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vendredi 17 mai 2024

Mont-de-Marsan, les cartels de la Madeleine 2024

 

 
Mardi 16 juillet
21h30   concours landais

Mercredi 17 juillet
18h   corrida  
Puerto de San Lorenzo
Morante de la Puebla - Daniel Luque - Dorian Canton

Jeudi 18 juillet
11h   novillada non piquée

18h   corrida
Victoriano del Rio
Sébastien Castella - Gines Marin - Yon Lamothe


Vendredi 19 juillet
18h   corrida concours
Saltillo   -   Comte de La Corte  -   Dolores Aguirre
Peñajara   -   Flor de Jara   -   Yonnet
Fernando Robleño - Morenito de Aranda - Alberto Lamelas

Samedi 20 juillet
11h   novillada
El Parralejo
Tristan Barroso - Marco Pérez

18h   corrida
La Quinta
 Emilio de Justo  -  Clemente


Dimanche 21 juillet
18h   corrida
Victorino Martin 
Manuel Escribano - Joselito Adame - Borja Jimenez


Comme le veut la tradition du chef-lieu landais, un bon équilibre a encore été trouvé cette année entre corridas toristes et corridas toreristes.
Deux grands retours marquent cette feria. Celui de la corrida concours  dont la dernière édition remonte à 1995 et qui a longtemps été un moment fort de la Madeleine. Celui des toros de Victorino Martin dont le dernier lot paru en 2019 avait suscité un beau scandale en raison de sa présentation, ce qui avait provoqué la chute des précédents organisateurs (Marie Sara, Casas, Guillaume) et conduit à l'arrivée de l'actuel (Jalabert). Ce que l'on peut souhaiter c'est que la corrida finale de Victorino ne vienne pas sauver la feria du néant comme ce fut trop souvent le cas dans le passé mais qu'elle vienne la couronner... 
On regrettera toutefois l'absence des Pedraza de Yeltes qui, ces trois dernières années, ont assuré le succès de la partie toriste de la feria avec notamment des tercios de piques d'excellent niveau. 
Côté torero on se réjouira de la présence de Morante de la Puebla (magnifique cartel torero du mercredi avec Morante accompagné de Luque et de Canton) mais on déplorera l'absence de Juan Ortega, non seulement le Sévillan est un artiste incomparable mais c'est aussi le torero en forme de ce début de temporada. C'est à Bayonne qu'il faudra se rendre si on veut le voir dans le Sud Ouest cette saison.

lundi 15 avril 2024

Garlin

 


 
 
Dimanche 14 avril 2024      Garlin (Pyrénées Atlantiques)
quasi plein                           Arènes de la Porte du Béarn
très beau temps

Six novillos de Pedraza de Yeltes (nobles, sosos, 11piques) pour Sergio Sánchez (silence, silence), Cristiano Torres (silence, salut) et Aaron Palacio (une oreille, salut).

C'est en 2013, il y a maintenant 11 ans, que les Garlinois ont présenté pour la première fois en France la ganaderia de Pedraza de Yeltes. 11 ans de fidélité au fer en cette année 2024. Compte tenu de la notoriété désormais acquise par l'élevage et de ses nombreuses sorties dans des arènes de première catégorie, la petite plaza béarnaise ne prétend pas bénéficier du dessus du panier de la ganaderia. Les armures sont discrètes et, cette année, à l'issue de la course un sentiment de déception dominait à propos de leur comportement. Le lot valut plus pour sa noblesse que pour sa bravoure. Si l'on vit quelques belles poussées au cheval, elles furent accompagnées de nombreux coups de tête faisant sonner les étriers. Tous firent preuve par la suite d'une belle franchise dans les leurres mais leur manque de force ou de fond rendit leur charge fade avant qu'ils ne se réservent et cherchent les planches. Le quatrième, manso coureur et attiré par le callejon (qu'il ne réussit pas à atteindre malgré plusieurs tentatives) se révéla le plus piquant du lot.
Hormis lors d'une belle réception à la cape par véroniques en tablier, Sergio Sánchez fut à la peine toute l'après-midi et n'écouta que le silence.
Cristiano Torres est un novillero puesto, aussi à l'aise dans le toreo classique que dans celui de proximité qu'il semble affectionner. Une mise à mort en plusieurs épisodes le priva, au cinquième, d'une oreille jusqu'alors bien gagnée.
Aaron Palacio a constitué la révélation de la journée. Poignet de velours, sens du placement, toreo classique, le tout jeune et encore inconnu novillero est une belle promesse. Il coupa l'oreille du 3 et perdit face au bon sixième un triomphe d'importance en raison d'une mise à mort très laborieuse.

