samedi 27 août 2016

Bilbao

















Vendredi 28 août 2016   plaza de toros de Vista Alegre   Bilbao
beau temps
demi-arène

6 toros d'Alvaro Domecq "Torrestrella", sérieux (12 piques, ovation au 5) pour Lopez Simon (pitos, silence) et José Garrido (saluts, vuelta, oreille, ovation)

Voilà une corrida sur laquelle il y a beaucoup à dire tant il s'est passé de choses durant deux heures et demie.
Il n'est pas commun que les matadors défilent sous les sifflets. C'est pourtant ce qu'ont entendus les deux maestros au cours du paseo. Sifflets avant tout destinés aux organisateurs (Junta administrativa et casa Chopera) pour n'avoir pas inclus un troisième jeune torero à la place de Roca Rey, blessé, dans ce cartel qui se voulait celui de l'avenir. Tout le monde pensait bien sûr à Javier Jimenez tout récent triomphateur madrilène. Un mauvais point de plus pour l'empresa après l'indécente présentation des toros de Victorino Martin hier.
L'attitude de Lopez Simon a aussi été inhabituelle. L'artifice d'un matador consiste bien des fois à cacher sa peur, ses doutes, ses insuffisances derrière des attitudes de prestance. Lopez Simon, lui, s'est effondré physiquement et moralement, à tel point qu'il a dû rejoindre l'infirmerie après la mort du troisième toro pour n'en point ressortir et laisser José Garrido en terminer seul avec les Torrestrella. Il faut dire que le Madrilène est arrivé à Bilbao plus blanc qu'un linceul, portant sur lui, dès le paseo, le poids d'une temporada dans laquelle son entourage semble n'avoir pour but que de le presser plus fort qu'on ne presse une olive à Jaen. Les sifflets du début n'arrangèrent rien et, conséquence de son état, à la mort de son premier adversaire, il laissa échapper dans le public son descabello qui, par chance, n'occasionna qu'une simple estafilade au bras d'un spectateur.
Mais parlons de la lidia. Et tout d'abord des toros d'Alvaro Domecq. Un lot parfaitement présenté. Des toros imposants, cornalons, de robe variée. Un vrai lot de Bilbao. Et le moral fut à l'avenant. Braves, exigeants, avec un cinquième toro (prévu en 6, mais on inversa) supérieur : Barbadura, magnifique castaño, violent sous la pique, doté d'une charge encastée, avec une corne gauche d'un grand son. Sa mort fut magnifique : il poursuivit celui qui venait de lui porter l'estocade sur plus de dix mètres, puis arc-bouté au centre du ruedo, sous l'ovation, il s'agrippa au sol jusqu'à son dernier souffle. Une mort de toro brave.
José Garrido a connu, comme on dit dans le jargon taurin, une journée importante. Face aux quatre toros qu'il eut à affronter il fit preuve d'une entrega et d'une sincérité jamais démenties. Malgré des recours techniques qui sont ceux d'un jeune torero peu expérimenté, il réussit à imposer à chacun de ses adversaires des moments de toreo d'une grande qualité. Par véroniques au 2 et au 4, par de magnifiques derechazos au 2 et, point culminant de son actuation, par une série magistrale de naturelles au 5. Et ce fut beau et émouvant de le voir partir après sa lutte gagnée contre le 5, la cape sur l'épaule pour attendre le sixième a puerta gayola. Une après-midi importante aussi dans le souvenir qu'elle laissera aux spectateurs et, souhaitons le, dans les répercussions qu'elle aura pour le torero.


dimanche 21 août 2016

Mimizan






Samedi 20 août 2016           arènes de Mimizan (Landes)
beau temps frais
trois-quart d'arènes

5 toros d'Hubert Yonnet et 1 de Christophe Yonnet (2 bis, remplaçant un de ses frères qui se blessa en sautant dans le callejon), invalides (10 piques) pour Morenito de Aranda (silence, silence), Pepe Moral (silence, silence) et Thomas Dufau (silence, une oreille).

