lundi 7 septembre 2015

Bayonne

 




















Dimanche 6 septembre 2015    Lachepaillet   Bayonne
beau temps frais et venteux
lleno

6 toros de Domingo Hernandez "Garcigrande" (12 piques) pour Sébastien Castella (salut, salut), Ivan Fandiño (salut, salut) et Joselito Adame (silence, une oreille).

En remplissant les vastes arènes de Lachepaillet (10 000 places, les plus grandes du Sud Ouest), le public avait répondu à l'attrait de l'affiche. Pour autant, si elle fut entretenue, la tarde n'atteignit jamais les sommets espérés.
L'élevage de Domingo Hernandez est actuellement l'un des plus prisés des organisateurs et des matadors pour la régularité des triomphes qu'il permet à ses derniers. Le lot du jour fut inégal en tout, présentation et caste. Détaillons.
On voit rarement - encore plus rarement dans ce genre de course - un toro atteignant les six ans (né en septembre 2009), qui plus est armé de dagues longues et astifinas. C'est tout à l'honneur de Sébastien Castella de l'avoir combattu. Mis en confiance par ses bonnes charges à la cape il commit l'erreur de le faire trop peu piquer (une pique et un picotazo) et se retrouva au troisième tiers avec un adversaire donnant des coups de tête à tout-va.
Le second  alla a mas, avec du piquant dans la muleta de Fandiño. Mauvais, le troisième qui rompit le combat dès le second muletazo pour fuir à l'autre bout de la piste.
Le quatrième, laid, se laissant toréer de loin comme de près, était un de ces toros qui ont fait la réputation commerciale de l'élevage. Idem pour le 5 faible et fadasse.
Le 6 enfin constitua un cas d'école de toro qui change radicalement de comportement au cours de sa lidia et se dégonfle comme un ballon de baudruche (rajarse). Noir, petit mais bien fait et bien armé, il charge à la cape avec codicia, raclant même l'arène de ses cornes. Il prend deux piques sérieuses en poussant de tout son corps comme un vrai brave (une troisième est demandée par certains spectateurs mais la présidence change le tiers) puis se montre vif et fixe aux banderilles. Tous les attributs, enfin, d'un toro authentiquement brave. ... Patatras! à l'issue de la deuxième série il s'enfuit, lui aussi, vers les tablas où il se cantonnera, désormais à la défensive comme le vrai manso qu'il est devenu.

Sébastien Castella actua avec la sérénité ... et l'engagement minimal de quelqu'un qui a déjà la temporada jouée et bien jouée. Il n'alla pas à la guerre avec le piquant premier et, peu aidé, il est vrai, par une musique d'enterrement, se cantonna vite au 4 dans un toreo de proximité sans grand intérêt.
Comment va le malade? Plus la saison avance et plus on ausculte chaque actuation d'Ivan Fandiño dans l'espoir d'y trouver des raisons d'espérer. La situation est pesante car malade il y a effectivement : nervosité, tics, difficulté à trouver le sitio, engagement moindre ... mais volonté intacte. Face à l'exigeant second, le Basque connut, au milieu des approximations, quelques réels bons moments qu'une épée défaillante laissera sans prix. Mais est-ce bien raisonnable de pointer son épée vers le ciel pour tuer un toro brave? Il abdiqua trop vite face au fade cinquième dont, en d'autres temps, il n'aurait fait qu'une bouchée, donnant l'impression d'un homme atorado.
Joselito Adame, mal servi, coupa l'oreille de consolation du dernier toro grâce à un recibir d'effet rapide. On tua en général défectueusement tout l'après-midi.
En préambule à la corrida, le rejoneador Leonardo Hernandez fut sobre et précis (oreille) face à un murube de Los Espartales, gros, brave et faible.




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