Faena [travail] Désigne l'ensemble des passes de muleta, par lesquelles le matador - au cours du troisième tercio - achève de dominer son adversaire et le prépare à recevoir le coup d'épée. Son premier objectif est l'efficacité, mais elle est l'occasion pour l'artiste de faire admirer un style et une grâce appréciés de l'ensemble du public. Elle doit être construite en fonction du développement des réactions de la bête et ne peut jamais être conçue d'avance [prefabricada] sans encourir un échec plus ou moins certain. (...)
Face au toro normalisé qui sort de plus en plus fréquemment des chiqueros il est aujourd'hui évident qu'une faena préfabriquée n'est plus vouée à l'échec. Dès lors, une des manières de marquer la distinction entre toreros va être la capacité à créer des enchaînements virtuoses. Virtuosité rendue nécessaire par l'obligation de rompre le ronronnement imposé par des toros et un toreo de peu d'intérêt.
Il semblerait aujourd'hui que, devant la lassitude qui naît de la duplication à l'infini de ces faenas trop prévisibles en dépit de leur virtuosité, la confrontation avec des toros au comportement varié soit en passe de devenir un passage obligé pour les figures (figuritas) du toro normalisé si elle veulent continuer à intéresser les aficionados et justifier leurs positions (et le cachet qui va avec).
Combattre régulièrement (et non pas seulement sous forme de geste) des toros d'encastes variés devrait, comme cela se pratiquait jusqu'aux années 70, être la norme d'une carrière de grand torero.
On ignore encore en ce début d'année si 2013 sera une année de changements réels ou une année de dupes... Ce qui est certain c'est que rien de sérieux ne se fera sans la pression de l'aficion.
samedi 26 janvier 2013
lundi 7 janvier 2013
mardi 1 janvier 2013
En relisant Claude Popelin (5)
Recrearse en la suerte Se dit des moments où un torero artiste se confie avec un bon taureau, au point de paraître ignorer le danger d'une suerte, y prend littéralement comme du "plaisir" et lui confère une sensation de suprême beauté.
Que la nouvelle année donne à tous, dentro y fuera de la plaza, face au taureau de combat comme à celui de la vie, l'occasion de recrearse en la suerte.
Que la nouvelle année donne à tous, dentro y fuera de la plaza, face au taureau de combat comme à celui de la vie, l'occasion de recrearse en la suerte.
lundi 24 décembre 2012
Quelques novilleros de la temporada
dimanche 16 décembre 2012
Julien Lescarret
Lorsque j'ai vu Julien Lescarret pour la première fois il toréait en non piquée. Il venait de la toute proche Haute Lande, était fils de médecin. On se disait voilà un fils de riche qui se passe un caprice, l'an prochain on n'entendra plus parler de lui; mais on trouvait ça sympa qu'un fils de médecin de Pissos, lycéen à Bordeaux, ait le désir de devenir matador plutôt que guitariste dans un groupe de rock. Moins branché mais plus original.
L'année suivante il était toujours là, en piquée cette fois. On avait envie de lui faire la leçon, de lui rappeler qu'un fils de bonne famille se doit de poursuivre des études sérieuses au lieu de faire le saltimbanque devant des toros. Oui mais, c'est qu'il était loin d'être ridicule, le petit : un bon bagage technique, de la finesse dans les gestes et du courage. Des succès répétés dans les principales plazas du Sud Ouest en témoignent. Je me souviens de deux belles faenas dans l'arène de Roquefort. Et en plus pas prétentieux pour deux sous, ne jouant pas les divas des ruedos. C'est là que tout a basculé, que tout le monde, ici, a pensé qu'il pouvait vraiment devenir un professionnel compétent et respecté.
Une carrière de 10 années de matador de toros a suivi. 10 temporadas, 100 corridas, des hauts et des bas. Les bas ce sera par exemple ces deux échecs qui empêcheront Julien d'intégrer les cartels de luxe. En 2006 à Mont de Marsan face à des Javier Perez Tabernero nobles et mobiles qui offrent un triomphe à Enrique Ponce, le Landais balbutie son toreo et ne peut donner la réplique au maestro de Chivas. Quelques années plus tard, à Dax, un nouvel échec face à un excellent sobrero du conde de Mayalde restera une épine plantée dans le pied du torero.
Mais les succès ne manquent pas. En 2004, dès sa présentation à Vic comme matador de toros, il coupe une oreille à chacun de ses Escolar Gil et sort en triomphe de la plaza gersoise. Attentif à mettre en valeur ses adversaires, lidiador intelligent, bon capeador, muletero inégal mais vaillant, c'est du côté des corridas toristas que Julien Lescarret déploiera sa carrière jusqu'à ce final heureux en cette année 2012 à Mont de Marsan lorsqu'il renouvelle le triomphe face aux Escolar Gil lors de la mémorable corrida de clôture de la Madeleine.
Entre ces deux dates, ses affrontements avec les Miura furent pour le torero des moments importants. Pour Pâques 2009, en Arles, il découvre le fer de Zahariche. Il n'hésite pas à citer son toro salinero de très loin pour des naturelles magnifiques. C'est le miel du succès. L'année suivante à Béziers il a rendez-vous avec un miura cauchemardesque. Même adoucies par le filtre de la télévision et du différé, les images du combat, que l'émission Signes du Toro nous a offertes, sont saisissantes : le torero semble un fétu de paille face à la puissance et à la malignité d'un des toros les plus dangereux qui soit. Peu de matadors, même (et surtout) parmi les plus huppés, peuvent s'enorgueillir d'avoir affronté un tel fauve et d'en être venu à bout. C'est là tout l'honneur et toute la gloire d'une carrière irréprochable.
mercredi 5 décembre 2012
Cadeau
J'aime beaucoup recevoir des cadeaux sur le thème taurin. Particulièrement lorsqu'ils viennent de gens totalement étrangers à cette culture. Dans ce qui, pour les offrants, n'est peut-être qu'une simple facilité, j'y vois, moi, une reconnaissance de mes goûts et de ma personnalité. Un cadeau réussi.
Il n'y a pas si longtemps, donc, je reçois un livre énorme intitulé Castella. Hasard des corridas et des temporadas, j'ai peu vu le maestro de Béziers et jamais dans ses plus grandes journées. C'est donc à travers cet ouvrage hagiographique que je l'ai vraiment découvert. Les éditeurs ont fait du bon boulot : belles photos de la Colombienne Olga Holguin, textes intéressants de José Carlos Arevalo, Victor Duisaba et Jacques Durand, dessins de Robert Ryan, le tout parfaitement édité par Actes Sud.
Les photos, outre la finesse des traits et des gestes, assez facile à capter chez Sébastien, mettent en évidence la sincérité du torero. Les textes analysent son toreo et son inéluctable ascension jusqu'à ses grands triomphes sud américains et madrilènes qui ont fait de lui une figura de la tauromachie actuelle. Il est "comme un acteur destiné à être un galant, mais qui veut représenter des rôles ayant du caractère", écrit José Carlos Arevalo. C'est sans doute pour cela qu'il faut le voir dans ses places fortes (Madrid en particulier) et face à des toros de verdad. Ce qui est certain, c'est que plus j'avançais dans la lecture du livre, plus j'étais saisi du désir de le voir toréer. Me voici donc devenu, par la grâce d'un livre, un admirateur virtuel du matador français ... en espérant que la temporada prochaine me donne l'occasion de l'apprécier dans toute sa réalité.
On l'aura compris, le livre est absolument indispensable pour tout fan ou groupie du torero.
Il n'y a pas si longtemps, donc, je reçois un livre énorme intitulé Castella. Hasard des corridas et des temporadas, j'ai peu vu le maestro de Béziers et jamais dans ses plus grandes journées. C'est donc à travers cet ouvrage hagiographique que je l'ai vraiment découvert. Les éditeurs ont fait du bon boulot : belles photos de la Colombienne Olga Holguin, textes intéressants de José Carlos Arevalo, Victor Duisaba et Jacques Durand, dessins de Robert Ryan, le tout parfaitement édité par Actes Sud.
