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mardi 28 janvier 2025

Croquis de la fête taurine (poèmes 17)

 
Roca Rey
 
Roca Rey
Tout l'or du Pérou
de retour en Espagne. 



Clemente

Dans les arènes capsylvaines aux senteurs de pin
Un blond 
bordelais
a des allures de Vazquez : mystère des transmissions.



Alberto Aguilar

Vive les vaillants toreros
que 
l'espoir
porte au-delà des étoiles !






mardi 23 juillet 2024

Impressions sur la feria montoise (2)

 
   Samedi, je vais à la corrida de La Quinta plein d'espoir. Le cartel me plait, la tarde sera grande et effacera les déconvenues précédentes, c'est sûr ! Deux heures et demi plus tard, j'en ressors avec un sentiment de déception. Non pas à cause des toros : c'est un lot que l'on pourrait qualifier de médiocre mais ils sont décemment présentés (à l'exception du petit deuxième), de comportement varié, les deux derniers intéressants. En d'autres mains, dans d'autres circonstances, la belle noblesse de certains aurait pu conduire à une corrida triomphale, comme on l'a vu dans le passé avec ce même fer (la queue de Jalabert, les triomphes de Luque).
   Ce sont les hommes  qui m'ont déçu. En particulier Emilio de Justo. Il commence par faire assassiner par son piquero le premier qui a eu le tort de montrer d'entrée son mauvais caractère (muy mal torero !). L'animal se couchera avant même l'estocade, voilà une tarde qui commence bien mal ! On retrouve ensuite le torero hurleur; il aura quelques bons moments mais restera très en dessous des deux toros qu'il a toréé, le fade et très noble troisième et le bon cinquième. Tueur médiocre qui plus est.
   Clemente qui avait été la révélation de la feria passée face au même fer, se rappelle d'emblée à notre bon souvenir : capeador de classe (ah! ces chicuelinas et ces delantales), poignets de soie, capacité à templer les charges du toro. Il coupe l'oreille de son premier. Puis sa prestation part à vau-l'eau. Il ne trouve pas ses marques face au quatrième qui a failli l'embrocher lors d'une tentative de porta gayola. Pour finir,  il se montre  totalement désorienté face au difficile dernier et écoute des sifflets.
 
 



   Dimanche, la corrida de la dernière chance, celle de Victorino Martin. Il y a plus de vingt ans, c'était devenu habituel, la corrida de Victorino venait sauver, le dernier jour, une feria jusque là très médiocre. C'était aussi l'époque des Fernandez Meca, El Tato, Pepin Liria. En sera-t-il de même en cette année 2024 ?
   La journée est sinistre, il pleut continuellement, on se rend aux arènes sans être sûr que la corrida pourra avoir lieu. Une fois sur les gradins, l'espoir renait : la piste parait en bon état, le trio présidentiel, d'un pas assuré, se dirige vers le palco.
   Mais c'est lorsque sort le premier Victorino que tout s'éclaire. Il est beau et transpire la caste par toutes les pores de la peau, par tous les poils noirs et blancs harmonieusement mêlés. Et il en sera de même pour les cinq suivants. Un lot d'une extraordinaire homogénéité dans le trapío, la caste, la fixité, la capacité à charger en humiliant. Le retour de la vérité de la corrida.
   Le grand homme de l'après-midi sera Morenito de Aranda, toujours sincère, dominateur, réussissant à s'imposer à des toros très exigeants. Un bémol ? Lui aussi est un torero bruyant.
   Manuel Escribano, à son avantage aux banderilles, fit preuve par la suite de son bon professionnalisme sans excès de zèle.
   Enfin Joselito Adame, toujours à la limite de la rupture, dut puiser dans ses ressources le plus profondes pour faire face, tant bien que mal, à la grande caste de ses adversaires.

