Samedi 30 mai novilladamardi 17 mars 2009
Vic-Fezensac les cartels de la feria 2009
Samedi 30 mai novilladadimanche 8 mars 2009
Les moutons sur les prairies fleuries sont monotones
On ne nous a pas présenté, comme on aurait pu le craindre, l'indulto de Desgarbado comme un sommet de la tauromachie, mais, plus justement, comme un moment étrange, un peu décalé du réel. La qualité des intervenants - François Capdeville, Olivier Deck, Roger Merlin (remarquable dans son recadrage sur ce qui fait l'essence de la corrida) - a sans doute permis aux téléspectateurs de prendre du recul, de se poser des questions. En ce sens l'émission a joué le rôle que l'on est en droit d'attendre de la télévision : témoignage et réflexion plutôt que l'habituelle entreprise de mythification.
Je ne sais comment ceux qui découvraient l'évènement l'auront ressenti mais pour moi le binôme Desgarbado/Perera représente l'illustration parfaite de la corrida light. Un peu comme si, convié à un banquet, on se voyait offrir un hamburger arrosé d'eau gazeuse.
Ce qui me gène le plus dans ce genre de corrida, ce n'est pas son existence, mais le fait que certains voudraient nous faire croire que la tauromachie c'est ça et tentent de l'ériger comme modèle pour l'avenir. Grave contresens, car ce qui, pour moi, ressort de ces images - et j'avais ressenti la même chose lorsque je l'avais vécu en direct - c'est une impression de trop grande facilité. Comment? Être torero ce n'est que cela : faire tourner à l'infini, autour de soi, un animal inoffensif. Tauromachie toxique qui porte en elle sa propre fin car elle s'autodétruit en s'ôtant elle-même le plus grand de ses biens : el valor.
Mais rassurons-nous. Miguel Angel Perera est aussi le torero qui a été héroïque à Madrid cet automne (Dax était pour lui jour de récréation). Victoriano del Rio est capable d'envoyer à Madrid un lot de toro complet. Et Dax n'est qu'une arène de troisième ordre avec un public de troisième ordre.
samedi 28 février 2009
A propos du tercio de piques (2)
- Des chevaux adaptés
En revanche, on ne peut pas dire qu'en Espagne la situation ait beaucoup évolué. Les blocs de marbre qui sévissent à Bilbao ou à Madrid sont un bon exemple de la manière dont on peut tuer le tercio de pique. Il faut dire que l'aficion madrilène est étrangement silencieuse en ce qui concerne le premier tiers. Même sa frange la plus dure semble aller aux arènes dans une optique uniquement torerista, essentiellement pour soutenir les toreros modestes et mener la vie dure aux figuras. Ce qui serait intéressant et permettrait peut-être de faire bouger les choses c'est que les cuadras de caballos françaises puissent grignoter les marchés du nord de l'Espagne...
- Ne faire sortir qu'un seul cheval à la fois
Cette mesure pourrait avec un grand bénéfice se généraliser à toutes les arènes françaises puis être officialisée par un léger aménagement du règlement taurin.
- Augmenter la distance entre les deux lignes concentriques
Bien sûr tous les toros ne possèdent pas une bravoure suffisante pour offrir un tel combat. Il faudrait alors, après trois cites exécutés en manœuvrant le cheval, autoriser le picador à franchir la première ligne concentrique.
Un tel déroulement de la suerte de piquer non seulement montrerait un grand respect pour le toro et mettrait en valeur sa bravoure mais permettrait également de mettre en évidence la virtuosité du picador.
- Appliquer dans toutes les arènes la règle des deux piques minimum
Arrivé à ce stade de mon propos, j'aperçois un écueil se profiler. Piquer un toro en lui donnant la possibilité d'exprimer toute sa combativité, c'est contribuer à lui donner un rôle plus important, c'est réevaluer sa place dans le monde de la corrida d'aujourd'hui et je ne suis pas sûr que les figuras soient disposées spontanément à accepter le moindre partage de leur gloire. C'est pourquoi cette rénovation du tercio de pique ne pourra s'accomplir que si les principaux matadors sentent bien l'intérêt qu'il y a pour eux à accepter le jeu. Organisateurs, publics, journalistes, présidents doivent s'y employer. La dernière des propositions que je voudrais mentionner ne me paraît donc pas tout à fait inutile.