Les photos, outre la finesse des traits et des gestes, assez facile à capter chez Sébastien, mettent en évidence la sincérité du torero. Les textes analysent son toreo et son inéluctable ascension jusqu'à ses grands triomphes sud américains et madrilènes qui ont fait de lui une figura de la tauromachie actuelle. Il est "comme un acteur destiné à être un galant, mais qui veut représenter des rôles ayant du caractère", écrit José Carlos Arevalo. C'est sans doute pour cela qu'il faut le voir dans ses places fortes (Madrid en particulier) et face à des toros de verdad. Ce qui est certain, c'est que plus j'avançais dans la lecture du livre, plus j'étais saisi du désir de le voir toréer. Me voici donc devenu, par la grâce d'un livre, un admirateur virtuel du matador français ... en espérant que la temporada prochaine me donne l'occasion de l'apprécier dans toute sa réalité.
On l'aura compris, le livre est absolument indispensable pour tout fan ou groupie du torero.
dimanche 25 novembre 2012
En relisant Claude Popelin (4)
Estocade Dans toutes les estocades la réussite veut qu'on perde un instant de vue la tête du taureau et qu'on se fie presque automatiquement au dominio pris sur lui. La lidia et son enchaînement rationnel au cours des trois tercios de la corrida visent d'ailleurs à un tel résultat final. Dans ce sens, l'estocade peut être tenue pour la clé de voûte de l'art du toreo. Aussi proclame-t-on qu'elle est "la minute de vérité". (...)
dimanche 18 novembre 2012
Toréer Wall Street
Toréer Wall Street ce n'est pas une mince affaire. A défaut de bravoure et de noblesse le taureau a du poder et beaucoup de vice.
L'association Strike Dept qui lutte contre l'endettement ne manque donc pas de courage et a le bon goût d'utiliser le thème taurin dans ses affiches de propagande.
Pendant ce temps, en Espagne, un mot que l'on croyait oublié est réapparu à la une : desahucio (expulsion).
samedi 10 novembre 2012
Hommage à El Fundi
En guise d'hommage à la carrière du maestro de Fuenlabrada ces quelques extraits de réseñas parues dans la revue Toros ou le journal Sud Ouest, qui tentent de mettre en lumière, au gré de sa carrière, la somme des qualités de l'homme et du torero.
Mais El Fundi plonge une fulminante entière soulevant l'enthousiasme avec un cartilage, fleurs et désir de le revoir. (Georges Lestié, Vic, 1990, Cuadri)
Osons le dire, El Fundi mérite plus de considération et une meilleure position dans la hiérarchie taurine. Son courage, sa clairvoyance et son sens affirmé de la lidia ont encore fait la différence. (Joël Bartolotti, Arles, 1993, Miura)
Il obtint l'oreille de son second toro devant lequel la plénitude de ses capacités de lidiador ne fut pas de trop. La faena concise - devant ces animaux il n'y a plus de pegapases - eut le mérite d'aller a mas sur les deux cornes. (Jean-Marie Fontanille, Bilbao, 1995, Miura)
Vinrent ensuite des somptueuses séries de naturelles, parfaitement croisé, aguantant les retours de charges, templant muleta basse, courant la main autant qu'il est possible, et rematant loin derrière la hanche, et..."por debajo de la pala". (Frédéric Bruschet, Nîmes, 2004, Miura)
A bord du vaisseau amiral, le commandant José Pedro Prados alias "El Fundi", vétéran de la canonnière du Yang-Tsé-Kiang, lardé de cornadas et de médailles. (...) Trois séries au centre, plus naturelles que leur définition, des aidées par le bas, le manche tenu d'un doigt, un brelan d'afarolados précéderont une estocade à démâter la flottille ennemie. (Zocato, Vic, 2004, corrrida-concours)
S'imposer en douceur à un animal qu'il ne faut pas trop contraindre, à l'aide d'un toreo savant et à mi-hauteur avant de pouvoir baisser la main, implique une maîtrise consommée. (Joël Bartolotti, Arles, 2008, Miura)
Sa rigueur et sa probité lui ont valu, ce jour encore, un succés mérité et important en cette plaza de primerísima qu'est et demeure Séville, avec une vuelta au toro d'ouverture et une oreille au 4. (Joël Bartolotti, Séville, 2008)
L'incontournable El Fundi, sobrement parfait dans les deux premiers tiers, et supérieurement professionnel par la suite, est sorti une fois de plus en triomphe de son jardin gersois. (Bernard Feurer, Vic, 2008, Margé)
Hommage lors de sa despedida arlésienne
Mais El Fundi plonge une fulminante entière soulevant l'enthousiasme avec un cartilage, fleurs et désir de le revoir. (Georges Lestié, Vic, 1990, Cuadri)
Osons le dire, El Fundi mérite plus de considération et une meilleure position dans la hiérarchie taurine. Son courage, sa clairvoyance et son sens affirmé de la lidia ont encore fait la différence. (Joël Bartolotti, Arles, 1993, Miura)
Il obtint l'oreille de son second toro devant lequel la plénitude de ses capacités de lidiador ne fut pas de trop. La faena concise - devant ces animaux il n'y a plus de pegapases - eut le mérite d'aller a mas sur les deux cornes. (Jean-Marie Fontanille, Bilbao, 1995, Miura)
Vinrent ensuite des somptueuses séries de naturelles, parfaitement croisé, aguantant les retours de charges, templant muleta basse, courant la main autant qu'il est possible, et rematant loin derrière la hanche, et..."por debajo de la pala". (Frédéric Bruschet, Nîmes, 2004, Miura)
A bord du vaisseau amiral, le commandant José Pedro Prados alias "El Fundi", vétéran de la canonnière du Yang-Tsé-Kiang, lardé de cornadas et de médailles. (...) Trois séries au centre, plus naturelles que leur définition, des aidées par le bas, le manche tenu d'un doigt, un brelan d'afarolados précéderont une estocade à démâter la flottille ennemie. (Zocato, Vic, 2004, corrrida-concours)
S'imposer en douceur à un animal qu'il ne faut pas trop contraindre, à l'aide d'un toreo savant et à mi-hauteur avant de pouvoir baisser la main, implique une maîtrise consommée. (Joël Bartolotti, Arles, 2008, Miura)
Sa rigueur et sa probité lui ont valu, ce jour encore, un succés mérité et important en cette plaza de primerísima qu'est et demeure Séville, avec une vuelta au toro d'ouverture et une oreille au 4. (Joël Bartolotti, Séville, 2008)
L'incontournable El Fundi, sobrement parfait dans les deux premiers tiers, et supérieurement professionnel par la suite, est sorti une fois de plus en triomphe de son jardin gersois. (Bernard Feurer, Vic, 2008, Margé)
Hommage lors de sa despedida arlésienne
lundi 5 novembre 2012
Bilan 2012
Ma corrida rêvée
6 toros de José Escolar Gil
Javier Castaño
Ivan Fandiño
Alberto Aguilar
Les toros d'Escolar Gil ont été à l'origine de trois corridas françaises mémorables, de celles qui laissent des traces profondes dans une vie d'aficionado et qui fomentent l'aficion : l'encerrona de Fernando Robleño à Céret, la corrida de clôture de la Madeleine à Mont de Marsan et la corrida du 12 août à Dax. Ils sont solidement installés à la place qu'occupaient il y a quelques années les Victorino Martin, lesquels ont connu cette année un renouveau certain de même que les Cebada Gago.
Et les Fuente Ymbro ne sont pas mal non plus. Le lot quasiment parfait de Mont de Marsan restera lui aussi dans les mémoires. Par son sérieux Fuente Ymbro est devenu la ganaderia imprescindible de toutes les ferias françaises et espagnoles de catégorie. Et je ne sais par quelle alchimie Ricardo Gallardo est capable de répondre à la demande aussi bien au niveau du trapío que de la caste.
