jeudi 28 janvier 2016

Diego Bardon torero panique


 Ici ou là, chez nos adversaires ou chez les défenseurs, on lit parfois sur la tauromachie des choses ahurissantes. Souvent écrites avec le plus grand sérieux. Diego Bardon, torero panique, que l'on vit dans une émission de télévision taurine il y a quelques années sur France 3, est peut-être leur inspirateur caché.
   L'ancien torero est actuellement connu pour sa pratique de la course pédestre à reculons. Il fut, dans les années 60 et 70, un novillero excentrique et de très peu de contrats. On dit qu'un jour, à Vista Alegre, il aurait tendu une salade à son novillo plutôt que de lui porter l'estocade. Ravie, une ligue de défense des animaux l'aurait invité à donner une conférence ... au cours de laquelle il tordit le cou à un poulet vivant devant les yeux effarés de l'assistance! En 1972, dans une galerie d'art parisienne, il pratiqua la autocornada, cérémonie qui consista à se blesser avec une corne de toro.
   Dans la compilation de Fernando Arrabal sur le panique, qu'ont publiée les éditions 10-18 en 1973, on trouve un entretien de Diego Bardon avec Alexandro Jodorowsky. Après une analyse très psycholo-marxisante du monde taurin, Diego imagine une corrida contestataire. En voici quelques morceaux de bravoure :

     "Je voudrais un taureau très large, du genre lit à deux places, avec des cornes à la queue. De la sorte, le torero, s'il était blessé, tomberait sur l'échine comme sur un matelas et les cornes lui serviraient de support pour ne pas glisser. J'aimerais que l'animal puisse jouer de la trompette pour accompagner l'orchestre."

     "J'apparaîtrais en costume d'astronaute avec une soutane par-dessus. Je remplirais les gradins découverts de fakir, de yogis et de moines. Dans le callejon des toreros, je mettrais des prostituées de Salamanque (la Margot et la Cartones) et André le cireur de bottes. La Margot me transmettrait la faculté de contrôler mon corps en me donnant des pouvoirs de fakir. La Cartones me donnerait la puissance spirituelle d'un moine et André le cireur, le contrôle émotionnel d'un yogi. Grâce à la captation télépathique de ces pouvoirs, je pourrais me dépouiller des costumes d'astronaute et de curé, et j'attendrais la divinité en restant nu. La divinité doit être épidermique. Grâce à mes pouvoirs divins, je ferais s'élever le taureau, je le ferais flotter et danser dans les airs et moi et tous les autres, les tapineuses, le cireur de bottes, les yogis, les moines, les fakirs et aussi des nuées de naines enceintes, nous formerions une unité aérienne, où le taureau serait un astre."

     "Je pourrais parvenir à réaliser le toreo convexe en multipliant les muletas. J'en aurais une dans chaque main, dix ou douze par terre. Grâce à elles, je pourrais obtenir d'infinies possibilités de passes qui sont autant d'infinies possibilités d'aimer. La corrida ''normale'', que moi j'appelle ''anormale'', se divise en passes; elle est fragmentaire. Si l'on dispose de plusieurs muletas, la corrida cesse de se diviser en passes, car le taureau va d'une passe à l'autre continuellement et l'on obtient ainsi une passe infinie qui peut durer tout le jour.
     La corrida contestataire met un terme à la Tragédie pour atteindre l'Amour."

     "Le torero peut avoir un micro-cravate et parler pendant qu'il torée; réciter, exprimer des émotions et des idées; chanter ... Répondre à ce que le public lui criera."

     "La pique du picador peut renfermer des papillons tropicaux vivants, de sorte qu'au moment de piquer le taureau, un volet s'ouvre et laisse échapper un nuage multicolore."


   On le voit Diego Bardon a parfois la divagation visionnaire. Le toreo moderne d'aujourd'hui n'est pas si éloigné de sa conception de la passe infinie (qui met fin à la corrida tragique).
   J'ai personnellement un petit faible pour les papillons s'échappant de la pique. Enfin une idée originale et poétique pour la rénovation du tercio de pique!










jeudi 21 janvier 2016

Michel Tournier

" La vie opulente du taureau s'épanouit, au terme d'une trajectoire de quatre à six ans, dans ce dernier quart d'heure qui lui donne son sens. Supprimer les corridas, ce serait du même coup supprimer le taureau, ce chef-d'œuvre de l'art et de la vie, aussi sûrement qu'on ferait disparaître le cheval pur-sang en interdisant les courses hippiques."
Michel Tournier, Petites proses, 1986


vendredi 1 janvier 2016

Bonne année 2016 Feliz año nuevo


Taureau on n'attend plus que ton bon plaisir pour animer ce désert,
Et, ce désert animé, que ton animation pour manifester l'homme.
Mais il existe des taureaux de nuit,
Avec la lune sur leur front,
Des taureaux noirs, des taureaux blancs
Qui galopent à fond de train dans le sommeil des enfants,
Et dont les mugissements ébranlent les villes,
Et qui meurent dans les étoiles, lentement,
En répandant leur sang dans l'immensité du temps.