- Tenir compte du déroulement du premier tiers pour l'attribution des trophées
Il va sans dire que tout ce qui contribue à relever le prestige des picadors a également son importance : prix à la meilleure pique, personnalisation (indication de leur nom dans le ruedo ou sur les programmes).
Voilà. C'était mon petit grain de sel dans le débat actuel. Contribution à un rêve qui se frotte à la médiocre réalité pour essayer de lui faire prendre la voie du respect du toro et du spectacle de sa bravoure. La plupart des propositions ici exprimées ne sont pas miennes. Je les ai trouvées venant d'horizons variés :
Toros
A propos de bravoure et du tercio de pique de Joël Bartolotti n°1836 septembre 2008
Suerte de varas de Pierre Alban Delannoy n°1563 à 1568 année 1997
Terres Taurines n°19 octobre 2008
Campos y Ruedos nombreux textes sous le libellé "Suerte de varas", entre autres :Feudal une énigme résolue de Thomas Thuriès 30 avril 2008Décalogue de la suerte de varas 7 août 2008
Site de la FSTF

Picador de Christian Antonelli 2007
jeudi 26 février 2009
A propos du tercio de piques (1)
Qu'est-ce qui justifie dans le moment que vit actuellement la corrida un tel intérêt porté à la suerte de picar?
La question est complexe tant le monde de la corrida est parcouru de mouvements divers et ondoyants, parfois contraires ou obscurs. Il me semble, par exemple, que, ces dernières années, sous l'influence des aficionados, grâce aussi à l'organisation de corridas-concours, on a redécouvert la grandeur du premier tiers lorsqu'il est bien mené. Cet affrontement entre le picador et le toro, laissé seul à une grande distance, a su, par sa beauté propre, séduire et captiver un grand nombre de spectateurs et a suscité une demande pour qu'un tel spectacle se renouvelle plus fréquemment.
Mais considérons dans un premier temps les fondamentaux. A quoi sert le tercio de piques?
Tout d'abord, il constitue une étape essentielle dans le continu processus de transformation du toro depuis sa sortie du toril, pleine de fougue désordonnée, jusqu'à la conclusion de l'estocade. Il s'agit de rendre possible la suite du déroulement de la lidia : tercio de banderilles, puis troisième tiers. Pour cela, il est nécessaire d'ôter de la force au toro, de régler son port de tête et enfin de donner de la fixité à sa charge. Ce dernier objectif est particulièrement important dans la tauromachie moderne car la fixité va considérablement faciliter l'action du matador au cours de la faena. Il n'est pas sans intérêt de constater que c'est à partir de la fin du XIXème siècle, sous l'influence de Guerrita, que la manière de piquer a évolué vers la manière actuelle. Guerrita demande en effet à ses piqueros de sacrifier leurs chevaux afin que le toro puisse exercer une poussée plus longue et plus continue qu'auparavant. Carnage de chevaux et disparition définitive du prestige des picadors en seront les conséquences. Dès lors, le toreo à pied va lui aussi évoluer, Belmonte n'est pas loin et, après lui, la faena de muleta va prendre de plus en plus d'importance.
Mais le tercio de piques a un autre objectif : montrer la bravoure du toro. C'est un renseignement précieux pour le matador qui va pouvoir penser sa stratégie en fonction du comportement du toro face au picador. C'est bien sûr aussi un renseignement essentiel pour le ganadero qui pourra juger de la qualité de ses reproducteurs et faire éventuellement les ajustements nécessaires.
