jeudi 6 octobre 2016

Quelques photos du championnat de France des écarteurs 2016

Sur cette photo, un élément incongru

















Bel élan d'Etienne Grenet au-dessus de Shakira (Dargelos)

















Etranges positions















Thomas Marty, la solitude de l'écarteur


















Bel écart à Andalouse (Deyris)






















Intérieur avec touche sur Mestalla (Deyris)






















Photos Velonero

mardi 4 octobre 2016

Loïc Lapoudge retrouve le titre

















   Depuis son dernier titre en 2008, Loïc Lapoudge avait souvent échoué de peu. Le voici à nouveau champion de France des écarteurs après un beau duel avec Thomas Marty, arbitré au final par la corne d'or Ibiza (Deyris).
   Après la magnifique sortie d'Amandine (Dargelos), avant-dernière coursière, Thomas Marty possède quatre points d'avance sur Loïc Lapoudge mais il aura le désavantage de débuter face à Ibiza alors que Lapoudge passe en dernier. Il est contré sur son premier écart sortie de loge puis, jouant le tout pour le tout, se fait catapulter sur une tentative d'intérieur. C'en est fini de ses chances, d'autant que Loïc Lapoudge en termine par deux tourniquets réussis. Bravo aux deux béarnais pour ce final à émotion. Loïc Lapoudge recueille les fruits de l'expérience et de la sagesse. Pour Thomas Marty il faudra attendre encore, mais chaque année qui passe le voit s'approcher un peu plus du titre.

   On regrettera que le concours n'ait  vraiment commencé qu'à partir de Fidelia (Dargelos), huitième vache de l'après-midi. En effet, le nouveau règlement, qui prévoyait l'élimination de deux compétiteurs d'un coup à l'issue précisément  de la huitième vache, paralysa les ambitions. Jusqu'à Fidelia, chaque écarteur évita une prise de risque excessive par peur, en cas de chute, de ne pouvoir rattraper son handicap. La première mouture du nouveau règlement - un seul éliminé après quatre vaches, un autre après la huitième - aurait peut-être évité cela.
   Chez les sauteurs, belle victoire de Fabien Napias qui avait du feu dans les jambes.
   On notera que la logique de la temporada a été respectée puisque les deux vainqueurs de l'escalot sont champions de France.

Les résultats
Écarteurs
1- LoïcLapoudge 150 p.
2- Thomas Marty 142 p.
3- Cyril Dunouau  136 p.
4- Gaëtan Labaste 134 p.
5- Louis Navarro
6- Alexandre Duthen

Sauteurs
1- Fabien Napias 82 p.
2- Etienne Grenet 76 p.
3- Louis Ansolabéhère 75p.
4- David Laplace  70 p.






















Bel écart intérieur de Lapoudge à Andalouse (Deyris)
photos Velonero

lundi 3 octobre 2016

Une corrida de toros

   Cette corrida de Victorino Martin lidiée à Mont de Marsan le samedi 1er octobre pourrait servir de corrida-étalon. Un bon exemple de ce que doit être une corrida de toros : brave, encastée, avec de la présence au premier tiers (14 piques), de comportement varié avec quelques toros durs, un pastueño, certains qui vont a mas, d'autres a menos. Une corrida qui demande un toreo sérieux et qui captive le public par l'émotion qu'elle transmet.
   Une corrida normale, en somme, qui marque une moyenne. Au-dessus, on serait dans l'excellence. Au-dessous, dans l'insuffisance. C'est hélas la deuxième occurrence que l'on rencontre le plus souvent dans une arène. Des toros faibles, décastés, mansos, sosos, innocents. Toros du banal, du quotidien tristounet, du "il ne se passe rien ou si peu". Tout le contraire de ce que l'on attend d'une corrida de toros.
   Merci donc aux Victorino Martin pour ce lot exemplaire. Une corrida de toros, tout simplement.

   Sans ambition particulière si ce n'est celle d'arriver à bon port à Madrid le lendemain, El Cid actua avec la sérénité et la facilité (sauf à l'épée) que donne l'expérience.
   Étonnant cet Emilio de Justo (bravo au passage aux Orthéziens pour l'avoir, les premiers, tiré de l'anonymat) qui donna à son premier des muletazos d'une grande profondeur, avec parfois ce temple qui donne l'impression de ralentir la charge des toros. Ce sera un plaisir de le revoir l'an prochain ...
   Pour un torero comme Alberto Lamelas, habitué aux confrontations avec miuras et autres dolores aguirre de mala leche, se retrouver face à un toro aussi pastueño que l'était Papelero, le sixième victorino du jour, est une épreuve qui peut s'avérer tout aussi redoutable. Il s'en tira avec honneur, arrivant parfois - comme dans un rêve - à profiter de cette corne gauche au parcours d'une longueur et d'une douceur extrême. Les modestes ont aussi droit à leur part de gâteau lorsqu'il se présente.
   Et je garde pour la bonne bouche les six écarts magistraux qu'accomplit l'écarteur landais Baptiste Bordes, un à chaque toro. Un grand moment d'émotion pour lui et pour le public.