                       Robert Desnos

lundi 21 décembre 2015

Luis Segura : suerte rare et mala suerte

   Le public qui assista le 2 octobre 1966 à la corrida donnée dans les arènes de Barcelone eut l'occasion de découvrir une suerte rare, donnée par le matador Luis Segura.
   Le diestro madrilène a réalisé une bonne faena au cinquième toro de Hoyo de la Gitana mais, en fin de combat, le toro prend querencia contre les barricades. Luis Segura appuie alors la pointe de l'épée sur la barrière et, de la main gauche, fait passer la bête sous le pont ainsi formé par l'acier, dans un espace des plus réduit. Le public n'en est pas encore revenu quand Segura entre pour un pinchazo, puis une magnifique estocade qui tombe l'animal. Oreille. (Source : reseña de José Riba Ledo dans Toros n° 803)
   J'ignore si une telle suerte avait été donnée avant lui ou si elle fut reprise par d'autres par la suite (je verrais bien un torero comme Jesulin de Ubrique dans le rôle). Ce qui peut en faire le charme ici c'est son côté improvisé et spontané. Dans son livre Tauromachies à l'usage des aficionados, José Luis Ramon la nomme "el puente del valor" et en attribue la paternité à Luis Segura, sans précisions supplémentaires.

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   Mais revenons sur l'auteur de la suerte. Bien qu'il ait connu son heure de gloire au début des années soixante, Luis Segura est aujourd'hui bien oublié. Romanesque, voire picaresque, sa vie ne fut pas un long fleuve tranquille et s'acheva tragiquement.
   Il nait en 1938 à Madrid (on peut rêver époque plus facile pour débuter dans la vie). En 1958, il prend l'alternative à Las Ventas et, l'année suivante, au cours de la San Isidro, il sort a hombros de la Monumental ce qui ne manque pas de donner un coup de fouet à sa carrière. Mais l'époque est riche en figures de premier plan et, bien que son toreo classique soit reconnu d'excellente qualité, il ne parvient jamais à se hisser au plus haut niveau. Il connait toutefois quelques belles journées, en particulier en France où on le voit, en 1962, à Nîmes, donner une grande faena, pleine d'art et de dominio à un manso perdido de Graciliano Perez Tabernero. Sa fibre artistique s'exprime également à travers la peinture. En 1968 il décide de tenter sa chance au Mexique où il s'installe.
   Une tentative de retour en Espagne au début des années soixante-dix signera sa fin tragique. C'est d'abord une malencontreuse aventure. Dans l'unique but de se faire de la publicité, il organise avec son frère Everildo un remake de l'exploit du matador Diego Mazquiaran "Fortuna" qui, le 23 janvier 1928, avait, sur la Gran Via madrilène, expédié ad patres un toro qui avait pris la poudre d'escampette sur le chemin de l'abattoir. Le 9 mars 1973, les deux pieds nickelés lâchent un novillo dans les jardins de la Plaza de España. Luis intervient aussitôt de cape et d'épée et occit le novillo. Mais la police (toujours pleine de malice) trouve l'aventure douteuse et le maestro passera quelques semaines en prison. Deux ans plus tard, la vie de Luis Segura se terminera tragiquement dans une plaza de toros. Le 16 février 1975 il torée un festival à Valdemorillo. Alors qu'il vient de passer de cape son premier adversaire et rejoint la barrière, il s'écroule victime d'un infarctus. Il décédera dans les arènes. Ainsi s'achève la vie d'un artiste et d'un aventurier.

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mardi 8 décembre 2015

Quelques photos de la temporada

 Naturelle  de Miguel Abellan à Madrid face à un Parladé. On voit bien le fameux point d'interrogation inversé. Le torero s'est croisé au maximum et joue remarquablement de la ceinture. Madrid adore, oreille pour Abellan!


 Madrid, Ivan Fandiño, un homme seul
 "Encerraíto me ves
  en mi soledad
  con el torito de mi pena negra"


 Alejandro Marcos à Parentis face à un novillo de Castillejo de Huebra. Un réel espoir du côté de Salamanque, avec le Zapato de Oro à la clé.













  Joselito Adame, un des meilleurs torero de 2015, ici à Bayonne.










Photos Velonero (On peut cliquer sur les photos)

dimanche 15 novembre 2015

Bilan 2015

Ma corrida rêvée

6 toros de PEDRAZA de YELTES
         RAFAELILLO
         Diego URDIALES
         Joselito ADAME


   Prosaïques, fantastiques, poétiques, ce sont les rêves qui nous portent. En ces temps sombres, la tragique réalité a tôt fait de les transformer en cauchemar. Il ne faut pas abdiquer.