mercredi 27 septembre 2023

Un toro, un novillero

 Corrida concours à Madrid !  Des élevages prestigieux, un public (un tiers de plaza) compétent prêt à s'enflammer au spectacle de la bravoure, un temps idéal. Le résultat sera bien sûr mitigé : beaucoup de déceptions pour quelques bons moments.
   Pour Partido de Resina, élevage en équilibre instable, l'occasion était bonne de montrer la possibilité d'un renouveau. La présentation est supérieure (ovation). Les 510 kg de Cabañito sont une preuve de plus que le trapío n'a rien à voir avec le poids. Ni avec la caste hélas ! Car il est faible et soso, et sa fadeur recouvre ses éventuelles qualités d'une chape de plomb. 
   Le  Samuel Flores est fidèle à l'image que l'on a des  toros de  l'élevage : de grandes cornes maladroitement posées sur un corps mal dessiné. Il n'a pas le moindre atome de caste. Voilà encore, pour un élevage en difficulté, une belle occasion de se montrer sous un bon jour perdue.
   L'exemplaire de Victoriano del Rio sera, dans l'ordre, très mal piqué, bien toréé, mal tué. Il sera applaudi à l'arrastre car, à défaut de vraie bravoure, il possédait cette mobilité et cette vivacité qui rendent une sortie intéressante.
   L'ensabanado de Peñajara est une gravure de mode qui reçoit à sa sortie une ovation nourrie. Il est tardo face au cheval mais permet un excellent tercio de pique à Antonio Peralta (prix du meilleur picador) puis un grand tercio de banderilles à Marcos Prieto et Diego Valladar. Il tire ensuite le rideau et n'a pas une passe à la muleta.
   Le pensionnaire de José Escolar est laid, semblant un toro que l'on avait caché au fond des pâturages de Lanzahita. Il est de surcroît victime d'un mauvais sorteo. Malgré son fond de noblesse, il est mal mis en valeur par une cuadrilla et un matador catastrophiques.
   Enfin vint Sombrero (vainqueur du concours), classique colorado de la maison Pedraza. Il met les reins de manière impressionnante à la première pique, pousse encore à la seconde et tout le monde se réjouit à l'avance au spectacle de la troisième. C'est sans compter sur l'incroyable maladresse de Gomez del Pilar qui a demandé le changement de tiers et sur l'incroyable incompétence du président qui l'accorde alors que nous sommes dans une corrida concours et que sort enfin un toro brave. Et si je parle de maladresse en ce qui concerne le torero c'est parce qu'il était évident que sa demande allait lui mettre le public à dos (et ce bien au-delà du tendido 7). Ce qui arriva et le déstabilisa pour la suite du combat.
   Serafin Marin eut un comportement adapté à celui attendu d'un torero qui participe à une corrida concours et quelques gestes de classe qui montrent qu'il vieillit bien.
   Ruben Pinar, très médiocre en tout.
   Quant à Gomez del Pilar, il ne peut que s'en prendre à lui-même d' avoir suscité l'hostilité du public envers lui alors qu'il a paradoxalement été celui qui a le mieux toréé.


