérêt.

Un vaillant, Rafaelillo, qui sait aussi toréer avec temple et douceur comme il le fit cette année à Madrid face aux Dolores Aguirre ou à Mont de Marsan face aux Miura. Je reconnais que c'est trop souvent la brusquerie qui l'emporte chez lui, il est alors beaucoup moins convaincant comme ce fut le cas en octobre face aux Cuadri de Saragosse. Trouver la bonne mesure, le bon tempo, c'est la terrible difficulté à laquelle sont confrontés les belluaires lorsqu'ils doivent passer, parfois dans une même après-midi, d'un toreo de combat nécessairement heurté à un toreo de velours quand le toro le permet. C'est la grandeur de Rafaelillo d'y réussir parfois et c'est l'absolue grandeur du toreo que d'accomplir cette transmutation avec un même toro.

Un pur classique enfin, Diego Urdiales, austère, sincère, maduro. De ceux qui, avec un minimum de gestes, obtiennent un maximum d'effet. " Le torero, de même, cherche à obtenir le plus d'effets possible sur son adversaire en utilisant le minimum de moyens : minimum de leurre, de temps, d'espace, de mouvements, etc. Ce principe d'économie - ''le plus par le moins'' - est le premier secret de la beauté plastique du toreo, que ce soit au niveau du geste, de la passe, de la série, ou de la faena toute entière." (Francis Wolff)
Diego Urdiales ne pose pas dans les magazines mais il torée bien mieux que tous les pipol-toreros réunis.

2009
2008
2007

lundi 25 octobre 2010

Les lauréats du prix Claude Popelin

Depuis 1982 ce prix est attribué au meilleur lidiador de la saison taurine en France. Ce peut être un matador, un novillero ou un subalterne.

Voici la liste des lauréats :

1982 : Paco OJEDA
1983 : Luis Francico ESPLA
1984 : José Antonio CAMPUZANO , PAQUIRRI
1985 : Victor MENDES
1986 : ORTEGA CANO
1987 : NIMEÑO II
1988 : Juan Luis de los Rios "El FORMIDABLE"
1989 : RUIZ MIGUEL , NIMEÑO II
1990 : El FUNDI
1991 : César RINCON
1992 : César RINCON
1993 : César RINCON
1994 : José Miguel Arroyo "JOSELITO"
1995 : desierto
1996 : Enrique PONCE , José Maria MANZANARES
1997 : Curro ROMERO , Jean Marie BOURRET
1998 : Luis Francisco ESPLA , Manuel CABALLERO
1999 : desierto
2000 : FERNANDEZ MECA
2001 : Vicente Yanguez "El CHANO"
2002 : El CID
2003 : El FUNDI
2004 : El FUNDI
2005 : El JULI
2006 : Sébastien CASTELLA
2007 : El JULI
2008 : El FUNDI
2009 : Sébastien CASTELLA
2010 : El JULI
2011 : David MORA
2012 : Fernando ROBLEÑO 
2013 : Ivan FANDIÑO 
2014 : Diego URDIALES 
2015 : Diego URDIALES
2016 : Juan BAUTISTA
2017 : Juan BAUTISTA
2018 : Emilio de JUSTO
2019 : Daniel LUQUE

 
On remarquera qu' El Fundi a obtenu quatre fois le prix ce qui n'est pas étonnant compte-tenu de sa longue et exemplaire carrière dans notre pays. De son côté, César Rincon l'a obtenu trois fois de suite en 1991, 1992 et 1993 (heureuse époque et pointe de nostalgie).
Trois péons ont été honoré : El Formidable (Il faisait partie de la cuadrilla de Ruiz Miguel et son embonpoint respectable ne l'empêchait pas de lidier et banderiller avec efficacité et salero miuras, victorinos et autres bichitos qu'affrontait régulièrement son maestro), Jean Marie Bourret et El Chano (pourquoi pas un picador cette année...)

Pour plus de précisions, en particulier sur la manière dont le prix est attribué, voir ici

samedi 9 octobre 2010

Expertise des cornes 2009

L'Union des Villes Taurines de France a publié au mois de septembre le rapport d'expertise des cornes des toros réalisée dans les arènes françaises de 1ère catégorie (à l'exception notable de Nîmes qui semble craindre une telle expertise : aurait-elle des raisons pour cela?). Publication bien tardive alors que les résultats sont connus depuis bien longtemps. C'est regrettable car il me semble que la mise au grand jour des manquements à l'éthique taurine fait partie des moyens de lutte contre les fraudes; de ce point de vue une publication au moment où se prépare la temporada suivante serait plus judicieuse. A moins que...
Toutefois une telle publication a le mérite de l'exhaustivité et permet de dresser un panorama complet de la situation.

Du côté des élevages c'est celui de MIURA qui se distingue désagréablement avec 2 toros afeités à Arles et un à Béziers auxquels il faut rajouter 3 toros arréglés à Bayonne.
Sans oublier VALDEFRESNO qui déclare 6 toros arreglados (2 à chaque course d'Arles, Bayonne et Béziers).