   Les ganaderos de Pedraza de Yeltes vont peu à peu augmenter leur camada mais ils réussiront à maintenir la force et la bravoure actuelle de leurs toros. L'élevage deviendra un élément indispensable de toutes les ferias sérieuses. Certains éleveurs, dans la plus grande discrétion, viendront y acheter quelque semental.
   Avec son cœur qui est immense et sa technique qui est excellente, Rafaelillo continuera à se battre comme un lion contre les fauves les plus terribles. Il saura aussi, comme il a pu parfois le faire au cours de cette temporada, profiter de toros plus pastueños pour les toréer avec temple et douceur. Mundillo, aficion, grand public, tous reconnaitront sa valeur et il toréera désormais un nombre respectable de courses parmi lesquelles certaines en compagnie des principales figures.
   Diego Urdiales aussi va toréer davantage, il maintiendra la rigueur et la pureté de son toreo. Quelques-unes de ses actuations illumineront les prochaines temporadas comme celle de Bilbao cette année a illuminé la feria basque.
   Joselito Adame a montré dans toutes les arènes où il a toréé cette saison qu'il était un torero complet et ambitieux. Il deviendra une authentique figure internationale. Son expérience, sa technique,son courage vont lui permettre d'affronter au Mexique des toros autrement plus importants que ceux que les figures y affrontent actuellement. L'aficion du pays aztèque va s'en trouver toute ragaillardi.

   J'ai fait un rêve, c'est toujours ça de pris au réel.


     2014 
















Joselito Adame à Bayonne face à un Domingo Hernandez (photo Velonero)

mardi 10 novembre 2015

Cui-cui



Bougrain-Dubourg obligé de battre en retraite face à un sacré pinson!

photo Gaizka Iroz AFP

jeudi 29 octobre 2015

Liste des traités de tauromachie à pied



   Cette liste n'est pas exhaustive, elle prend en considération les principaux ouvrages de langue espagnole jusqu'à la somme que constitue Los Toros de Cossío.



   - Diego Ramírez de Haro
     El tratado de la brida y jineta y de las caballerías que en entrambas sillas se hacen y enseñan a los caballos y de la formas de torear a pie y a caballo
     XVIe siècle   dernière édition 1961
Nous sommes à l'époque où le toreo à cheval pratiqué par les nobles est à son apogée. De nombreux traités paraissent au cours des XVIe et XVIIe siècles. L'auteur de celui-ci, pratiquant reconnu, envisage le cas où le cavalier tombé de sa monture doit terminer la lidia à pied.

   - Anonyme
     Cartilla en que se notan algunas reglas de torear a pie, en prosa y en verso
     manuscrit, bibliothèque d'Osuna,   fin XVIIe siècle   édité en 1960
Premier réel traité de tauromachie à pied cette cartilla, restée à l'état de manuscrit, pose les principes du cargar la suerte et de l'estocade a recibir. Elle a été publiée par la Unión de Bibliofilos Taurinos en 1960 (collection Carmena 3)

   - Eugenio García Baragaña
     Noche fantástica, ideático divertimiento que demuestra el método de torear a pie
     Madrid, 1750   dernière édition 1960 (avec la Cartilla)
Il s'agit du premier traité de tauromachie à pied imprimé. García Baragaña s'inspire largement de la Cartilla d'Osuna dont il a eu connaissance.

   - José Daza
     Precisos manejos y progresos condonados en dos tomas, del mas forzoso peculiar del arte de la Agricultura, que lo es del toreo, privativo de los españoles
     manuscrit 1778   dernière édition 1999
Daza avait été un varilarguero réputé. Son ouvrage permet de mieux comprendre la tauromachie du XVIIIe siècle encore mal définie entre les vestiges de la tauromachie équestre de l'aristocratie et les influences populaires des traditions navarro-aragonaises d'un côté, andalouses de l'autre.
     
   - José Delgado "Pepe Hillo"
     Tauromaquia o arte de torear
     Cadiz, 1796    Madrid, 1804
C'est José de la Tixera qui tient la plume. L'ouvrage, typique du siècle des Lumières, recense et classe tout ce que l'on doit faire dans une arène pour mener à bien la lidia des toros.

   - Francisco Montes "Paquiro"
     Tauromaquia completa
     Madrid, 1836
Cette fois ce serait le journaliste Santos López Pelegrín "Abenamar" qui aurait apporté sa collaboration à l'écriture. L'œuvre est si bien conçue qu'elle servira de matrice à tout ce qui s'écrira ensuite au XIXe siècle.
   
   - José Sánchez de Neira
     El toreo : gran diccionario tauromaquico
     Madrid, 1879  2 volumes    dernière édition 1988
Contient le premier dictionnaire taurin d'importance.

   - Sánchez Lozano
     Manuel de tauromaquia
     Sevilla, 1882
Outre son aspect technique, le livre comprend une partie encyclopédique avec des notices sur les toreros, les toros célèbres, les plazas de toros.

