L' ŒIL CONTRAIRE
un regard sur les toros (y cositas mas)
samedi 26 septembre 2026
Mejorada del Campo
vendredi 25 septembre 2026
Corrida à Talavera de la Reina (Christian)
Me voilà parti en direction de la plaza qui vit mourir l'incommensurable José Gomez Ortega il y a de cela un siècle et quelques poussières. Je suis escorté pour l'occasion par la première de mes filles et son nouveau compagnon, tous deux ne voulant pas mourir idiots.
Au cartel El Fandi, Manuel Escribano et Morenito de Aranda. Les diestros affronteront les Adolfo Martin Andres : du sérieux donc.
La plaza vénérable (135 ans) rôtit sous 33 degrés et les tendidos sont remplis à 90% , ça fait plaisir.
Pour un souci d'authenticité extrême, j'ai choisi le tendido sol pour que mes deux béotiens soient encore plus dans le truc !
Le public sait ce qu'il regarde, ça aussi ça fait plaisir.
Au chapitre des méthodes souvent cavalières de l'Espagne, agaçante surprise : les trois premiers toros ne sont pas les albaserradas annoncés mais des exemplaires, au demeurant fort bien présentés, de chez Peñajara. Nous ferons contre mauvaise fortune bon coeur.
Suivront ensuite les toros de la ganaderia attendue.
El Fandi fit du El Fandi : navrant à souhait, le public ne se laissa pas endormir par ses subterfuges de plus en plus éculés. Des sifflets escorteront même sa sortie du ruedo en fin de corrida ! Ça sent la retraite David. Connaissant le bonhomme, ses adieux dureront cinq ans n'en doutons pas.
Manuel Escribano a du métier ainsi que les trucs qui vont avec mais je trouve qu'il y a depuis deux ou trois ans une évolution de son toreo vers un peu plus de profondeur et il ne faut pas lui enlever un certain pundonor. Cela ne suffit pas pour une cueillette de trophées malgré un bon deuxième toro.
Public d'aficion vous dis-je.
L'homme du jour, comme souvent, fut Morenito de Aranda qui nous fit voir de bonnes et belles choses. Jetons un voile de pudeur sur sa manière lamentable de tuer qui lui coutera à jamais son statut de figura... tellement, tellement dommage. Ovation et salut au tiers amplement mérités pour le local de l'étape. Je salue au passage ses talents prometteurs de ganadero, j'ai assisté à Candeleda à une novillada où il fournit de sérieux bichos.
À noter encore un détail révélateur, El Fandi fit massacrer ses toros à la pique, Escribano un peu moins et Morenito leur laissa un maximum de fraicheur. Tout est dit.
Mes petits ignorants, ignorance un peu plus relative pour ma fille vaccinée aux toros télévisés depuis sa plus tendre enfance, eurent la chance de voir la différence entre escroquerie et sincérité et c'est bien là le principal. Mon néo-gendre se dit étonné de son absence de réaction face au spectacle de la mort. Absence de réaction somme toute normale puisque c'était jour de découverte brute avec torrent d'images qui ne laissent pas le temps de souffler. Par ailleurs il fut surpris du rythme soutenu du "traitement" du toro. Il y retournera sans souci. Le virus de l’aficion accomplira-t-il démoniaquement son œuvre ?
L'avenir me mènera-t-il à la feria d’Otoño? C'est déjà mal emmanché pour le 12 et Morante où les places solos n'atteignirent jamais la vente en ligne!
Viva los toros!!!
Christian
mardi 15 septembre 2026
Feria de Valladolid
lundi 7 septembre 2026
Seissan
dimanche 30 août 2026
Bilbao : Roca Rey ! (Thierry Wagniart)
Bilbao. Jeudi 27 août 2026, plaza de toros de Vista Alegre.
Aujourd’hui c’est Le cartel de la Semana Grande. Taureaux de Victoriano del Rio pour Diego Urdiales, Talavante et Roca Rey. Température agréable, beaucoup de vent par moment, piste en excellent état et la plaza remplie jusqu’au toit. Quel plaisir de revoir le “lleno total” à Vista Alegre !
Petit clin d’œil bilbaíno du jour : il y a dix ans, Diego Urdiales coupait les deux oreilles d’ “Atrevido” taureau spectaculaire de chez Alcurrucén et sortait par la grande porte.
La corrida de Victoriano del Río n’avait pas le trapío d’une course pour Bilbao. Certes, le poids moyen de la course était de 560 kg. Mais le poids ne fait pas le trapio d’un taureau de combat. Pas de tamaño, des armures bonitas, pas de fond, faibles, pas de race, et donc pas de caste, comportement totalement anodin de l’ensemble du cheptel au cheval, baromètre essentiel de la bravoure, et pourtant…
Toute l’après-midi, Diego Urdiales réalisa quelques prouesses éphémères, certes, mais la qualité de son toreo, sa profondeur, ne laissa pas indifférent. Avec le capote un quite avec des chicuelinas de toute beauté, puis il nous aura offert quelques muletazos muy buenos, du toreo “al natural” de bon goût, mais malheureusement ses taureaux ne lui ont pas permis d’aller au bout des choses. Comme la semaine dernière à Malaga, il porta des épées engagés et en bonne place. Il reçut deux grandes ovations.
Talavante… je ne sais quoi vous raconter sur ce torero. Je ne l’ai pas senti très concerné. Le strict minimum, et encore. Le seul taureau de l’après-midi qui avait peut-être un peu de race, il demanda à son picador de service de s’occuper de son cas dans une interminable pique…la suite ? Et bien, il fera semblant, il tournera autour, jouera la montre et bye-bye ! Voici mon RIB, merci et à l’année prochaine.
Venons-en maintenant au phénomène Roca Rey. Première victoire, il réunit 14725 personnes à Vista Alegre, chose qui n’est pas arrivé depuis…quinze ans. Il a et a toujours eu gros cartel à Bilbao. Sa deuxième victoire, c’est d’avoir inventé deux taureaux qui n’existaient pas. Authentique exploit. Engagement total dans ses faenas qui devinrent très vite du toreo de proximité, cette tauromachie encimiste qui porte sur le public. Poder et sitio. C’est la base du succès d’hier. Il fut vraiment impressionnant avec son dernier, un cinqueño bien passé, astifino qu’il reçut genoux plantés dans le sable gris, pour chauffer la foule. Mélange de naturelles, deux cambios dans le dos parfaitement maîtrisés…du délire. Tout son travail sera fait dans la zone du tendido 5, à l’abri du vent. Il passe le cinqueño à la moulinette, il le tord, lui fait perdre la tête. Le grand public est en ébullition. Son desplante final est celui d’une grande figura, épée et muleta au sol, sa posture fait chavirer Bilbao. Il se profile pour porter l’épée. Stupeur, il jette sa muleta au sol, la main gauche qui tue est orpheline, il bascule, l’épée rentre, un peu derrière, le public à l’unisson explose comme si l’Athletic marquait le but de la victoire face au Real de notre Kiki national ! Une oreille à chacun de ses taureaux. Voilà pourquoi Roca Rey est una maxima figura del toreo. Ce garçon n’est pas dans le besoin depuis sa naissance, il est immensément riche, mais il joue sa vie dans l’arène… pas toutes certes, mais ça c’est un autre sujet à étudier, et à mon avis il doit venir de certaines réactions environnementales dans certaines arènes.
Roca Rey ! Le sauveur de Bilbao sur l’échiquier taurin ?
wT
vendredi 28 août 2026
Bilbao 50 ans déjà