Chez les matadors aussi cette année on se bat pour rentrer dans mon rêve. Mais, c'est étrange, je n'ai vu s'approcher aucune silhouette de los del G10. Les figuras ne feraient-elles plus rêver? Seul José Maria Manzanares, en fin de saison, après plusieurs mois d'inactivité en raison de ses problèmes récurrents de main, a tenté un moment d'y pénétrer à la suite de son triomphe sévillan de la San Miguel. Mais lorsqu'il a vu les toros il s'est discrètement effacé. Il faut reconnaître que, dans un tel cartel, il déparerait.
Ivan Fandiño, lui, y avait sa place réservée. Quel plaisir d' avoir pu déguster, tout au long de la temporada, les saveurs authentiques que le maestro nous a offertes: sincérité, entrega, dominio, pundonor!
Javier Castaño était en concurrence avec Fernando Robleño. La qualité de sa cuadrilla est un atout maître pour le salmantin.
Alberto Aguilar représente l'avenir. Il a sans doute franchi un palier au cours de la saison. Plus mature, plus dominateur mais toujours aussi sincère et assoiffé de triomphe. Sa faena et son coup d'épée face au terrifiant sixième Escolar Gil de Dax resteront pour moi un des moments les plus forts de la saison.
Cette année, après une temporada qui a connu, en France, de nombreuses tardes de haut niveau, ma corrida rêvée a un goût très marqué de réel... Sommes nous sur la bonne voie et est-ce la fin des rêves?
2011
6 toros de José Escolar Gil
Javier Castaño
Ivan Fandiño
Alberto Aguilar
Les toros d'Escolar Gil ont été à l'origine de trois corridas françaises mémorables, de celles qui laissent des traces profondes dans une vie d'aficionado et qui fomentent l'aficion : l'encerrona de Fernando Robleño à Céret, la corrida de clôture de la Madeleine à Mont de Marsan et la corrida du 12 août à Dax. Ils sont solidement installés à la place qu'occupaient il y a quelques années les Victorino Martin, lesquels ont connu cette année un renouveau certain de même que les Cebada Gago.
Et les Fuente Ymbro ne sont pas mal non plus. Le lot quasiment parfait de Mont de Marsan restera lui aussi dans les mémoires. Par son sérieux Fuente Ymbro est devenu la ganaderia imprescindible de toutes les ferias françaises et espagnoles de catégorie. Et je ne sais par quelle alchimie Ricardo Gallardo est capable de répondre à la demande aussi bien au niveau du trapío que de la caste.
Chez les matadors aussi cette année on se bat pour rentrer dans mon rêve. Mais, c'est étrange, je n'ai vu s'approcher aucune silhouette de los del G10. Les figuras ne feraient-elles plus rêver? Seul José Maria Manzanares, en fin de saison, après plusieurs mois d'inactivité en raison de ses problèmes récurrents de main, a tenté un moment d'y pénétrer à la suite de son triomphe sévillan de la San Miguel. Mais lorsqu'il a vu les toros il s'est discrètement effacé. Il faut reconnaître que, dans un tel cartel, il déparerait.
Ivan Fandiño, lui, y avait sa place réservée. Quel plaisir d' avoir pu déguster, tout au long de la temporada, les saveurs authentiques que le maestro nous a offertes: sincérité, entrega, dominio, pundonor!
Javier Castaño était en concurrence avec Fernando Robleño. La qualité de sa cuadrilla est un atout maître pour le salmantin.
Alberto Aguilar représente l'avenir. Il a sans doute franchi un palier au cours de la saison. Plus mature, plus dominateur mais toujours aussi sincère et assoiffé de triomphe. Sa faena et son coup d'épée face au terrifiant sixième Escolar Gil de Dax resteront pour moi un des moments les plus forts de la saison.
Cette année, après une temporada qui a connu, en France, de nombreuses tardes de haut niveau, ma corrida rêvée a un goût très marqué de réel... Sommes nous sur la bonne voie et est-ce la fin des rêves?
2011
dimanche 21 octobre 2012
En relisant Claude Popelin (3)
Hemingway, Ernest (1898 - 1961) Le célèbre auteur américain, prix Nobel de littérature, aura été aussi un très grand aficionado. [...] Il découvrit, à fréquenter le milieu des toreros, un plaisir jamais démenti et qui lui valut de rassembler des notations d'une grande richesse, avec lesquelles il composa son Mort dans l'après-midi, sans aucun doute le meilleur ouvrage d'initiation à la corrida, paradoxalement dû à une plume américaine.
Paradoxe apparent uniquement car on peut penser que c'est sa condition d'étranger qui lui a permis d'avoir un regard décalé sur la corrida en même temps qu'elle l'obligeait à un effort considérable pour mieux en pénétrer les arcanes.
Quelques citations de Mort dans l'après-midi
Paradoxe apparent uniquement car on peut penser que c'est sa condition d'étranger qui lui a permis d'avoir un regard décalé sur la corrida en même temps qu'elle l'obligeait à un effort considérable pour mieux en pénétrer les arcanes.
Quelques citations de Mort dans l'après-midi
dimanche 14 octobre 2012
Juli au pied du mur?
El Juli semble mal dans sa peau de torero. Certes il triomphe un peu partout - encore que son mois de septembre ait été très médiocre - mais ses dernières déclarations montrent qu'il supporte mal les échecs. Sa volonté de puissance, sans doute mal orientée par ses conseillers (on attendait mieux d'un type comme Roberto Dominguez), l'a conduit ces derniers temps à de graves errements. Partout où il torée, il impose les toros les plus petits, les moins armés, les plus décastés. En outre, en période de crise économique extrêmement grave qui touche de plein fouet le peuple espagnol, il a mené, avec le défunt G10, un combat indécent pour la revalorisation des cachets et des droits télévisuels des figures.
Sur le sable de l'arène son plus grand problème ne vient certes pas des toritos qu'il affronte mais plutôt de ses compañeros. Il en est toujours un plus artiste (Morante), plus élégant (José Maria Manzanares), plus sincère et plus pur (José Tomas), plus valeureux (tous ceux qui affrontent les toros dont il ne veut pas). Ça fait mal.
Pour l'instant, sa tentative d'affronter des encastes variés s'est soldée par un échec. Blessure face à un Salvador Guardiola à Madrid, échec face aux Miura à Valence. Si sa volonté de lidier des Santa Coloma a connu quelques succès épars (très grande tarde face aux San Martin à Mont de Marsan) elle n'a abouti à rien de bien probant si ce n'est, effet pervers déplorable, à inciter le señor Conradi à réduire la caste de ses La Quinta. Enfin, il n'a pas vu la couleur d'un toro de Victorino Martin depuis 2006.
On le voit, El Juli a encore beaucoup à prouver.
Bornera-t-il ses ambitions à la médiocrité triomphante de ces dernières temporadas?
Est-il capable d'affronter des toros plus encastés?
... La réponse en 2013?
Sur le sable de l'arène son plus grand problème ne vient certes pas des toritos qu'il affronte mais plutôt de ses compañeros. Il en est toujours un plus artiste (Morante), plus élégant (José Maria Manzanares), plus sincère et plus pur (José Tomas), plus valeureux (tous ceux qui affrontent les toros dont il ne veut pas). Ça fait mal.
Pour l'instant, sa tentative d'affronter des encastes variés s'est soldée par un échec. Blessure face à un Salvador Guardiola à Madrid, échec face aux Miura à Valence. Si sa volonté de lidier des Santa Coloma a connu quelques succès épars (très grande tarde face aux San Martin à Mont de Marsan) elle n'a abouti à rien de bien probant si ce n'est, effet pervers déplorable, à inciter le señor Conradi à réduire la caste de ses La Quinta. Enfin, il n'a pas vu la couleur d'un toro de Victorino Martin depuis 2006.
On le voit, El Juli a encore beaucoup à prouver.
Bornera-t-il ses ambitions à la médiocrité triomphante de ces dernières temporadas?
Est-il capable d'affronter des toros plus encastés?
... La réponse en 2013?
mercredi 3 octobre 2012
Vincent MUIRAS champion de France des écarteurs!
