mercredi 16 novembre 2022

Pour la liberté culturelle, contre l'intégrisme animaliste

 
   Le samedi 19 novembre, 12 villes du Sud de la France accueilleront des rassemblements citoyens pour défendre la corrida et dire non au fascisme animaliste. Des délégations d'aficionados et d'élus locaux remettront une motion dans les préfectures et sous-préfectures. 
Les rendez-vous :

     Langon (Gironde)              9h     sous-préfecture
     Mont-de-Marsan (Landes)  11h     mairie
     Dax  (Landes)                    12h     mairie
     Bayonne (Pyrénées-Atlantiques)   11h30    mairie
     Pau  (Pyrénées-Atlantiques)       9h     préfecture
     Auch  (Gers)                        11h      escalier monumental
     Perpignan (Pyrénées-Orientales)   11h    préfecture
     Béziers  (Hérault)                  11h     sous-préfecture
     Nîmes  (Gard)                        11h     préfecture
     Alès  (Gard)                            11h    sous-préfecture
     Arles  (Bouches-du-Rhône)   10h    place de la République
     Istres  (Bouches-du-Rhône)   11h     sous-préfecture





































mardi 25 octobre 2022

A propos de la proposition de loi sur l'interdiction des corridas

    En acceptant dans ses rangs Aymeric Caron et en soutenant sans barguigner sa proposition de loi pour l'interdiction de la corrida en France, La France Insoumise s'est tirée une balle dans le pied. Ambitionner de devenir un grand mouvement de défense du peuple  et traiter avec mépris une culture certes minoritaire mais populaire et profondément enracinée dans certaines parties du territoire français c'est agir à l'inverse de ce que l'on prétend défendre. C'est s'aliéner une partie de la population et se condamner à rester un parti qui ne touche qu'une certaine frange de citoyens, confite dans sa bonne conscience et, qui plus est, donneuse de leçons. Pour faire un parallèle avec l'Espagne c'est se podémiser.
   Mais il y a plus grave. Si le projet de loi venait à être voté, l'extrême droite serait en position de tirer les marrons du feu et verrait s'ouvrir devant elle des perspectives de progression énormes dans les régions du Sud, ce  qui pourrait lui permettre, demain, d'accéder au pouvoir national.
   D'autre part, on ignore quelles seraient les réactions dans les régions concernées. Et quand on voit comment la violence a pu se déchaîner en France au cours de ces dernières années, on ne peut que craindre une nouvelle flambée des passions. Le mécontentement pourrait même - au grand dam des nationalistes français de tous bords - se cristalliser dans un affrontement entre régions du Sud soumises au diktat humiliant  de la bienpensance parisienne et régions du Nord dont Paris symboliserait l'attitude néocoloniale. Ou tout simplement, comme on l'a déjà vu, entre populations méprisées (il n'en manque pas en ce moment) et élites qui s'autoproclament éclairées.
   Tout cela n'est pas très réjouissant. 
   Pourvu que la sagesse de nos députés l'emporte !
   


lundi 10 octobre 2022

Parentis : novillada Heste y Toros

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Il y eut un beau et bon lot de Los Maños. Des toros avec du chien, des sorties pleines d'allant et d'allure. De la bravoure au cheval (13 piques sans se laisser désirer, le 5 a poussé rudement, d'autres ont parfois simplement joué de la tête). Et au dernier tiers des comportements variés qui font tout l'intérêt des bonnes courses de l'encaste santa coloma. Alimaña le 5, de charges franches et soutenues les 1 et 4, noble mais vite sur la réserve le 2, avec beaucoup de son les 3 et 6 si l'on trouvait le bon terrain et le bon rythme.
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Solalito a des qualités : il banderille bien, il est appliqué, sérieux, vaillant, mais je l'ai trouvé en-dessous de ses bons adversaires du jour. En outre, son sérieux m' a semblé aujourd'hui confiner à la tristesse, pas un sourire, un manque total d'alegria dans ce qu'il entreprend. 
















De l'alegria, Marcos Linares en possède mais j'ai été étonné de le voir si vert alors que nous sommes en fin de temporada et que la saison dernière il a beaucoup toréé en non piquées. Le passage à l'utrero semble lui être difficile, il a toutefois laissé entrevoir beaucoup de qualités, en témoignent les excellentes véroniques données au 1 et les bonnes naturelles au 6.
 