Je vois enfin une troisième fonction au tercio de piques : faire de la bravoure un spectacle. N'oublions pas, en effet, qu'une corrida est une relation entre trois parties : le toro, les toreros, et le public. Ce dernier est venu et a payé pour assister au combat des toros, il a donc le droit d'assister à un spectacle complet et non pas amputé d'une de ses parties. Tout dans le déroulement du premier tiers devrait logiquement être fait pour mettre en valeur ce combat.Le spectacle d'un toro qui charge le picador de loin est un spectacle grandiose qui fait vibrer tous les publics car il crée de l'émotion et de la beauté. En outre, montrer la combativité du toro et par voie de conséquence la valeur de l'homme qui l'affronte est la meilleure manière de mettre en évidence l'éthique de la corrida.
Ainsi tout le monde gagnerait à ce qu'un tel spectacle puisse devenir fréquent dans une plaza de toros.
En résumé, un tercio de pique idéal permettrait de rendre le toro propice à la suite de la lidia, de montrer sa bravoure (ou son absence, avec toutes les nuances qu'il peut y avoir entre ces deux extrêmes), d'apporter au public beauté et émotion (lorsque les qualités du toro le permettent).
Je voudrais maintenant examiner diverses propositions qui ont été avancées ces derniers temps dans le but d'améliorer le tercio de pique pour voir dans quelle mesure elles pourraient être adoptées et transformer les choses de manière positive. Étant entendu que, pour avoir une chance de réussite, une nouveauté doit d'abord être parlée, discutée, diffusée dans les esprits, demandée par le public, acceptée par les professionnels. Tout un processus dans lequel les aficionados peuvent et doivent avoir un rôle moteur.
- La réduction de la taille de la pique
D'un autre côté, les partisans d'une pique réduite, dite andalouse car elle correspond à la pique réglementairement utilisée en Andalousie, ont pour eux l'évidence des lois de la mesure en disant : "à pique réduite, dégâts occasionnés aux toros réduits". Parmi eux certains, plus radicaux, pensent que cette pique pourrait être simplement transitoire car ils préconisent le retour à une pique de type à limoncillo telle qu'utilisée au XIXème siècle. Dans ce type de pique, seule la puya (le fer) entre dans les chairs du toro et les lésions subies sont évidemment bien moindres.
Je dois dire , cher lecteur, que j'ai longtemps hésité avant de prendre parti. Dans un premier temps, j'ai été séduit par la simplicité de l'argumentation en faveur de la pique andalouse, puis par le romantisme que constituerait un retour à la pique minimale des débuts de la tauromachie. En fin de compte, quelques évidences me sont apparues. Le toro puissant encaisse sans problème particulier la pique actuelle. On a vu lors de la temporada passée plusieurs toros sortir pimpants de trois piques appuyées. De ce fait, toute réduction de la taille de la pique pourrait avoir un effet pervers contraire au but recherché, à savoir inciter les maestros à faire d'autant plus charcuter un toro jugé trop puissant qu'il sagirait de pallier à l'insuffisance d'une pique jugée trop peu efficace. Quant aux toros faibles et doux, ils resteront, quoi que l'on fasse, faibles et doux, une pique réduite ne leur donnera ni force, ni caste. J'en suis donc arrivé à la conclusion que ce problème est un faux problème, que la pique actuelle convient parfaitement car tout dépend en réalité de l'usage qui en est fait. Utilisée sans manœuvres frauduleuses (pomper, vriller, piquer à plusieurs endroits) et avec une intensité et une durée proportionnées à la puissance du toro, la pique actuelle me paraît parfaitement apte à châtier tous les toros qui sortent actuellement dans les ruedos de France et d'Espagne.