   Victorino Martin aura donc une fois de plus permis le sauvetage in extremis de la feria. Ce qui ne doit pas,bien sûr, épargner aux organisateurs la nécessité d'une profonde remise en question. Comme leurs prédécesseurs (Chopera/Cazade; Marie Sara/Guillaume), ils sont sur un siège éjectable, aussi bien la commission taurine censée être l'émanation de l'aficion locale, que le véritable organisateur, Jean Baptiste Jalabert, incarnation du mundillo taurin dans ce qu'il a trop souvent d'irresponsable.
 

 
 
photos Laurent Bernède : belle estocade de Manuel Escribano au premier Victorino
                                          Jesus Martinez "Morenito de Aranda", triomphateur de la feria avec une oreille d'un Flor de Jara et deux des Victorino Martin.
  

mardi 25 juillet 2023

Mont-de-Marsan 2023 (suite)

 Samedi 22 juillet
Toros de La Quinta (vuelta au cinquième Corchaito) pour Daniel Luque (une oreille, une oreille), Emilio de Justo (silence, deux oreilles) et Clemente (silence, une oreille)
 
Points positifs : 
   - Après son bajonazo de jeudi, Daniel Luque nous devait une estocade, elle vint au quatrième : estoconazo, mort instantanée du toro et oreille.
   - Face au cinquième, un toro en or, l'entrega ou plutôt le survoltage d'Emilio de Justo, depuis la puerta gayola jusqu'à l'estocade contraire finale lui a valu un chaleureux triomphe.
   - La révélation Clemente
Lorsque sort le sixième La Quinta, le Bordelais sait qu'il joue son va-tout. Il débute par trois farols à genoux, le dernier extrêmement risqué dans les terrains du centre. Suivra une très grande actuation face à un très bon toro. La faena est complète, artistique, variée, le toro est dominé mais sur la tentative de recibir, le torero est pris et blessé au mollet, malgré la douleur, en boitillant, il poursuit le combat, estocade, descabello, émotion générale et grosse oreille avant départ pour l'infirmerie. Nous venons de vivre le moment le plus fort, le plus émouvant de la feria.
Beaucoup découvraient Clément Dubecq ce jour et pourtant il y a dix ans déjà il se présentait en novillada piquée à Captieux ... (voir ici)
   - La belle attitude des deux maestros qui par respect pour le compagnon blessé décident de sortir à pied plutôt qu'à hombros comme l'arithmétique taurine le leur aurait permis.

Points négatifs :
   - La présentation très déficiente de deux La Quinta (les 1 et 3), anovillados. Cela fait sept toros qui dans cette feria étaient, même s'il possédaient l'âge légal, plus proche du novillo que du toro. Sept de trop pour une arène qui est classée en première catégorie.
   - Dans la petite brochure distribuée à l'extérieur des arènes par la peña Los Pechos, le rédacteur fait la différence entre un toro docile et un toro noble. Il est écrit : "Le toro docile ou soso, est fade et candide. Il répond niaisement aux sollicitations sans jamais chercher à être dangereux. Il collabore plus qu'il ne combat." Il m'a semblé que cette définition s'appliquait parfaitement à la plupart des La Quinta du jour. On exceptera le 2, plus encasté, et le 6, le plus complet du lot.
   - La gestion de l'après-course a été calamiteuse (public captif dans les arènes et public à l'extérieur qui attendait pour pénétrer dans une plaza déjà pleine) et aurait pu avoir des conséquences graves. Tout ça pour un concert de bandas ! Sans compter la suspicion qui s'installe : s'achemine-t-on à Mont-de-Marsan vers un hold-up à la dacquoise avec corrida suivie de concert qui permet de remplir les arènes avec un cartel faiblissime et bon marché ?