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pas de chance pour Christian Parejo au sorteo  ce qui ne l'a pas empêché de faire grosse impression. Quelle classe et quel temple face à son premier adversaire ! Face à l'alimaña, qu'il dépêcha par ailleurs avec aisance, il n'hésita pas à se croiser à fond, seule solution pour s'en tirer à son avantage. 





dimanche 25 septembre 2022

Brocas

 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Samedi 24 septembre 2022      Brocas (Landes)
temps frais et humide
très petite entrée

Quatre novillos de Turquay (1 et 2) et de Blohorn (4 et 5), deux erales de Malabat (3 et 6) pour Alejandro Mora (silence, une oreille), Solalito (salut, une oreille) et Jean Larroquette ''Juanito'' (vuelta, silence).

Situées dans un cadre forestier idyllique peu après les anciennes forges en activité au XIXe siècle, les arènes de Brocas accueillaient en ce samedi automnal une novillada mixte au cartel attractif pour les aficionados. On peut penser que les pluies continues de la matinée ont retenu chez eux nombre de ceux-ci car l'entrée fut très faible.
Les deux novillos de Turquay légers mais bien typés santa coloma  ont eu la vertu de se livrer sans retenue face aux piqueros. Par la suite - manque de force ou manque de fond - leurs charges se réduisirent et devinrent fades. Les deux exemplaires de Blohorn étaient d'excellent trapío. Eux aussi s'employèrent par deux fois chacun face à la cavalerie puis ils firent preuve d'une charge âpre et réservée pour le 4, mobile et encastée pour le 5 ovationné à l'arrastre.
Alejandro Mora possède de l'oficio et une belle main gauche. Après avoir tiré des naturelles bien conduites et tué d'une entière desprendida, il coupera une oreille du quatrième.
Oreille aussi pour Solalito face à son Blohorn pour une faena variée comportant d'excellents passages de la droite. Luquesinas pas indispensables, media trasera et descabello.
Juanito était opposé à deux erales de Malabat (origine Atanasio Fernandez), l'élevage local de Pascal Fasolo. Les deux bichos firent preuve de noblesse, atténuée par le manque de force chez le 3, plus difficile à canaliser chez le 6 en raison de sa grande mobilité. Le jeune Béarnais est encore un débutant en phase d'apprentissage et l'on sait que pour progresser il faut se frotter à des problèmes légèrement supérieurs à son savoir. Ce fut le cas pour lui aujourd'hui.

vendredi 23 septembre 2022

Yunquera de Henares

 



 













Lundi 19 septembre 2022      Yunquera de Henares (Guadalajara)      Plaza de toros ‘’Las Traviesas’'
beau temps
media entrada

Six toros de El Pilar (cinqueños, mal armés, de triunfo grande, 7 piques) pour Sanchez Vara (deux oreilles, deux oreilles), Esau Fernandez (deux oreilles, silence) et Maxime Solera (deux oreilles, une oreille) .

Je ne sais ce qui a valu la présence dans ce modeste pueblo proche de Guadalajara de ce lot d’El Pilar. Peut-être le fait que tous avaient cinq ans ou que leurs armures abimées (à moins qu’elles n’aient été afeités) les rendaient impropres à une lidia dans une arène plus importante. Toujours est-il que leur caste, leur désir de toujours charger tête baissée sur les leurres, en faisait un lot propice aux triomphes les plus grands. Et il est finalement heureux que trois modestes matadors, rarement invités à la table des puissants, aient pu en profiter. Bien sûr le nombre d’oreilles coupées est à mettre en relation avec la catégorie de l’arène mais les trois diestros ont su se mettre au diapason de leurs adversaires en toréant de verdad.
Sanchez Vara posa les banderilles avec sobriété et toréa ses deux adversaires, qui répondaient à chaque cite avec alegria, avec une fluidité remarquable. Des estocades basses ternirent son ouvrage .
Avec un toreo puissant et classique, Esau Fernandez parvint à dominer les charges vibrantes du second. Il fut plus en difficulté face au cinquième dont la faiblesse de pattes était compensée par une caste qui le poussait toujours à l’offensive.
Maxime Solera torée peu et moins souvent encore des toros au sang bleu comme ceux du jour. Il n’en eut que plus de mérite à trouver chaque fois le rythme et à s’accorder avec les charges généreuses de ses adversaires, particulièrement en belles séries de derechazos. On le sent en revanche moins à l’aise avec l’épée qu’il tient de la main gauche pour tuer. Notons enfin qu’il eut le bon goût de placer le sixième une deuxième fois face au picador et à bonne distance. Le toro qui, comme ses frères, avait pris une première pique en poussant fort et longtemps, la tête fixée au bas du peto, n’hésita pas une seconde à se lancer une nouvelle fois vers la cavalerie. Des Pilar de luxe pour des toreros qui ont su les savourer.