(à suivre)
Pablo Picasso Petit picador jaune 1889
samedi 14 février 2009
Quelques blogs et sites sur la course landaise
- Fédération Française de la Course Landaise site officiel 2002
- Course Landaise Magazine par Michel Puzos 2006
- Passion Coursayre par Marylène 2007
- Hugo L'écarteur de Semisens par Hugo 2007
- Message de Pickwicq par Jean-Claude Dufau 2008
- Au cœur de la Course Landaise par Michel Puzos 2008
mercredi 28 janvier 2009
Finca Blanca

mercredi 21 janvier 2009
Nomenclature en hommage aux victimes du toreo de André Lopez Lorente
L'objet de ce livret est de recenser toutes les victimes du toreo entre 1771 et 1999, un travail de bénédictin réalisé par André Lopez, l'archiviste de "La Muleta" fameuse société taurine arlésienne fondée en 1906 . Au delà de la brutalité des faits, c'est un hommage qu'a voulu rendre l'auteur à tous ces toreros, la plupart modestes, en les tirant de l'anonymat dans lequel le temps les avait plongés.
L'auteur a ainsi relevé le nom de
184 novilleros
149 banderilleros
73 picadors
58 matadors
8 rejoneadors
3 puntilleros
soit 475 victimes
parmi lesquelles 15 ont péri en France.
A la lecture de ces chiffres, il est frappant de constater à quel point les toreros les plus modestes - les apprentis (novilleros) et les prolétaires (banderilleros)- constituent de très loin les principales victimes de la fiesta.
Les trois ganaderias qui ont causé le plus de décès sont
Miura 8
Veragua 8
Anastasio Martin 7
Pas de surprise concernant les deux premières étant donné leur réputation de difficulté et de puissance.
Moins connu, l'élevage d'Anastasio Martin est d'origine Vistahermosa (dérivation Joaquin Giraldez). Bien que très discret, il existe toujours sous l'appellation Dolores Rufino Martin. Il couvre actuellement des nuñez.
J'ai essayé pour ma part, sur la base des statistiques d'André Lopez, de rechercher la période qui, au cours des deux siècles passés, a été la plus meurtrière. Pour cela, j'ai comptabilisé le nombre total de victimes par décennie. Voici les résultats :
1770 : 2
1780 : 2
1790 : 4
Bien sûr, ces chiffres n'ont pas de caractère scientifique. Ils sont sûrement incomplets pour ce qui concerne les XVIIIème et XIXème siècles et il faudrait, pour être vraiment précis, corréler le nombre de tués avec le nombre de spectacles donnés.
Malgré tout, un certain nombre de constatations peuvent être faites. La période la plus meurtrière s'étend des années 1890 aux années 1950, avec pour chaque décennie plus de 30 victimes. A l'intérieur de cette période, ce sont les années 1910, 1920, 1930 qui sont les plus meurtrières avec une soixantaine de décès chaque fois (46 pour les années 30, mais si l'on tient compte de la baisse considérable du nombre de corridas lors de la guerre civile espagnole, la proportion de victimes est la même qu'au cours des deux décennies précédentes).
Il serait intéressant de rechercher les causes de la brusque augmentation du nombre de morts à partir des années 1880. En effet, on passe d'une dizaine de tués au cours des décennies 1840 à 1870 à trois fois plus au cours des années 1880. Plusieurs hypothèses sont envisageables : statistiques incomplètes, augmentation du nombre de spectacles, prise de risque plus grande des toreros, plus grande dangerosité des toros combattus.
En revanche, la diminution du nombre des issues fatales s'explique facilement à la fin du XXème siècle par les progrès exceptionnels de la médecine et de la chirurgie.
Et, puisqu'on parle beaucoup, ces derniers temps, de piques et de picadors, j'ai pensé qu'il serait intéressant de comptabiliser le nombre de picadors tués. J'ai placé entre parenthèse le pourcentage que cela représente par rapport au nombre total de victimes pour chaque décennie.
1770 : 1 (50%)
1780 : 0 (0%)
1790 : 2 (50%)
1800 : 1 (25%)
1810 : 5 (83%)
1820 : 1 (25%)
1830 : 4 (100%)
1840 : 3 (23%)
1850 : 3 (25%)
1860 : 5 (38%)
1870 : 4 (44%)
1880 : 9 (32%)
1890 : 7 (16%)
Il me semble que, pour les picadors, on observe trois périodes différentes.
