mardi 1 septembre 2009

Le frisson de la caste


Dès leur sortie en piste, il était perceptible, ce je-ne-sais-quoi qui fait la caste des toros braves. Ce petit frisson qui parcourt le toro de la pointe de la corne jusqu'à l'extrémité de la queue et qui impose aussitôt le respect dans le ruedo et sur les gradins. Il est précieux, ce frisson-là, d'autant qu'il est rare, à une époque où les éleveurs, pour complaire aux figuras, s'acharnent à l'ôter de leurs toros. Aussi l'ovation unanime qui monta à la fin de la course vers Cristina Moratiel, la responsable de l'élevage de Baltasar IBAN, est-elle le témoignage de reconnaissance de l'aficion pour nous avoir offert ce petit miracle : le combat de six novillos con casta, bravoure et noblesse.
Pour des débutants, la confrontation avec la caste est une épreuve de vérité qui tient presque du passage initiatique. Une mise à nue à laquelle chacun fit face avec ses moyens du moment.
Pour Angelino de ARRIAGA, ce fut l'échec. Une incapacité à supporter la charge galopante du 4 qui l'obligea à rompre et à se replier sans cesse. Pourtant il me semble qu'au passage le toro lui murmurait : "Reste tranquille, ne bouge pas, regarde comme je reviens vers la muleta à la fin de chaque passe, si tu restes quieto tu vas faire rugir le public de plaisir." Angelino a essayé mais il n'a pas pu. Échec digne, d'autant qu'il tua excellemment son premier.
Je n'ai pas compris la stratégie de Thomas DUFAU au second novillo de l'après-midi qui avait montré une grande bravoure au cheval sous deux piques poussées longuement. Le Landais construisit sa faena dans le terrain des tercios avec des cites rapprochés et un toreo de proximité qui étouffèrent en permanence le novillo. Stratégie délibérée par peur d'être débordé par la caste de son adversaire? En tout cas, sa réticence à toréer au centre et à citer de verdad m'a paru témoigner d'un manque d'ambition inquiétant. Une méchante vuelta de campana à la sortie de la deuxième pique laissa certainement des séquelles au cinquième qui avait montré jusque là une grande caste qu'il confirma au moment de la mort en luttant debout jusqu'au dernier instant. Il n'y eut pas de desquite possible.
Juan del ALAMO fut donc le seul à être capable de tenir le sitio et à toréer en tirant le toro au maximum et en liant les passes. Il y eut dans la faena au sixième, lorsque sa muleta réussit à s'accoupler avec le noble galop du novillo, des moments d'intensité extraordinaire. Le frisson de la caste, celle du toro et du torero réunis.

photos : une belle entrée
le second novillo de Baltasar Iban (marqué à gauche selon la tradition de l'élevage)

3 commentaires:

L.L. a dit…

Le retour des vrais toros ?

Anonyme a dit…

Voilà une BONNE NOUVELLE ! le retour des Baltasar Iban dans le Sud Ouest avec des résultats prometeurs .A surveiller et à confirmer....bien entendu...

ludo a dit…

après les escolar de st sever, les baltasar de st perdon del moun secouent le rideau de fumée des tardes soporifiques. j'ai pas entendu un seul " takayallétoi". des "gens" devant nous, tipo mundofeliz et qui auraient applaudi n'importe quoi pourvu que ça brille, n'en revenaient pas : nous manifestions nos doutes, réprobations mais aussi et surtout enthousiasme, jaleos avec tellment de foi et de sincérité que , par moment ils se retournaient pour dire quelque chose quand nous émettions une critique ou des avis contraires, mais non ! finalement se ravisaient parce qu'il y avait tant à voir et à dire . on a dû nous prendre pour des extra-terrestres. je les rassure , nous n'étions que des aficionados.
un abrazo señor velonero.

ludo