jeudi 22 septembre 2022

Guadalajara

 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dimanche 18 septembre 2022   Guadalajara  Plaza de toros municipal Coso de las Cruces
très beau temps
media entrada
 
Cinq toros de San Martin et un (3è bis) de Carmen Valiente (con trapío, de charge limitée) pour Sanchez Vara (silence, une oreille), Sergio Serrano (silence, silence) et Roman (salut, trois avis et bronca).
 
On ne pénètre pas dans les arènes de Guadalajara sans une pensée pour Ivan Fandiño qui avait trouvé dans la ville et la région proche La Alcarria une seconde patrie. La porte principale a été rebaptisée à son nom et, dans les couloirs de la plaza, des affiches rappellent sa présence ici.
Le lot prévu d'Adolfo Martin avait été refusé par les vétérinaires pour manque de poids  et remplacé par un très bel encierro de San Martin. Hélas, le ramage ne correspondit pas au plumage. Certes ils poussèrent en général sous la pique mais leur comportement face aux leurres laissa grandement à désirer. Déjà face aux capes plusieurs d'entre eux stoppèrent leur charge dès la troisième ou quatrième passe. A la muleta, à l'exception du quatrième de charge correcte, ils se montrèrent réservés, de nul recorrido. Le sixième une véritable alimaña.
Sanchez Vara eut une bonne tarde. Il fit preuve de sobriété et d'efficacité dans toutes ses interventions, banderilla avec simplicité et sincérité et coupa l'oreille du seul San Martin potable après une entière tendida.
Face à un lot sans possibilité, Sergio Serrano se montra pesant à la mort.
Roman avait vu sortir un sobrero de Carmen Valiente à la place du titulaire entré en piste totalement ankylosé. Il profita de la petite charge de l'animal pour lui donner une faena adaptée mais mal terminée à l'épée. La lidia du sixième, d'un trapío magnifique, fut un chemin de croix pour tous. On regrettera le manque de professionnalisme du Valencien et de ses banderilleros face à un toro certes difficile mais que tout torero (certains plus que d'autres) est amené à rencontrer sur son chemin. La panique s'empara de tous. On piqua le toro une quatrième fois après la sonnerie, les banderilleros après deux harpons posés à l'unité renoncèrent à s'approcher du toro, obligeant le président à changer le tercio. Enfin, Roman tenta d'en finir en estoquant a media vuelta mais ne réussit à placer qu'une demi atravesada sans effet sur le morlaco. Il renonça après la sonnerie du premier avis et se contenta d'attendre par la suite le troisième avis libérateur. Le tout sous la bronca que l'on imagine.
 

mercredi 21 septembre 2022

Casarrubios del Monte

 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Samedi 17 septembre 2022     Casarrubios del Monte (Tolède)
très beau temps
media entrada
 
Six toros de Dolores Aguirre (très bien présentés, 10 piques 2 chutes) pour Fernando Robleño (salut, salut), Alberto Lamelas (salut, salut) et Gomez del Pilar (salut, salut).
 