Jusqu'à la décennie 1880 (comprise), le pourcentage de picadors tués est important par rapport au nombre total de victimes : 40% en moyenne avec une pointe à 100% dans la décennie 1830. Ils constituent les principales victimes de la fiesta.
Entre 1890 et 1920 le nombre de picadors tués reste important mais le pourcentage est considérablement réduit : 12% en moyenne.
Enfin à partir des années 1930 la baisse du nombre de victimes est très significative, conséquence évidente de la généralisation du peto à partir de 1928.

Goya La mort du picador 1794
mardi 6 janvier 2009
Quelques photos de la temporada 2008 (2)
Toro con trapío de Prieto de la Cal à La Brède
jeudi 1 janvier 2009
Feliz año nuevo
Pour 2009, la leçon des toros aux humains
Dans les corrals de Vic Fezensac, les toros de la corrida-concours partagent, dans la paix, un espace réduit : un Miura, un santa coloma de La Quinta, un atanasio de Charro de Llen, un villamarta de Fidel San Roman, un albaserrada de Victorino Martin et un veragua de Prieto de la Cal.
mercredi 24 décembre 2008
Quelques photos de la temporada 2008 (1)
jeudi 18 décembre 2008
Un choix consternant
Un choix consternant car on voit mal ce que les apôtres de la corrida pipolisée et lunaparkerisée peuvent apporter à la préfecture landaise. C'est le mariage de la carpe et du lapin dont la victime annoncée ne peut être que la corrida elle-même.
samedi 13 décembre 2008
Bilan temporada 2008
Ma corrida rêvée
6 toros de José Escolar Gil 6
El Fundi
Morante de la Puebla
Sergio Aguilar
Par rapport à l'an dernier, exit José Tomas que j'ai certes rêvé de voir cette saison. C'est lui qui a refusé de s'introduire dans mon rêve en ne toréant ni en France ni dans le Pays Basque espagnol (blessé, il n'a pu actuer à Saint Sébastien, son seul contrat prévu dans nos contrées). Finalement, je me suis très bien passé de lui : aucun torero n'est indispensable.
Morante de la Puebla devant les Escolar Gil, aïe aïe aïe! me direz-vous!
Morante a été, avant sa blessure de Séville, un torero poderoso et il est capable d'être bon lidiador; il l'a prouvé cette année à la corrida-concours de Saint Sébastien. Et puis, si ça tourne mal, voir les cons en furie est toujours un plaisir.
samedi 6 décembre 2008
Nouveaux blogs
J'ai déjà dit un mot sur les poétiques pinchos del ciego de Ludo.
Voici les autres dans l'ordre chronologique d'apparition :
- Puraficionado par Pedrito
- Instants de corrida par Manolete
- La fête sauvage par Pelayo
- Le blog des apprentis toreros par le collectif Radio-petit-doigt
- Des photos, des mots et des toros par Marc Delon
- La brega par Xavier Klein
- Autour des taureaux par Nadège Vidal
Longue vie à tous...
mercredi 26 novembre 2008
Trois raisons d'espérer
En effet, les élevages, sur lesquels sont obligés de se rabattre les amateurs de toro sérieux sont loin, dans la plupart des cas, d'apporter les satisfactions escomptées. Il faut dire que les exigences des aficionados sont, à juste titre, élevées.
De plus, à l'exception notable d'El Fundi, les limites des toreros engagés face à ce bétail ne permettent pas toujours d'apprécier pleinement la qualité des toros. Il est bien loin le temps où l'on pouvait aligner devant les élevages les plus durs des Ruiz Miguel, Victor Mendes, Nimeño II, Tomas ou José Antonio Campuzano. (A l'inverse, il y a actuellement dans l'escalafon pléthore de toreros susceptibles de triompher devant le toro pastueño que certains éleveurs sont en train de réussir à produire en série).
