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mardi 24 octobre 2023

Croquis de la fête taurine (poèmes 8)

 

Arènes de Torrevieja

Cailloux  béton  soleil

Et les toros de Prieto de la Cal

Et les toros de Javier Moreno de la Cova

Terreurs de cette terre de sel

 

 

Arènes de Carthagène 

Arène romaine et portuaire

Rondeur du temps, rondeur des traces

Oh ! quel bonheurs les passes

du Niño de la Capea

 

 

Arnedo
 

Ils ont détruit la vieille place des toros

les affairistes

les modernes

Ils ont tué une âme qui ne renaîtra pas






poèmes 7

 

mercredi 4 octobre 2023

Arnedo : trois jours

 

 
   Dans la disproportionnée arène couverte d'Arnedo, même les jours où l'entrée est bonne, le public parait clairsemé. On y voit beaucoup d'enfants et d'adolescents, des familles, de bons aficionados, quelques Français, un grand torero. Il y a aussi des peñas bruyantes dont une particulièrement peu respectueuse des toreros et des aficionados à tel point qu'elle continua à cacophoner alors qu'un novillero attendait a portagayola.
   De bonne caste les novillos d'Adolfo Martin mais manquant de la chispa qui en aurait fait un bon lot. Décastés les Guadalmena, avec toutefois deux exemplaires (les 3 et 6) qui permettaient beaucoup. Enfin la caste des Fuente Ymbro atténuée par une faiblesse de patte latente.
   Se déroulant devant un public compétent, avec un président peu porté sur le triomphalisme, face à des novillos en général sérieux, le Zapatero de Oro est un assez redoutable examen de fin d'année pour la fine fleur des novilleros. Ici des carrières s'achèvent, d'autres prennent leur envol.
   Samedi, devant les Adolfo Martin, la prestation de Jorge Molina, pourtant leader de l'escalafon, résulta de piètre qualité. Il fut sifflé en conséquence. Diego Bastos, victime d'une cuadrilla lamentable après laquelle il est difficile de toréer en confiance, montra qu'il a de l'allure, mais rien de plus. Daniel Medina en revanche rallia tous les suffrages. Il donna au troisième une belle faena, sincère, classique, pure, avec de magnifiques passages al natural (une oreille et à lui le prestigieux Zapato de Oro).
   Dimanche, devant une belle entrée, le Riojano Fabio Jimenez, natif d'Alfaro, se fit trop souvent toucher la muleta pour espérer dominer ses adversaires. Manuel Caballero eut la malchance de toucher deux novillos totalement dénués de caste. Il laissa entrevoir oficio et classe naturelle. Cristiano Torres, bullidor, spectaculaire, connectant facilement avec le public, coupa avec justice l'oreille du troisième mais resta en dessous du sixième.
   Lundi, Sergio Rodriguez ne justifia pas sa présence en remplacement d'Ismael Martin et n'écouta que le silence. Nek Romero, au contraire, a montré qu'il était un novillero puesto et dominateur, de plus bon capeador et tueur efficace. Il coupa une oreille à chacun de ses adversaires et fut, de ce fait, l'unique novillero de la feria à sortir a hombros. Sergio Sanchez actua face au dernier novillo de la feria avec la fougue et la verdeur d'un vrai novillero. Il sortit miraculeusement indemne d'une larga a puerta gaiola suivie d'une  poursuite. Après une faena d'émotion, son mauvais maniement des aciers ne lui permit pas de tocar pelo.

mardi 29 septembre 2015

Se couper la coleta

   Il est 19 heures passées de quelques minutes. Romancero, novillo cárdeno d'Ana Romero git sur le sable. Au centre de la piste, un jeune homme s'avance vers la présidence pour la saluer une dernière fois. Il vient de s'arracher la coleta et de tuer son dernier toro. Dans le vacarme de l'arène couverte d'Arnedo - cacophonie des orchestres des peñas qui recommencent à jouer, sifflets du public, applaudissements de ceux qui ont compris - il retourne maintenant vers la barrera, le visage embué de larmes.
   Pour Louis Husson une nouvelle vie commence.




