mercredi 13 février 2019

Joselito, le vrai

 

   Beaucoup de livres ont été écrits sur la vie des toreros. Parmi ceux que j'ai lus Joselito, le vrai est un des plus riches et des plus captivants. Il vient se placer juste à côté du fameux ...Où tu porteras mon deuil , best-seller des journalistes Dominique Lapierre et Larry Collins racontant, en 1967, la vie d'El Cordobes, et du classique Juan Belmonte matador de toros que Manuel Chaves Nogales avait consacré en 1935 au fameux Sévillan.
   C'est le journaliste Paco Aguado qui a aidé José Miguel Arroyo à mettre en écrit le récit de sa vie. Et quelle vie ! Pas exactement un long fleuve tranquille et, contrairement à certains de ses confrères, rien, absolument rien, de glamour dans la vie du petit José. C'est un vrai miracle que le monde picaresque dans lequel a grandi le Madrilène ait permis l'éclosion de ce torero si fin, si exigeant artistiquement et si complet que fut Joselito. Les psychologues appellent cela la résilience. Il a fallu bien sûr quelques rencontres positives pour changer le cours de cette vie : quelques enseignants compréhensifs et, déterminante, celle de Enrique Martin Arranz, directeur de l'École Taurine de Madrid qui, avec sa femme, adoptera à son adolescence le jeune apprenti-torero.
   Une des figures les plus extraordinaires du livre est celle du père, Bienvenido. Un vrai personnage de roman des bas-fonds : tellement mauvais garçon, négligeant, irresponsable, mais tellement humain et, malgré toutes ses faiblesses, aimant son fils. C'est ce père, traficoteur en tout genre mais abonné à Las Ventas, qui lui transmettra son aficion. Avant de mourir, il aura le temps d'être informé, derrière les barreaux de la prison de Carabanchel, des premiers succès de son fils. Si le futur Joselito, à cette époque de sa vie, se sauve de toutes les dérives que l'on peut imaginer, c'est grâce à sa ferme volonté de devenir torero.
   Dans la deuxième partie, il raconte son parcours pour devenir figure, ses relations compliquées avec le milieu taurin; il analyse sans concession son toreo. En somme, comme le recommandait Michel Leiris, il va à la corne avec les mots comme il y est allé avec les toros. Et c'est pourquoi ce livre, au delà de l'histoire extraordinaire qu'il raconte, est si passionnant et si vrai.

   José Miguel Arroyo, Joselito, le vrai, Verdier, 2012


   

5 commentaires:

Frédéric. a dit…

Joselito, immense torero. Son combat contre un Cuadri à Mont de Marsan restera à jamais gravé dans ma mèmoire.

christian a dit…

Toujours un train de retard le christian!!
Je viens de commander la bio de juan belmonte..c'est déja ca.
De mon coté je vous recommande ou vous fait repenser à "mort dans l'apres midi"
Dont la lecture,dans mon cas, évolue en meme temps qu'évolue mon aficion.

Velonero a dit…

Frédéric et Christian merci pour vos commentaires.
Quelques lignes de plus sur Joselito dans quelques jours.
Mort dans l'après-midi est aujourd'hui encore un des meilleurs livres d'initiation à la tauromachie. Malgré le temps qui passe il n'a pas perdu de sa pertinence. Certains aficionados en ont voulu et en veulent encore à Hemingway, cet américain, d'avoir si bien compris la corrida, mieux même que beaucoup d'espagnols.

Frédéric a dit…

A propos du combat de Joselito contre le Cuadri au Moum en 1995, si jamais quelqu'un trouve le lien sur l'éventuelle vidéo si jamais elle existe, je suis preneur et donc qu'il n'hésite pas à le mettre en ligne ici(je n'ai pas réussi à le trouver).
Un tel moment de tauromachie mérite bien d'être révisionné de nombreuses fois.

christian a dit…

Je reste stupéfait de retrouver dénoncé dans ce livre,parut il y a 87 ans!!!, Le principal probleme de la fiesta brava en l'occurence la décadence du toro.
Les soucis de taux de remplissage,en revanche,ne semblent pas préoccuper l'auteur....époque bénie il y a presque un siecle.
Con su respeto don ernesto!!