C'est pourquoi, pour ceux qui, parce qu'ils se font une autre idée du combat taurin, ont du mal à s'enthousiasmer pour les triomphes prévisibles des figures face à des animaux à la puissance et à la férocité réduites, il est important qu'existent des ganaderias capables de fournir d'authentiques toros de respect. Cette année trois d'entre elles ont donné de sérieuses satisfactions et des raisons d'espérer pour l'avenir.
Le retour des Miuras
Après plusieurs années de bache, Miura est revenu, au cours de la temporada écoulée, à un très bon niveau. Avec en particulier d'excellentes corridas à Pampelune, Bayonne et Saragosse, et des toros intéressants dans la plupart des autres lots (9 corridas et 2 novilladas). La caste qui fait la personnalité des Miuras semble de nouveau être au rendez-vous. Les deux points faibles restant l'état des cornes (gros problème à Mont de Marsan) et la faiblesse de patte encore trop souvent présente dans l'élevage. Selon les dernières nouvelles, les organisateurs français auraient acheté une bonne partie de la camada 2009. Les aficionados ne s'en plaindront pas.
La nouvelle dimension des Escolar Gil
Ce qui frappe dans le comportement des Escolar Gil cette année (5 corridas et 2 novilladas) c'est la régularité dans la caste. Avec deux lots supérieurs (Vic Fezensac et Céret) et, en point d'orgue, le meilleur toro de la corrida-concours d' Arles. S'il parvient à maintenir son élevage à ce niveau José Escolar Gil - qui est le seul ganadero (hormis le cousin Adolfo) à posséder du sang Victorino Martin - pourrait entrer en concurrence directe avec la maison mère. Pour le plus grand plaisir des aficionados...
Y a-t-il un avenir pour les Raso de Portillo?
Comme tous les aficionados présents ce jour-là, j'ai été impressionné par le poder et la bravoure des novillos de Raso de Portillo lidiés à Parentis. Mais aussi par la noblesse de certains d'entre eux. N'oublions pas que noblesse ne signifie pas forcément facilité. La noblesse est une qualité de franchise dans la charge qui est donnée au toro par l'élan de sa bravoure et l'assurance de son poder. Cette franchise va permettre au matador de toréer avec confiance mais la bravoure et le poder nécessitent que celui-ci fasse preuve d'entrega et de dominio s'il veut rester maître de la charge de son adversaire. Il y eut dans ce lot quelques exemplaires qui, me semble-t-il, auraient pu permettre le triomphe à des toreros plus expérimentés. Je ne sais si cet encierro était une exception ou bien si les éleveurs pourront renouveler un envoi d'un tel niveau, ou encore mieux développer leur élevage (2 novilladas piquées seulement cette saison). Si c'était le cas, je pense que les arènes intéressées ne manqueraient pas et la commercialisation d'un tel bétail ne poserait pas de problème à ses propriétaires. En tout cas, la famille propriétaire de la ganaderia, bien que nombreuse, semble ne pas manquer de ressources financières ni de terres d'élevage (plus de mille hectares dans la province de Valladolid).
Pour plus d'information :
Miura (Terre de Toros)
José Escolar Gil (Terre de Toros)
Raso de Portillo (Terre de Toros)
Retour au Raso de Portillo, la plus ancienne ganaderia brava de Pierre Dupuy (Toros n°1565 du 6 novembre 1997)
Le toro est un animal sauvage de Manolillo (Toros n°1839 du 17 novembre 2008)
dimanche 16 novembre 2008
Les voix du terroir

dimanche 9 novembre 2008
Pour la beauté du geste

dimanche 2 novembre 2008
Indulto (2)
Alors, de droite et de gauche, sur la toile ou sur papier, au gré de mes inspirations, j'ai essayé d'aller chercher des informations, peut-être des explications et si possible des moyens de me rassurer.
