Marquée par la chaleur intense qui s'est brutalement abattue sur la région et par l'excessive médiocrité dont firent trop souvent preuve toros, matadors et cuadrillas, cette feria a eu du mal à trouver son rythme. Heureusement deux toros de la concours (le Saltillo et le Dolores) et le combat épique, le dernier jour, de Damian Castaño face à un Miura "à l'ancienne" ont maintenu la flamme de l'aficion et resteront dans les mémoires.
Une terne première journée
Les novillos d'Aguadulce (origine Nuñez), bien présentés, astifinos ont fait preuve de plus de nerf que de bravoure. Le longiligne Gonzalo Capdevila a montré une indéniable vaillance. Pedro Andrés, novillero de Vitoria, est un bon capeador mais il devra reconsidérer sa manière de toréer à la muleta s'il veut trouver un meilleur écho dans les arènes importantes. Pedro Luis m'a semblé en progrès, plus puesto et indéniablement torero. Malgré des mises à mort en général engagées et efficaces, aucun succès ne fut au rendez-vous pour la terna novilleril de ce jour.
La corrida de Prieto de la Cal était supérieurement présentée. Il est certain que les Prieto vont facilement au cheval même de loin mais ils poussent peu et leur bravoure s'étiole rapidement. Au troisième tiers la plupart possédaient (en particulier les deux premiers, negros) une noblesse fade avec des charges courtes. Tout cela manqua d'émotion. Rien à reprocher à la modeste terna du jour (huit corridas l'an passé à eux trois) qui eut le pundonor de tuer en s'engageant. Alberto Lamelas mérite d'obtenir une meilleure place dans le créneau des corridas dures. Le toreo de Luis Gerpe n'est pas dénué de classe et c'est un bon estoqueador. Maxime Solera est en progrès à l'épée.
La corrida concours
Artesanito de Saltillo
magnifique cárdeno cinqueño, fait preuve de bravoure en quatre piques mal données (dans le dos). Puis de la fixité et une charge longue, douce et noble sur les deux bords (il n'a pas eu la faena qu'il méritait). Un toro complet malgré deux petits défauts : il a gratté lors du premier tercio et a cherché les planches à l'heure de la mort.
Lancerito de La Quinta
trois piques en ruant à la troisième, brusque et mobile au troisième tiers.
Medallito de Partido de Resina
grande ovation à la sortie pour ce magnifique Pablo Romero. Trois piques prises en brave mais mal données (traseras), charge courte et collante à la muleta.
Valiente de Benitez Cubero
beau toro, bien que nettement plus léger que ses compétiteurs, avec une robe rare (berrendo en castaño, alunarado). Ce sera sa seule qualité car son combat est peu brillant : trois picotazos et des demi-charges en jetant les pattes en avant.
Langosto de Dolores Aguirre
Son tamaño, l'impression de puissance qu'il dégage suscite l'ovation à sa sortie.Le tercio de pique sera un grand moment : cinq piques, en désarçonnant le cavalier à la première, avec chute du groupe équestre aux deux suivantes, la dernière prise depuis l'opposé de la piste déclenche la musique et Francisco Pons "Puchano" sort sous une tonitruante ovation. Mais Langosto est un toro incomplet, il se réserve au troisième tiers et réapparait alors son attirance pour les planches déjà perceptible à sa sortie. Dès lors une question se pose pour l'aficionado : manso con casta ou brave avec scories. Pour moi ce sera la deuxième occurrence car la bravoure est avant tout sauvagerie, agressivité et ce toro en a fait preuve en abondance durant le premier tiers. L'autre interrogation porte sur l'opportunité ou pas d'une vuelta al ruedo, demandée par une partie importante du public. Il ne m'aurait pas semblé illogique que dans une arène comme Vic on prime ainsi un toro de premier tiers quand, dans tant d'autres lieux, on glorifie (jusqu'à l'indulto) des toros de troisième tiers.
Sacacuartos de Pagès Mailhan
Magnifique cinqueño castaño, brave en trois piques mais totalement éteint à la muleta après un interminable second tercio, le tout sous un soleil de plomb.
Sanchez Vara fut un chef de lidia précieux. Il est tout à fait à sa place dans une corrida concours même si l'on sait sa faiblesse lorsque le sort lui attribue un toro pastueño comme le fut le Saltillo.
Roman n'a pas confirmé à Vic son brillant début de temporada; il fut dominé par le La Quinta et impressionné par le Dolores.
Isaac Fonseca a été bien avec le Partido de Resina dont il tira le peu qu'il y avait à tirer.
prix au meilleur toro : non attribué
prix au meilleur picador : Francisco Pons Puchano
Photos (Velonero) : le premier Prieto de la Cal
estocade de Luis Gerpe
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