   - Rafael Guerra "Guerrita" (sous la direction de), Leopoldo Vázquez, Luis Gandullo, Leopoldo López de Saa
     Tauromaquia
     Madrid, 1896  2 volumes

   - Amós Salvador
     Teoría del toreo
     manuscrit, 1908    Madrid, 1962    dernière édition 2000
Ecrite en 1908, publiée une première fois dans le journal La Voz en 1933, puis en 1962 sous forme de livre par la Unión de Bibliófilos Taurinos, l'œuvre du Riojano fait aujourd'hui autorité en ce qui concerne le toreo de la période pré-belmontine.

   - Tomas Orts y Ramos "Uno al Sesgo"
     El arte de ver los toros
     Barcelona, 1928    dernière édition 2000
Prend en compte les apports de Joselito et Belmonte.

   - José María de Cossío
     Los Toros tratado técnico e histórico
     Madrid, 1943-1961
On dit le Cossío et c'est tout dire!
   

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Les quatre premiers volumes constituent l'édition de base.
L'édition complète actuelle en comprend 12.
Il existe également une version condensée en deux volumes.

mardi 6 octobre 2015

Le sacre d'Alexandre Duthen

 





















 Le championnat de France des écarteurs, épreuve au long cours qui réunit les meilleurs écarteurs de la saison face aux meilleures vaches, voit toujours la victoire de celui qui aura su être le plus régulier et le plus lucide tout au long de l'après-midi. Ce fut encore le cas cette année à Mont de Marsan avec le premier titre d'Alexandre Duthen qui, à 25 ans, a atteint la maturité lui permettant d'exprimer sa grande classe d'écarteur et de dominer vaches et adversaires.
   Mais la compétition n'est jamais aussi passionnante que lorsque plusieurs écarteurs peuvent jusqu'au dernier moment prétendre au titre, et le final à suspens de cette édition 2015 fut des meilleurs crus. Au début du dernier tiers de la course, avant la sortie des quatre "tueuses" Aloha (Deyris), Paquera (Armagnacaise), Fidelia (Dargelos) et Ibiza (Deyris), cinq écarteurs sur six pouvaient encore raisonnablement caresser l'espoir de brandir à la fin de l'après-midi le bouclier du vainqueur. Seul Vincent Muiras bien qu'aguerri en mille batailles (8ème participation et dernière annoncée) avait pris un départ trop laborieux pour pouvoir inquiéter. Et lorsque Mathieu Noguès se fit sèchement éliminer par Paquera il restait encore quatre prétendants. Tourniquets, intérieurs, Loic Lapoudge, toujours plein de panache, tente le tout pour le tout, mais il sera plusieurs fois sévèrement touché. C'est finalement Ibiza la nouvelle et redoutable corne d'or qui rendra son verdict. Duthen, en pole position, assure par deux extérieurs remarquables dont le premier en sortie de loge. Pour espérer le devancer, les autres doivent impérativement tourner deux fois à l'intérieur et, devant une telle vache, c'est quasiment mission impossible. Thomas Marty, très concentré tout au long de l'épreuve, réussit le premier d'un cheveu, la tension est à son comble, mais il mordra durement la poussière lors de sa seconde tentative. Alexandre Duthen, qui est par ailleurs le meilleur écarteur de la saison (vainqueur de l'Escalot) sera, en toute logique, le nouveau champion de France.

Classement
   1 - Alexandre Duthen 150 p.
   2 - Thomas Marty     142 p.
   3 - Cyril Dunouau     136 p.
   4 - Loïc Lapoudge     132 p.
   5 - Vincent Miuras    115 p.
   6 - Mathieu Noguès   abandon


 Coup de théâtre chez les sauteurs, Fabien Napias et David Laplace se disputent le titre face à Folga (Deyris) mais ils sont pris tous les deux, laissant le succès à Guillaume Vergonzeanne en embuscade, très heureux de profiter de l'aubaine. A noter les bons débuts du jeune Etienne Grenet.
   1 - Guillaume Vergonzeanne 76 p.
   2 - Fabien Napias      73 p.
   3 - David Laplace      71 p.
   4 - Etienne Grenet      69 p.





mardi 29 septembre 2015

Se couper la coleta

   Il est 19 heures passées de quelques minutes. Romancero, novillo cárdeno d'Ana Romero git sur le sable. Au centre de la piste, un jeune homme s'avance vers la présidence pour la saluer une dernière fois. Il vient de s'arracher la coleta et de tuer son dernier toro. Dans le vacarme de l'arène couverte d'Arnedo - cacophonie des orchestres des peñas qui recommencent à jouer, sifflets du public, applaudissements de ceux qui ont compris - il retourne maintenant vers la barrera, le visage embué de larmes.
   Pour Louis Husson une nouvelle vie commence.




 Louis Husson  27 septembre 2015 Arnedo

vendredi 18 septembre 2015

Clivage ?