L'un après l'autre, au cours de la matinée, les toros de Dolores Aguirre avaient parcouru les rues de la ville dans un encierro qui tenait plutôt du défilé de présentation. Et quelle présentation ! Six estampes dignes d'une arène de première catégorie.
L'après-midi, leur comportement fut inégal. D'une charge lourde mais gardant une certaine mobilité les deux premiers; faible de pattes le troisième; aplomados les deux suivants; le dernier enfin, un manso con casta y poder typique de la casa anima le premier tercio en provoquant deux chutes de la cavalerie.
La terna du jour était parfaitement adaptée à ce genre de corrida, ce qui permit à la tarde de se dérouler de manière satisfaisante, le public appelant à saluer chaque diestro à l'issue de son combat. 
Fernando Robleño donna une très bonne série de derechazo à son premier et fit appel à son expérience pour gérer la suite. Alberto Lamelas fit preuve de sa volonté habituelle et Gomez del Pilar, touché à la machoire par un violent derrote de son premier adversaire, montra une assurance de vieux briscard.
Du côté des cuadrillas on regrettera l'insuffisance de celle de Robleño, les autres se montrèrent sous un meilleur jour, en particulier celle de Gomez del Pilar dans laquelle on ovationna en particulier l'excellent Angel Otero; on emmena à l'infirmerie sans connaissance le puntillero de Lamelas violemment secoué par le cinquième dans l'exercice de son art.
 


mardi 20 septembre 2022

Cadalso de los Vidrios

 




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vendredi 16 septembre 2022    Cadalso de los Vidrios (Madrid)    
Monumental Metálica
très beau temps
media entrada
 
Six novillos de Rehuelga (moyens, 9 piques) pour Calerito (deux oreilles, silence), Victor Hernandez (une oreille, une oreille) et El Niño de la Monjas (salut, une oreille). 

Cadalso de los Vidrios, située dans les monts qui surplombent la vallée du Tietar possède une plaza de toros entièrement construite en fer. L'Ayuntamiento y organise chaque année à la mi-septembre une feria de novilladas de caractère nettement toriste. Dans le public, plusieurs peñas avec orchestre, bruyantes et pas toujours attentives, empêchent parfois l'expression des aficionados.
Les buendías de Rehuelga ont pris les piques avec une bravoure convenable mais ont ensuite perdu de leur superbe avec des charges fades ou distraites, à l'exception du premier qui est allé a mas et de l'imposant cinquième.
A quelques jours d'une alternative de luxe à Séville, Calerito profita des bonnes conditions de son premier adversaire pour réaliser une faena agréable et limpide mais sans engagement excessif. Les deux oreilles obtenues furent généreuses.
Toujours sincère, recherchant un toreo épuré, sans concession à la galerie, Victor Hernandez a connu une soirée convaincante.
Le Valencien Jordi Perez ''El Niño de las Monjas'' apporte à ce qu'il fait un enthousiasme qui touche le public mais son toreo a tendance à verser dans le pueblerino et l'approximatif.

mardi 13 septembre 2022

Fin de semaine à Villaseca

 

 
   La feria de novillada de Villaseca  de la Sagra avait vu dans sa première partie le bon jeu des novillos de Cebada Gago, heureuse nouvelle pour les aficionados après les encierros médiocres de Vic et Pamplona. Du côté des novilleros, Jorge Molina et Sergio Rodriguez avaient triomphé face respectivement à ces mêmes Cebada Gago et aux Baltasar Iban. Après deux jours sans toros, la fin de semaine fut marquée par trois novilladas qui, par leur présentation et leur difficulté, remplirent d'émotion le coso tolédan.

Samedi 9 septembre : novillada de La Quinta
   La ganaderia andalouse a présenté un lot un peu inégal mais comportant deux novillos magnifiques (4è et 6è). Leur comportement fut varié à l'extrême, ce qui est un bon antidote à l'ennui.
   Avec le lot le plus favorable, le Mexicain Arturo Gilio (vuelta, une oreille) démontra posséder le sens du temple, sans toutefois parvenir à s'imposer totalement. 
   Solalito aura connu une après-midi éprouvante qui lui aura permis de montrer l'étendue de son courage et de sa volonté. Son premier adversaire, Hablador, se révéla un authentique barrabas. Le combat entre torero et novillo fut suivi par les spectateurs dans une tension extrême tant le danger et l'incertitude étaient présents en piste. S'il ne parvint jamais à dominer vraiment son adversaire, le Français ne baissa jamais les bras et son effort fut reconnu par le public lors d'une chaude ovation finale. Il fut mis à nouveau en difficulté par les demi-charges collantes du cinquième. Une journée difficile pour le jeune Nîmois mais il est des échecs  qui font progresser et dont on ressort plus fort. Marcial Lalanda disait : "Je me souviens avoir toréé, dans des pueblos, des novillos très difficiles, et, comme je m'en plaignais à mon frère, qui s'occupait alors de mes affaires, il me répondit : ''C'est ainsi que tu apprends''.
   Garcia Pulido passa inaperçu. Il toucha le meilleur La Quinta (6è) qui se vengea d'un picador crapuleux par un batacazo plein de fureur. 