Un novillero. Ancien pueblo situé entre Alcala de Henares et Guadalajara, Azuqueca de Henares a vu sa population croître exponentiellement ces dernières années pour atteindre aujourd'hui 36 000 habitants. La ville ne s'est pas dotée d'une plaza de toros mais elle donne chaque fin septembre un cycle de novilladas dans une plaza portatil. De nombreuses peñas animent la fête et chaque matin ont lieu encierros et lâchers de novillos dans la plaza.
   Lors de la novillada piquée du 22 septembre un novillero dont on a encore peu entendu parler a attiré mon attention par la qualité de son toreo et de ses estocades. Cid de Maria a débuté cette année dans le circuit des novilladas piquées  et a toréé avec succès quelques novilladas dans sa province natale de Guadalajara. Pour ce que j'en ai vu et jugé ce jour, le sitio qu'il occupe, sa recherche de pureté et de profondeur font de lui un novillero à suivre et auquel on ne peut que souhaiter un avenir peuplé de toros.
 
 



 
 
 


mardi 25 juillet 2023

Mont-de-Marsan 2023 (suite)

 Samedi 22 juillet
Toros de La Quinta (vuelta au cinquième Corchaito) pour Daniel Luque (une oreille, une oreille), Emilio de Justo (silence, deux oreilles) et Clemente (silence, une oreille)
 
Points positifs : 
   - Après son bajonazo de jeudi, Daniel Luque nous devait une estocade, elle vint au quatrième : estoconazo, mort instantanée du toro et oreille.
   - Face au cinquième, un toro en or, l'entrega ou plutôt le survoltage d'Emilio de Justo, depuis la puerta gayola jusqu'à l'estocade contraire finale lui a valu un chaleureux triomphe.
   - La révélation Clemente
Lorsque sort le sixième La Quinta, le Bordelais sait qu'il joue son va-tout. Il débute par trois farols à genoux, le dernier extrêmement risqué dans les terrains du centre. Suivra une très grande actuation face à un très bon toro. La faena est complète, artistique, variée, le toro est dominé mais sur la tentative de recibir, le torero est pris et blessé au mollet, malgré la douleur, en boitillant, il poursuit le combat, estocade, descabello, émotion générale et grosse oreille avant départ pour l'infirmerie. Nous venons de vivre le moment le plus fort, le plus émouvant de la feria.
Beaucoup découvraient Clément Dubecq ce jour et pourtant il y a dix ans déjà il se présentait en novillada piquée à Captieux ... (voir ici)
   - La belle attitude des deux maestros qui par respect pour le compagnon blessé décident de sortir à pied plutôt qu'à hombros comme l'arithmétique taurine le leur aurait permis.

Points négatifs :
   - La présentation très déficiente de deux La Quinta (les 1 et 3), anovillados. Cela fait sept toros qui dans cette feria étaient, même s'il possédaient l'âge légal, plus proche du novillo que du toro. Sept de trop pour une arène qui est classée en première catégorie.
   - Dans la petite brochure distribuée à l'extérieur des arènes par la peña Los Pechos, le rédacteur fait la différence entre un toro docile et un toro noble. Il est écrit : "Le toro docile ou soso, est fade et candide. Il répond niaisement aux sollicitations sans jamais chercher à être dangereux. Il collabore plus qu'il ne combat." Il m'a semblé que cette définition s'appliquait parfaitement à la plupart des La Quinta du jour. On exceptera le 2, plus encasté, et le 6, le plus complet du lot.
   - La gestion de l'après-course a été calamiteuse (public captif dans les arènes et public à l'extérieur qui attendait pour pénétrer dans une plaza déjà pleine) et aurait pu avoir des conséquences graves. Tout ça pour un concert de bandas ! Sans compter la suspicion qui s'installe : s'achemine-t-on à Mont-de-Marsan vers un hold-up à la dacquoise avec corrida suivie de concert qui permet de remplir les arènes avec un cartel faiblissime et bon marché ?