   "La critique de la défaillance du toro-toro est toujours plus sévère que celle du toro moderne. Comme si la défaillance était dans la nature propre du second, et inadmissible dans celle du premier." (Manolillo, Toros n° 2007-08, septembre 2015)

   Il a raison, Manolillo, c'est en tout cas ainsi que, personnellement, je juge bien souvent les toros. Une différence de traitement qui mérite qu'on s'y attarde.
   Une mauvaise corrida "moderne" (entendons par corrida moderne une corrida pour figures, en général d'origine domecq) est quelque chose de si attendu par l'aficionado qu'il se contente de pester pour la forme. Il y a en effet pour ce type de toro une logique ganadera bien particulière. La recherche exclusive de la toréabilité au derniers tiers, et, a minima, d'un toro qui ne gène pas trop la figura, va de pair avec la réduction du nerf et de la force au minimum exigible, et implique que les produits d'une telle alchimie sont toujours sur le fil du rasoir. Pour un qui atteint les objectifs de toréabilité de l'éleveur, de nombreux autres, faibles et décastés, n'apportent qu'ennui à l'aficionado et au grand public.
   Au contraire, on attend systématiquement de la force et de la caste de la part des élevages qui s'enorgueillissent d'élever du "toro-toro". Et si en plus, cerise sur le gâteau, ils ont de la bravoure et de la noblesse, tant mieux.
   Et lorsque sortent des chiqueros des toros faibles, décastés, sosos, ennuyeux, l'aficionado estimera qu'il y a tromperie sur la marchandise s'il s'agit d'un fer réputé "dur". S'il s'agissait en revanche d'un élevage moderne, il se dira que c'est le prix à payer pour voir les figures et que demain, peut-être...
   On en est là aujourd'hui, dans cet état schizophrénique subi par l'aficionado. Subi mais parfois entretenu, car le parti-pris ou bien les positions trop rigides voire carrément sectaires contribuent aussi à cliver les jugements. Ainsi il est parfois difficile à un aficionado "toriste" d'admettre l'excellence du comportement de certains toros issus de ganaderias "commerciales". Et, à l'inverse, dès que sort un lot très encasté dont la lidia est compliquée mais passionnante, on entend le chœur des effarouchés (dirigé par certains critiques taurins) clamer que ces toros sont illidiables, d'une époque révolue.
   Heureusement, parfois, les lignes se rapprochent. A Madrid, la semaine dernière, le bon jeu des toros de Saltillo, que d'aucuns attendaient de muy mala casta, a permis à deux modestes parmi les modestes de couper des oreilles. Et je me souviens de l'excellente corrida de Nuñez del Cuvillo qui, en 2011, à Bilbao, avait permis à Morante de la Puebla un triomphe de lidiador et d'artiste et avait fait suer la goutte à Manzanares fils et à David Mora. Il n'y avait plus alors de corrida toriste ou torériste mais LA CORRIDA.

vendredi 11 septembre 2015

Exploit

   A Bayonne dimanche, deux toros ont montré un réel attrait pour la fuite vers les planches. Le troisième "Campanito" m'a paru être un champion en ce domaine. A la sortie de la deuxième passe de muleta donnée par Adame assis sur le marche-pied côté ombre, il fila comme un bolide vers les barrières opposées du soleil. Un exploit qui met à mal les récentes performances des pensionnaires de Dolores Aguirre.
   Encore quelques efforts, Domingo Hernandez, vous êtes en passe de devenir la nouvelle coqueluche de l'aficion torista!


















Dans quelques secondes Campanito (le bien nommé) sera de l'autre côté de la piste.

lundi 7 septembre 2015

Bayonne

 




















Dimanche 6 septembre 2015    Lachepaillet   Bayonne
beau temps frais et venteux
lleno

6 toros de Domingo Hernandez "Garcigrande" (12 piques) pour Sébastien Castella (salut, salut), Ivan Fandiño (salut, salut) et Joselito Adame (silence, une oreille).

En remplissant les vastes arènes de Lachepaillet (10 000 places, les plus grandes du Sud Ouest), le public avait répondu à l'attrait de l'affiche. Pour autant, si elle fut entretenue, la tarde n'atteignit jamais les sommets espérés.
L'élevage de Domingo Hernandez est actuellement l'un des plus prisés des organisateurs et des matadors pour la régularité des triomphes qu'il permet à ces derniers. Le lot du jour fut inégal en tout, présentation et caste. Détaillons.
On voit rarement - encore plus rarement dans ce genre de course - un toro atteignant les six ans (né en septembre 2009), qui plus est armé de dagues longues et astifinas. C'est tout à l'honneur de Sébastien Castella de l'avoir combattu. Mis en confiance par ses bonnes charges à la cape il commit l'erreur de le faire trop peu piquer (une pique et un picotazo) et se retrouva au troisième tiers avec un adversaire donnant des coups de tête à tout-va.
Le second  alla a mas, avec du piquant dans la muleta de Fandiño. Mauvais, le troisième qui rompit le combat dès le second muletazo pour fuir à l'autre bout de la piste.
Le quatrième, laid, se laissant toréer de loin comme de près, était un de ces toros qui ont fait la réputation commerciale de l'élevage. Idem pour le 5 faible et fadasse.
Le 6 enfin constitua un cas d'école de toro qui change radicalement de comportement au cours de sa lidia et se dégonfle comme un ballon de baudruche (rajarse). Noir, petit mais bien fait et bien armé, il charge à la cape avec codicia, raclant même l'arène de ses cornes. Il prend deux piques sérieuses en poussant de tout son corps comme un vrai brave (une troisième est demandée par certains spectateurs mais la présidence change le tiers) puis se montre vif et fixe aux banderilles. Tous les attributs, enfin, d'un toro authentiquement brave. ... Patatras! à l'issue de la deuxième série il s'enfuit, lui aussi, vers les tablas où il se cantonnera, désormais à la défensive comme le vrai manso qu'il est devenu.