Dimanche 23 juillet
Toros de Pedraza de Yeltes pour Rafaelillo (salut, vuelta), Alberto Lamelas (salut, silence) et Thomas Dufau (silence et despedida)

Points positifs :
   - Par leur présence physique, les toros de Pedraza apportent à la corrida une émotion particulière. Tout ce qui se réalise devant eux prend de l'importance. S'ils n'ont pas atteint aujourd'hui la perfection des deux précédentes années, leur bravoure mêlée à une pointe de mansedumbre a contribué à une tarde souvent vibrante et a permis quelques beaux tercios de piques. Pour moi, le lot le plus intéressant de la feria.
   - Les adieux réussis de Thomas Dufau
Un hommage officiel en début de course, un émouvant brindis à sa cuadrilla et à son équipe au sixième et pour finir une sortie a hombros de despedida sur les épaules de ses compagnons toreros ont marqué les adieux de Thomas Dufau à la plaza montoise, celle où il a le plus toréé et où il a toujours donné le meilleur de lui-même. Mais le plus important est peut-être la très bonne faena que Thomas a réussi à construire au bel et bon dernier Pedraza. Une faena au cours de laquelle il s'est senti torero et a pu montrer le très bon niveau qu'il est parvenu à atteindre après douze ans d'alternative. Et finalement l'échec à l'épée n'a été que le témoignage de ce qui, durant sa carrière, a constitué son talon d'Achille.

Points négatifs :
   - Être spécialiste des corridas dures use. Pour un Rafaelillo qui, avec un belle dose de roublardise, comme il en a fait preuve ce jour, a réussi à durer, d'autres se sont usés prématurément. Alberto Lamelas s'est trouvé aujourd'hui en grande difficulté. En particulier face au redoutable cinquième dont la caste l'a débordé à tel point qu'il a dû renoncer au combat et aller chercher l'épée.
 
 
   Bien que sans corrida complète, cette feria laissera le souvenir de nombreux moment forts. Elle connut un grand succès public auquel ne sont pas étrangers des cartels variés et bien équilibrés. On regrettera toutefois la présentation insuffisante de certains toros, en particulier lors des corridas de figures.




mardi 7 mars 2023

Mont-de-Marsan, les cartels de la Madeleine 2023

 

Mardi 18 juillet 
concours landais
 
 
Mercredi 19 juillet 
18h   corrida
Garcigrande
Roca Rey - Tomas Rufo - Yon Lamothe (Alt.) 
 

Jeudi 20 juillet
11h   novillada sans picadors

18h   corrida
El Pilar
Sébastien Castella - Daniel Luque - Dorian Canton
 

Vendredi 21 juillet 
18h   corrida
Cebada Gago
Lopez Chaves - Fernando Robleño - Jesus Enrique Colombo
 

Samedi 22 juillet
11h   novillada
Cuillé
Solalito - Tristan Barroso - X

18h   corrida
La Quinta
Daniel Luque - Emilio de Justo - Clemente
 

Dimanche 23 juillet
18h   corrida
Pedraza de Yeltes
Rafaelillo - Alberto Lamelas - Thomas Dufau


