dimanche 7 février 2010

Toreros para la historia 5 Domingo Ortega

Autant le dire d'entrée, cet opus n°5 de Fernando Achucarro n'est pas le plus intéressant de la série. Il vaut plus par les scènes de campo tournées dans l'élevage du maestro que par les images de corrida. Il comporte en effet une grave lacune : rien sur la carrière du Diamant de Borox avant la guerre civile, époque la plus intéressante du torero durant laquelle il se forgea l'image d'un lidiador poderoso capable de dominer les toros les plus retors. On aurait aimé en avoir un aperçu, on regrettera donc que l'auteur n'ait pas disposé des archives correspondantes.
On peut voir, en revanche, d'abondants extraits de corridas et festivals des années 40 et 50. Domingo Ortega s'y montre élégant - sans doute avait-il gagné en élégance avec l'âge, car dans sa première époque c'est une qualité qu'on ne lui attribue jamais - et effectiste, obtenant des triomphes faciles devant le bétail diminué de l'époque. Parmi les images notables, celle d'un Miura cárdeno (285 kg en canal) à Séville en 1953 obtenant une belle chute de cheval.
Le toreo du Castillan est essentiellement basé sur son fameux trincherazo donné avec une main de fer dans un gant de velours et que le maestro poursuit en allant vers la queue de l'animal (manœuvre considérée comme un truc -un tranquillo- par ses contempteurs). Et c'est vrai que face au toro-novillo lidié après la guerre le procédé peut paraître abusif. Il se justifie pourtant face aux toros fuyards, aux alimañas de Victorino ou aux Miuras qui connaissent le grec et le latin. Hélas, aujourd'hui le public ignorant qui se presse aux arènes pour voir le toro tourner sans fin autour du matador siffle presque toujours le torero qui se risque à une telle lidia. Je garde précieusement au fond de ma mémoire une faena de Ruiz Miguel, à Las Ventas dans les années 70, face à un manso criminel d'Atanasio Fernandez, composée exclusivement de trincherazos à la manière d'Ortega et de doblones, faena qui valut au gaditano une énorme et unanime ovation.
La deuxième partie du film comprend une entrevue avec le torero qui parle notamment du dominio en el toreo : "dominer un toro c'est le faire aller où il ne veut pas aller et non se contenter de le faire passer ". Puis de nombreuses scènes de campo et tienta dans son élevage, celui de l'historique fer de Fernando Parladé.


A Valencia en 1936 dans une corrida donnée au profit des milices républicaines photo Finezas (Manuel Sánchis)

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