Qui aurait pensé que derrière ce trophée tant convoité pût un jour se trouver la bonne bouille de Vincent Muiras? Et pourtant, en ce dimanche 30 septembre, dans les arènes d'Aire sur Adour, il a conquis de haute lutte et sans une once de contestation le titre de champion de France à l'issue d'un concours comme on les aime c'est à dire avec une dernière partie pleine de rebondissements.
L'écarteur de Mimbaste n'est pas, on le sait, un styliste et, jusqu'à ce jour, il ne passait pas non plus pour être fin stratège. Mais, à regarder de près sa carrière, on s'aperçoit que, depuis six ans, il a participé à tous les championnats de France et a été souvent présent dans les principaux concours. Il a donc accumulé une expérience qui lui a permis, ce jour, de rester en embuscade jusqu'à la sortie d'Ibaneza et, tel le loup sortant des bois, de donner à la corne d'or deux intérieurs magnifiques dont un en sortie de loge. Exploit parfait qui lui permettait de remporter le titre au grand dam de Mathieu Noguès, alors en tête et pris sèchement par la même Ibaneza sur l'intérieur de la dernière chance. Gaëtan Labaste avait quant à lui dominé les débats durant les deux-tiers de la course avant de perdre ses chances à la suite de deux dures tumades sur des tentatives d'intérieur.
Au final la joie communicative du champion faisait plaisir à voir.
Les résultats :
1- Vincent MUIRAS 156 p
2- Mathieu NOGUES 150 p
3- Loïc LAPOUDGE 139,75 p
4- Gaëtan LABASTE 137,75 p
5- Ludovic LAHITTE 130 p
6- Alexandre DUTHEN 125 p
Chez les sauteurs :
1- Louis ANSOLABEHERE 74,50 p
2- Fabien NAPIAS 70 p
3- Guillaume VERGONZEANNE 68.50 p
4- Dominique LARIE 64.50 p
La présence de Naranka (Deyris) a considérablement renouvelé l'intérêt du concours de saut qui atteint avec elle une grande intensité. Aujourd'hui, seul Ansolabéhère réussit à la passer à pied joints.
la dernière, intérieur de V. Muiras à Anoëta de Deyris
dimanche 30 septembre 2012
Craquements
En ce moment en Espagne c'est pas le Pérou. Chaque aficionado se rendant dans les plazas espagnoles l'aura constaté à la vue des vides de plus en plus grands sur les gradins. C'était particulièrement frappant à Bilbao.
Au delà du petit monde de la corrida, la crise économique semble exacerber ou révéler bien des problèmes de l'autre côté des Pyrénées. Dans Médiapart le journaliste Ludovic Lamant en fait une analyse sans concession. Voici le lien, piqué sur un blog pour une lecture plus facile :
Ludovic Lamant - En Espagne le socle politique de l'après-Franco est en train de craquer.
NB : La judicieuse affiche du toro transformé en mouton, reproduite dans l'article, ne manquera pas d'évoquer, pour les aficionados, l'état du toro dans bien des arènes d'Espagne... et de France.
Au delà du petit monde de la corrida, la crise économique semble exacerber ou révéler bien des problèmes de l'autre côté des Pyrénées. Dans Médiapart le journaliste Ludovic Lamant en fait une analyse sans concession. Voici le lien, piqué sur un blog pour une lecture plus facile :
Ludovic Lamant - En Espagne le socle politique de l'après-Franco est en train de craquer.
NB : La judicieuse affiche du toro transformé en mouton, reproduite dans l'article, ne manquera pas d'évoquer, pour les aficionados, l'état du toro dans bien des arènes d'Espagne... et de France.
dimanche 23 septembre 2012
Sagesse
J'apprends en parcourant, sur internet, presse généraliste et sites taurins que les vieilles badernes du Conseil constitutionnel auraient, dans leur grande sagesse, "décidé que les corridas pourraient continuer en France"!
Comme si la tauromachie avait besoin pour exister de l'aval de ces honorables messieurs et dames.
Croit-on un seul instant qu'une décision négative aurait entraîné l'absence de corridas l'an prochain dans notre pays? Plus de feria de Nîmes, de Dax, de toros en Vic etc.
Bien sûr il aurait fallu se battre, manifester, désobéir. L'histoire de la tauromachie en France est pleine de ces choses-là. Et la corrida n'a pas attendu la loi de 1951 pour avoir pignon sur rue dans le sud de la France.
Dans l'aventure il y aurait sans doute eu des violences, des morts peut-être. Heureusement nous n'en sommes pas arrivés là. Au contraire, grâce à la sagesse des vieilles badernes et, une fois de plus, grâce à l'action des anti-taurins la corrida sort, sans coup férir, renforcée de la question.
Dont acte.
Comme si la tauromachie avait besoin pour exister de l'aval de ces honorables messieurs et dames.
Croit-on un seul instant qu'une décision négative aurait entraîné l'absence de corridas l'an prochain dans notre pays? Plus de feria de Nîmes, de Dax, de toros en Vic etc.
Bien sûr il aurait fallu se battre, manifester, désobéir. L'histoire de la tauromachie en France est pleine de ces choses-là. Et la corrida n'a pas attendu la loi de 1951 pour avoir pignon sur rue dans le sud de la France.
Dans l'aventure il y aurait sans doute eu des violences, des morts peut-être. Heureusement nous n'en sommes pas arrivés là. Au contraire, grâce à la sagesse des vieilles badernes et, une fois de plus, grâce à l'action des anti-taurins la corrida sort, sans coup férir, renforcée de la question.
Dont acte.
mercredi 12 septembre 2012
En relisant Claude Popelin (2)
Voici ce que dit Claude Popelin à propos de la bravoure :
Étymologiquement, le terme de bravo désigne l'animal d'un naturel sauvage, par opposition au domestique, qualifié de manso. Sur le plan tauromachique, bravoure est synonyme d'instinct offensif de l'animal. ...
La bravoure a ses degrés. Ainsi distingue-t-on couramment le taureau bravo, le bravito, moins affirmé dans son attaque, le bravucon, taureau plus fanfaron que véritablement agressif, le tardo, long à s'élancer. S'il montre un grand style dans ses assauts contre le picador (épreuve la plus manifeste de bravoure) et soutient ce rythme jusqu'à l'arrêt du premier tercio, c'est qu'on se trouve devant un taureau dit de bandera [drapeau]. Il est alors habituel d'honorer son éleveur par un tour de piste du cadavre du taureau, qu'ordonne le président.
Le seul fait pour une bête d'avoir eu de l'allant et de la noblesse au cours de la faena ne suffit pas à la faire qualifier de bandera, si elle n'a pas poussé à fond sous la pique. La confusion du public est ici fréquente.La récompense, qu'il réclame pour l'éleveur, a souvent moins le caractère d'un hommage à l'authentique bravoure, que d'une prime à la maniabilité.
Aujourd'hui, surtout dans les arènes de village, c'est souvent l'indulto qui constitue une prime à l'allant et à la noblesse. Certains petits penseurs de la tauromachie voudraient appeler cette maniabilité "bravoure intégrale" mais, si l'on considère que, la plupart du temps, le toro n'a pris qu'une seule pique, il serait plus logique de l'appeler "bravoure désintégrée".
Étymologiquement, le terme de bravo désigne l'animal d'un naturel sauvage, par opposition au domestique, qualifié de manso. Sur le plan tauromachique, bravoure est synonyme d'instinct offensif de l'animal. ...
La bravoure a ses degrés. Ainsi distingue-t-on couramment le taureau bravo, le bravito, moins affirmé dans son attaque, le bravucon, taureau plus fanfaron que véritablement agressif, le tardo, long à s'élancer. S'il montre un grand style dans ses assauts contre le picador (épreuve la plus manifeste de bravoure) et soutient ce rythme jusqu'à l'arrêt du premier tercio, c'est qu'on se trouve devant un taureau dit de bandera [drapeau]. Il est alors habituel d'honorer son éleveur par un tour de piste du cadavre du taureau, qu'ordonne le président.