Sébastien Castella actua avec la sérénité ... et l'engagement minimal de quelqu'un qui a déjà la temporada jouée et bien jouée. Il n'alla pas à la guerre avec le piquant premier et, peu aidé, il est vrai, par une musique d'enterrement, se cantonna vite au 4 dans un toreo de proximité sans grand intérêt.
Comment va le malade? Plus la saison avance et plus on ausculte chaque actuation d'Ivan Fandiño dans l'espoir d'y trouver des raisons d'espérer. La situation est pesante car malade il y a effectivement : nervosité, tics, difficulté à trouver le sitio, engagement moindre ... mais volonté intacte. Face à l'exigeant second, le Basque connut, au milieu des approximations, quelques réels bons moments qu'une épée défaillante laissera sans prix. Mais est-ce bien raisonnable de pointer son épée vers le ciel pour tuer un toro brave? Il abdiqua trop vite face au fade cinquième dont, en d'autres temps, il n'aurait fait qu'une bouchée, donnant l'impression d'un homme atorado.
Joselito Adame, mal servi, coupa l'oreille de consolation du dernier toro grâce à un recibir d'effet rapide. On tua en général défectueusement tout l'après-midi.
En préambule à la corrida, le rejoneador Leonardo Hernandez fut sobre et précis (oreille) face à un murube de Los Espartales, gros, brave et faible.




lundi 31 août 2015

Novillada-concours de Saintperdon



   Après deux années de novillada-concours de haut niveau, cette édition 2015 a été une déception. L'après-midi fut un festival de mansedumbre ou de faiblesse qui n'épargnèrent aucun des six novillos présentés. Aussi sera-t-on bref dans le compte-rendu de leur combat.

   Le Partido de Resina est ovationné à la sortie pour son trapío typique de pablorromero. Il est inconsistant sous une pique et un picotazo puis de charge incertaine au troisième tiers.
   Le Parladé (domecq) est laid de type. Sans doute était-il brave et noble mais sa faiblesse ne lui permet pas d'exprimer ses qualités (deux petites piques, une bonne charge à droite mais tournant vite à la sosería).
   Le pensionnaire de Dolores Aguirre (atanasio fernandez) est un manso typique de la casa. A la muleta il vire au bronco.
   L'imposant burraco d'El Cubo (murube + domecq)  est un manso désordonné et puissant qu'une troisième pique bien donnée et bien prise va fixer. Il semble soumis en début de faena mais à la première occasion il prend violemment Louis Husson qui s'en tire heureusement sans dégât majeur.
   L'astifino Astarac (gamero civico) est lui aussi un manso coureur (dominante de la soirée) qui ne se livre ni à la pique ni à la muleta.
   Enfin, le santacoloma d'El Añadio est ovationné pour son trapío parfait. Hélas, très vite, il montre une faiblesse qui rend le tercio de pique sans objet. Il se reprend en début de faena où sa caste s'exprime par des charges répétées avant de s'éteindre définitivement.
   En résumé, deux novillos (domecq et santacoloma) avec, sans doute des qualités, mais faibles, et quatre mansos dont certains auraient eu leur intérêt dans une autre course mais impropres pour une concours. Et le sentiment, en fin de compte, que cette novillada-concours a constitué un panorama assez révélateur de l'état actuel de la cabaña brava.

   Du côté des hommes, Louis Husson continue à ne pas progresser, Joaquin Galdos tira tout le parti possible du Parladé mais le tua très mal et le Colombien Juan de Castilla, vaillant et sincère, à revoir.

   Prix au meilleur novillo et au meilleur tercio de pique non attribués. Président inadapté à ce type de course.
   Emouvante minute d'applaudissement en hommage à José Cubero "Yiyo" tragiquement tué à Colmenar Viejo par Burlero il y a trente ans.

L'affiche 2015




















La plus belle pique de la tarde

lundi 17 août 2015

Roquefort



















































Samedi 15 août 2015   Monumental des Pins   Roquefort
beau temps frais
demi-arène

6 novillos de Pedres (12 piques, ovation aux 2 et 3) pour Louis Husson (silence, silence), Andrés Roca Rey (deux oreilles, vuelta) et Joaquin Galdos (deux oreilles, une oreille).