 Louis Husson  27 septembre 2015 Arnedo

dimanche 9 octobre 2011

Quelques photos d'Arnedo


L'ancienne plaza n'est plus qu'un souvenir.



La nouvelle a de la gueule; comme toutes les arènes couvertes, elle est extrêmement bruyante.



Surtout, lorsque entre chaque toro les trois peñas arnedines jouent chacune en même temps un morceau différent!


Les novillos de Prieto de la Cal étaient magnifiques mais leur comportement fut désastreux : faibles, mansos, sosos.



 Comment finir sans évoquer la terrible cornada de Juan José Padilla vendredi à Saragosse. En hommage au grand matador jerezano on peut lire  ce très beau texte d'Olivier Deck.




mercredi 5 octobre 2011

Baltasar Iban conservatoire de la bravoure du toro de lidia



En ce dimanche de clôture du Zapato de Oro d'Arnedo, la novillada de Baltasar IBAN a représenté ce que la cabaña brava espagnole peut  produire de mieux. A savoir une bravoure qui s'exprime dans les trois tiers, bravoure qui a pour conséquence la noblesse, car le toro fort et combatif s'engage jusqu'au bout dans les leurres.

9 piques et 2 chutes tel est le bilan du premier tiers, bilan qui doit être réévalué si l'on prend en compte le temps passé par chaque novillo sous la pique. En effet plusieurs d'entre eux poussèrent durant de longues minutes, les toreros éprouvant les plus grandes difficultés à leur faire quitter le cheval.

Le premier, Provecho a une sortie hésitante avant de prendre en brave deux piques pour une chute. Il fera preuve d'une grande noblesse à la muleta, tempérée par une légère faiblesse du train arrière. Sergio BLASCO construit quelques belles séquences à droite mais reste en dessous de la qualité du novillo.

Costarito est un mauvais esprit. Il refuse durant cinq bonnes minutes de sortir des chiqueros. Angel PUERTA le torée magnifiquement par véroniques mais à la deuxième demi-véronique (celle de trop) il est pris brutalement puis rechargé au sol. Il s'en tire heureusement avec de simples contusions. Le novillo prend une pique longue et violente dont il sort un peu étourdi ce qui incite Puerta à demander le changement de tiers. Le novillo mènera la vie dure à la cuadrilla au deuxième tiers et se montrera bronco et de charge courte au troisième. Angel PUERTA s'arrime comme un vrai novillero et réussit quelques belles naturelles une à une. Visiblement il ne maîtrise pas la technique de l'estocade, la mort s'éternise et le combat se finit dans le silence.

Costurito II provoque un batacazo sur la première pique, le piquero heurtant violemment le burladero (sans dommage grâce à la protection du castoreño), le toro, de son côté, se refusant à quitter le cheval à terre. Panique dans le ruedo. Fernando ADRIAN l'emmène au picador de réserve pour une deuxième rencontre longue et poussée sur plusieurs mètres. Le novillo répond parfaitement au second tiers et Raul Adrada, prenant tous les risques, pose deux magnifiques paires (salut). Faena sérieuse de Fernando ADRIAN adaptée aux conditions du novillo. Une entière trasera et tendida suivie de deux descabellos. Pétition majoritaire, vuelta al ruedo, bronca à la présidence qui empêche regrettablement le toro de sortir sous l'ovation qu'il méritait.

Camarino, sorti en quatrième position, sera parfaitement mis en suerte au premier tiers par Sergio BLASCO. Deux piques prises avec bravoure et parfaitement données par le picador Ivan Garcia, ovationné. Au troisième tiers le novillero se désunit complètement et se montre incapable de donner la moindre passe correcte malgré la qualité de son opposant.

Santanero, le cinquième sera l'unique novillo de l'après-midi à sortir seul de la pique. Pique unique et bien insuffisante. Il puntée nerveusement dans la  muleta. Face à un tel adversaire, la verdeur d'Angel PUERTA est si manifeste que malgré sa vaillance désordonnée il est peu à peu dominé par le novillo qui, lui, va a mas. Toutefois, c'est avec plaisir que je le reverrais l'an prochain car le garçon possède l'envie et le courage qui font les novilleros authentiques.

