Jeudi 28 Mai 2026.
Madrid Las Ventas , grand beau temps
Corrida de la Presse (vue à la télé)
Présence en Barrera du Roi Felipe VI.
Première des deux corridas que va sortir Juan Pedro Domecq cette année à
Madrid.
Ce que l’on demande aux taureaux de Juan Pedro Domecq , c’est d’être assez
solides sur leurs pattes, de bouger, de charger avec noblesse et douceur. Le lot
d’aujourd’hui a offert cela, avec 2,4 et 5 supérieurs. Seul le sixième est
sorti molasse.
En dehors du torero de la Puebla, qui peut mieux toréer actuellement que Diego
Urdiales ? Personne. Il y a une multitude de bons toreros, mais lorsque le
torero d’Arnedo est capable de jouer la symphonie comme ce jour, ils ne lui
arrivent pas aux zapatillas.
Grandiose fut le Toreo réalisé par Diego Urdiales aujourd’hui à Las Ventas au
4ème Juan Pedro de la tarde. Tous les grands taureaux de notre époque sont
capables de supporter deux faenas. Une avec le capote et la seconde, évidemment
avec la muleta. Les grands triomphes de Morante arrivent généralement avec ce
type de taureau. “Mapaná” avait cette charge extraordinaire dont rêvent tous
les toreros de la planète. Diego Urdiales l’a magnifiquement toréé avec des
veronicas rythmées et très douces. Je suis certain que du côté de Camas le
Faraón a apprécié. Le torero a le sourire car il sait qu’il a gagné le gros lot
avec ce “Mapaná”. La crainte avec les taureaux de Jean Pierre c’est qu’ils
n’aient pas la force d’aller au bout. Celui-ci a une classe extra, et il a la
chance d’avoir en face de lui un immense torero qui va le lidier d’une manière
remarquable lui laissant des plages de recupération durant toute la faena car
son toreo est très exigeant, et n’oublions pas qu’il s’est déjà donné dans le
capote durant la première partie de son combat. Le Riojan est en état de grâce.
Je ne l’ai pas vu comme ça depuis la Feria de Otoño 2018 face au Fuente Ymbro.
Exécution du toreo profond avec grande toreria. Les naturelles, les derechazos,
les trincheras, les ayudados par le bas , par le haut, c’est du grand art. La
main est très basse. Il m’a semblé que les olés à Las Ventas étaient de plus en
plus longs et de plus en plus lents...au rythme du taureau et du Torero. Que
dire de ces précieuses passes (remate) par le bas à la fin des séries, là où
les jeunes toreros actuels finissent leurs séries par une ou deux passes de
poitrine ! 10 minutes sont passées, le premier avis sonne…on n’a pas vu passer
le temps tellement on est subjugué par la faena. L’épée est entière mais peut-être
pas au bon endroit. Pas grave, on s’est régalé. Une faena pour l’histoire. Un
seul mouchoir blanc…perso j’en voulais deux. Je suis persuadé que tous les
aficionados sont heureux ce soir d’avoir retrouvé le torero de la Rioja à un
tel niveau. Il a poussé le curseur très haut aujourd’hui. Car avant de monter
ce chef d’œuvre il nous avait mis en appétit avec son premier taureau. De très
belles séries de derechazos, made Urdiales. Le Juan Pedro est noble mais manque
de chispa. À gauche le taureau mord et proteste dans la muleta dans un premier
temps. Le sept proteste aussi…Diego se recentre et insiste. Il trouve le bon
sitio et pose cinq naturelles de toute beauté. Il en profite pour défier du
regard les donneurs de leçons du sept qui commençaient à lui expliquer comment
il fallait se positionner pour faire le toreo…une épée et l’oreille tombe
logiquement.
Les affaires ne s’arrangent pas entre une frange du public de Madrid et la
grande Figura Roca Rey. C’est désagréable. Ne soyons pas surpris si un jour le
Péruvien décide de ne plus venir à Las Ventas.
La tauromachie que propose Roca Rey est tout autre. Il a été assez suffisant et
superficiel avec son premier qui ne transmettait pas grand-chose. Il n’a pas
été en reste avec son second. Début tonitruant, les genoux dans le sable, deux
cambios dans le dos pour chauffer la salle…les séries de redondos sont plus
douces. Lui aussi baisse énormément la main. La faena monte en pression après
l’exécution de bonnes naturelles et des regards un brin provocateurs vers le
tendido sept qui n’arrête pas de le houspiller…le Juan Pedro part vers les
barrières, Roca ne le lâche pas et lui tire des derechazos templés. 90% du
public de Las Ventas apprécie et va demander et obtenir une bonne oreille après
un pinchazo et une bonne entière. Roca n’a pas déçu, mais sur le plan
relationnel les choses se dégradent…
Bruno Aloi est un tout jeune torero mexicain qui vient confirmer une
alternative récente. Il y a du pain sur la planche. À sa décharge il aura
affronté les deux taureaux les moins intéressants de la tarde. Et puis pour un
torero ado, se retrouver entouré de deux immenses toreros eux même dans un
grand jour, je conçois que ce n’est pas chose aisée.
Je ne sais si Diego Urdiales a signé trente contrats supplémentaires pour la
saison après une telle “actuación “ mais quel plaisir de revoir le torero de la
Rioja à un tel niveau…
Diego !…Diego !…Diego !…
wT

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