Emilio de Justo : oreilles et matole (photo Laurent Bernède)


mercredi 28 septembre 2016

Caméléon

   Ainsi donc Bernard Domb Cazes alias Simon Casas vient d'obtenir que lui soit confiée la gestion des arènes de Madrid pour les quatre prochaines années. Je ne sais s'il faut se réjouir du succès des ambitieux mais il est certain que depuis des années le Simounet ne rêvait que de ça et que tout, dans ses actions, tendait vers ce but ultime : diriger Las Ventas, l'apothéose de sa carrière dans les affaires!
   Dans la capital del toreo, des Français, Nimeño II, Juan Bautista, Sébastien Castella, se sont déjà illustrés en toréant magnifiquement et en sortant par la grande porte. Depuis les bureaux, il ne reste à Simon Casas qu'à être à la hauteur de la lourde tâche qui lui a été confiée. Il partira avec un certain nombre de casseroles accrochées à ses basques. La manière bien peu chevaleresque avec laquelle il a roulé dans la farine pas moins que les Choperitas et le señor Baillères pourrait lui valoir quelques inimitiés en retour (encore que, dans ce milieu, on sait faire bonne figure lorsqu'il s'agit de ménager ses intérêts). D'autre part, sa gestion des arènes de Nîmes ne plaide pas en sa faveur, pas plus que certaines de ses déclarations ou sorties intempestives. Mais l'homme est intelligent, incontestablement dynamique et suffisamment caméléon pour s'adapter à tout type de situation et d'arène.
 ¡Suerte para Madrid!




mardi 27 septembre 2016

Hoyo de la Gitana

   A une trentaine de kilomètres de Salamanque, au cœur du campo charro, sur la commune de Vecinos, se trouve Galleguillos, finca emblématique de la famille Pérez-Tabernero.



















   Nous sommes à la mi-septembre et pourtant vaches et utreros ont encore de l'herbe, certes sèche, jusqu'au genou. Solo pan, dit le ganadero, le jambon viendra s'il se met à pleuvoir.
   Très ibarreña de type (origine Graciliano oblige), la camada de l'an prochain ne manque pas d'allure, parfois on retrouve l'empreinte des sementals de Joaquin Buendía utilisés dans les années soixante.


















Novillos pour Arnedo. Ici on n'utilise pas les fundas; cela nécessiterait trop de manipulations pour les toros ce qui risquerait de dénaturer leur nécessaire sauvagerie, pensent les éleveurs.


















   La plaza de tienta est tirée à quatre épingles, comme toutes les installations de la finca. Sur le mur extérieur les fers familiaux d' Alipio Pérez-Tabernero et de Pilar Población del Castillo. Mais ceci est une autre histoire (compliquée) sur laquelle nous reviendrons prochainement.

   Au cours de cette temporada Hoyo de la Gitana a lidié un toro (puissant et encasté) à la corrida-concours de Vic Fezensac, six toros (coriaces) à Orthez, et douze novillos à Calasparra et Arnedo (prix du meilleur novillo de la feria à Calasparra).

jeudi 15 septembre 2016

Salamanque




















Mardi 13 septembre 2016     La Glorieta     Salamanca
temps frais et venteux
demi-arène

6 toros d'El Pilar (7 piques, ovation au 4, sifflets au 3) pour Enrique Ponce (une oreille, deux oreilles), Javier Castaño (palmas, une oreille) et José Garrido (silence, une oreille)

Beaucoup de jeunes et d'aficion dans les vastes arènes de Salamanque mais peu de grand public. On peut penser que le prix des places pratiqué par la casa Chopera, organisatrice en ce lieu, y est pour quelque chose.
La tarde commença dans l'émotion par une minute de silence à la mémoire d' Alipio Perez-Tabernero Sánchez décédé à Salamanque le jour même, puis par une ovation à Javier Castaño qui, à la faveur du remplacement de Roca Rey, retrouvait le ruedo de son arène d'adoption après les problèmes de santé que l'on sait.
Les toros d'El Pilar ont été meilleurs que ce que leurs dernières sorties laissait craindre. Inégalement mais bien présentés, astifinos, aucun ne s'illustra à la pique, mais le 2 et le 4 par leur comportement encasté, furent intéressants de bout en bout.
Après plus de 25 ans au sommet, Enrique Ponce est encore habité par une énergie et une soif de triomphe hors du commun. Face à la charge vive et encastée de Bellito, quatrième toro de l'après-midi, il dut aller au-delà de ses facilités habituelles pour, après une longue faena pleine de haut et de bas, parvenir à dominer pleinement son adversaire.
Plus que jamais le meilleur de Castaño c'est sa cuadrilla. Voir Fernando Sánchez avancer vers le toro con desparpajo et clouer entre les cornes est tout un spectacle. Quant à Marco Galan il ne lui a fallu que trois passes pour assurer la brega du cinquième, pourtant manso, une pour chaque paire de banderilles.
José Garrido remplaçait Alejandro Talavante. Il fut le moins bien servi mais confirma qu'il est un torero sur qui il va falloir compter. Il donna au 6 un récital par véroniques gagnant du terrain et toréant avec une cape réduite au minimum qui fit lever les tendidos. Le grand moment de la tarde.