Il y a eu 18 toros indultés au cours de la temporada européenne 2008. Voici la liste, dans l'ordre chronologique, des villes dans lesquelles ont eu lieu ces indultos :
Ecija
Sonseca
Los Barrios
Sanlucar de Barrameda
Marbella
Châteaurenard
Puerto de Santa María
Baeza
Constantina
Cieza
Sotillo de la Adrada
Dax
Pozuelo de Alarcón
Almodovar del Campo
Barcelona
Zafra
Montoro
On le voit, à l'exception de Barcelone et du Puerto de Santa María, le phénomène touche très majoritairement des arènes de troisième ordre. Dax se trouve ainsi prise entre Sotillo de la Adrada et Pozuelo de Alarcón, comme dirait mon fils, ça fait un peu pitié. J'ai le sentiment que dans ces petites arènes, les élites locales (organisateurs, élus, voire journalistes s'il y en a) sont en mesure d'influencer public et présidence afin de créer un évènement qu'ils sauront faire mousser et dont ils tireront un profit personnel (en terme d'affirmation de leur pouvoir). Dès lors, la dérision est sans doute la meilleure réponse que les aficionados peuvent apporter à de telles pratiques. N'étant pas un paroissien rouge et blanc, je me réjouis par avance des moqueries que vont subir les dacquois pour avoir gracié un toro qui n'a pris qu'une demi-pique. A moins que les concurrents montois et bayonnais ne s'avisent malencontreusement de vouloir les imiter lors de la temporada prochaine...
J'ai essayé de voir l'évolution du nombre d'indultos années après années mais je n'ai pu remonter que jusqu'en 1999. Voici les chiffres (hors novilladas et festivals) :
1999 : 5
2000 : 11
2001 : 6
2002 : 14
2003 : 18
2004 : 12
2005 : 15
2006 : 21
2007 : 15
2008 : 18
Depuis 2002, on franchit systématiquement la barre des 10 indultos annuels. Il est difficile de savoir si le pic des 21 toros indultés de 2006 est un sommet qui ne sera plus atteint ou bien le signal d'une nouvelle progression. Réponse au cours des prochaines temporadas...
Interrogé sur la question de l'indulto Eduardo Miura déclara: "¡Ay! de aquel ganadero que deje se le vaya a la plaza un toro susceptible de ser semental."
Quant à Atanasio Fernández, il sacrifia un de ses toros indulté en disant : "Mes sementals, c'est moi qui les choisis et non le public."
On ne peut d'ailleurs qu'être inquiet en pensant au nombre de médiocres reproducteurs qui vont se retrouver à couvrir des vaches à la suite d'indultos abusifs. La situation de la cabaña brava mexicaine ne plaide pas en faveur du procédé.
Dans Philosophie de la corrida, Francis Wolff met en lumière deux phénomènes contraires. D'un côté, les publics sont de plus en plus sensibles au spectacle de la mort - l'agonie du toro luttant seul contre la mort après l'estocade devenant de ce fait un moment de grande émotion. D'un autre côté, ils semblent bannir cette mort en réclamant de plus en plus souvent la grâce pour le toro.
"Est-ce à dire que les corridas tendent à n'être plus ''de mort''? Pas du tout. Et même au contraire. Elles sont de mort, plus que jamais. C'est la vie ou la mort elles-mêmes du toro qui comptent désormais de plus en plus; le fait qu'il vive (ou survive, parfois), le fait qu'il meure, l'événement même de sa mort, ou parfois de sa non-mort."
NB : J'avais ici-même exprimé mon opinion, il y a quelques mois, sur la grâce du toro considérée par certains comme une réponse aux attaques des anti-taurins.
vendredi 24 octobre 2008
Course Landaise : palmarès 2008
lundi 20 octobre 2008
Pepín Liria
En hommage, simplement, quelques mots et souvenirs.