Samedi 10 septembre : novillos de San Martin (1,2,3) et Dolores Aguirre (4,5,6)
   Encore une novillada qui eut son intérêt grâce à l'émotion apportée par la présence physique et les difficultés des novillos. Les San Martin, même si leurs charges manquaient de continuité, conservèrent une bonne mobilité. Il a manqué en revanche aux Dolores Aguirre ce fond de caste qui pousse à combattre jusqu'au bout.
   José Antonio Lavado a de bonnes manières.
   Avec un sorteo difficile, Cristian Pérez fit ce qu'il put. Son premier adversaire sema la panique au second tercio et blessa le banderillero Julien Merencino.
   Alejandro Adame a donné deux faenas de grande qualité qui auraient pu lui valoir un triomphe important sans ses lacunes à l'épée.



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dimanche 11 septembre : novillada desafio Campo Charro
   Le murube de Castillejo de Huebra est un beau novillo, hésitant à la pique et de charge courte et piquante.
   Le Galache a un problème aux sabots postérieurs, il doit hélas laisser sa place au sobrero de San Martin, correct.
   Le pupille de Paloma Sanchez Rico prend deux bonnes piques en poussant mais, malgré les sollicitations, il refuse de se lancer dans un troisième assaut.
   Le santacoloma de Juan Luis Fraile possède le trapío habituel de la maison (ovation à la sortie) mais il se montre décasté.
   Le niveau monte d'un cran avec Zorrero de Raso de Portillo (Valladolid annexé par le Campo Charro) qui prend deux bonnes piques puis garde une charge non dénuée d'aspérité. Il sera désigné vainqueur (?).
   Vient enfin Resistente, imposant negro de Pedraza de Yeltes. Il prend trois piques en brave provoquant une chute énorme à la première, et garde une charge encastée et noble. Encore un excellent Pedraza !
   Diego Peseiro s'est montré vaillant mais mauvais tueur. 
   Calerito s'est fait siffler à ses deux toros. Notons toutefois au novillo de Raso de Portillo une excellente réception par véroniques (dignes de celle du Greco que l'on peut voir au musée de Santa Cruz dans la toute proche Tolède).
   Après l'avoir reçu a porta gayola, El Niño de las Monjas a achevé le Pedraza de Yeltes d'un affreux bajonazo qui concluait une faena vaillante mais brouillonne (division d'opinion).
 
   Pendant trois jours un public chaud et bruyant a suivi avec passion les novilladas. Un public pour une large part local et familial, auquel s'ajoutent de nombreux aficionados de toda la vida, sans oublier quelques dizaines de Français séduits par le sérieux et la verdad qui émanent de la plaza de toros de Villaseca de la Sagra.


   

lundi 29 août 2022

Bilbao : à propos d'une corrida mémorable

    L'enthousiasme et le retentissement provoqués par la grande corrida du jeudi 25 août dernier à Bilbao permet de se poser des questions essentielles sur ce qu'est ou doit être la corrida de toros aujourd'hui.
   Doit-elle être épique comme ce fut le cas ce jour ? Avec des toros forts et encastés, des toreros qui se jouent la vie, un public transporté d'émotion qui gardera de cet après-midi un souvenir ineffaçable.
   Doit-elle être artistique ? Avec des toros adoucis qui se prêtent au jeu et des toreros dont l'art et la sincérité comblera de bonheur des publics raffinés, au risque de laisser affleurer la décadence qu'elle porte en elle.
   Peut-elle être les deux à la fois ?
   Beaucoup d'aficionados ont choisi un camp. D'autres sont capables d'apprécier les deux occurences. Mais, trop souvent, soit par déficience des hommes, soit par déficience des toros, il n'y a rien à apprécier sur le sable de nos plazas de toros : ni combat épique, ni art.
   La corrida du 25 août restera dans les annales et dans les mémoires, elle est de nature à fomenter l'aficion et on ne peut que souhaiter qu'il y en ait beaucoup ainsi dans une temporada.
 



