vendredi 2 septembre 2016

Retour sur Bilbao

   Depuis que je la fréquente, la feria de Bilbao a connu bien des hauts et des bas.
   Dès mon premier rendez-vous avec elle, elle m'a posé un lapin. Il a suffi que le Viti tâte deux fois de son escarpin noir le sable gris et humide de Vista Alegre en faisant la moue pour que la corrida soit annulée. C'était un samedi, il avait fait une averse avant la corrida comme cela arrive parfois au Pays Basque, la plaza n'était remplie qu'aux deux-tiers malgré l'intérêt du cartel (toros de La Corte, Viti, Paquirri, Teruel). Les toros de La Corte avaient, parait-il, des cornes terribles. Le lendemain c'était ma première miurada. Dans ma jeune naïveté je m'imaginais que les pensionnaires de Zahariche allaient tout casser, ils se contentèrent d'être beaux et intéressants, les toreros se donnèrent à fond (Manolo Cortes, Roberto Dominguez, El Puno). On peut voir, si je me souviens bien, quelques magnifiques photos de cette course dans l'édition originale de Miura du Tio Pepe.
   La ville et la région  furent frappées de plein fouet par la crise des vieilles industries qui ravagea aussi à la même époque le nord et l'est de la France, la feria déclina peu à peu. La violence politique n'arrangea rien et l'irruption d'une vraie fête populaire dès qu'on fut certain que le cadavre de Franco ne bougerait plus sembla plutôt déranger la sérieuse ordonnance du rituel taurin bilbaino. Les éléments naturels se mirent de la partie et, le 26 août 1983, au lendemain d'un succès tonitruant d'Espartaco, le centre de Bilbao fut dévasté par les eaux qui emportèrent tout et tuèrent plusieurs dizaines de personnes.
   Au cours des années 90 et au début des années 2000 la feria, comme la ville, a peu à peu retrouvé son lustre pour connaitre un apogée au tournant des années 10 de ce nouveau siècle.
   Aujourd'hui, presque 20 ans après l'ouverture du Guggenheim (1997) et  presque dix ans après le début de la crise économique (2008) la ville est resplendissante mais la feria taurine va mal. Elle a perdu une partie de son public et son identité s'est brouillée. Depuis trois ou quatre ans, il manque chaque jour 1000 à 2000 spectateurs à Vista Alegre  pour éviter le spectacle désolant qu'offrent ces sièges bleus inexorablement inoccupés. Encore que, à bien y regarder, il s'est produit à l'intérieur des arènes un étrange phénomène de migration. Les tendidos hauts de l'ombre et une grande partie des tendidos soleil se sont vidés alors que les gradas ombre sur lesquelles n'étaient éparpillés, de tout temps à jamais, que quelques centaines de spectateurs sont aujourd'hui très abondamment peuplés. Quand on sait qu'une grada ombre vaut 18 € alors qu'un tendido haut en vaut 70, on comprend, crise économique aidant, la logique de ce mouvement. C'est, en tout cas, un sacré manque à gagner pour celui qui fait les comptes à la fin de la feria.
   Toujours est-il que ce public, que j'ai toujours trouvé plan-plan et passif (bien loin du mythe du public le plus intransigeant d'Espagne qui avait cours à une époque très lointaine) a eu cette année à plusieurs reprises des réactions assez virulentes et toujours justifiées. Je ne parle pas de la bronca à Morante, qui dans toutes les arènes de la géographie taurine, est constitutive du morantisme, mais plutôt, par exemple, des quolibets qu'aura entendu tout au long de la course Victorino Martin pour son lot minable en tout, des sifflets entendus ce même jour par les deux toreros (Curro Diaz et Paco Ureña) pour des prestations bien en-dessous de ce que l'on était en droit d'attendre d'eux compte tenu de ce qu'ils ont montré cette temporada en d'autres lieux, des sifflets lors du paseo de la corrida du vendredi justifiés par les magouilles d'arrière-boutique qui ont empêché l'inclusion de Javier Jimenez au cartel. Un public qui a voulu rappeler aux organisateurs que l'avenir de la feria passait par son respect.
   Un avertissement de plus à la Junta Administrativa et à la casa Chopera qui, jusqu'à présent, dans les mesures qu'ils ont prises, n'ont réussi qu'à écorner l'image de sérieux qu'ont toujours eue les toros à Bilbao. Cette année outre la gestion désastreuse de l'absence de Roca Rey, la présentation des toros de Victorino Martin est un bon exemple de cette dégradation : des toros qui avaient un trapío propre à une arène de deuxième catégorie mais en aucun cas adapté aux attentes du public de la plaza de Bilbao.