Un désastre! Un désastre de corrida en raison de l'invalidité des toros de Yonnet. Ils avaient pourtant le trapío de la maison. Rien à dire non plus sur leurs qualités morales : la bravoure et la noblesse dominaient. Mais, après des sorties tonitruantes, on avait l'impression que leur impétuosité se dissolvait progressivement pour atteindre, au troisième tiers, le néant total. Seul le dernier, plus circonspect à la sortie, conserva suffisamment de force pour combattre jusqu'au bout. Ce fut le seul de l'après-midi à pouvoir supporter plus de deux passes liées sans s'affaler. Les héritiers d'Hubert Yonnet ne manquent pas d'ouvrage s'ils veulent redonner tout son lustre au plus ancien et plus prestigieux fer français.
Face à un tel bétail, les matadors se cantonnèrent dans un rôle d'infirmier. Avec sa finesse habituelle pour Morenito de Aranda, avec de bonnes réceptions à la cape pour Pepe Moral. Thomas Dufau, face au sixième, fit le minimum nécessaire pour couper une oreille, mais resta en dessous des possibilités de son adversaire, en particulier sur la corne gauche qui semblait permettre un toreo plus consistant que celui proposé par le Landais.
Les belles et originales arènes mimizanaises et leur aficion méritaient mieux que cette anti-corrida.

jeudi 18 août 2016

Quelques photos des Saltillo à Roquefort

     Les novillos de Saltillo lidiés à Roquefort avaient de la bravoure, mais aussi du trapío dans le sens premier du mot : du chien, de l'allure. Le bon public roquefortois ne s'y est pas trompé et tous (sauf le cinquième aux embouts abimés) furent applaudis à leur sortie.
     Voici quelques photos dont la qualité surprendra sur ce blog (cliquer dessus pour les agrandir). Et pour cause, elles sont de Laurent Bernède, aficionado a los toros et remarquable photographe amateur.
















 Le 1 : Vizcaino n°10


















  Le 2 : Lominado n° 5


















 Le 3 : Rastrojero n° 29























Le 6 : Jardinero n°14

lundi 15 août 2016

Saltillo : le retour

   
















     A Roquefort, en ce dimanche 14 août 2016, les novillos marqués du prestigieux fer de Saltillo ont tous offert des combats de haut niveau, développant des qualités de bravoure et de noblesse que l'on observe rarement avec une telle constance dans une plaza de toros. En témoignent les 16 piques sérieusement poussées dont deux chutes obtenues à la régulière. Ensuite, malgré des lidias parfois approximatives, tous avaient des charges qui permettaient de se confier, de pratiquer le toreo pur et de couper des oreilles.
     Après la terrible corrida de Madrid lors de la dernière San Isidro, quasiment illidiable de l'avis général, la surprise était de taille et de nature à changer le regard que l'on porte sur la ganaderia. Certains auront sans doute trouvé que la balance avait cette fois trop penché du côté de la facilité. Et c'est vrai que, au troisième tiers, les charges pastueñas dominèrent. Mais il est bon de rappeler que ce comportement est dans la logique de cet encaste qui, de Guerrita à Joselito, fut longtemps recherché par les meilleurs matadors et dont la "dulzura" a séduit l'aficion mexicaine.
     Ce que l'on peut souhaiter aujourd'hui, c'est que le mundillo ne fasse pas payer trop cher à José Joaquin Moreno de Silva la corrida de Madrid. La novillada de Roquefort vient à point pour montrer qu'il y a dans cet élevage des trésors de bravoure que, par les temps qui courent, il serait catastrophique d'ignorer. Et l'on peut même se prendre à rêver à un renouveau de l'élevage. Après tout, Felix Moreno Ardanuy, le grand-père de l'éleveur actuel avait déjà réussi à redonner tout leur lustre aux Saltillo qu'il avait rachetés au début du siècle dernier. Plus près de nous comment ne pas penser aussi à la réussite de Victorino Martin avec les cousins saltillos passés par le comte de Santa Coloma ... Ojala!