PUNDONOR
Bordeaux Floirac
dimanche 2 octobre 1994
toros de Teixeira
Richard Milian - Chamaco - Pepín Liria
VALOR
SEVILLA
Cehegín
Mont de Marsan
jeudi 24 juillet 1997
toros de Victorino Martin
mano a mano El Tato - Pepín Liria
probité
MURCIA
Bayonne
dimanche 6 septembre 1998
toros de Victorino Martin
Fernandez Meca - El Tato - Pepín Liria
PAMPLONA
PEPÍN PEPÍN PEPÍN
samedi 11 octobre 2008
Les vainqueurs du Zapato de Oro
Voici la liste des vainqueurs du Zapato de Oro de la feria d'Arnedo (La Rioja)
2009 : Esau Fernandez
2008 : Pablo Lechuga
1973 : Alvaro Domecq y Manuel Vidrié (rej.)
mardi 7 octobre 2008
Requiem pour une plaza de toros
L'actuelle plaza de toros d'Arnedo a certainement vécu son dernier Zapato de Oro. En effet, à quelques centaines de mètres, a commencé la construction d'un machin comme il en a poussé beaucoup en Espagne ces derniers temps. Un pabellón multiusos nommé ''Arnedo Arena'' qui aura une capacité de 6000 spectateurs, ce qui laissera beaucoup de ciment vide lorsque s'y installeront les 2000 spectateurs quotidiens des novilladas du Zapato de Oro.
photos velonero
jeudi 2 octobre 2008
Deux jours à Arnedo
jeudi 25 septembre 2008
Caida
le picador
le cheval
et tous les caparaçons du picador et du cheval
montent
Babel fugace
qui sera tôt résolue
au pied de la palissade tonnante
en un tas sans voix
sans langue
empêtré dans son matelassage pluvieux
Michel Leiris
jeudi 18 septembre 2008
Goya, Bordeaux et les taureaux

mercredi 10 septembre 2008
Dax (suite)
Un évènement, ça ne vient pas comme ça, par hasard. Le public, on le formate petit à petit, on l'assouplit, le décervèle, on le modèle à sa guise. Ça peut prendre des années mais on finit par y arriver. Il faut des moyens : la télé, la presse. Sans oublier, au-dessus de tout, l' idéologie simple mais efficace de notre société de con-sommation (la sommation des cons) : payez jouissez.
Par exemple, souvenez-vous.
On nous a montré en début de saison, sur France3 Aquitaine, dans l'émission Tercios, la grâce de ce toro anodin de Juan Pedro Domecq à Ecija, accompagnée des commentaires dithyrambiques de circonstance.
Quelques semaines plus tard on nous a montré Miguel Angel Perera à Olivenza alignant des passes insipides à d'insipides toros sin cara. Là encore, on nous a dit combien c'était génial.
Et puis, reseña après reseña, on nous en a décrit des faenas d'anthologie contrariées par des présidents insensibles qui n'accordent jamais les trophées demandés. Mais on les lynchera, s'il le faut, ces présidents qui empêchent les braves gens de s'amuser...
Jusqu'au jour où tout est en place. Alors en avant pour la corrida Luna park.
Comment on en rend compte
"C'était le plus petit, le moins lourd, le dernier de la famille. Un mignon minois, des yeux pleins de tendresse et des dizaines de marguerites et de coquelicots à chaque naseau." De qui s'agit-il donc? Du petit chat qu'on vient d'offrir aux gosses? Du gentil toutou à sa mémère? De l'agneau qui vient de naître? Vous n'y êtes pas, il s'agit de Desgarbado, le toro gracié à Dax vu par la plume de Vincent Bourg "Zocato" dans sa reseña publiée par le journal Sud Ouest.
Mais la symphonie pastorale s'arrête là, Vincent Bourg ne peut maîtriser ses vieilles rancœurs. C'est que, malgré le travail de sape, il reste encore des aficionados, ces empêcheurs de tourner en rond. Alors une guerre ouverte leur est déclarée : "Les coupeurs de cheveux en douze diront, les soirs de tertulia d'hiver, quand il pleut froid sur nos bonheurs d'été qu'il ne prit qu'un léger picotazo,un quart de lance, à peine une boutonnière. Et ta sœur! Eh bien, elle bat le beurre de joie depuis hier soir où..." Des propos déplacés, choquants, vulgaires, méprisants. Mais qui ont un mérite, celui d'exclure les aficionados de l'évènement.