Le seul fait pour une bête d'avoir eu de l'allant et de la noblesse au cours de la faena ne suffit pas à la faire qualifier de bandera, si elle n'a pas poussé à fond sous la pique. La confusion du public est ici fréquente.La récompense, qu'il réclame pour l'éleveur, a souvent moins le caractère d'un hommage à l'authentique bravoure, que d'une prime à la maniabilité.
Aujourd'hui, surtout dans les arènes de village, c'est souvent l'indulto qui constitue une prime à l'allant et à la noblesse. Certains petits penseurs de la tauromachie voudraient appeler cette maniabilité "bravoure intégrale" mais, si l'on considère que, la plupart du temps, le toro n'a pris qu'une seule pique, il serait plus logique de l'appeler "bravoure désintégrée".
mardi 28 août 2012
Plat de résistance
Après les apéritifs et amuse-gueules des jours précédents, le plat de résistance (unique) c'était dimanche, avec les Victorino Martin, que Bilbao le servait.
Pour moi, devant mon petit écran, il faisait figure de surgelé tournant au fond du micro-onde.
J'ai pourtant vibré avec ce toisième toro, si difficile à canaliser. Pensez donc : 4 piques et frais comme un gardon, courant dans tous les sens, chargeant, se collant, se retournant, crochetant! Face à lui Bolivar n'a pas fait le poids et a été sifflé. Mais c'est au moment de l'arrastre que c'est produit l'inattendu : une ovation spontanée et nourrie du public bilbaino a salué la dépouille du malotru. A la télé Moles a failli s'en étrangler et le lendemain, dans les gazettes, les commentateurs les mieux pensants s'en sont offusqués.
Etait-il tauromachiquement correct ou incorrect d'applaudir Esotérico? La question prête à débat, mais ces applaudissements avaient un sens : "en vendant si chèrement ta peau, tu as joué ton rôle de toro et tu nous as fait vibrer, bravo!"
D'ailleurs, pour que la balance soit équilibrée, ce même public a ovationné de la même manière Plebeyo, le second toro de Bolivar dont la noblesse était si grande que, par deux fois, il a planté ses cornes dans le sable à la pousuite de l'étoffe.
Et c'est toute la richesse des Victorino Martin d'offrir dans une même corrida une si grande variété de comportement.
Ce qu'a fait (et subi) Diego Urdiales tout au long de la tarde relève à la fois de la chanson de geste, du miracle et de l'art le plus pur. Diego Urdiales ce jour face aux victorinos c'est la tauromachie dans ce qu'elle a de plus grand, de plus profond, de plus enthousiasmant.
Pour moi, devant mon petit écran, il faisait figure de surgelé tournant au fond du micro-onde.
J'ai pourtant vibré avec ce toisième toro, si difficile à canaliser. Pensez donc : 4 piques et frais comme un gardon, courant dans tous les sens, chargeant, se collant, se retournant, crochetant! Face à lui Bolivar n'a pas fait le poids et a été sifflé. Mais c'est au moment de l'arrastre que c'est produit l'inattendu : une ovation spontanée et nourrie du public bilbaino a salué la dépouille du malotru. A la télé Moles a failli s'en étrangler et le lendemain, dans les gazettes, les commentateurs les mieux pensants s'en sont offusqués.
Etait-il tauromachiquement correct ou incorrect d'applaudir Esotérico? La question prête à débat, mais ces applaudissements avaient un sens : "en vendant si chèrement ta peau, tu as joué ton rôle de toro et tu nous as fait vibrer, bravo!"
D'ailleurs, pour que la balance soit équilibrée, ce même public a ovationné de la même manière Plebeyo, le second toro de Bolivar dont la noblesse était si grande que, par deux fois, il a planté ses cornes dans le sable à la pousuite de l'étoffe.
Et c'est toute la richesse des Victorino Martin d'offrir dans une même corrida une si grande variété de comportement.
Ce qu'a fait (et subi) Diego Urdiales tout au long de la tarde relève à la fois de la chanson de geste, du miracle et de l'art le plus pur. Diego Urdiales ce jour face aux victorinos c'est la tauromachie dans ce qu'elle a de plus grand, de plus profond, de plus enthousiasmant.
lundi 27 août 2012
Trois jours de domecqs à Bilbao
Au programme de ces trois jours passés à Bilbao trois corridas avec des toros d'encaste domecq : Nuñez del Cuvillo, Jandilla, El Pilar. Belle occasion de faire le point sur ces élevages dans une arène où l'on peut supposer que les ganaderos présentent ce qu'ils ont de mieux.
En préambule il est nécessaire de préciser que, durant ces trois jours, le tercio de pique a été réduit à la portion congrue : 2 piques rarement, 1 pique et 1 picotazo dans la majorité des cas, 2 picotazos parfois. Les mises en suerte ont été effectuées au plus près du picador, parfois en ne respectant même pas le second cercle concentrique : on sent bien que tout est verrouillé afin que ni le toro, ni le picador ne puissent voler la vedette au matador figure.
NUNEZ DEL CUVILLO est un des meilleurs élevages de ces dernières années et l'un de ceux qui produisent le plus (plus de 100 toros lidiés chaque année). L'an dernier, ici-même, le lot s'était avéré excellent et Cacareo auquel Morante avait coupé deux oreilles est resté dans les mémoires.
Le lot de cette année est bien présenté, dans le type de l'élevage, c'est à dire avec des cornes très développées et astifinas mais léger de chair (moyenne 536 kg), de robes variées : 2 colorados, 2 castaños, 2 negros. Leur comportement est en adéquation avec leur physique : ils sont vifs, nerveux, mobiles, mais manquent de puissance et de fond. Du champagne de supermarché un peu éventé. Un lot très inférieur donc à celui de l'an dernier, qui a toutefois permis une tarde entretenida mais sans possibilité de toreo hondo.
Le lendemain les JANDILLA, propriété de Borja Domecq et maison mère de l'encaste domecq avec JPD, sont d'un type très différent. Tous noirs, bas et profonds (typés La Corte), bien armés, d'un promedio de 542 kg. Peu présents à la pique, ils font preuve d'une bonne noblesse au troisième tiers mais leur manque de fond les fait très vite aller a menos. Ce sont des toros de media-faena. Jandilla : un terroir de grand cru sur lequel on produit du beaujolais.
Jeudi voici venu le tour des toros d'El PILAR, les domecqs de Salamanca qu'élève Moisés Fraile. Lot très inégal où le minable côtoie l'excellent. Au physique, plus hauts que leurs cousins des jours précédents (promedio 549 kg). Trois negros, deux colorados, un castaño. Le premier bis est un laideron, le 4 et le 6 en revanche de grand trapío. A noter que le 4 était le toro de réserve et que, hier comme aujourd'hui, le plus beau des sept toros amenés par l'éleveur s'est retrouvé sobrero...
La corrida débute au plus mal avec un premier toro invalide et changé. Le 4 passe donc en 1, il est laid et faible. Mais trois toros vont relever le niveau ganadero : le 2 est un vrai bon toro de troisième tiers comme tout bon torero (El Juli en l'occurrence) rêve d'en toucher dans une arène aussi importante que Bilbao. Le 4 (sobrero) est un toro fort et imposant qui chasse Padilla à la sortie d'une paire de banderille et lui fait un coup de barrière. Sombrero le 6 enfin est, de loin, le meilleur toro de ces trois jours : il pousse fort et longtemps sous la première pique en mettant les reins, au troisième tiers il a une charge puissante et longue sur les deux cornes. Il meurt en brave, résistant jusqu'à son dernier souffle et est arrastré sous une grande ovation. L'encierro du jour est bien à l'image de la ganaderia : on y trouve le meilleur de ce que produit l'encaste domecq mais aussi la lie. Me reviennent en mémoire, pour le pire, l'infâme corrida de l'an dernier à Dax et, pour le meilleur, un grand toro à Zaragoza devant lequel Morante, alors en début de carrière, avait obtenu un triomphe d'anthologie.