Il est intéressant aussi d'aller voir du côté des villes. C'est MONT DE MARSAN qui avec 6 cornes touchées arrive en tête alors que DAX, la plus afeiteuse il y a deux ans, se retrouve cette année en dernière position (la plus honorable) avec 2 cornes touchées. Faut-il y voir, aussi bien au Moun que du côté de la Fontaine Chaude, la conséquence d'un changement de politique lié à l'arrivée de nouvelles équipes?

Voici pour finir la liste des lots qui sont sortis limpios (ni afeitado, ni arreglado) :
José ESCOLAR GIL (Vic Fezensac)
Domingo HERNANDEZ (Arles)
MARGÉ (Béziers)
La QUINTA (Vic Fezensac et Mont de Marsan)
Daniel RUIZ (Dax)

PS Pour encore plus d'exhaustivité, voir le travail de Florent sur son blog Aficion a los toros

jeudi 7 octobre 2010

Quelques photos du championnat de France des écarteurs à Mont de Marsan

Loïc Lapoudge, auteur de l'écart



Saut de Dominique Larié, pieds dans le béret et jambes liées




Baronne (Armagnacaise) un vache con trapío et au très beau galop

Callejon typique de course landaise (avec novillero local)


On peut cliquer sur les photos, c'est mieux.



mardi 5 octobre 2010

Genèse d'un écart fabuleux

Un écart, ça vient souvent de loin.
Il a d'abord fallu que Hugo VINEY-THOMAS, auteur d'un excellent départ qui le vit prendre la tête du championnat, soit contraint à l'abandon à la suite d'un coup de corne de MARIA (Deyris) qui lui déboîta l'épaule. Sur le sable du Plumaçon ne resta alors que le souvenir de ses beaux premiers écarts et l'épaulette de son bolero arrachée par la vache.
Puis il a fallu que Loic LAPOUDGE, désormais premier, se fasse dépasser par Mathieu NOGUES auteur de deux intérieurs devant la facile FOLGA (Deyris).
Que celui-ci enfin accroisse petit à petit son avance au point d'obliger le Béarnais à jouer son va-tout sur son dernier écart face à la corne d'or IBANEZA (Armagnacaise).
Et quel écart! Un de ceux qui font se lever le public d'un bond dans un cri où se mêlent, en une fraction de seconde, l'effroi devant la possible tumade, l'admiration pour le courage et la vista de l'écarteur, un sentiment de libération enfin lorsque ça passe.
Un écart qui n'était pas sans rappeler celui que réalisa dans les mêmes conditions Denis LAZARTIGUES à Dax pour le championnat 2007.
Et au final une somptueuse ovation pour Loïc LAPOUDGE mais il était trop tard, cela n'empêcha pas Mathieu NOGUES de remporter, en toute justice, le titre de champion de France, point d'orgue d'une saison exceptionnelle qui l'a vu dominer également les concours de Dax, de Mont de Marsan ainsi que l'Escalot.



Les résultats

1- Mathieu NOGUES 142
2- Loïc LAPOUDGE 137
3- Frédéric VERGONZEANNE 131
4- Hugo VINEY-THOMAS puis Vincent MUIRAS (remplaçant) 128
5- Jean Pierre DUMECQ puis Cyril DUNOUAU (remplaçant) 113
abandon Thomas MARTY



Dans le concours de saut, émouvante victoire de Dominique LARIÉ dont les efforts et le talent trouvent enfin leur récompense.

1- Dominique LARIÉ 80,50
2- Louis ANSOLABEHERE 79
3- Guillaume VERGONZEANNE 77
4- Nicolas GACHIE 67

mercredi 29 septembre 2010

Les animalistes cocufiés

Le 22 septembre dernier, en votant à une large majorité une loi qui blinde les correbous, le parlement de Catalogne espagnole a fait un sacré doigt d'honneur aux animalistes. Vous pouvez retourner à vos salades, nous n'avons plus besoin de vous.
Il est maintenant clair pour tout le monde que les larmes versées sur les pauvres toros de corrida par le parlement catalan en juillet n'étaient que des larmes de crocodile. La corrida devait être prohibée uniquement parce qu'elle symbolise la culture espagnole. Les correbous qui, eux, sont présentés comme authentiquement catalans sont autorisés. Cette catalanité aux relents nauséabonds est en droit d'inquiéter le citoyen autant que l'aficionado. Elle ne me dit rien qui vaille et c'est sans états d'âme que je boycotterai cette partie de la Catalogne le jour où les corridas auront été définitivement supprimées de son territoire.
Le paradoxe dans cette histoire c'est que si l'on en croit les expériences du professeur Juan Carlos Illera le toro brave ressent très peu la douleur durant sa lidia dans l'arène en raison des endorphines qu'il produit pendant le combat, alors que toutes les situations de stress liées au transport et à la contention sont les moments où il souffre le plus.