   Comme l'an passé voici des cartels bien équilibrés entre torisme et torérisme. Ils ont aussi la vertu de donner leur chance à de jeunes toreros.
   Ce qui frappe d'emblée à leur lecture c'est le nombre important de postes occupés par des matadors régionaux. Et cela ne relève pas d'un régionalisme ou d'un nationalisme malsains mais me semble plutôt révélateur de la vitalité de la passion taurine dans notre Sud-Ouest. Yon Lamothe vient d'accomplir deux excellentes campagnes de novillero qui lui valent, conformément à la tradition, une alternative de luxe dans la ville de sa naissance. Dorian Canton a séduit à plusieurs reprises l'an dernier par la qualité de son toreo. Après un long bache, Clemente, dont les dispositions artistiques étaient évidentes dès ses premières novilladas piquées, a su saisir les chances qui se sont offertes à lui, en particulier dans le Sud-Est. Enfin, Thomas Dufau fera sa despedida de l'arène qui l'a vu triompher à plusieurs reprises, notamment l'an dernier face aux Pedraza de Yeltes qu'il affrontera à nouveau cette année. Un passage de relais en quelque sorte.
   Il est habituel ici de doubler le triomphateur de l'année précédente. Ce sera cette année le cas de Daniel Luque (3 oreilles l'an passé) qui, outre cela, s'est affirmé depuis plusieurs temporadas comme l'un des toreros les plus complets et les plus constants dans le triomphe depuis la disparition d'Ivan Fandiño.
   Une présence qui détonne en revanche c'est celle de Jesus Enrique Colombo. Le bouillant Vénézuélien a certes triomphé l'an dernier dans l'arène bayonnaise, mais qui n'a pas triomphé l'an dernier à Bayonne ? On vient d'apprendre qu'il sera désormais apodéré par Piles père et fils, et l'on ne peut que souhaiter que ceux-ci lui enseignent la voie suivie par Victor Mendes plutôt que celle prise par El Soro.
   Une injustice enfin : l'absence de Gines Marin qui avait largement payé de sa personne l'an dernier face à la caste des La Quinta.
   Des La Quinta que l'on retrouvera cette année ainsi que les Pedraza, tous deux excellents lors de la feria 2022. Une bonne surprise est toujours possible avec les El Pilar et les Cebada Gago. À propos des El Pilar, il est bon de savoir qu'ils sont à l'origine des Pedraza (Juan Pedro Domecq par Maria Antonia Fonseca). Il sera intéressant de noter points communs où différence entre les deux fers. Quant à la présence des Garcigrande, ils sont trois au moins à s'en réjouir : les trois toreros du jour.
   Peu d'arènes espagnoles de cités équivalentes au chef-lieu landais peuvent se prévaloir de ferias du même niveau. Nous ne mesurons pas toujours la chance que nous avons. Bien sûr il reste aux organisateurs à être capables de faire venir au Plumaçon des toros d'une présentation digne de la classification des arènes en première catégorie ... et de l'attente des aficionados.
 
 


jeudi 17 septembre 2020

Miettes

 La crise du coronavirus a réduit les activités sociales et culturelles à si peu de choses que l'aficionado a los toros a dû se résoudre à picorer quelques miettes ici ou là. Pour votre serviteur, à ce jour, quatre spectacles dont deux vus à la télé.

 

Dimanche 19 juillet   Avila   corrida vue sur CMM (Castilla La Mancha Media)

 Les toros d'Adolfo Martin laissent une très bonne impression et permettent aux trois matadors (Octavio Chacon, Morenito de Aranda, Gomez del Pilar) de montrer leur valeur, en particulier del Pilar en net progrès, m'a-t-il semblé. Plusieurs des Adolfo lidiés ce jour étaient prévus pour Mont-de-Marsan, ce qui me donne l'occasion de déplorer la pusillanimité (en langage taurin macho : le manque de cojones) des responsables montois, incapables d'organiser le moindre spectacle taurin au Plumaçon cette année.


Dimanche 30 août   Añover de Tajo   corrida vue sur CMM

Les toros portugais de Murteira Grave constituent une excellente surprise. Puissants, nerveux, mobiles, ils se partagent entre trois mansos difficiles et trois braves offrant de belles possibilités. Sergio Serrano est étonnamment calme malgré son peu de pratique. Juan Leal passe largement à côté du sujet. Il accumule les erreurs : faena interminable au 2,  puis il ne fait pas assez piquer le 5, un dur à cuire. Ce garçon est-il bien conseillé ? José Garrido torée remarquablement de cape et triomphe avec le bon sixième.


Mardi 1 septembre   Vieux-Boucau   course landaise mixte

A partir de la mi-juillet les arènes de Vieux-Boucau ont donné deux fois par semaine, comme chaque été, leurs traditionnelles courses mixtes destinées aux touristes. Course landaise en première partie, jeux taurins pour amateurs ensuite. L'enthousiasme du public tout au long du spectacle faisait plaisir à voir. Ce jour, devant les vaches de Dargelos (choisies parmi les plus faciles, comme il se doit pour ce genre de course), la cuadrilla Lilian Garanx, composée de vieilles gloires et de jeunes promesses, donna le meilleur d'elle-même. 