                     
 
Roca Rey, héros du jour (photos BMF Toros)

vendredi 19 août 2022

Retour sur la novillada de La Quinta à Roquefort

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La sortie des toros et leur apparition en piste est un des moments les plus spectaculaires de la corrida. Je me souviens de la réaction, il y a quelques années, d'un couple installé à mes côtés qui voyait sa première corrida. A chaque sortie ils poussaient des cris d'exclamation, visiblement très émus par la puissance et la sauvagerie qui émanait de chaque animal. Il y avait dans le regard de ces néophytes une fraîcheur que nous aficionados avons peut-être parfois perdue.
Les novillos de La Quinta ont tous eu une sortie pleine de vivacité que l'objectif de Laurent Bernède excelle à fixer. Il n'est pas rare que, après un ou deux tours de piste, ces si fiers animaux se dégonflent comme ballons de baudruche. Manque de caste ou, on le sait bien aujourd'hui, alimentation inappropriée. Ce ne fut pas le cas des novillos de ce jour dont l'élan initial se maintint jusqu'au bout et se transforma même en résistance pour certains malgré les coups d'épée reçus.
Sans démériter totalement, leur combat face à la cavalerie (13 piques) fut davantage sujet à caution. Beaucoup de poussées sur une seule corne, beaucoup d'étriers qui sonnent et une réticence à s'engager dans un second voire troisième assaut. 
 
 
 
















 
Muleta en main, Yon Lamothe s'est efforcé d'atténuer les problèmes (ou les facilités) que pourrait lui valoir sa grande taille. Il évite de plier son grand corps, de citer avec le pico, de toréer despegado. Il essaie au contraire de toréer avec la panza de la muleta et de faire passer le novillo près de son corps. Le tout avec des qualités de temple et une grande fluidité dans les changements de main.
 















Cette photo du bajonazo à son second adversaire me paraît très pédagogique. Au lieu de croiser pour détourner le coup de tête vers sa droite, le jeune Landais a jeté sa muleta sur la tête du toro et l'a aveuglé. Il semble être parti droit  mais a eu une grosse réticence à s'engager, restant à grande distance du toro, sur la face, le coup d'épée résultant - il ne pouvait en être autrement - très bas.
Voilà du travail en perspective pour le novillero s'il veut franchir un palier dans la profession.
 
 

 












Belle naturelle de Diego Garcia qui a laissé une bonne impression par sa présence en piste et sa capacité à s'imposer à deux toros qui chargeaient fort.
















Victor Hernandez, au toreo classique mais froid, a connu une après-midi discrète. Excusable devant son premier qui gardait la tête haute, comme on peut le voir sur la photo, mais on était en droit d'attendre de sa part un travail plus abouti au quatrième, un novillo dont le seul problème était l'armure ouverte et aiguisée comme un crayon à papier.


Photographies : Laurent Bernède

mercredi 10 août 2022

Villeneuve-de-Marsan

 




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mardi 9 août 2022   Villeneuve-de-Marsan (Landes)   arènes Camille Couralet
temps très chaud
trois quarts d'arène
 
Six toros de Margé (faibles, 6 piques) pour Thomas Dufau (deux oreilles, silence), Adrien Salenc (une oreille, deux oreilles) et Dorian Canton (salut, deux oreilles).
 