Les novillos de Pedres étaient tous de forte corpulence comme il est de tradition ici. Quelques pointes vite escobillées seront le seul bémol de la présentation. Au premier tiers, leur comportement fut incertain; il faut  dire que le tercio de pique fut rendu difficile par l'incapacité des chevaux (cavalerie Heyral) à se mouvoir et à obéir aux cavaliers. Une peine. Leur vertu principale résida, à l'exception du premier, arrêté, dans la qualité de leur charge au troisième tiers. Charge codiciosa pour les 2 et les 3, plus pesante, qu'il fallait savoir consentir pour les autres.
L'or péruvien s'est répandu à profusion sur le ruedo roquefortois par la grâce de ces deux authentiques promesses de grands toreros que sont Andrés Roca Rey et Joaquin Galdos. Roca Rey plus vertical, Joaquin Galdos jouant davantage de la ceinture et d'un temple remarquable - le brusque sixième ne toucha la muleta qu'une seule fois de toute la faena. Un point commun : le courage et l'entrega qui transmettent l'émotion du toreo aux gradins.
Au quatrième novillo, la comparaison fut cruelle pour Louis Husson, pourtant très bon à la cape, mais en difficulté épée en main et, surtout, sans idées claires sur la manière de se servir efficacement d'une muleta.
Demi- arène d'un public de qualité qui sortit enchanté de la course.

lundi 10 août 2015

Parentis































 


















Dimanche 9 août 2015   arènes Roland Portalier   Parentis
beau temps frais
lleno

4 novillos de Castillejo de Huebra, 2 de José Manuel Sanchez (2 et 4), mansos, pour Miguel Angel Leon (silence, salut), David de Miranda (silence, silence) et Alejandro Marcos (silence, silence).

Les murubes du Campo Charro ont tous fait preuve de mansedumbre. La plupart s'enfuyaient au contact du fer (un vingtaine de piques) et se réfugiaient aux tablas en cours de faena. La palme revint au dernier, manso perdido  qui plus est reparado de la vista, un novillo réellement illidiable. Comme points positifs on notera la finesse de type du premier, le tercio de pique bien mené au 2, qui vint de loin et avec force quatre fois ... mais sortit seul de suerte, la mobilité du lot avec une belle noblesse pour le 5.
Miguel Angel Leon, discret face au 1, réalisa une faena correcte au 4 (un colorado de type différent), bien estoqué. Public et présidence restèrent assez froid; faire jouer la musique aurait au moins permis de ne pas entendre le groupe d'imbéciles avinés et irrespectueux qui sévit au soleil.
David de Miranda, hormis la vaillance, semble avoir peu d'atouts dans son jeu  pour réussir dans la difficile profession de matador. Il aligna les passes destempladas face aux belles charges du 5.
Alejandro Marcos réalisa le plus torero de l'après-midi face au troisième qu'il toréa de manière très pure. Mais le novillo était faible et sans transmission ce qui limita la portée de son travail. Dans une ambiance électrique, il réussit à se débarrasser avec sang froid et en temps voulu du garbanzo negro de sixième.






samedi 8 août 2015

15 août à Roquefort

Bien sûr il y aura ce jour-là corrida à Béziers, une belle novillada est annoncée aussi à Valverde del Camino, sans doute quelque autre course sur la planète taurine, mais le samedi 15 août, je serai à Roquefort.






















Le cartel ne manque pas d'intérêt. Les novillos de Pedres (domecq de Salamanque via Matias Bernardos) sont beaux, comme le veut la tradition locale. Les fundas qui les affublent rendent, hélas, les photos irregardables. Le duo de novilleros péruviens est ce qui se fait de mieux actuellement (toutes catégories confondues) et Louis Husson est à la recherche d'un second souffle.

samedi 1 août 2015

Azpeitia le cœur de l'aficion basque

   Les arènes d'Azpeitia sont nichées entre montagnes embrumées, édifices religieux et usines désaffectées.




































 
 On y garde la mémoire du banderillero José Ventura Laca tué en 1846. Avant l'arrastre du troisième toro, le public se lève, dans le ruedo même les mules se figent pendant que la musique joue un zortziko en l'honneur du modeste banderillero guipuzcoan. Moment d'émotion.