Bilbao 25 août 2016 ( Victorino Martin, Curro Diaz, Paco Ureña) des vides inquiétants à l'ombre (c'est pire au soleil)


... mais du monde aux gradas qui sont habituellement quasiment vides.

samedi 27 août 2016

Bilbao

















Vendredi 28 août 2016   plaza de toros de Vista Alegre   Bilbao
beau temps
demi-arène

6 toros d'Alvaro Domecq "Torrestrella", sérieux (12 piques, ovation au 5) pour Lopez Simon (pitos, silence) et José Garrido (saluts, vuelta, oreille, ovation)

Voilà une corrida sur laquelle il y a beaucoup à dire tant il s'est passé de choses durant deux heures et demie.
Il n'est pas commun que les matadors défilent sous les sifflets. C'est pourtant ce qu'ont entendus les deux maestros au cours du paseo. Sifflets avant tout destinés aux organisateurs (Junta administrativa et casa Chopera) pour n'avoir pas inclus un troisième jeune torero à la place de Roca Rey, blessé, dans ce cartel qui se voulait celui de l'avenir. Tout le monde pensait bien sûr à Javier Jimenez, récent triomphateur madrilène. Un mauvais point de plus pour l'empresa après l'indécente présentation des toros de Victorino Martin hier.
L'attitude de Lopez Simon a aussi été inhabituelle. L'artifice d'un matador consiste bien des fois à cacher sa peur, ses doutes, ses insuffisances derrière des attitudes de prestance. Lopez Simon, lui, s'est effondré physiquement et moralement, à tel point qu'il a dû rejoindre l'infirmerie après la mort du troisième toro pour n'en point ressortir et laisser José Garrido en terminer seul avec les Torrestrella. Il faut dire que le Madrilène est arrivé à Bilbao plus blanc qu'un linceul, portant sur lui, dès le paseo, le poids d'une temporada dans laquelle son entourage semble n'avoir pour but que de le presser plus fort qu'on ne presse une olive à Jaen. Les sifflets du début n'arrangèrent rien, d'autant qu'ils lui étaient également destinés, son apoderado ayant manigancé pour éviter l'inclusion d'un troisième torero. Conséquence de son état, à la mort de son premier adversaire, il laissa échapper dans le public son descabello qui, par chance, n'occasionna qu'une simple estafilade au bras d'un spectateur.
Mais parlons de la lidia. Et tout d'abord des toros d'Alvaro Domecq. Un lot parfaitement présenté. Des toros imposants, cornalons, de robe variée. Un vrai lot de Bilbao. Et le moral fut à l'avenant. Braves, exigeants, avec un cinquième toro (prévu en 6, mais on inversa) supérieur : Barbadura, magnifique castaño, violent sous la pique, doté d'une charge encastée, avec une corne gauche d'un grand son. Sa mort fut magnifique : il poursuivit celui qui venait de lui porter l'estocade sur plus de dix mètres, puis arc-bouté au centre du ruedo, sous l'ovation, il s'agrippa au sol jusqu'à son dernier souffle. Une mort de toro brave.
José Garrido a connu, comme on dit dans le jargon taurin, une journée importante. Face aux quatre toros qu'il eut à affronter il fit preuve d'une entrega et d'une sincérité jamais démenties. Malgré des recours techniques qui sont ceux d'un jeune torero peu expérimenté, il réussit à imposer à chacun de ses adversaires des moments de toreo d'une grande qualité. Par véroniques au 2 et au 4, par de magnifiques derechazos au 2 et, point culminant de son actuation, par une série magistrale de naturelles au 5. Et ce fut beau et émouvant de le voir partir après sa lutte gagnée contre le 5, la cape sur l'épaule pour attendre le sixième a puerta gayola. Une après-midi importante aussi dans le souvenir qu'elle laissera aux spectateurs et, souhaitons le, dans les répercussions qu'elle aura pour le torero.


dimanche 21 août 2016

Mimizan






Samedi 20 août 2016           arènes de Mimizan (Landes)
beau temps frais
trois-quart d'arènes

5 toros d'Hubert Yonnet et 1 de Christophe Yonnet (2 bis, remplaçant un de ses frères qui se blessa en sautant dans le callejon), invalides (10 piques) pour Morenito de Aranda (silence, silence), Pepe Moral (silence, silence) et Thomas Dufau (silence, une oreille).

