mercredi 12 septembre 2012

En relisant Claude Popelin (2)

Voici ce que dit Claude Popelin à propos de la bravoure :

Étymologiquement, le terme de bravo désigne l'animal d'un naturel sauvage, par opposition au domestique, qualifié de manso. Sur le plan tauromachique, bravoure est synonyme d'instinct offensif de l'animal. ...
La bravoure a ses degrés. Ainsi distingue-t-on couramment le taureau bravo, le bravito, moins affirmé dans son attaque, le bravucon, taureau plus fanfaron que véritablement agressif, le tardo, long à s'élancer. S'il montre un grand style dans ses assauts contre le picador (épreuve la plus manifeste de bravoure) et soutient ce rythme jusqu'à l'arrêt du premier tercio, c'est qu'on se trouve devant un taureau dit de bandera [drapeau]. Il est alors habituel d'honorer son éleveur par un tour de piste du cadavre du taureau, qu'ordonne le président.
Le seul fait pour une bête d'avoir eu de l'allant et de la noblesse au cours de la faena ne suffit pas à la faire qualifier de bandera, si elle n'a pas poussé à fond sous la pique. La confusion du public est ici fréquente.La récompense, qu'il réclame pour l'éleveur, a souvent moins le caractère d'un hommage à l'authentique bravoure, que d'une prime à la maniabilité.

Aujourd'hui, surtout dans les arènes de village, c'est souvent l'indulto qui constitue une prime à l'allant et à la noblesse. Certains petits penseurs de la tauromachie voudraient appeler cette maniabilité "bravoure intégrale" mais, si l'on considère que, la plupart du temps, le toro n'a pris qu'une seule pique, il serait plus logique de l'appeler "bravoure désintégrée".


4 commentaires:

pedrito a dit…

UOI! D'autant qu'il est rare, dans les petites arènes, puisque pour ma part, c'est là que j'ai eu à déplorer trois indultos, que c'est le public qui réclame la grâce du torito. A St GILLES, c'était le clan de l'éleveur empresa MARGÉ, à St MARTIN, c'est parti du callejon, c'est à dire des proches ou de l'éleveur TARDIEU, et à AIGNAN, c'est l'éleveur BONNET lui-même qui a imploré le palco de lui rendre le novillo qu'il avait pourtant vendu.
Grandeur et décadence de la corrida, dans tous les domaines

velonero a dit…

Ce qui est heureux , en revanche, c'est que l'indulto de l'an dernier à Séville ne semble pas avoir ouvert une brèche - en tout cas à ce jour - dans les grandes arènes.

ludo a dit…

Jose Tomas a bouleversé les azimuts de la tauromachie et toi tu relis Claude Popelin ! Ole tu arte !

velonero a dit…

Sacré José, il torée trois coursiquettes dans l'année et c'est de lui qu'on parle le plus.