lundi 24 décembre 2012

Quelques novilleros de la temporada


Juan Leal
l'espoir






Martin Escudero
classique



















Imanol Sanchez
macho baturro




















Ivan Abasolo
macho vasco








































photos velonero 
            Leal et Escudero à Captieux
            Sanchez  et Abasolo à Orthez

dimanche 16 décembre 2012

Julien Lescarret















Lorsque j'ai vu Julien Lescarret pour la première fois il toréait en non piquée. Il venait de la toute proche Haute Lande, était fils de médecin. On se disait voilà un fils de riche qui se passe un caprice, l'an prochain on n'entendra plus parler de lui; mais on trouvait ça sympa qu'un fils de médecin de Pissos, lycéen à Bordeaux, ait le désir de devenir matador plutôt que guitariste dans un groupe de rock. Moins branché mais plus original.
L'année suivante il était toujours là, en piquée cette fois. On avait envie de lui faire la leçon, de lui rappeler qu'un fils de bonne famille se doit de poursuivre des études sérieuses au lieu de faire le saltimbanque devant des toros. Oui mais, c'est qu'il était loin d'être ridicule, le petit : un bon bagage technique, de la finesse dans les gestes et du courage. Des succès répétés dans les principales plazas du Sud Ouest en témoignent. Je me souviens de deux belles faenas dans l'arène de Roquefort. Et en plus pas prétentieux pour deux sous, ne jouant pas les divas des ruedos. C'est là que tout a basculé, que tout le monde, ici, a pensé qu'il pouvait vraiment devenir un professionnel compétent et respecté.
Une carrière de 10 années de matador de toros a suivi. 10 temporadas, 100 corridas, des hauts et des bas. Les bas ce sera par exemple ces deux échecs qui empêcheront Julien d'intégrer les cartels de luxe. En 2006 à Mont de Marsan face à des Javier Perez Tabernero nobles et mobiles qui offrent un triomphe à Enrique Ponce, le Landais balbutie son toreo et ne peut donner la réplique au maestro de Chivas. Quelques années plus tard, à Dax, un nouvel échec face à un excellent sobrero du conde de Mayalde restera une épine plantée dans le pied du torero.
Mais les succès ne manquent pas. En 2004, dès sa présentation à Vic comme matador de toros, il coupe une oreille à chacun de ses Escolar Gil et sort en triomphe de la plaza gersoise. Attentif à mettre en valeur ses adversaires, lidiador intelligent, bon capeador, muletero inégal mais vaillant, c'est du côté des corridas toristas que Julien Lescarret déploiera sa carrière jusqu'à ce final heureux en cette année 2012 à Mont de Marsan lorsqu'il renouvelle le triomphe face aux Escolar Gil lors de la mémorable corrida de clôture de la Madeleine.
Entre ces deux dates, ses affrontements avec les Miura furent pour le torero des moments importants. Pour Pâques 2009, en Arles, il découvre le fer de Zahariche. Il n'hésite pas à citer son toro salinero de très loin pour des naturelles magnifiques. C'est le miel du succès. L'année suivante à Béziers il a rendez-vous avec un miura cauchemardesque. Même adoucies par le filtre de la télévision et du différé, les images du combat, que l'émission Signes du Toro nous a offertes, sont saisissantes : le torero  semble un fétu de paille face à la puissance et à la malignité d'un des toros les plus dangereux qui soit. Peu de matadors, même (et surtout) parmi les plus huppés, peuvent s'enorgueillir d'avoir affronté un tel fauve et d'en être venu à bout. C'est là tout l'honneur et toute la gloire d'une carrière irréprochable.



mercredi 5 décembre 2012

Cadeau

J'aime beaucoup recevoir des cadeaux sur le thème taurin. Particulièrement lorsqu'ils viennent de gens totalement étrangers à cette culture. Dans ce qui, pour les offrants, n'est peut-être qu'une simple facilité, j'y vois, moi, une reconnaissance de mes goûts et de ma personnalité. Un cadeau réussi.
Il n'y a pas si longtemps, donc, je reçois un livre énorme intitulé Castella. Hasard des corridas et des temporadas, j'ai peu vu le maestro de Béziers et jamais dans ses plus grandes journées. C'est donc à travers cet ouvrage hagiographique que je l'ai vraiment découvert. Les éditeurs ont fait du bon boulot : belles photos de la Colombienne Olga Holguin, textes intéressants de José Carlos Arevalo, Victor Duisaba et Jacques Durand, dessins de Robert Ryan, le tout parfaitement édité.
Les photos, outre la finesse des traits et des gestes, assez facile à capter chez Sébastien, mettent en évidence la sincérité du torero. Les textes analysent son toreo et son inéluctable ascension jusqu'à ses grands triomphes sud américains et madrilènes qui ont fait de lui une figura de la tauromachie actuelle. Il est "comme un acteur destiné à être un galant, mais qui veut représenter des rôles ayant du caractère",  écrit José Carlos Arevalo. C'est sans doute pour cela qu'il faut le voir dans ses places fortes (Madrid en particulier) et face à des toros de verdad. Ce qui est certain, c'est que plus j'avançais dans la lecture du livre, plus j'étais saisi du désir de le voir toréer. Me voici donc devenu, par la grâce d'un livre, un admirateur virtuel du matador français ... en espérant que la temporada prochaine me donne l'occasion de l'apprécier dans toute sa réalité.
 On l'aura compris, le livre est absolument indispensable pour tout fan ou groupie du torero.