Dimanche 23 juillet
Toros de Pedraza de Yeltes pour Rafaelillo (salut, vuelta), Alberto Lamelas (salut, silence) et Thomas Dufau (silence et despedida)

Points positifs :
   - Par leur présence physique, les toros de Pedraza apportent à la corrida une émotion particulière. Tout ce qui se réalise devant eux prend de l'importance. S'ils n'ont pas atteint aujourd'hui la perfection des deux précédentes années, leur bravoure mêlée à une pointe de mansedumbre a contribué à une tarde souvent vibrante et a permis quelques beaux tercios de piques. Pour moi, le lot le plus intéressant de la feria.
   - Les adieux réussis de Thomas Dufau
Un hommage officiel en début de course, un émouvant brindis à sa cuadrilla et à son équipe au sixième et pour finir une sortie a hombros de despedida sur les épaules de ses compagnons toreros ont marqué les adieux de Thomas Dufau à la plaza montoise, celle où il a le plus toréé et où il a toujours donné le meilleur de lui-même. Mais le plus important est peut-être la très bonne faena que Thomas a réussi à construire au bel et bon dernier Pedraza. Une faena au cours de laquelle il s'est senti torero et a pu montrer le très bon niveau qu'il est parvenu à atteindre après douze ans d'alternative. Et finalement l'échec à l'épée n'a été que le témoignage de ce qui, durant sa carrière, a constitué son talon d'Achille.

Points négatifs :
   - Être spécialiste des corridas dures use. Pour un Rafaelillo qui, avec un belle dose de roublardise, comme il en a fait preuve ce jour, a réussi à durer, d'autres se sont usés prématurément. Alberto Lamelas s'est trouvé aujourd'hui en grande difficulté. En particulier face au redoutable cinquième dont la caste l'a débordé à tel point qu'il a dû renoncer au combat et aller chercher l'épée.
 
 
   Bien que sans corrida complète, cette feria laissera le souvenir de nombreux moment forts. Elle connut un grand succès public auquel ne sont pas étrangers des cartels variés et bien équilibrés. On regrettera toutefois la présentation insuffisante de certains toros, en particulier lors des corridas de figures.




mardi 13 septembre 2022

Fin de semaine à Villaseca

 

 
   La feria de novillada de Villaseca  de la Sagra avait vu dans sa première partie le bon jeu des novillos de Cebada Gago, heureuse nouvelle pour les aficionados après les encierros médiocres de Vic et Pamplona. Du côté des novilleros, Jorge Molina et Sergio Rodriguez avaient triomphé face respectivement à ces mêmes Cebada Gago et aux Baltasar Iban. Après deux jours sans toros, la fin de semaine fut marquée par trois novilladas qui, par leur présentation et leur difficulté, remplirent d'émotion le coso tolédan.

Samedi 9 septembre : novillada de La Quinta
   La ganaderia andalouse a présenté un lot un peu inégal mais comportant deux novillos magnifiques (4è et 6è). Leur comportement fut varié à l'extrême, ce qui est un bon antidote à l'ennui.
   Avec le lot le plus favorable, le Mexicain Arturo Gilio (vuelta, une oreille) démontra posséder le sens du temple, sans toutefois parvenir à s'imposer totalement. 
   Solalito aura connu une après-midi éprouvante qui lui aura permis de montrer l'étendue de son courage et de sa volonté. Son premier adversaire, Hablador, se révéla un authentique barrabas. Le combat entre torero et novillo fut suivi par les spectateurs dans une tension extrême tant le danger et l'incertitude étaient présents en piste. S'il ne parvint jamais à dominer vraiment son adversaire, le Français ne baissa jamais les bras et son effort fut reconnu par le public lors d'une chaude ovation finale. Il fut mis à nouveau en difficulté par les demi-charges collantes du cinquième. Une journée difficile pour le jeune Nîmois mais il est des échecs  qui font progresser et dont on ressort plus fort. Marcial Lalanda disait : "Je me souviens avoir toréé, dans des pueblos, des novillos très difficiles, et, comme je m'en plaignais à mon frère, qui s'occupait alors de mes affaires, il me répondit : ''C'est ainsi que tu apprends''.
   Garcia Pulido passa inaperçu. Il toucha le meilleur La Quinta (6è) qui se vengea d'un picador crapuleux par un batacazo plein de fureur. 