La déception du jour est venue des toros de Margé, par ailleurs bien présentés et de joli type. Tous firent preuve de faiblesse et trois d'entre eux (les 2, 3 et 4) d'un manque de caste qui les fit se réserver et rendit le milieu de soirée pesant. Les 1, 5 et 6 conservèrent, malgré leur faiblesse, une bonne charge au troisième tiers. L'ultime qui s'était effondré en début de faena à tel point qu'il fallut le relever en le tirant par la queue retrouva sa caste au moment de la mort, se maintenant debout, accroché au sol jusqu'à son dernier souffle. Mystère du toro de combat ! La vuelta qui lui fut accordée par un président sans critère était cependant hors de propos.
Heureusement, les toreros, chacun dans son style, animèrent la tarde par leur désir de plaire. Ils furent présents et variés aux quites : par chicuelinas (Dufau), farols (Salenc), gaoneras (Canton) et tuèrent avec efficacité.
Après un final par luquesinas et bernadinas suivies d'une entière desprendida foudroyante, Thomas Dufau, l'enfant du pays, coupa deux oreilles généreuses à son premier adversaire. Il fut plus discret avec le bœuf qui lui échut à la mi-temps. 
Adrien Salenc tua ses deux opposants de manière remarquable, en particulier le 5 qui défuncta à la suite d'un estoconazo concluant un trasteo varié.
Dorian Canton, de retour dans la plaza de son alternative prise en 2019, afficha ses bonnes intentions au 3 de peu de charge. Il afficha aussi de sérieux progrès lorsqu'il dessina au dernier une faena classique et profonde comprenant des naturelles supérieures et des pechos très templés. Voilà un garçon qui semble receler de grandes possibilités...
 
 

lundi 1 août 2022

Roquefort le retour des La Quinta

 


 

 
   Le dimanche 14 août à 18 heures les novillos de La Quinta fouleront le ruedo de Roquefort pour la troisième année consécutive à l'occasion de la novillada des fêtes patronales.
 


 
 
   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   Côté piétons, Yon Lamothe , révélation de l'an passé sera accompagné par deux novilleros, Victor Hernandez et Diego Garcia, qui ont ouvert en début de temporada la puerta grande de Las Ventas.
 
 
   Beaucoup d'aficionados connaissent le cachet  incomparable du site du Cercle Taurin Roquefortois mais voilà que depuis quelque temps a vu le jour un site web dont je voudrais signaler l'intérêt. Il fourmille d'informations sur le passé des arènes. Les aficionados y trouveront notamment les reseñas complètes de toutes les novilladas données dans la Monumental des Pins depuis son inauguration en 1951. Les Roquefortois seront également intéressés par une grande variété de documents sur l'histoire des fêtes locales avec de nombreuses photographies et tous les programmes depuis 1945. De quoi raviver quelque nostalgie chez les plus anciens.
     
             Cercle Taurin Roquefortois
 

vendredi 29 juillet 2022

Madeleine 22 (4)

    Grâce aux photographies de Laurent Bernède, retour sur la grande tarde des Pedraza de Yeltes :
 














 
Jacobo (3ème)  face à German Gonzalez à la première des quatre piques
 
 
 

 












Face à face Thomas Dufau Jacobo

















Doblon de Lopez Chaves à Burreñito (4ème)

















Potrillo le quinto 




















Alberto Lamelas  Potrillo
 
 
 

 

















Curro Sanchez le mayoral et Thomas Dufau

jeudi 28 juillet 2022

Madeleine 22 (3)

  
   Les fêtes de la Madeleine ne seraient pas complètes sans leur partie landaise. Après la victoire la veille de Kenji Valdes lors du concours landais, c'est encore un écarteur qui tient la vedette en ce début de première corrida de la feria. Cyril Dunouau a décidé de se risquer à écarter, avec l'accord d'Antonio Ferrera, le premier toro de Victoriano del Rio. Mais le fauve ne mord pas à la feinte, il envoie son vis-à-vis dans les airs et le reprend durement au sol. Sur les gradins, tout le monde le voit mort, pourtant il se relève, indemne, ce sera le miraculé de la Madeleine. 
 
   Une feria taurine ce sont aussi des spectacles essentiels pour l'avenir de la tauromachie.
   La non piquée du jeudi matin vit Juanito, Tristan Barroso, Manuel Roman et Cristiano Torres à leur avantage face à un cocktail varié de ganaderias locales. 






  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
    Le samedi matin la novillada piquée avait attiré une demi-arène.






   Le succès d'une course dépend aussi beaucoup de la qualité des cuadrillas. On voit ici face aux Pedraza, Mathieu Guillon aux banderilles et les deux picadors, eux aussi héros du jour et réclamés par le public pour une ovation finale, German Gonzalez et Juan José Esquivel. Tous de la cuadrilla de Thomas Dufau.




   
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Toutes les photos sont de Laurent Bernède (cliquer dessus pour les agrandir).