Dimanche 13 septembre   Captieux   fiesta campera

La Coordination des Associations Taurines de la Gironde avait organisé cette fiesta campera afin de ne pas laisser la Gironde, pointe septentrionale de la géographie taurine, sans toro après l'annulation au printemps de la novillada de Captieux et de la corrida de La Brède. Une situation exceptionnelle qui valait bien un soutien malgré le peu d'intérêt que présente à mes yeux ce type de spectacle taurin.

Le premier novillo buvait le leurre et Julien Lescarret, silhouette inchangée, buvait du petit lait en le toréant ... jusqu'à l'estocade qui fut malheureuse.

Clemente m'avait séduit il y a quelques années de cela alors qu'il débutait en novillada piquée dans ces mêmes arènes. Il est aujourd'hui matador de toros et, face à un novillo pastueño à l'extrême, il a pu montrer toutes ses qualités : un toreo con arte et temple basé sur un répertoire varié. A lui de ne pas laisser échapper les opportunités - quelles qu'elles soient - qui, on l'espère, ne manqueront pas de se présenter.

Clément Hargous, novillero débutant, fit preuve d'autorité avec la main droite et laissa la meilleure estocade de la matinée.

Les qualités de noblesse des novillos de Jean François Majesté ''La Espera" (origine domecq) étaient tout à fait adaptées au spectacle de ce jour, mais attention, sans le soutien d'un poder plus important ce genre de bétail, on ne le sait que trop, génère bien souvent l'ennui.

Puisque cette journée était placée sous le signe de l'aficion girondine et des toreros girondins, je voudrais évoquer le meilleur d'entre eux. José Cubero ''Yiyo'' aurait eu 56 ans cette année et le maestro prestigieux qu'il serait devenu aurait pu honorer de sa présence cette journée si le 30 août 1985, à Colmenar Viejo, Burlero de Marcos Nuñez n'en avait décidé autrement. Grandeur et tragédie de la tauromachie. A quelques encablures de l'ancienne ganaderia d'Angel Ruiz où il donna ses premières passes, l'esprit du Yiyo dominait cette journée.

 

lundi 2 juin 2014

Novillada de Captieux : un roi pour un roi

6 novillos de EL TAJO LA REINA pour Fernando REY, CLEMENTE, Andrés ROCA REY; arènes pleines

   Les novillos de EL TAJO LA REINA, de présentation correcte, ont fait preuve de bravoure sous 9 piques et de noblesse à la muleta. Plus délicat le lot de CLEMENTE avec un premier adversaire retors et orienté (son nord indiquait clairement la taleguilla du Bordelais) et un second (le plus fort de l'encierro) dont la charge tournera vite à la soseria.
    Pour CLEMENTE les années se suivent et ne se ressemblent pas. Il avait fait ici-même l'an dernier sa présentation en novillada piquée dans une tarde euphorique. Il connut en revanche cet après-midi une tarde de douleur, véritable chemin de croix. Un méchant accrochage lors d'un quite par chicuelinas à son premier le laissa complètement KO sur le sable capsylvain. Moment d'angoisse pour tout le public que ce corps inerte ramené à la barrière. Peu à peu le jeune Bordelais reprendra ses esprits mais il portera durant toute la tarde les séquelles physiques et mentales de la cogida. Les épreuves ont ceci de positif qu'elles révèlent une personnalité. Et CLEMENTE, dans le combat obstiné qu'il mena au troisième tiers face à ce novillo qui ne pensait qu'à l'envoyer ad patres, montra qu'il possédait ce grain de folie supplémentaire nécessaire pour espérer réussir dans la voie qu'il a choisie.
   Fernando REY, qui avait laissé de bons souvenirs dans la région en novillada non piquée, se montra aujourd'hui basto et sans temple. Un roi dépassé. Sauvons de son actuation un quite réussi par zapopinas.
   Le jour favorable était pour le Péruvien Andrés ROCA REY, aux allures de jeune prince dans son magnifique costume bleu roi. Bien que débutant con los del castoreño, il fit preuve de maturité, mais aussi d'élégance, dans un toreo moderniste, final encimiste compris, semblant plus à son aise à droite qu'à gauche, avec estoconazo final (une oreille, deux oreilles). Un roi moderne pour une génération plus jeune ... mais quel sera son avenir?