Un désastre! Un désastre de corrida en raison de l'invalidité des toros de Yonnet. Ils avaient pourtant le trapío de la maison. Rien à dire non plus sur leurs qualités morales : la bravoure et la noblesse dominaient. Mais, après des sorties tonitruantes, on avait l'impression que leur impétuosité se dissolvait progressivement pour atteindre, au troisième tiers, le néant total. Seul le dernier, plus circonspect à la sortie, conserva suffisamment de force pour combattre jusqu'au bout. Ce fut le seul de l'après-midi à pouvoir supporter plus de deux passes liées sans s'affaler. Les héritiers d'Hubert Yonnet ne manquent pas d'ouvrage s'ils veulent redonner tout son lustre au plus ancien et plus prestigieux fer français.
Face à un tel bétail, les matadors se cantonnèrent dans un rôle d'infirmier. Avec sa finesse habituelle pour Morenito de Aranda, avec de bonnes réceptions à la cape pour Pepe Moral. Thomas Dufau, face au sixième, fit le minimum nécessaire pour couper une oreille, mais resta en dessous des possibilités de son adversaire, en particulier sur la corne gauche qui semblait permettre un toreo plus consistant que celui proposé par le Landais.
Les belles et originales arènes mimizanaises et leur aficion méritaient mieux que cette anti-corrida.

jeudi 18 août 2016

Quelques photos des Saltillo à Roquefort

     Les novillos de Saltillo lidiés à Roquefort avaient de la bravoure, mais aussi du trapío dans le sens premier du mot : du chien, de l'allure. Le bon public roquefortois ne s'y est pas trompé et tous (sauf le cinquième aux embouts abimés) furent applaudis à leur sortie.
     Voici quelques photos dont la qualité surprendra sur ce blog (cliquer dessus pour les agrandir). Et pour cause, elles sont de Laurent Bernède, aficionado a los toros et remarquable photographe amateur.
















 Le 1 : Vizcaino n°10


















  Le 2 : Lominado n° 5


















 Le 3 : Rastrojero n° 29























Le 6 : Jardinero n°14

lundi 15 août 2016

Saltillo : le retour

   
















     A Roquefort, en ce dimanche 14 août 2016, les novillos marqués du prestigieux fer de Saltillo ont tous offert des combats de haut niveau, développant des qualités de bravoure et de noblesse que l'on observe rarement avec une telle constance dans une plaza de toros. En témoignent les 16 piques sérieusement poussées dont deux chutes obtenues à la régulière. Ensuite, malgré des lidias parfois approximatives, tous avaient des charges qui permettaient de se confier, de pratiquer le toreo pur et de couper des oreilles.
     Après la terrible corrida de Madrid lors de la dernière San Isidro, quasiment illidiable de l'avis général, la surprise était de taille et de nature à changer le regard que l'on porte sur la ganaderia. Certains auront sans doute trouvé que la balance avait cette fois trop penché du côté de la facilité. Et c'est vrai que, au troisième tiers, les charges pastueñas dominèrent. Mais il est bon de rappeler que ce comportement est dans la logique de cet encaste qui, de Guerrita à Joselito, fut longtemps recherché par les meilleurs matadors et dont la "dulzura" a séduit l'aficion mexicaine.
     Ce que l'on peut souhaiter aujourd'hui, c'est que le mundillo ne fasse pas payer trop cher à José Joaquin Moreno de Silva la corrida de Madrid. La novillada de Roquefort vient à point pour montrer qu'il y a dans cet élevage des trésors de bravoure que, par les temps qui courent, il serait catastrophique d'ignorer. Et l'on peut même se prendre à rêver à un renouveau de l'élevage. Après tout, Felix Moreno Ardanuy, le grand-père de l'éleveur actuel avait déjà réussi à redonner tout leur lustre aux Saltillo qu'il avait rachetés au début du siècle dernier. Plus près de nous comment ne pas penser aussi à la réussite de Victorino Martin avec les cousins saltillos passés par le comte de Santa Coloma ... Ojala!

mercredi 27 juillet 2016

Notes sur ma Madeleine 2016



  • Snobisme toriste
De nombreux aficionados (dont votre serviteur) avaient choisi d'ignorer la corrida de Nuñez del Cuvillo. Erreur. Sérieusement présentée, avec quelques bons toros et des matadors à leur meilleur niveau (Ponce, Manzanares, Dufau), ce fut la corrida la moins incomplète de la feria, me dit-on de tous côtés.

     • Oracles
Eleveurs et taurins nous bassinent à longueur de temporada sur les hechuras parfaites du toro destiné à embestir. Mais c'est toujours après la course qu'on nous explique qu'avec une telle conformation il était impossible que "Tuertolito" charge correctement. Où étaient-ils, samedi, les oracles du trapío pour embestir qui ont laissé sortir six Fuente Ymbro imbuvables et avaient laissé Minucioso, seul bon toro des sept Fuente Ymbro, comme sobrero?

     • Handicap
Par rapport à leurs cousins des élevages commerciaux qui ont toutes les chances d'être toréés par un fringant matador, les toros des élevages durs souffrent souvent d'un sérieux handicap. Celui de tomber entre les mains d'un matador en dehors du coup. C'est ce qui est arrivé à trois Cebada Gago samedi. Rafaelillo, que l'on croyait dans une période de calme plénitude, a été insupportable : nerveux, heurté, brusque, criard; il a toréé avec une hache en guise de muleta et a rendu le 4 bien plus difficile qu'il n'était au départ. Quant à Perez Mota, que l'on avait pourtant vu plusieurs fois à son avantage lors des temporadas précédentes, il s'est effondré face à l'excellent toro de troisième tiers que fut Soguero et n'a pas remonté la pente face au très brave Volador. Pendant ce temps, Curro Diaz dansait avec la plus laide. Mala suerte.