Samedi 10 septembre : novillos de San Martin (1,2,3) et Dolores Aguirre (4,5,6)
   Encore une novillada qui eut son intérêt grâce à l'émotion apportée par la présence physique et les difficultés des novillos. Les San Martin, même si leurs charges manquaient de continuité, conservèrent une bonne mobilité. Il a manqué en revanche aux Dolores Aguirre ce fond de caste qui pousse à combattre jusqu'au bout.
   José Antonio Lavado a de bonnes manières.
   Avec un sorteo difficile, Cristian Pérez fit ce qu'il put. Son premier adversaire sema la panique au second tercio et blessa le banderillero Julien Merencino.
   Alejandro Adame a donné deux faenas de grande qualité qui auraient pu lui valoir un triomphe important sans ses lacunes à l'épée.



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dimanche 11 septembre : novillada desafio Campo Charro
   Le murube de Castillejo de Huebra est un beau novillo, hésitant à la pique et de charge courte et piquante.
   Le Galache a un problème aux sabots postérieurs, il doit hélas laisser sa place au sobrero de San Martin, correct.
   Le pupille de Paloma Sanchez Rico prend deux bonnes piques en poussant mais, malgré les sollicitations, il refuse de se lancer dans un troisième assaut.
   Le santacoloma de Juan Luis Fraile possède le trapío habituel de la maison (ovation à la sortie) mais il se montre décasté.
   Le niveau monte d'un cran avec Zorrero de Raso de Portillo (Valladolid annexé par le Campo Charro) qui prend deux bonnes piques puis garde une charge non dénuée d'aspérité. Il sera désigné vainqueur (?).
   Vient enfin Resistente, imposant negro de Pedraza de Yeltes. Il prend trois piques en brave provoquant une chute énorme à la première, et garde une charge encastée et noble. Encore un excellent Pedraza !
   Diego Peseiro s'est montré vaillant mais mauvais tueur. 
   Calerito s'est fait siffler à ses deux toros. Notons toutefois au novillo de Raso de Portillo une excellente réception par véroniques (dignes de celle du Greco que l'on peut voir au musée de Santa Cruz dans la toute proche Tolède).
   Après l'avoir reçu a porta gayola, El Niño de las Monjas a achevé le Pedraza de Yeltes d'un affreux bajonazo qui concluait une faena vaillante mais brouillonne (division d'opinion).
 
   Pendant trois jours un public chaud et bruyant a suivi avec passion les novilladas. Un public pour une large part local et familial, auquel s'ajoutent de nombreux aficionados de toda la vida, sans oublier quelques dizaines de Français séduits par le sérieux et la verdad qui émanent de la plaza de toros de Villaseca de la Sagra.


   

vendredi 29 juillet 2022

Madeleine 22 (4)

    Grâce aux photographies de Laurent Bernède, retour sur la grande tarde des Pedraza de Yeltes :
 














 
Jacobo (3ème)  face à German Gonzalez à la première des quatre piques
 
 
 

 












Face à face Thomas Dufau Jacobo

















Doblon de Lopez Chaves à Burreñito (4ème)

















Potrillo le quinto 




















Alberto Lamelas  Potrillo
 
 
 

 

















Curro Sanchez le mayoral et Thomas Dufau

mardi 26 juillet 2022

Madeleine 22 : a mas comme les bons toros (2)