Andrés Roca Rey  (photo Velonero)

lundi 10 mars 2014

Samadet : ouverture heureuse

  Retrouver les toros après un hiver sinistre est une véritable joie. La tarde fut ce qu'elle devait être : légère mais vibrante et toujours digne d'intérêt.
   Le señor Garcia Palacios a récemment vendu l'élevage historique de Concha y Sierra  à Jean-Luc Couturier. Il continue toutefois son activité d'éleveur de bravos avec ses ALBARREAL, un fer  moins prestigieux couvrant un bétail d'origine domecq. Son envoi du jour fut marqué par la bonne caste des novillos. Caste hélas tempérée par la faiblesse de pattes de certains éléments (en particulier le premier). Il prirent 7 piques avec hargne et l'on aurait aimé  voir certains d'entre eux mis en suerte une nouvelle fois. Le président, hélas, en décida autrement. Tous galopèrent con alegria vers les leurres avec mention pour le quatrième. Le 3 (seul manso) et les 5 et 6 sans être des barrabas n'étaient pas des sœurs de charité.
   Francisco José ESPADA (silence - une oreille) donna beaucoup de passes mais trouva rarement le bon tempo.
   Alvaro LORENZO (une oreille - salut) eut du mal à lier les passes.
   Deux novilleros certes honorables mais dont la personnalité, en cette après-midi, ne sautait pas aux yeux.
   Il en va tout autrement de CLEMENTE. Planta torera, sitio, classe. Tout ce qu'il fait respire le torero. Et comme en plus il alla au charbon quand il fallait y aller (fin de faena au 6) et en termine par deux estoconazos, le triomphe sera important (une oreille - deux oreilles).
   Trois-quart d'arène et l'envie d'y retourner.
   Prochaine novillada dans la région : Garlin  dimanche 13 avril avec des novillos de Pedraza de Yeltes.

lundi 3 juin 2013

Novillada de Captieux : hay torero

6 novillos de Vicente Ruiz pour Roman (oreille, silence), Posada de Maravillas (salut, silence), Clemente (oreille, deux oreilles)

Un cartel attrayant, le retour du soleil et une manifestation annoncée des anti-corridas avaient contribué à remplir les (modestes) arènes capsylvaines.
Disons-le tout net, pour ses débuts en novillada piquée, Clemente a fait une grosse impression. Il a montré des qualités inattendues à ce stade d'une carrière : placement sûr, capacité à templer et à enchaîner les passes. Le tout au service d'un toreo classique et pur, celui qui exerce son emprise sur l'animal avec un minimum d'effet. Si l'on rajoute des détails très toreros comme ce début de faena par aidées hautes en gagnant du terrain sur l'adversaire ou ce trincherazo à faire rugir Séville on se dit qu'il faut revoir au plus vite le jeune Bordelais... pour s'assurer que l'on n'a pas rêvé.
Roman se montra volontaire mais se fit souvent accrocher la muleta.
Posada de Maravillas n'eut rien ce jour de la merveille annoncée. Torero de postura sans le moindre mando, il gaspilla deux novillos qui offraient leurs oreilles.
La novillada de Vicente Ruiz : une mansada très mobile et très noble, idéale pour des novilleros débutants.