     • Révélation
Tout le monde a été très agréablement surpris par les excellents novillos de Virgen Maria, l'élevage andalou du Français Jean Marie Raimond. Douze grosses piques prises avec bravoure et codicia dont ils sont sortis gaillards, prêts à assumer pleinement les deux autres tiers, ce qu'ils firent avec caste et franchise.
Il faut sans doute profiter de cet élevage avant qu'il ne devienne comme les autres...

mardi 26 juillet 2016

Mont-de-Marsan



















Dimanche 24 juillet 2016    arènes du Plumaçon    Mont-de-Marsan
beau temps
lleno

6 toros de Miura (14 piques, pitos aux 1 et 2, palmas aux 4, 5 et 6) pour Fernando Robleño (silence, salut), Javier Castaño (silence, silence) et Alberto Lamelas (silence, une oreille).
Salut du banderillero Raul Ruiz au quatrième.

Commencée sous le signe de la colère en raison des problèmes locomoteurs des deux premiers toros, cette cinquième et dernière corrida des fêtes de la Madeleine s'est terminée dans l'émotion la plus authentique que peut susciter une corrida grâce au combat héroïque d'Alberto Lamelas face à Estanquero, le dernier miura de la tarde.
Alberto reçoit son adversaire par une larga cambiada afarolada de rodilla a puerta gayola, puis, près des planches, une autre larga (debout cette fois), des véroniques templées et une rebolera. C'en est trop pour le miura qui crochète le torero, l'envoie au tapis d'un uppercut au visage puis le reprend au sol, l'expédie dans les airs et le jette contre le burladero. Toute l'arène est saisie d'effroi mais, miracle, le maestro, visage ensanglanté pourra repartir au combat et après une faena toute de courage et une estocade en se mouillant les doigts coupera l'oreille de son adversaire aux cris de "torero, torero". Grandeur de la tauromachie!
Après la course, à l'hôpital, trente points de suture recoudront cuir chevelu, joue et dos du héros de la journée.
L'expérience et la technique de Fernando Robleño et de Javier Castaño leur permirent de se tirer honorablement des traquenards tendus toute la soirée par les miuras.
En effet, ceux-ci, inégaux de prestance mais beaux et variés de pelage, avaient un point commun : l'absence totale de ce que l'on appelle en tauromachie la noblesse. Tous raccourcissaient leurs charges, cherchaient l'homme derrière le leurre et se retournaient en quête d'un mauvais coup. Le quatrième, magnifique sardo, fut l'auteur d'un saut parfaitement ajusté dans le callejon. Le 6, enfin, poussa bravement, sur la première pique, jusqu'au centre du ruedo.


jeudi 21 juillet 2016

Retour sur la mort tragique de Victor Barrio

   La mort tragique de Victor Barrio dans les arènes de Teruel, quelques semaines après celles du jeune novillero Renato Motta au Pérou et d'El Pana, vieux matador chevronné au Mexique, a bouleversé les aficionados. Après plus de vingt ans sans tragédie de cet ordre, ces morts viennent nous rappeler à quel point la corrida n'est pas un spectacle ordinaire. La mise à mort du toro dans l'arène peut se payer au prix le plus fort, celui de la vie d'un homme. Il faut, pour devenir torero, non seulement accepter l'hypothèse de cette mort mais aussi la dépasser, être capable la mépriser pour espérer devenir l'être d'exception qu'est le combattant de l'arène. Il s'agit, comme le souligne Francis Wolff, d'une éthique aristocratique mise à portée du peuple. Chaque torero, de la vedette médiatique jusqu'au banderillero le plus modeste, qui torée en respectant la sincérité du jeu de l'arène, devient ainsi un véritable héros.






















   Mais revenons à la médiocrité. La mort d'un matador, quelle joie, quelle délectation pour les militants anti-taurins d'aujourd'hui! La toile s'est aussitôt emplie de centaines de commentaires pleins de morbide satisfaction. Avec quel plaisir ils assisteraient à une corrida s'ils avaient l'assurance qu'à chaque fois un humain y laisserait la vie! On voit bien, par ces réactions, de quel côté sont les barbares et combien pourrait devenir dangereuse pour l'humanité et ses valeurs cette idéologie animaliste si elle parvenait à dépasser le stade du militantisme borné. Par l'étalage irrépressible de la jouissance qu'ils éprouvent à la vue du torero mort, les anti-taurins dévoilent, eux les soi-disant bons apôtres, leur vrai visage, celui de l'abjection et de la haine de l'humain.