 

Lorsque l'on voit la composition des cartels et particulièrement le choix des ganaderias (Cuadri, Ana Romero et Pedraza de Yeltes pour cette année) on ne doute pas de la qualité de l'aficion locale. La corrida de ce 31 juillet sera passionnante de bout en bout. D'abord grâce aux toros. Les Cuadri sont d'un tamaño impressionnant, digne de n'importe quelle arène de première catégorie. Un bémol en revanche pour certaines armures abîmées. Porté par une caste évidente, leur volume ne les empêche pas d'aller toujours de l'avant. De fait tous, sauf le mauvais cinquième qui lorgne en permanence les verts pâturages qui surplombent les arènes, font preuve d'une des qualités qui a toujours été la force de la ganaderia : la noblesse. Noblesse pesante toutefois, qui nécessite de la part des toreros placement adéquat, choix des terrains approprié et temple. Ne pas confondre avec ces toros qui se font la faena tout seuls. Leur comportement face au cheval est plus mitigé. 10 piques sous lesquelles seuls le 1 et le 6 pousseront - par moments - con los cuartos traseros.
   Les matadors de leur côté ont le plus souvent essayé de donner le meilleur d'eux-mêmes. Ils en ont hélas payé le prix fort pour deux d'entre eux. Paulita, après une faena templée mais un peu marginale au premier (seul faible de patte de l'après-midi) recevra une cornada au cou lors de la mise à mort. On ne peut s'empêcher de penser que les molinetes spectaculaires mais brusques par lesquels il termina sa faena avaient montré la voie au toro.
   Perez Mota sera lui aussi pris lors de l'estocade au quatrième (cornada dans la cuisse). Il avait auparavant remarquablement toréé le 2, en particulier par naturelles. Une oreille.
   Sergio Serrano torée peu, très peu même. A ce jour sa réputation n'a pas dépassé le cercle des amis de sa ville natale, Albacete. Alors, combattre trois Cuadri de 600 kilos  dans l'après-midi, c'était en quelque sorte jour de fête pour lui. Il est resté sobre, modeste, essayant de faire les choses bien, n'y parvenant que rarement ... sauf au dernier, un bon Cuadri (annoncé à 680 kilo!) face auquel son courage, sa tête froide lui permirent de garder le sitio. Deux oreilles après une belle estocade qui tue instantanément.
   Je découvrais ce jour les arènes d'Azpeitia, une belle découverte, un lieu où l'on sent battre le cœur de l'aficion basque.
  

mercredi 1 juillet 2015

Corridas en Catalogne 2015


Céret

samedi 11 juillet
Dolores Aguirre
Fernando Robleño - Alberto Aguilar - Alberto Lamelas

dimanche 12 juillet
matin   Juan Luis Fraile
 Sanchez Vara - Morenito de Aranda - Perez Mota

tarde   Adolfo Martin
 Luis Miguel Encabo - Diego Urdiales - Fernando Robleño

site de l'ADAC






















Millas

dimanche 9 août
novillada-concours
Concha y Sierra - Valverde - Meynadier
Hubert Yonnet - Gallon - L'Astarac
Lilian Ferrani - Joaquin Galdos - Pablo Aguado

dimanche 21 juin 2015

Corrida de La Brède : mais où est donc passé Lopez Simon?

Samedi 20 juin 2015
6 toros de Pedres (6 piques) pour Eugenio de Mora (silence et silence), Curro Diaz (1 oreille, 2 oreilles) et Juan Leal (saluts, 2 oreilles).

   Rien dans la presse, rien sur internet, pas d'affiche à la taquilla ni sur la porte des arènes. La surprise est donc totale lorsque, assis sur les gradins et parcourant la feuille de sorteo distribuée par un placier, je vois le nom d' Eugenio de MORA en lieu et place de celui de Lopez Simon. Mais où est donc passé Lopez Simon?
  Le remplaçant, il est vrai mal servi, joua parfaitement le rôle du fantôme de l'absent (silence et silence).
   Curro DIAZ fut en revanche the right man in the right place. Conjuguant élégance torera et desmayo, le styliste de Linares eut tout au long de ses deux faenas des gestes magnifiques. Son toreo, toujours précis, épuré, était parfaitement adapté à la noblesse de ses vis à vis. Le premier, plus vif, tutoya parfois sa muleta; il sut toréer sans l'obliger son second, un réserve burraco du même élevage, qui n'aurait pas supporté un toreo plus engagé. On regrettera simplement ses estocades desprendidas.
   Face au 3, un caniche écorné, Juan LEAL torchonna quelques aller-retours sans intérêt. Guère mieux face au dernier, le meilleur toro de l'après-midi, mais sa jeunesse souriante, un final encimiste comme il les affectionne et une excellente estocade au second essai lui valurent deux oreilles.
   Les toros de PEDRES correctement présentés, sauf le 3, laid et sans cornes, imprésentable même dans une portative. Faibles, nobles, de peu de caste; le 2 et le 6 un ton au-dessus.

PS   Réponse à la question : que l'on se rassure Lopez Simon n'est ni blessé, ni malade, il se porte même à merveille. Pourtant annoncé ici dès avant ses triomphes madrilènes, ce qui lui a laissé du temps pour préparer son itinéraire, il a tout simplement confondu le chemin de La Brède avec celui d'Istres, où il remplaçait José Maria Manzanares dimanche matin (Internet m'apprend qu'il y a même indulté un "toro" de Zalduendo). Voilà qui témoigne de bien peu d'égard envers ceux qui lui avaient fait confiance lorsque sa situation n'était pas aussi florissante qu'aujourd'hui. Muy mal torero!