Ivan FANDIÑO a confirmé son excellente temporada. C'est le torero à voir absolument cette année. Il fut largement supérieur à ses deux Jandilla. Son toreo a toutes les vertus : sincère, templé, lié; ses pecho sont d'anthologie et ses coups d'épée excellents. Oreille - oreille.
El JULI a été au début de l'année le dindon de la farce indécente jouée par le G10 lors de la renégociation des droits télévisuels. Il y a puisé une soif de triomphe se traduisant dans l'arène par une débauche d'énergie qui, compte tenu de ses capacités techniques, ne peut conduire qu'au triomphe. Ce fut le cas à Bilbao. Jeu varié à la cape, faenas construites à partir de séries de passes longues, templées et liées, données avec le compas très ouvert, final par culerinas suivi de julipiés traseros. Un procédé totalement maîtrisé qui permet une connection parfaite avec le public... et avec le toro. Une oreille d'un Nuñez del Cuvillo, deux oreilles d'un El Pilar.
Comme bien souvent avec MORANTE DE LA PUEBLA on dut se contenter de pinceladas de arte.
Il me semble que David MORA ne rentre plus dans le terrain du toro comme il lui est arrivé de le faire les années précédentes, que son toreo est devenu un peu plus mécanique. Conséquence logique : un moindre écho dans le public et un travail qui a tendance à s'effilocher. Une oreille toutefois d'un Jandilla.
Il y a longtemps que je n'avais pas vu El CID avec autant d'envie de toréer. Deux médiocres Jandilla ne permirent que des détails mais il m'a donné le désir de le revoir.
Alejandro TALAVANTE a été la grande déception de la feria. Sans âme, sans saveur, sans fil conducteur. Face à l'excellent Sombrero (de l'amer pour la circonstance) il ne dut qu'à sa vaillance et à une entière d'effet rapide de couper une oreille car il fut toujours en dessous du brave animal, son actuation tournant même souvent à la torchonnade.
Juan José PADILLA profita du capital sympathie que sa terrible cornada de l'an dernier lui a acquis et eut la sagesse ne pas dépasser les limites qui auraient pu le mettre en danger.
Public bienveillant et présidence normale.
Pour être complet sur cette revue des domecqs de Bilbao, le lundi les Fuente Ymbro étaient, d'après la presse, excellemment présentés et âpres et vendredi les Juan Pedro Domecq fades et sans intérêt.
5 corridas sur 8 de même origine... Ça fait beaucoup, non?
dimanche 19 août 2012
Un vent nouveau
Après les ferias de Mont de Marsan et de Dax il semble qu'un vent nouveau est en train de souffler sur l'aficion. Un vent rafraîchissant qui pourrait aussi être un vent régénérateur.
Premier événement Les matadors vedettes (los del G10) sont venus avec leurs petits toros sous les bras et sont repartis sans le moindre triomphe. Aucune passion, aucune admiration suscitées. Non parce qu'ils sont de mauvais toreros ou qu'ils sont dans un mauvais moment mais parce que les toros qu'ils emmènent avec eux sont des toros sans intérêt devant lesquels leur technique et leur art ne trouvent pas à s'employer. Des toros sans caractère, sans défauts, sans qualités, sans incertitudes. Venant tous du même encaste (domecq) et des mêmes élevages qui ont réussi à créer cette chose sans nom qu'ils vendent sous l'appellation commerciale "toros de combat". On en est arrivé à un tel point que même les toros de certains élevages de même origine sont ostracisés (Fuente Ymbro, Torrestrella par exemple) pour la simple raison qu'ils ne sont pas entièrement sûrs : il en sort parfois un difficile.
Deuxième événement Dans ces deux ferias, trois corridas magnifiques qui ont fait l'unanimité. Des toros con trapío avec de la caste, de la bravoure, de la noblesse (Fuente Ymbro, Escolar Gil). Des matadors valeureux, dominateurs, artistes. Des spectateurs qui ont vécu des moments extraordinaires et qui sont sortis des arènes ivres de bonheur et d'émotion.
Dax, une corrida étalon A ce titre, la corrida d'Escolar Gil de Dax me paraît avoir une valeur exemplaire. Une sorte de corrida étalon (dans le sens du fameux mètre étalon du Pavillon de Breteuil) et, pour Dax, une corrida refondatrice à l'aune de laquelle peuvent réapparaître les valeurs taurines de base.
Car, qu'avons-nous vu en ce dimanche 12 août? Tout simplement une bonne corrida telle que l'on devrait en voir régulièrement. En fait, une corrida normale (faisons abstraction de l'armure du 6, exceptionnelle) aussi bien du point de vue de la qualité du bétail que de celle des hommes. Une corrida qui respecte les principes éthiques de la tauromachie. Éthique qui veut, il est bon de le rappeler, que l'homme ne s'estime en droit de tuer l'animal qu'au péril de sa propre vie. Et ce fut bien le cas avec des toros con trapío mais d'un poids raisonnable et adapté (500 kg), disposés à se battre (braves) et avec les moyens physiques pour le faire. Des toros qui, face aux leurres, n'étaient pas faciles dès le début mais sont tous allés a mas dès lors qu'ils étaient bien lidiés et toréés, mettant ainsi en valeur les qualités des toreros... et justifiant leur cachet. Et dans le public émotion, admiration, enthousiasme.
Au final, une corrida exceptionnelle par sa rareté (surtout dans une plaza comme Dax) mais paradoxalement normale puisque tout ce qu'on y a vu correspondait aux canons de l'authenticité tauromachique, et donc exemplaire et, à ce titre, devant être prise pour modèle de ce que l'on doit chercher à reproduire dans l'avenir...
Et demain? Bien sûr il ne faut pas rêver. Il faudra du temps, il faudra d'autres corridas comme celle que l'on vient de voir pour changer en profondeur les goûts du grand public et de certains aficionados. Il faudra que les ganaderias qui élèvent les véritables toros de lidia maintiennent le cap, que de nouvelles émergent. Il faudra aussi, c'est indispensable, des toreros capables. Nous avons la chance - et c'est une heureuse nouveauté - d'avoir actuellement au moins une demi-douzaine de matadors susceptibles d'actuer au plus haut niveau avec ces toros. Citons-les : Diego Urdiales, Fernando Robleño, Javier Castaño, Sergio Aguilar, Ivan Fandiño, Alberto Aguilar, David Mora. D'autres évidemment peuvent et doivent se rajouter. Seule la conjonction des deux (toros et toreros) peut provoquer ce sentiment de bonheur, cette plénitude émotionnelle qu'apporte une véritable corrida de toros.
Alors le public verra la différence entre une corrida et sa parodie, et figuras et ganaduros seront obligés de changer leurs habitudes sous peine de se voir marginalisés. Il faut rêver...
Premier événement Les matadors vedettes (los del G10) sont venus avec leurs petits toros sous les bras et sont repartis sans le moindre triomphe. Aucune passion, aucune admiration suscitées. Non parce qu'ils sont de mauvais toreros ou qu'ils sont dans un mauvais moment mais parce que les toros qu'ils emmènent avec eux sont des toros sans intérêt devant lesquels leur technique et leur art ne trouvent pas à s'employer. Des toros sans caractère, sans défauts, sans qualités, sans incertitudes. Venant tous du même encaste (domecq) et des mêmes élevages qui ont réussi à créer cette chose sans nom qu'ils vendent sous l'appellation commerciale "toros de combat". On en est arrivé à un tel point que même les toros de certains élevages de même origine sont ostracisés (Fuente Ymbro, Torrestrella par exemple) pour la simple raison qu'ils ne sont pas entièrement sûrs : il en sort parfois un difficile.
Deuxième événement Dans ces deux ferias, trois corridas magnifiques qui ont fait l'unanimité. Des toros con trapío avec de la caste, de la bravoure, de la noblesse (Fuente Ymbro, Escolar Gil). Des matadors valeureux, dominateurs, artistes. Des spectateurs qui ont vécu des moments extraordinaires et qui sont sortis des arènes ivres de bonheur et d'émotion.