Photos : Victor Barrio novillero à Saintsever en 2010

jeudi 7 juillet 2016

Saltillo y Santa Coloma à Roquefort


Le dimanche 14 août, dans les arènes de Roquefort-des-Landes, se donneront deux novilladas aux cartels particulièrement attrayants. Deux ganaderias issues des encastes dits minoritaires feront en effet combattre leurs novillos dans la monumental des Pins.
Alors que la plupart des nouveaux élevages français ont opté de manière très conformiste pour du bétail d'origine domecq, Jean François et Emmanuel Turquay ont fait le choix courageux d'élever du santacoloma. On pourra juger du fruit de leur travail en ce dimanche matin avec les quatre erals qui seront lidiés par Cristobal Reyes et Antoine Madier.
L'après-midi ce seront des novillos de l'historique ganaderia de Saltillo qui fouleront le sable du ruedo roquefortois. L'élevage a créé la polémique lors de la dernière San Isidro. Le lot, manso et très difficile, a suscité une tarde pleine d'émotion mais aux antipodes de la tauromachie actuelle. Pourtant lors de la temporada précédente, un lot brave et noble avait permis à de modestes matadors de couper des oreilles. Qu'en sera-t-il à Roquefort? Après la corrida de Céret, la novillada du 14 août sera un test important pour juger de l'évolution de la ganaderia.






















L'affiche de la journée est classique. Celle à laquelle vous avez échappé, imaginée par Xavier Martin sur le modèle déjà culte de celle de la préfecture, ne manquait pas d'humour, mais elle ne pouvait être retenue pour la simple et bonne raison que, contrairement à ce que croient certains touristes égarés que l'on rencontre parfois dans les rues de la ville à la recherche des fameuses caves, ce n'est bien sûr pas à Roquefort-des-Landes que l'on fabrique le célèbre fromage.






















le projet d'affiche signé Xabi

samedi 2 juillet 2016

Conduite alimentaire imparfaite

   Le Club Taurin Vicois, par un communiqué signé du vétérinaire Jerôme Derrey, donne, comme il s'était engagé à le faire, le résultat des analyses pratiquées à la suite des problèmes récurrents de perte de sabots durant la dernière feria. Il ressort de ce communiqué que "l'explication la plus probable est que ces animaux étaient atteints d'une acidose latente due à une conduite alimentaire imparfaite, alimentation trop riche en glucides et protéines."
   J'aime bien le doux euphémisme employé par le vétérinaire lorsqu'il parle d' "une conduite alimentaire imparfaite" et que l'on pourrait traduire - c'est en tout cas ma traduction personnelle - par : depuis plus de vingt ans qu'on fait des études et qu'on leur dit de faire gaffe à ce qu'ils mettent dans la gamelle de leurs toros, les éleveurs sont des incompétents notoires et de parfaits imbéciles en s'évertuant à n'en faire qu'à leur tête. Incompétent, c'est en effet le terme qui convient lorsque dans sa profession on n'est pas capable d'utiliser les ressources mises à sa disposition pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Imbécillité également puisque les résultats obtenus - des toros malades et faibles - vont à l'encontre des résultats espérés.
   A moins que, sous la pression des organisateurs, des publics et de la critique, les ganaderos soient conduits à privilégier les apparences : un toro parfaitement rematé mais au prix du risque de la maladie et de la faiblesse.
   Ou que - et cela est plus cynique et vaudrait pour les élevages les plus commerciaux - on privilégie une certaine faiblesse dans l'espoir de complaire aux figures et de faire partie de leurs élevages de prédilection.












Des animaux bien rematés (Rosa Bonheur, Labourage nivernais, 1845, Musée d'Orsay)

NB  On trouvera sur le blog Vingt passes, pas plus beaucoup d'excellentes contributions vétérinaires sur l'alimentation du toro de combat et sa relation avec son comportement dans l'arène.

dimanche 26 juin 2016

Corrida de La Brède : la toreria de Curro Diaz


Samedi 24 juin 2016
6 toros de Fuente Ymbro (7 piques) pour Curro Diaz (une oreille, deux oreilles), Lopez Simon (silence, silence) et Joaquin Galdos (une oreille, silence).

