dimanche 8 mars 2009

Les moutons sur les prairies fleuries sont monotones

Bel effort d'objectivité samedi de la part de France 3 pour l'émission Signes du Toro. Il était temps!
On ne nous a pas présenté, comme on aurait pu le craindre, l'indulto de Desgarbado comme un sommet de la tauromachie, mais, plus justement, comme un moment étrange, un peu décalé du réel. La qualité des intervenants - François Capdeville, Olivier Deck, Roger Merlin (remarquable dans son recadrage sur ce qui fait l'essence de la corrida) - a sans doute permis aux téléspectateurs de prendre du recul, de se poser des questions. En ce sens l'émission a joué le rôle que l'on est en droit d'attendre de la télévision : témoignage et réflexion plutôt que l'habituelle entreprise de mythification.
Je ne sais comment ceux qui découvraient l'évènement l'auront ressenti mais pour moi le binôme Desgarbado/Perera représente l'illustration parfaite de la corrida light. Un peu comme si, convié à un banquet, on se voyait offrir un hamburger arrosé d'eau gazeuse.
Ce qui me gène le plus dans ce genre de corrida, ce n'est pas son existence, mais le fait que certains voudraient nous faire croire que la tauromachie c'est ça et tentent de l'ériger comme modèle pour l'avenir. Grave contresens, car ce qui, pour moi, ressort de ces images - et j'avais ressenti la même chose lorsque je l'avais vécu en direct - c'est une impression de trop grande facilité. Comment? Être torero ce n'est que cela : faire tourner à l'infini, autour de soi, un animal inoffensif. Tauromachie toxique qui porte en elle sa propre fin car elle s'autodétruit en s'ôtant elle-même le plus grand de ses biens : el valor.
Mais rassurons-nous. Miguel Angel Perera est aussi le torero qui a été héroïque à Madrid cet automne (Dax était pour lui jour de récréation). Victoriano del Rio est capable d'envoyer à Madrid un lot de toro complet. Et Dax n'est qu'une arène de troisième ordre avec un public de troisième ordre.

3 commentaires:

Xavier KLEIN a dit…

Tout à fait d'accord Velonero, sauf pour la conclusion, un peu trop rude et définitive à mon goût.

bruno a dit…

La mise au point etait necessaire mais des toros de manege perso j'en ai plein le cul je leve meme pas la main pour attraper la queue du mickey sachant que le plus mickey des deux n'est pas celui qu'on pense!!!!!!!

RAFAEL a dit…

A l'occasion de la diffusion de cette émission j'ai été heureux d'avoir vu certains intervenants remettre les choses à leur place,posément et calmement.
J'ai vu aussi d'autres intervenants,Dacquois, s'enfoncer dans une médiocrité extrême,où l'on voit notre Bala National nous expliquer que la première personne à avoir demandé l'indulto n'était ni plus ni moins que le Maestro César Rincon....invité gracieusement ce jour là par ces amis de trente ans....
J'ai appris aussi que la présidence n'avait pas eu le choix...il fallait gracier Desgarbado, sinon c'était l'émeute.
Pour cette année, prévoir un bon cordon de CRS aux abords des arènes, dans le pur style PSG/OM, on ne sait jamais...
J'ai aussi vu et revu les images où l'on aperçoit ce petit mundillo taurin local faire pression sur la présidence et les premiers rangs des tendidos...AFFLIGEANTS.
J'ai l'impression qu'ils ont cet indulto sur les bras, qu'ils sont allés trop loin dans leurs délires.Desgarbado , est maintenant leur point de référence...tu parles d'une référence.Que va-t-il se passer maintenant quand un vrai bon toro va sortir dans cette plaza?