Dax, une corrida étalon A ce titre, la corrida d'Escolar Gil de Dax me paraît avoir une valeur exemplaire. Une sorte de corrida étalon (dans le sens du fameux mètre étalon du Pavillon de Breteuil) et, pour Dax, une corrida refondatrice à l'aune de laquelle peuvent réapparaître les valeurs taurines de base.
Car, qu'avons-nous vu en ce dimanche 12 août? Tout simplement une bonne corrida telle que l'on devrait en voir régulièrement. En fait, une corrida normale (faisons abstraction de l'armure du 6, exceptionnelle) aussi bien du point de vue de la qualité du bétail que de celle des hommes. Une corrida qui respecte les principes éthiques de la tauromachie. Éthique qui veut, il est bon de le rappeler, que l'homme ne s'estime en droit de tuer l'animal qu'au péril de sa propre vie. Et ce fut bien le cas avec des toros con trapío mais d'un poids raisonnable et adapté (500 kg), disposés à se battre (braves) et avec les moyens physiques pour le faire. Des toros qui, face aux leurres, n'étaient pas faciles dès le début mais sont tous allés a mas dès lors qu'ils étaient bien lidiés et toréés, mettant ainsi en valeur les qualités des toreros... et justifiant leur cachet. Et dans le public émotion, admiration, enthousiasme.
Au final, une corrida exceptionnelle par sa rareté (surtout dans une plaza comme Dax) mais paradoxalement normale puisque tout ce qu'on y a vu correspondait aux canons de l'authenticité tauromachique, et donc exemplaire et, à ce titre, devant être prise pour modèle de ce que l'on doit chercher à reproduire dans l'avenir...
Et demain? Bien sûr il ne faut pas rêver. Il faudra du temps, il faudra d'autres corridas comme celle que l'on vient de voir pour changer en profondeur les goûts du grand public et de certains aficionados. Il faudra que les ganaderias qui élèvent les véritables toros de lidia maintiennent le cap, que de nouvelles émergent. Il faudra aussi, c'est indispensable, des toreros capables. Nous avons la chance - et c'est une heureuse nouveauté - d'avoir actuellement au moins une demi-douzaine de matadors susceptibles d'actuer au plus haut niveau avec ces toros. Citons-les : Diego Urdiales, Fernando Robleño, Javier Castaño, Sergio Aguilar, Ivan Fandiño, Alberto Aguilar, David Mora. D'autres évidemment peuvent et doivent se rajouter. Seule la conjonction des deux (toros et toreros) peut provoquer ce sentiment de bonheur, cette plénitude émotionnelle qu'apporte une véritable corrida de toros.
Alors le public verra la différence entre une corrida et sa parodie, et figuras et ganaduros seront obligés de changer leurs habitudes sous peine de se voir marginalisés. Il faut rêver...
vendredi 17 août 2012
Fernando Cruz
Des mois d'attente, d'espoirs déçus, de promesses oubliées.
Petits boulots, petite vie mais pleine d'un grand rêve.
Et puis la date fatidique tombe : mercredi 15 août, Madrid, toros de Gavira.
Les deux toros de la dernière chance.
Le soir sera plein de la douceur du triomphe ou de la douleur d'une chambre d'hôpital. Il n'y a pas d'autre alternative car le pire serait qu'il ne se passe rien : silence et silence.
On sait ce qu'il advint.
Fernando Cruz jusqu'à ce jour n'a pas été un torero chanceux. Pourtant de nombreux aficionados savent qu'il est torero, tout simplement, et croient encore en lui.
Une autre opportunité lui a été promise.
Que celle-ci ne soit pas prématurée et qu'elle soit la bonne, pour que le rêve, enfin, devienne réalité!
photos : - JMSV tirée de son blog Larga cambiada
- Velonero
Petits boulots, petite vie mais pleine d'un grand rêve.
Et puis la date fatidique tombe : mercredi 15 août, Madrid, toros de Gavira.
Les deux toros de la dernière chance.
Le soir sera plein de la douceur du triomphe ou de la douleur d'une chambre d'hôpital. Il n'y a pas d'autre alternative car le pire serait qu'il ne se passe rien : silence et silence.
On sait ce qu'il advint.
Fernando Cruz jusqu'à ce jour n'a pas été un torero chanceux. Pourtant de nombreux aficionados savent qu'il est torero, tout simplement, et croient encore en lui.
Une autre opportunité lui a été promise.
Que celle-ci ne soit pas prématurée et qu'elle soit la bonne, pour que le rêve, enfin, devienne réalité!
photos : - JMSV tirée de son blog Larga cambiada
- Velonero
mercredi 8 août 2012
Vu à Dax
Rassurez-vous, braves gens, il ne s'agit pas des toros que Ponce, le Juli et Luque affronteront samedi prochain à Dax.
Les toros que vous voyez ici (on peut cliquer sur la photo pour l'agrandir) viennent de Lanzahita (Avila) et sont marqués du fer de José Escolar Gil; ils seront combattus le lendemain par Fernando Robleño, Javier Castaño et Alberto Aguilar.
Un cartel qui pourrait être vicois... Une inflexion dans la politique taurine dacquoise?
La seule chose l'on peut dire, en tout cas, à ce jour, c'est qu'il y a du bois sur les têtes!
Photo Velonero
dimanche 5 août 2012
Riscle : Coquillas de caste mais le pompon au Bonnet
5 novillos de COQUILLA de SANCHEZ ARJONA, bien présentés, de jeu irrégulier mais encasté.
Noble le 1.
Manso le 2.
Braves et nobles les 3 et 4, deux bons novillos qui poussèrent dur sous deux piques et gardèrent tout leur allant au troisième tiers.
Incertain le 5.
Au final toutefois les Coquillas furent un peu éclipsés par l'excellent sobrero du Lartet (élevage gersois des frères Paul et Jérôme Bonnet) qui remplaçait un Coquilla invalide. Ce novillo, à l'armure magnifique, montra d'entrée sa franchise et sa vivacité à la cape. Il poussa fièrement sous la pique. Une seule hélas! car l'innocent Blanco demande le changement que le président - sans reproche jusque là - accepte. Au troisième tiers, il fera preuve, dans ses charges toujours renouvelées, d'un son extraordinaire. Un véritable stradivarius qui donne envie d'envoyer à la déchetterie tous les synthés couinants que l'on veut habituellement nous faire passer pour des toros "de classe". Face à ce toro de feu, Roberto BLANCO, apprenti plein de bonne volonté, récita ses gammes avec plus ou moins de bonheur alternant séries magnifiques et désaccords dangereusement cacophoniques. Une oreille et une oreille pour lui au bilan de la journée.
Emilio HUERTAS, appliqué mais un peu distant resta en dessous des possibilités de ses adversaires. Silence, une oreille.
Juan LEAL fait, lui, figure de surdoué. Il fut, et de loin, le plus mal servi mais réussit à améliorer ses deux novillos ce qui en dit long sur ses capacités. Silence, une oreille.
Et vuelta finale pour l'inattendu Lartet en espérant que le campo gersois recèle d'autres pépites de cet acabit.
NB Il y a deux ans de cela, je n'aurais pas fait le déplacement jusqu'à Riscle mais aujourd'hui, grâce à la nouvelle autoroute qui va jusqu'à Pau, Roquefort est à une heure de Bordeaux, Aire une heure et demi, Riscle et Garlin une heure trois-quart.
Avec, en outre, l'impression que l'autoroute a été construite rien que pour nous. Sur les 100 km retour de l'A63 j'ai, en tout et pour tout, doublé une caravane, ai été doublé par un 4x4.
Noble le 1.
Manso le 2.
Braves et nobles les 3 et 4, deux bons novillos qui poussèrent dur sous deux piques et gardèrent tout leur allant au troisième tiers.
Incertain le 5.