L'après-midi commence mal. Le premier toro se brise la corne gauche à la base en entrant violemment dans le peto. Mouchoir vert et Curro Diaz qui doit (portative oblige) en finir avec l'accidenté.
La corrida de FUENTE YMBRO est bien, voire excellemment, présentée, la plupart des bichos n'auraient pas déparé dans une arène de catégorie supérieure à celle de La Brède. En revanche, leur comportement laissa trop souvent à désirer. On retrouva, en effet, l'irrégularité à laquelle nous a habitué depuis quelque temps l'élevage de Ricardo Gallardo, en particulier une faiblesse de pattes qui fit que l'on réduisit le tercio de pique, ce qui n'empêcha pas l'invalidité des deuxième et sixième.
Loin des paillettes médiatiques, face à des toros de respect, il est un torero qui est en train d'accomplir une saison remarquable, j'ai nommé Curro DIAZ, sans doute le matador le plus intéressant du moment. Il a connu aujourd'hui une tarde complète : lidiador, artiste, estoqueador. Avec intelligence et assurance, sens des terrains et des distances, il construisit deux trasteos complets en modelant la charge de toros qui n'avaient au départ rien d'évident et qui, entre ses mains, sont allés a mas et ont paru bien meilleurs qu'ils n'étaient en réalité. Avec en prime un engagement total à l'estocade qui lui valut une cogida au 1bis et qui tua le 4 sin puntilla.
Après avoir l'an dernier fait faux bond aux organisateurs, LOPEZ SIMON a bien foulé ce samedi le sable de la placita de La Brède. Présent, mais avec la tête d'un présentateur de télévision annonçant le brexit de nos amis d'outre-Manche. Il est vrai que le sorteo ne le favorisa pas.
Joaquin GALDOS étrennait sa récente alternative istréenne. Il eut, avec le troisième, le meilleur toro de l'après-midi, un toro qui chargeait  avec alegria et son. Sa faena, inégale, connut de bons moments à droite qui lui permirent, après une entière, de couper une oreille.
Entrée habituelle (quasi lleno) et musique de fête foraine gênante.

 Curro Diaz


vendredi 17 juin 2016

Corridas en Catalogne en 2016

Céret

Samedi 16 juillet  
Aurelio Hernando
Curro Diaz - Ivan Fandiño - Pérez Mota

Dimanche 17 juillet
11h. novillada    Vinhas
Guillermo Valencia - Abel Robles - Sebastian Castillo

18h.    Saltillo
Fernando Robleño - Alberto Aguilar - José Carlos Venegas

 site de l'ADAC






















Millas

Dimanche 7 août
novillada concours
Gallon - Blohorn - Granier
Tardieu - L'Astarac - Camino de Santiago
Cristian Climent - Leo Valadez - Adrien Salenc






lundi 6 juin 2016

Captieux





Dimanche 5 juin 2016   arènes Jean Sango   Captieux
beau temps
lleno

6 novillos de El Tajo La Reina (7 piques) pour Joaquin Galdos (silence, salut), Adrien Salenc (1 oreille, 1 oreille) et Carlos Ochoa (1 oreille, vuelta).

L'originalité du cartel venait de la confrontation entre un novillero expérimenté, le Péruvien Joaquin Galdos qui faisait sa despedida de novillero avant sa prochaine alternative à Istres, et Adrien Salenc et Carlos Ochoa qui, eux, débutaient en novillada piquée. Comme on pouvait s'y attendre, c'est l'enthousiasme des débutants qui a conquis les faveurs du public.
Le premier n'étant qu'un novillote invalide, Joaquin Galdos ne put réellement toréer que son deuxième adversaire devant lequel il se montra précis et technique, mais froid.
Adrien Salenc surprit agréablement par son aisance face au costaud second auquel il lia de belles séries de derechazos. Face aux charges piquantes et brusques du cinquième, le Français fit front avec vaillance et vista.
Le Madrilène Carlos Ochoa, con ganas ... et nervosité, montra qu'il pouvait aussi pratiquer avec bonheur  le toreo classique et fondamental. Temple, poignet délié et capacité à allonger les passes lui permirent de tirer profit du mollasson dernier en naturelles d'excellent tracé.
Voici deux novilleros qu'on reverra avec plaisir et qui méritent qu'on leur fasse confiance.
Les novillos de José Miguel Arroyo "Joselito", bien roulés (sauf le premier), se montrèrent médiocres à la pique. Ils avaient plus de nerf que de bravoure, plus de mobilité que de vrai noblesse.
Après dix minutes de retard au paseo et quelques bredouillements du président au microphone, on rendit hommage à Renato Motta et El Pana, récemment victimes de leur passion, par une minute d'applaudissement.


vendredi 3 juin 2016

La mort d' El Pana

   Artiste dans sa vie, artiste dans ses mots, artiste dans l'arène, Rodolfo Rodriguez "El Pana" est mort hier à la suite de la terrible cogida qui l'avait laissé tétraplégique le 1er mai dans les arènes de Ciudad Lerdo. L'homme aux trincherazos définitifs est désormais entré dans la légende des toreros romantiques.
   En guise d'hommage, je ne résiste pas au plaisir de reproduire le brindis qu'il adressa aux prostituées lors de l'une de ses despedidas des arènes de Mexico en 2007 :
   "Quiero brindar ese toro, mi ultimo toro de mi vida de torero en esta plaza, a todas las daifas, meselinas, meretrices, prostitutas, suripantas, buñis, putas, a todas aquellas que sacieron mi hambre y mitigaron mi sed cuando "El Pana" no era nadie, que me dieron protección y abrigo en sus pechos y en sus muslos base de mi soledades. Que Dios las bendiga por haber amado tanto. Va por ustedes." 

  El Pana avait fait sa présentation en France le 20 juillet 2014 dans les arènes de Tyrosse devant des toros de Rehuelga. Voici quelques photos de l'évènement :