Lorsque sort comme un bolide le dernier novillo de la course et de la feria la novillada a été jusque là passionnante à suivre et un clair succès pour la devise de Baltasar Iban. Santanero II va transformer ce succès en événement triomphal puisqu'il va être indulté. Autant le dire tout de suite, cet indulto m'a paru largement exagéré. Tout d'abord parce que Santanero II n'a reçu qu'un seul puyazo. Ensuite parce que ce genre d' acontecimiento procède toujours d'une hystérie collective qui, je ne sais si je dois le regretter ou m'en réjouir, me  laisse assez circonspect voire agacé.
Mais revenons au héros du jour. Negro et bien armé, astifino. Sortie de bolide donc puis charge claire dans la cape de Fernando ADRIAN. La pique est longue, très longue acculant d'abord le cheval contre les tablas puis le poussant le long de celles-ci, refusant les sollicitations du péonage. Il finit par sortir, gaillard et je savoure à l'avance la deuxième rencontre. Hélas! la présidente accède à la demande de changement de tiers du novillero. Après un bon tercio de banderilles, il fait preuve, dans la muleta du novillero madrilène, d'une charge longue et inépuisable, typique des futurs indultés. Fernando ADRIAN, sûr de lui, n'hésite pas à le citer de loin pour une faena variée dans laquelle prédomine l'usage de la main droite. En gardant la jambe contraire légèrement en retrait il privilégie la fluidité au détriment de la profondeur mais ne tombe jamais dans la vulgarité (il nous épargne notamment les culerinas). Faena bien construite et dominatrice, qui fait rugir les tendidos - le son de la charge du novillo y contribue pour une bonne part. Le final, après la sortie du mouchoir orange, est très beau, le novillero ramenant le toro jusqu'au toril par des adornos muy toreros.
Après  à peine une temporada à l'échelon des novilladas piquées, Fernando Adrian a montré aujourd'hui qu'il était un torero solide sur lequel il fallait compter...
Et bien sûr final triomphal aussi pour l'élevage avec la sortie a hombros du mayoral.

samedi 11 octobre 2008

Les vainqueurs du Zapato de Oro

 
Voici la liste des vainqueurs du Zapato de Oro de la feria d'Arnedo (La Rioja)

2025 : Emiliano Osornio
2024 : Aaron Palacio
2023 : Daniel Medina
2022 : Victor Hernandez 
 
2019 : Francisco Montero
2018 : Juanito
2017 : El Adoureño
2016 : Leo Valadez
2015 : Alejandro Marcos
2014 : Gines Marin
2013 : Alvaro Lorenzo
2012 : Tomas Campos
2011 : Fernando Adrian
2010 : Lopez Simon

2009 : Esau Fernandez
2008 : Pablo Lechuga

2007 : Rubén Pinar
2006 : Pepe Moral
2005 : Medhi Savalli
2004 : Alejandro Morilla
2003 : Eduardo Gallo
2002 : Salvador Vega
2001 : César Jimenez
2000 : Luis Vilches
1999 : Rafael de Julia
1998 : Diego Urdiales
1997 : Miguel Abellán
1996 : Morante de la Puebla
1995 : Uceda Leal
1994 : Javier Conde
1993 : Jesús Romero
1992 : Ricardo Ortiz
1991 : Paquiro
1990 : Finito de Córdoba
1989 : Jesulin de Ubrique
1988 : Enrique Ponce
1987 : César Pérez
1986 : Jerezano
1985 : Chicuelo de Albacete
1984 : Pedro Lara
1983 : Emilio Oliva
1982 : Vicente Yesteras
1981 : Luis Miguel Campano
1980 : El Yiyo
1979 : Richard Milian
1978 : desierto
1977 : desierto
1976 : José Luis Galloso (mat.)
1975 : desierto
1974 : Rafael Ponzo (mat.)
1973 : Alvaro Domecq y Manuel Vidrié (rej.)
1972 : Rafael Ponzo