Au final toutefois les Coquillas furent un peu éclipsés par l'excellent sobrero du Lartet (élevage gersois des frères Paul et Jérôme Bonnet) qui remplaçait un Coquilla invalide. Ce novillo, à l'armure magnifique, montra d'entrée sa franchise et sa vivacité à la cape. Il poussa fièrement sous la pique. Une seule hélas! car l'innocent Blanco demande le changement que le président - sans reproche jusque là - accepte. Au troisième tiers, il fera preuve, dans ses charges toujours renouvelées, d'un son extraordinaire. Un véritable stradivarius qui donne envie d'envoyer à la déchetterie tous les synthés couinants que l'on veut habituellement nous faire passer pour des toros "de classe". Face à ce toro de feu, Roberto BLANCO, apprenti plein de bonne volonté, récita ses gammes avec plus ou moins de bonheur alternant séries magnifiques et désaccords dangereusement cacophoniques. Une oreille et une oreille pour lui au bilan de la journée.
Emilio HUERTAS, appliqué mais un peu distant resta en dessous des possibilités de ses adversaires. Silence, une oreille.
Juan LEAL fait, lui, figure de surdoué. Il fut, et de loin, le plus mal servi mais réussit à améliorer ses deux novillos ce qui en dit long sur ses capacités. Silence, une oreille.
Et vuelta finale pour l'inattendu Lartet en espérant que le campo gersois recèle d'autres pépites de cet acabit.
NB Il y a deux ans de cela, je n'aurais pas fait le déplacement jusqu'à Riscle mais aujourd'hui, grâce à la nouvelle autoroute qui va jusqu'à Pau, Roquefort est à une heure de Bordeaux, Aire une heure et demi, Riscle et Garlin une heure trois-quart.
Avec, en outre, l'impression que l'autoroute a été construite rien que pour nous. Sur les 100 km retour de l'A63 j'ai, en tout et pour tout, doublé une caravane, ai été doublé par un 4x4.
mercredi 1 août 2012
Coquillas en Riscle
Parmi les encastes minoritaires qui luttent pour éviter de se faire gober par l'ogre Domecq celui de Coquilla est actuellement l'un des plus fragiles.
En 2009 les Sanchez Fabres n'ont dû qu'à la forte mobilisation des aficionados d'éviter la disparition.
Cet hiver Mariano Cifuentes, dans un moment de désespoir, a envoyé son élevage à l'abattoir.
Outre Sanchez Fabres (Salamanca) on ne trouve plus aujourd'hui de bétail de cette origine que dans des élevages très marginalisés dans le circuit taurin :
El Añadio (Jaen)
La Interrogacion (Salamanca)
Coquilla de Sanchez Arjona (Salamanca)
Grâce à l'association Tendido risclois aidée par Stéphane Fernandez Meca, c'est précisément ces derniers que l'on pourra voir combattre le samedi 4 août à Riscle dans le Gers.
18h30
novillos de Coquilla de Sanchez Arjona
Emilio Huertas - Roberto Blanco - Juan Leal
Bon an, mal an de 3 à 12 novillos ont été lidiés avec picadors ces dernières années par cet élevage. La plupart du temps avec un comportement encasté donnant des tardes intéressantes. Me reviennent en mémoire la novillada de Roquefort en 2010 et celle de Mont de Marsan en 2007.
En 2009 les Sanchez Fabres n'ont dû qu'à la forte mobilisation des aficionados d'éviter la disparition.
Cet hiver Mariano Cifuentes, dans un moment de désespoir, a envoyé son élevage à l'abattoir.
Outre Sanchez Fabres (Salamanca) on ne trouve plus aujourd'hui de bétail de cette origine que dans des élevages très marginalisés dans le circuit taurin :
El Añadio (Jaen)
La Interrogacion (Salamanca)
Coquilla de Sanchez Arjona (Salamanca)
Grâce à l'association Tendido risclois aidée par Stéphane Fernandez Meca, c'est précisément ces derniers que l'on pourra voir combattre le samedi 4 août à Riscle dans le Gers.
18h30
novillos de Coquilla de Sanchez Arjona
Emilio Huertas - Roberto Blanco - Juan Leal
Bon an, mal an de 3 à 12 novillos ont été lidiés avec picadors ces dernières années par cet élevage. La plupart du temps avec un comportement encasté donnant des tardes intéressantes. Me reviennent en mémoire la novillada de Roquefort en 2010 et celle de Mont de Marsan en 2007.
samedi 28 juillet 2012
Trois jours de toros (3)
3- Dimanche, Tyrosse
Il paraîtrait que nos figurettes actuelles ne sont pas chaudes pour affronter les toros de leur ancien confrère Joselito. C'est pourtant du domecq mais celui-ci serait piquant. Et bien c'est vrai! Après cette corrida tyrossaise, on peut l'affirmer : les domecqs de Joselito ont du piquant.
Juste ce qu'il faut pour mettre en valeur des matadors courageux et dominateurs comme Ivan Fandiño.
Juste ce qu'il faut aussi pour confirmer à El Fundi que la décision de mettre un terme à sa carrière était une sage décision.
Le cas de Manuel Escribano est plus complexe. Voilà un torero qui a un besoin absolu de triompher s'il veut continuer son chemin. Doté d'un fort tempérament et de belles qualités physiques, il pourrait occuper la place laissée libre par un certain Juan José Padilla depuis que celui-ci, en compensation de l'âge et du sang versé, se voit proposer de partager l'affiche et le bétail des figurettes. Pour prendre cette place il faut prendre les risques qui vont avec - Manuel Escribano, au vu de son actuation tyrossaise, semble prêt à le faire - mais sans se faire prendre. Or en ce dimanche, par deux fois, Manuel Escribano s'est fait prendre. D'abord à son premier adversaire sur un quiebro cité assis à l'estribo, puis à son second adversaire sur une gaonera. De la chance, du talent, de bons conseils, Manuel Escribano aura besoin de tout cela pour réussir dans la dure voie qu'il a choisie.
Photos : dernier paseo français pour El Fundi
Manuel Escribano, fin de combat
vendredi 27 juillet 2012
Trois jours de toros (2)
2- Samedi, Orthez
Je me suis régalé tout au long de la novillada matinale.
Des novillos légers mais avec du nerf, de la vivacité dans la charge, de la bravoure aussi pour certains et même de la noblesse. De bons représentants du rare encaste Veragua que l'on retrouve au Portugal chez Fernando Palha.
Et deux novilleros atypiques, peu chargés en effluves andalouses mais que l'on sent prêts à bouffer du toro même si celui-ci est coriace.
Imanol Sanchez est un maño macho. Il tomba sur les deux plus difficiles et s'en dépétra comme il put.
Ivan Abasolo, natif d' Orduña dans la province de Biscaye est sérieux et sincère comme son compatriote Ivan Fandiño. Face aux novillos offrant le plus de possibilités il fit preuve d'un bon bagage technique qui lui permit de couper deux oreilles.
L'après-midi les toros portugais de Veiga Teixeira étaient tous d'une grande beauté.
Des sorties magnifiques pleines de feu, de la bravoure au cheval atténuée par de longues hésitations avant de s'élancer, puis ils s'éteignirent inexorablement au dernier tiers.
Avec à la clef la question fatidique : comment expliquer ce comportement de toros qui vont systématiquement a menos?
- un excès de piques?
Possible car beaucoup en prirent trois et la plupart en poussant fort donc en laissant beaucoup d'énergie sous le peto. Toutefois ceux qui n'en prirent que deux ne furent pas plus mobiles pour autant au troisième tiers. Je pense en particulier au cinquième.
- la faute des toreros?
Oui en ce qui concerne Paulita torero de gestes (torero pour photographe) mais sans emprise sur la charge du toro.
Non pour les deux autres. Robleño réussit à dominer le 1 seul manso (con casta y mucho peligro) de la tarde mais ne put rien tirer du 4. Quant à Serafin Marin il parvint à tirer le maximum de la petite charge de son premier adversaire.
- un bravoure incomplète?
Un signe qui pourrait aller dans ce sens : leurs longues hésitations à se lancer à l'assaut des piqueros. Cette hypothèse serait aussi celle des ganaderos, me souffle le lendemain XK rencontré à Tyrosse.
Cartels originaux, toros magnifiques, tercios de piques soignés; je découvrais Orthez et déjà j'ai envie d'y retourner...
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