     Samedi : La Quinta
    Belle après-midi de toros grâce à un lot de La Quinta dont la mobilité encastée maintint en permanence l'intérêt en piste. Un lot brave en 13 piques, que l'on aurait aimé mieux mis en valeur au cheval. Les meilleurs : le 4 qui ne trouva hélas pas son maître en la personne d'Antonio Ferrera et le 5 qui plongeait avec délice et douceur dans les leurres. Le plus difficile : le 6, un de ces santacolomas qui ne lâchent jamais leur proie. A l'issue de la course, le public appela fort justement et de manière spontanée le mayoral à saluer.
   Antonio Ferrera (bronca, sifflets), en perdition, a gâché deux bons toros. Devant le tambour major il stoppa sa faena à la première difficulté. Face à la caste du quatrième il ne put tout simplement pas, privé de toute ressource morale pour surmonter la difficulté de son adversaire et l'hostilité du public.
   Bonne après-midi en revanche pour Gines Marin, torero de classe, auteur de faenas complètes et adaptées à ses adversaires, perdant le triomphe à la mort (salut, une oreille).
   Le jeune Angel Tellez, récente révélation de la San Isidro madrilène (il remplaçait à ce titre Emilio de Justo), a pleinement confirmé tout le bien que l'on disait de lui. Il toréa avec une vaillance et une sincérité de tous les instants. Ses naturelles au troisième eurent la griffe d'un grand torero (vuelta). Il fut débordé par le sixième dont les difficultés dépassaient ses actuelles capacités mais ne baissa jamais les bras, c'est ainsi que l'on apprend.

     Dimanche : Le grand spectacle des Pedraza
 

 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   Pour la deuxième année consécutive, les toros de Pedraza de Yeltes ont conclu les fêtes de la Madeleine de la meilleure façon qui soit : par un lot de grande bravoure et poder. 15 piques prises avec ténacité et deux chutes en témoignent d'autant que, par la suite, les salmantins gardèrent toute leur mobilité même si certains eurent en fin de faena tendance à vouloir rejoindre les planches. De ce lot complet, deux toros bien différents ressortirent. Jacobo, le troisième, afficha d'emblée caste et personnalité. Il se précipite sur le cheval dès qu'il l'aperçoit dans le ruedo et lui saute au cou. Après ce préambule, le tercio sera épique. Sur la première pique il désarçonne le cavalier puis jette tout le monde à terre. Il pousse dur à la seconde mais sort seul. La troisième relève du jamais vu : sur le choc, le piquero est soulevé à l'horizontale et retombe à deux mètres du cheval. La quatrième est supérieure : toro, cheval et piquero longuement arcboutés dans un effort contraire de poussée et de résistance. Ovation de gala pour German Gonzalez, héros de ce tercio hors du commun. Par la suite, le toro montrera beaucoup de tempérament et de mobilité et sera fort justement primé d'une vuelta.
   Deslumbrero, autre colorado typique de l'encaste sorti en sixième position sera lui aussi honoré d'une vuelta al ruedo. Son comportement correspondra davantage aux critères d'une bravoure normalisée. Il prend trois piques en poussant longuement et fixement. Il est placé une quatrième fois face au cheval mais il tarde à s'élancer et le changement de tiers est judicieusement demandé. Grande ovation à Juan José Esquivel son picador. Il fait preuve ensuite d'une grande fixité et charge avec noblesse sur les deux axes.
   Thomas Dufau a su se montrer digne d'un tel sorteo. Pour contenir les charges soutenues du 3 il dut raccourcir les séries et les remater en deux temps par molinete et pecho. Bien que souvent à la limite de la rupture il put ainsi rester maître de la situation. Après une belle entière il fut récompensé par une oreille. Face à l'excellent Deslumbrero, sa faena posée, classique, de bon goût lui ouvrit à nouveau les portes du succès (une oreille). Un final un peu long et une demi-estocade après pinchazo lui coûtèrent sans doute la deuxième oreille. Belle journée pour le Landais qui avait besoin de ce triomphe après une longue période maussade.
   Très belle faena aussi d'Alberto Lamelas au second toro, avec un toreo très reposé, en particulier par naturelles pleines de douceur et de temple. Une grosse oreille après une estocade engagée. Il parut fatigué au cinquième (la chaleur ?) où l'on revit le Lamelas brusque et précipité face à un toro vif et collant (pegajoso) qu'il ne réussit jamais vraiment à canaliser.
   Avec une réussite moindre, Lopez Chaves pratiqua lui aussi un toreo de qualité mais sans parvenir au succès de ses camarades de cartel.
   Au final, sortie a hombros du mayoral et de Thomas Dufau, point d'orgue d'une feria dont les trois dernières journées eurent du contenu et satisfirent aficion et grand public.