Cartel très intéressant avec Alvaro Lorenzo, le Sévillan Rafael Serna,
l’Albaceteño Molina devant des taureaux de Fuente Ymbro.
Cazador, 598 kg, le plus lourd du lot, montre des signes de
faiblesse dans le capote de Lorenzo. Tercio de pique anecdotique. En toute
quiétude, Rafael Serna réalise un bon quite avec des “tafalleras”.
Andrés Revuelta supérieur dans la pose de deux paires de banderilles. Le début
de faena est prometteur mais très vite le taureau proteste dans la muleta. Il a
plus de qualités sur le piton gauche. Faena méritoire face à un Fuente Ymbro
qui chasse les mouches avec ses deux cornes. Très désagréable à toréer. Lorenzo
a le mérite de le contenir dans ses charges. Le taureau tombe après un pinchazo
et une entière un poil tombée.
Laminado est un beau taureau de 505 kg. Ses charges sont douteuses sur les
deux côtés. Deux rencontres avec le piquero sans pousser. Début de faena,
Rafael Serna double joliment par le bas. Première série de droitières pour
jauger, la seconde est plus centrée. À gauche, il est court de charge, mettant
le torero en difficulté, ce dernier se retrouve les cornes dans les chevilles à
la sortie de la passe. Serna reprend la main sur des droitières autoritaires .
Trois pinchazos et un vilain bajonazo pour finir avec ce Laminado très
désagréable dans la muleta du torero.
Jarrero, melocotón de pelage, pèse 520 kg. Molina part à puerta gayola pour
l’accueillir…ça passe justot ! Jarrero est distrait et n’est pas vraiment
intéressé par le capote de Molina. Tercio de pique pathétique. Très bon début
de faena de Molina par le bas, avec autorité et suavité. Très surprenant de
voir le Fuente Ymbro accepter trois séries autoritaires sur le piton droit.
Mais à l’amorce de la quatrième série, le Fuente Ymbro prend la direction des
planches . Muy malo pour tous et surtout pour le ganadero. Épée contraire et
basse de Molina.
Pardillo, Castaño , 491kg sur la bascule. Très armé, plus fin que ses frères.
Très froid dans le capote de Lorenzo. Visiblement le taureau se blesse sur un
remate contre le burladero. Cojo. Changement après le tercio de banderilles.
Le réserve, un Murteira Grave. Petit, très limite en présentation pour une plaza
de primera. Ennui total avec ce petit taureau soso, sans caste, taureau qui
n’avait rien à faire en ces lieux. À oublier très vite.
Escogeperro, Castaño de pelage, 549kg. Rafa Serna va l’accueillir à Puerta
Gayola avec courage. Il joue gros sur cette course le Sévillan. Les trois
veronicas et la media sont magnifiques. Deux piques correctes, sans plus.
Bon quite de Molina avec des tafalleras. Indéniablement, le Fuente Ymbro a de
la qualité dans sa charge. Il est brave, noble mais il est exigeant. Faena
complète et méritoire du torero sévillan face au premier taureau encasté de
l’après-midi. D’abord avec de belles naturelles, centrées, dans le sitio. Une
série fort méritoire sur la droite, très rythmée, la main basse, on est à la
limite de la rupture, mais le torero tient la cadence et le rythme du castaño.
Faena émouvante qui se termine avec de beaux doblones par le bas pour bien
préparer la suerte de matar. Rafa Serna rentre avec conviction, l’épée est
contraire mais très efficace. Une grosse oreille tombe du palco.
Le 6ème taureau, Pijotero, est joliment présenté. Il paraît court de charge
dans la cape de Molina. Visiblement il manque de force. Il ne poussera pas sous
les deux piqures réglementaires. Lors du tercio de banderilles on se rend
compte que le taureau possède un bon galop et lorsqu’il est cité de loin il
part avec l’envie d’en découdre. À la muleta, le taureau est très exigeant et
Molina alternera le bon et le moins bon, il n’arrivera jamais à trouver
réellement le bon sitio pour monter la faena espérée. Il est vrai que plus on
avançait dans le combat plus le taureau perdait en qualité. Fin laborieuse avec
l’épée.
Même si la corrida de Fuente Ymbro était très bien présentée, elle a livré dans
l’ensemble une course assez décevante. Rien de spectaculaire au cheval. Il a
fallu attendre le “famoso no hay quinto malo” pour voir enfin un taureau racé,
complet dans son combat, Rafa Serna y a joué sa peau, s’imposant avec une
tauromachie pure, très sévillane. En espérant pour lui que le téléphone de son
apoderado sonne toute la semaine ! Il le mérite largement.
T.W. (vu à la télé)
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